La mare aux mots
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Fleur de Ville

Pas comme les autres

Par 22 juin 2015 Livres Jeunesse

L'enfant derrière la fenêtreIl habite dans la jungle et la jungle, ça fait peur. Trop de bruits, trop d’inconnus. Alors il s’est construit une cabane où il s’est enfermé. Maintenant plus rien ne peut l’atteindre, il n’a plus peur. Il regarde le monde par la fenêtre, il se sent bien. Quand le monde extérieur lui semble trop présent, il se blottit au fond de sa cabane. Quand vraiment il se sent mal, il compte et recompte ses objets. Mais un jour, un enfant apparaît à la fenêtre.
L’enfant derrière la fenêtre est un album qui m’a vraiment ému, touché. Je l’ai terminé avec les yeux humides. On y parle donc, de façon poétique, d’autisme. Le héros de l’histoire s’est construit une cabane pour se protéger du monde extérieur, seul un enfant de son âge arrivera à communiquer avec lui, en gagnant sa confiance, devant le regard ému des parents. Les très belles illustrations de Dani Torrent accompagnent à merveille la poésie du texte d’Anne-Gaëlle Féjoz.
Un très bel album qui parle d’autisme avec délicatesse.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

FadoliOn l’appelle Fadoli. Certains disent que c’est le fada du village. Ça lui est bien égal, lui, il rit en regardant le ciel.
Fadoli de Marie-France Chevron Zerolo et Mathilde Magnan est plus proche du livre d’artiste que de l’album jeunesse. Les planches de Mathilde Magnan, si l’on est sensible à cet univers, sont absolument superbes. Le texte, très court, de Marie-France Chevron Zerolo est extrêmement poétique. Il n’est pas évident que les enfants seront touchés, les adultes très certainement.
Un album pour les amateurs de belles illustrations et de beaux textes.
Le même vu par Le cabas de Za (avec une interview de l’auteure), Bricabook et Délivrer des livres.

Le petit garçon de la forêtLe petit garçon de la forêt hésite à sortir, il attend son nouvel ami, celui qui vit au village et qu’il a rencontré il n’y a pas longtemps. Le petit garçon de la forêt se demande s’il pourra, un jour, quitter cet endroit et vivre avec son ami. Sa forêt le rassure, mais ce qu’il aime c’est être avec son ami, ensemble ils sont bien. Quand il n’est pas là, il se sent triste dans sa forêt, son ami lui manque.
Une des choses qui me plaît particulièrement dans le travail de Nathalie Minne (en dehors de la beauté de ses illustrations), c’est que les portes sont ouvertes, ici on ne vous dit pas forcément de quoi l’on parle, chacun trouvera son interprétation de cette histoire. Est-ce un enfant enfermé dans son monde ? Est-ce qu’on parle de la tristesse ? Est-ce qu’on parle de choses pires encore ? Quelle est cette forêt que l’enfant ne peut quitter, alors qu’il le souhaiterait ?
Un album somptueux, d’une infinie poésie, qui fait la part belle à l’imagination.
Le même vu par Papier de soie et Délivrer des livres.

L'oiseau qui avait avalé une étoileParce qu’il avait avalé une étoile par mégarde, un oiseau était devenu brillant. La nuit, on ne voyait que lui. On le trouvait beau, bien sûr, mais on ne voulait pas le fréquenter. Pensez donc, un oiseau comme ça, ça attire les aigles, les chasseurs ou les crocodiles ! Alors, seul, l’oiseau pleura, il pleura des larmes scintillantes et de ses larmes naquit une fleur, une magnifique fleur.
L’oiseau qui avait avalé une étoile, de Laurie Cohen et Toni Demuro, est un magnifique album sur ceux qu’on rejette parce qu’ils sont différents, alors qu’ils peuvent tant nous apporter. On pourra y voir une métaphore sur les artistes, parfois rejetés alors qu’ils nous apportent la beauté, la lumière. Le texte est poétique et sensible, deux qualificatifs qui décrivent aussi, parfaitement, les superbes illustrations de Toni Demuro.
Un bel album pour se rappeler que les gens différents ne méritent que notre admiration.
Le même vu par Livres et merveilles.

Bienvenue chez les tous-pareilsDeux planètes étaient proches l’une de l’autre. La planète des Tous-pareils et la planète des Tous-différents. Sur la première vivaient des êtres bleus. Ils faisaient tous la même taille, le même poids, ils étaient tous très beaux. Pour se distraire, ils lisaient tous le même livre, regardaient le même film. Pour se nourrir, ils mangeaient et buvaient tous la même chose. Sur l’autre planète, vous vous en doutez, ce n’était pas vraiment la même chose…
Même si je dois avouer ne pas avoir accroché sur les illustrations de Bienvenue chez les Tous-pareils, cette ode à la différence (car, vous vous en doutez, on va trouver que c’est quand même bien mieux sur la planète des Tous-différents) m’a plutôt réjoui. On peut voir ici aussi une métaphore sur les artistes (en arrivant chez les Tous-pareils, trois habitants de la planète des Tous-différents vont colorer le monde et les gens seront divisés face à ce nouveau phénomène). On parle aussi du rejet des gens différents (sur la planète des Tous-pareils ceux qui naissent différents sont mis à part).
Un album pour se rappeler l’importance de ne pas être tous pareils.
Le même vu par Parfums de livres.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Marie-France Chevron Zerolo (Mee, petite fille du matin calme), de Nathalie Minne (Le petit voleur de temps), de Laurie Cohen (La coccinelle et le caméléon, Dans la nuit noire, Une touche de…, Mon ami imaginaire, À la campagne, Ma maison du bout du monde, Si petit, Si grand, Et toute la ville s’éveille, Est-ce que vous m’aimerez encore…?, Dans le ventre de maman et Ma voisine est une sorcière), de Toni Demuro (Célestin rêve et La cheneuille) et d’Edwige Planchin (Le Noël Vert de Siméon).

L’enfant derrière la fenêtre
Texte d’Anne-Gaëlle Féjoz, illustré par Dani Torrent
Alice Jeunesse
12,90 €, 237×297 mm,35 pages, imprimé en Belgique, 2015.
Fadoli
Texte de Marie-France Chevron Zerolo, illustré par Mathilde Magnan
Éditions courtes et longues
22 €, 236×333 mm, 44 pages, lieu d’impression non indiqué, 2015.
Le petit garçon de la forêt
de Nathalie Minne
Casterman dans la collection Les albums Casterman
13,95 €, 280×360 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2012.
L’oiseau qui avait avalé une étoile
Texte de Laurie Cohen, illustré par Toni Demuro
La palissade
14,50 €, 205×290 mm, 36 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Bienvenue chez les Tous-pareils
Texte d’Edwige Planchin, illustré par Cédric Forest
Fleur de ville
11,90 €, 195×195 mm, 32 pages, imprimé en Catalogne chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

Gabriel

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Pour apprendre autrement !

Par 8 mai 2015 Livres Jeunesse

AlphaConnaissez-vous le code alpha international, ou alphabet radio ? C’est un code utilisé dans l’aviation, la police ou chez les pompiers, pour communiquer par radio en étant sûr de se faire comprendre et où chaque lettre correspond à un mot. Par exemple, vous voulez épeler le mot « banane » (oui, je suis sûre que les pompiers utilisent beaucoup le mot « banane »), vous dites : bravo-alpha-november-alpha-november-echo. Finies les conversations du type :
« B.
– Hein ?
– B.
– J’ai pas compris. D comme David ou P comme Paulette ?
– Nan, B. Comme Bernard. »
De cet alphabet dont je viens de prouver l’utilité au quotidien (sauf que personne ne le connaît, donc en fait ça sert à rien), Isabelle Arsenault, déjà connue pour ses superbes ouvrages Jane, le renard & moi, et Virginia Wolf, tire un abécédaire tout en finesse et en sensibilité. Sur la page de gauche, les mots de l’alphabet radio, sur la page de droite, l’illustration correspondante. Face à « delta », un avion en papier. Face à « hotel », une maison rouge de Monopoly. Face à « Juliet », un flacon dans lequel se dessine le reflet d’une jeune fille. Face à « Romeo », un poignard dans lequel se dessine le reflet d’un jeune homme. Eh oui, on ne pouvait pas attendre d’Isabelle Arsenault un abécédaire basique : dans ce code très terre-à-terre, elle a vu un magnifique moyen de familiariser les enfants à l’alphabet et au langage codé et, y insufflant son talent, elle en a fait de la poésie.
Des extraits sur le site de l’auteure.

Ab et CéAb est un grand bonhomme rouge, Cé est un petit bonhomme noir, et tous deux sont amis. Ils ne se parlent pas beaucoup, pas du tout même, mais ensemble, ils sautent d’une falaise en feu et plongent dans une flaque, ils rencontrent un koala qui les invitent à manger, ils dorment à la belle étoile mais sont surpris par l’orage, ils s’échappent d’un zoo tenu par un zèbre… Bref, ils en vivent, des aventures, en 26 lettres !
Cet album, qui se déplie comme un accordéon, est un abécédaire, comme le laisser présager son titre, mais un abécédaire un peu particulier, puisqu’il est consacré aux onomatopées ! « Aaahh » fait Cé quand il tombe, « Boum » fait son avion quand il s’écrase, « Ding Ding Ding » fait la cloche du bateau qui passe derrière eux, « Grrr » fait la grenouille sur laquelle ils sont tombés… On suit avec plaisir les deux petites créatures qui passent d’une île à la jungle, d’un bivouac en montagne à un poulailler, d’une usine à l’enclos d’un yack. Au premier coup d’œil, on se demande où est la cohérence, en dehors des onomatopées, pourquoi avoir mis des quilles dans le poulailler, pourquoi avoir fait passer une navette spatiale dans la nuit étoilée… Et puis ça fait tilt ! Ce qu’on avait pris d’abord pour un « simple » abécédaire des onomatopées se transforme en imagier, et on reprend chaque volet de l’accordéon cartonné pour trouver dans les très jolis dessins colorés tous les mots qui commencent par la lettre concernée. Et c’est assez génial !

Les petites heuresOn ne dirait pas comme ça, mais les enfants ont des journées rudement chargées, comme Tom. À 7 h 50, c’est l’heure du chocolat chaud : hum, la bonne odeur du cacao. À 8 h 10, c’est l’heure des chasses aux trésors : où est donc passée la deuxième chaussure ? À 10 h, c’est l’heure du Top départ : faites vrombir les tricycles ! À 13 h 35, c’est l’heure de rien, parce que c’est bien, parfois, de ne rien faire. À 15 h 15, c’est l’heure des couleurs : à vos pinceaux ! À 18 h 15, c’est l’heure des grandes traversées… dans le bain ! Et à 20 h 30, c’est l’heure des songes et de leurs mondes incroyables !
Pas facile pour les enfants de se figurer le temps qui passe et l’emploi du temps de la journée, surtout quand on ne sait pas lire l’heure. Voilà une jolie façon d’apprendre les heures importantes de la journée et de les rassurer sur ces moments loin de la maison qui peuvent leur sembler insurmontables. Avec beaucoup de poésie, Gwen Keraval donne vie à tous les « grands » moments des journées des enfants, avec de très belles illustrations au charme vintage. Celle de l’heure des songes est vraiment splendide !
Des extraits sur le site de l’auteur.
Le même vu par La Soupe de l’espace et Maman Baobab

Il est midi petite sourisQu’est-ce qu’elle travaille, la p’tite souris ! Le lundi, à Paris, dans la chapelle, elle fait de la dentelle ; le mardi, à Quimper, dans un hôtel, elle fait des bretelles ; le mercredi, à Angoulême, dans la ruelle, elle fabrique des ombrelles ; le jeudi, à Saint-Leu, sur la passerelle, elle tricote des gilets de flanelle… Quelle semaine !
L’auteure Bernadette Pourquié reprend ici la comptine « Bonjour Madame, quelle heure est-il ? », en imaginant d’autres situations, dans d’autres villes, avec d’autres personnages. Chaque page est l’occasion pour l’enfant d’apprendre sans en avoir l’air : les jours de la semaine d’abord, les villes ensuite, les couleurs enfin. Dans des tons plutôt gris, rehaussés par quelques touches de couleurs, les illustrations mettent en situation des personnages dans leur vie quotidienne, avec des adultes, des enfants, des animaux, et plein de détails à repérer : les enfants adorent ! Si après ça, ils ne connaissent pas les jours de la semaine sur le bout des doigts, il n’y a plus d’espoir que ça arrive un jour !
Le même vu par Le tiroir à histoires.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Isabelle Arsenault (La Boîte à souvenirs), de Matthieu Maudet (Le MoustocOuvre-moi ta porteUn jeune loup bien éduquéLa croccinelleLe çaBonjour facteur et Bonjour docteur), de Gwen Keraval (La Princesses Tralala10 contes de ChineDrôle de planète !Yoshka et La sorcière au nez de fer) et de Aude Poirot (Le charme d’Angèle et La chauve-souris). Retrouvez aussi notre interview de Matthieu Maudet.

Alpha
D’Isabelle Arsenault
La Pastèque
15 €, 197×197 mm, 60 pages, imprimé en Asie, 2015.
Ab et Cé
De Matthieu Maudet
l’école des loisirs, dans la collection loulou & cie
11,30 €, 288×282 mm, 28 pages, imprimé en Malaisie, 2015.
Les petites heures
De Gwen Keraval
Fleur de Ville
12,90 €, 195×195 mm, 30 pages, imprimé en Catalogne 2014.
Il est midi petite souris
Texte de Bernadette Pourquié, illustré par Aude Poirot
Frimousse
15 €, 207×308 mm, 18 pages, imprimé en Slovénie, 2014.

Marie

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Chiens sensibles

Par 8 novembre 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux albums qui ont du chien !

Ma vie de chienGisèle vit dans la rue. Elle adopte un petit chien, qui nous raconte leur quotidien : les poubelles, le terrain vague, le regard des passants, les rêves d’ailleurs et de meilleur,… Pour permettre à Gisèle d’intégrer un foyer dans lequel les animaux ne sont pas admis, le chien s’en va… Mais une telle amitié résiste aux aléas de la vie…
Avec délicatesse, pudeur et émotion, France Quatromme nous livre une magnifique histoire sur les difficultés quotidiennes de la vie, et particulièrement de ceux qui doivent vivre dehors, sans toit et sans ressources. Ce n’est jamais larmoyant, mais très émouvant, et les très belles illustrations de Daphné Collignon, qui mêlent collages et dessin, contribuent à l’atmosphère pleine de douceur et de tendresse qui émane de ce petit album carré. Espoir et entraide sont au cœur de l’histoire, sans toutefois cacher la misère et les difficultés !
Ma vie de chien est un magnifique album pour aborder des sujets forts comme la précarité, la solitude, et les difficultés sociales, mais aussi l’importance de l’amitié et de la solidarité !

doberman super-hérosDoberman trouve sa vie bien morne, et a l’impression de n’être utile à personne. Il voudrait tellement être un super-héros ! Malheureusement, à part le nom qui termine en « man » il n’a a priori pas grand-chose à voir avec les Spiderman, Superman, ou Batman qu’il admire… Aidé de son ami et conseiller le plus fidèle, un chat blanc, il va tout faire pour se transformer en super-chien ! Mais le costume, ça ne va pas, le flair, ce n’est pas trop ça, et le vol plané n’en parlons pas,… Et pourtant : Doberman a bien un rôle important à jouer et une mission à accomplir !
Que d’humour dans cet album ! Elsa Devernois joue avec les mots, et glisse des phrases à double sens dans toutes les pages ! C’est donc drôlement plaisant à lire, même pour des adultes ! Doberman est touchant, manque de confiance en lui et fait tout pour prouver qu’il a l’étoffe d’un héros. Son ami le chat le soutient et le conseille, mais ne manque pas non plus de lui rappeler qu’il possède déjà en lui des qualités que d’autres non pas, sans devoir avoir recours à des artifices ! En ajoutant à cela une chute bien pensée, et les illustrations d’Éric Gasté  expressives et colorées, on peut dire que Doberman super-héros est un album réussi, pour apprendre à se faire confiance et à être soi-même !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de France Quatromme (L’ours masqué, Habille-toi Zaza !, Les monstres de la nuit et Le géant de la grande forêt) et Éric Gasté (Monsieur le loup, Jupiter est amoureux et Le petit Poucet en version audio). Retrouvez également notre interview de France Quatromme.

Ma vie de chien
Texte de France Quatromme, illustré par Daphné Collignon
Fleur de Ville
12,90 €, 196 x 198 mm, 30 pages, imprimé en Catalogne chez un imprimeur éco-certifié, 2014.
Doberman super-héros ?
Texte d’Elsa Devernois, illustré par Éric Gasté
L’élan vert
12,70 €, 236 x 296 mm, 18 pages, imprimé en Chine, 2014.

À part ça ?

Si vous êtes aujourd’hui dans les environs de Villeneuve-Lez-Avignon, passez par La Chartreuse, le Centre National des écritures du spectacle. Dans le cadre d’Architecture en fêtes, conférences, ateliers, visites ludiques vous attendent ! Une belle journée en perspective !

Marianne

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