La mare aux mots
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Elisabeth Brami

Noëëëëël Noooooëëëëël joyeux Nooooëëëëël !

Par 19 décembre 2017 Livres Jeunesse, Musique pour enfants

Aujourd’hui, une sélection de livres qui parlent de Noël (car c’est de saison).

Chantons Noël
Collectif, illustré par Sylvia Dupuis
Le merle moqueur dans la collection Enfance et musique
19,90 €, 215×215 mm, 36 pages, imprimé en Italie, 2017.
Le garçon qui partit dans le Nord avec son père à la recherche du père Noël
Texte de Kim Leine (traduit par Alain Gnaedig), illustré par Peter Bay Alexandersen
Gallimard Jeunesse
17,50 €, 245×265 mm, 56 pages, imprimé en Espagne, 2017.
Elvis et l’homme au manteau rouge
d’Ole Könnecke (traduit par Bernard Friot)
De la Martinière Jeunesse
12,50 €, 255×245 mm, 40 pages, imprimé en France, 2017.
Le Manteau Rouge
Texte de Philippe Lechermeier, illustré par Hervé Le Goff
Gautier-Languereau
14 €, 240×310 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur écoresponsable, 2017.
Lettres timbrées au Père Noël
Textes d’Élisabeth Brami, illustrés par Estelle Billon-Spagnol
Talents Hauts
14 €, 170×210 mm, 40 pages, imprimé en République Tchèque, 2017.
L’assistant du Père Noël
de Yukiko Tanemura (traduit par Manon Debienne)
Nobi Nobi dans la collection 1,2,3 Soleil
12,50 €, 217×262 mm, 40 pages, imprimé en Roumanie, 2017.
Où est le renne au nez rouge
Texte de Sophie Adriansen, illustré par Marta Orzel
Gulf Stream Editeur
14 €, 201×217 mm, 14 pages, imprimé en Chine, 2017.
Suzon et le sapin de Noël
Texte d’Émilie Chazerand, illustré par Amandine Piu
Gulf Stream Éditeur dans la collection Mes petits héros
9,50 €, 188×190 mm, 32 pages, imprimé en Pologne, 2017.
Max et Lapin – La belle nuit de Noël
Texte d‘Astrid Desbordes, illustré par Pauline Martin
Nathan
5,90 €, 170×170 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
Je chante avec le Père Noël
Collectif
Arc-en ciel
Autour de 10 €.

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Des imagiers décalés

Par 19 mars 2015 Livres Jeunesse

Le zizi des motsOn sait tous et toutes que, dans la langue française, le masculin l’emporte sur le féminin. Merci Beauzé. Mais aviez-vous déjà remarqué cette autre « inégalité » de notre langue ? Alors que certains mots masculins désignent un être humain (et masculin donc), l’équivalent féminin du mot désigne… une chose ! Dans ce petit album carré et coloré, Elisabeth Brami en propose vingt exemples, qu’illustre joliment Fred L. : un jardinier/une jardinière ; un glacier/une glacière ; un chocolatier/une chocolatière ; un chevalier/une princesse une chevalière… Le tout est très visuel : sur la page de droite, l’illustration du terme féminin répond à l’illustration du terme masculin de la page de gauche, tous deux en gros plan sur fond uni, avec des rappels de couleurs très esthétiques.
Vingt exemples qui semblent anecdotiques, mais qui en disent plus qu’ils n’en ont l’air sur le sexisme ordinaire. Ça n’est pas pour rien si cet album a reçu le soutien d’Amnesty International. Dans la petite note de l’auteure qui ouvre le livre, celle-ci précise qu’elle n’a pas la prétention de révolutionner le vocabulaire ou les mœurs, mais seulement de soulever des questions. Et parce que la sensibilisation à l’égalité doit se faire dès le plus jeune âge et parce que les inégalités doivent se débusquer partout où elles se trouvent, je déclare ce livre d’utilité publique !
Sur le tumblr « le zizi des mots », les enfants sont invités à envoyer un dessin, sur le même principe que l’album, avant le 1er juin. Une chouette activité à faire en famille.
Le même vu par Livres et merveilles et Maman Baobab.

Le Bazar de CrabtreeCe matin, en se réveillant, horreur ! Albert Crabtree se rend compte qu’il a perdu son dentier ! Pour le retrouver, il décide de sortir toutes ses affaires. Mais c’est vite le bazar. Sur les conseils de sa sœur Myrna, Albert les classe toutes par catégorie, certaines logiques, d’autres plus loufoques : les chapeaux, les outils, les pommes de terre, les petits chiens jappant, les objets jaunes, les objets qui commencent par un S… Toujours rien. Heureusement que sa sœur Velma est là : « Et tu as regardé dans ton placard à dents ? »
Dans cet imagier, chaque double page est consacrée à une catégorie d’objets : c’est foisonnant, il y a des dizaines d’objets par page, avec une petite légende rigolote, et des dizaines de détails à repérer. Chaque dessin est assez rudimentaire : les traits tremblotent, les couleurs débordent, on croirait presque voir l’œuvre d’un enfant… Mais on s’en moque ! Parce que cet album, on le lit pour rire et pour s’amuser. La page sur les objets cassés est particulièrement drôle : les objets à moitié dessinés ont des légendes à moitié écrites. Il y a une moitié de coquille d’oe, deux roues de vé, le bas d’un li déchiré. On peut imaginer plein de jeux autour de ce livre, même avec des enfants qui ne savent pas encore lire : trouver tel objet dans la page, imaginer d’autres dessins pour chaque catégorie, ranger sa chambre (on ne sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher)… !
Petit plus : la couverture se déplie et se transforme en poster !
Une petite vidéo de présentation de l’éditeur.
Le même vu par Les Lectures de Kik.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Elisabeth Brami (Mon Superlivre des contraires, Mon Superlivre de la politesseLe doudou de Tiloulou, La déclaration des droits des filles, La déclaration des droits des garçons, et Moi j’adore, maman déteste, et vice-versa).

Le zizi des mots
Texte d’Elisabeth Brami, illustré par Fred L.
talents hauts
12,90€, 178×178 mm, 42 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Le Bazar de Crabtree
Texte de Jon Nichols, illustré par Tucker Nichols, traduit par Sophie Giraud
Hélium
16,90€, 227×363 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2014.

À part ça ?

Vendredi 20 mars, c’est la Journée internationale de la Francophonie, avec des évènements un peu partout en France, pour toute la famille.

Marie

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Des encyclopédies décalées

Par 14 mars 2015 Livres Jeunesse

Mon Superlivre des contrairesMon Superlivre des contraires se présente comme un grand imagier en apparence assez classique qui aborde les différences entre le vrai et le faux, le doux et le dur, le chaud et le froid… Les doubles pages foisonnent d’images hautes en couleur et d’expressions assez savoureuses. Le « faux » est par exemple représenté, entre autres, par une serviette en « similicuir » et le « chaud » par « le regard de braise » d’un séducteur. Le vocabulaire est très riche et varié et permet à l’enfant de piocher dans cette vaste étendue de mots de la langue française.
Les éditions Casterman ont lancé cette nouvelle collection de livres pour les jeunes enfants à la croisée entre le documentaire, le manuel d’éducation et l’imagier. Ces « superlivres », écrits par Elisabeth Brami et illustrés par Marie Paruit, sont des albums grand format très colorés qui cherchent à donner les clefs (et les mots) pour aborder des grandes notions. Le pari est tenu avec cet album : les expressions choisies sont peu rencontrées dans les livres pour la jeunesse, et les illustrations les mettent joliment en valeur. Plus qu’un imagier, il s’agit d’un véritable petit guide des expressions françaises destiné à de jeunes lecteurs qui ont déjà un bon vocabulaire, et un certain sens de l’humour !

Mon Superlivre de la politesseMon superlivre de la politesse expose quant à lui différentes scènes de la vie quotidienne d’un enfant (le repas, la sortie de l’école, les jeux au square…). Elles donnent l’occasion de comparer le comportement de Miss ou Monsieur Poli et leurs doubles « maléfiques » les Papoli. Naturellement, les enfants polis sont prévenants et calmes tandis que leurs homologues enchaînent insultes et incivilités.
En ouvrant ce second livre de la collection, on s’attend à trouver le même ton léger teinté de second degré. Or, si on est séduit par l’illustration très dynamique et les détails attachants choisis par Marie Paruit, il est plus difficile d’adhérer au message assez moralisateur du texte. Les lecteurs du Dicos des bêtises et autres catastrophes (avec Émile Jadoul, Casterman, 2011), véritable manuel de référence des garnements, peineront à reconnaître la subtilité habituelle d’Elisabeth Brami. L’auteur et psychologue qui comprend si bien les ambivalences dans le tempérament des enfants, comme elle l’exposait dans son « coup de cœur/coup de gueule » publié sur le blog, dresse ici des portraits très tranchés et normatifs. On peut regretter qu’aucun rapprochement ne s’opère au fil des pages entre les Papoli et les Polis. Les premiers collectionnent les méfaits tandis que les autres sont de tels enfants modèles qu’ils en deviennent agaçants.
Ce « superlivre » est un bel ouvrage. L’illustration de Marie Paruit est dans l’air du temps, très graphique et rend la lecture très agréable. Il répond bien au défi de mettre des mots sur les nombreuses situations de la vie d’un enfant mais, plutôt que d’amener l’enfant à se questionner sur les comportements communément admis en société, ils en donnent une vision un peu trop figée. Un ouvrage à lire avec les enfants en les encourageant à débattre sur ces représentations d’adultes.
Les mêmes vus par Maman Baobab et Sous le feuillage

Le grand livre des outilsDans le domaine des encyclopédies décalées, Le grand livre des outils de Pronto et Raphaël Martin est une véritable réussite. Ce grand format, qui fait l’inventaire exhaustif des outils, est un ravissement pour les bricoleurs mais surtout pour les amoureux de la langue française. La scie japonaise, la truelle « langue de chat », le marteau Polka, le rivet pop… même si on ne sait pas fixer une étagère ou planter un clou sans se taper sur les doigts, on se surprend à être fasciné par les noms des 165 outils qui sont minutieusement référencés comme des oiseaux rares. Chaque famille d’outils est accompagnée par une scène imaginée par Pronto pour expliquer une expression courante en français avec humour et second degré : être marteau, enfoncer le clou, en pincer pour quelqu’un, etc.
Nul besoin d’être un pro du bricolage pour apprécier cette encyclopédie très drôle et finement réalisée. Les dessins des outils sont parfaits et très évocateurs, mais c’est bien entendu la page qui leur fait face qui donne tout son pétillant à ce livre. Comme l’évoque Pronto lors d’une interview accordée à la Librairie Mollat, la grande force du livre réside dans son humour sans concession ni censure, très revigorant en ces temps où la liberté d’expression est malmenée.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Élisabeth Brami (Le doudou de Tiloulou, La déclaration des droits des filles, La déclaration des droits des garçons, et Moi j’adore, maman déteste, et vice-versa), et de Marie Paruit (Petit-Paul rentre de l’école, Je fabrique des livres).

Mon superlivre
Texte d’Élisabeth Brami, illustré par Marie Paruit
Casterman dans la collection Mon superlivre.
14,95 €, 247×310 mm, 48 pages, imprimé en Espagne, 2014.
Mon superlivre de la politesse
Texte d’Élisabeth Brami, illustré par Marie Paruit
Casterman dans la collection Mon superlivre.
14,95 €, 247×310 mm, 48 pages, imprimé en Espagne, 2014.
Mon grand livre des outils. Pour joindre l’outil à l’agréable
Texte de Raphaël Martin, illustré par Pronto
De la Martinière
14,90 €, 370×270 mm, 36 pages, imprimé où, 2014.

À part ça ?

Dimanche 15 mars à partir de 11h, la librairie Les Enfants sur le Toit (22, rue Ramey, Paris 18ème) accueillera Murielle Szac et Bruno Doucey qui présenteront en avant-première Le Feuilleton d’Ulysse (Bayard Jeunesse). Ils parleront également de la collection « Ceux qui ont dit non » éditée par Actes Sud Junior qui regroupe des romans historiques sur des personnalités qui incarnent l’esprit de résistance. Cette rencontre sera suivie par une dédicace, vous pouvez donc ressortir les excellents Feuilleton d’Hermès et Feuilleton de Thésée (Bayard Jeunesse, 2006 et 2011), superbes recueils de mythologie grecque destinés aux enfants signés par Murielle Szac.

Laura

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Les invité-e-s du mercredi : Olivier Tallec et Élisabeth Brami ( + concours)

Par 3 septembre 2014 Les invités du mercredi

J’avais envie, pour cette rentrée, d’inviter quelqu’un dont j’aime énormément le travail. Si vous avez lu mon « En vacances avec » de la semaine dernière vous avez dû comprendre que j’aimais beaucoup Olivier Tallec… or nous ne l’avions jamais interviewé ! C’est chose faite ! À la suite de cette interview, grâce aux éditions Actes Sud Junior, l’un de vous gagnera un exemplaire de Louis 1er roi des moutons. Ensuite, c’est avec Élisabeth Brami que nous avons rendez-vous pour un très beau coup de cœur, coup de gueule. Elle est classe cette rentrée, non ?


L’interview du mercredi : Olivier Tallec

Olivier TallecRacontez-nous votre parcours
J’ai un parcours assez classique. Quelques années de fac d’arts plastiques puis une école d’Art Appliqué à Paris. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire, j’ai donc commencé à travailler en agence de pub et dans le packaging comme graphiste, et très vite je me suis dit que j’allais arrêter de perdre mon temps.
J’ai donc commencé à faire du dessin de presse pour le magazine ELLE et puis pour Libé, et puis à faire du porte-à-porte auprès des éditeurs avec les quelques dessins que j’avais sous le bras.
Un premier éditeur m’a proposé d’illustrer un premier livre jeunesse, puis un second et ainsi de suite. Je ne connaissais rien à la jeunesse, j’ai donc commencé à m’y intéresser, à regarder en librairie ce qui se faisait et je suis rentré petit à petit dans l’univers de la littérature jeunesse. Mais je ne me suis jamais dit, tiens je vais faire de l’illustration mon métier. Je ne savais pas vraiment qu’on pouvait en vivre.

le Slip de bainQuels sont les illustrateurs qui ont marqué votre enfance ?
En fait peu… Je me rappelle très bien d’un livre sur l’histoire des pirates, illustré par un illustrateur anglais très réaliste dont j’ai oublié le nom, et sur lequel je suis retombé récemment chez un bouquiniste. J’ai aussi quelques souvenirs de classiques du Père Castor, dont Poule Rousse. Et des illustrations du manuel d’utilisation du robot électroménager Seb de ma mère.

Que pensez-vous de la littérature jeunesse actuelle ?
C’est difficile de faire un tour de la littérature actuelle en quelques lignes.
Elle est évidemment très riche, on n’a jamais eu autant de livres sur les sujets les plus variés et paradoxalement le marché est complètement saturé, il y a trop de livres et même les libraires ne suivent plus.
De par la crise, les tirages sont moins importants, les éditeurs vont prendre moins de risques sur un album, sur la fabrication, on essaie de reproduire ce qui marche ailleurs, de réduire les coûts un peu partout, personne ne veut ou ne peut réduire la production… bref tout le monde serre les fesses, mais on voit encore de très beaux albums tous les ans.

MichkaComment est venue l’idée de refaire les classiques que sont Marlaguette et Michka ?
C’est une proposition de l’éditeur. Flammarion souhaitait réactualiser des classiques qui sont encore très demandés mais dont les illustrations, pour certains, parlent peut-être moins aux enfants et sont un peu désuètes. Ça m’amusait beaucoup d’illustrer des livres que j’ai pu avoir enfant. Se détacher des images originales et proposer ma propre vision de l’histoire. Apporter du contemporain.

Rita et Machin est une série qui cartonne, ce genre de succès ça change des choses ?
Je ne dirais pas que Rita et Machin est une série qui a cartonné (puisque nous l’arrêtons pour le moment après presque vingt albums), c’est une série qui a plutôt bien marché, qui a été traduite dans beaucoup de pays (mais parfois seulement quelques titres) et dont les Japonais se sont emparés pour l’adapter en dessin animé pour NHK, une chaîne de télévision japonaise. La série animée a ensuite été diffusée en France. Ce qui par exemple Joyeux Noël Rita et Machinn’a pas eu de rapport direct sur la vente des livres. Mais Rita et Machin a été beaucoup remarqué et a eu, je crois, un vrai succès d‘estime.
(Mais cela ne m’a finalement pas permis de m’acheter ce yacht dont Bernard Tapie voulait se séparer).

Vous nous aviez parlé, dans notre rubrique de l’été, de votre rapport avec les auteurs mais quelque chose m’a marqué dans le dernier tome de Grand loup & petit loup, si on lit le texte sans voir les illustrations on imagine toute autre chose, c’était une envie d’être aussi auteur de l’histoire, pas juste d’illustrer un propos ?
J’ai de plus en plus envie de raconter des histoires, et parfois des histoires dans les histoires. Prendre une certaine liberté par rapport au texte ; surtout quand ce sont des textes d’auteurs et non pas mes histoires. Je crois qu’un illustrateur est coauteur d’une histoire, par ce décalage texte-images si important. Quand on parlait précédemment des histoires des classiques du Père Castor, je crois que c’est ce qu’il manquait à l’époque dans beaucoup de livres du début du XXe siècle. Même si certaines de ces images sont très belles, on est souvent dans l’illustration littérale du texte. Je me demande toujours Grand Loup Petit Loupquand je commence un livre ce que mes dessins vont pouvoir apporter à un texte. Est-ce que c’est de la déco pour habiller un texte ou au contraire est-ce que je vais y apporter autre chose et est-ce que j’ai quelque chose à dire ? C’est un peu un travail de traducteur, comment interpréter un texte, jusqu’où peut-on aller ?

Quelle a été la réaction de Nadine Brun Cosme, l’auteur ?
C’est à elle qu’il faudrait demander, mais je ne travaille pas directement avec Nadine, je fais des propositions à l’éditrice et au directeur artistique de Flammarion et eux en parlent de leur côté avec Nadine. Mais Nadine m’a toujours laissé libre d’apporter des éléments qui n’étaient pas dans ses textes.
Ce que j’aime dans son travail d’auteur, c’est justement cette poésie qui laisse à l’illustrateur une grande liberté, car ils ne sont pas du tout descriptifs. Ils sont même parfois assez abstraits. Je viens de terminer un nouvel album avec Nadine (Moi devant, à paraître chez Flammarion en 2015) dans lequel j’ai également essayé d’imaginer autre chose.

Je suis très fan de la série des Michel et de La Croûte, parlez-nous de votre collaboration avec Charlotte Moundlic.
Je connais Charlotte depuis longtemps. D’abord comme directrice artistique ; j’ai fait avec la_croute04elle beaucoup de mes albums au Père Castor et maintenant chez Rue de Sèvres, puis par la suite comme auteur. Charlotte m’a un jour fait lire un de ses textes, c’était La Croûte.
Puis elle m’a proposé Le Slip de bain, un texte qui raconte les vacances d’un petit gars, Michel, qui quitte ses parents pour la première fois pour aller passer des vacances chez ses grands-parents avec ses cousins. Forcément ça parle à beaucoup de gens. Et puis on s’est pas mal attaché au personnage de Michel, du coup Charlotte a écrit la suite, Mon cœur en miettes et La Boum. On réfléchit à d’autres collaborations.

Vous illustrez régulièrement des histoires avec des sujets sensibles, je pense au superbe Jérôme Par cœur (sur l’amour d’un petit garçon pour un autre petit garçon) chez Actes Sud Junior ou encore à La croûte (où un enfant perd sa mère), c’est important pour vous de participer à ce genre d’album ?
Jérôme par coeur
C’est d’abord les textes qui me plaisent avant les sujets. Je n’ai pas voulu faire un album sur la mort, sur les sentiments amoureux ou sur la sexualité, c’est à la lecture des textes de Charlotte Moundlic et de Thomas Scotto que je me suis dit que j’aimerais bien les illustrer. Dans le cas de La Croûte, le texte m’intéressait car il était non seulement très bien écrit mais il abordait le sujet (la mort) frontalement et non pas par le biais détourné d’un grand-parent décédé ou d’un animal. Pour moi, ce ne sont pas des sujets sensibles, ce sont des sujets contemporains et il est important de les traiter au même titre que les vacances avec mes grands-parents ou des sujets plus classiques.

Vous venez de sortir Louis 1er roi des moutons, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
En deux mots c’est l’histoire d’un mouton, Louis, qui trouve une couronne, (on ne sait pas Louis 1er roi des moutonstrop si cette couronne, objet de pouvoir est un jouet ou une vraie couronne) apportée par le vent dans un champ Il décide donc de la mettre sur la tête et de s’improviser roi des moutons. Il se dresse donc sur deux pattes et se met à diriger son royaume et très vite ce pouvoir dévie, dégénère il devient très vite un petit dictateur…
Pour Louis 1er, roi des moutons, j’avais envie de traiter le sujet du pouvoir. Sujet qui une fois encore parle aux plus jeunes, dès la cour de récréation. Qu’est-ce que le pouvoir ? Qu’est ce qu’on en fait ? Comment il peut transformer une personne, et essayer d’expliquer que le pouvoir peut aussi partir comme il est arrivé…

Le mois prochain sort Bonne journée, un album pour adultes dont vous êtes, là encore, l’auteur, pouvez-vous nous dire quelques mots sur cet ouvrage ?
Bonne journéeBonne journée
est un livre un peu particulier, c’est un livre de dessins (censés être un peu drôles). Un dessin avec quelques mots (souvent un dialogue) ou non. C’est une démarche qui me tentait depuis longtemps, il y a donc une narration par dessin et non pas une seule histoire. C’est très anglo-saxon, à la manière de certains dessins de presse comme le travail de Garry Larson, un humour absurde.

D’autres projets ?
Je réfléchis à la suite de Quiquoiqui chez Actes Sud Junior. Et je vais sans doute me remettre à la bande dessinée prochainement, pour une vraie histoire d’aventures.

Donc de plus en plus auteur de vos histoires ?
Effectivement. D’abord parce que c’est difficile de trouver de bons textes, ensuite parce que ça m’amuse assez de proposer un projet complet. Plusieurs personnes m’ont poussé vers ça, mon premier livre comme auteur a été un livre sans texte chez Flammarion Waterlo & Trafalgar. Mais je ne ferai jamais de longs textes. Je me rends bien compte que c’est souvent les images qui viennent d’abord, et je crois qu’il faut aussi savoir où sont ses limites. Les miennes sont clairement dans l’écriture, j’aime les formats courts et les livres que je préfère ont souvent des textes succincts.

Bibliographie sélective :

  • Bonne journée, textes et illustrations, Rue de Sèvres (2014).
  • Louis 1er, roi des moutons, texte et illustrations, Actes Sud Junior
    (2014).
  • La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie, illustration d’un texte de Charlotte Moundlic, Père Castor (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Qui quoi qui, texte et illustration, Actes Sud Junior (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Marlaguette, illustration d’un texte de Marie Colmont, Père Castor (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le plus féroce des loups, illustration d’un texte de Sylvie Poillevé, Père Castor (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Pas de pitié pour les baskets, illustration d’un texte de Joy Sorman, Actes Sud Junior (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Kevin et les extraterrestres, Restons Calmes !, illustration d’un texte de Laurent Rivelaygue, Père Castor (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Joyeux Noël Rita et Machin, illustration d’un texte de Jean-Philippe Arrou-Vignod, Gallimard Giboulées (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Maurice Carême chanté par Domitille, illustration d’un texte de Domitille, Naïve (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon cœur en miettes, illustration d’un texte de Charlotte Moundlic, Père Castor (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Michka, illustration d’un texte de Marie Colmont, Père Castor (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le slip de bain, ou les pires vacances de ma vie, illustration d’un texte de Charlotte Moundlic, Père Castor (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Grand Loup & Petit Loup, illustrations des textes de Nadine Brun Cosme, Père Castor (2005-2010), que nous avons chroniquée ici.
  • Jérôme par cœur, illustration d’un texte de Thomas ScottoActes Sud Junior
    (2009), que nous avons chroniqué ici.
  • La croûte, illustration d’un texte de Charlotte Moundlic, Père Castor (2009), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Olivier Tallec sur son site : http://www.oliviertallec.fr.

Concours
Comme je vous le disais juste avant cette interview, grâce à Actes Sud Junior, je vais pouvoir faire un chanceux parmi vous ! En effet, l’un de vous va pouvoir gagner un exemplaire de Louis 1er roi des moutons ! Pour participer au tirage au sort, dites-moi, en commentaire, ce que vous feriez si vous étiez le roi ou la reine des moutons. Vous avez jusqu’à mardi 10 h ! Bonne chance à tous !


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Élisabeth Brami

Régulièrement, un acteur de l’édition jeunesse (auteur, illustrateur, éditeur…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché, ému ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé. Cette semaine, c’est l’auteur Élisabeth Brami qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Chère Mare aux mots

Vous m’invitez à écrire dans votre chronique et, bien qu’honorée, vous m’en voyez fort embarrassée. Question de mots, justement ; question de mare/marre, de maux et de marmots.
Avant de vous livrer mon « coup de cœur » et son pendant « coup de gueule », je ne peux m’empêcher de constater combien pour moi, les deux s’enchevêtrent, interdisant tout manichéisme simplificateur et me mettant face à leur riche ambiguïté, voire à ma propre ambivalence.
« Coup de cœur » : une expression galvaudée qui, devenue macaron commercial, a cédé du terrain tendrement affectif à force de se calquer sur le dévastateur « coup de poing ». Quant au « Coup de gueule », loin de se limiter à sa métaphore animale, il oscille dangereusement entre la fureur agressive du « coup de boule » et le découragement existentiel du « coup de blues ».

Mais vous ne m’avez pas demandé un cours de linguistique et je ne voudrais pas rendre une copie hors sujet. Je vais donc essayer de faire « coup double » et profiter de l’opportunité pour répondre à votre demande afin de remercier les uns et fustiger les autres.
Les uns : ces enfants des écoles que j’ai eu la chance de rencontrer cette année encore, grâce à mes livres.
Les autres : leurs parents et adultes tutélaires, géniteurs et génies du foyer… si rarement géniaux.
Être comme je le suis, écrivain et psychologue clinicienne, me prédispose sans doute à une écoute hypersensible de l’enfance, et ce, non seulement dans le champ de la littérature mais aussi de celui de la vie psychique. Cohérents, mes livres s’y prêtent.
Mon « coup de cœur » pluriel va donc à quelques jeunes lecteurs qui m’ont bouleversée et touchée de leurs « coups au cœur ». Je veux ici témoigner d’eux et partager avec vous la beauté de ces échanges, les rendant inoubliables.
Merci à toi, Viktor-avec-un-K du CE1 de la rue Blanche à Paris, qui m’a offert la définition du mot choc : « c’est quand quelqu’un voit quelqu’un d’autre qui n’est pas tout à fait comme lui. » J’ai appris plus tard, à la récré, ta différence : être russe et adopté.
Merci à toi, petite fille de CE2 d’Agen qui a déclaré avec allégresse : « Des fois, j’ai une petite envie de lire. Je lis même au water. », ce qui a déchaîné l’hilarité générale.
Merci à toi, subtil Réda du CE1 de Saint-Pierre-des-Corps, qui me confia : « Il faut être caché pour lire et pour écrire. Moi, je me cache dans le noir avec ma lampe de poche. »
Merci à toi, fillette experte du CE2 de je ne sais plus où, qui donna aux ignorants de la classe ta définition de psychologue : « quelqu’un chez qui on va quand on a le cœur trop gros. »
Merci à toi, petit gars du CP d’Orléans qui m’a demandé : « Comment tu t’es donné l’idée pour écrire ? » et, qui voulant en savoir plus sur les mystères de la création, a ajouté : « Quand tu écris, est-ce que c’est quelqu’un qui te dit un truc dans ton corps ? »

J’arrête là ma liste des précieuses paroles de ces enfants de rencontre, elle serait infinie. Autant de cadeaux reçus qui me donnent du baume au cœur et du cœur à l’ouvrage. Merci pour leurs paroles qui m’ont fait battre plus vite le cœur.
Cependant, comme certains le savent qui fréquentent ma prose, chez moi, le côté « cœur » est indissociable du côté « gueulard », mes petits bobos bégaient souvent dans mes petits bonheurs, et il n’y a qu’un pas entre mes « je me marre » et mes « y’en a marre ». C’est ce qui fait le prix et le piquant de mes rencontres de la Maternelle à l’Université. S’y mêlent, sans pouvoir les démêler, aux coups de cœur, les coups de gueule, et toujours, au moment de quitter mes lecteurs, un terrible sentiment d’impuissance, de frustration face à quelques manifestes et enfantines détresses. L’auteure de passage que je suis en sort souvent la rage au cœur.
Car, comment quitter, la fillette à jupe bleue du CE1 de Balma, qui, sortant de la bibliothèque, me révéla soudain : « Moi, j’en ai marre de tout, tout le temps ! »
Comment quitter, le petit garçon en peine, du CE1 de Chambéry qui expliqua : « mes parents, c’est pas comme dans ton livre, ils essaient de divorcer depuis longtemps et ils n’y arrivent pas. J’y comprends rien. »
Comment quitter, le CP d’Aubagne au regard sombre, qui leva le doigt, sûr de sa science, pour décréter : « Un spychologue, moi, je sais : c’est quelqu’un, on y va quand on est vilain. » faisant ainsi, à son insu, l’aveu de ses tourments.
Comment quitter, la fée de 7 ans à Saint Germain Lès Arpajon, qui à elle seule résuma toutes les raisons pour lesquelles je me bats sur divers fronts. « Dans vos livres, j’ai ressenti des sentiments comme vous. Mais mes parents ils ne comprennent pas ce que je sens. Ils ne se rendent pas compte quand ils me blessent… pourtant, ils ont traversé tout ça pour devenir grands… ils ont traversé les mêmes choses… »

Alors, à votre avis, « coup de gueule » ou « coup de cœur » ?
Mal au cœur toujours d’avoir à repartir sur les routes sans avoir pu apporter de réel remède à ces cœurs neufs brisés, bafoués, piétinés, incompris, ignorés jusqu’au mépris, bourgeons en attente d’éclore. À peine quelques mots trouvés dans ma mallette d’urgence, et le reste, à écrire au retour, si j’y parviens, si le lecteur veut bien me suivre.
Oui bien sûr, continuer à écrire pour tous, mais surtout pour les enfants, car ils sont l’avenir de l’humanité, dire le triste et le gai, le beau et le laid, le doux et le cruel. Écrire avec son cœur mais aussi avec ses tripes et plus encore. Écrire pour s’opposer à la haine, à la mort, à l’oubli, à l’injustice, à tous les racismes. Écrire pour continuer à inventer et réinventer le monde et enfin croire à la paix. Ouvrir sa gueule dans un monde où l’on vous demande de la fermer, où la victime est devenue coupable et le terroriste, justicier. Continuer à lutter pour le respect dû à toute personne quel que soit son âge. Et puis, à la rentrée, retourner dans les écoles pour répéter sans trêve, que cœur et courage ont même racine, que dans courage il y a rage, et qu’aucun coup de gueule ne vaut s’il n’est doublé d’un coup de cœur. Que les livres permettent cela.

« Est-ce que tu écris pour le plaisir ou par tristesse ? » m’a demandé l’un de mes derniers enfants de rencontre. Il connaissait déjà la réponse. Vous aussi, à présent,

Cordialement,

Élisabeth Brami

Paris, août 2014

Elisabeth BramiÉlisabeth Brami est auteur.

Bibliographie sélective :

  • Mon superlivre des contraires, illustré par Marie Paruit, Casterman (2014, à paraître).
  • Mon superlivre de la politesse, illustré par Marie Paruit, Casterman (2014).
  • Trois fois Lou, Seuil Jeunesse (2014).
  • Enfants cherchent parents trop bien (pas sérieux s’abstenir), illustré par Loïc Froissart, Seuil Jeunesse (2014).
  • La déclaration des droits des filles et La déclaration des droits des garçons, illustrés par Estelle Billon-Spagnol, Talents Hauts (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Catalogue de bêtises (très) culottées, texte illustré par Serge BlochSeuil Jeunesse (2013).
  • Moi j’adore, la maîtresse déteste, illustré par Lionel Le Néouanic, Seuil jeunesse (2012).
  • Moi j’adore, maman déteste, et vice-versa, illustré par Lionel Le Néouanic, Seuil jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Dico des bêtises et autres cacastrophes, illustré par Émile Jadoul, Casterman (2011).
  • L’Alphabêtisier, illustré par Lionel Le Néouanic, Seuil Jeunesse (2001).
  • Le doudou de Tiloulou, illustré par Claire Le Grand, Actes Sud (1998), que nous avons chroniqué ici.
  • Moi j’adore, maman déteste, illustré par Lionel Le Néouanic, Seuil Jeunesse (1997).

Élisabeth Brami écrit aussi des livres pour adultes. Des romans comme par exemple, Les Heures secrètes au Points Seuil (2013) et des livres sur l’enfance comme Dolto, l’art d’être parents (avec P. Delaroche) chez Albin Michel (2014).

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Le soir venu…

Par 7 juin 2014 Livres Jeunesse

…Il est l’heure d’aller se coucher ! Avec ou sans envie, avec ou sans doudou !

le doudou de tiloulouTiloulou a pour doudou une grande couverture à pois rouges. Elle console, elle rassure, on la glisse dans son cou, on l’emmène partout, et ce n’est pas très facile de la laver. Tout ce qu’il y a de plus habituel pour un doudou en quelque sorte !

Sujet souvent abordé en littérature jeunesse, le doudou est un élément important de l’enfance (même quand on n’en a pas vraiment, on en entend beaucoup parler). Élisabeth Brami nous propose une courte histoire en rimes, proche du quotidien des plus petits. Les illustrations de Claire Le Grand sont colorées, à la peinture, et complètent cet album simple et juste, réédité dans la collection Encore une fois, dans un format souple et à petit prix.

totam ne veut pas dormirTotam ne veut pas dormir ! Se coucher pour écouter l’histoire, aucun souci ! Mais quand il s’agit d’éteindre, et de dormir, c’est une autre chanson ! Il fait durer, il a soif, il joue sous la couette, il revient dans le salon, il a faim,… Toujours quelque chose pour gagner quelques minutes ! Mais le sommeil finira bien par le rattraper !

Là encore, on est dans le concret, le quotidien, et le connu. Humain ou lapin, au moment de dormir, même combat ! Xavier Deneux propose une histoire très juste, drôle et concrète, avec de très douces illustrations, comme d’habitude ! Un nouvel album réussi aux pages plastifiées pour plus de solidité qui permet de faciliter le coucher, et de dédramatiser !

Quelques pas de plus….
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Élisabeth Brami (La déclaration des droits des filles, La déclaration des droits des garçons, et Moi j’adore, maman déteste, et vice-versa), et Xavier Deneux (Chez moi, Mes rêves, Bon appétit, Totam !, Regarde, et Au dodo les animaux).

Le doudou de Tiloulou
Texte d’Élisabeth Brami, illustré par Claire Le Grand
Actes Sud dans la collection Encore une fois
4,95 €, 150 x 191 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2014
Totam ne veut pas dormir
de Xavier Deneux
Tourbillon
6,50 €, 170 x 177 mm, 20 pages, imprimé en Chine, 2014

A part ça ?

Jusqu’au 10 Août, retrouvez l’exposition Motion Factory à la Gaîté Lyrique, à Paris. Une plongée dans l’univers des films d’animation où les objets s’animent !

Marianne

 

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