La mare aux mots
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Ella Charbon

Tout en douceur

Par 2 août 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, un peu de douceur ! Le premier livre est un imagier plein de tendresse, et le second nous embarque sur la banquise, pour se rafraichir un peu pendant la canicule !

Caché-Trouvé
d’Ella Charbon
L’école des loisirs dans la collection Loulou & Cie
10,70 €, 199×201 mm, 34 pages, imprimé en Malaisie, 2017.
Tout doux
de Gaëtan Dorémus
Le Rouergue
15 €, 188×224 mm, 36 pages, imprimé en Italie, 2018.

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Petits bonheurs et petits marins

Par 28 juin 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, deux livres très malins pour les plus jeunes ! Le premier nous propose une série de délicieux petits moments choisis, et le second nous embarque pour une folle aventure au fil de l’eau. C’est parti !

Mes petits moments choisis
d’Ella Charbon
L’école des loisirs dans la collection Loulou et Cie
10,50 €, 170×140 mm, 18 pages, imprimé en Malaisie, 2018.
Gogo et Golo sont sur un bateau
Texte de Nicolas Cavaillès, illustré par Marjorie Béal
Kilowatt
10 €, 170×170 mm, 32 pages, lieu d’impression non indiqué, 2018.

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Les invité·e·s du mercredi : Ella Charbon, Marie-Thérèse Davidson et Mélanie Decourt

Par 16 mai 2018 Les invités du mercredi

C’est un entretien avec Ella Charbon que je vous propose aujourd’hui, c’est quelqu’un que j’aime beaucoup et je suis ravi qu’elle ait accepté de répondre à mes questions sur son travail et son parcours. Ensuite, c’est à une nouvelle question bête, notre nouvelle rubrique, que Marie-Thérèse Davidson et Mélanie Decourt (Nathan) ont bien voulu répondre : « Quelle est la différence entre une éditrice et une directrice de collection ? » Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Ella Charbon

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Je me suis pas mal cherchée avant de devenir illustratrice.
J’ai coché la case étudiante en Droit, puis en Histoire de l’art à l’école du Louvre. Ensuite, je suis devenue assistante photo dans le milieu de la mode.
Puis, avec l’arrivée de mon premier fils, je me suis lancée dans l’illustration.
Ma mère était sculpteur, j’ai donc quand même pas mal baigné dans un milieu créatif, ça vous rattrape !

J’aimerais que vous nous parliez de Mes petits moments choisis qui vient de sortir à l’école des loisirs. Comment est né cet album ?
Un jour, j’ai vu un clip de Cassius, Go upsur internet, qui m’a beaucoup amusée. À l’écran deux vidéos qui n’ont rien à voir ensemble sont associées, chacune occupe la moitié de l’écran et ça fonctionne.
Ma fille avait alors 2 ans et demi et à cet âge on veut tout faire très vite et si possible en même temps.
A germé alors l’idée d’associer sur une même double deux moments importants pour les enfants, mais qui n’ont, au premier abord, aucun rapport entre eux. On les découvre alors séparément, en ouvrant un volet après l’autre et enfin on associe les deux moments en ouvrant les deux volets en même temps.

Son concept est totalement original, sur chaque double, grâce aux flaps, on a quatre illustrations différentes, comment avez-vous travaillé sur ce projet ?
J’ai fait beaucoup d’essais, de crayonnés afin de voir si ça marchait.
Je suis partie de l’idée de Goûter/Jardiner. J’adore les cactus et je me suis dit que ça pouvait être rigolo de le retrouver dans un cône de glace. C’est parti de là. J’ai commencé le pliage, réalisé une maquette papier, fait les dessins sur les flaps, à l’intérieur, ça fonctionnait.
Une fois, le mécanisme trouvé pour une double, c’était plus évident d’imaginer les autres moments.
J’ai alors décidé de couvrir la journée d’un enfant du petit déjeuner au coucher (en passant par le jeu, le déjeuner, la sieste, le goûter, le bain, l’histoire du soir). Il y a ainsi un fil conducteur.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je réalise d’abord un crayonné très détaillé : les expressions, les attitudes, tout est prévu à cette étape.
Ensuite, je redessine sur l’ordinateur avec illustrator.

C’est votre deuxième projet solo, je crois, vous trouvez ça plaisant de travailler seule sur un album ou ça vous manque de partager avec quelqu’un ?
J’avais déjà réalisé deux projets seule (chez Gautier-Languereau), quand j’ai commencé l’illustration, il y a quelque temps déjà.
Et puis, j’ai eu la chance de rencontrer Gwendoline [Raisson, NDLR], avec qui j’ai fait plusieurs livres, et plus récemment Jean [Leroy, NDLR].
J’adore travailler avec eux, à deux.
Le projet évolue grâce aux échanges. Chacun donne ses idées. C’est un vrai travail d’équipe. C’est très riche.
Quand on a des doutes, on peut les partager. On n’est pas seul face à soi-même.
Ces derniers temps, est revenue l’envie de développer un projet solo, ça m’a pas mal obsédée, j’avais besoin de me prouver que je pouvais le faire. J’ai eu l’idée de Caché-Trouvé, paru l’été dernier à l’école des loisirs, collection Loulou et Cie. Je revenais à ma première passion, la photo, ça m’a sûrement aidé à passer le cap. Caché-Trouvé, ce sont mes premiers mots d’auteur (c’est un livre sur les contraires), comme des premiers pas. J’ai aussi eu la chance que le projet plaise à Grégoire Solotareff [éditeur de la collection Loulou & Cie, NDLR]. Ça m’a beaucoup touchée qu’il le prenne, ce projet me tenait tellement à cœur.
J’ai l’impression que ça m’a débloquée (en tout cas pour le moment), j’ai enchaîné avec Mes petits moments choisis.
Ça m’a un peu décomplexée, je peux maintenant m’autoriser à imaginer des choses, seule.
Mais c’est très important pour moi de faire des projets en duo. Tout se complète, se nourrit.
Donc, si je peux continuer à faire les deux, ça m’ira très bien.

Pour revenir sur Gwendoline Raisson, vous avez réalisé de nombreux livres ensemble, parlez-nous de votre collaboration
Ah Gwendoline, ma très chère Gwendoline !
C’est une amie commune (Hélène pour ne pas la citer) qui nous a mises en contact. Je démarrais en tant qu’illustratrice, je me posais pas mal de questions, Gwendoline avait déjà publié de nombreux livres. Elle a été très à l’écoute, très généreuse… L’idée de travailler ensemble est venue naturellement. Et naturellement aussi, on est devenues amies.
On s’est créé un bureau dans un espace coworking… euh non, en fait, on se retrouve dans un salon de thé se situant exactement entre chez elle et chez moi (on habite à côté). C’est donc là, entourées de pâtisseries, tartes salées, sucrées que nous échangeons sur nos projets.
Le projet peut démarrer d’un texte que Gwendoline m’envoie, d’une idée que je lui propose, de dessins… tout est possible.
Et bien sûr, on part de cette idée et au fil de la discussion on en développe d’autres, c’est trop bon.
Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, au bout d’un moment chacune rentre chez soi.
Je travaille alors les crayonnés à partir de son texte, on en discute cette fois par mail, par téléphone, on se renvoie le projet avec nos remarques, une agréable partie de ping-pong s’installe et enfin, quand on est satisfaites, on se dit que là, on peut présenter le projet.
Et voilà.

Où trouvez-vous votre inspiration ?
Un peu partout. Mes enfants, des expos, un film, une image, un livre, des mots…

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’ado ?
Un livre qui me vient tout de suite à l’esprit, que j’ai gardé et que je lis encore à mes enfants : Drôle de zoo de Mc Hargue et Foreman. Partir d’une situation du quotidien et la transformer en quelque chose d’extraordinaire grâce à l’imaginaire enfantin. L’enfant arrive à ses fins par ses propres moyens, sa frustration l’amène à trouver une solution.
Les ombres des personnages humains deviennent des animaux aux yeux de l’enfant, j’adore ce côté « transformation ».
J’adore aussi Le grand livre vert, les illustrations de Maurice Sendak sont incroyables, à la fois drôles et élégantes.
Héloïse de Kay Thompson, le dessin est aussi étonnant, le livre impertinent.
Dans ces livres, l’enfant est plein de ressources, intelligent, vif, malin.
J’ai aussi été bercée par Roald Dahl, j’écoute d’ailleurs ses histoires audio en travaillant.
Sinon, ado, je dévorais la BD, je la dévore encore maintenant.

Y a-t-il des illustrateurs ou des illustratrices dont le travail vous touche ou vous inspire ?
Maurice Sendak, Quentin Blake, Anthony Browne (Anna et le gorille, les cadrages sont très proches de ceux de la photo)… et beaucoup beaucoup d’autres… j’adore quand on sent un grain de folie, une malice dans les expressions.
Des auteurs de BD : Richard Thompson (Cul de sac), Emmanuel Guibert (L’enfance d’Alan…), Anouk Ricard, Jiro Taniguchi…
Je vais m’arrêter là, la liste serait trop longue…

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?
À l’automne, va sortir dans la collection Loulou et Cie, éditions l’école des loisirs, Nous, on répare tout ! On y retrouvera les personnages de La soupe aux frites, avec bien évidemment Jean pour le texte. On travaille aussi sur une nouvelle histoire.
Gwendoline et moi avons quelques projets en préparation… Surprise…
Et dans le coin de ma tête et d’un carnet, des projets persos… À moi de les mettre en forme, toute seule, comme une grande.

Allez une dernière question (tirée de Mes petits moments choisis)… Faire la sieste ou s’évader ?
Haha, et pourquoi pas les deux? Faire la sieste pour mieux s’évader…

Bibliographie sélective :

  • Mes petits moments choisis, texte et illustrations, l’école des loisirs (2018).
  • Caché-Trouvé, texte et illustrations, l’école des loisirs (2017).
  • Dodo, Super !, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, l’école des loisirs (2017).
  • La soupe aux frites, illustration d’un texte de Jean Leroy, l’école des loisirs (2017).
  • Un gâteau comment ?, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, l’école des loisirs (2017).
  • Raspoutine se déguise, illustration d’un texte de Jean Leroy, l’école des loisirs (2016).
  • La montagne, illustration d’un texte de Delphine Huguet, Milan (2016).
  • D’un côté… et de l’autre, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, l’école des loisirs (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Félix à Paris, illustration d’un texte de Géraldine Renault, Éditions Tourbillon (2014).
  • Debout, Super !, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, l’école des loisirs (2014).
  • Vite !, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le grand voyage d’un petit escargot, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, Circonflexe (2013).
  • De toutes les couleurs, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, Circonflexe (2012).
  • Des flots de bisous, texte et illustrations, Gautier-Languereau (2009).
  • Ani’gommettes, texte et illustrations, Gautier Languereau (2008).

Le site d’Ella Charbon : http://ellacharbon.ultra-book.com.
Une vidéo pour aller plus loin : https://www.youtube.com/watch?v=sFWcoWj53xM.


Ma question est peut-être bête, mais…

Régulièrement, on osera poser une question qui peut sembler un peu bête (mais l’est-elle vraiment ?) à des auteur·trice·s, illustrateur·trice·s, éditeur·trice·s… Histoire de répondre à des questions que tout le monde se pose ou de tordre le cou à des idées reçues. Cette fois-ci, j’ai demandé à Marie-Thérèse Davidson (directrice de collection chez Nathan) et à Mélanie Decourt (éditrice chez Nathan) « Quelle est la différence entre une éditrice et une directrice de collection ? ». Je vous propose de lire leurs réponses. Si vous avez des questions bêtes, n’hésitez pas à nous les proposer !

Marie-Thérèse Davidson
NOTE LIMINAIRE 1 : de même qu’autrefois, on utilisait les noms de métier au masculin même pour désigner des femmes exerçant ce métier, ici j’ai choisi de suivre l’exemple de l’auteur de la question et d’utiliser la forme féminine des noms de métier – ce qui ne signifie absolument pas que je souhaite l’exclusion des hommes encore présents dans le domaine de l’écriture et de l’édition !!
NOTE LIMINAIRE 2 : tout ce qui suit correspond à et seulement à ma propre expérience de directrice de collection (Histoires Noires de la Mythologie et Histoires de la Bible) des éditions Nathan.
La directrice de collection n’intervient que s’il y a collection (et encore, pas toujours : une éditrice peut en être chargée). Une collection, c’est un ensemble d’ouvrages reconnaissables à leur présentation identique, souvent réunis par leur genre (poésie, BD…), leur thème (souvenirs d’enfance, mythologie…), etc.
La première différence – de taille ! – entre l’éditrice et la directrice que je suis est que je ne suis pas une salariée de l’entreprise mais une contractuelle, rémunérée en droits d’auteur – droits qui ne sont pas en rapport avec le temps consacré au travail, mais avec le succès de l’œuvre. Par ailleurs, la rédaction d’une partie documentaire qui venait compléter le roman mythologique était incluse dans mon travail de directrice. Puis ce travail de rédaction, nettement plus important que ce qui avait été prévu, a été reconnu comme excédant les exigences de mon rôle, et méritant donc une rémunération supplémentaire.
Par ailleurs, j’interviens davantage comme « experte » dans les domaines couverts par mes collections, Bible ou mythologie, et moins dans le travail « littéraire » sur le manuscrit. C’est-à-dire que mon rôle principal consiste à veiller à ce que les mythes (ou la Bible) ne soient pas « trahis »*, qu’il n’y ait pas d’anachronismes, etc.
Mais en dehors de cela, j’ai les mêmes tâches que l’éditrice (choix des sujets, contact avec les auteurs, relecture et commentaire des manuscrits) et le plus souvent, c’est moi qui sers de médiateur entre l’autrice et l’éditrice (que je ne remplace donc pas). De même, je suis consultée quand il s’agit de choisir le titre ou l’illustration de couverture, mais les décisions se prennent toujours à deux, trois (en incluant l’autrice), voire davantage (d’autres employés de Nathan). Enfin, je n’interviens pas du tout dans la mise en page et les étapes finales de la publication.
Bref, je n’ai pas tant l’impression de diriger que de participer à l’élaboration de « mes » deux collections !

* Il faudrait un plus long développement pour préciser ce que peut signifier trahir un mythe (!) ou ce qu’est un anachronisme dans un récit notoirement fictif…
Marie-Thérèse Davidson est directrice de collection (Histoires noires de la mythologie) chez Nathan.

Mélanie Decourt:
L’éditrice, comme son nom l’indique, édite les livres : c’est-à-dire qu’elle permet à une œuvre d’être publiée sous forme de livre. Le travail sur le texte est le cœur de sa mission, mais elle ne se limite pas à cela.
La mission commence par le choix des manuscrits. L’équipe éditoriale choisit un projet selon de nombreux critères, à commencer par sa valeur littéraire et artistique (est-il bien écrit, bien illustré, bien raconté, bien construit ? a-t-il un style, un ton, une voix, un enjeu ? apportera-t-il quelque chose à ses lecteurs ?), l’adéquation à la ligne éditoriale de la maison d’édition ou de la collection (ce projet rentre-t-il dans la charte de la collection ? est-il en phase avec les valeurs de la maison ? fait-il doublon avec le catalogue ? ou au contraire apporte-t-il quelque chose de nouveau ? pourra-t-il être bien porté par nos équipes éditoriales et de diffusion ? sommes-nous la bonne maison pour le défendre ?), mais aussi le potentiel commercial, les risques éventuels, la notoriété de l’auteur, la qualité du sujet, etc. Dans le cas d’une collection, la directrice de collection intervient à ce stade pour donner son avis sur le texte et son potentiel.
Une fois le projet retenu, on entre dans la phase d’édition à proprement parler, à savoir la transformation du manuscrit en texte bon à publier. À cette étape, s’il y a une directrice de collection, c’est elle qui travaille avec l’auteur·trice. Plusieurs allers-retours sont nécessaires pour caler le texte : en passant du papier de verre gros grain (réécrire des chapitres entiers, revoir la structure narrative) au grain ultra fin (peaufiner le style, supprimer les répétitions).
Une fois le texte établi, l’éditrice le prépare pour la mise en page : chasse aux dernières fautes de grammaire, d’orthographe, de typographie.
Ensuite l’éditrice coordonne le travail de mise en page avec le ou la graphiste, l’illustrateur·trice, le relecteur ou la relectrice, jusqu’à ce que le texte soit bon pour l’impression.
C’est aussi elle qui s’occupe des choix de format et de papier avec l’équipe de fabrication.
Elle discute aussi des conditions de mise en vente du livre, en collaboration avec l’équipe marketing (date de sortie, prix, rayon, promotion, etc.)
C’est elle qui présente le projet à l’équipe de diffusion qui proposera l’ouvrage aux libraires.
On le voit son travail s’apparente à celui d’une chef d’orchestre : sans elle, rien ne fonctionne dans les temps (et dans le budget !).
L’éditrice est le plus souvent salariée d’une maison d’édition. (Certaines travaillent en freelance, auquel cas elles sont payées au forfait, sur facture.) Les auteur·trice·s ou directeur·trice·s de collection sont payé·e·s en droit d’auteur, proportionnel aux ventes du livre.
Mélanie Decourt est directrice éditoriale fictions découvertes chez Nathan.

 

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Joliment solides

Par 9 décembre 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente une sélection d’albums cartonnés, beaux et costauds !

genial il pleutIl pleut, il fait froid, le temps est humide… Grenouilles et escargots sont à la fête, mais les autres animaux font la tête ! Ce n’est pas un temps à mettre un chat ou un chien dehors comme on dit ! Et pourtant, un temps pluvieux apporte également son lot de petites joies et de bonheurs simples !
Avec Génial il pleut !, Malika Doray nous propose justement de nous intéresser à ces petites joies de la pluie (goûter, bain moussant, moment entre amis,…) avec humour, et nous offre illustrations toujours aussi tendres !
Un album cartonné à lire bien au chaud, quand on la flemme de sortir sous la pluie !

bim bam boumAprès la pluie, la neige ! L’oiseau pousse la boule en haut de la colline, et c’est parti ! Elle emporte tout sur son passage, l’écureuil, le lapin, le renard, et l’ours… Et toute cette joyeuse troupe dégringole, semant au passage quelques effets personnels…
Bim Bam Boum !, ça décoiffe ! Carré, épais, très simple, cet album cartonné nous emporte dans une course folle ! La boule de neige grossit grossit grossit : c’est vivant et drôle, tant grâce au texte d’Anne Crahay qu’aux illustrations de John Pan !, pleines de vie !
Enfilez bonnets et moufles, on part à la neige !

ouvre-moi ta porteToc, toc, toc ! C’est le cerf qui s’invite chez le lapin, il a croisé le loup… Toc, toc, toc ! Voilà le loup justement… Tous aux abris ! Mais il semble avoir peur lui aussi… Alors il entrera, quoiqu’il en soit ! Mais le calme n’est pas revenu dans la maisonnée… Tout le monde tremble toujours…
Quel suspense dans ce livre cartonné ! Du suspense à la portée des plus jeunes qui riront des aventures nocturnes de tous ces animaux… Très bien pensé, efficace en quelques mots, et drôle jusqu’à la chute, Ouvre-moi ta porte est une réussite, jusque dans les illustrations tout en noir et blanc…ou presque ! Michaël Escoffier et Matthieu Maudet font la paire !
Un album pour frissonner de rire (ça se dit non ?) !

mes animaux tout douxOn reste dans le noir et le blanc ! Une souris, un chat, une taupe, un lapin, des moutons, un loup, une chouette, une chauve-souris, des papillons, un panda, un pingouin, des ours…
Tout ce beau monde se retrouve dans Mes animaux tout doux, un imagier en noir et blanc de Xavier Deneux, à observer et à toucher ! C’est doux, en velours ou en poils, c’est simple, mais c’est joli et les plus petits apprécient cette découverte des images très contrastées !
Un album à offrir aux tout-petits qui découvrent les livres !

DunCoteEtDeLautre-entier_Mise en page 1Un ourson se retrouve face à un mur. Mais qu’y a-t-il donc de l’autre côté ? Il voit des choses dépasser, il essaie de l’escalader, il regarde à travers un trou, et finit par passer de l’autre côté ! Vous voulez savoir ce qu’il y a trouvé ? Retournez donc le livre, et vous découvrirez ce qui se cache de l’autre côté du mur…
Deux histoires en une qui se réunissent sur la page centrale (on tourne alors le livre), un univers tout simple autour de ce mur, et ça fonctionne ! Gwendoline Raisson suscite la curiosité des jeunes lecteurs, et Ella Charbon propose des illustrations douces et vivantes !
D’un côté… et de l’autre est un album cartonné intelligent qui fera réfléchir les plus petits !

couv boucleBoucle d’Or, on ne vous la présente plus ! Elle s’invite chez les Ours, sème la pagaille, finit par s’endormir dans le petit lit, et prend ses jambes à son cou quand la famille Ours rentre après sa balade en forêt…
Mais voir ce conte prendre vie sous nos doigts, c’est assez magique ! Anne-Sophie Baumann nous propose une version simple de ce conte classique, et Laure Du Fay donne une nouvelle jeunesse à la petite fille bouclée et à la famille des ours ! Et le lecteur, sur des pages solides et avec des systèmes de tirettes, de volets, et de roues, donne vie à cette aventure : la balade en forêt, les larmes de la fillette, les bols de soupe, les chaises, les lits,… L’animation suit le texte et renforce la compréhension ! Très utile avec les plus jeunes (ou avec mes patients qui présentent des troubles de compréhension du langage oral…) qui donnent vie à l’histoire !
Un album cartonné qui ne craint pas les assauts des petites mains, et qui les invitent même à manipuler encore et encore !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Malika Doray (Y’a plus de place, Un manteau de pluie pour la fourmi, 4 petits livres de saisons, Le grand livre de tout même de petit pois, Le mariage, une histoire à colorier, Nous ce qu’on préfère, Près du grand érable, Dans le ventre des dames, parfois, il y a un bébé… et Quand ils ont su), Michaël Escoffier (Le chevalier noir, L’anniversaire, La croccinelle, Le ça, Tous les monstres ont peur du noir, Trois petits riens, Le jour où j’ai perdu mes super pouvoirs, Zizi, Zézette, mode d’emploi, Le grand lapin blanc, Vacances à la ferme, Bonjour FacteurLa plume, Sans le A et Bonjour Docteur), Matthieu Maudet (Un jeune loup bien éduqué, La croccinelle, Le ça, Bonjour facteur et Bonjour docteur), Xavier Deneux (Totam ne veut pas dormir, Chez moi, Mes rêves, Bon appétit Totam !, Regarde et Au dodo les animaux !), Gwendoline Raisson (Vite, Les sornettes de Gullemette et Fête d’anniversaire chez la famille Pompom), Ella Charbon (Vite), Anne-Sophie Baumann (Dessus dessous la ville, Les trois petits cochons, Les pompiers, Le grand-livre jeu du permis, Cherchons les petites bêtes ! Découvertes et activités au jardin, Au trot petit poney ! et Bonjour docteur !), et Laure Du Fay (Ze vais te manzer, Je suis le cauchemar, Welcome to the zoo ! Bienvenue au zoo !, Pablo le pirate chasse au trésor !, Petit indien, Jeux de langue – Jeux d’écriture et Hans la chance).
Retrouvez également nos interviews de Malika Doray, Michaël Escoffier et Matthieu Maudet.

Génial il pleut !
de Malika Doray
L’école des loisirs
10,50 €, 260 x 190 mm, 16 pages, imprimé en Malaisie, 2014.
Bim Bam Boum !
Texte d’Anne Crahay, illustré par John Pan !
L’élan vert
9,40 €, 160 x 160 mm, 14 pages, imprimé en Chine, 2014.
Ouvre-moi ta porte
Texte de Michaël Escoffier, illustré par Matthieu Maudet
L’école des loisirs
12,30 €, 150 x 215 mm, 36 pages, imprimé en Malaisie, 2014.
Mes animaux tout doux
de Xavier Deneux
Tourbillon dans la collection Blanc Noir
13,99 €, 166 x 166 mm, 12 pages, imprimé en Chine, 2014.
D’un côté… et de l’autre
Texte de Gwendoline Raisson, illustré par Ella Charbon
L’école des loisirs
11,70 €, 200 x 200 mm, 38 pages, imprimé en Malaisie, 2014.
Boucle d’Or
Texte d’Anne-Sophie Baumann, illustré par Laure Du Fay
Tourbillon
13,99 €, 201 x 210 mm, 10 pages, imprimé en Chine, 2014.

À part ça ?

Vous cherchez des idées de cadeaux de Noël, nous vous avons préparé une sélection en photos, pour les petits et les grands ! Il y en a pour tous les âges et pour tous les goûts ! Retrouvez cet album sur Facebook !

Marianne

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Dis, tu peux lui demander… ? (8/8)

Par 20 août 2014 Les invités du mercredi

Cet été, vous avez pu lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteurs, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Celle-ci est la dernière (ça vous a beaucoup plu donc on recommencera peut-être l’été prochain !). Les enfants ont été nombreux à nous envoyer des questions, nous en avions choisi huit. Après les questions de Tristan, Daphné, Rose, Madeleine et Martin les semaines passées, aujourd’hui une question d’Ambre, 9 ans qui m’a proposé de demander aux auteurs et aux illustrateur-trice-s : « Est-ce que les auteurs et illustrateurs se rencontrent avant de créer un album ? ». Pour cette question, j’ai décidé de demander à des tandems récurrents. Gwendoline Raisson et Ella Charbon, Michaël Escoffier et Matthieu Maudet et Charlotte Moundlic et Olivier Tallec ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps qu’elle leurs réponses. Charly Tempête On déménageChacune des questions retenues faisait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’avait posée. Cette question permet donc à Ambre d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions Casterman, le premier tome de la super série Charly Tempête d’Annelise Heurtier. Une série qui mêle humour et intrigue et qui nous raconte la vie d’un jeune inventeur. Vous pouvez retrouver notre chronique sur cet album ici.


« Est-ce que les auteurs et illustrateurs se rencontrent avant de créer un album ? » (Ambre, 9 ans)

Gwendoline Raisson et Ella Charbon:
Pour créer nos albums, nous passons beaucoup de temps ensemble à discuter, à nous envoyer des emails et des (millions de) textos. Nous avons établi notre quartier général dans un salon de thé près de chez nous (nous habitons le même quartier, c’est indispensable à cette façon de procéder) et nous essayons d’y imaginer des histoires aussi bonnes que le gâteau au chocolat maison. Notre travail est d’abord celui d’un duo. Nous pensons, écrivons, construisons et dessinons à deux (même s’il est bien clair que, pour le bien-être des lecteurs, c’est Ella qui dessine et Gwendoline qui écrit). Une fois que nous avons l’impression toutes les deux d’être arrivées à un résultat qui nous plaît et qui nous semble abouti, alors seulement nous faisons entrer le troisième larron : l’éditeur. En général, et en fonction de ses remarques, on refait tout deux ou trois (ou dix) fois, jusqu’à ce que le résultat convienne à notre trio.
Moralité, oui, dans notre petite association, c’est la rencontre de l’auteure et de l’illustratrice, la rencontre de nos idées, de nos envies et les litres de thé bus ensemble, qui sont à l’origine de nos livres.

Dun Coté Et De L'autreGwendoline Raisson est auteur, Ella Charbon illustratrice. Ensemble, elles ont signé plusieurs albums : Debout, Super ! et Vite ! chez l’école des loisirs, Le grand voyage d’un petit escargot et De toutes les couleurs chez Circonflexe. Leur prochain livre commun sortira le 1er octobre, chez l’école des loisirs : D’un côté et de l’autre.
Le blog de Gwendoline Raisson : http://gwendolineraisson.blogspot.fr, celui d’Ella Charbon : http://ellacharbon.ultra-book.com.

Michaël Escoffier:
On ne se voit pas forcément, car on habite parfois assez loin les uns des autres, mais on parle pas mal du livre qu’on a envie de faire. Et tout au long de la réalisation de ce livre, on échange beaucoup par email ou par téléphone, si bien qu’à la fin, on ne sait plus qui a eu telle ou telle idée. C’est un peu comme un match de tennis, on se renvoie la balle jusqu’à ce qu’on soit content du résultat. Sauf qu’on joue ensemble, et pas l’un contre l’autre.

Matthieu Maudet :
Dans mon cas, non, pas forcément.
J’ai commencé à travailler avec Jean (Leroy NDLR) et Michaël après avoir reçu un mail de leur part.
On a beaucoup échangé par mails, puis on s’est appelé parfois.
Et comme Jean est à Lille, Michaël à Lyon et moi en Bretagne, on ne se voit que très rarement.

La croccinelleLe duo Michaël Escoffier/Matthieu Maudet est prolifique ! On peut citer, notamment, La croccinelle ou Super Nino (chez Frimousse), Bonjour Docteur et Bonjour Facteur (chez l’école des loisirs), Allo Vénus (chez Thierry Magnier).
Le blog de Michaël Escoffier : http://michaelescoffier.canalblog.com et celui de Matthieu Maudet : http://matthieumaudet.blogspot.fr.

Charlotte Moundlic :
Bonjour Ambre, parfois, l’auteur et l’illustrateur proposent en duo leur album à l’éditeur parce qu’ils aiment bien travailler ensemble.
Il arrive aussi que l’éditeur reçoive un texte sans illustrations. Dans ce cas-là, il choisit lui-même l’illustrateur qui lui semble le mieux pour cette histoire et lui propose de la mettre en images.
Il peut alors arriver que les auteurs n’aient pas l’occasion de se rencontrer. Ils se voient alors quand le livre est imprimé et qu’ils vont le dédicacer.
Mais parfois ils ne se croisent jamais !

Olivier Tallec :
Pas toujours. Cela dépend des albums. Sur certains albums comme Rita et machin (avec Jean-Philippe Arrou-Vignod), ou Le slip de bain, La boum ou Mon cœur en miettes (que je fais avec Charlotte Moundlic), je connais les auteurs depuis longtemps et nous en parlons avant. Pour d’autres albums comme Grand loup petit loup, je n’ai pas rencontré l’auteur et je reçois le texte de l’éditeur. Ensuite, je travaille de mon côté et je montre les illustrations à l’éditeur (qui lui les montrera à l’auteur). Dans ce cas, nous ne nous rencontrons qu’une fois le livre imprimé.

La BoumLe tandem Charlotte Moundlic/Olivier Tallec a sorti La croûte (Père Castor) en 2009 et depuis la série des Michel (toujours au Père Castor) : Mon cœur en miettes ou les plus beaux jours de ma vie, Le slip de bain ou les pires vacances de ma vie et La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie.
Le site d’Olivier Tallec : http://www.oliviertallec.fr.

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