La mare aux mots
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Ezra Jack Keats

Pas toujours facile d’être le grand frère !

Par 24 février 2014 Livres Jeunesse

Les trois ouvrages d’aujourd’hui mettent en scène des grands frères et leurs difficultés face à leur benjamin-e.

La chaise de PeterPeter doit faire moins de bruit quand il joue, sa petite sœur se repose. Le petit garçon va la voir et reconnaît son lit… peint en rose ! Alors qu’il va voir son père, il le trouve en train de repeindre sa chaise haute en rose ! Vite, il faut sauver la petite chaise !

Même si, forcément, j’ai un peu du mal avec « on a une fille, on repeint tout en rose », voilà un très bel album sur la difficulté qu’ont certains enfants à voir leurs affaires récupérées par leur cadet. Peter se rend vite compte qu’il n’en fera plus rien de cette chaise, elle est trop petite pour lui et que finalement c’est aussi bien de la laisser à sa sœur. On connaissait déjà Peter (Un garçon sachant siffler), on est heureux de le retrouver dans cette nouvelle aventure aux graphismes rétro (ce sont des rééditions d’albums des années 60). Un très bel album sur la fratrie.
Le même vu par Butiner de livres en livres, Les riches heures de Fantasia et Les lectures de Kik.

Je suis le plus grandSimon a grandi, il a pris un centimètre. Gaspard, lui, en a pris trois ! Le grand frère s’insurge, c’est n’importe quoi, c’est lui le plus grand pas ce bébé cadum ! À table, Simon croit avoir eu moins à manger que son frère, il s’emporte et le voilà puni. Notre superlapin, c’est sûr, ne va pas se laisser faire !

J’aime toujours autant les aventures colorées de ce petit lapin qui n’a pas sa langue dans sa poche. La plupart des enfants l’adorent parce qu’il leur ressemble. Il a un sacré caractère, n’est pas le dernier pour les bêtises. On n’est pas ici dans la mièvrerie. Stéphanie Blake nous raconte comment un aîné peut être vexé par les compliments qu’on fait à son petit frère, comment il peut avoir l’impression d’être devenu moins important aux yeux des autres. Alors bien sûr, après en avoir voulu à Gaspard, Simon se rappellera qu’il est son petit frère et qu’il faut le défendre… car c’est quand même lui le plus fort ! Une série pétillante qu’on aime décidément beaucoup.

Trotro et zaza c'est super d'être un grand frèreC’est super d’être un grand frère ! Seulement, parfois Zaza, la petite sœur de Trotro, pleure beaucoup, écrase le chapeau de maman ou veut jouer avec les grands… mais il y a aussi les bons moments, quand on lui apprend à marcher, qu’on lui fait un dessin ou qu’on s’amuse à faire semblant qu’on est sur une île de géants.

J’avoue être moins fan de Trotro que je ne le suis de Simon Lapin. Mais les fans du petit âne vont être ravis par ce gros album qui rassemble huit histoires de Trotro et sa petite sœur. On parle ici des bonheurs et des soucis d’être grand frère (quand on fait un dessin pour sa sœur qu’on adore… puis qu’elle le déchire, par exemple). Un grand album qui ravira ceux qui aiment ce petit héros trop trop rigolo.
Le même vu par Chez Clarabel et Enfantipages.

Quelques pas de plus…
D’autres albums sur la fratrie : Ina et Aslak apprentis bûcherons, Je t’aime mon frère, Les quatre sœurs, 4 saisons, Petit Minus, Et tu es né…, Oh ! Un bébé !, Quelque chose de grand, Grand et Petit, Une si belle entente, Ma grande sœur et une chronique entière sur le sujet.
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Ezra Jack Eats (Un garçon sachant siffler), Stéphanie Blake (Non pas dodo !, Un bébé dans le ventre de maman ?, Je veux des pâtes ! et Je veux pas aller à l’école) et Bénédicte Guettier (Le bonheur de Trotro, Je me souviens… et Ainsi font, font, font… les petits poissons).

La chaise de Peter
de Ezra Jack Keats (traduit par Michèle Moreau)
Didier Jeunesse dans la collection Cligne Cligne
11,90 €, 230×203 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Je suis le plus grand
de Stéphanie Blake
L’école des loisirs dans la série Simon Lapin
12,70 €, 227×283 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Trotro et Zaza : C’est super d’être un grand frère !
de Bénédicte Guéttier
Gallimard Jeunesse Giboulées dans la série Trotro
15,25 €, 240×320 mm, 72 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

À part ça ?

Mama Josepha c’est une maison d’édition qu’on aime beaucoup. On soutient leur projet de financement participatif pour faire réimprimer de L’Opéra dévoilé : http://fr.ulule.com/lopera-devoile.

Gabriel

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Du Japon sous la neige aux États-Unis des années 60

Par 10 avril 2012 Livres Jeunesse

Quatre albums très doux, aux styles intemporels venus du Japon et des États-Unis.

La ville est silencieuse, une petite fille marche dehors avec son chien quand d’un coup la neige se met à tomber.
Odeur de froid
très froid
Même les yeux fermés
Étendue blanche
Neige
La neige sur laquelle on peut dessiner grâce à ses pas, la neige avec laquelle on peut faire un bonhomme.
La neige et les sensations qu’elle procure.

Un superbe album à la couverture toilée, aux dessins très doux, très apaisants, au texte très poétique, dans l’esprit des haïku japonais. C’est un album que je connais depuis quelques années et pour lequel j’avais eu un vrai coup de foudre. Je pense que c’est l’un des livres les plus poétiques que je connaisse. Une pure merveille.

Fanny et Mélanie ont un petit restaurant. Aujourd’hui elles ont fait une soupe et tous les amis de la forêt sont là pour la manger. Tous ? non il manque l’ours Henry ! Il ne peut plus bouger, il est à bout de force. La bonne soupe de Fanny et Mélanie devrait le remettre sur pied !

Ici aussi c’est un bien bel album, très poétique. On y parle de générosité, de partage. Le livre est même accompagné de la recette de la fameuse soupe de Fanny et Mélanie, la soupe spéciale aux légumes de la forêt et les enfants seront heureux de la faire ou au moins de la déguster. Et que j’aime cette idée de cuisiner pour ses amis pour les faire aller mieux. Les illustrations sont très douces et esthétiquement c’est vraiment un très joli livre au charme intemporel, le genre de livre que nous lisaient nos grands-parents.

On quitte le Japon pour les États-Unis avec les deux premiers livres de la collection Cligne Cligne.

Deux ours sont avec leur maman quand tout à coup un putois vient à passer… et si on le suivait ? Sauf qu’à force de le suivre ils se sentent perdus… Mais où est Maman Ourse ?

Maman Ourse est là depuis le début, cachée dans chaque dessin, intégrée au décor, elle ne lâche pas ses oursons du regard. En fin d’ouvrage, on nous apprend qu’Ann Jonas vient du design graphique et ça se sent ! On pense aux publicités américaines, un peu anciennes. C’est très tendre, très doux ici aussi. L’album date de 1982 et n’était jamais sorti en France. On parle ici bien-sûr de la peur de l’éloignement des parents, du besoin qu’ont les enfants de les sentir présents à leurs côtés (et du besoin qu’ont les parents de toujours garder un œil sur leurs enfants). Des phrases courtes, des dessins très contrastés, le livre idéal pour lire aux plus petits.

Peter aimerait tellement savoir siffler comme le grand qu’il a vu un jour appeler son chien de cette façon, mais il a beau essayer, aucun son ne sort. Alors il s’amuse autrement, joue dans un carton, trace un long trait au sol avec une craie,… mais tout en continuant d’essayer de siffler.

Ici aussi on est dans un univers très graphique. On pense aux génériques des vieux films américains. Un garçon sachant siffler date de 1964 (et n’avait jamais été publié en France non plus). L’album est très esthétique avec ses couleurs chaudes, ses formes découpées qui créent de vrais contrastes, le jeu des matières (l’auteur a utilisé, par endroit, du papier peint, des journaux,…). L’histoire est très belle avec cet enfant noir (on nous apprend en fin d’ouvrage que l’auteur a été précurseur dans la représentation des minorités, dans la lutte contre la discrimination) qui s’amuse avec peu dans les rues, ne lâche jamais l’espoir de siffler, continue de persévérer pour être « un grand ». Un bien bel album au charme ancien.

Ces deux derniers livres sont donc sortis dans la collection Cligne Cligne, une collection de chez Didier Jeunesse dont le but est de ressortir des vieux trésors de la littérature jeunesse. À la fin de ces deux ouvrages on retrouve une notice biographique sur l’auteur et son courant artistique. C’est une bien belle démarche que l’ont doit à Loïc Boyer, graphiste et chineur passionné qui a créé le site Cligne Cligne que je vous invite à visiter ici : http://www.ccmag.fr

Neige
de Keiko Maeo
Autrement
14,50 €
La soupe magique
de Hiroyuki Aihara et Nami Adachi
Autrement
12,50 €
Où est maman ourse
d’Ann Jonas
Didier Jeunesse dans la collection Cligne Cligne
11,90€
Un garçon sachant siffler
d’Ezra Jack Keats
Didier Jeunesse
dans la collection Cligne Cligne
11,90€

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A part ça ?

Tout un dossier très intéressant sur Nos enfants et la culture sur le site de Télérama : http://www.telerama.fr/idees/nos-enfants-et-la-culture,78710.php

Gabriel

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