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En vacances avec…

Les invitées du mercredi : Chloé Marquaire, Guillaume Griffon (L’agrume) et Frédérique Bertrand

Par 5 juin 2019 Les invités du mercredi

On adore la maison d’édition L’agrume et ses beaux livres, j’avais donc envie d’en savoir plus sur celle et celui qui sont derrière… Chloé Marquaire et Guillaume Griffon. Ensuite c’est avec l’autrice-illustratrice Frédérique Bertrand qu’on part en vacances ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Chloé Marquaire et Guillaume Griffon (L’agrume)

Parlez-nous de votre parcours
Guillaume : J’ai fait des études littéraires puis une formation aux métiers du livre. À l’issue de cette formation, je suis venu à Paris pour découvrir l’édition à travers des stages. J’ai répondu à une annonce pour un stage au département Jeunesse des éditions Autrement et j’y suis resté 7 ans. J’y ai appris le métier d’éditeur et je me suis passionné pour le livre pour enfant. Quand j’ai quitté Autrement, j’ai d’abord été éditeur freelance pendant 2 ans puis l’envie de porter un projet éditorial global nous a rattrapé, Chloé et moi. La découverte de la bande dessinée Dora a été l’étincelle qui nous a poussé à nous lancer dans l’aventure de l’édition indépendante.
Chloé : J’ai un parcours artistique dans lequel j’ai exploré différentes formes de création — danse théâtre, scénographie, arts graphiques — et qui m’a menée jusqu’à l’édition par goût des livres d’artiste. Pendant une résidence artistique à Buenos Aires, j’ai découvert le livre qui allait changer le cours de ma vie professionnelle, Dora, un roman graphique génial tant pour son récit mêlant fiction et documentaire que pour son graphisme précis et ultra documenté qui nous donna l’impulsion de créer l’Agrume.

C’était en 2012, pourquoi avoir créé cette maison d’édition ?
Tout est parti d’un coup de foudre, comme toujours : le roman graphique Dora qu’il nous semblait indispensable d’éditer. Et puis nous avions un amour commun pour les livres d’artistes, projet autour duquel nous avions déjà travaillé en organisant des expositions collectives à Paris puis à Buenos Aires. Cet attrait pour le livre-objet a été le point de départ de notre collection Jeunesse.

D’où est venu ce nom ?
Nous voulions un nom qui réveille, qui donne envie de goûter et d’être surpris, un nom frais et coloré, à l’image de nos livres.

Quelle est la ligne de la maison ?
Le projet de la maison d’édition est d’explorer l’illustration contemporaine sous toutes ses formes, d’où nos trois collections : Jeunesse, Littérature graphique (la bande dessinée), et notre revue de société Citrus. Une même démarche éditoriale unit ces trois collections : celle de publier des livres d’auteurs, au sens où ils s’inscrivent dans une démarche artistique personnelle et où ils développent un style graphique singulier. On veut publier des projets artistiques forts qui marquent nos lecteurs, que ce soit pour un public adulte ou un public jeunesse. Pour cette raison, on ne passe jamais commande à un auteur. On intervient beaucoup sur les livres qu’on publie, mais l’origine des projets vient toujours de l’auteur. Notre démarche éditoriale est de l’accompagner dans sa création pour aboutir au meilleur livre possible.

Quels sont les livres qui ont marqué la maison ?
Incontestablement La mégalopole de Cléa Dieudonné, pour son format innovant et surprenant, ainsi que son graphisme très singulier. Il a été très remarqué en France et c’est notre best-seller à l’international.
Il y a aussi le très beau pop-up Avec quelques briques de Vincent Godeau, un des premiers livres Jeunesse que nous avons publiés. C’était un projet très audacieux pour une petite maison comme l’Agrume et un livre très singulier dans sa manière d’aborder l’ingénierie papier.
Enfin, il y a récemment Duel au soleil de Manuel Marsol, un western décalé, presque sans paroles, dans lequel le duel entre un cowboy et un Indien est sans cesse interrompu par des éléments perturbateurs. L’effet est extrêmement drôle, et le livre a été doublement primé : Pépites Album 2018 et Prix Sorcières Album 2019.

Il y a plusieurs collections, pouvez-vous nous les présenter ?
Notre collection principale aujourd’hui est notre collection Jeunesse. Comme notre domaine est l’illustration, on publie essentiellement des albums, dans différents genres : tout carton petite-enfance, livres à système, livres narratifs, et quelques documentaires. On s’est lancés avec le livre-objets, notre volonté était de publier des livres d’artistes pour enfants. Puis la collection s’est progressivement élargie à des livres plus classiques dans leur forme, même si nous gardons toujours un grand attrait pour l’objet livre.
La deuxième collection est celle de bande dessinée, intitulée « Littérature graphique ». Nous sommes tous deux de grands amateurs de littérature, de sciences humaines et de cinéma, et cette collection est une sorte de condensé de ces trois passions : des ouvrages qui parlent de sujets de société, proposant des écritures graphiques puissantes et faisant la part belle au texte.
Enfin, il y a Citrus, une revue de société illustrée de 200 pages, notre enfant terrible, qui nous a donné une énergie et une force créative incroyable mais aussi causé d’innombrables insomnies tant c’était lourd pour notre fragile économie. Mais quelle superbe aventure ! Humaine, artistique, intellectuelle ! Après 6 numéros (Football, Faits divers, Sexe, Dieu, Manger et Amériques) nous avons décidé d’arrêter la publication, tout en songeant à reprendre le concept dans une forme nouvelle, non-périodique et plus légère. C’est en réflexion…

Qui compose l’équipe et quel est le rôle de chacun·e ?
L’équipe est composée de cinq personnes : Chloé Marquaire et Guillaume Griffon, les deux fondateurs. Nous nous occupons de toute la production — programme, suivi des projets, fabrication — et de la gestion de la maison. Il y a Stéphanie Vernet qui s’occupe des droits étrangers, un domaine essentiel dans notre économie. La partie graphique est assurée par Pia Philippe. Enfin, pour toute la communication — presse, librairie, salons — Chiara Gennaretti nous a rejoint à l’automne 2018.

D’après vous, qu’est-ce qu’un bon livre jeunesse ?
On pense qu’un bon livre de jeunesse doit proposer une aventure de lecture, c’est-à-dire un certain dépaysement, par son sujet, ses images, son dispositif narratif… Il faut embarquer l’enfant dans un voyage. On pense aussi qu’un bon livre jeunesse doit s’appréhender facilement ; la ligne directrice doit être évidente. On a l’habitude de dire à nos auteurs qu’un livre doit pouvoir s’expliquer en une phrase. Le contenu peut être foisonnant, très riche et étoffé, mais le concept doit être simple.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent·e ?
Nous avons été marqués tous les deux par les classiques de L’école des loisirs (Tomi Ungerer, Leo Lionni, Arnold Lobel), ceux du Père Castor (Petit chat perdu, Roule galette, Les bons amis), les contes (Les mille et une nuits, les frères Grimm), les romans de Roald Dahl. Il y eut aussi Le marchand de fessées de Pierre Gripari, La sorcière Ozepine, Le prince de Motordu

Quelques mots sur les prochains ouvrages que vous allez éditer ?
Dans les prochains mois, on publiera notamment un très bel album de Simon Bailly qui s’inspire d’Utopia de Thomas More, un grand leporello cartonné de Judy Kaufmann qui montre toute l’activité d’une rue, un nouvel album original de Cléa Dieudonné : une maison qu’on visite en ouvrant les pages comme des doubles-portes, et un très beau premier album d’Orane Sigal sur l’aventure d’un petit oiseau.

Bibliographie sélective :

  • Les entrailles de New York, de Julia Wertz (2019).
  • qp, de Powerpaola (2019).
  • Qu’en penses-tu ?, de Marta Comin (2019).
  • Ma cabane du bout du monde, d’Emmanuelle Mardesson et Sarah Loulendo (2019).
  • Quel cirque !, de Judy Kaufmann (2019).
  • J’irai voir, d’Emmanuelle Bastien (2019).
  • Où va Mona ?, de Jérôme Ruillier (2019)
  • L’alphabet cocasse et illustré, d’Anne-Hélène Dubray (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Imagine, de Liuna Virardi (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Monter & descendre, de Marta Comín (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Duos d’animaux, texte d’Emmanuelle Mardesson, illustré par Sarah Loulendo (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La Montagne, d’Anne-Hélène Dubray (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La Pyramide des animaux, de Cléa Dieudonné (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • La Mégalopole, de Cléa Dieudonné (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Les animaux des villes, de Nadia Budde (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Bonhomme, sa maison, et pluie et pluie, d’Emmanuelle Bastien (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Dora, l’année suivante à Bobigny, de Minaverry (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Choisis quelque chose, mais dépêche-toi !, de Nadia Budde (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Dora, de Minaverry (2009), que nous avons chroniqué ici.

Le site de L’agrume : http://lagrume.org.


En vacances avec… Frédérique Bertrand

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Frédérique Bertrand que nous partons ! Allez, en route !

5 romans :

  • Annie Ernaux : Les Années
  • Patrick Modiano : Dans le café de la jeunesse perdue
  • Jean Echenoz : Envoyée spéciale
  • Haruki Murakami : Kafka sur le rivage
  • Akira Yoshimura : Le convoi de l’eau

5 DVD :

  • Peau d’âne de Jacques Demy
  • Les vacances de Monsieur Hulot de Jacques Tati
  • Mon voisin Totoro de Hayao Miyazaki
  • La femme d’à côté de François Truffaut
  • Les habitants d’Alex van Warmerdam

5 CD :

  • Bertrand Belin, PersonaDominique A, La Musique
  • Camille, Ouï
  • Claude Nougaro, Cécile ma fille
  • Bertrand Belin, Persona
  • La Femme, Psycho Tropical Berlin

5 artistes :

  • Giorio Morandi
  • Roland Topor
  • Pina Bausch
  • Robert Rauschenberg
  • Louise Bourgeois

5 livres jeunesse :

  • Mon Amour de Paul Cox
  • Tous les livres de Benoît Jacques (ou s’il en faut un… Titi nounours et la sousoupe au pilipili)
  • OOh-la-la (Max in love) de Maira Kalman
  • Oncle Gilbert de Benoït
  • Poèmes de terre d’Olivier Douzou et Anouk Ricard

5 BD :

  • Frances de Joanna Hellgren
  • Les Rigoles de Brecht Evens
  • Les hommes-loups de Dominique Goblet
  • Guirlanda de Lorenzo Mattotti
  • L de Benoît Jacques

5 lieux :

  • Une chaise dans mon jardin
  • Le bar de la Caravelle sur le vieux port de Marseille
  • La Halle Saint-Pierre à Montmartre
  • Le port du Guilvinec
  • Le Modulor à Berlin (magasin de matériel divers, véritable caverne d’Alibaba des arts créatifs)

Frédérique Bertrand est autrice et illustratrice

Bibliographie (sélective) :

  • Concentre-toi, illustration d’un texte de Catherine Grive, Rouergue (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Tu vas voir, texte et illustration, Rouergue (2018).
  • Le musée en pyjamarama, illustration d’un texte de Michaël Leblond, Rouergue (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le mensonge, illustration d’un texte de Catherine Grive, Rouergue (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Les billes font la course, illustration d’un texte de Michaël Leblond, Rouergue (2015).
  • Paris en pyjamarama, illustration d’un texte de Michaël Leblond, Rouergue (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La valise, texte et illustration, Rouergue (2014).
  • Le conte du prince en deux ou l’histoire d’une mémorable fessée, illustration d’un texte d’Olivier Douzou, Rouergue (2014).
  • New York en Pyjamarama, illustration d’un texte de Michaël Leblond, Rouergue (2011).
  • Des ailes dans le dos, illustration d’un texte de Catherine Grive, Rouergue (2009).
  • Le vieil ogre, illustration d’un texte de Marie-Sabine Roger, Casterman (2008).
  • Pierre et le l’ours, illustration d’un texte d’Olivier Douzou, MeMo (2007).
  • Les Mauvais Perdants, illustration d’un texte d’Olivier Douzou, Rouergue (2001).

Le site de Frédérique Bertrand : http://www.frederiquebertrand.fr.

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Les invité·e·s du mercredi : Véronique Mazière et Coline Pierré

Par 29 mai 2019 Les invités du mercredi

Encore un beau mercredi aujourd’hui puisqu’on passe d’abord un moment avec l’autrice-illustratrice Véronique Mazière, qui vient de sortir le très beau Bientôt, puis on part en vacances avec l’autrice Coline Pierré, qui sort aujourd’hui même le très bon album Je peux te manger ?. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Véronique Mazière

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Les livres ont toujours fait partie de ma vie depuis l’enfance, je me souviens du plaisir de lire toute la journée en vacances, c’est toujours une activité qui me ravit. Et tout ce qui était manuel m’intéressait, j’ai fait toutes les activités possibles, 100 idées était ma revue préférée. J’ai donc fait des études littéraires et le dessin s’est imposé à moi, je me suis orientée vers une école d’art en dessin textile. L’envie de m’exprimer par des histoires est arrivée en cours d’études et ne m’a pas quittée.

Vous venez de sortir Bientôt chez Didier Jeunesse, pouvez-vous nous parler de cet album et de comment il est né ?Bientôt
C’est un album qui m’est cher car il résulte d’une belle aventure. Ce projet a été lauréat du concours de la bibliothèque de la Somme, « un bébé, des parents, un livre » dont le but est d’offrir un livre à tout enfant né ou adopté en 2018 dans ce département. J’ai accompagné ce livre pendant un an grâce à des ateliers en médiathèques et je suis heureuse que Didier jeunesse ait aimé ce livre et le publie à son tour.

Sur cet album, vous avez utilisé la gravure pour la première fois, mais vous aimez varier les techniques. Quelles sont celles que vous aimez utiliser et comment choisissez-vous celle que vous allez utiliser pour un projet ?
J’ai utilisé plusieurs techniques au fil du temps, papiers découpés, peinture retravaillée sur Photoshop, et récemment j’ai eu envie de retrouver la linogravure que j’avais pratiquée pendant mes études. Cela donne des contraintes, bien sûr, mais le plaisir de chercher la couleur et la forme en direct est plus grand pour moi que travailler sur ordinateur. C’est pour l’instant la seule technique que j’envisage.

Où trouvez-vous votre inspiration ?
Je me sens comme une éponge qui a besoin d’emmagasiner des images, des sensations, des émotions. J’ai autant besoin de nature, que de voir des œuvres d’art et d’aller au cinéma. J’aime chercher la beauté dans tout ce qui m’entoure. Ensuite tout est filtré et j’espère offrir un breuvage qui apportera du plaisir à mes lecteurs, petits et grands.

Est-ce que vous commencez par écrire le texte ou le texte naît de vos illustrations ?
Souvent des personnages se présentent sous mon crayon, avec leur personnalité propre, et quand j’écris une histoire, je pense à eux. Tout est mêlé mais j’essaie d’avoir une histoire aboutie avant de me plonger dans le dessin, partie la plus facile pour moi.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?La graine de Gigi
Je lisais beaucoup, tout ce qui me tombait sous la main. J’ai retrouvé récemment La vache orange et j’ai découvert que je me souvenais très bien des images de cette lecture ancienne. Je dévorais Le journal de Mickey et les livres des bibliothèques rose et verte, les Fantômettes me faisaient rêver. Plus tard, j’ai découvert les sœurs Brontë et Sagan, les sœurs Groult dont les propos intelligents et féministes m’ont marquée et ont influencé mes lectures, les auteurs américains du Montana.

Travaillez-vous déjà sur un nouveau projet et pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Je travaille toujours sur un nouveau projet, ça ne s’arrête jamais et c’est tant mieux. C’est encore une histoire d’animaux qui nous ressemblent. La forêt n’est jamais loin et l’humour non plus j’espère. Mais il est trop tôt pour en parler…

Bibliographie sélective :

  • La graine de Gigi, texte et illustrations, Points de suspension (à paraître juin 2019).
  • Bientôt, texte et illustrations, Didier jeunesse (2019), que nous avons chroniqué ici.
  • Le chien de A à Z, avec Patrick Pasques, Circonflexe (2018).
  • La puce de A à Z, avec Patrick Pasques, Circonflexe (2018).
  • Une petite sieste, texte et illustrations, Points de suspension (2015).
  • Oh ! Un bébé !, texte et illustrations, Didier jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Bonjour, bonsoir, texte et illustrations, Didier jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Regarde-toi dans le miroir… et fais comme moi, texte et illustrations, Didier jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • 1, 2, 3 lapins, texte et illustrations, Didier jeunesse (2011).
  • Il court, il court, le furet…, texte et illustrations, Casterman (2010).

Retrouvez Véronique Mazière sur son site : http://veronibook.blogspot.com.


En vacances avec… Coline Pierré

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Coline Pierré que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

  • Crockett Johnson : Harold et le crayon violet
  • Isabel Martins et Bernardo Carvalho : Halte on ne passe pas
  • Quentin Blake : Les cacatoès
  • Barroux : Où est l’éléphant ?
  • Jon Klassen, Mac Barnett : Extra doux

5 romans

  • Roald Dahl : Le bon gros géant
  • Boris Vian : L’arrache cœur
  • Romain Gary : Chien blanc
  • Florence Seyvos : Le garçon incassable
  • Jack London : Martin Eden

5 DVD

  • Nora Ephron : Vous avez un message
  • Michel Gondry : Eternal sunshine of the spotless mind
  • Stanley Donen : Singing in the rain
  • Aaron Sorkin : À la maison blanche
  • Wes Anderson : Rushmore

5 CD

  • Radiohead : Kid A
  • Coconut records : Nighttiming
  • Neil Young : Harvest
  • Elliott Smith : Figure 8
  • Sebastien Schuller : Evenfall

5 BD

  • Bill Watterson : Calvin et hobbes
  • Howard Zin, Mike Konopacki et Paul Buhle : Une histoire populaire de l’empire américain
  • Frederik Peeters – Les pilules bleues
  • Marion Fayolle – La tendresse des pierres
  • Elodie Durand – La parenthèse

5 artistes

  • Matisse
  • Sylvia Plath
  • Aaron Sorkin
  • Sophie Calle
  • Saul Steinberg

5 lieux

  • Les bords de Loire depuis le TGV Angers – Nantes
  • les îles au large de Göteborg
  • le café .Cardinal à Angers
  • L’océan glacial et turquoise à Ouessant
  • Partout où il y a de l’eau (propre) dans laquelle on peut se baigner

Coline Pierré est autrice.

Bibliographie (jeunesse) :

  • Je peux te manger ?, album illustré par Maéva Tur, La plage (2019).
  • Nos mains en l’air, roman, Le Rouergue (2019).
  • Les nouvelles vies de Flora et Max, roman coécrit avec Martin Page, l’école des loisirs (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • La révolte des animaux moches, roman illustré par Anne-Lise Combeaud, Rouergue (2018).
  • Le jour où les ogres ont cessé de manger des enfants, album illustré par Loïc Froissart, Rouergue (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • La Folle rencontre de Flora et Max, roman coécrit avec Martin Page, l’école des loisirs (2016).
  • Ma fugue chez moi, roman, Le Rouergue (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • L’immeuble qui avait le vertige, roman, Le Rouergue (2015).
  • N’essayez pas de changer, le monde restera toujours votre ennemi, roman coécrit avec Martin Page, Monstrograph (2015).
  • Petite encyclopédie des introvertis, roman, Monstrograph (2015).
  • Apprendre à ronronner, roman illustré par José Parrondo, l’école des loisirs (2013).

Le site de Coline Pierré : http://www.colinepierre.fr.

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Les invité·e·s du mercredi : Claudine Morel et Cécile Bonbon

Par 17 avril 2019 Les invités du mercredi

Chaque album de Claudine Morel nous réjouit autant qu’il nous surprend. J’avais donc envie d’en savoir plus sur elle et sur son travail. Ensuite, on part en vacances avec l’autrice-illustratrice Cécile Bonbon. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Claudine Morel

Parlez-nous de votre parcours
Pendant longtemps je n’ai pas vraiment su quel métier j’avais envie d’exercer, même si comme beaucoup de mes collègues illustrateurs, depuis l’enfance je dessinais beaucoup, écrivais et illustrais des histoires, etc. Mais de là à en faire un métier… ! Des études d’anglais et de français Langue Étrangère à l’Université de St-Étienne m’ont d’abord conduite à devenir enseignante. Mon CAPES d’anglais en poche, je suis partie enseigner le français au Kenya à l’Alliance Française de Mombasa, pendant 15 mois. Puis l’anglais, de retour en France, dans un collège de l’Oise. Ces études et ces riches expériences m’ont apporté beaucoup, mais m’ont aussi fait comprendre que ce n’était pas là ma première vocation, et qu’autre chose m’appelait. L’image avait une place importante dans l’enseignement des langues, je dessinais beaucoup pour mes élèves et mes étudiants, et j’adorais ça : je rêvais de faire les illustrations des manuels scolaires… Jusqu’au jour où cette envie est devenue l’idée sérieuse d’en faire mon métier, pour de vrai ! Après avoir fait mon bilan de compétences un peu toute seule, j’ai donc décidé de devenir illustratrice. J’ai quitté l’Éducation Nationale et repris des études au sein de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg (aujourd’hui la Haute École des Arts du Rhin), en section Illustration. J’en suis sortie diplômée en 2007, et depuis l’aventure continue… !

Vos trois albums sortis chez Didier Jeunesse (À la rencontre, Clic ! et ABCDaire des métiers qui n’existent pas) sont très différents les uns des autres. Est-ce pour surprendre, ne pas vous enfermer dans une case ?
C’est vrai, ils sont différents, j’en suis consciente ! Et vous n’êtes pas la première personne qui me questionne à ce sujet. Vraiment, il n’y a rien de prémédité, ni de stratégie dans cette évolution. Je crois que chacun est simplement à l’image de mon évolution intérieure, de ma progression. J’ai mis du temps – et j’en mets encore, je suis un peu escargot… – à trouver mon style, mon univers, ma patte. Je suis venue tard à l’illustration, avec un grand besoin d’apprendre et d’expérimenter des techniques avant d’oser me lancer, et de me sentir légitime aussi. Je pense que j’ai procédé par étapes, en apprenant à me connaître un peu plus, et petit à petit à prendre confiance. Pour cela, la patience et l’accompagnement confiant d’un éditeur sur trois livres, et sur une longue période (8 ans entre À la rencontre et L’ABCDaire !), est une vraie chance, et pour moi un soutien infiniment précieux. Mais si les trois livres sont différents dans leur aspect graphique, je pense qu’on peut tout de même percevoir le fil qui les relie : la simplicité des formes et du trait, les couleurs vives. Un mélange d’espièglerie, de décalage et de tendresse. Et ce qui est le cœur de mon travail : l’envie et le souhait que les lecteurs, petits mais aussi grands, ferment le livre et aient envie de s’amuser, prendre le relais, inventer et créer leurs propres formes et histoires. Qu’ils se connectent à la joie et à la fantaisie qui est en eux !

Parlez-nous de ce dernier sorti, le très beau ABCDaire des métiers qui n’existent pas, comment est-il né ? Comment avez-vous travaillé sur ce projet ?
Oh, merci. Je dirais que, des trois, c’est l’album le plus proche de moi, le plus personnel. Et peut-être celui que je chéris le plus.
D’une part parce qu’il vient du jeu de mimes auquel nous jouions mes sœurs et moi, avec nos cousins aussi parfois, quand nous étions petites : non seulement mimer des métiers pour les faire deviner aux autres mais les inventer ! Dans mon souvenir : « Petipoyeur de mur » (celui qui dessine des petits pois sur les murs), « Ramasseur de cailloux », et la fameuse « Gardienne de gilets », que j’ai incluse dans L’ABCDaire.
D’autre part parce que j’ai retrouvé, avec le crayon de papier, le trait de crayon que j’ai toujours eu dans les mains (quand je dessinais sur un peu tout et n’importe quoi, sur mes cours élève, sur les blocs de téléphone, pour les petites BD que j’inventais, etc.) et que j’avais abandonné un temps pour m’essayer à d’autres choses. Et mes crayons de couleur, qui n’étaient jamais très loin, mais à qui, là, j’ai pu donner la part belle, même par si petites touches.
J’ai envoyé seulement une dizaine d’esquisses de métiers à l’éditeur, en lui expliquant le principe, et après concertation en interne sur la pertinence d’en faire un abécédaire, ou un inventaire, Didier Jeunesse a choisi de me faire confiance sur ce nouveau projet un peu foufou. L’éditrice avec qui j’ai travaillé ensuite m’a laissé une grande liberté dans le choix des métiers, tout en me guidant et m’accompagnant sur des questions comme l’équilibre à trouver entre les plus poétiques et les plus loufoques, comme dans leur mise en image et en couleur, même si là encore j’ai été très libre. Une très belle collaboration s’est faite aussi avec la maquettiste et son magnifique travail typographique. Nous avons travaillé toutes les trois de concorde, et même si dans la réalisation d’un album il existe nécessairement des phases de doute, ou de pause (et moi je suis encore une championne du doute !), réaliser cet album-là a été un régal. Tout s’est déroulé à merveille, du choix du papier jusqu’à sa forme finale, et j’en suis très heureuse.

Comment naissent vos histoires et qu’est-ce qui arrive en premier, l’histoire ou les illustrations ?
Plus que l’histoire, je dirais que c’est l’idée, le principe qui surgit en premier (« Ils s’amuseraient à se prendre en photo et faire n’importe quoi devant l’appareil », « Chaque personnage représenterait un métier qui n’existe pas »…). À ce stade, il n’y a pas encore de qui, où, comment… c’est encore assez vague. Mais rapidement je prends mon crayon et je dessine, je viens voir qui vient, là, sous mon crayon, qui se manifeste, à quoi il, elle, ils ressemblent. Mais je fais souvent confiance à la spontanéité des premiers jets. Souvent mes premiers traits de crayon sont les bons, et j’essaie autant que faire se peut, même quand je retravaille ensuite un personnage ou un élément, de garder le trait de départ, son énergie, la ligne qui s’est posée là en premier, quand je ne la contrôlais pas encore. Ce n’est pas toujours facile, et en général plus je retravaille un dessin, plus la ligne prend le risque de s’affaisser, de se ramollir… Comme dans beaucoup de domaines dans la vie, il faut savoir s’arrêter à temps, s’arrêter tout court, trouver la bonne mesure, le subtil équilibre – qu’on trouve parfois en un coup de crayon (ô magie !) mais bien souvent en refaisant aussi plusieurs fois le geste et le dessin – entre spontanéité et contrôle, énergie et précision.

Quelle technique d’illustrations utilisez-vous ?
Toujours, quel que soit l’outil que j’utiliserai ensuite, le crayon de papier (bois ou critérium) pour les esquisses, recherches, et premiers crayonnés. Ensuite, le plus souvent, le crayon de couleur. Mais aussi le numérique (comme dans Clic !, ou la mise en couleur a été faite uniquement en numérique, avec des motifs que j’avais créés puis incrustés dans l’image). Il m’est arrivé de dessiner directement à la tablette graphique, pour tenter d’aller plus vite (!) mais il me manque toujours le grain, la résistance et les accidents du papier. Et l’infinie possibilité des couleurs finit toujours par me paralyser, je finis par mettre beaucoup plus longtemps qu’avec mes crayons ! Pour l’instant, j’ai donc toujours besoin de mes outils traditionnels, même si le numérique reste un outil complémentaire et indispensable (je scanne moi-même puis nettoie, retouche, affine et peaufine mes images à l’écran, avant de les envoyer à l’éditeur).

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Toute petite, des Pomme d’Api, Belles Histoires, et un petit album Les aventures de la petite souris (avec une histoire de noisette) que j’ai lu et relu et relu et relu ! Des albums du Père Castor, et des tas d’autres livres piochés dans la bibliothèque déjà existante de la maison, engrangés par mes grandes sœurs, et complétés par la petite dernière. On avait aussi un énorme livre compilant des histoires illustrées des films de Walt Disney (c’est là que j’ai commencé à décalquer puis recopier et apprendre à dessiner mes premières robes de princesse, souris et lapins). En grandissant, je lisais des piles de J’aime Lire entassées sur mon lit (je me faisais une petite sélection de 5, 6 numéros), dont j’aimais déjà regarder en 2è de couverture qui en avait réalisé les illustrations. Et des Tintin, Alix, Gaston Lagaffe, Lucky Luke, Astérix, puis plus tard Calvin et Hobbes de Bill Waterson, Sempé, qui restent mes idoles. Je ne lisais pas beaucoup de romans, ceux étudiés à l’école me suffisaient (j’ai adoré découvrir des classiques au lycée, et me souviens d’un été où j’ai enchaîné Flaubert, Maupassant, Zola, Madame de La Fayette…). Je me suis mise à en lire une fois adulte.

Sur quel nouveau projet travaillez-vous actuellement ?
Je suis en train de réaliser les illustrations d’un album, qui devrait être une série, écrit par une autrice coréenne, racontant l’histoire d’une petite fille coréenne en France, pour les éditions Blue Dot. En même temps que je réalise deux commandes de dessins originaux pour des particuliers. Aussi, et c’est tout neuf, un nouveau projet d’album est en gestation avec Didier Jeunesse, pour ma plus grande joie. Je ne peux pas vous en dire plus pour l’instant, car nous n’en sommes qu’à la genèse. Mais on l’espère, rendez-vous probable en 2020 !

Bibliographie jeunesse :

  • ABCDaire des métiers qui n’existent pas, texte et illustrations, Didier jeunesse (2019), que nous avons chroniqué ici.
  • Clic !, texte et illustrations, Didier jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • À la rencontre, texte et illustrations, Didier jeunesse (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Au bureau, illustration d’un texte de Stéphanie Ledu, Milan (2010).

Retrouvez Claudine Morel sur son site : http://claudinemorel.ultra-book.com.


En vacances avec… Cécile Bonbon

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Cécile Bonbon que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

  • Les aventures d’Alexandre le gland, Olivier Douzou
  • Les Sardines ne poussent pas sur les arbres, Vera Eggermann
  • Virginia Wolf, Isabelle Arsenault Kyo Maclear
  • Hibou, Mélodie Braschet
  • Alice au pays des merveilles, Lewis Carrol

5 romans

  • Sans nouvelles de Gurb, Eduardo Mendoza
  • L’étranger, Albert Camus
  • 1Q84, Haruki Murakami,
  • Je suis un chat, Natsume Soseki
  • Correspondance (1944-1959), Albert Camus et Maria Casarès

5 DVD

  • La Famille Tenenbaum, Wes Anderson
  • Sin City, Robert Rodriguez et Frank Miller
  • Bonjour, Yasujirō Ozu
  • Stand by Me, Rob Reiner
  • Fight Club, David Fincher

5 CD

  • Santigold – I don’t Want (the gold fire sessions)
  • Gorillaz – Plastic Beach
  • Blur – the best of
  • Pizzicato five – Happy End of You (remix album)
  • The Jesus and Mary Chain – Psychocandy

5 artistes

  • Tatsuro Kiuchi
  • Javier Mariscal
  • Grip Face
  • Lionel Messi
  • Hayao Miyazaki

5 BD

  • DAME UN BESO, d’El don Guillermo chez Misma
  • L’ Astragale, de Pandolfo, Sarrazin, Risbjerg. Sarbacane
  • Duel d’escargots, Sonia Pulido Pere Joan Editions Cambourakis
  • Pulse Enter Para Continuar – Ana Galvañ – Apa Apa editorial
  • C’est le merdier, l’amour. Nine Antico – Glénat

5 lieux

  • Faire une pause chez Miss Perkins tea, sants, Barcelona
  • Se balader sur le sentier côtier de Port-vendres à l’anse de Paulilles
  • Manger une coca de patata à Valldemossa, en terrasse, à la pâtisserie Can Molinas (Mallorca)
  • Faire une randonnée circuit des 12 lacs du Carlit depuis le lac des Bouillouses
  • Ma prochaine destination Tokyo

Cécile Bonbon est autrice et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Petit, Didier Jeunesse (à paraître – août 2019).
  • Dans ma maison, illustration d’un texte de Stéphanie Demasse-Pottier, Sarbacane (2019), que nous avons chroniqué ici.
  • Qu’est-ce que je suis aujourd’hui, illustration d’un texte de Rachel Corenblit, Frimousse (2019).
  • En colo avec les abeilles, illustration d’un texte de Clémence Sabbagh et Ariane Mellazini, Le gâteau sur la cerise (2019).
  • Les bagarreurs, illustration d’un texte d’Ingrid Chabbert, Bang Editiones (2018).
  • Tapent, tapent, petites mains, illustrations, Didier Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le gros goûter, illustration d’un texte de Stéphane Servant, Didier Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Les maths à la petite semaine, illustration de textes de Rachel Corenblit, Le Rouergue (2013).
  • Rue Lapuce, avec Arnaud Roy, Didier Jeunesse (2010).
  • Promenons-nous dans la ferme les couleurs, texte et illustrations, L’élan Vert (2010).
  • Le machin, illustration d’un texte de Stéphane Servant, Didier Jeunesse (2007), que nous avons chroniqué ici.

Pour une bibliographie plus complète : https://cargocollective.com/cecilebonbon/BIO_BIBLIO.

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Les invité·e·s du mercredi : Marie Dorléans et Nicolas de Crécy

Par 3 avril 2019 Les invités du mercredi

Hier soir était remis le Prix Landerneau album jeunesse et à ma grande joie c’est Nous avons rendez-vous de Marie Dorléans qui a gagné. J’avais eu un coup de cœur pour cet album, c’était donc l’occasion d’interviewer son autrice. Ensuite, on reste dans la thématique du prix Landerneau, puisqu’on part en vacances avec le président du jury, l’auteur-illustrateur Nicolas de Crécy. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Marie Dorléans

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours ?
Le métier que j’exerce aujourd’hui n’a pas toujours été une évidence !
Enfant j’aimais dessiner et ce plaisir m’a accompagné toute mon adolescence mais jamais il ne m’était apparu comme une possibilité d’en faire ma profession.
J’ai donc entamé des études de lettres et d’histoire de l’art, pour ne pas avoir à choisir entre deux formes d’expressions qui me fascinaient : l’art visuel et l’écriture.
C’est en 3e année de Licence que j’ai été rattrapée par le désir de créer, d’inventer : l’envie de raconter des histoires s’est imposée avec force.
C’est donc par le versant narratif que j’ai abordé la question de l’illustration, m’amenant à pousser les portes de l’école des arts décoratifs de Strasbourg.
Après 5 années d’étude j’ai publié mon premier album dès mon diplôme en poche, aux éditions du Baron Perché.

Parlez-nous de votre très beau Nous avons rendez-vous sorti en septembre dernier au Seuil Jeunesse. Dites-nous comment est née cette histoire ?
J’ai vécu cette petite expédition enfant avec des amis. Comme dans l’histoire nous nous sommes levés au beau milieu de la nuit pour aller admirer le lever du soleil.
Depuis j’ai réitéré cette aventure plusieurs fois et l’éblouissement a été à chaque fois renouvelé, laissant dans ma mémoire une empreinte très forte.
Les images sont donc venues très naturellement car il me suffisait de replonger dans mes souvenirs d’enfance !

Comment avez-vous travaillé sur ces illustrations ?
J’ai choisi de réaliser les dessins aux crayon à papier car cela me permettait une douceur dans le trait et la possibilité de détailler les images.
À cela j’ai associé un travail à l’encre bleue, à part, en réalisant des fonds dans lesquels nous pourrions reconnaître les subtilités d’un ciel de nuit avec de la profondeur et de la lumière, puis j’ai assemblé les deux.

Vous avez reçu hier le prix Landerneau pour cet album, félicitations ! Que signifient les prix pour vous ?
C’est toujours agréable d’être remarquée pour un travail qui souvent (chez moi en tout cas) est traversé par des doutes, des remises en question… Cela donne de l’essence dans le moteur pour en faire d’autres !

Comment naissent vos histoires ? Est-ce que le texte vient d’abord ou ce sont les illustrations ?
Le texte est toujours premier chez moi.
Je pense d’abord à une histoire et à partir de là les images s’agrègent, se dessinent dans ma tête. Sans histoire je ne dessine JAMAIS !!!

Vous avez aussi illustré les mots d’autres (Davide Cali notamment), c’est un exercice totalement différent ?
Oui c’est un exercice différent car comme je ne me sens pas vraiment « illustartrice » il me faut donc trouver comment servir au mieux l’histoire tout en faisant « parler » les images pour qu’elles prennent part à la narration, qu’elles ajoutent du sens.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Dans mes précédents albums, j’ai réalisé mes images au stylo très fin.
Ce stylo me permet une ligne claire tout en me permettant des subtilités dans le noir et blanc pour donner de la matière au décor, aux vêtements des personnages. Cette accumulation de traits me donne la sensation de pouvoir faire vibrer l’image !
La couleur est faite le plus souvent sur ordinateur.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Petite on m’a lu des histoires avant de me coucher. Je me souviens de Max et les maximonstres, par exemple, du Boréal express ou d’Une prison pour monsieur l’ogre de Grégoire Solotareff qui me fascinait et me terrifiait en même temps.
À l’adolescence j’ai été assez vite attirée par les romans pour adulte.
Mon premier grand souvenir de lecture c’était un livre d’Herman Hesse Narcisse et Goldmund vers l’âge de 13 ans.
Depuis, je n’ai cessé de remplir les étagères de ma bibliothèque !

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
Le prochain livre est un livre-disque sur Mozart écrit par Carl Norac ! Ça promet donc !

Bibliographie sélective :

  • Nous avons rendez-vous, album, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Odile ?, album, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Course épique, album, texte et illustrations, Sarbacane (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est chic !, album, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Vide-grenier, album, illustration d’un texte de Davide Cali, Sarbacane (2014).
  • Mon voisin, livre-CD, texte et illustrations, Les éditions des Braques (2012).
  • L’invité, album, texte et illustrations, Le Baron Perché (2011).


En vacances avec… Nicolas de Crécy

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Nicolas de Crécy que nous partons ! Allez, en route !

Livres jeunesse :

  • Le livre des mots, de Richard Scarry
  • Petit arbre, de Katsumi Komagata
  • Ernest et Celestine, de Gabrielle Vincent
  • Un jour, un chien, de Gabrielle Vincent
  • Les derniers géants, de François Place

Romans :

  • Maître et Marguerite, de Bulgakov
  • À Rebours, de Joris-Karl Huysmans
  • Maîtres anciens, de Thomas Bernhard
  • Une femme, d’Annie Ernaux
  • Molloy, de Samuel Beckett
  • Courir, de Jean Echenoz

Artistes :

  • Agnès Martin
  • Rembrandt
  • David Hockney
  • William Turner
  • James Ensor

Films :

  • Les nains aussi ont commencé petits, de Werner Herzog
  • La Strada, de Federico Fellini
  • Le pigeon, de Mario Monicelli
  • L’Humanité, de Bruno Dumont
  • Au feu les pompiers, de Milos Forman

CD :

  • Variations Goldberg de Bach par Glenn Gould
  • Bob Marley and the Wailers
  • Tony Allen, Afro disco Beat
  • L’Homme à tête de chou, Serge Gainsbourg
  • King Kunta, Kendrick Lamar

Lieux :

  • Le petit cimetière de La Grave, dans les Hautes-Alpes, avec sa vue sur le glacier de la Meije.
  • Le chemin des philosophes en hiver, à Kyoto.
  • La région de l’Alta Rocca en Corse
  • Un Izakaya au hasard à Tokyo.
  • Traversée de l’Aubrac à vélo, fin août.

Nicolas de Crécy est auteur et illustrateur.

Bibliographie (jeunesse) sélective :

  • Les amours d’un fantôme en temps de guerre, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2018).
  • La République du catch, texte et illustrations, Casterman (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le roi de la piste, texte et illustrations, Cambourakis (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Gosse de riche !, illustration d’un texte de Joseph Périgot, Casterman (1998).
  • La nuit du grand méchant loup, illustration d’un texte de Rascal, Pastel (1998).

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Les invité·e·s du mercredi : Nathalie Wyss et Marc Daniau

Par 30 janvier 2019 Les invités du mercredi

J’ai eu un coup de cœur pour Un marron dans la poche, magnifique album qui vient de sortir chez L’initiale. Forcément, j’ai eu envie d’en savoir plus sur son autrice, Nathalie Wyss. Elle a accepté de répondre à mes questions. Ensuite, on part en vacances avec l’auteur-illustrateur Marc Daniau qui vient de sortir le très beau Princesse Mabelle. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Nathalie Wyss

J’aimerais que vous nous parliez de votre dernier album, le magnifique Un marron dans la poche.
Tout d’abord merci ;). C’est l’histoire d’un enfant qui parle de sa grand-mère et de l’habitude qu’elle avait de ramasser le premier marron de l’automne. C’est ma grand-mère, la Mutti, qui m’a inspiré cette histoire. Je n’ai vraiment rien inventé cette fois-ci, tout est vrai. Je ne pensais pas que ce texte trouverait un éditeur. J’en suis d’autant plus ravie car, avec cet album, ma grand-mère entre dans les maisons, dans les familles et peut-être même dans le cœur de quelques enfants. Grâce à elle, j’espère qu’ils auront le plaisir, au début de l’automne, de se baisser pour ramasser un marron et le glisser dans leur poche, cela porte chance !

Je trouve les planches de Cécile Deglain superbes, comment s’est passée la collaboration ? C’est un projet que vous aviez ensemble ou c’est l’éditrice Juliette Grégoire qui vous a réunies ?
Merci encore ! C’est l’éditrice Juliette Grégoire qui nous a réunies. À vrai dire nous ne nous sommes malheureusement jamais rencontrées… Tout s’est fait par e-mails, mais je suis ravie du résultat. Et puis étrangement, la grand-mère dessinée par Cécile ressemble fortement à la Mutti…

Parlez-nous de votre processus d’écriture et de la naissance de vos histoires.
Bien souvent les histoires me viennent d’elles-mêmes, un peu comme si elles tombaient du ciel. Cela commence par une phrase, un titre, ou une ambiance, et le reste suit. Je me laisse guider par mes histoires. Je ne fais pas de plan, je n’y pense que quand j’écris, je ne sais pas trouver « la suite » hors écriture. J’ai toujours un carnet avec moi au cas où… Écrire, c’est un peu comme partir à l’aventure, on ne sait jamais vraiment où on va !

Vous avez commencé à écrire très jeune, je crois, racontez-nous votre parcours d’autrice ?
J’ai commencé à écrire à dix ans des petits albums jeunesse (à l’époque je dessinais aussi) pour ma famille et mes amis. Vers onze ans, j’écrivais des histoires d’épouvante inspirées directement par mes lectures… J’ai tout gardé ! C’est très drôle de les relire aujourd’hui ! Je les apporte toujours dans les classes où je vais, les enfants rigolent beaucoup également en les voyant ! À l’adolescence, j’écrivais surtout des poèmes et vers 18 ans, j’ai commencé à envoyer des textes aux maisons d’éditions jeunesse. Mon premier texte a été publié cinq ans plus tard, un long parcours… !

Vous êtes libraire en plus d’être autrice, est-ce que ça a une influence sur votre travail ?
Je suis libraire spécialisée jeunesse, je baigne toute la journée dans ce monde. Alors oui, cela m’inspire ! Et bien sûr, il arrive parfois qu’on se dise, « oh comme j’aurais aimé écrire ce livre ! » C’est comme ça pour tous ceux qui écrivent je pense… Et tant mieux ! C’est merveilleux d’être frappé au cœur par des livres et de pouvoir les conseiller ensuite ! Donner le goût de la lecture aux enfants et aux adolescents est un extraordinaire challenge !
Cela me nourrit, c’est une place en or pour écrire ! Je vois tout ce qui paraît ou presque. C’est un univers merveilleux la littérature jeunesse, c’est la douceur et la magie de l’enfance à portée de main ! C’est un véritable refuge pour moi.

Peut-on vous demander vos derniers coups de cœur en tant que libraire ?
Avec mon mari nous sommes les heureux parents d’une petite fille depuis peu… Et donc, je n’ai pas beaucoup lu ces derniers mois… Mais l’année dernière, en jeunesse, j’ai découvert avec joie la plume de Cécile Alix et pour les grands adolescents/adultes, j’ai beaucoup aimé Un été circulaire chez Albin Michel de Marion Brunet. Et sinon, en littérature vieillesse, mon dernier gros coup de cœur est Règne animal chez Gallimard de Jean-Baptiste Del Amo.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant je lisais beaucoup d’albums et puis je me souviens du Petit prince et de L’œil du loup, ainsi que de la collection Chair de poule. J’avais une fascination pour les histoires qui font peur, ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Avec l’âge, je suis devenue une vraie trouillarde ! À 15 ans, j’ai commencé mon apprentissage de libraire. J’ai découvert avec passion l’histoire de la littérature et lu beaucoup de classiques. J’ai été particulièrement marquée par Nabokov. Je lisais beaucoup de poésie également.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
Paraîtra en février De quelle taille est ton cœur aux éditions Helvetiq, un album pour les petits, co-écrit avec mon mari et illustré par Jamie Aspinall. Au mois de mars sortira un roman pour adolescents Le Roi des rois, aux éditions Magnard. Puis, en septembre, deux albums aux éditions L’initiale dont un, illustré par Pascale Breysse. Et puis, mon album L’enfant qui avait oublié sa peur édité en 2015 au baron perché, épuisé aujourd’hui, va être réédité par les éditions (suisses) Utopie. J’en ai de la chance !

Bibliographie sélective :

  • Un marron dans la poche, album illustré par Cécile Deglain, L’initiale (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • L’allumeur de réverbères, roman, Oskar Jeunesse (2018).
  • L’enfant qui avait oublié sa peur, album illustré par Béatrice Boutignon, Le baron perché (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Sous le tori, roman illustré par Emna, Limonade (2013).
  • Dans les yeux de Marish, roman illustré par Emna, Limonade (2013).
  • Les esprits de Taïga, roman illustré par Emna, Limonade (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Au cœur de l’Himalaya, roman illustré par Emna, Limonade (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • L’étoile des Himba, roman illustré par Emna, Limonade (2012).
  • L’œil du tigre, roman illustré par Emna, Limonade (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Namasté et les 108 pétales, roman illustré par Bernard Reymond, Limonade (2011).


En vacances avec… Marc Daniau

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Marc Daniau que nous partons ! Allez, en route !

5 Albums jeunesse :

  • Monsieur Madame de Charlie Schlingo
  • Tous les albums de Claire Franek, avec Le facteur n’est pas passé en pole position, dommage qu’il n’y ait eu que les Coréens pour comprendre l’importance de cet album.
  • Tous les albums de Lionel Koechlin, un petit faible pour la Fée des Sapins que j’ai dû lire pendant deux ans à mon fils aîné.
  • Les doigts niais d’Olivier Doudou et Natalie Fortier.
  • Le Pirate et l’Apothicaire de R.L. Stevenson illustré par Henning Wagenbrath

5 Romans :

  • Moby Dick de Melville
  • Le chant du Monde de Jean Giono
  • La vie secrète d’Emily Dickinson de Jerome Charyn
  • N’importe quel titre de Primo Levi
  • Don Quichotte de Cervantès
  • Nous trois de Jean Echenoz

5 DVD

  • Apocalypse now de Coppola
  • Cheyenne de John Ford
  • Les sept samouraïs de Kurozawa
  • Quai des brumes de Marcel Carné
  • Jour de fête de Jacques Tati

5 CD

  • Tout Boris Vian
  • Tout Lee Scratch Perry
  • The Undertones by The Undertones
  • Streetcore, Joe Strummer and the Mescaleros (et puis tout le reste avant)
  • Jonathan Richman and the Modern Lovers

3 BD

  • La balade de la mer salée H.Pratt
  • Z comme Zorglub/L’ombre du Z de Franquin
  • Mauvais rêves d’Imagex

5 artistes 

  • Tinguely
  • Bonnard
  • Freud (Lucian)
  • Alexandre Hollan
  • Ronan Barrot

5 lieux

  • Le jardin des plantes de Paris
  • Un petit endroit secret au Cap corse
  • L’île au milieu du Niger dans le parc du W
  • La plage de Saint Palais (17) à l’heure de l’apéro
  • London Derry

Marc Daniau est auteur et illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • Princesse Mabelle, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon chien, papa et moi, illustration d’un texte de Raphaële Frier, À pas de loups (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Ruby tête haute, illustration d’un texte d’Irène Cohen-Janca, Les éditions des éléphants (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Comme un géant, texte illustré par Ivan Duque, Thierry Magnier (2017).
  • Loup ?, collectif, Association Mange-Livres (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Je suis le chien qui court, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2013).
  • Tous à poil !, co-écrit avec Claire Franek, Le Rouergue (2011).
  • Neuf couleurs de peur, illustration d’un texte d’Annie Agopian (2010).
  • L’arbre, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2007).
  • Coquin Colin, texte illustré par Ronan Badel, Thierry Magnier (2002).

Le site de Marc Daniau : http://www.marcdaniau.fr et le blog collectif CITRON : http://danslecitron.blogspot.fr/search/label/Marc%20Daniau

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