La mare aux mots
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Fabien Fernandez

Petits romans pour petits lecteurs

Par 14 novembre 2013 Livres Jeunesse

Voici une sélection de romans pour les jeunes lecteurs ou pour ceux qui aiment les romans courts.

Emilie se maquilleÉmilie tente de se maquiller mais c’est une catastrophe ! Son frère Stéphane passe par là et propose de l’aider… seulement c’est encore pire ! Émilie est furieuse du résultat. Et si ce maquillage raté se transformait en quelque chose de réussi ?

Emilie Les empreintes mystérieusesÉmilie, Sidonie et Guillaume se promènent et aperçoivent des traces de pas, tout de suite ils reconnaissent les traces d’Arthur, le hérisson. Seulement un peu plus loin il y a des traces terrifiantes comme si elles étaient celles d’un dragon et comme par hasard Élise a disparue ! Vite il faut suivre les traces de pas !

Emilie Le papillon de l'écoleAlors qu’Émilie, Sidonie et Léa vont se laver les mains après avoir fait de la peinture, un papillon entre dans l’école et tourne autour d’elles. Les petites filles essayent de le faire sortir, s’amusent énormément à tenter de l’attraper seulement celui-ci ne se laisse pas prendre et chaque tentative ratée laisse des traces de peinture sur les murs.

Emilie Le ballon jauneÉmilie court avec son nouveau ballon jaune, elle est heureuse. Son ballon ressemble à un soleil. Elle croise Sidonie qui a le même qu’elle et a d’ailleurs fait la même comparaison. Puis c’est au tour de Nicolas d’arriver avec le sien, pour lui son ballon jaune c’est un dragon. Et si on dessinait dessus pour ne pas les confondre ? Seulement il ne faut pas appuyer trop fort !

Vous connaissez certainement Émilie et si vous suivez le blog vous savez que je suis fan de ce petit personnage. Après le dessin animé tiré des livres, voici les livres tirés du dessin animé ! On oublie donc la petite fille croquée par Domitille de Pressensé car c’est ici une captation des images en 3D. Bonne idée ou pas, je vous laisse avoir votre propre avis ! En tout cas, ces quatre petits romans pour jeunes lecteurs (dès le CP) qui viennent de sortir proposent de jolies histoires dans lesquelles on retrouve bien l’esprit de la série d’origine. À la fin de ces ouvrages, des petits jeux sont proposés. Faire ses premiers pas de lecteur autonome avec Émilie, c’est plutôt sympa, non ?

Prune et l'argent de pocheVous connaissez Prune ? On vous a déjà parlé de ce personnage piquant, ce coup-ci elle a besoin d’argent ! Elle veut offrir un cadeau à son copain Barnabé mais quand on n’a même pas d’argent de poche ce n’est pas facile ! Prune va donc devoir faire preuve d’ingéniosité pour trouver l’argent nécessaire… et les idées, Prune, c’est pas ce qu’il lui manque !

Je suis vraiment fan de ce personnage de Séverine Vidal et chaque fois qu’une de ses aventures sort je suis ravi de la retrouver. Prune piquante à souhait, le genre de petite fille qui a un caractère affirmé et des idées bien à elle. Ici on est entre le roman jeune lecteur et l’album (un peu comme un roman graphique pour les plus jeunes) et c’est toujours aussi réussi ! C’est le cinquième volume des aventures de Prune et on en veut plein d’autres !

Ce que tu cherches tu trouverasIl fait peur le quartier des platanes. Fatou et Yan sont intrigués, que peut-il y avoir dans cet endroit abandonné caché par une palissade. Parfois de leurs fenêtres, à la tombée du jour, ils aperçoivent des formes étranges qui s’y promènent. Un jour où leur ballon passe par-dessus la palissade ils décident d’aller voir… pas rassurés !

Ce que tu cherches tu trouveras c’est le message que trouve Fatou dans un biscuit chinois et c’est le nom de ce joli roman pour jeunes lecteurs signé Charlotte Bousquet et illustré par Fabien Fernandez. Ici il est question de peur (et de la surmonter), des a priori, d’amitié, d’amour. Fatou et Yan ne retrouveront peut-être pas le ballon… mais ils trouveront quelque chose, c’est certain !

Mia des nuagesMia est du genre gourmande, son plaisir c’est ses tartines au beurre de cacahuète. La jeune fille a aussi une passion, la danse. Seulement quand son professeur de danse se casse la jambe, elle est remplacée par mademoiselle Sèchepince qui va faire comprendre (pas très subtilement) à Mia qu’il faut qu’elle maigrisse. Mia va donc arrêter le beurre de cacahuète et le reste… jusqu’à devenir légère… légère… au point de s’envoler, c’est le début d’une grande aventure.

Mia des nuages est aussi une sorte de conte, très particulier. L’histoire commence par être très « réelle » avec le diktat de la minceur, l’anorexie puis l’auteur nous emmène dans un récit fantastique où Mia vole, parcourt le monde et devient tour à tour esclave, attraction. C’est une très belle histoire, complètement originale sur la différence, l’entraide et l’amitié magnifiquement mise en image par Xu Hualing .

L'invitation faite au loupParce qu’il en a assez de se faire courser par le loup un cochon lui propose un marché : s’il arrive à passer une épreuve qu’il lui a concocté, le loup aura le droit de le manger. Dans le cas contraire il le laisse définitivement tranquille ! Gonflé non ? Le loup qui n’a jamais réussi à rattraper ce cochon très rapide est forcément tenté ! Le rendez-vous est pris, ça sera à la ferme. Autant vous dire que les animaux ne sont pas ravis d’apprendre que le loup va leur rendre visite… Le loup réussira-t-il cette épreuve ?

Beaucoup d’humour dans ce petit roman de Christian Oster illustré par Anaïs Vaugelade. L’auteur joue avec les mots, on essaye de deviner en même temps que le loup les réponses aux énigmes. C’est le genre de texte qu’on se régale de lire à voix haute (les Mouche sont normalement pour des enfants qui savent déjà lire mais, personnellement, j’adore les lire à ma fille de cinq ans et elle a adoré cette histoire). L’invitation faite au loup est un conte très original, plein d’humour et de suspense.

Le violon d'AbigailAbigail ne parle plus depuis le décès de sa mère il y a deux ans. Ce n’est pas avec plaisir qu’elle déménage avec son père, quittant Nantes pour le sud de la France. De son nouvel appartement, souvent Abigail entend une plainte sans savoir ce que c’est, ni d’où ça vient. La jeune fille aime se réfugier dans la petite cour de l’immeuble, un petit patio avec un puits. Un jour elle y rencontre un homme bien étrange…

Le violon d’Abigail a été une belle surprise, j’ai été emporté par cette histoire de jeune fille, entre rêves et réalité. Une sorte de conte pour jeunes lecteurs. Je parle aussi de belle surprise car comme beaucoup j’ai parfois des a priori idiots sur l’auto édition (mais je ne leur ferme pas ma porte). Et là en plus d’une belle histoire écrite avec  une très belle plume, l’objet est beau avec son papier épais et sa couverture à rabats et les illustrations à la peinture de l’auteur (et éditrice donc) sont vraiment réussies. Elles accompagnent parfaitement ce texte doux et poétique. Un très joli roman.
Vous découvrirez les illustrations dans la bande annonce du livre.

Le plus joli des rêvesIl était une fois un rêve… pas un rêve comme il en existe beaucoup, celui-là était le plus joli des rêves qu’on puisse imaginer. Mougueule, l’homme le plus puissant du pays, voulait absolument ce rêve, il avait déjà tout, il ne lui manquait que ça ! Mais comment attraper un rêve… il chargea le pauvre Grand Gaston de s’en occuper.

Le plus joli des rêves est une magnifique histoire signée Nathalie Brisac. Un conte extrêmement poétique, plein de douceur et d’humour. On a beau avoir le pouvoir, on ne peut pas tout avoir et parfois c’est ceux qui en ont le moins qui peuvent s’emparer des choses les plus précieuses. Une belle histoire pleine de sens qui va ravir les jeunes rêveurs.
Le même vu par Délivrer des livres, Parfums de livres, Qu’importe le flacon, Enfantipages, Les lectures de Kik, Sous le feuillage et Les lectures de Liyah.

Les mots perdusAntonin, un garçon d’une dizaine d’années, est en vacances en Bretagne avec la compagne de son père. Il rencontre Rose, qui travaille sur les marchés pour aider ses parents. Celle-ci lui présentera son ami Jakez, amoureux d’une jeune africaine rencontrée sur internet qui n’a pas pu avoir de visa pour venir le voir. Ensemble ils vont essayer de percer le secret de la maison de la morte aux bijoux, une maison isolée qui se trouve sur une île qu’on peut rejoindre à marée basse.

Les mots perdus est un très beau roman qui nous emmène là où on ne l’attend pas. Au départ, trois enfants qui partent à l’aventure, dans une maison qu’on dit hantée. On sent qu’ils ont envie de grands frissons, de découvrir des trésors. En fait ils vont trouver tout autre chose. Même si j’ai trouvé parfois qu’il y avait un souci entre l’âge donné des héros (ils entrent en sixième) et ce qu’ils vivent (travailler sur un marché, inviter quelqu’un qu’on connait d’internet et qui vit dans un pays lointain chez soi pour les vacances, leurs parents les laissent aller sur une île sachant que si la marée monte ils y seront coincés pour la nuit,…). Malgré cette petite interrogation donc, Yves Pinguilly a écrit un très beau roman qui parle de la mémoire, des frontières, de l’amitié.

Charly Tempête On déménageLe très bricoleur Charly Tempête (et oui c’est son nom), 9 ans, déménage ! Alors ce n’est pas de gaité de cœur, on ne quitte pas comme ça une maison pleine de charme avec un magnifique jardin pour une maison caca d’oie avec un jardin tout petit et sans arbres ! Mais il le fallait, son papi vieillit et est très seul depuis que sa femme est morte. La mère de Charly, qui aimait tant son « Céleste refuge » (comme elle appelait sa maison), déprime. Elle qui chantait tout le temps (même quand elle faisait brûler le dîner), n’est plus la même. Heureusement le père de Charly a une idée, et si on organisait une fête ? On invite les voisins et pourquoi pas des amis d’enfance de maman (c’est l’avantage d’être revenu près de là où elle a grandit) ? L’organisation ne sera pas de tout repos…

Charly Tempête Drôle de rentréeÇa y est, Charly est bien installé dans sa nouvelle maison, mais maintenant c’est l’heure de la rentrée… Charly redoute ce moment car on lui a dit que son institutrice était terrible ! Le jour J rien ne se passe comme prévu ! Son nouveau copain Djawad n’est pas au rendez-vous. Ensuite c’est le portail de l’école qui ne s’ouvre pas (heureusement que Charly est ingénieux et invente un cascourte-échelle ( un casque combiné avec un double décimètre en fer qui permet de faire grimper les autres sur sa tête pour passer par-dessus le portail. Enfin la fameuse institutrice n’est pas là, mais ça c’est pas forcément une mauvaise nouvelle… quoique…

Charly Tempête est une toute nouvelle série sortie chez Casterman. Les deux premiers tomes laissent présager une très bonne série. Annelise Heurtier signe un texte plein d’humour et en même temps qui parle d’aujourd’hui (déménagement, personnes âgées, manque de moyens dans l’éducation nationale…). Elle fait passer des petites choses sans que ça soit lourd. On rit beaucoup aux aventures du jeune garçon et surtout à ses inventions. Les illustrations de Clotka accentuent ce côté moderne. Deux romans plein d’humour encrés dans la réalité actuelle qui devraient séduire les jeunes lecteurs d’aujourd’hui.
Des extraits ici.
Les mêmes vus par Enfantipages.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des Émilie (Émilie en route pour l’école, Émilie et le pique nique, L’alphabet, Les chiffres, Émilie au marché, Émilie et le bébé de neige, Émilie fait pipi au lit, Émilie et le doudou, Émilie et les poussin, La maison d’Émilie et les 16 premiers de la nouvelle série et les autres séries), des livres de Séverine Vidal (Une girafe un peu toquée, Bad Lino, L’œil du pigeon, Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps) , Kris di Giacomo (Tous les monstres ont peur du noir, Prune cherche son style, Prune et la colo d’enfer, Quand le loup a faim, Prune : la grosse rumeur, Prune : le fils de la nouvelle fiancée de papa), Charlotte Bousquet (Proie idéale, Rouge tagada et Précieuses, pas ridicules), Fabien Fernandez (Voyage polaire), Janine Teisson (L’ogre bouquiniste), Xu Hualing (L’étoile de Grand’Pa, Manon et la caverne aux brigands), Anaïs Vaugelade (Le poulet fermier et Mission impossible), Rascal (Le temps des ours), Yves Pinguilly (La couleur des yeux), Annelise Heurtier (Sweet Sixteen, Le carnet rouge et La fille aux cheveux d’encre) et Clotka (Les aventures de Tit’Oignon). Nous avons déjà interviewé Domitille de Pressensé, Séverine Vidal, Kris di Giacomo, Fabien Fernandez et Annelise Heurtier.

Émilie se maquille
d’après les personnages créés par Domitille de Pressensé (auteur non indiqué)
Casterman dans la collection Je commence à lire avec…
4,75€, 144×190 mm, 37 pages, imprimé en Chine, 2013.
Les empreintes mystérieuses
d’après les personnages créés par Domitille de Pressensé (auteur non indiqué)
Casterman dans la collection Je commence à lire avec…
4,75€, 144×190 mm, 37 pages, imprimé en Chine, 2013.
Le papillon de l’école
d’après les personnages créés par Domitille de Pressensé (auteur non indiqué)
Casterman dans la collection Je commence à lire avec…
4,75€, 144×190 mm, 37 pages, imprimé en Chine, 2013.
Le ballon jaune
d’après les personnages créés par Domitille de Pressensé (auteur non indiqué)
Casterman dans la collection Je commence à lire avec…
4,75€, 144×190 mm, 37 pages, imprimé en Chine, 2013.
Prune et l’argent de poche
Texte de Séverine Vidal, illustrations de  Kris Di Giacomo
Frimousse dans la série Prune
8,50€, 150×210 mm, 43 pages, imprimé en Lettonie, 2013.
Ce que tu cherches tu trouveras
Texte de Charlotte Bousquet, illustrations de Fabien Fernandez
Rageot dans la collection Petit roman
5,70€, 135×180 mm, 44 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Mia des nuages
Texte de Janine Teisson, illustré par Xu Hualing
Oskar éditeur
9,95€, 145×210 mm, 56 pages, imprimé en Europe, 2012.
L’invitation faite au loup
Texte de Christian Oster, illustré par Anaïs Vaugelade
École des loisirs dans la collection Mouche
7€, taille en mm, 48 pages, imprimé en France, 2013.
Le violon d’Abigail
de Nathalie Desperches-Boukhatem
Éditions de la Gâtine dans la collection Mes rêves
10€, 125×180 mm, 36 pages, imprimé en France, 2012.
Le plus joli des rêves
Texte de Nathalie Brisac, illustré par Rascal
École des loisirs dans la collection Mouche
7,50€, 125×190 mm, 56 pages, imprimé en France, 2013.
Les mots perdus
Texte d’Yves Pinguilly
Oskar dans la collection Court MÉ-trage
5€, 115×170 mm, 81 pages, imprimé en Europe, 2013.
On déménage !
Texte d’Annelise Heurtier, illustré par Clotka
Casterman dans la collection Charly tempête
6,95€, 195×135 mm, 80 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Drôle de rentrée !
Texte d’Annelise Heurtier, illustré par Clotka
Casterman dans la collection Charly tempête
6,95€, 195×135 mm, 80 pages, imprimé en Espagne, 2013.

A part ça ?

Le guide de l'édition jeunesse 2014 Le guide de l’édition jeunesse 2014 est sorti ! Ce gros guide, qui existe depuis dix ans, est ultra complet ! Conseils aux auteurs et illustrateurs (conseils artistiques mais aussi juridiques, commerciaux…), annuaire des éditeurs, auteurs, sites internet, publications spécialisées… C’est une bible ! Autant pour les auteurs et illustrateurs qui y trouveront des tas de conseils qui leur serviront, que pour tous les passionnés et professionnels de la littérature jeunesse qui se serviront des annuaires. A la fin de l’ouvrage, on trouve même des petites annonces. Une bible on vous dit !
Plus d’info, l’acheter etc sur leur site.
A noter, si vous allez au salon de Montreuil (du 27 novembre au 2 décembre) vous pourrez le feuilleter sur le stand CRILJ / GRIFFON (stand n° G29).

Gabriel

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L’invité du mercredi : Fabien Fernandez (+ concours)

Par 12 octobre 2011 Les invités du mercredi

Aujourd’hui l’invité du mercredi c’est Fabien Fernandez, l’auteur de Laponie voyage polaire dont je vous parlais il y a quelques jours.

La mare aux mots : Vous êtes un jeune illustrateur, pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Fabien Fernandez : Cela fait plus de 10 ans que j’œuvre dans divers domaines de l’illustration comme les affiches de festival, les couvertures de livre ou encore le jeu de rôles. J’ai commencé dans le milieu de la microédition de l’imaginaire à faire mes premières couvertures en même temps que je travaillais pour des éditeurs de jeux de rôles. Puis, petit à petit, de couvertures en couvertures je me suis orienté vers les albums jeunesse. Mon premier album, Croquemitaines, a été écrit par Charlotte Bousquet. Il m’a permis de faire mes armes dans le domaine en dessinant des petits monstres partout. Enfin je me suis lancé seul pour une aventure lapone afin de raconter une histoire du début à la fin par le biais d’images.

LMAM : Vous avez publié plusieurs livres pour adultes, comment en êtes vous venu à travailler pour la littérature jeunesse ?
FF : Le passage à la jeunesse s’est fait assez naturellement lors du salon des Imaginales, il y a quelques années. Ce festival de l’imaginaire d’Épinal rassemble un grand nombre d’éditeurs et il y avait les éditions Du Mont. Charlotte et moi-même avons été conquis par leur petit livre – le Dahu – et nous nous sommes dit que nous pourrions leur soumettre un beau projet pouvant s’intégrer à leur collection. Les Croquemitaines se sont imposés presque naturellement. Ensuite, me plaisant véritablement à raconter des histoires et dessiner pour cette tranche d’âge, j’ai proposé Laponie, Voyage polaire aux éditions Nomades.

LMAM : Parlons de ce très bel album, Laponie Voyage polaire, paru aux éditions Nomades. Qui est à l’initiative de cet album ? Pourquoi avoir fait un album sans texte ?
FF : J’ai soumis l’album aux éditions Nomades, qui l’ont accepté assez rapidement. Mais pour le fait que ça soit sans texte, c’est simplement la ligne éditoriale de la collection. Mais c’est aussi ce qui m’a poussé à soumettre ce projet.
La narration, uniquement en images, est un exercice très compliqué à faire, mais le résultat d’une histoire racontée de cette manière permet une fluidité dans le récit. En effet, nous ne sommes pas à illustrer un texte, mais dans le cadre où toute l’histoire se raconte dans les visuels. Cela permet à n’importe quel public de se raconter l’album ou de se le faire raconter… en plus d’y apporter des nuances à chaque narration.

LMAM : J’ai senti dans cet album l’ambiance des livres de Jack London. Avez-vous lu ses livres ? Avez-vous d’autres influences ?
FF : J’ai lu des nouvelles de Jack London, mais je n’y ai pas été très sensible pour tout dire. « L’appel du sauvage » que l’on peut ressentir dans ces grands espaces enneigés n’est pas l’héritage de ces lectures, en tout cas pas consciemment. En fait, il y a quelque temps maintenant j’ai découvert la chanteuse Mari Boine, ce qui m’a conduit à m’intéresser au peuple Same et sa culture. C’est mon déclic si je puis dire. Ensuite, je me suis documenté sur le sujet. Notamment à travers des textes – comme par exemple « Dans le pas des rennes » de Mariusz Wilk – qui m’ont donné un aperçu de cette culture ou les écrits de Jean Malaurie pour ce qui concerne le Nord et les grandes étendues froides.

LMAM : Êtes-vous déjà allé en Laponie ? Vous êtes-vous beaucoup documenté ? Si oui, de quelle façon ?
FF : Non, malheureusement je ne suis pas encore allé en Laponie. Bientôt j’espère. Je me suis rendu en Norvège cependant, ou j’ai pu contempler la nature aux alentours de Bergen, ses lumières et ces couleurs si particulières. Mais pour l’album, oui je me suis beaucoup documenté avec des livres ou via internet qui reste un outil formidable pour obtenir des photographies. Ensuite de toute façon, l’office de tourisme de Norvège en France a vu l’album et nous a confirmé qu’il n’y avait pas d’erreur. Car même bien documenté, on n’est jamais à l’abri d’un accroc à la réalité, et nous voulions, mes éditrices et moi-même rester sur une version réaliste du pays.

LMAM : Parlez-nous de vos souvenirs de lectures d’enfant, d’adolescent.
FF : Je dois bien avouer que plus jeune je n’étais pas grand lecteur ; je me souviens de quelques Bibliothèques vertes, mais surtout d’une collection qui est ressortie il y a peu dans un format un peu plus grand que A4. Des livrets regroupant notamment des contes russes avec des visuels plutôt arts déco. Je ne pourrais pas vous dire de tête le nom de cette belle collection mais en dehors d’autres textes de Tolkien, King ou Lovecraft, cela a été mes lectures le plus marquantes. Depuis je me suis évidemment rattrapé et dévore presque tout : du récit de voyage, à l’album jeunesse ou encore des romans de fantasme pour tout âge. Mais je garde un appétit assez vorace pour le genre polar.

En plus de Laponie Voyage polaire qui vient de sortir, Fabien Fernandez est l’illustrateur d’une nouvelle collection (Frissons) éditée par SIRIUS au format poche. Les livres sortent tous les deux mois en reprenant des classiques du genre. Le premier sorti : « Le vampyre » de Polidori. Sinon il est présent dans le dernier numéro de la revue Polar ALIBI magazine qui sort cette semaine. Son blog : http://www.fablyrr.com.

Cette interview a été réalisée par Alexandra avant son départ. Merci une nouvelle fois à elle.

Et vous, vous aimeriez partir en Laponie? Dites le en commentaire à cet article et je tirerai au sort parmi les réponses pour faire gagner un exemplaire de Laponie Voyage Polaire. (et j’ajoute une chance supplémentaire à ceux qui partagent cet article sur Facebook, twitter ou leur blog, merci de m’envoyer une copie d’écran ou le lien par mail à contact @ lamareauxmots.com). Vous avez jusqu’à dimanche 16h!

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Préparez les valises, on part en Norvège

Par 7 octobre 2011 Livres Jeunesse


Les éditions Nomades sont spécialisées dans les livres de voyage, c’est ici un magnifique voyage en Laponie qu’elle nous propose et plus précisément de suivre  le périple d’un petit renard polaire.

Hormis la préface, très instructive, signée par la journaliste documentariste Marie-Hélène Baconnet, c’est un album sans texte. On suit ce petit renard à travers ses bonnes et mauvaises rencontres, car ce n’est pas une succession de dessins, il y a une vraie trame, un vrai scénario. Alors bien sûr l’absence de texte laisse une part plus belle à l’imaginaire, on peut créer avec l’enfant soit un récit, soit des dialogues, le laisser commenter, imaginer. C’est ce que j’avais aimé aussi dans le magnifique livre de Janik Coat, La surprise.

Un bien bel album aux illustrations toutes douces, pour les amoureux de la nature, les voyageurs.

Plus d’images sur la page facebook de l’album.

Laponie, voyage Polaire de Fabien Fernandez préfacé par Marie-Hélène Baconnet.
éditions Nomades dans la collection au fil des images
13,90€
Public : A leur lire (mais il n’y a rien à lire), Lecteurs débutants et même lecteurs confirmés car c’est un beau livre

Gabriel

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