La mare aux mots
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Elise Fontenaille

Petites magiciennes

Par 6 juillet 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on rencontre deux petites filles qui ont quelque chose en plus. La première peut maîtriser la météo et la seconde, parler avec les animaux…

Coline ou les couleurs du temps
Texte de Yannick Jaulin, illustré par Benoît Perroud
Marmaille et compagnie
12 €, 240 x 240 mm, 40 pages, imprimé en France, 2017.
Lili et la louve
Texte d’Élise Fontenaille, illustré par Alice Bohl
Grasset Jeunesse
14,90 €, 217 x 292 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2017.

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Deux garçons courageux

Par 20 novembre 2012 Livres Jeunesse

Hercule arrive dans une nouvelle école. Il n’a pas encore d’ami, et les autres ne sont pas tendres : ils se moquent notamment de son prénom. Un jour, on lui propose de rejoindre la bande des Alligators à condition de réussir une douzaine d’épreuves. D’où le titre de ce roman illustré, Hercule, attention travaux !  Il aura besoin de courage et devra montrer tous ses talents !

Ça ne vous dit rien tout ça ? Hercule ? Le nombre douze ? Des épreuves ? Mais oui, ce roman pour enfants d’Emmanuel Trédez a des airs de légende mythologique. Des airs seulement, car ces aventures sont bien ancrées dans le quotidien des enfants d’aujourd’hui ! Mais l’auteur réussit tout de même à faire des parallèles avec les Douze travaux d’Hercule. Ce roman est accessible, plein d’humour, de jeux de mots. On n’a pas le temps de s’ennuyer grâce aux courts chapitres et aux illustrations de Robin. Avec Hercule, on s’interroge sur l’amitié, la recherche de l’amour, la tolérance, l’acceptation de soi et des autres. De quoi se souvenir que le quotidien est loin d’être ennuyeux, et que l’aventure n’est jamais bien loin !

La vie est un peu moins légère pour Jean-Reno, le narrateur de Pour un carré de chocolat, et ses amis de la plantation, Mandela et Innocente. Ces trois enfants vivent en Côte d’Ivoire, et en dehors de l’école, ils travaillent dans les champs de cacao. Très unis, ils décident, à l’initiative de Jean-Reno, de créer une association « Bic et la daba » pour faire entendre leurs voix auprès des adultes et être rémunérés justement. Avec l’argent mutualisé, ils peuvent s’acheter des fournitures scolaires ou des bottes pour éviter les morsures de serpent. Belle idée pour des enfants si jeunes ! Petit à petit, Jean-Reno et Innocente se rapprochent, et tentent de préserver leur amitié avec Mandela qui pourrait se sentir mis à l’écart. Un jour, Jean-Reno, qui comme ses copains, côtoie tous les jours le cacao sans jamais avoir pu croquer dans un seul carré de chocolat, va prendre le risque d’en subtiliser un pour l’offrir à Innocente…

Ce roman pour enfants au format original (carré, à la couverture presque tissée) est tiré d’une histoire vraie ! C’est là toute la force du récit d’Elise Fontenaille et Clarisse Buono qui nous transportent dans le quotidien de ces petits ivoiriens. On a l’impression d’entendre Jean-Reno nous raconter ses aventures. Encore une fois, amour naissant et amitié sont au cœur de l’intrigue, et c’est d’ailleurs ce qui permet au jeune lecteur de s’identifier à ces enfants, à la vie si particulière ! Pour ne rien gâcher, c’est Janik Coat qui signe les illustrations qui parsèment le roman. Après cette lecture, on ne regarde plus un carré de chocolat de la même manière !

Quelques pas de plus…
Gabriel a évoqué une histoire d’Emmanuel Trédez, paru dans le recueil Petites histoires du père Castor pour Noël. Retrouvez la chronique ici.
Anne Ferrier a chroniqué pour La Mare aux Mots un roman d’Elise Fontenaille, Le garçon qui volait des avions.
Enfin, ce n’est pas la première fois qu’on vous présente un livre illustré par Janik Coat : retrouvez Une vie d’ours, et La surprise.

Hercule, attention travaux !
de Emmanuel Trédez, illustré par Robin.
Nathan
4,95 €, 123×182 mm, 153 pages, imprimé en France
Pour un carré de chocolat
de Elise Fontenaille et Clarisse Buono, illustré par Janik Coat
Grasset Jeunesse
8 €, 160×180 mm, 61 pages, imprimé en Espagne

A part ça ?

Le musée Gustave Moreau de Paris propose des ateliers pour les enfants de 7 à 11 ans, les 24 Novembre et 8 Décembre. Au programme, contes, jeux, enquêtes, dessins… Plus de renseignements sur le site du musée.

Marianne

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Les invités du mercredi : Béatrice Nicodème et Anne Ferrier (+ concours)

Par 3 octobre 2012 Les invités du mercredi

Ce mercredi encore nous avons de la chance, je vous propose une interview de Béatrice Nicodème, l’auteur, entre autre, de la série des Wiggins dont je vous ai parlé à plusieurs reprises (et en plus vous aurez la chance de pouvoir gagner Wiggins et la nuit de l’éclipse à la fin de cette interview grâce aux éditions Gulf Stream) de plus Anne Ferrier nous chronique un livre ! Encore un beau mercredi autour de La mare !


L’interview du mercredi : Béatrice Nicodème

Quel a été votre parcours ?
J’ai commencé à rêver d’écrire des romans policiers à l’âge de 12 ans, après quoi j’ai passé presque vingt ans à ne pas oser m’y risquer, tout en réfléchissant de temps à autre à des intrigues que je ne menais pas jusqu’au bout. Et tout à coup, aux alentours de 31 ans, je me suis dit qu’il était grand temps d’essayer vraiment et de persévérer quelles que soient les difficultés. Je me suis lancée dans  un roman policier (pour les adultes) : deux années d’écriture (avec souvent plusieurs mois d’interruption), et deux années pour trouver un éditeur (Les Éditions de l’Instant, qui ont disparu peu après). À partir de là, je n’ai plus lâché la plume… ou le clavier. Dix ans après la publication de mon premier roman, j’ai abandonné le salariat (j’étais maquettiste dans des magazines pour la jeunesse) pour me consacrer totalement à l’écriture. C’était la réalisation d’un rêve que j’avais toujours cru inaccessible.

Quels sont vos souvenirs de lecture d’enfant, d’adolescente ?
Ceux de toutes les personnes de ma génération ! Les Malheurs de Sophie (premier livre lu seule et sans suivre chaque ligne avec le doigt !), la Bibliothèque Rouge et Or (beaucoup de romans d’aventures), les Club des Cinq, les AliceÉtape suivante : Arthur Conan Doyle et Agatha Christie, suivis un peu plus tard des sœurs Brontë, de Daphné du Maurier, de Cronin. Beaucoup d’auteurs anglo-saxons, comme vous le voyez. Une prédilection très marquée et qui ne m’a jamais quittée, d’ailleurs.

Comment est venue cette idée de créer de nouvelles aventures pour Wiggins, un personnage qui apparaissait dans des Sherlock Holmes ?
Lorsque j’ai découvert la collection Souris Noire et réalisé qu’on pouvait tout à fait écrire de vrais romans policiers pour les enfants, j’ai tout de suite eu envie de me lancer dans cette aventure un peu différente. C’était sans doute une façon de renouer avec ma passion de jeunesse, comme si j’écrivais pour l’enfant ou l’adolescente qui sont restés en moi.
Je voulais situer mon roman dans une atmosphère qui fasse rêver les jeunes lecteurs et, me rappelant ce que j’avais aimé autrefois, je me suis tout de suite tournée vers le Londres mystérieux de la fin de l’ère victorienne. Je me suis alors souvenue de Wiggins, le chef des Irréguliers de Baker Street qu’on voit apparaître de temps à autre très brièvement au 221B Baker Street. Un héros formidable pour les enfants : débrouillard, parfois insolent, plein de cœur, courageux mais sensible, vivant pauvrement et luttant pour s’en sortir, admirant le grand Sherlock Holmes mais parfois agacé par son assurance et sa morgue. Un personnage que Conan Doyle n’a pas du tout développé mais qui était très riche de possibilités.  De plus, j’étais sûre, avec lui, de passer des moments palpitants, ce qui est indispensable si on veut bien écrire. Un auteur qui s’ennuie est un auteur qui ennuie ses lecteurs !

Quand on écrit de nouveaux romans avec un personnage créé par un autre écrivain, est-ce qu’il y a des choses qu’on s’interdit ?
Si on regarde tous les pastiches de Conan Doyle, on trouve des Sherlock bien surprenants, caricaturés, transformés, transposés à une autre époque, drogués à mort… C’est une conception des choses que j’admets mais qui n’est pas du tout la mienne. Je me suis trop délectée des aventures écrites par Conan Doyle pour ne pas avoir envie de recréer Sherlock, Watson et Wiggins, ainsi que le cadre dans lequel ils évoluent, tels que je les ai aimés. Wiggins étant un personnage presque inexistant chez l’écrivain écossais, cela me laisse d’ailleurs une grande latitude de création. Mais Le Chien des Baskerville est le roman qui m’a marquée profondément et a déclenché très clairement mon envie d’écrire. Le grand Sherlock est donc intouchable ! Un personnage devenu beaucoup plus célèbre que son auteur, c’est presque un cas unique dans la littérature. Cela mérite le respect !

Je suppose que ça demande beaucoup de travail de recherche pour ne pas trahir l’œuvre de Conan Doyle
Bien sûr. Avant d’écrire mon premier Wiggins, j’avais déjà publié un pastiche de Sherlock Holmes, Défi à Sherlock Holmes, publié en 1993 au Fleuve Noir et qui va être réédité en octobre 2012 chez Hachette. J’avais alors relu toutes les aventures de Sherlock Holmes, après quoi j’avais rassemblé une importante documentation sur le Londres de l’époque. Comme c’est une ville et une période qui me fascinent, cela a été un véritable bonheur. Je n’ai cessé d’enrichir ma documentation depuis lors, d’autant plus que j’ai écrit un autre roman qui se passe en Angleterre en 1893 (Le Secret de Sir Adrian F.), pour lequel j’ai passé de nombreuses heures à compulser des documents à la National Library de Londres.
Mes romans sont d’ailleurs de plus en plus souvent historiques (Moyen-Âge, Antiquité romaine, Révolution française, Second Empire, Seconde Guerre mondiale…). La recherche qui précède la création de l’intrigue et des personnages est une étape que je trouve très excitante.

Est-ce que la présence de Sherlock Holmes vous semble nécessaire dans chacun des romans de la série ?
Pour l’instant, je n’imagine pas de ne pas voir au moins se profiler son ombre… Wiggins est jeune, et il considère un peu Sherlock comme le père qu’il n’a pas connu. C’est d’ailleurs pourquoi il a envers lui des sentiments ambigus faits d’admiration et d’affection, mais aussi d’agacement et parfois de révolte contre son autorité et son savoir. Mais je ne peux vous dire ce que j’écrirai dans cinq ou dix ans. J’ai déjà fait grandir et mûrir Wiggins, puisque dans Wiggins et la nuit de l’éclipse il a vingt ans. Alors qui sait ?

Y aura-t-il des suites ?
Même réponse que précédemment… Sincèrement, je ne pense pas en avoir terminé avec Wiggins, j’ai trop de plaisir à le faire revivre pour songer à l’abandonner.

Quels sont vos autres projets ?
Je termine actuellement un roman qui se passe pendant la Seconde Guerre mondiale et qui met en scène une jeune fille parachutée en France par le S.O.E. (Special Operations Executive, un service secret créé par Churchill en 1940). Ensuite… who  knows ?

Retrouvez la bibliographie complète de Béatrice Nicodème sur son site.
Retrouvez également nos chroniques de ses livres : Wiggins et la nuit de l’enquête, Mais que fait la police ?, Wiggins et le perroquet muet et Wiggins et la ligne chocolat.

Comme je vous le disais avant l’interview, un chanceux aura la joie de recevoir le roman Wiggins et la nuit de l’éclipse grâce aux éditions GulfStream pour cela dîtes moi en commentaire ce que vous évoque Sherlock Holmes. En avez-vous lu ? Vu en film ? Vous ne savez même pas qui c’est ? Bref je veux connaître vos rapports avec le détective ! Je tirerai au sort parmi les réponses laissées en commentaires. Vous avez jusqu’à lundi 20h !


La chronique de… Anne Ferrier

Une fois par mois un auteur ou un illustrateur qu’on aime dans La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé. Cette fois-ci c’est Anne Ferrier qui s’y colle ! Merci à elle.

Quand Gabriel m’a proposé cette chronique, je me suis dit que j’allais parler d’une dystopie, Saba de Moïra Young par exemple (que vous devriez lire aussi, ceci dit : une langue forte, syncopée, râpeuse, et une narratrice qui prend le lecteur à rebrousse-poil. Et Jack, rho lala Jack… Bref, je m’égare).

Et puis en cherchant mon exemplaire sur mes étagères, je suis tombée sur Le garçon qui volait des avions, d’Elise Fontenaille… Impossible de résister à son appel, tant pis pour mes dystopies chéries.

Parce que ce très court roman, c’est une claque.

Je l’avais acheté, comme tant d’autres, sur le seul nom de l’auteur, dont j’ai aimé tous les livres, et pour la photo de couverture : un jeune homme, chaussures à la main, qui fuit on ne sait quoi. Je ne lis jamais les 4è, les éditeurs ont la fâcheuse habitude d’en dévoiler trop et de me gâcher le plaisir. Je ne savais donc absolument pas à quoi m’attendre…

Dès la dédicace « Aux enfants perdus », j’ai été happée. Peter Pan, j’arrive ! Mouais. Pas de poussière de fée là-dedans. Ce gamin-là était bien plus abîmé que les Enfants Perdus de Neverland. Plus vrai et touchant, aussi.

J’ai lu en un souffle l’histoire de cet ado cabossé, blessé, privé d’enfance. Colt ne peut pas s’empêcher de voler : des pizzas et des glaces pour commencer. Puis des voitures, des bateaux. Des avions. Oui oui, des avions. Il les rend, toujours. Car Colt est une sorte de voleur au grand cœur, un gamin surdoué qui rêve de s’envoler vraiment, de s’arracher à cette vie sinistre. Sauf qu’il n’y a aucune fée Clochette dans le monde réel, seulement la sombre et lourde et triste et froide forêt qui dévore son île, au large de Vancouver.

Sur les réseaux sociaux qui l’ont érigé en héros involontaire de la rébellion adolescente, Colt est surnommé Birdy. Il se cache dans la forêt, squatte les riches demeures inhabitées. Mais la solitude de ce gosse est effrayante. Oppressante. Car Colt est un enfant perdu, un « bandit aux pieds nus ». Et le lecteur étouffe de le voir s’enliser, sait bien qu’il n’échappera pas au système.

Pendant deux ans, Colt va jouer au chat et à la souris avec toutes les polices des États Unis et perturber l’ordre bien établi de sa petite communauté. L’exaspération grandit face à cet ado piégé par sa quête de liberté. Comment faire face à cette absurde chasse à l’homme dont il est l’objet ?

Les points de vue alternent tout au long du roman, comme une mosaïque qui tenterait de saisir l’essence de cette étoile filante : Colt lui-même, sa mère, les habitants de l’île, un ancien éducateur. Et puis Helen, la femme flic qui le connaît depuis toujours. Comme d’habitude chez Elise Fontenaille, la langue est dure, sans concession. Ça ne dégouline pas de bons sentiments, c’est juste et fort. Sans jugement.

J’ai cru que l’émotion s’estomperait une fois la dernière page tournée, ma respiration à nouveau régulière, et qu’il n’en resterait que l’écho, la petite musique des sentiments qui nous accompagne parfois longtemps après une lecture.

Et puis… j’ai découvert que ce n’était pas une histoire. Colton Harris-Moore a été arrêté, et condamné à 7 ans de prison l’été 2010. Ça m’a bouleversée au-delà des mots.

Depuis, j’ai souvent une pensée qui me serre la gorge pour cet Enfant Perdu…

Anne Ferrier est auteur.

Bibliographie sélective :

Retrouvez la sur son site : http://anneferrier.hautetfort.com/

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