La mare aux mots
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Eric Battut

Enfants d’ici ou d’ailleurs [article en accès libre]

Par 30 novembre 2017 Livres Jeunesse

Ils et elles ont vraiment existé, ou auraient pu. Ces enfants vivent parfois dans un pays en guerre, parfois près de nous. Parfois, en exil ou juste en voyage.

 Le héros n’est pas un enfant, c’est un ourson. Un ourson qui a vécu tout près d’un jeune Hollandais qui s’appelait Fred, un ourson qui a voyagé avec lui, qui s’est caché avec lui, qui a traversé le temps. Il ne l’a quitté que bien plus tard, pour s’installer dans un musée.
Cet ourson existe, tout comme son propriétaire, il est exposé à Yad Vashem, mémorial dédié aux victimes juives de la Shoah. Fred, quant à lui, est maintenant un vieux monsieur. À travers l’histoire de son ours c’est son histoire à lui que l’on suit, un enfant comme tant d’autres qui a dû porter une étoile jaune, fuir, se cacher. Si le sujet est dur, le livre, tout en ne cachant pas les choses, est à portée d’enfant et ne va pas les choquer, il rappelle juste des situations qui se sont passées dans une époque pas si lointaine. Le livre est un bel ouvrage avec de magnifiques illustrations et un beau papier. Adultes comme enfants seront ému·e·s de lire l’histoire de cet ours qui a été, pendant une période difficile, la seule chose qui restait à l’enfant de sa vie d’avant.
Un très bel album pour parler de la Shoah avec les enfants.

Recevoir un cadeau c’est toujours plaisant, alors être un cadeau soi-même… quelle joie ! Après avoir brûlé son village et emprisonné ses habitant·e·s, ils ont donc décidé que lui serait le cadeau, un cadeau pour la reine. Pour ça, il lui faudrait apprendre quelques phrases de français « Oui, ma Reine », « D’accord, ma Reine », « tout de suite, Votre Majesté ». Être un cadeau, c’est quelque chose de peu banal.
Thomas Scotto s’empare d’un sujet lourd (la colonisation) et en fait un album poétique et violent. Car si le texte est extrêmement beau, on se prend quand même en pleine figure la réalité de ces enfants devenus esclaves, de ces peuples déracinés qui ont tout perdu. L’album se termine par une note plus légère, un espoir et le rappel que dans chaque camp il y a des personnes bonnes.
Un album extrêmement fort pour parler de la colonisation et du déracinement.

À Kaboul vit Tamana. Dans la pièce aux vitres cassées où elle vit avec toute sa famille, elle rêve d’une maison où elle vivrait heureuse. Tamana aime l’école et s’y rend chaque jour avec plaisir, mais aujourd’hui c’est une sacrée surprise qui l’attend : elle a gagné un concours de dessin international et va partir à Paris pour recevoir son prix.
Ici encore, il s’agit d’une histoire vraie, celle d’une petite Afghane qui est venue à Paris suite à un concours de dessin. On découvrira tout d’abord sa vie là-bas, puis Paris à travers ses yeux. Si la peur s’installera parfois, c’est surtout l’étonnement qui dominera chez Tamana. L’étonnement de voir des statues dénudées, de voir de l’eau couler partout, mais aussi l’ascenseur ou la machine à laver. Il y aura aussi la peine, en voyant un homme dormir dans la rue sur des morceaux de carton. Le beau texte de Bénédicte Prats est mis en image par de superbes illustrations de Bertrand Dubois.
Un magnifique album sur la découverte de l’autre, et le respect de tous et toutes, d’où qu’ils ou elles viennent.

Talia a sept ans, elle est née au Soudan, mais elle a dû fuir. Prendre un camion, un bateau puis un autre bateau. Elle est arrivée en France, en route elle avait perdu de vue son frère et sa petite sœur était née. Quand Talia et sa famille se sont enfin posées, c’est dans le nord de la France au bord de la mer, dans un abri couvert de bâches bleues.
Autre album extrêmement fort, Chemin des dunes, sur la route de l’exil nous propose de suivre le voyage d’une petite fille de sept ans sur le long chemin qui va la mener de son pays qu’elle doit fuir, aux baraquements d’un camp d’hébergement. Si là encore le propos pourrait être lourd, il est rendu plus léger grâce aux belles illustrations de Nathalie Dieterlé et l’écriture de Colette Hus-David qui se met à hauteur d’enfant. Il y a du suspense (Talia retrouvera-t-elle son frère ?), des non-dits qui laissent chacun·e imaginer les choses (la famille de Naïma, qui a disparu un matin, a-t-elle réussi à traverser en Angleterre ?).
Un bien bel album sur les migrant·e·s.

La mer n’est pas loin, pourtant elle ne la voit pas. Entre la mer et elle, il y a le mur de béton qu’elle aime peindre avec Walid. Pourtant, un jour elle ira voir la mer, elle saura à quoi ressemble l’horizon.
France Quatromme raconte l’enfance en Palestine. La mer si proche et pourtant si loin, le mur de huit mètres, les checkpoints, le blocus. Avec un texte poétique et à hauteur d’enfant, elle fait passer énormément de choses. En fin d’ouvrage, une page documentaire signée par la présidente de la plateforme des ONG françaises pour la Palestine nous permet d’en savoir plus et de mieux comprendre certaines choses que l’on a croisées dans l’album. Le texte est accompagné par de très belles illustrations d’Évelyne Mary. À noter que cet ouvrage a reçu le prix de l’Instruction René Devic lors de la dernière Comédie du livre.
Un bel ouvrage sur les enfants de Palestine.

Qui sont les migrant·e·s et les réfugié·e·s ? D’où viennent-ils·elles ? Pourquoi sont-ils·elles dans cette situation ? Que pouvons-nous faire pour eux·elles ?
Sorti chez Nathan, cet album documentaire (qui se lit finalement comme un album classique) nous apprend plein de choses sur les réfugié·e·s et les migrant·e·s. Avec des phrases simples et adaptées aux enfants, ce bel album saura répondre à leurs questions, avec justesse et sans tabous. On apprendra même ici ce qu’on peut faire pour être utile. Les illustrations colorées et pleines de douceur contribuent à rendre le livre attirant pour les enfants, alors qu’il traite d’un sujet pas facile.
Un documentaire qui parle avec délicatesse et justesse des réfugié·e·s et des migrant·e·s.

Sorti dans la même collection (et illustré par la même illustratrice), La pauvreté et la faim explique, là encore avec justesse, aux enfants ce que c’est qu’être pauvre et ce qui fait qu’on peut le devenir, quels problèmes cela engendre de l’être, qui sont ceux et celles qui aident les autres et comment faire pour aider. Là encore un documentaire particulièrement bien fait.

L’ourson de Fred
Texte d’Iris Argaman (traduit par Livia Parnes et Pierre-Emmanuel Dauzat), illustré par Avi Ofer
Chandeigne
14 €, 165×235 mm, 44 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017.
Kado
Texte de Thomas Scotto, illustré par Éric Battut
À pas de loups
17 €, 240×340 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2017.
Le dessin de Tamana
Texte de Bénédicte Prats, illustré par Bertrand Dubois
Cépages dans la collection Racines du monde
15 €, 240×320 mm, 40 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017.
Chemin des dunes, sur la route de l’exil
Texte de Colette Hus-David, illustré par Nathalie Dieterlé
Gautier Languereau
14 €, 270×240 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
On ira voir la mer
Texte de France Quatromme, illustré par Évelyne Mary
Lirabelle
15 € 225×225 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2015.
Les réfugiés et les migrants
Texte de Ceri Roberts (traduit par Christine Liabeuf), illustré par Hanane Kai
Nathan dans la collection Explique moi…
12,90 €, 230×230 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2017.
La pauvreté et la faim
Texte de Louise Spilsbury (traduit par Christine Liabeuf), illustré par Hanane Kai
Nathan dans la collection Explique moi…
12,90 €, 230×230 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2017.

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Doudous et tétines

Par 11 août 2015 Livres Jeunesse

la petite boîteLe roi rentre dans son château avec une mystérieuse boîte bleue. Dans son bain, à table, sur son trône, il emporte sa petite boîte partout et ne cesse de la couver du regard. Quel trésor rarissime peut-elle bien contenir ?
Si vous avez bien lu le titre de cette chronique, vous devinerez facilement quel joyau de la couronne abrite la petite boîte bleue. Il s’agit bien entendu du doudou du roi. Les plus jeunes lecteurs et lectrices se reconnaîtront dans cet unique personnage. Il est, en effet, lui-même très petit. Le mobilier de son royaume paraît surdimensionné en comparaison à ce minuscule souverain. Les enfants sont aussi très sensibles au style naïf des illustrations composées de grands aplats de peintures dont on distingue les traces de pinceaux comme on devine nettement les tracés de construction au crayon. Elles sont assez proches des peintures qu’ils peuvent eux-mêmes réaliser : le roi a une figure bien ronde, avec deux ronds de peinture rouge pour figurer ses bonnes joues.
Le style d’Éric Battut s’accorde tout à fait avec l’état d’esprit enfantin. En plus des images, le texte joue sur la répétition d’une phrase qui fonctionne comme un refrain. L’air de rien, l’histoire emmène le petit-roi/lecteur-trice vers son lit où il ou elle peut passer la nuit avec son ours en peluche en sécurité. La chute n’est pas très surprenante, surtout si l’on se met à la place d’un tout-petit pour qui un doudou est l’objet le plus précieux sur terre.
Une métaphore tendre et naïve sur l’attachement des petits à leur doudou.

Yoki le doudou la merYoki est le doudou de la classe de la maîtresse Amélie. Chaque week-end, un des enfants l’emporte dans sa famille, ce qui offre l’occasion à la petite mascotte de vivre des aventures épatantes en dehors de l’école. Ce vendredi, c’est Maël qui est responsable de Yoki. Par chance, ses parents ont décidé de partir à la plage. Yoki découvre donc le plaisir des bains de mer, des châteaux de sable… Il apprend même à faire du cerf-volant. Que de choses à raconter à la maîtresse lundi matin !
Ce petit album est très mignon et coloré. Il est sûr que l’adorable petit lapin Yoki sera au goût des petits. Les illustrations d’Olivier Latyk sont très soignées et regorgent de détails : ici un plongeur qui se fait croquer l’oreille par un crabe, là une jolie cabane de plage… L’histoire est très classique, mais a le mérite de faire un tour complet des activités liées à la plage.

Yoki le doudou chez le docteurLors d’un autre week-end, Yoki est invité à séjourner chez Sarah. Malheureusement, la petite fille est malade, c’est donc le cabinet du docteur que le petit lapin va découvrir. Le diagnostic tombe : repos forcé pour Sarah en raison d’un gros rhume, mais aussi jeu de société, lecture d’histoires… Finalement, ce n’est pas si ennuyeux d’être malade !
Cet autre titre de la série des aventures de Yoki est lui aussi plein de couleurs vives et gaies. Les aventures vécues par le doudou ne sont pas d’une originalité à couper le souffle, mais le texte donne de nombreux éléments de vocabulaire relatif au monde médical. Les planches riches en détail incitent l’enfant à commenter ce qu’il voit : un enfant de la salle d’attente à la varicelle, Sarah a fait un dessin représentant le docteur dans sa chambre…
Cette série comporte pour l’instant cinq albums très sympathiques.
Les mêmes vus par Enfantipages

rendez-moi mes totottesCharlotte a toujours une tétine dans la bouche, même lorsqu’elle mange ou qu’elle est à l’école. Forcément, pour ses parents, cette mauvaise habitude est particulièrement pénible : on ne comprend rien de ce que la petite rouquine raconte ! Et en plus, elle sème ses « totottes » partout dans la maison ! Chacun des membres de la famille a sa petite idée pour débarrasser Charlotte de ses sucettes disgracieuses, mais la petite fille est très têtue.
Le texte de Fanny Joly joue sur les sonorités et le chuintement créé par la tétine, ce qui a pour effet d’amuser les enfants à qui l’on raconte l’histoire. D’ailleurs, le texte a été enregistré et peut-être consulté en prenant en photo avec son smartphone un QR code situé à l’arrière du livre. Les enfants se rendent compte par eux-mêmes de l’effet produit sur la prononciation de « Chachorollchotte », enfin Charlotte, quoi.
Les illustrations très colorées et expressives de Fred Benaglia accompagnent bien cette petite histoire sans prétention, mais assez rigolote.
Un album pour aborder l’épineuse question de l’abandon de la tétine avec légèreté.
Le même vu par les Lectures de Kik.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Éric Battut (Bonnet d’Or et les Trois OgresDeux clowns, Mes petits bateaux, Le petit poisson rouge, Arthur 1er et le trône à trois pieds, Quand grand-mère revenait, Monsieur Scarlatine et Comme un pou), d’Olivier Latyk (L’école d’EliottCache-cache des grosses bêtes, Cache-cache des petites bêtes, En voiture ! Mes premiers pas sur la route, La merveilleuse légende de Saint NicolasL’imagier de la couleurLa petite Louise, ses voyages et son accordéon, La vie merveilleuse de la princesse Olga et Contemimes : comptines à mimer et chanter), de Fanny Joly (Cucu la praline met son grain de sel, Cucu la praline mène la danseEmbrouille en Bretagne et Cucu la praline se déchaîne) et de Fred Benaglia (Petit DernierL’énooorme bobo de rien de tout).

La petite boîte
d’Éric Battut
Didier Jeunesse 
12,90 €, 240 x 260 mm, 30 pages, imprimé en France, 2015.
Yoki le doudou à la mer
d’Olivier Latyk
Actes Sud Junior 
8,20 €, 185 x 185 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2015.
Yoki le doudou chez le docteur
d’Olivier Latyk
Actes Sud Junior 
8,20 €, 185 x 185 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2015.
Rendez-moi mes totottes
Texte de Fanny Joly, illustré par Fred Benaglia
Gallimard Jeunesse
14 €, 225 x 275 mm, 28 pages, imprimé en Europe, 2015.

Laura

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À plusieurs, c’est mieux !

Par 6 mars 2014 Livres Jeunesse

Et si on parlait d’entraide et de partage ?

Le petit hérisson partageurOh une pomme ! Une grosse et belle pomme ! Bien ronde, bien mûre… Le petit hérisson va se régaler. Vite, vite poussons la pomme derrière un rocher au cas où un gourmand arrive… mais, papoum papoum, voilà le lapin… il en voudrait bien un morceau ! Bon la pomme est grosse, à deux ça va encore… Allez, poussons la pomme derrière le rocher… au cas où un gourmand arrive ! Mais, zou et zip et zou et zip, voilà l’écureuil…

Le petit hérisson partageur est un conte très rythmé, écrit par Zemanel. Le genre de texte qu’on prend un plaisir fou à lire à voix haute tellement il est rempli de sons, de répétitions… Les illustrations à la peinture de Vanessa Gautier accompagnent à merveille l’histoire, lui ajoutent encore plus d’humour et de tendresse. On parle ici de partage, d’entraide. Notre hérisson ne regrettera pas d’avoir partagé sa pomme avec ses amis, car il en sera bien récompensé. Un très beau conte qui est ici complété par 18 cartes à détacher pour jouer au Memory avec les personnages de l’histoire.
Le même vu par À l’ombre du saule et Les mercredis de Julie.

Bravo !Aujourd’hui, on va au cirque ! Le directeur nous accueille, puis arrivent les acrobates, bravo ! Oh mais c’est l’homme le plus fort du monde ! Bravo ! Hey mais c’est au tour du dresseur de chevaux, puis du dompteur de fauves, ils sont nombreux à défiler et chaque fois un seul cri : BRAVO ! Oh mais tout à coup…. Ce n’est plus bravo mais « AU FEU ! » que l’on crie !

Bravo ! d’Ole Könnecke est, là aussi, un album très rythmé, donc la plupart des pages sont ponctuées par les « bravo ! » criés par la foule. On parle du cirque, surtout mais aussi de l’entraide quand arrive un accident qui n’était pas prévu. On évoque aussi le fait qu’on est tous un peu des héros et que l’on mérite tous des « bravo ! ». Un très joli petit album d’un auteur/illustrateur qu’on aime décidément beaucoup.

La noisetteOh la jolie noisette ! La souris verte aimerait beaucoup la manger. Elle saute dessus pour la casser mais rien à faire… La tortue passe par là, on ne sera pas trop de deux ! Elles sautent toutes les deux… mais la noisette ne se fendille même pas. Et il en sera de même quand un lapin, un lion, un zèbre et même un éléphant sauteront avec nos deux amis… Quand tout à coup…

Je ne vous dévoile pas la chute de ce très joli conte signé Éric Battut… mais elle risque de vous surprendre ! La noisette est, là aussi, une histoire d’entraide, de complicité. Elle ressort ici en petit format (à petit prix). Un joli conte, plein de malice.

la sorcière dans les airsIl était une fois une sorcière qui se promenait dans le ciel avec son chat, sur son balai, quand soudain son chapeau s’envola. Vite il fallait se poser, retrouver le chapeau… ce qui n’était pas aisé ! C’est un chien qui le lui ramena. Chouette, un nouvel ami, désormais ils étaient trois sur le balai. Ils voyageaient à nouveau dans le ciel quand tout à coup le nœud de la tresse de la sorcière fut emporté par le vent ! Nos trois amis partirent à sa recherche… mais c’est un oiseau qui le trouva. Et voilà que maintenant ils n’étaient plus trois, mais quatre ! Et ils seront bientôt cinq…

Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire de La sorcière dans les airs (surtout qu’il y a des chances que vous connaissiez déjà cette histoire sortie en 2001 et adaptée au cinéma l’année dernière) mais sachez que ce n’est que le début de l’aventure de cette sorcière. Car forcément, à cinq, c’est moins facile de voler sur un petit balai… Ici, on parle aussi de partager ce que l’on a, d’entraide et d’amitié. Un très beau texte, tout en rimes, et de belles illustrations signés par les créateurs du Gruffalo.
Le même vu par Le tiroir à histoires.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Zemanel (Les quatre géants et Un travail de fourmis), Vanessa Gautier (Un travail de fourmis), Ole Könnecke (Anton et le cadeau de Noël, Anton et les rabat-joie et Il l’a fait !) et Éric Battut (Bonnet d’Or et les Trois OgresDeux clowns, Mes petits bateaux, Le petit poisson rouge, Arthur 1er et le trône à trois pieds, Quand grand-mère revenait, Monsieur Scarlatine et Comme un pou).

Le petit hérisson partageur
Texte de Zemanel, illustré par Vanessa Gautier
Père Castor
10€, 260×210 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2013 (première édition 2010).
Bravo
d’Ole Könnecke
École des loisirs
11.50€, 195×237 mm, 24 pages, imprimé en France, 2014.
La noisette
d’Éric Battut
Didier Jeunesse dans la collection Les ptits Didier
5.50€, 165×165 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013 (première édition 2011).
la sorcière dans les airs
Texte de Julia Donaldson (traduit par Jean-François Ménard), illustré par Axel Scheffler
Gallimard Jeunesse
13€, 288×258 mm, 26 pages, imprimé en Chine, 2013 (première édition 2001).

À part ça ?

Ils en ont de la chance les rennais !

Gabriel

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Tremblez ! Voici des ogres !

Par 14 janvier 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, mettons les ogres à l’honneur !

le nouvel ogre mondialUne fois par an, les parents de l’Ogre mondial sortent de leur forêt pour aller capturer l’enfant qui leur servira de nourriture pour le reste de l’année. Mais cela ne suffit pas à l’Ogre mondial, qui aimerait tous les goûter ! Il décide alors de partir parcourir le monde pour dévorer un enfant par pays visité ! Un sandwich à l’américain, un ragoût épicé au petit mexicain, un esquimau glacé pour le dessert, une pizza italienne garnie d’un gamin à l’anchois, un rouleau de printemps chinois fourré au petit turbulent,… Tout un programme ! Il va ainsi dévorer dix enfants, sur les cinq continents. Mais il ne sait pas à qui il a affaire ! Les enfants sont malins et sauront se sortir de ce mauvais pas, en faisant preuve de solidarité !

Christos nous présente une histoire originale qui revisite le genre du conte. En suivant ce monstre bleu, on découvre également les nombres (à chaque nouveau festin, un enfant de plus dans l’estomac) et différentes régions du monde ! Aucun enfant n’est meilleur (dans tous les sens du terme) qu’un autre, et cet ogre a beau se montrer féroce, il ne leur résistera pas longtemps ! Le nouvel ogre mondial est un drôle de tour du monde illustré avec talent et beaucoup de détails par Charlotte Cottereau, et devrait ravir les jeunes lecteurs !
Visualisez quelques pages intérieures sur le site des éditions Dadoclem.

bonnet d'or et les trois ogresBonnet d’or est un mignon petit lutin. Il part en promenade et entre sans demander la permission dans une jolie maison en lisière de forêt. C’est la maison d’un ogre, d’une ogresse et d’un ogrillon. Ils sont absents et Bonnet d’or fait comme chez lui… Comment réagiront les trois ogres à leur retour ?

Cette histoire ne vous rappelle rien ? Eh oui, il s’agit bien d’une adaptation du célèbre conte de Boucle d’Or et les Trois Ours. Avec Boucle d’Or et les Trois Ogres, Eric Battut revisite une nouvelle fois une histoire lue et entendue de nombreuses fois. On s’amuse à comparer les deux versions, mais on apprécie l’aventure du petit lutin pour elle-même. Le ton est plein d’humour, la chute plutôt drôle, et les mots bien choisis. Ajoutez à cela des illustrations en papier découpé et coloré qui montrent juste ce qu’il faut et vous obtenez une histoire drôle et vivante pour redécouvrir cette célèbre aventure !
Vous pouvez visualiser quelques pages intérieures sur le site des éditions L’Élan Vert.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Christos (Parle-moi Papa), Charlotte Cottereau (Les baisers de Cornélius et Le voyage de Mamily) Eric Battut (Deux clowns, Mes petits bateaux, Le petit poisson rouge, Arthur 1er et le trône à trois pieds, Quand grand-mère revenait, Monsieur Scarlatine, Comme un pou).

Le nouvel ogre mondial
Texte de Christos, illustré par Charlotte Cottereau
Dadoclem
13€, 245×230 mm, 34 pages, imprimé en République Tchèque, 2013
Bonnet d’Or et les Trois Ogres
d’Eric Battut
L’élan vert dans la collection Les petits m.
12,20 €, 230 x 230 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013

A part ça ?

Vous n’avez pas froid aux yeux (et surtout aux mains) ? Admirez ce formidable instrument de musique !

Marianne

 

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Maintenant, j’ai un ami

Par 15 novembre 2013 Livres Jeunesse

Unis main dans la main
A chaque seconde
On rit de ses chagrins
Quand on possède un bon copain
Avoir un bon copain, Jean Boyer

Dans les albums du jour il sera question de rencontres, d’amitié, d’entraide. Et je vous préviens, il y aura quelques pépites.

Une rencontreUne renarde rôde. Il fait froid, c’est l’hiver et la neige recouvre le sol. Elle s’approche d’un village, bien entendu elle est chassée par les habitants mais de la fenêtre de sa chambre un enfant observe. Il voit la renarde se réfugier dans la serre, il décide de l’aider.

Une rencontre est un album sans texte (comme tous les albums de la collection Histoire sans paroles très joliment sous-titrée Pour lire avant de savoir lire). Les très belles planches toutes en longueur sont signées Princesse Camcam et elles sont absolument magnifiques. Elle reprend ici le principe des papiers découpés qu’on avait adoré dans L’album de famille. C’est un album très doux, extrêmement poétique. Le petit garçon aide la renarde qui cherchait où mettre au monde ses petits, la renarde offrira un beau cadeau au petit garçon. Un magnifique album, format à l’italienne, présenté dans un fourreau en carton.
Vous pouvez voir des illustrations issues du livre sur le site de Princesse Camcam.

Le lion et l'oiseauAlors qu’il jardinait, Lion trouva un oiseau par terre, l’oiseau était blessé, il fallait le soigner. Ses amis avaient continué leur vol et il était maintenant seul. Lion allait prendre soin de lui, le réchauffer, le nourrir. Lion, qui vivait seul, était ravi de ce nouvel ami et ensemble ils regardaient passer l’hiver, bien au chaud. Au printemps, l’oiseau était guéri, ses amis repassèrent, il pouvait donc les rejoindre. Lion se retrouva à nouveau seul… il espérait que son ami reviendrait le voir.

Le lion et l’oiseau de Marianne Dubuc est également un magnifique album. Ici aussi on parle d’entraide, d’amitié. Le livre est extrêmement doux, poétique et si, contrairement au précédent, il y a du texte, c’est un texte court, parfois plusieurs pages n’en contiennent pas. J’avais déjà chroniqué un livre édité par La pastèque il y a peu (Joseph Fipps) et j’ai le même coup de cœur ici. Décidément une maison d’édition qui fait de beaux livres (tant niveau édition que dans le contenu), une maison d’édition à suivre de près !
Le même vu par Le cabas de Za, Enfantipages et Œil d’ailleurs.

coffret Grand loup et Petit loupGrand Loup avait toujours vécu sur sa colline, sous son arbre. Un jour il vit arriver Petit Loup qui s’installa aussi sous l’arbre… Grand Loup ne savait pas quoi faire, qui était cet inconnu ? Il le regardait du coin de l’œil. La nuit vint, Grand Loup se coucha, Petit Loup aussi. Grand Loup eu pitié de Petit Loup et partagea avec lui son drap de feuille. Très vite ces deux-là devinrent amis. Grand Loup connut le manque quand Petit Loup disparut (avant de revenir, rassurez-vous). Il accomplit un dangereux périple pour lui offrir une feuille qui le tentait tant et il partit à sa recherche quand Petit Loup se perdit.

Connaissez-vous Grand Loup & Petit Loup, cette série de Nadine Brun-Cosme et Olivier Tallec ? Trois albums sont sortis, ils sont ici regroupés en petit format dans un coffret. Si vous ne connaissez pas ces albums, ce sont des bijoux de poésie. Des textes superbes, extrêmement riches (ma préférence va à La feuille qui ne tombait pas, le deuxième livre, où Petit Loup désire plus que tout une feuille qui se trouve tout en haut de l’arbre, il a envie de la toucher, de la goûter et de se voir dedans. Grand Loup va aller la chercher pour lui mais il a tant attendu avant de le faire que la feuille se désagrège à peine il la touche, et elle tombe en poussière. Finalement, Petit Loup recevra une pluie de morceaux de la feuille mais il arrivera à en manger un petit bout, un morceau frôlant sa joue lui montrera qu’elle est douce et en regardant les morceaux tomber il verra à quel point elle brillait… magnifique). Les illustrations d’Olivier Tallec sont bien sûr superbes (Olivier Tallec…) et il nous réserve une surprise dans le dernier tome, quelque chose qui m’a laissé sans voix, perplexe, qui m’a donné envie d’en parler avec lui. Bref, voilà réunis 3 albums merveilleux, dans un bien joli petit coffret.
Grand Loup & Petit Loup (le premier album du coffret) vu par Le cabas de Za.

MarlaguetteMarie-Olga était une petite fille que tout le monde appelait Marlaguette. Un jour qu’elle cueillait des champignons dans les bois elle rencontra le loup ! Bien sûr le loup la prit dans sa gueule mais l’enfant se débattait tellement que le loup finit par se cogner… il ne bougeait plus, un peu de sang coulait de son front. Marlaguette ne pouvait pas le laisser comme ça. Ce fut le début d’une belle histoire.

Marlaguette est un conte classique que vous avez peut-être lu enfant et que vos parents ont peut-être même lu lorsqu’ils l’étaient eux-mêmes (il date de 1952). La version sortie dans les classiques du Père Castor est très connue. Ce bon vieux Père Castor a eu une super idée en la ressortant dans un grand album, au dos toilé, illustré par le génial Olivier Tallec. Les grandes planches sont absolument magnifiques, c’est vraiment un régal de redécouvrir les aventures de cette petite fille qui pardonne à celui qui voulait la manger et décide de lui venir en aide. On y parle aussi de la nature (et de ne pas aller contre elle). Une magnifique histoire d’amitié et d’entraide qui, éditée il y à 60, n’a pas vieillit depuis.

Le petit pêcheur et le squeletteTong vit dans une petite cabane, aux portes de la ville. Comme tous les matins, l’enfant part à la pêche sur son bateau, mais ce matin le ciel est sombre, très vite la mer se déchaîne. Tong pousse tout à coup un cri d’horreur, un squelette vient de monter dans son bateau et se dresse maintenant devant lui, imaginez la terreur du petit garçon qui lutte pour faire tomber cet occupant. Tong arrive a rentrer chez lui mais le squelette est toujours là, l’enfant s’évanouit. Le squelette ramasse l’enfant, l’aide à revenir à lui, s’en occupe puis découvre son image dans un miroir, à son tour il est terrorisé et s’effondre, ça sera l’enfant qui, à son tour, s’occupera de lui.

Le petit pêcheur et le squelette est un album bien singulier, il pourrait paraître terrifiant (le squelette arrive dans l’histoire avec un gros plan pleine page) mais ma fille de cinq ans (assez froussarde habituellement) n’a pas du tout été effrayée par ce conte (la notion de squelette n’est pas forcément associée à un revenant pour les petits). Ici aussi on parle d’entraide, ces deux-là vont s’occuper tour à tour l’un de l’autre. Et la fin est des plus heureuses (le squelette redeviendra humain grâce aux soins du petit garçon). Les illustrations sont superbes et accompagnent parfaitement ce joli conte, bien original.
Le même vu par Les livres de Dorot’.

Deux clownsUn clown blanc regardait vers l’horizon mais ne voyait rien venir, accompagné de son cheval il décida donc de quitter son pays. Il rencontra un petit homme perché sur un arbre, il lui expliqua que, grâce à de la peinture, il redonnait de la couleur aux arbres qui avaient perdu leurs feuilles. Les deux hommes sympathisèrent, ensemble ils partagèrent un repas puis jouèrent de la musique. Ils remarquèrent qu’ils avaient le même nez rouge et qu’en les voyant les enfants riaient. Un cirque passait par là, ils décidèrent de le suivre pour en devenir les clowns.

Deux clowns est aussi une très belle histoire d’amitié que nous propose Éric Battut, l’histoire de deux hommes, assez différents, mais avec quelques points communs, qui vont devenir amis. On reconnaît bien sur ici le clown blanc et l’Auguste, deux personnages connus chez les clowns. Ce bel album est sorti dans une toute jeune maison d’édition, Bulles de savon, qui a déjà un beau catalogue. A suivre donc (mais nous en reparlerons) !

D'une île à l'autreColin, Max et Rémi jouaient ensemble tous les jours sur leur rocher qu’ils appelaient leur île. C’était LEUR territoire, personne n’avait le droit de s’en approcher. Les trois garçons avaient chacun leur caractère, l’un aimait construire des tours et des châteaux, l’autre adorait courir, le troisième aimait les drapeaux. Un jour, Sarah arriva. Hors de question qu’elle joue avec eux, une fille ! Imaginez donc ! Alors elle les observa de loin, sur son propre rocher. Seulement, quand Sarah mit un drapeau, les garçons continuèrent à jouer mais en gardant un œil vers là-bas… Le lendemain ils était deux sur le rocher de Sarah… et ils n’étaient plus que deux sur le rocher des garçons.

D’une île à l’autre nous parle aussi d’amitié, d’aller à la rencontre de l’autre, peu importe sa couleur, peu importe son sexe. C’est tellement mieux de faire les choses à plusieurs que seul dans son coin, et comme le dit l’expression, plus on est de fous, plus on rit. De très belles illustrations à la peinture signées Sylvie Serprix mettent en image le texte de Nadine Brun-Cosme (dont on a déjà parlé dans cette chronique). Un très bel album pour aller vers l’autre qui a eu le soutien d’Amnesty International.
Le même vu par Enfantipages.

ChapillonUn papillon vole, un chat le poursuit. Le chat s’élance… va-t-il l’attraper ? Non, le chat retombe sur ses pattes et le papillon vole toujours. On retente de plus haut… le chat tombe dans la mare. Allez une autre tentative ?

On a commencé par un album sans texte, on termine la chronique par un album sans texte. Chapillon de Layla Benabid fait partie de la collection Cartoons de chez Rêves Bleus dont nous vous avions déjà parlée ici. Une très jolie collection de petits albums souples en noir et blanc (avec une couleur en plus). Ici on parle donc de l’histoire d’amitié entre un papillon et un chat, eux qu’on croyait ennemis. Un album très graphique et très esthétique, très tendre.
Le même vu par Butiner de livres en livres.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Princesse Camcam (Le jardin de Clara, Je danse à l’Opéra, L’album de famille, Marie de Paris, Marie voyage en France, Drôles de marchés ! et La fille aux cheveux d’encre), Nadine Brun-Cosme (Trop c’est trop et Le prince amoureux), Olivier Tallec (Le plus féroce des loups, Pas de pitié pour les baskets, Kevin et les extraterrestres, Restons Calmes !, Joyeux Noël Rita et MachinMaurice Carême chanté par Domitille, Mon cœur en miettesLe slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte), Éric Battut (Mes petits bateaux, Le petit poisson rouge, Arthur 1er et le trône à trois pieds, Quand Grand-Mère revenait, Monsieur Scarlatine, Comme un pou), Sylvie Serprix (Samiha et les fantômes et Contes d’un autre genre) et Layla Benabid (Kid-do, Nours et Li-loup). Retrouvez aussi notre interview de Princesse Camcam.

Une rencontre
de Princesse Camcam
Autrement dans la collection Histoire sans paroles
12€, 260×150 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Le lion et l’oiseau
de Marianne Dubuc
La Pastèque dans la collection Pamplemousse
16,40€, 199×249 mm, 60 pages, imprimé à Singapour, 2013.
Coffret Grand Loup & Petit Loup
Textes de Nadine Brun-Cosme, illustrés par Olivier Tallec
Père Castor
18€, 140×170 mm, 3×32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Marlaguette
Texte de Marie Colmont, illustré par Olivier Tallec
Père Castor
13€, 280×260 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Le petit pêcheur et le squelette
de Chen Jiang Hong
L’école des loisirs
12,70€, 285×290 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2013.
Deux Clowns
d’Éric Battut
Bulles de savons
14€, 310×230 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne, 2013.
D’une île à l’autre
Texte de Nadine Brun-Cosme, illustré par Sylvie Serprix
Talents Hauts
14,80€, 226×306 mm, 25 pages, imprimé en Italie, 2013.
Chapillon
de Layla Benabid
Rêves Bleus dans la collection Cartoons
5,90€, 150×150 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013.

A part ça ?

Les auteurs ne sont déjà pas bien riches, la loi des finances 2014 propose de les taxer encore plus. Une pétition à lire (et à signer) ici.

Gabriel

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