La mare aux mots
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Europe

Prendre la route

Par 17 juin 2019 Livres Jeunesse

Bientôt les grandes vacances, et avec elles, les envies d’ailleurs. Voici deux invitations au voyage, l’une à travers les États-Unis, l’autre vers le nord de l’Europe.

Toffee Darling
de Joanne Richoux
Sarbacane dans la collection Exprim’
16 €, 220×140 mm, 250 pages, imprimé en Bulgarie, 2019.
Baltique, à pied d’île en île
de Nicolas Jolivot
HongFei
23 €, 340×170 mm, 80 pages, imprimé en République tchèque, 2019.

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Allez, musique !

Par 25 juillet 2015 Livres Jeunesse, Musique pour enfants

Après les musiques pour les tout-petits hier, aujourd’hui je vous propose des chansons pour les plus grands (quoique certains de ces CD peuvent être écoutés par les tout petits, mais les livres ne sont pas adaptés pour leurs mains).

Les petits secretsJe le disais hier encore, chez moi on adore Natalie Tual ! On adore son humour, sa voix sucrée, son univers, son grain de folie. Alors quel bonheur de la retrouver le temps d’un album ! Elle parle du corps (Mon corps est fabuleux), d’amour (Dans mon cœur et Les petits secrets), de l’amour de la lecture (Sur le lit, je lis) et de la musique (Moi, j’aime la musique), de jardinage (J’ai planté), du bain (L’eau fait plouf), des doudous perdus (Doux doudou) ou de l’heure du coucher (Pipi, les dents, au lit)… Et qu’est-ce qu’elle en parle bien. Ses chansons racontent avec justesse le quotidien des enfants, avec des mots qu’ils comprennent, des musiques qui les séduisent… et ce n’est même pas pénible pour les parents ! Le livre qui accompagne le CD est joliment illustré par Thanh Portal. Et petite nouveauté chez Didier Jeunesse, le livre-CD contient un code pour télécharger les chansons au format MP3 (320 Kbits/s) !
Les petits secrets, le nouveau Natalie Tual un super livre-CD de chansons malicieuses et berceuses.
Le même vu par Sous le feuillage et Maman Baobab.
Extraits sur le site de la maison d’édition
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Clip :


Chat chat chatOn en reparlera à la rentrée quand il sortira en livre-CD, mais quelques mots sur le nouvel album de Pascal Parisot d’ores et déjà sorti en CD. On est ultra fan de Pascal Parisot ici et l’on écoute en boucle Chat Chat Chat, douze chansons sur le thème des chats. C’est drôle et même parfois un peu crétin (et c’est encore plus drôle dans ce cas-là)… On adore ! Extraits.

Fabulettes pour MamanAllez quitte à me prendre des tomates pourries la prochaine fois que je sors de chez moi ou à avoir un prix sur ma tête, je ne suis pas un fan des chansons pour enfants d’Anne Sylvestre (je préfère son répertoire adulte). Pourtant j’ai beaucoup aimé Les Fabulettes pour maman, une sélection de ses fabulettes qui vient de sortir. Onze chansons en hommage aux mères pour leur dire qu’on les aime. La sélection est très bien faite et l’on prend beaucoup de plaisir à écouter ces chansons qui ont, pour certaines, près de 40 ans.
L’écouter.

EURAOUNDZEWEURLDEuraoundzeweurld est un projet jeunesse signé Merlot (chanteur « adulte » habituellement). On nous propose ici de faire le tour du monde. On part du Liechtenstein et l’on termine le voyage à Bahia. Entre temps, on sera passé par l’Espagne, la Chine, la Sibérie, le Bangladesh… Chaque chanson est l’occasion d’un voyage. C’est drôle, décalé, rythmé… c’est typiquement le genre d’album pour enfants que les parents aiment également écouter (certaines vannes feront d’ailleurs surtout rire les parents, on se poile même carrément devant certains jeux de mots pourris ou l’humour acide la chanson du dictateur). On aime aussi le côté engagé.
Un très bon CD, vraiment réussi musicalement, à écouter en famille pour faire le tour du monde. Un superbe moyen de s’ouvrir aux autres cultures.
Le même vu par Les livres d’Oscar.
L’écouter.

Chansons pour danser autour du mondeEt puisqu’on parle de faire un tour du monde… Didier Jeunesse vient de ressortir en simple CD sa belle compilation Chansons pour danser autour du monde. Du Mali à la Russie en passant par les Antilles, un tour du monde au son de toutes les couleurs de la danse nous informe le CD et difficile de dire mieux ! Un CD que l’on n’arrive pas à écouter sans bouger.

Chansons pour danser autour du mondeOn se rapproche de chez nous pour revenir en Europe. On va faire le tour du continent : Angleterre, France, Italie, Roumanie, Hongrie, Grèce, Turquie, Espagne, République Tchèque, Pologne, Slovaquie, Allemagne et Portugal ! 30 comptines en 13 langues différentes ! De quoi se familiariser avec la langue des pays qui nous entourent. Les plus belles comptines d’Europe est en fait une compilation d’albums sortis chez Didier Jeunesse et les chansons sont variées (mais le choix est bien fait et vraiment cohérent à l’écoute). Côté illustration, Magali Clavelet, Roland Garrigue, Magali Le Huche, Cécile Hudrisier, Olivier Latyk, Sébastien Mourrain, Nathalie Novi, Olivier Renoust, Rémi Saillard et Clémentine Sourdais. En fin d’ouvrage, on retrouve comme souvent chez Didier Jeunesse, un texte de présentation sur chaque chanson.
Une super compilation de musique d’Europe.
Des extraits sur le site de la maison d’édition.

Les petits bonheursDomitille et Amaury reprennent des chansons bien connues du répertoire francophone : Quand on s’balade, Le petit bonheur, La tendresse, La grenouille, Route Nationale 7, Ballade Irlandaise, Une chanson douce, Du soleil plein la tête, Mes petites préférences et Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux. Leurs interprétations sont pleines de vie, de pep’s, c’est plein de fraîcheur les amoureux de belles chansons francophones se régalent. Le livre est illustré par le génial Olivier Tallec et là aussi on se régale ! D’autant que le grand format des pages met particulièrement en valeur son travail.
Un joli album de reprises de grands classiques de la chanson francophone avec de magnifiques illustrations.
Le même vu par Chez Clarabel.

Un Monde FantastiqueMusique classique maintenant. Purcell, Mendelssohn, Debussy, Tchaïkovski, Grieg, Shubert et bien d‘autres sont réunis dans Un monde fantastique, un livre-CD d’initiation à la musique classique sorti chez La montagne secrète. Le point commun des morceaux rassemblés ici ? Leurs musiciens ont été inspirés par des créatures fantastiques. Fées, lutins, sorcières, gnomes, elfes… peuplent l’univers des opéras et des ballets. Pour chaque morceau, on trouve une double page avec une explication sur le personnage présent dans l’extrait et quelques mots sur l’œuvre dont il est tiré et sur son compositeur. En fin d’ouvrage, un guide d’écoute propose même de nous donner des clefs sur la musique, ce qu’il faut entendre, comment l’analyser. On trouvera aussi une biographie succincte des compositeurs, un glossaire des termes musicaux et une chronologie pour replacer chaque compositeur dans son époque.
Un très beau livre accompagné d’un CD de très bons choix musicaux pour s’initier à la musique classique grâce à une thématique qui séduit toujours.
Le même vu par Le tiroir à histoires.
Extraits sur le site de la maison d’édition.

L'histoire des Grands compositeursEt puisqu’on parle de grands compositeurs, La librairie des Écoles vient de sortir un ouvrage sur l’histoire des Grands compositeurs. Purcell, Lully, Bach, Chopin, Schumann, Wagner, Gershwin, Fauré, Chostakovitch… Quarante et un compositeurs au total sont racontés ici. Chaque fois, on nous rappelle leurs cinq œuvres majeures et un court récit nous fera mieux connaître l’homme. Un CD accompagne le livre, quarante et une pistes, un morceau pour chaque compositeur donc. L’occasion de réentendre un grand classique de l’homme en lisant son portrait. Dans le livre, le morceau que l’on écoute est également brièvement raconté.
Un bel ouvrage pour faire la connaissance de quarante et un compositeurs qui ont marqué la musique classique.
Le même vu par Livres et merveilles.

ChantefablesOn termine avec un ouvrage de chanson… mais sans CD. 30 chantefables pour les enfants sages à chanter sur n’importe quel air est un fac-similé de l’édition originale de 1944 de Robert Desnos mort il y a tout juste 70 ans au camp de Terezin. On retrouve ici le très célèbre poème La fourmi (Une fourmi de dix-huit mètres avec un chapeau sur la tête, ça n’existe pas, ça n’existe pas.) mais également d’autres poèmes plus ou moins connus (j’en ai personnellement reconnu plusieurs appris en primaire). Ce sont vraiment de beaux textes et les illustrations de l’époque les accompagnent à merveille.
Un très bel ouvrage pour redécouvrir le poète Robert Desnos.
Le même vu par Livres et merveilles.

Quelques pas de plus…
Retrouvez, regroupés dans un tableau Pinterest, tous les CD et livres-CD musicaux que nous avons chroniqués ici.



À part ça ?

Une petite chanson pour nous ? Vous connaissez La complainte de la mère parfaite d’Agnès Bihl ?

Gabriel

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Récits historiques

Par 23 mai 2015 Livres Jeunesse

ce qu'ils n'ont pas pu nous prendreLina a 15 ans. Elle vit avec ses parents et son frère dans une maison accueillante, remplie des rires et des débats des amis de l’université de son père. Elle connaît aussi ses premiers émois amoureux, se projette dans sa future vie d’étudiante puisqu’elle s’apprête à intégrer une école d’art… Elle mène la vie classique d’une adolescente, en somme. Mais un soir de 1941, la vie telle qu’elle la connaissait est interrompue par une volée de coups sur la porte d’entrée de la maison familiale. Ce soir-là, elle est déportée avec sa famille pour servir de main-d’œuvre dans les camps de travail soviétiques pendant les dix années à venir.
Ce roman de 400 pages est de ceux dont on ne sent pas les pages tourner. On se retrouve aimanté à la destinée de cette famille brisée par le régime de Staline. La grande force du récit réside dans le point de vue adopté. Ruta Sepetys parvient à se mettre dans la peau d’une jeune adolescente lituanienne sans caricature ni concession. L’histoire qui nous est racontée est bien celle d’une enfant, mais une enfant qui va vivre les pires atrocités. Elle va connaître la promiscuité du wagon à bestiaux pendant six semaines, les travaux forcés dans le froid sibérien, la violence des officiers qui n’hésitent pas à abattre les réfractaires d’une balle dans la tête… Mais elle conserve malgré tout une part d’enfance. Elle s’émeut pour les grands yeux d’Andrius, un jeune Lituanien de son âge. Elle brave les interdits et persiste à dessiner ce qu’elle voit pour témoigner des crimes soviétiques. Elle se raccroche au doux regard de sa mère pour surmonter les épreuves. Le ton est direct, sans mélo, mais touche en pleine poitrine.
À plusieurs reprises ce récit poignant m’a arraché des larmes. On ne peut pourtant pas lui reprocher d’être larmoyant ni de faire du sensationnel. Ce livre est bien construit, alternant le récit au jour le jour des épreuves subies par Lina et les souvenirs de sa vie d’avant. Il nous pousse à nous poser des questions, non seulement sur les crimes des systèmes totalitaires, mais aussi sur notre vision de l’Histoire. J’ai personnellement assisté à un bon nombre de leçons concernant la dictature soviétique, j’ai peiné à orthographier correctement le mot “kolkhoze” dans mes devoirs, mais je n’ai jamais compris aussi clairement ce qu’était la vie dans les camps de Staline qu’en lisant ce roman. Cette lecture forte, parfois violente, est un plaidoyer pour le devoir de mémoire sans pathos, une description des horreurs que les hommes peuvent commettre, mais aussi de leur incroyable instinct de survie.
Ce livre a obtenu le Prix Lire en 2011 et le Prix des Incorruptibles en 2014.
Le même vu par L’ivresse des mots et Délivrer des livres.

le sang du serpent à plumesÀ l’arrivée de la flotte espagnole sur le territoire mexicain en 1519, Marina, jeune esclave propriété d’un marchand maya, est offerte en cadeau aux visiteurs de l’Ancien Monde. Sous la protection du capitaine Hernán Cortés, elle va s’arracher à sa destinée d’esclave autrefois promise au sacrifice humain en l’honneur des divinités mayas. Marina est en effet dotée d’une très grande aisance avec les langues étrangères, elle devient donc l’interprète officielle de l’expédition espagnole. Mais ce qui commençait comme une découverte devient rapidement une conquête. Charles Quint, qui entend soumettre le Nouveau Monde à la domination catholique et Cortès est son bras armé en Amérique latine. En sa qualité d’interprète, Marina est aux premières loges de la rencontre entre les peuples et les conquistadores espagnols. Elle va peu à peu apprendre à connaître ces chrétiens qui vénèrent un Dieu unique, comme elle va découvrir la richesse de la culture mexica qui sacrifie tant à des divinités auxquelles elle prête des pouvoirs colossaux. A travers son journal, Marina offre son point de vue spécial sur l’histoire de la conquête du Mexique, à la fois reconnaissante envers les Espagnols et admirative de la beauté de l’empire mexica dont elle est originaire.
La forme du journal permet de suivre ce récit historique avec beaucoup de subtilité. Si le propos est bien un récit de conquête, on échappe aux longues descriptions de batailles qui peuvent être assez assommantes. Marina, surnommée “la Malinche”, a été témoin de la rencontre, puis de l’affrontement entre deux peuples. Les récits au jour le jour permettent de comprendre la difficulté de la diplomatie, de la rencontre entre les cultures chrétienne et mexica, et aussi de la violence des affrontements et des pertes humaines, d’un côté comme de l’autre.
Le journal instaure un rythme tout à fait soutenu, on dévore le récit de Marina à toute vitesse, découvrant en même temps qu’elle le Monde Unique, empire mexica aux centaines de couleurs et de divinités. L’univers décrit est terrifiant, mais fascinant. Je n’avais aucune idée de l’existence de la Malinche, cette ancienne esclave qui a accompagné les troupes espagnoles sur les terres mexicas. Si, bien sûr, ce journal a été réécrit de toutes pièces et certains éléments ont été romancés, ce récit est riche d’enseignements. L’enjeu est moins de retenir les dates clefs de la conquête du Mexique que de comprendre la complexité de l’Histoire qui ne connaît ni bons, ni méchants. Le témoignage de Marina comporte bien des interrogations. L’avidité de l’homme, qui le conduit à constamment rechercher les richesses, n’est-elle pas le moteur de toute aventure ? Les sacrifices humains qui répugnent tant les Espagnols sont-ils si différents des guerres que ceux-ci perpètrent pour conquérir le monde ? Comment des croyances diamétralement opposées peuvent-elles se tolérer ?
Ce livre dense séduira les bons lecteurs et les passionnés d’Histoire.

La Marque Des SoyeuxVivien est un jeune écolier qui peine à se faire des amis : ses parents ne cessent de déménager, mais en plus il est défiguré par une tache de vin qui lui vaut les insultes et le harcèlement de la part des autres enfants. Nouvellement arrivé à Lyon, Vivien ne se fait guère d’illusion sur l’accueil que vont lui réserver les autres enfants et se réfugie une fois de plus dans les livres, ses compagnons fidèles. Mais, alors qu’il se plonge dans la lecture d’un documentaire sur sa nouvelle ville, il est littéralement happé par l’histoire de la révolte des canuts en 1831. Grâce à ce voyage dans le temps, il va découvrir les conditions difficiles dans lesquelles vivaient ces ouvriers tisserands lyonnais qui se sont battus pour leurs droits en faisant preuve de solidarité.
J’ai été agréablement surprise par le sujet de ce petit livre destiné aux lecteurs débutants. La révolte des Canuts est une des premières révoltes ouvrières de l’Histoire, et elle a marqué la ville de Lyon, comme la France du XIXe siècle. Nous traversons le Lyon des tisserands, qui est un dédale de traboules, vivons au rythme des enfants employés par les négociants en soie, tremblons au bruit des bottes de la Garde Nationale venue mater la rébellion. Dommage que le personnage de Vivien manque de caractérisation, on passe un peu rapidement sur son histoire personnelle qui n’est au final qu’un prétexte. Le livre est suivi d’un dossier documentaire succinct mais évocateur, bien utile pour replacer cette révolte dans son époque troublée.
Bien que l’intrigue de départ reste un peu artificielle, ce petit roman est très intéressant et éveille la curiosité sur des aspects peu connus de l’Histoire de France.
Un extrait sur le site de l’éditeur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de la collection Un regard sur…

Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre
de Ruta Sepetys
Gallimard Jeunesse dans la collection Pôle fiction
7,75€, 108×178 mm, 432 pages, imprimé en France, 2015.
Le sang du serpent à plumes, journal de la conquête du Mexique
de Laurence Schaack
Nathan dans la collection Un regard sur…
5,50€, 121×181 mm, 192 pages, imprimé en France, 2015.
La marque des soyeux
de Laura Millaud
Balivernes dans la collection Carabistouilles
9,50€, 130×180 mm, 128 pages, imprimé en Europe, 2014.

À part ça ?

revue dadaLa revue Dada fête son 200e numéro. Depuis 1991, cette revue rend l’art accessible aux plus jeunes, sans lésiner sur le fond, toujours exigeant et varié. Pour ce nouveau numéro sorti fin avril, l’équipe Dada se penche sur les œuvres de jeunesse des grands maîtres. Comment dessinaient Picasso, Giacometti, Hergé ou Raphaël lorsqu’ils étaient enfants et adolescents? Éclectique et didactique, Dada offre des éclairages historiques et des idées d’ateliers pour sensibiliser les plus jeunes à l’art avec humour et pédagogie. À l’occasion de ce numéro anniversaire, une série d’ateliers en librairies et une exposition seront organisés dans les mois à venir, retrouvez le programme sur le site de la revue Dada.
Dada numéro 200 : L’enfance de l’art, 66 pages, 9,90€.
Des extraits sur le site de la revue.

Laura

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Docs en tout genre

Par 31 mars 2015 Livres Jeunesse

Je m'appelle LivreÀ l’heure où l’avenir du livre peut sembler incertain, il est bon de rappeler que son histoire a commencé il y a plus de 5000 ans et qu’il n’a pas toujours eu la forme qu’on lui connaît aujourd’hui.
Ici, c’est le livre lui-même qui parle, et qui raconte sa vie, ses évolutions, ses gloires et ses drames. Le narrateur commence son récit en nous rappelant qu’avant l’invention de l’écriture, il y avait des histoires, dont l’existence dépendait uniquement de la mémoire des hommes : « Avant moi, Livre, il y eut la Voix. » Racontant l’invention des hiéroglyphes, de l’alphabet, du papier et de l’imprimerie, comme s’il s’agissait d’histoires extraordinaires plutôt que de faits historiques, Livre retrace son évolution jusqu’à l’E-Book, s’interrogeant sur son propre futur avec philosophie : « Quand j’étais tablette d’argile, n’étais-je pas minéral ? / Quand j’étais papyrus, n’étais-je pas végétal ? / Quand j’étais parchemin, n’étais-je pas animal ? / Pourquoi m’inquièterais-je de devenir digital ? »
Présenté par l’éditeur comme un roman, ce livre est en fait un documentaire écrit sous la forme d’un récit, donc un documentaire vivant, très plaisant à lire, drôle et intelligent, intéressant aussi bien pour les enfants qui savent bien lire que pour les parents. Des citations sur le livre et la lecture, d’auteurs comme Jorge Luis Borges, Lewis Carroll, Emily Dickinson, Mark Twain, ponctuent et aèrent le récit. Les magnifiques dessins en noir de Neil Packer, qui illustrent avec poésie la folle histoire du livre, en font un très bel objet, à offrir à tous les amateurs de livres… et les autres !
Le même vu par La Soupe de l’espace et Sous le feuillage.

I like EuropeIl n’est pas toujours facile de se rendre compte que l’Europe, qui se veut une entité à part entière, est formée d’une multitude de cultures, de traditions, de visions. À travers le témoignage de 10 jeunes Européens et Européennes, âgés 22 à 34 ans, vivant en Grèce, en Grande-Bretagne, en Belgique, en Lettonie, en Bosnie, au Portugal, l’ouvrage I like Europe donne la parole à toute une génération, qui a parfois du mal à trouver sa place dans la société actuelle, qui se pose des tas de questions sur l’avenir et qui interroge sans cesse le sens et les implications du mot « Europe ».
Cet ouvrage met sur papier une série de rencontres que l’auteure et reporter Caroline Gillet et l’illustratrice Amélie Fontaine ont enregistrées et filmées, et qui ont fait l’objet de chroniques radiophoniques diffusées sur France Inter. On passe de pages d’interviews à des pages foisonnantes d’illustrations, pareilles à des clichés de détails, de personnes, d’instants capturés par les crayons d’Amélie Fontaine. La colorisation est originale et rend l’ouvrage très esthétique.
C’est un documentaire très intéressant mais quand même assez pointu, donc plutôt pour les ados, et sans aucun doute pour les adultes.
Une vidéo de présentation et des extraits sur le site de l’éditeur.

Aimer un peu, beaucoup... à la folie ?Ah, l’Amour ! Les ados s’en posent des questions sur ce sujet : pourquoi et comment tombe-t-on amoureux ? Comment différencier l’amour de l’amitié ? Pourquoi celui ou celle qu’on aime ne nous aime pas ? Autant de questions qu’ils n’osent pas toujours poser à leurs parents, qui, d’ailleurs, n’ont pas forcément les réponses…
Heureusement, Anissa Castel en a, des réponses et l’Amour, ce « mélange étonnant d’extrême lucidité (…) et de doux délire », elle l’explique simplement dans ce petit ouvrage facile et agréable à lire. À grand renfort de concepts philosophiques, de citations littéraires et d’exemples, l’auteure balaie les différentes phases de l’Amour, ses « symptômes », ses bonheurs, ses malheurs, et tente d’éclaircir ce sentiment si déroutant, même pour les adultes. En marge, le petit hibou logo de la collection Chouette ! Penser définit les termes un peu complexes et situe les auteurs cités. Régulièrement, les illustrations de Christelle Enault donnent vie avec poésie aux mots d’Anissa Castel. Je regrette simplement que, si les textes parlent de l’Amour en général, les dessins, quant à eux, ne mettent en scène qu’un garçon et une fille.

Je m’appelle Livre et je vais vous raconter mon histoire
Texte de John Agard (traduit par Rose-Marie Vassallo), illustré par Neil Packer
Nathan dans la collection Romans Grand format
13,90€, 130×200 mm, 144 pages, imprimé en France, 2015.
I like Europe
Texte de Caroline Gillet, illustré par Amélie Fontaine
Actes Sud Junior
15,90€, 183×230 mm, 72 pages, imprimé au Portugal, 2015.
Aimer un peu, beaucoup… à la folie ?
Texte d’Anissa Castel, illustré par Christelle Enault
Gallimard Jeunesse Giboulées dans la collection Chouette ! Penser
10,50€, 130×200 mm, 85 pages, imprimé en Belgique, 2013.

À part ça ?

LogogriphesJe dois, pour paraître accomplie,
Avec art farder mes appas ;
Je ne suis jamais plus jolie
Que lorsque l’on ne me voit pas.

Lecteur, en restant inconnue,
Souvent, je trouve ta raison ;
Nous perdrions, si j’étais nue,
Toi ton amour, et moi mon nom.

Qui suis-je ?

Vous trouverez la réponse dans Logogriphes, le grand livre des casse-têtes et chausse-trapes lexicaux ! Imaginé par Daniel Berlion et Yves Lamy, ce gros pavé de presque 300 pages réunit 700 énigmes, charades, anagrammes sur le thème de la langue française et de la littérature. Je vous préviens, il y a du challenge ! Chapeau à qui viendra à bout de ces casse-têtes ! Mais qu’est-ce que ça fait du bien de se remuer les méninges avec des jeux intelligents, complexes et originaux.
Logogriphes, le grand livre des casse-têtes et chausse-trapes lexicaux, Danier Berlion et Yves Lamy, 20€90, Larousse, 2014.

Marie

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Activités créatives et voyages

Par 26 décembre 2011 Livres Jeunesse

J’aime beaucoup les activités manuelles de toutes sortes, même si je suis loin d’être experte en la matière. Je suis intéressée par ce qui est proposé aux enfants dans ce domaine !
Aujourd’hui, je vous parle de deux livres publiés chez Mila Editions, qui m’ont beaucoup plu (et je ne suis pas la seule !).Tout d’abord, Mes Créations du Monde Europe, de Peggy Nille, qui a conquis J., ma petite sœur de 10 ans, avant que je n’aie le temps de l’explorer. Elle l’a parcouru et m’a dit : « Oh, c’est super, en plus, on apprend plein de choses, je ne connaissais pas le Tea Time » « Et c’est vraiment pour des enfants comme moi, qui ont envie de créer mais qui n’ont pas toujours d’idées. C’est bien, on est guidé, et ça détend ». Je pense qu’elle résume très bien l’intérêt de ce cahier d’activités de 30 pages : plein d’activités, et plein d’infos ! Sur chaque page, un pays est représenté par un élément (monument, costume, cuisine, traditions…), et l’enfant doit compléter avec du coloriage, du dessin, du découpage-collage, des gommettes… Les consignes sont écrites, mais aussi largement suggérées par le dessin et des pictogrammes pour les plus jeunes. Il me semble que c’est vraiment un bel objet pour les enfants à partir de 7 ans environ, dans un domaine où cette tranche d’âge (7-12 ans) n’est pas toujours bien représentée. Il existe un cahier pour chaque continent, dans la même collection.

Les plus jeunes ne sont pas en reste avec Panoramas du Monde, de Géraldine Cosneau. Cette fois, ce sont 8 frises géantes sur les différents paysages du monde (savane, désert, campagne, forêt, jungle, mer, bush australien, Arctique) qui sont proposées aux enfants. Elles sont présentées sous forme de grandes bandes dépliables. Pour chaque paysage, une planche de gommettes (au dessin très chouette) est proposé (en tout, ce sont plus de 400 gommettes qui sont offertes) pour compléter la page (ou les coller ailleurs d’ailleurs…). Des modèles sont proposés sur les rabats du livre.
Le papier est lisse pour pouvoir les repositionner plusieurs fois. En plus, au verso de chaque frise, on trouve à chaque fois 3 coloriages d’animaux dont on peut d’abord retracer les contours ! Certains connus, d’autres moins ! Petit plus : à la fin, on peut détacher les frises, pour décorer une chambre, côté coloriage ou côté décor.
Encore un bel objet et de bons moments de créativité en perspective !

Mes créations du monde-Europe, Peggy Nille
Mila Editions
Public : Je dirais à partir de 7 ans environ.
Prix : 8,95€

Panoramas du monde, Géraldine Cosneau
Mila Editions
Public : De 3 à 6 ans environ, selon moi.
Prix : 14,95 €

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A part ça ?

Il est presque un peu tard, mais je pense que ça vaut le coup quand même de vous en dire un mot. Jusqu’au 31 Décembre (mais il est possible qu’il soit prolongé jusqu’en Mars, on vous en reparlera), le spectacle Princes et Princesses tiré du film éponyme de Michel Ocelot (Monsieur Kirikou, entre autres) est présenté au théâtre Marigny. Ce sont 4 contes qui sont présentés, avec théâtre d’ombres et décors colorés. Un voyage aux quatre coins du monde.

Marianne

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