La mare aux mots
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Fanny Robin

Comme chats et chiens

Par 8 février 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose de rencontrer des chats… et un chien.

Sept viesQui est-il vraiment ? On croit le connaître, mais le connaissons-nous ? Il aime être seul et pourtant il aime la compagnie des autres. Est-il comme son père ? Quel est le mot qui le définit le mieux ? Personne ne le connaît vraiment…
Le texte de Walid Taher est très poétique, mais ce qui captive d’emblée quand on ouvre Sept vies, ce sont les illustrations (parfaitement mises en valeur par le beau papier choisi par les formidables éditions Le port à jauni). Chaque page est totalement différente de la précédente, chaque dessin semble être l’œuvre d’un artiste différent. C’est déroutant et captivant. Le seul point commun des illustrations, mis à part qu’elles représentent des chats, c’est la beauté qui s’en dégage, on a l’impression de regarder ici un livre d’art. En adaptant le livre égyptien, l’éditrice a fait le choix de garder le sens de lecture arabe (on commence le livre par la droite) et de laisser le texte original. Un livre bilingue, pour s’ouvrir aux autres cultures et admirer la beauté de l’écriture arabe (et l’on peut évidemment voir à travers ces deux écritures qui cohabitent, une analogie au fait de vivre ensemble, malgré nos différences). On parle ici du caractère qu’on hérite, de la personnalité qu’on se construit, de la liberté, d’être nous.
Un magnifique ouvrage à tout point de vue, qui séduira les amoureux.euses de belles illustrations, ceux et celles qui aiment les beaux textes, les amateur.trice.s de beaux objets et même les autres !

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En voiture, Simone !

Par 6 avril 2015 Livres Jeunesse

Notre camping-car !Aujourd’hui, pour une petite fille en bottes de pluie rouges, c’est jour de fête : son grand-père passe la chercher avec son camping-car, et tous deux partent, en tête à tête, pour quelques jours à la mer. Enfin, à la mer ou ailleurs, peu importe, finalement, ce qui compte, c’est de partir avec son papi, en camping-car. Et quand une tempête éclate, c’est encore mieux : une bonne raison de rester enfermé dans ce petit nid douillet !
Les enfants ont parfois des lubies qu’on a du mal à comprendre, comme jouer avec un emballage plutôt qu’avec le cadeau lui-même, ou encore préférer le moyen de transport à la destination des vacances ! C’est vrai ça, pourquoi aller pique-niquer sur la plage, alors qu’on peut pique-niquer tout pareil dans le camping-car ? La relation entre la petite fille et son grand-père est très attendrissante, et les illustrations de Magali Arnal, faites en partie au feutre, donnent un album une teinte très inhabituelle que j’aime beaucoup.
Le même vu par Le tiroir à histoires.

La plus BelleQu’elle est belle, cette petite voiture rouge ! C’est la plus belle, même, disent le titre et le texte. Au fil des pages, la plus belle tourne sur elle-même, chante à tue-tête, fonce droit devant puis se repose un peu, se fait mal et file au garage… Mais quand on regarde bien tous les détails des illustrations, on voit que la petite fille en arrière-plan, celle qui joue avec la voiture, vit les mêmes aventures que son jouet. De qui parle vraiment le narrateur ? Qui est la plus belle finalement ?…
Voilà un album tout mignon, dans lequel un petit garçon parle de la petite fille dont il est amoureux. Tout en formes géométriques, les illustrations sont principalement en rose, jaune, orange et rouge, c’est très visuel : parfait pour accrocher le regard des tout-petits ! Et c’est surtout une très jolie façon de rappeler que les filles aussi ont droit de jouer aux voitures (tout comme les garçons ont droit de jouer à la poupée, si si).
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Ma OuatureNe dit-on pas que les enfants ont une imagination débordante ? Comme ce petit garçon qui a construit une Ouature extraordinaire et qui se fait voler son doudou par la Grenouille Cosmique !
Heureusement que sa Ouature, lancée à la poursuite du méchant qui s’enfuit dans son technomobile, peut voler jusque dans les nuages, plonger jusqu’aux fonds marins, se battre contre les calamars géants, s’élever jusqu’au soleil et rattraper in extremis les doudous jetés sans pitié dans l’espace. Ouf, c’était moins une !
Quelle aventure que celle de ce petit garçon et de sa Ouature ! Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas : le rythme de l’histoire mime parfaitement la vitesse de la course-poursuite qui forme le cœur de l’album. Sur chaque page, on trouve de nouveaux détails, de nouvelles créatures, de nouveaux décors, dans le style très moderne de Federico Combi. Un bel album qui rappelle qu’on peut tous vivre de folles aventures, pour peu qu’on ait un peu d’imagination !
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le même vu par Sous le feuillage et Les Lectures de Liyah.

Allez savoir pourquoi, vos jeunes enfants deviennent fous dès qu’ils voient une bétonnière, un camion-poubelle ou une tractopelle ? Alimentez leur passion grâce à ces deux documentaires consacrés aux transports !

Les transportsLe livre Les Transports, de la collection Ma Baby Encyclopédie Larousse, suit une famille de son départ en vacances dans la voiture familiale jusqu’au cockpit de l’avion, en passant par le garage avec sa dépanneuse, l’autoroute avec ses semi-remorques, ou encore le train avec son wagon plateau porte-voitures. À la fin de l’ouvrage, des jeux, des stickers et un puzzle permettent de découvrir le monde des transports en s’amusant. La couverture matelassée est parfaite pour les petites mains !

Les transportsL’imagier Les transports, dans la collection cache-cache docs de Milan, se construit autour de doubles-pages thématiques : les vélos et les trottinettes, les bus, les trains et les tramways, les véhicules de travaux et de secours… Sur chaque double, les illustrations foisonnantes sont légendées de petits textes explicatifs, dont certains sensibilisent à la sécurité (port du casque à vélo, de la ceinture en voiture, etc.) Les nombreux volets à ouvrir cachent plein de petits détails amusants que les plus jeunes vont adorer !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Fanny Robin (Margot et On n’a rien vu venir), de Marjorie Béal (La coccinelle et le caméléon, Lucien le magicien, L’histoire qui fait peurÀ la campagneEt toute la ville s’éveilleMes deux papasSi petitSi grandMa maison du bout du monde, et La fabrique extraordinaire), de Pierre Crooks (Hippopo Tam-Tam, Saperlipopette mène l’enquête et Poulp’ombre), et de Romain Guyard (Si ta voisine est une sorcière, Si tu rencontres un loup dans la forêt20 bonnes raisons d’aller à l’école20 bonnes raisons de croire au Père Noël et Pourquoi les chiens n’aiment pas les chats). Retrouvez également nos interviews de Fanny Robin et Marjorie Béal.

Notre camping-car !
de Magali Arnal
l’école des loisirs
12,20€, 209×267 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015.
La plus Belle
Texte de Fanny Robin, illustré par Marjorie Béal
Des ronds dans l’O jeunesse
10€, 207×211 mm, 28 pages, imprimé en Belgique, 2015.
Ma Ouature
Texte de Pierre Crooks, illustré par Federico Combi
Balivernes Éditions
13€, 250×290 mm, 30 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Les Transports
Texte de Jean-Michel Billioud, illustré par Romain Guyard
Larousse dans la collection Ma Baby Encyclopédie Larousse
6,90€, 205×195 mm, 26 pages, imprimé en Chine, 2014.
Les transports
Texte de Ruth Martin (traduit par Sylvie Lucas), illustré par Allan Sanders
Milan dans la collection cache-cache docs
9,90€, 208×226 mm, 16 pages, imprimé en Malaisie, 2015.

Marie

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Les invités du mercredi : Marion Billet, Fanny Robin et Delphine Vaute (+ concours)

Par 10 avril 2013 Les invités du mercredi

Qui ne connait pas Marion Billet ? Qui a des enfants et n’a aucun livre dont elle a signé les illustrations ? La talentueuse et productive auteur et illustratrice a accepté de répondre à nos questions. A la suite de cette interview, grâce à Gallimard Jeunesse, vous pourrez tenter de gagner son dernier album (pour l’instant !) Au pays des tout-petits. Ensuite nous reviendrons sur le livre le plus marquant sorti ces derniers temps, Margot. Fanny Robin, Delphine Vaute et Olivier Belhomme sont les invités de Parlez moi de lui. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Marion Billet

Marion BilletQuel a été votre parcours ?
Je suis diplômée de l’Ecole Emile Cohl que j’ai suivie pendant 4 années à Lyon. Dès ma Boucle d'ordernière année et parallèlement à  mes études j’ai eu la chance de pouvoir commencer à travailler pour la presse et l’édition jeunesse. Dès la fin de mes études je me suis installée à Paris et tout s’est enchaîné très rapidement !

Quelle technique utilisez-vous ?
Je travaille uniquement sur Photoshop avec une palette graphique. Je dessine mes Chamalo est jalouxcrayonnés directement à la palette et je fais ensuite la mise en couleur.

Quelles sont vos sources d’inspirations ?
Essentiellement les voyages. C’est une passion. J’ai la chance de beaucoup voyager et chaque pays m’inspire, les couleurs des paysages en Tanzanie, les objets kawaii au Japon, les tissus, les plats aussi !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Toute la bibliothèque du Père Castor  ! Roule galette, Poule Rousse, Michka... j’aimais particulièrement l’ Histoire de la lettre que le chat et le Paul et Félicie se préparent pour l'école chien écrivirent à leurs amies les petites filles avec les superbes illustrations de Josef Capek.

Quels sont vos projets ?
Beaucoup de choses ! Je continue la collection des Petits Imagiers Sonores chez Gallimard ainsi que les Chamalo chez Flammarion.
Je travaille aussi sur de chouettes projets en Angleterre et en Allemagne, j’ai hâte de pouvoir vous les présenter.

Le site de Marion Billet : http://marionbillet.free.fr

Bibliographie sélective :

  • Au pays des tout-petits, texte et illustrations, Gallimard jeunesse (2013)
  • Collection Les mini imagiers magnets (Les fruits et Les animaux de la ferme), textes et illustrations, Larousse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • A la campagne, texte et illustrations, collection Mes petits imagiers sonoresGallimard jeunesse (2013)
  • Collection Chamalo, illustration de textes de Charlotte Moundlic, Père Castor (2007-2013), nous avons chroniqué Chamalo et sa baby-sitter et Chamalo est jaloux ici.
  • Collection Qui suis-je ?, textes et illustrations, Lito (2013)
  • C’est nous !, illustration d’un texte de Fani Marceau, Gründ (2012)
  • Collection Mes bébés docs, textes et illustrations, Milan (2011-2012)
  • Tut Tuuut, texte et illustrations, Gallimard jeunesse (2012)
  • Les intruments vol2, texte et illustrations, Gallimard jeunesse (2012)
  • Boucle d’or et les trois ours, texte (d’après le conte traditionnel) et illustrations, Seuil Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • La journée des petits, texte et illustrations, Larousse (2011)
  • Collection Paul et Félicie, illustration de textes de Virginie HannaLito (2010), nous avons chroniqué Paul et Félicie se préparent pour l’école ici.

Au pays des tout-petitsComme je vous le disais avant cette interview, grâce à Gallimard jeunesse j’ai la joie d’offrir à l’un de vous un exemplaire de Au pays des tout-petits. Pour le gagner, laissez-moi en commentaire une phrase commençant par « Au pays des tout-petits » (par exemple « Au pays des tout-petits, comme dans tous les pays, y’a des méchants et des gentils » mais ça c’est déjà pris !). Essayez d’être drôle et originaux, comme vous savez souvent l’être ! Je tirerai au sort parmi vos réponses. Vous avez jusqu’à lundi 20h.


Parlez moi de… Margot

Une fois par mois on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette semaine c’est Margot, le livre de Fanny Robin et Delphine Vaute qui m’a beaucoup marqué, que j’ai chroniqué ici et qui était un de nos coups de coeurs du mois dernier.

MargotFanny Robin (auteur)
Ce projet est né suite à deux faits divers qui ont eu lieu en 2010/2011 avec le suicide de deux enfants de huit ans et dix ans et cela m’a beaucoup perturbé : comment peut-on se dire si jeune que l’on veut arrêter de vivre ? Et puis il y a eu aussi une expérience professionnelle, la dernière colonie de vacances comme animatrice en 2008 a été assez remuante : un enfant de 8/9 ans a commencé à me raconter son histoire et cela nous a conduit, mon directeur et moi, à faire un signalement auprès de « Enfance maltraitée » : cela a été une expérience assez traumatisante.
Avec Delphine, nous nous sommes rencontrées en 2009 pour le projet Le nouveau nez et très rapidement nous sommes devenues amies. Je connais son univers, sa démarche artistique, ce qu’elle aime et ce qu’elle n’aime pas, … A l’origine, le texte était accepté par un éditeur (dont je tairai le nom) et je souhaitai que ce soit Delphine qui l’illustre. Delphine a fait des essais, et puis le projet a capoté. Comme l’une et l’autre étions très investies par « Margot » qui avait pris une place très importante dans nos univers, nous avons décidé de le proposer dans une autre maison d’édition. Olivier Belhomme et son équipe ont cru en Margot.
Ca a été un texte difficile à publier vu le thème, mais les retours étaient très intéressants : la « prise de risque » de publier un tel projet est réelle. Par mes mots et par les illustrations de Delphine nous avons essayé de laisser la porte grande ouverte, chacun y voit ce qu’il a envie de voir, …
Margot est l’aboutissement d’un projet personnel, un texte qui me tenait vraiment à cœur, mais également d’une relation auteur-illustrateur au top ! Je ne sais pas si j’aurai pu partager ce projet avec quelqu’un d’autre que Delphine, elle comme moi travaillons avec nos tripes et quand on est ensemble on les pose sur la table, sans se juger.
Le blog de Fanny Robin : http://www.fannyrobin.com

Delphine VauteDelphine Vaute (illustratrice)
Nous sommes amies avec Fanny depuis plusieurs années et j’ai la chance de pouvoir lire ses textes à leur genèse. Elle m’a appelé un jour et m’a parlé de Margot. Après avoir lu le texte j’ai tout de suite fait quelques images. J’accepte les projets quand, à la première lecture, je vois tout de suite des illustrations et une ambiance.
Margot, je la voyais rêveuse. Dotée d’une énergie et d’une soif de vivre qui lui permettent de s’évader de la réalité dans un univers imaginaire qui tourne, ici, autour du monde marin. Elle ‘partira’ définitivement dans ce monde loin de ses peurs.
Je n’ai montré que quelques images à Fanny pendant la réalisation de l’album. Elle me fait entièrement confiance.
Cet album est surtout le fruit d’une très belle amitié.
Je travaille actuellement sur un autre texte de Fanny… à suivre!
Son blog : http://delphinevaute.hautetfort.com et son book : http://delphinegribouille.ultra-book.com

Atelier du poisson solubleOlivier Belhomme (éditeur) : Éditeur d’album abordant des sujets dits « difficiles », nous recevons régulièrement des propositions. La plupart des textes sont maladroits, mièvres, démonstratifs, sentant le vécu pas digéré ou tout à la fois. Peu sont de la littérature c’est-à-dire savent s’inspirer de la réalité pour livrer une fiction, partir de l’individualité la plus intime pour la rendre universelle. C’est tout un art, à vrai dire.
Le texte de Fanny Robin nous a particulièrement touché parce qu’elle a su raconter l’inracontable avec beaucoup de délicatesse et un savant usage de l’ellipse. Ainsi, le lecteur qui devine le drame mais veut se protéger, peut ne pas l’entendre. Les illustrations de Delphine Vaute, résolument oniriques confortent ce dessein.
Les premières réactions de la part des libraires sont encourageantes. Les premiers lecteurs, rencontrés sur les derniers salon du livre, avouent leur émotion et leur admiration. À la foire de Bologne, deux éditrices mexicaines ont même écrasé quelques larmes lorsque j’ai eu fini de leur présenter cet album.
Le site des éditions du poisson Soluble : http://www.poissonsoluble.com

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Tous les adultes ne sont pas gentils…

Par 21 mars 2013 Livres Jeunesse

Sujet délicat que celui-ci… Apprendre aux enfants à faire attention à certains comportements. On parlera aussi, forcément, du corps.

Feu FolletIl y a un loup qui se fait passer pour un lapin à la sortie de l’école ! Il est malin ce loup, il a un masque de lapin et a toujours le bon mot pour attirer les enfants. A l’un il parle de jeux vidéo, à l’autre il donne des bonbons. Les parents de Louis l’ont prévenu, il faut faire attention… Ils lui ont donné un code, si un adulte vient le chercher et ne parle pas de Feu Follet, son hamster, c’est qu’il ne vient pas de leur part…
J’ai beaucoup aimé Feu Follet car il aborde les choses vraiment et on ne tombe pas dans quelque chose de dur, de traumatisant. Feu folletLes enfants reçoivent le message avec cette histoire d’animaux. La métaphore du loup qui se déguise pour mieux attirer les petits lapins est bien trouvée et franchement bien menée. C’est certainement le livre le plus intelligent et le mieux fait que j’ai vu sur le sujet, un coup de chapeau !

Mô-namourLa voiture d’Isée percute un arbre et voilà ses parents catapultés dans les cieux ! En attendant qu’ils retombent Isée est seule et erre à la recherche d’un endroit où aller. Elle rencontre Torlémo Damourédemorht qui adopte très vite la petite fille. Mais Torlémo adore placer Isée dans des balles en tout genre pour taper dedans. Et voilà notre enfant couverte de bleus… Pourtant il dit qu’il l’aime…
Mô-namour est signé Claude Ponti, et comme toujours chez cet auteur on est dans l’image poétique, les choses ne sont pas clairement dites, on les comprend comme on a envie de les comprendre (certains s’étaient d’ailleurs offusqués par rapport à la disparition des parents au début de l’album, en pensant qu’il s’agissait de leur mort, ce qui est une énorme erreur). Ici on évoque donc des sujets délicats de manière décalée, poétique. Claude Ponti on adhère… ou pas !

MargotMargot, c’est son amie. Elle a de grands yeux bleus comme l’océan. Ensemble elles perdent pied… Chez Margot il n’y a pas que les yeux qui sont bleus, il y en a sur sa peau aussi, de plus en plus gros.
Un livre coup de poing, un livre qu’on referme la larme au coin de l’œil et un sentiment de malaise… et pourtant qu’il est beau cet album, qu’il est prenant, déchirant bouleversant. Des phrases simples et pleines de sens, des illustrations à tomber par terre (sauf si on est hermétique au travail de Delphine Vaute, il y en a). Comme le Claude Ponti (mais absolument pas dans le même genre) ici chacun y comprendra des choses, chacun verra ce qu’il a envie de voir. Qu’ils sont beaux ces albums qui laissent une part à notre propre imaginaire, qui nous laissent inventer notre histoire. Un album absolument magnifique, poétique, plein de subtilité et de délicatesse… une vraie claque.

Zizi, Zézette : mode d’emploiUn zizi et une zézette c’est pas évident à utiliser ! Heureusement maintenant il y a un manuel ! On va apprendre comment faire leur entretien, a quoi ça ressemble et surtout à ne pas le montrer à la demande !
Avec énormément d’humour (Michaël Escoffier…), Zizi, Zézette : mode d’emploi explique donc plein de petites choses aux enfants sur le truc qu’ils ont entre les jambes ! Alors on parle des choses telles qu’elles sont (le zizi ou la zézette qui pique, le zizi qui devient tout dur) mais c’est jamais vulgaire, jamais grivois, toujours fait avec beaucoup d’humour. Apprendre à connaître son corps c’est important pour savoir reconnaître les comportements inappropriés. Les illustrations de Séverine Duchesne accentuent l’humour du décidément génial Michaël Escoffier.

Parle-moi d’amour 6/8 ansOn termine cette sélection avec un autre livre sur le corps, destiné aux 6/8 ans. Parle-moi d’amour explique également aux enfants comment est fait le corps humain, ce qu’est être amoureux, comment les adultes font l’amour,… (entre autre car on parle aussi de la place dans la famille, d’être indépendant, de l’amitié, de la différence,…). Autant j’ai trouvé ce livre bien fait et bien amené, autant je l’ai trouvé très hétérocentré ! On montre plusieurs sortes de familles (multiculturelle, recomposée, nombreuse,…) mais visiblement la famille homoparentale n’existe pas, les garçons sont forcément amoureux des filles et vice-versa. Par contre on évite les clichés sexistes et on fait se questionner les enfants à propos des a priori sur les garçons et les filles. Un bon livre pour que les 6/8 ans comprennent un peu mieux le corps, l’amour… et le reste !

Quelques pas de plus…
Plus d’albums sur le sujet sur le forum (et vous pouvez y ajouter ceux que vous connaissez !).
Nous avons déjà chroniqué un livre de Claude Ponti (Blaise et le château d’Anne Hiversaire), un livre de Delphine Vaute (La grande collection) et de nombreux livres de Michaël Escoffier (Le grand lapin blanc, Vacances à la ferme, La plume, Bonjour Facteur, Bonjour Docteur et Sans le A). Nous avons d’ailleurs réalisé une interview de Michaël Escoffier.

Feu follet
de Alain Singeot, illustré par Ronan Javré
Balivernes dans la collection Calembredaines
12€, 225×200 mm, 21 pages, imprimé en Belgique, 2008.
Mô-Namour
de Claude Ponti
École des loisirs
18,80€, 315×200 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2011
Margot
de Fanny Robin, illustré par Delphine Vaute
L’atelier du poisson soluble
17€, 186×260 mm, 32 pages, imprimé en Espagne sur papier recyclé, 2013.
Zizi, Zézette, mode d’emploi
de Michaël Escoffier, illustré par Séverine Duchesne
Frimousse dans la collection Maxi Boom
15€, 236×307 mm, 26 pages, imprimé en Malaisie, 2012.
Parle-moi d’amour 6/8 ans
de Nadine Mouchet et Valérie Combes, illustré par Violaine Leroy
Éditions Amaterra
11,90€, 178×238 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2011.

A part ça ?

Un très bon article pour rappeler qu’un bisou ne s’exige pas.

Gabriel

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Privés de liberté

Par 5 avril 2012 Livres Jeunesse

Ils m’ont dit donne moi ta montre, j’te donnerai l’heure quand ça m’chantera
Ils m’ont dit donne moi ton corps, j’te donnerai un os à ronger
Moi aussi, Brigitte Fontaine.

Trois romans très différents qui tous, dans leur genre, parlent d’un asservissement ou d’une privation de liberté.

Depuis seize ans, Boucainvilliers vit dans la peur. Le Commandeur a pris le pouvoir et a rendu la vie des habitants très dure : couvre feu, rationnement,… Gare à ceux qui désobéissent ils se verront au mieux bastonnés au pire emprisonnés dans la citadelle. Pourtant, dans l’ombre, les Bienveillants sont là pour redonner espoir… avec des livres ! Devenus interdits (d’ailleurs le Commandeur a brûlé la Bibliogare), ils sont écrits la nuit et distribués dans les foyers par les Livreurs. C’est dans ce monde qu’a grandi Esther, jeune fille insomniaque et dont le destin est de vivre de nombreuses épreuves.

Un GROS coup de cœur. Mais vraiment ! Je l’ai fini hier, c’est le plus gros roman jeunesse que j’ai lu, je pense (mais peut-on vraiment parler de roman jeunesse ?) et je l’ai lu très vite car on est happé par l’histoire. C’est absolument passionnant, captivant, ça m’a rappelé un livre que j’avais adoré L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon. On est ici dans un monde entre le fantastique et le réel, on y parle de résistance et de livres, lire redonne espoir, l’acte le plus militant est celui d’écrire et de diffuser ses écrits. On y parle aussi d’amour. C’est très dur de vous en parler sans trop vous en révéler… En tout cas JETEZ VOUS DESSUS ! Je suis presque sûr que vous ne serez pas déçu si vous aimez les histoires de ce style là. Une merveille pour les grands enfants et les adultes, un livre qui va rester.

Et v’là qu’il fit un rude hiver
Cent congestions en fait divers
Volets clos, on claquait des dents
Même dans les beaux arrondissements
Et personne n’osait plus le soir
Affronter la neige des boulevards… alors…
Les loups sont entrés dans Paris,
Serge Reggiani

Il fallait un grand changement, c’est ce que les gens voulaient, alors ils ont élu le Parti de la Liberté aux dernières présidentielles. Et pour changer… ça change ! Des nuanciers dans les rues pour classer les gens suivant leurs couleurs, les handicapés envoyés dans des centres spéciaux, tout le monde doit se réveiller à la même heure, s’habiller pareil, manger la même chose… Sept enfants racontent tour à tour ce qu’ils vivent, leur vision de ce qu’il se passe, ce que le Parti de la Liberté a changé dans leur vie. On suit, au fur et à mesure des témoignages, les 4 mois après les élections.

C’est un peu le roman dont tout le monde parle en ce moment (télé, radio, blogs,…) et à raison ! (pour une fois qu’on parle autant d’un roman de qualité !). C’est forcément d’actualité avec les élections qui approchent et c’est un super livre pour éveiller la conscience politique des ados. Qu’est ce qui pourrait arriver si… Plutôt qu’un roman ce sont 7 nouvelles (avec une préface de Stéphane Hessel !) écrites par 7 auteures (certaines qu’on adore à La mare aux mots comme Séverine Vidal, Sandrine Beau, Anne-Gaëlle Balpe et Annelise Heurtier et d’autres que je ne connaissais pas Clémentine Beauvais, Agnès Laroche et Fanny Robin, gros coup de cœur pour la plume de cette dernière qui, d’après moi, a écrit la meilleure partie du livre) qui expriment chacune, dans un petit texte, le point de vue d’un personnage différent. Alors bien sûr les nouvelles suivent une chronologie, une même trame mais elles sont aussi assez indépendantes les unes des autres, elles se suffisent à elles mêmes mais ce qui les relie, hormis donc cette histoire de régime totalitaire, c’est que certains personnages se croisent d’une nouvelle à l’autre et tous prononcent cette même phrase On n’a rien vu venir. C’est vraiment un livre à offrir de toutes urgences à vos ados. Car pour que ce genre de chose n’arrive pas la meilleure arme est le bulletin de vote, que les ados le comprennent n’est pas un mal pour que jamais ils ne puissent dire On n’a rien vu venir…

Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève…
Le chant des partisans

Ils sont arrivés un jour, comme ça. Se sont installés dans les maisons et dans les vies. Petit à petit ils ont forcé les gens à travailler pour eux. Les ont privé de leur liberté, de leur nourriture. Qui sont ces invités ?

C’est un petit roman assez étrange voire dérangeant. A peine fini j’ai demandé à ma compagne de le lire également (il se lit très rapidement). Impossible de savoir si j’avais aimé, impossible de savoir de quoi ça parlait. J’avoue d’ailleurs avoir été assez dérangé par le début… qui sont ces étrangers qui envahissent le pays, mangent la nourriture des habitants,… j’ai eu très peur que ça soit une sorte de métaphore de l’immigration. Ma compagne également m’a dit ne pas comprendre de quoi ça parlait et ce n’est que quand nous avons vu sur internet que le sujet était le colonialisme nous avons mieux compris. Cela dit… est-ce qu’il faut avoir besoin de faire des recherches sur un roman pour le comprendre ? Faut-il savoir de quoi parle un roman pour l’apprécier ? Car c’est très bien écrit, on peut l’apprécier pour son style d’écriture et pour son histoire sans savoir de quoi ça parle… Moi ce qui faisait que je ne l’aimais pas c’était ce que j’y projetais… Mais a-t-on besoin de projeter quelque chose ? Ce livre amène pas mal de débat et je n’ai pas été surpris quand j’ai vu que Lecture Jeunesse 83 en proposait un à partir de ce roman précisément (ici). En tout cas c’est un roman qui ne laisse pas indifférent, c’est certain !

6000 Nuits
d’André Borbé
Naïve dans la collection naïveland.
18 €
On n’a rien vu venir
d’Anne-Gaëlle Balpe, Sandrine Beau, Clémentine Beauvais, Annelise Heurtier, Agnès Laroche, Fanny Robin et Séverine Vidal
12 €
Les invités
de Charlotte Moundlic
Éditions Thierry Magnier dans la collection Petite Poche.
5 €

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A part ça ?

Et si dimanche on allait à la chasse aux œufs de pâques ? 52 lieux tels que des jardins publics, châteaux, sites historiques,… accueillent ce dimanche matin les enfants de 5 à 12 ans autour d’énigmes à résoudre en lien avec l’Histoire, l’architecture et les grands personnages qui ont habité ces lieux. Plus d’info : http://www.monuments-nationaux.fr/fr/actualites/a-la-une/bdd/actu/1069/-oelig-ufs-enigmes-et-chocolat/

Gabriel

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