La mare aux mots
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Estelle Billon-Spagnol

Les invité.e.s du mercredi : Clothilde Delacroix et Estelle Billon-Spagnol (+ concours)

Par 9 mars 2016 Les invités du mercredi

Cette semaine, on vous propose une interview « hors norme ». En effet, Clothilde Delacroix nous a fait un beau cadeau, elle a accompagné ses réponses à nos questions de dessins, je suis sûr que vous allez, tout comme nous, prendre beaucoup de plaisir (et sourire) en lisant cette interview ! À la suite de ce beau moment, vous pourrez tenter de gagner La paix, les colombes ! qui vient de sortir chez Hélium. Ensuite, c’est un nouveau rendez-vous que nous vous proposons. Régulièrement, nous demandons à un.e auteur.e et/ou illustrateur.trice de nous parler de l’endroit où il.elle crée. Après Dorothée de Monfreid, c’est Estelle Billon-Spagnol qui a accepté de nous parler de son lieu de création. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Clothilde Delacroix

Comment êtes-vous devenue illustratrice ?
J’ai marqué très tôt, un goût prononcé pour mêler ensemble la fiction et le graphisme.
Clothilde Delacroix - Interview La mare aux motsPlus sérieusement, je suis autodidacte. J’ai étudié les arts plastiques à l’université, mais ce que j’y ai appris n’a aucun rapport avec ma pratique d’auteur-illustrateur. C’est l’envie d’aller vers l’autre en racontant des histoires qui m’a amené au dessin. En effet, je n’arrive pas à écrire sans dessiner. C’est pourquoi je me considère plus comme « auteur-illustrateur » que comme illustratrice.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Selon, j’oscille entre la technique de l’esquive ou l’attaque frontale.
Clothilde Delacroix - Interview La mare aux motsJe me suis essayée  à plusieurs médium, acrylique, encre, aquarelle, crayon de couleur, collage, feutre… J’utilise de plus en plus souvent le numérique ou l’aquarelle, cela dépend du projet. Je travaille toujours la ligne de manière traditionnelle (crayon) et selon le projet, la mise en couleur sera soit numérique soit à l’aquarelle (mon prochain album à sortir au Seuil jeunesse).

Comment sont nées Cocotte, Crocotte et Lolotte, vos héroïnes à l’imagination fertile ?
En urgence et par césarienne.
Clothilde Delacroix - Interview La mare aux motsL’album La valise de Lolotte qui a vu naître les personnages de Lolotte, Crocotte et Cocotte pour la première fois, a existé en de très nombreuses versions avec d’autres personnages, d’autres fins, d’autres techniques graphiques avant de prendre sa forme actuelle. C’est un projet que j’ai charrié pendant un an. En parallèle, je dessinais des petits cochons, des petits crocodiles et des petites cocottes. Un jour, j’ai joué mon « va-tout » avec l’histoire de La valise dans une énième version en insérant ces petits personnages et en modifiant une ultime fois la trame narrative et… voilà…

Dans vos albums les polochons se transforment en gâteaux, les boîtes en bonbon ou encore la mer est en glace à la fraise, vous ne seriez pas un peu gourmande ?
Clothilde Delacroix - Interview La mare aux mots

Comment est né l’album La paix, les colombes ! co-écrit avec Gilles Bachelet ?Clothilde Delacroix - Interview La mare aux motsGilles qui est, comme moi, assez actif sur les réseaux sociaux (Facebook), avait commencé une série de dessins sur les colombes de la paix suite aux évènements de Charlie et à la sur-utilisation à tout-va du symbole de la colombe. Nous aimons bien nous répondre par dessins interposés et nous avons entamé un dialogue de dessins autour de la colombe de la paix. Par la suite, Sophie Giraud de chez Hélium nous a proposé d’en faire un album à quatre mains.

J’aimerais que vous nous disiez quelques mots sur votre travail sur Le chien-chien à sa mémère, la façon dont vous avez illustré ce texte.
J’ai beaucoup étudié sur le terrain.Clothilde Delacroix - Interview La mare aux motsC’est toujours un enjeu important pour moi d’illustrer le texte de quelqu’un d’autre. D’une part parce que je me dis que l’éditeur, en faisant appel à moi, a certainement des attentes et d’autre part parce qu’il s’agit de ne pas décevoir l’auteur tout en réussissant à raconter quelque chose en plus par le dessin, sans étouffer le texte de l’auteur. Mais le texte d’Agnès était suffisamment riche en respirations pour me permettre de trouver ma place. De même, la bienveillance d’Emmanuelle Beulque (éditrice chez Sarbacane) m’a très vite permis de savoir quelle direction prendre tout en me laissant une grande liberté d’action.
En terme de méthode, en général, ma première lecture est toujours très rapide, j’effectue une sorte de survol global, qui favorise les collisions, coalescences ou associations d’idées chez moi et, en général, je vois tout de suite des images, des situations, comme une sorte de film dans ma tête, (encore plus si les situations sont comiques, ou se prêtent aux gags visuels). Puis, toujours très vite, je pose des crayonnés. Après je définis des personnages. Le personnage de mémère n’était pas simple car je le voulais « sans âge ». Pour le chien, j’ai très vite choisi de prendre le contre-pied de l’idée attendue du petit chien-chien. J’ai tout de suite senti que je m’amuserai plus avec un gros chien un peu balourd et que cela me permettrait de mettre en scène un certain nombre de situations amusantes.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?Clothilde Delacroix - Interview La mare aux motsEnfant, j’avais très peu d’albums. Je possédais La petite géante de Philippe Dumas que je relisais encore et encore et j’ai majoritairement lu et (re-re-re-relu, les livres ont souvent été des doudous) les contes classiques, des livres de la bibliothèque rose et une édition très ancienne avec des gravures d’époque des Petites filles modèles de la Comtesse de Ségur qui avait appartenue à ma grand-mère enfant. Deux romans d’enfance qui m’ont marqué : La couronne d’argent de Robert C. O’Brien et Black beauty d’Anna Sewell. J’ai également lu très tôt les BD de Claire Brétecher (Les frustrés, Agrippine) et les BD « humour noir » qui traînaient à la maison et m’ont beaucoup marquées.
Mais je pense que ce qui a le plus marqué ma manière de travailler, se trouve dans l’image animée. Enfants, nous nous repassions en boucle les cassettes en VO des Tex Avery  que nous connaissions par cœur et les Silly Symphonies (les tout premiers Disney qui datent de 1930). Il y a dans ces dessins animés une forme de logique visuelle et narrative à laquelle je suis particulièrement sensible.

Et quel.le.s sont les illustrateurs.trices qui vous inspirent aujourd’hui ou dont le travail vous séduit, tout simplement ?Clothilde Delacroix - Interview La mare aux mots

Vaste question… J’aime les images en général, donc ce n’est pas si simple. Je vais donc aller vers le travail des « auteurs-illustrateurs »… Je suis très sensible au travail de Gilles Bachelet, Dorothée de Monfreid, Lisa Mandel, de Claire Brétecher ou Catherine Meurisse…

Quels sont vos projets ?

Clothilde Delacroix - Interview La mare aux motsJ’ai un album à paraître en avril chez Talents Hauts Gros mensonges, un autre assez conséquent et sur lequel je travaille depuis plus d’un an, à paraître à la rentrée au Seuil jeunesse Presque toute la vérité sur les lutins, un nouveau Lolotte Bonne nuit Lolotte va sortir au printemps à l’école des loisirs et je termine le prochain à sortir en septembre Le goûter de Lolotte, je vais également entamer le travail sur un nouvel album chez Sarbacane toujours avec Agnès de Lestrade. Je travaille également en parallèle sur des projets pour la presse (Tralalire, Picoti) avec qui je collabore régulièrement.

Une dernière question, si quelqu’un qui ne vous connaît pas lit cette interview et veut vous découvrir avec un seul de vos ouvrages, lequel lui conseilleriez-vous ?
Clothilde Delacroix - Interview La mare aux mots
Je les lui conseillerais tous ! Ah ! Ah ! Ah ! Non, plus sérieusement, je lui en conseillerais deux : La valise de Lolotte (École des loisirs, Loulous & Cie) pour les petits et Presque toute la vérité sur les lutins (pour les plus grands à paraître au Seuil à la rentrée).

Image extraite de l’album « Presque toute la vérité sur les lutins » à paraître à la rentrée 2016 aux Éditions du Seuil jeunesse.

Image extraite de l’album Presque toute la vérité sur les lutins à paraître à la rentrée 2016 aux Éditions du Seuil jeunesse.

Retrouvez Clothilde Delacroix sur son blog : http://clothildedelacroixillustrations.blogspot.fr.

Bibliographie :

À paraître

Concours :
La paix, les colombes !Grâce aux éditions Hélium nous allons pouvoir offrir à l’un.e de vous un exemplaire de La paix, les colombes !, l’album que Clothilde Delacroix a coécrit avec Gilles Bachelet. Pour participer, commentez cet article. Nous tirerons au sort parmi tous vos commentaires, vous avez jusqu’à mardi 20 h ! Bonne chance à tou.te.s !


Quand je crée… Estelle Billon-Spagnol

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.e.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement nous demandons à des auteur.e.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils créent. Cette semaine, c’est Estelle Billon-Spagnol qui nous parle de quand elle crée.

Atelier Estelle Billon SpagnolCe que j’aime, et qui marche, c’est mettre le réveil à 5 heures du matin et m’installer direct à mon bureau avec mon premier café. Le cerveau est encore endormi, la main pas très sûre limite j’m’en foutiste, mais j’ai découvert un truc : cet état est précieux ! Parce que je ne suis pas, alors, dans la réflexion et dans la spirale qui s’en suit (questionnement, puis doute qui amène dispersion et mauvais stress, et enfin feuille blanche) mais dans un élan instinctif plutôt efficace (je trouve). Du coup j’en profite pour crayonner des pages mises de côté parce que zéro idée en pleine journée. Ou j’encre des planches hyper importantes.
Cette discipline du petit matin m’est nécessaire.
Les crayonnés, l’encrage, la couleur : je fais tout à mon bureau. Bureau dans le salon. Zéro embouteillage, manque juste un petit transport quand même, pour le mouvement.
L’écriture, elle, c’est la liberté ! J’écris souvent dans des cafés. Le brouhaha, la musique, tout ça m’aide à entrer encore plus dans ma bulle. L’idéal serait que je puisse un peu y dessiner aussi, mais… c’est un truc que je ne sais pas faire. Dommage. Même gribouiller, c’est impossible.
Pour le dessin il me faut mon bureau, mon matériel, du calme ou alors du bruit choisi. Souvent je me rends compte en fin de journée que j’ai passé la journée dans le silence.
Ça c’est pour les projets lancés. Pour ceux qui n’existent encore que dans ma tête, j’ai plusieurs carnets, des feuilles volantes, des billets de train en cas d’urgence. Juste des mots, des sensations, des idées, des thèmes, des persos notés/dessinés en vrac. Vite fait. N’importe quand n’importe où. Que je ne relis jamais, d’ailleurs. Mais je me dis que si l’idée est bonne, elle saura revenir. Sauf pour le roman que je suis en train d’écrire. Je me découvre organisée : j’ai un carnet dédié, que je remplis plusieurs fois par jour pour y noter des passages, des trucs qui collent à mes personnages etc.
J’ai toujours plusieurs projets en cours alors je jongle. J’aime bien alterner des recherches et de la couleur. Changer d’univers dans la journée. Dessiner et écrire. Boire un thé ou un café. Quand je bloque, je passe à autre chose (et je le laisse pour la session 5 heures du mat’).
Le soir je fais des listes. En notant, par ordre de priorité, tout ce que je dois faire le lendemain. Du mail jusqu’à un détail de la planche 24 à reprendre. Comme ça la nuit je suis dispo pour les nouvelles idées (je rigole, je ne fais plus du tout confiance à ces fulgurances nocturnes).

Estelle Billon-SpagnolEstelle Billon-Spagnol est auteure et illustratrice

Bibliographie sélective :

Retrouvez Estelle Billon-Spagnol sur son blog, sa page facebook et dans l’interview que nous avions fait d’elle.

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Le bandit, l’apprenti et le tout petit (semaine anniversaire, la chronique d’Estelle Billon Spagnol)

Par 28 août 2014 Livres Jeunesse

Pour fêter notre anniversaire nous avons demandé à des gens qui comptent beaucoup pour La mare aux mots de prendre notre place toute cette semaine.

Gabriel et Marianne


Quand Gabriel me demande quelque chose, je dis « oui ». Par habitude. Et parce que l’enthousiasme c’est contagieux. Après avoir stressé, cherché, changé 1000 fois, j’ai pris les trois livres qui se trouvaient en haut de ma bibliothèque-bordel, et j’ai ouvert mon ordi. Copie écrite en suant à grosses gouttes mais rendue ! (à la dernière minute -par habitude aussi-).

Le bandit au colt d'orLe bandit au colt d’or
éditions magnani

Simon Roussin

Le bandit au col d’or se passe aux temps de la conquête violente, sans foi ni loi, de l’Ouest.
Deux frères, Jesse et Henri, deviennent rapidement et violemment orphelins.
Ensemble au milieu de cet Ouest sauvage, ils essaient de survivre. Au hasard de la route et du destin, Jesse rejoint une bande de bandits, et Henri, lui, est sauvé du froid et de la faim par un vieux trappeur. Jesse devient le fameux bandit au colt d’or, Henri suit les traces de l’homme qui l’a recueilli.
Sans jamais cesser de penser l’un à l’autre, ils se retrouvent des années après au cœur d’une nuit glaciale. Je ne dévoile pas la fin, sombre (très), une fin qui ne se termine pas par « … et ils coulèrent des jours heureux », une fin qui fait qu’on referme le bouquin, puis qu’on le reprend.

Un récit fort et dur, depuis la mort des parents des jeunes Jesse et Henri jusqu’à la fin tragique.
Une histoire qui mêle action et contemplation. La nature y est présente à chaque page, devenant un personnage à part entière. On est ici dans un vrai western : attaques de diligence et de trains, pistolets, personnages sans attaches, paysages à couper le souffle…
Une écriture fluide et sans fioriture : juste.
Qui prend toute son ampleur avec les illustrations, aux feutres, carrément magnétiques : on sent la neige, on entend les chevaux jaillir ou les feuilles craquer, on tremble face à la dureté de cette vie. Quelques doubles pages, sans texte, donnent encore plus de force et de poésie à ce bouquin. Et forcent à la pause, à ralentir le rythme de la lecture pour se poser au bord d’une rivière, au milieu des montagnes.
Les couleurs sont flamboyantes, du coucher de soleil à la neige, des mouvements au calme presque mystique. Un travail d’une minutie folle allié au côté brut/vivant du feutre (il faut absolument aller visiter son site !).

Pour les fans de westerns, mais pas que. Pour ceux qui aiment l’aventure et la nature sauvage.

GALMOT_CHARLIER_LaBoulangerie_2011La boulangerie de la rue des dimanches
éditions Grasset-Jeunesse
Alexis Galmot

Till Charlier

C’est l’histoire d’un joueur -passable- de flûte qui s’éprend d’une joueuse -passable- de tuba. Ensemble ils jouent -passablement- Les quatre saisons de Vivaldi, se marient et ont un enfant : Jack. La famille est plus pauvre que pauvre, mais qu’importe, il y a les mouches pour les repas !
La mort de ses parents amène Jack dans un orphelinat qui lui, l’entraînera vers des baguettes pas trop cuites et des religieuses au chocolat.
Apprenti puis propriétaire d’une vraie boulangerie, il fera de sa boutique un passage incontournable pour les gens de son quartier.

L’écriture belle, fantaisiste et délicate rend ce récit, parfois triste, délicieusement joyeux. On se régale de ces mots, qui sonnent comme une évidence à l’oreille et qui étonnent en même temps.
Et le charme continue grâce aux illustrations. Elles ont un charme rétro, un trait plein de vie, une couleur surannée qui donnent envie d’arrêter le temps et de savourer une pâtisserie (ou de s’allonger dans l’herbe, ou d’embrasser le premier venu).
Et puis le livre, l’objet, est beau. Il me rappelle la vieille armoire qui grinçait de ma grand-mère, avec ses bocaux de bonbons aux papiers passés et ses petits sachets de lavande (le rapport n’est pas évident, sauf peut-être pour ceux qui l’ont lu?).
Un livre précieux, qui rend guilleret, qui ouvre les yeux sur les petits riens magiques du quotidien et qui donne envie d’être amoureux (oui oui rien que ça!).

Tralalère François SoutifTralalère
éditions Kaléidoscope
François Soutif

Un album en accordéon sans texte. Avec une histoire, plus une autre, qui se répètent et se répètent.
Un ogre poursuit un garçon bien décidé à le manger. En pleine course, il tombe sur une fleur et, tellement charmé, en oublie sa petite victime. (recto)
L’enfant, vexé, essaie de regagner l’attention de l’ogre. Et finit par détruire la fleur. Ce qui met le géant en rage et redonne le signal de la poursuite. (verso) (ou l’inverse je ne sais jamais).

Je ne pense pas être claire, mais cette double histoire sans fin est jubilatoire !
Deux personnages – qui sortent de leurs sentiers battus-, des arrière-plans vert pistache ou framboise, une fleur, un couteau, et hop, l’auteur-illustrateur réussit à faire passer tout un panel d’émotions : la colère, la joie, la sérénité, la vexation, la provocation, le jeu… À faire en sorte que ça se tienne et qu’on recommence sans s’en rendre compte.
La simplicité alliée à l’absurdité. Juste génial. Et puis on sent le pinceau derrière, et ça, c’est la cerise !

Le bandit au colt d’or
de Simon Roussin
éditions magnani
20 €, 218×303 mm, 204 pages, imprimé en France, 2013.
La boulangerie de la rue des dimanches
Texte d’Alexis Galmot, illustré par Till Charlier
Grasset-Jeunesse
13 €, 150×210 mm, 77 pages, imprimé en France, 2011.
Tralalère
de François Soutif
Kaléidoscope
13,20 €, 200×200 mm, 1 page, imprimé en Malaisie, 2011.

À part ça…

À part ça, j’ai parlé de western avec Le bandit au colt d’or, je vous conseille également le roman de Larry Mc Murtry : Lonesome Dove. Captivant (j’ai tellement usé du dictionnaire des synonymes pour mes chroniques que je n’ai plus de mot ou de formule en stock…).
Et surtout à part ça, qu’est-ce que c’est comme boulot ! Gabriel, Marianne, un verre en terrasse, c’est pas mal non plus quand même hein ?

Et enfin, à part ça, COIN COIN COIN !!! Et merci.

annivmare

Estelle Billon-Spagnol

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Dis, tu peux lui demander… ? (5/8)

Par 30 juillet 2014 Les invités du mercredi

Cet été, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteurs, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Les enfants ont été nombreux à nous envoyer des questions, nous en avons choisi huit. Après les questions de Tristan, Daphné et Rose les semaines passées, aujourd’hui une autre question de Madeleine, 6 ans qui m’a proposé de demander aux auteurs, illustrateur-trice-s et imprimeur-euse-s : « Combien de temps ça prend pour faire un livre ? ». Estelle Billon-Spagnol, Matthieu Maudet, Michaël Escoffier, Antoine Guilloppé et deux imprimeurs ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps qu’elle leurs réponses. ChacuneMON CHAT FAIT OUAF des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question permet donc à Madeleine d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions Glénat, l’album de Sandrine Beau et Céline Decorte, Mon chat fait ouaf !, une histoire pleine d’humour avec une double chute irrésistible. Vous pouvez retrouver notre chronique sur cet album ici.


« Combien de temps ça prend pour faire un livre ? » (Madeleine, 6 ans)

Estelle Billon-Spanol :
Hello Madeleine,
Impossible de répondre précisément… Cela dépend de plein de choses : format, nombre de planches à réaliser, illustration remplie de petits détails ou plus épurée, autres projets/commandes en cours et puis bien sûr l’inspiration et l’élan.
Quand j’ai moi-même écrit l’histoire (qui prend entre une soirée et des mois entiers, entre la première idée jetée dans mon carnet et la 99ème relecture/correction), cela va plus vite. Je sais exactement où je veux aller (par exemple, je sais d’emblée ce que je vais dire par les mots et ce que je vais dire par les dessins pour qu’il n’y ait pas de répétition), j’ai déjà mes personnages et l’ambiance en tête, et je sais quelle technique je vais utiliser. Et puis en cours de route je peux modifier une phrase, changer un personnage, chercher une autre chute. C’est vraiment confortable. Il n’y a pas de temps mort.
Quand j’illustre un texte écrit par quelqu’un d’autre, la phase de recherches est plus longue, je dois m’imprégner de l’histoire, trouver ce que l’auteur voulait dire entre ses lignes. Je veux être sûre de coller à l’esprit du texte, tout en apportant mon univers, c’est un équilibre plus compliqué à trouver je pense.
Comme j’ai envie de répondre à ta question, je dirais : au minimum 3 mois.
Olalala Madeleine, je suis désolée de répondre à côté !
Bonnes vacances,
Estelle

La déclaration des droits des garçonsEstelle Billon-Spagnol est auteur et illustratrice. Elle a sorti en début d’année La déclaration des droits des garçons et La déclaration des droits des filles chez Talents Hauts avec Élisabeth Brami (deux livres que nous avons chroniqués ici). Elle sortira à la rentrée Maxi-Souris aux éditions Frimousse et Monsieur Mok chez Philomèle.
Le site d’Estelle Billon-Spagnol : http://estellebillonspagnol.blogspot.fr.

Matthieu Maudet :
C’est très variable, ça peut prendre 3 semaines, mais aussi 4 ans.
Tout dépend du type d’album, de l’histoire, des questions qui se posent en cours de route…

Le çaMatthieu Maudet est auteur et illustrateur. Il a sorti au mois d’avril Le ça (que nous avons chroniqué ici) avec Michaël Escoffier et il sortira à la rentrée Ouvre-moi ta porte avec le même Michaël Escoffier à l’école des loisirs. Vous pouvez retrouver ici une interview que nous avions réalisée de lui.
Le site de Matthieu Maudet : http://matthieumaudet.blogspot.fr.

Michaël Escoffier:
Entre le moment où moi (l’auteur) je commence à réfléchir à l’histoire, et celui où le livre sort, il s’écoule au moins un an et demi ou deux ans. Pour certains livres, c’est plus long. Il faut le temps que l’histoire mûrisse, il faut l’illustrer, trouver un éditeur, faire imprimer les livres, les envoyer partout en France… C’est assez long, et cela demande beaucoup d’énergie à des tas de gens pour qu’un livre existe.

Le chevalier noirMichaël Escoffier est auteur d’albums. Il a sorti il y a peu Le chevalier noir aux éditions Frimousse et il sortira à la rentrée, à l’école des loisirs, Ouvre-moi ta porte avec son complice Matthieu Maudet. Vous pouvez retrouver ici une interview que nous avions réalisée de lui.
Le site de Michaël Escoffier : http://michaelescoffier.canalblog.com.

Antoine Guilloppé :
Madeleine,
des fois on peut faire un livre en 15 jours, parce qu’on trouve tout, tout de suite.
L’histoire, les idées des images et après on fait les dessins du livre.
Mais le plus souvent, il se passe plusieurs mois entre le moment où on a une idée et le moment où on va tout finir.
Des fois, j’ai eu une idée en tête, mais j’ai attendu plusieurs années avant de faire vraiment le livre !
Quand on est auteur, on réfléchit tout le temps et ça chauffe la tête, alors on se repose pour continuer à trouver la suite de l’histoire un autre jour.
Si je dois donner un temps précis, je dirais 4 mois.

LITTLE MANAntoine Guilloppé est auteur et illustrateur. En octobre, il sortira cher Gautier Languereau, un album que nous sommes nombreux à attendre, Little Man. En attendant, vous pouvez découvrir des images de cet album ici.
Vous pouvez retrouver notre interview d’Antoine Guilloppé ici.

Ludovic Martin, directeur marketing du réseau PRINTYSHOP :
Pour faire un livre, il faut tout d’abord imprimer toutes les pages sur une sorte de très grande imprimante. Ensuite, il faut imprimer la couverture sur un papier qui est souvent plus épais que l’intérieur. Ensuite, on découpe les pages, on les accroche ensemble et on obtient le livre. Le temps de fabrication dépend surtout du nombre de pages à l’intérieur. Pour te donner un exemple, un petit livre de 12 pages peut être imprimé dans une journée. Alors qu’un gros livre comme une encyclopédie demandera près d’une semaine pour être imprimé.

Le site de PRINTYSHOP : http://www.printyshop.fr.

Christophe Douchain, responsable du département numérique Grand Format à l’Imprimerie SIB à Boulogne sur Mer:
Le temps que met un imprimeur dépend essentiellement du nombre de pages et surtout du nombre d’exemplaires. En imprimerie, le temps de travail se compte en nombres de feuilles roulées sur la presse par heure. Sur une feuille, il y a 8 pages. Une machine dite « offset » roule en moyenne 17.000 feuilles/heures. Une machine « dite » rotative peut aller jusqu’à 80.000 feuilles par heures. Mais il y a le travail de façonnage ensuite… Relier les pages ensemble, les couvertures à agrafer, etc.
En gros pour avoir une idée, il ne faut en général que quelques heures pour l’impression d’un livre.

Le site de l’imprimerie SIB : http://www.sibimprimerie.com.

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Dis, tu peux lui demander… ? (3/8)

Par 16 juillet 2014 Les invités du mercredi

Cet été, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteurs, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Les enfants ont été nombreux à nous envoyer des questions, nous en avons choisi huit. Après les questions de Tristan et de Daphné les semaines passées, aujourd’hui la question de Rose, 7 ans, qui m’a proposé de demander aux auteurs : « Comment est-ce qu’ils font les auteurs pour inventer les personnages ? Ils sont complètement inventés ? Ou alors c’est des gens qu’ils connaissent et qu’ils transforment ? Ou déguisent ? ». Estelle Billon Spagnol, Charlotte Moundlic, Olivier Tallec, Michaël Escoffier, Matthieu Maudet, Ronan Badel et Éléonore Thuillier ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps qu’elle leurs réponses. Le YarkChacune des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question permet donc à Rose d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions Grasset, le génial album Le Yark de Bertrand Santini et Laurent Gapaillard. Un album, que l’on avait chroniqué ici, qui nous présente un affreux monstre mangeur d’enfants… qui est bien attachant au final. Un de nos derniers coups de cœur.


« Comment est-ce qu’ils font les auteurs pour inventer les personnages ? Ils sont complètement inventés ? Ou alors c’est des gens qu’ils connaissent et qu’ils transforment ? Ou déguisent ? » (Rose, 7 ans)

Estelle Billon-Spanol :
Hello Rose,
Bien souvent, mes personnages d’albums arrivent comme ça, sans prévenir : quand je bois mon café ou que je vais à la piscine… En tout cas jamais quand je suis à ma table de travail et que j’ai envie de compagnie ! Ils viennent toujours avec un nom. Alors je ne perds pas une seconde, je prends mon carnet et je les dessine. En fonction de ce qui vient par le crayon, leur caractère s’affirme, et plus il s’affirme, plus je vois à qui ces personnages ressemblent. Et l’histoire se construit alors. Je ne décide de rien. C’est d’ailleurs assez étrange de les voir peu à peu prendre vie et se rapprocher de personnes proches ou moins proches. Par exemple, Monsieur MOK, un futur album aux éditions Philomèle, ressemble en tous points à mon kiosquier, ou en tout cas ce que j’en imagine.
Parfois, le personnage arrive plus tard, alors que l’idée principale de l’histoire est posée. Par exemple pour Grong, j’avais envie de faire parler un personnage très (trop) sûr de lui, un condensé de personnes croisées au fil du temps. Et ce monstre est arrivé au bout de dizaines de pages de carnet.
Et puis aussi, je m’inspire de moi petite, ou en tout cas des souvenirs que j’en ai… Et là oui je me déguise ! Bien vu Rose…
N’hésite pas à me dire Rose si je n’ai pas bien répondu à ta question ! J’aime bien ce que tu dis : personnes déguisées

La déclaration des droits des garçonsEstelle Billon-Spagnol est auteur et illustratrice. Elle a sorti en début d’année La déclaration des droits des garçons et La déclaration des droits des filles chez Talents Hauts avec Élisabeth Brami (deux livres que nous avons chroniqués ici). Elle sortira à la rentrée Maxi-Souris aux éditions Frimousse et Monsieur Mok chez Philomèle.
Le site d’Estelle Billon-Spagnol : http://estellebillonspagnol.blogspot.fr.

Charlotte Moundlic :
Bonjour Rose, je crois que je n’invente presque jamais mes personnages.
Ils ressemblent tous un peu à l’enfant que j’étais avec en plus une pincée de ceux qui m’entourent ou que j’observe ou que j’aimerais rencontrer.
Au final, c’est un joyeux mélange de plein de personnes différentes avec des gros bouts de moi à l’intérieur !

La BoumCharlotte Moundlic est auteur. Elle a sorti il y a peu La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie avec Olivier Tallec au Père Castor (que nous avons chroniqué ici) et Chamalo va à la plage avec Marion Billet, toujours au Père Castor. À la rentrée, elle sortira Le papa de Simon avec François Roca chez Milan.

Olivier Tallec :
Parfois, ils sont complètement inventés, parfois ils existent un peu. On s’inspire des gens que l’on croise, on mélange la personnalité de plusieurs personnes qu’on connaît. Ou parfois, ils n’existent que dans notre imaginaire.

Bonne journéeOlivier Tallec est auteur et illustrateur. Il a sorti il y a peu La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie avec Charlotte Moundlic au Père Castor (que nous avons chroniqué ici) et il sortira à la rentrée Louis Ier, roi des moutons chez Actes Sud Junior et Bonne journée, une BD, chez Rue de Sèvres.
Le site d’Olivier Tallec : http://www.oliviertallec.fr.

Michaël Escoffier:
Mes personnages sont un mélange de plein de gens que je connais ou que je croise dans la vie. Ils s’inspirent aussi beaucoup de mon humeur personnelle. Comme le lecteur qui s’identifie au héros d’une histoire, je m’identifie en tant qu’auteur à mes personnages. Ils reflètent différentes facettes de ma personnalité.

Le chevalier noirMichaël Escoffier est auteur d’albums. Il a sorti il y a peu Le chevalier noir aux éditions Frimousse et il sortira à la rentrée, à l’école des loisirs, Ouvre-moi ta porte avec son complice Matthieu Maudet. Vous pouvez retrouver ici une interview que nous avions réalisée de lui.
Le site de Michaël Escoffier : http://michaelescoffier.canalblog.com.

Matthieu Maudet :
Quand j’imagine une histoire, les personnages viennent en même temps.
Ils se précisent au moment où je réfléchis aux dialogues, à ce qu’ils font, à quoi ils ressemblent.
Et parfois, pendant mes recherches dessinées des personnages, je pense à des gens que je connais, pour approfondir leur caractère, trouver des détails physiques.
Par exemple, le papa dans Un mammouth dans le frigo, c’est Jean Leroy.

Le çaMatthieu Maudet est auteur et illustrateur. Il a sorti au mois d’avril Le ça (que nous avons chroniqué ici) avec Michaël Escoffier et il sortira à la rentrée Ouvre-moi ta porte avec le même Michaël Escoffier à l’école des loisirs. Vous pouvez retrouver ici une interview que nous avions réalisée de lui.
Le site de Matthieu Maudet : Matthieu Maudet : http://matthieumaudet.blogspot.fr.

Ronan Badel :
Quand j’écris une histoire, je m’inspire presque tout le temps de mes souvenirs d’enfance. Dans 3600 secondes, je raconte un rêve que j’ai fait quand j’étais petit… Et donc le petit garçon en couverture… C’est moi.
Dans un autre livre, Kiki et Rosalie, je me suis inspiré de ma grand-mère, et il m’arrive fréquemment de dessiner mon grand-père, on peut le voir dans des cadres sur les murs, ou passant dans une rue en arrière plan.
J’observe aussi beaucoup mes propres enfants. Leurs attitudes, leurs façons de raconter, les choses qu’ils aiment, ce qui leur fait peur… Tout ça contribue à enrichir les personnages que j’invente.

Le livre abominableRonan Badel est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Le livre abominable avec Noé Carlain chez Sarbacane. Il sortira à la rentrée Ptit Napo avec Géraldine Elschner chez Glénat et Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache avec Hélène Rice chez Thierry Magnier. Vous pouvez retrouver ici une interview que nous avions réalisée de lui.

Éléonore Thuillier :
Lorsque je crée un personnage, je l’invente complètement, mais j’y mets certainement (consciemment ou inconsciemment) un peu de moi ou un peu de personnes que je connais… C’est ce mélange qui donne de l’épaisseur aux personnages. Il m’arrive aussi souvent d’insérer dans mes illustrations des clins d’œil qui font directement référence à des proches ou des personnalités connues, ça m’amuse beaucoup.

Rosie & RosetteÉléonore Thuillier est connue pour son Loup (dont Le loup qui voulait changer de couleur) chez Auzou, mais elle a aussi sorti récemment Rosie & Rosette : 100 % pur porc avec un zeste de loup chez De la Martinière jeunesse (que nous avions chroniqué ici). Retrouvez l’interview que nous avions réalisée d’elle.
Le blog d’Éléonore Thuillier : http://eleillustrations.blogspot.fr.

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Dis, tu peux lui demander… ? (2/8)

Par 9 juillet 2014 Les invités du mercredi

Cet été, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteurs, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Les enfants ont été nombreux à nous envoyer des questions, nous en avons choisi huit. Après la question de Tristan la semaine dernière, aujourd’hui la question de Daphné, 9 ans, qui m’a proposé de demander aux auteurs : « Comment l’auteur peut être sûr que son idée de livre est une idée complètement originale, et que ce n’est pas un remix (involontaire) d’un livre qu’il a eu entre les mains à un moment de sa vie… ». Michaël Escoffier, Matthieu Maudet, Rémi Courgeon, Annelise Heurtier, Séverine Vidal et Estelle Billon Spagnol ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps qu’elle leurs réponses. Quatre soeurs EnidChacune des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question permet donc à Daphné d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions Rue de Sèvres, la BD Quatre sœurs, 1. Enid, le premier tome d’une superbe série adaptée par Cati Baur du roman de Malika Ferdjoukh (sorti à l’école des loisirs). Une belle histoire, pleine d’humour, sur cinq sœurs orphelines qui vivent avec le fantôme de leurs parents (album que nous avions chroniqué ici).


« Comment l’auteur peut être sûr que son idée de livre est une idée complètement originale, et que ce n’est pas un remix (involontaire) d’un livre qu’il a eu entre les mains à un moment de sa vie… » (Daphné, 9 ans)

Michaël Escoffier :
Il m’est arrivé plus d’une fois de tomber sur un livre en librairie et de réaliser qu’il ressemblait comme deux gouttes d’eau à l’un des projets sur lesquels j’étais en train de travailler. Au début, c’est démoralisant, et puis je me dis que ce qui compte, c’est que le livre existe. Peu importe qu’il soit écrit par moi ou par quelqu’un d’autre. Alors je passe à autre chose. Je pense qu’on n’invente jamais rien, que les idées sont dans l’air, autour de nous, et qu’elles voyagent. Parfois, il leur arrive de se poser sur mon stylo, mais je sais que je n’en suis pas propriétaire. Les idées appartiennent à tout le monde.

Le chevalier noirMichaël Escoffier est auteur d’albums. Il a sorti il y a peu Le chevalier noir aux éditions Frimousse et il sortira à la rentrée, à l’école des loisirs, Ouvre-moi ta porte avec son complice Matthieu Maudet. Vous pouvez retrouver ici une interview que nous avions réalisée de lui.
Le site de Michaël Escoffier : http://michaelescoffier.canalblog.com.

Matthieu Maudet :
Quand j’ai une idée d’album, je fais des recherches pour voir s’il n’existe pas déjà. On ne peut jamais être sûr à 100 %, il y a tellement de livres, d’histoires. Il est presque impossible de faire un livre complètement nouveau.
Ce que j’essaie surtout, c’est d’écrire et dessiner le plus personnellement possible et donc viser un résultat le plus éloigné des autres livres abordant le même sujet.
Nos idées et nos dessins sont forcément influencés par des choses que nous avons lues, vues ou vécues…
C’est pour ça que j’aime travailler avec des auteurs, nos idées se mélangent pour inventer et éviter de réécrire un livre qui existe déjà.

Le çaMatthieu Maudet est auteur et illustrateur. Il a sorti au mois d’avril Le ça (que nous avons chroniqué ici) avec Michaël Escoffier et il sortira à la rentrée Ouvre-moi ta porte avec le même Michaël Escoffier à l’école des loisirs. Vous pouvez retrouver ici une interview que nous avions réalisée de lui.
Le site de Matthieu Maudet : Matthieu Maudet : http://matthieumaudet.blogspot.fr.

Rémi Courgeon :
Voilà une question qui me plaît, parce que personne ne me la pose jamais est qu’elle est au cœur de mon travail.
Tout d’abord, il faut remettre les choses à leur place : un auteur n’invente rien, tout existe déjà avant lui. Il passe simplement son temps à emmagasiner des choses qui lui plaisent dans la vie. Un dialogue entendu dans le tramway. Un accord de couleurs un jour de soleil. Les reflets du ciel dans les cheveux d’une brunette. Un fait divers lu dans le journal. Tout ça, il le garde précisément dans le grenier de sa mémoire, car il sait qu’un jour, il s’en resservira, consciemment ou inconsciemment.
Tout mon travail consiste à fabriquer des histoires, mots et images, à partir de tous ces matériaux grappillés ici et là.
Il m’arrive en effet de modifier une histoire que je viens de terminer parce qu’elle ressemble trop à un truc que j’ai déjà vu ou lu dans un autre livre. Parfois même, certaines idées vont directement à la poubelle.
Dans Trois jours en plus les deux lièvres portaient des noms trop proches de personnages déjà crés par un autre auteur. Cela m’a obligé à trouver autre chose. Ils s’appellent à présent Touneuf et Ordage et c’est bien mieux comme ça.
Dans Pas de ciel sans oiseaux le héros Augustin Moisson est un vieux monsieur qui réussit le miracle de fabriquer de toutes pièces de vrais oiseaux vivants. C’est une sorte de Gepetto, ou bien de docteur Frankenstein, un personnage qui incarne le rêve de tout créateur : fabriquer la vie. En revanche, l’histoire ne ressemble ni à Pinocchio ni à Frankenstein.
Il arrive aussi qu’on fasse un « clin d’œil » à un auteur qu’on aime.
Dans Invisible mais vrai une image est directement inspirée du grand illustrateur Norman Rockwell. Sur la partition posée sur le piano, j’ai écrit en petit « Thank you Norman » comme si c’était le titre du morceau.
Parfois, il arrive qu’on rejette tout d’abord une idée, parce qu’on la trouve trop bizarre. C’est seulement quelques jours après qu’on se rend compte que ce qui nous gênait, c’est sa nouveauté. C’est bon signe ; signe qu’on est sur une piste intéressante et que le vrai travail peut commencer…

l'oizochatRémi Courgeon est auteur et illustrateur. Il vient de sortir L’Oizochat (que nous avons chroniqué ici) chez Mango et Gros chagrin (que nous avons chroniqué ici) chez Talents Hauts, deux livres dont il est auteur et illustrateur. Vous pouvez retrouver ici une interview que nous avions réalisée de lui.
Le site de Rémi Courgeon : http://remicourgeon.blogspot.fr.

Annelise Heurtier :
Bonne question, Daphné ! La première fois que je me la suis posée, c’était lors de la signature de mon premier contrat d’édition. En paraphant ce document, l’auteur atteste que son texte est bien une création originale. Mais alors, comme tu le demandes, comment être vraiment certain qu’il n’existe pas quelque part un livre identique ?
Tout d’abord, je pense qu’avec internet, l’auteur peut déjà — après avoir bâti son scénario — vérifier qu’il n’existe pas de livre à l’intrigue similaire.
Et puis, quand bien même celui-ci existerait, je pense qu’il est tout de même très peu probable qu’un auteur écrive, sans le vouloir, un texte qui a déjà été produit par un autre. La différence de traitement, d’angle, de point de vue fait toute la différence ! Heureusement, on peut écrire un millier d’histoires uniques à partir d’un même sujet de base…

Là où naissent les nuagesAnnelise Heurtier est auteur de romans et d’albums. Elle a sorti il y a peu Là où naissent les nuages et deux nouveaux tomes de sa série Charly Tempête (tous chez Casterman). Vous pouvez retrouver ici une interview que nous avions réalisée d’elle.
Le site d’Annelise Heurtier : http://histoiresdelison.blogspot.fr.

Séverine Vidal :
Salut Daphné
Il ne peut pas en être sûr…
Parfois, sans s’en rendre compte, on est inspiré par une musique, par un dessin, par un film… ou par les mots d’un autre !
J’avais adoré un roman quand j’étais petite : E=MC2 mon amour de Patrick Cauvin. Deux pré-ados amoureux, qui font une fugue. Et je n’y ai plus pensé.
Dans mon roman La Meilleure nuit de tous les temps, il y a des pré-ados amoureux fous qui font… une fugue (chez la grand-mère du garçon) ! Je n’ai pas consciemment emprunté cette idée… elle était sans doute enfouie en moi depuis mes 13 ans… Ce n’est pas un « remix » (pour reprendre ton expression), les deux livres sont très différents, mais c’est une influence inconsciente.

Les bruits chez qui j'habiteSéverine Vidal est auteur. Elle a sorti il y a peu trois albums : Nestor, maudits mercredis (chez Didier Jeunesse), Les bruits chez qui j’habite (chez L’édune) et Huit saisons et des poussières (chez Les p’tits bérets) que nous avions chroniqués ici. Retrouvez l’interview que nous avions réalisée d’elle.
Le blog de Séverine Vidal : http://severinevidal.blogspot.fr.

Estelle Billon-Spanol :
Hello Daphné,
Alors là tu touches juste, c’est ma hantise et je pense qu’elle est largement partagée avec mes collègues ! Impossible de savoir… Ce qui est sûr c’est qu’on se nourrit de ce qu’on voit, sent, entend, respire, renifle, lit et que ça ressort toujours. J’ai toujours l’impression d’écrire ou de dessiner quelque chose de nouveau, en même temps est-ce possible ? Mais je pars aussi du principe que chaque auteur, chaque illustrateur a une voix unique. Et que du coup, d’une même idée, 1000 directions sont possibles.
Merci de me faire réfléchir à ça Daphné, je travaille dans l’instinct et ça fait du bien de se poser…
Bises !
Estelle

La déclaration des droits des garçonsEstelle Billon-Spagnol est auteur et illustratrice. Elle a sorti en début d’année La déclaration des droits des garçons et La déclaration des droits des filles chez Talents Hauts avec Élisabeth Brami (deux livres que nous avons chroniqués ici). Elle sortira à la rentrée Maxi-Souris aux éditions Frimousse et Monsieur Mok chez Philomèle.
Le site d’Estelle Billon-Spagnol : http://estellebillonspagnol.blogspot.fr.

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