La mare aux mots
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Florian Le Priol

L’histoire vous dit peut-être quelque chose…

Par 4 mai 2015 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose une sélection d’ouvrages dont les histoires sont généralement connues… mais qui s’éloignent parfois de l’originale.

une bible 3dAu début, il n’y avait rien. Rien. Rien du tout. Puis Dieu a inventé la lumière et bien d’autres choses, dont l’Homme. Le premier s’appelait Adam. D’une de ses côtes, Dieu fit la première Femme, elle ne portait pas de nom. Ils vivaient heureux dans l’Eden jusqu’au jour où la femme fit ce qui était pourtant interdit : croquer dans une pomme de l’arbre de la connaissance. Ensuite, il y eut Caïn et Abel, Noé, Abraham et plus tard, bien plus tard, Jésus.
Que l’on soit croyant ou non, Une bible de Philippe Lechermeier et Rebecca Dautremer est un sublime ouvrage. Près de 400 pages magnifiquement (et le mot est faible) illustrées. Certaines histoires sont connues soit parce qu’on a une culture chrétienne, soit parce qu’on a regardé les grosses productions cinématographiques avec Charlton Eston. On parle du déluge et de Noé, de l’exode et de Moïse qui ouvrit les eaux, de Jonas et du poisson géant, la crucifixion de Jésus… Les Une biblehistoires sont de beaux contes, surtout racontés par Philippe Lechermeier qui alterne les genres littéraires (prose, poésie, théâtre…). C’est souvent très noir et ça ne s’adresse pas aux plus jeunes. C’est, dans tous les cas, un ouvrage extraordinaire, un livre comme on en voit peu, entre le livre d’art et l’album jeunesse, un livre qu’on ne se lasse pas de feuilleter, de regarder, d’admirer. Le genre de livre qu’on ne range pas dans une bibliothèque, qu’on laisse plutôt à portée de main, qu’on soit croyant ou non.
Un des textes les plus anciens, revu pour être relu « comme un roman », sublimé par les illustrations extraordinaires d’une de nos plus grandes illustratrices.
Plus d’informations (extraits, vidéos…) sur le site de Rebecca Dautremer.
Le même vu par Le cabas de Za et Livres et merveilles.

La moufle Palluy RibeyronAlors qu’il marchait dans la neige, Igor a perdu sa moufle. Pour Souris Jolie, c’est une aubaine ! Elle a trouvé où se protéger du froid. Mais alors qu’elle est bien installée, elle entend un petit bruit, c’est Grenouille Fripouille qui aimerait bien la rejoindre… Sourie Jolie ne peut pas laisser son amie dehors, elle l’invite. Tant qu’ils ne sont que deux…
Christine Palluy réécrit ce grand classique en lui donnant une nouvelle fin. Le texte est poétique et les mots bien choisis, c’est un régal de le lire à voix haute. Les illustrations sont signées par le génial Samuel Ribeyron, un pur bonheur !
Un conte classique revisité avec poésie tant dans le texte que dans les illustrations. Une des (la ?) plus belles versions du conte.
Le même vu par Des livres etc et Enfantipages.

Le Petit Chaperon rouge reste un des plus grands classiques et surtout un des contes les plus revisités. Trois nouvelles versions viennent de sortir.

Le Petit Chaperon rouge n'a pas tout vuElle a neuf ans et vit avec sa mère. Elle adore le rouge alors sa mère lui a fait un manteau rouge à capuche. Elle l’adore et le porte tout le temps, si bien qu’on l’a appelée Le Petit Chaperon rouge. Aujourd’hui, elle va voir sa grand-mère quand, tout à coup, elle heurte une chose poilue et malodorante…
Beaucoup d’humour dans Le Petit Chaperon rouge n’a pas tout vu, mais un humour subtil, poétique. On rencontre les personnages (Le Petit Chaperon rouge, le loup, les animaux de la forêt et la grand-mère) un par un et ils s’expriment tous à la première personne. Le loup est gourmand mais n’a aucune intention de manger qui que ce soit ! Les illustrations sont délicates. La fin risque de vraiment vous surprendre !
Une version poétique et drôle du Petit Chaperon rouge.

Le petit chaperon rouge les contes défaitsParce que sa mère était folle de rouge, elle ne l’habillait qu’en cette couleur. Elle lui avait même fait faire un petit chaperon rouge, forcément c’était devenu son surnom. Un jour qu’elle allait voir sa mère-grand malade pour lui porter un petit pot de beurre et une galette elle rencontra un loup un peu menteur…
Pas le même genre d’humour que dans le précédent, ici, on se marre bien. Le Petit Chaperon rouge consulte un psy à cause de sa mère qui ne l’habille que d’une couleur ou demande à un facteur combien ça coûterait de poster le petit pot de beurre et la galette plutôt que de se déplacer. Les répliques de la petite fille et du loup sont tordantes et la fin (un peu cruelle) a scié ma fille !
Une version loufoque du Petit Chaperon, un humour très BD.

Un petit chaperon à croquerIl était une fois une petite fille qu’on surnommait Le Petit Chaperon rouge à cause de son habit. Elle avait un sacré caractère et à force de lire l’histoire du Petit Chaperon rouge elle savait qu’il fallait se méfier du loup… pourtant un jour elle fit exprès de parler fort pour l’attirer, et forcément il arriva…
Une autre version pleine d’humour du célèbre conte. L’auteur se sert du fait que tout le monde connaisse l’histoire (y compris les héros) pour tout chambouler. Là encore, c’est assez proche de l’univers BD tant dans l’ambiance que dans les illustrations (et la plupart du texte est sous forme de dialogue dans des bulles).
Une version déjantée et vraiment drôle du Petit Chaperon rouge.

On quitte le Petit Chaperon rouge (mais vous trouverez tous les Petit Chaperon rouge qu’on a croisé sur le blog ici)… même si l’on va le recroiser dans les deux albums suivants.

La petite fille de pain d'épiceSongeant à sa propre fille, une vieille dame avait cuisiné une petite fille de pain d’épice. Mais à peine l’avait-elle mise sur le rebord de la fenêtre pour refroidir que celle-ci s’était enfuie pour ne pas être mangée… Sauf qu’elle tomba nez à nez avec Le Petit Chaperon rouge qui justement n’avait plus de galette à cause d’une grand-mère trop gourmande. Notre petite fille de pain d’épice fila et rencontra… le Petit Poucet !
Vous l’aurez compris, ici Céline Lamour-Crochet adapte le Petit bonhomme de pain d’épice et lui fait rencontrer des personnages de contes. Les enfants adorent retrouver dans des histoires inédites des personnages qu’ils connaissent déjà. Ici, ils sont ravis de voir à chaque page le héros d’un de leurs contes préférés. Florian Le Priol accompagne le texte avec des couleurs chaudes et des illustrations pleines de vie.
Un conte revisité qui va ravir ceux qui aiment recroiser les personnages de leurs histoires préférées.

Il n'y a pas d'autruches dans les contes de féesJe ne sais pas si vous avez remarqué (c’est pourtant évident), mais dans les contes dont nous venons de parler (et dans ceux dont nous allons parler ensuite), il n’y a pas d’autruche ! Je sens que vous êtes en train de réfléchir, « même dans… » et non dans aucun ! Vous allez peut-être trouver ça étrange, vous allez penser à un oubli ou un complot anti-autruche. Rien de tout ça, il y a une bonne raison à cette absence.
Dans cet album hilarant, Gilles Bachelet met en situation l’autruche dans les contes classiques et très vite on comprend pourquoi cet animal est absent de ces histoires. Imaginez l’autruche avec un chaperon rouge, dans un lit pendant cent ans ou face à sept nains… Gilles Bachelet s’amuse à ridiculiser l’animal… et l’on s’amuse avec lui.
Dix-huit grandes planches pleines pages pour un album drôle et décalé.

Rapidement, quelques autres livres de contes récemment sortis.

pas de violon pour les sorcièresTrois sorcières sont entrées sans frapper dans la maison de la famille ours. Elles ont décroché les violons du mur et en ont joué mais les ont cassés. Papa ours s’est demandé qui avait joué de sa contrebasse, maman ours s’est demandé qui avait joué de son violoncelle et Petit Ours s’est demandé qui avait joué de son violon.
Une version pleine de rythme des trois petits cochons illustrée par Joëlle Jolivet.

le vilain petit canardUne cane qui couvait eut la surprise de voir sortir de l’un de ses œufs un caneton très laid. Très vite, elle décida de s’en débarrasser, comment pouvait-elle élever un enfant aussi différent ? Notre vilain petit canard erra donc avant de rencontrer quelqu’un qui l’accepta. Un classique d’Andersen, revisité ici par Pascal Vilcollet dans un album petit format.

Les musiciens de BrêmeQuatre animaux (un âne, un chien, un chat et un coq) dont plus personne ne voulait se rencontrèrent un jour. Ensemble, ils décidèrent de partir à Brème pour être musiciens. Mais leur route croisa celle de dangereux bandits. Ensemble, on est plus forts. Un classique des frères Grimm qui ressort en format souple chez le Père Castor illustrée par Amélie Dufour.

la Belle au bois dormant MajewskiParce qu’une méchante fée lui avait jeté un sort, une princesse était condamnée à dormir cent ans. Dans cette belle version illustrée par Marc Majewski, l’histoire ne s’arrête pas au mariage avec le prince, la suite de l’histoire (que je n’avais lue que dans le magnifique ouvrage de Jean-Jacques Fdida) est aussi présente.

Le Chat bottéLe fils d’un meunier ne reçut qu’un chat comme héritage. Il trouvait cet animal totalement inutile. La suite de l’histoire lui prouva le contraire. Autre grand classique sorti dans la même collection que le précédent (Contes & Classiques chez Magnard Jeunesse), Le Chat botté est, quant à lui, joliment illustré par Sandrine Desmazières.

les contes de fées illustrés usborneLa belle au bois dormant, Le Rossignol et l’empereur, La Belle et la Bête, Le Peintre et les dragons, La Fille du roi et la grenouille et cinq autres contes classiques sont regroupés dans Les contes de fées illustrés sorti chez Usborne. On aime les recueils de contes (surtout avec une belle couverture à l’ancienne comme ici), malheureusement les illustrations intérieures sont d’une autre époque… et pas de la meilleure !
Le même vu par Maman Baobab.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqués des ouvrages de Philippe Lechermeier (Ce qu’il y avait sur l’image…), de Rébecca Dautremer (Babayaga, Le loup de la 135e, La chèvre aux loups et Les deux mamans de Petirou), de Christine Palluy (Les Tip-Top et les plans secrets, Qui a enlevé Odilon ?, Histoires d’aventurières, Princesses d’Afrique, Princesses de la cour de Versailles aux palais de Vienne et Princesses de tous les pays), de Samuel Ribeyron (Yllavu, Ce n’est pas très compliqué, Les plus belles chansons anglaises et américaines, 38 perroquets, Le grand papa et sa toute petite fille, Super Beige, Super Beige, le retour, Beau voyage, Yllavu, Pi, Po, Pierrot et Salade de fruit. Et aussi les films Et 10,11,12 Pougne le Hérisson, L’hiver de Léon, Le printemps de Mélie et L’été de Boniface), de Charles Perrault (Peau d’âne, Le chat botté, Cendrillon, Le chat beauté, Le petit chaperon rougeLe chat botté et Le petit Poucet dans la collection Les contes en chanson chez Larousse, Peau d’âne illustré par Charlotte Gastaut, Le petit chaperon rouge dans une version « herbier » et une version sans texte et Cendrillon en petit théâtre d’ombre), de Zelda Zonc (C’est pas toi qui commandes !, On est de vrais espions !, Kikekoa et Ornicar, On est de vrais espions !), de Rémi Chaurand (Quel beau troubadour !), de Céline Lamour-Crochet (La veilleuse pour Juliette, Laurélie la chauve souris et Ydriane), de Florian Le Priol (Patatra la p’tite sorcière et les crapauds), de Gilles Bachelet (Le chevalier de Ventre-à-terre), de Joëlle Jollivet (Le ventre de l’arbre et autres contes d’Afrique de l’Ouest, Légendes de Bretagne, Le schmat doudou, Au loup, Zoologique et 10 p’tits pingouins autour du monde), de Kochka (Les cygnes sauvages, À l’heure du loup, Le rossignol et l’empereur de Chine, Peau d’Âne et Dans ma ville il y a…), des Frères Grimm (Contes de Grimm, Grimm contes choisis, Tom Pouce, Les musiciens de Brême, Le vieux Cric Crac, Le voleur de lune, Les musiciens de Brême, L’homme à la peau d’ours, Tom Pouce, Le petit chaperon rouge, Blanche Neige, Hansel et Gretel et Hans la chance), d’Amélie Dufour (Tom Pouce et Où est cachée la maîtresse ?) et de Sandra Desmazières (Le garçon qui voulait se déguiser en reine). Retrouvez aussi notre interview de Christine Palluy, de Samuel Ribeyron et de Florian Le Priol

Une bible
Textes de Philippe Lechermeier, illustrés par Rebecca Dautremer
Gautier Languereau
45 €, 250×275 mm, 381 pages, imprimé en Italie, 2014.
La moufle
Texte de Christine Palluy, illustré par Samuel Ribeyron
Milan dans la collection Mes albums Milan
9,90€, 205×255 mm, 40 pages, imprimé en Espagne, 2015.
Le Petit Chaperon rouge n’a pas tout vu
de Mar Ferrero (traduit par Cécile Hermellin)
Gallimard Jeunesse Giboulées
10,50 €, 180×238 mm, 40 pages, imprimé en Espagne, 2015.
Le Petit Chaperon rouge
Texte de Fabrice Colin d’après Charles Perrault, illustré par Zelda Zonk
Playbac dans la collection Les contes de fées défaits
11,90 €, 207×245 mm, 32 pages, imprimé en Slovénie chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Un petit chaperon à croquer
Texte de Rémi Chaurand, illustré par François Maumont
Milan dans la collection Mes albums Milan
9,90€, 200×245 mm, 24 pages, imprimé en Espagne, 2015.
La petite fille en pain d’épice
Texte de Céline Lamour-Crochet, illustration de Florian Le Priol
La Palissade
13,90 €, 290×195 mm, 36 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Il n’y a pas d’autruches dans les contes de fées
de Gilles Bachelet
Seuil Jeunesse
15,20 €, 300×305 mm, 22 pages, imprimé en Belgique, 2008.
Pas de violon pour les sorcières
Texte de Catherine Fogel, illustré par Joëlle Jolivet
Seuil Jeunesse dans la collection Seuil’issime
5,90 €, 150×190 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015 (première édition 1995).
Le Vilain Petit Canard
Texte de Sophie Koechlin d’après Andersen, illustré par Pascal Vilcollet
Deux coqs d’or dans la collection Mes contes préférés
4,90 €, 153×156 mm, 32 pages, imprimé en Roumanie chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Les musiciens de Brême
Texte de Kochka d’après les Frères Grimm, illustré par Amélie Dufour
Père Castor dans la collection Les classiques du Père Castor
4,75 €, 210×180 mm, 24 pages, imprimé en France, 2015.
La Belle au bois dormant
Texte de Charles Perrault, illustré par Marc Majewski
Magnard Jeunesse dans la collection Contes & Classiques
13,90 €, 280×238 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Le Chat botté
Texte de Charles Perrault, illustré par Sandra Desmazières
Magnard Jeunesse dans la collection Contes & Classiques
13,90 €, 280×230 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Les contes de fées illustrés
Collectif
Usborne
16,95 €, 181×229 mm, 352 pages, imprimé en Chine, 2015


À part ça ?

conteurs.netVous aimez les conteur-euse-s, vous voulez recevoir un-e conteur-euse dans votre structure ou vous êtes vous-même conteur-euse ? Conteurs.fr c’est le portail du conte et des arts de la parole. On peut y trouver les festivals ou les spectacles qui vont se dérouler près de chez nous, contacter des conteur-euse-s, regarder des vidéos, voir les dernières parutions de CD/DVD et bien d’autres choses encore. Le site est un peu confus, pas toujours facile de s’y retrouver mais avec un peu de patience et de recherche vous devriez trouver ce que vous cherchez ! Une newsletter hebdo vous assurera de ne rien louper. Vous pouvez vous y abonner ici.

Gabriel

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Les invité-e-s du mercredi : Florian Le Priol et Frédérique, institutrice (+ concours)

Par 1 avril 2015 Les invités du mercredi

L’invité de ce mercredi c’est Florian Le Priol, jeune illustrateur que je suivais sur les réseaux sociaux et que j’ai rencontré au Salon de Paris. Son talent et sa gentillesse m’ont donné envie d’en savoir plus sur lui, et de vous le faire découvrir. À la suite de cette interview, grâce à La Palissade, l’un de vous pourra gagner son dernier album  ! Puis nous avons rendez-vous avec la rubrique Dans la classe de, cette fois-ci c’est Frédérique, institutrice en maternelle, qui nous parle des livres de sa classe. Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Florian Le Priol

Florian Le PriolQuel a été votre parcours ?
J’ai fait un bac littéraire au lycée Jeanne d’Arc à Pontivy en Bretagne et je suis tout de suite allé après l’obtention de mon diplôme en 2006, dans une école d’art appelée « l’école Pivaut » sur Nantes. J’ai réussi le concours d’entrée et cela m’a ouvert les portes de trois années d’apprentissage intensives qui m’ont permis de progresser à grande vitesse dans la pratique du dessin et de ses connaissances fondamentales. Je suis donc arrivé dans cette nouvelle ville, la guitare et le carton à dessin sous le bras, 18 ans, prêt à en découdre. J’habitais au fond d’un jardin dans un ancien garage réaménagé en petit appartement. L’aventure commençait ! Pendant trois ans, pas d’internet, pas d’ordi, pas de tablette graphique chez moi, juste des feuilles et de la peinture, je n’avais jamais eu l’habitude d’internet quand j’étais chez mes parents, donc pas de manque !
Florian Le PriolLa première année était un tronc commun avec une multitude de cours divers et variés tout en étant techniques et en restant toujours dans le domaine du dessin. Au programme perspective, modèle vivant, sculpture, story-board, bande dessinée, cours de couleurs et décors, etc. La deuxième année était une spécialisation, j’ai choisi par envie, la branche dite du « Dessin d’animation », voie qui me donnait l’opportunité d’apprendre encore de nouvelles choses plus approfondies. La dernière année fut assez intense, car nous avions un court métrage à réaliser seul de A à Z : de l’ébauche de l’histoire, en passant par le story-board, le montage de l’animatic, la création des décors, animation, montage, musique, FX et tout ça bien entendu sur du très bon matériel fournit par l’école, des Cintiq, le Graal des illustrateurs. Nous étions aussi, bien entendu, suivis par nos professeurs et intervenants de renom. À côté de ça je réalisais lors de mes temps libres, des vidéos de montage avec des effets spéciaux sur after-effect, cela m’a permis d’apprendre à utiliser ce logiciel qui m’a bien aidé par la suite à trouver du travail !
Florian Le PriolMon court métrage s’appelait LUZ, durée sept minutes, qui racontait l’histoire d’un inventeur habitant dans une caravane en haut d’un arbre géant et qui avait trouvé le moyen de faire se lever le soleil par le biais d’un vélo volant magique. Grâce à ce film j’ai terminé premier de ma section en 2009 mention félicitation du jury. Je suis ensuite parti en stage au sein du studio d’animation « 2 minutes » dans la ville d’Angoulême où j’étais animateur Flash. LUZ a été plus tard acheté par la bibliothèque de la cité des sciences de Paris, après avoir fait quelques festivals sur grand écran !
Je suis ensuite allé travailler quelques semaines sur Paris dans le studio d’animation « Caribara » où je remplaçais un directeur artistique qui était absent, je faisais juste des montages et de l’animation sur after-effect je n’étais pas en charge du reste de son travail. J’ai ensuite travaillé pour cette boîte depuis chez mes parents en Bretagne : montage d’animatic, reportage, etc.
Patatra la p'tite sorcièreLe hasard et les rencontres ont fait que je me suis orienté vers l’univers des livres jeunesse, et le domaine de l’animation s’est éloigné naturellement. Un jour, une auteure, Juliette Parachini, m’a contacté, car elle était tombée par hasard sur un dessin de mon site internet. Ce dessin était la représentation exacte d’une histoire qu’elle avait écrite, et cela collait parfaitement ! Comme quoi le hasard n’existe pas, nous avons donc monté un projet commun et démarché les maisons d’édition. Ce projet Le semeur de notes est finalement sorti très longtemps après, mais cela a été mon premier contact dans ce milieu. De fil en aiguille j’ai décroché un deuxième contrat et je commence aujourd’hui tout doucement et découvrir ce milieu que je trouve formidable ! (il y a les mauvais côtés aussi et les mauvaises personnes, mais restons optimistes !)

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Quelles techniques ? Un peu de tout ! Je dessine énormément au stylo Bic dans la rue, notamment aussi pour tous les croquis, recherches et ébauches de planches, de pages et de compositions pour mes projets. J’ai aussi une grande affinité avec les encres aquarellesFlorian Le Priol et l’aquarelle en général, j’ai toujours aimé travailler ce médium riche en couleur et en pigment. Je faisais aussi pas mal de peinture en plein air à l’acrylique sur des petits carnets. Désormais, vu que je possède une tablette graphique, la plupart de mes travaux pros (quasiment la totalité) sont ainsi terminés sur Photoshop. J’ai travaillé pendant un moment sur Corel Painter, mais je passais trop de temps à peaufiner les détails et c’était moins pratique, Photoshop m’a fait gagner du temps ! Et en manipulant les brosses, j’ai réussi à y trouver une certaine affinité que je travaille tous les jours, en essayant de montrer mes travaux le plus régulièrement possible, notamment grâce aux réseaux sociaux.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
J’ai été bercé petit par les livres audio pour enfants,  Mes histoires à moi, les plus belles histoires du monde où toutes les deux semaines je recevais un livre avec 5/6 histoires illustrées avec une cassette audio qui racontait en musique et en parole chaque aventure. Et on suivait aussi au fur et à mesure des numéros une histoire qui était récurrente, celle du Magicien d’Oz. J’étais transporté à chaque fois. C’est pour ça que je trouve merveilleux Florian Le Priolaujourd’hui de pouvoir dessiner des livres jeunesse, et de réussir, à ma mesure, à faire rêver des enfants en les faisant voyager dans des histoires imaginaires. Plus tard j’ai été aussi emporté par la trilogie de Philip Pullman, Les royaumes du nord que j’ai dû relire au moins 5 à 6 fois dans son intégralité et dont j’adore toujours autant l’univers (je pense que c’est cette trilogie qui m’a imprégné de cet univers fantastique que j’aime tant, et qui m’a donné aussi l’envie d’écrire à mes heures perdues). Ensuite, forcément, comme pas mal de personnes de ma génération, j’ai été un grand fan de toute la série des Harry Potter, toujours ce côté fantastique onirique que j’aimerais développer plus dans mon travail. Bien entendu il y’a encore bon nombre d’ouvrages que je pourrais décrire et qui m’ont inspiré, mais je vais terminer sur l’univers de Bernard Werber que j’adore. Que ce soit depuis sa trilogie des Fourmis à sa dernière trilogie La voix de la terre, ses romans m’ont toujours fait voyager, me poser des questions, et développer mon imagination. Forcement il y a aussi les Jules Verne, Jack London, etc. ! Il y a de quoi faire ^^

La petite fille de pain d'épiceParlez-nous de votre travail sur La petite fille en pain d’épice
Pour ce projet je me suis réellement fait plaisir, une partie du livre a été réalisée sur papier : crayons, encres aquarelles pour les personnages, et l’autre partie, les décors qui sont entièrement en numérique sur Photoshop. C’était un joli mix à trouver, une bonne cuisine personnelle pour que, au final ce soit plaisant au regard. Cela faisait pas mal de temps que je n’avais pas travaillé les encres pour un contrat de livre, je remercie les éditions de La Palissade pour m’avoir donné leur confiance, en espérant que ce projet ouvrira la voie sur un autre ouvrage chez eux !

Quels sont vos projets ?
Actuellement je suis sur le troisième livre de la collection Patatra la p’tite sorcière publiée aux éditions Karibencyla. Ensuite je dois enchaîner sur plusieurs projets pour les éditions Le roi de la jungle marmaille et compagnieMarmaille et compagnie, notamment un projet de livre encore mystérieux dont je ne peux dévoiler pour le moment le nom ou les personnes qui seront dans le projet (en cours de négociation), si ce projet prend un peu plus de temps à voir le jour je partirais sûrement sur la suite de mon premier livre chez eux, la suite des aventures du petit lion qui ne voulait pas dormir écrit par Julie Bélaval Bazin.
Pour le moment je me laisse guider par les rencontres et essayant de faire du bon travail, et j’aimerais un jour pouvoir travailler sur des livres de science-fiction pour enfant que ce soit, au dessin, mais pourquoi pas aussi en tant que duo d’auteur !

Bibliographie :

Le site de Florian Le Priol : http://pecheurdereve.blogspot.fr.

Concours :
Comme je vous l’annonçais en début d’article, les éditions La Palissade vous proposent de gagner un exemplaire de La petite fille en pain d’épice. Pour cela, il vous suffit de laisser un commentaire sous cet article. Un tirage au sort désignera le gagnant ! Vous avez jusqu’à mardi 14, 20h !


Dans la classe de Frédérique

Régulièrement, un-e instituteur-trice nous parle de livres de sa classe. Ouvrages qu’il-elle aime lire aux élèves, ouvrages que ses élèves aiment particulièrement, livres du moment ou éternels… Les maître-sse-s connaissent bien la littérature jeunesse, nous leur donnons la parole (et si vous voulez être un des prochains invités envoyez-nous un mail à danslaclassede@lamareauxmots.com). Cette semaine, c’est Frédérique qui nous parle des livres de sa classe. Frédérique est enseignante à Voisins-le-Bretonneux (78) en maternelle.

Comment je suis devenue magicienne.

Depuis que je suis maîtresse d’école, depuis ce premier jour de ce premier stage, j’ai eu peur me transformer en sorcière.
Je suis là, au milieu de la classe, cela fait quelques minutes que je ne parviens plus à obtenir le calme suffisamment longtemps pour aligner deux phrases sans interruption.
Je me sens comme un dompteur au milieu des fauves, les murs de la classe se resserrent sur moi, j’essaie de m’extraire du centre de l’arène, sans perdre totalement le contrôle.
Je tente encore quelques sursauts d’autorité, je hausse le ton, je menace : la terreur comme dernière arme pour ne pas se laisser déborder, avant de quitter le navire…

Rien n’y fait.

Il me faut une croquette, pas une de ces ridicules et minuscules croquettes pour chat, mais une croquette géante pour lions affamés. La croquette qui va fasciner mes élèves et les rendre aussi dociles que des chats repus.
Et bien un jour j’ai trouvé cette merveille, ce lapin à sortir du chapeau au moment où mon public se lasse et m’abandonne.
Chhht !« Chhhht ! »  « Tu vas entrer dans le château d’un géant… » « À partir de maintenant, parle tout bas sinon… » Et le miracle a lieu. Le calme se fait rapidement. Le silence s’installe progressivement à l’attaque de chaque nouvelle page. À la 3e page, le silence est parfait, je peux moi-même « parler tout bas » tout en étant entendue de tous.
Quel bonheur ! Pour eux, emportés par l’histoire dont ils sont les héros ; pour moi, qui n’en finis pas de savourer cet instant de grâce où je partage avec eux la joie de lire, le bonheur d’imaginer, le plaisir de se faire peur, juste un peu.
Quel suspens ! Réussirons-nous à visiter le château de l’ogre sans le réveiller ?
Ce silence de plomb lorsque j’ouvre une porte pour voir si nous avons suffisamment été silencieux pour ne pas réveiller la chatte de l’ogre : un régal.
Et j’installe ma souveraineté en refermant le livre à temps pour y enfermer le géant avant qu’il ne nous ait attrapés et que les enfants réclament une seconde lecture, que je refuse dans l’immédiat pour la remettre à plus tard.

À l’accueil dans la classe, le lendemain, ils trouveront le livre et pourront le consulter librement. On entendra des enfants réunis autour l’album chuchoter au milieu du brouhaha habituel de la classe.

Magique. Ce livre est magique.
Une fois par an, pendant quelques semaines, il fait de moi une magicienne.

Chhht ! Sally Grindley, Peter Utton.

Retrouvez Frédérique sur son blog de pédagogie et de partage de ressources.

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Ogresse et sorcières

Par 4 mai 2014 Livres Jeunesse

Les ogresses et les sorcières vous font un peu peur ? Tant mieux ! C’est bon d’avoir peur, non ?

babayagaEst-ce pour cela qu’elle était si méchante ? Toujours est-il que Babayaga n’avait qu’une seule dent. Enfant on s’était tant moqué d’elle, comment pouvait-il en être autrement ? Le temps passa, après avoir mangé son chien, Babayaga commença à manger les enfants. Cacayaga, sa sœur, était la belle-mère d’une petite Miette. L’enfant était adorable, mais sa marâtre qui ne la supportait pas décida de profiter de l’opportunité d’avoir une sœur ogresse pour s’en débarrasser. Elle demanda à Miette d’aller lui porter du fil et une aiguille, c’est certain, elle ne reviendrait pas.

Je me doute que vous êtes nombreux à déjà connaître ce petit bijou de la littérature jeunesse, signé Taï-Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer, sorti il y a plus de dix ans. Mais j’avais envie de me faire plaisir en chroniquant ce magnifique album que j’ai dans ma bibliothèque depuis bien avant la création du blog. Un grand album aux superbes illustrations signées par un des plus grands noms de la littérature. Taï-Marc Le Thanh s’inspire du célèbre conte Russe, s’en empare et en livre sa version personnelle, pleine de malice et d’humour. Tout simplement un des plus beaux albums de ma bibliothèque, un livre où il fait bon se plonger et où l’on découvre chaque fois de nouveaux détails.
Le même vu par Za (avec d’autres versions de Babayaga) et par Œil d’ailleurs.

Patatra la p'tite sorcièrePatatra est une petite sorcière qui a très mauvais caractère. Alors qu’elle vient d’apprendre une formule qui changera quiconque en crapaud, un merle lui fait un bien mauvais tour : il envoie une fiente sur la table de pique-nique qu’elle vient de dresser ! Ni une, ni deux et voilà le volatile transformé ! Et il n’est que le premier d’une grande série !

Très loin de l’univers de l’album précédent, voici donc Patatra la p’tite sorcière et les crapauds de Monique Aloujes et Florian Le Priol, une histoire pleine d’humour tant dans les situations que dans la façon dont l’illustrateur s’en est emparé. Mais je dois dire que j’ai été parfois extrêmement surpris ! Mélange des techniques ? Tentatives de styles différents ? On a l’impression que plusieurs illustrateurs ont travaillé sur l’album ! J’avoue avoir été totalement séduit par certaines planches (comme celle avec le prince charmant) quand d’autres m’ont plutôt déplu. Parfois dans une même planche on retrouve des styles extrêmement différents ! Certains apprécieront certainement ce mélange de styles et de techniques, se diront même, peut-être, que ça casse toute monotonie. Pour ma part, je trouve que ça donne un côté inégal à l’album. En fin d’ouvrage, une chose très originale, des éléments à découper pour faire une planche du livre en pop-up.
Vous pouvez feuilleter une partie de l’album ici.

La sorciere verte seme le bazar couv:La sorciere verte seme le bLa sorcière verte a décidé de se lancer dans le jardinage, comme le faisait sa mémé ! Elle a même retrouvé ses affaires : bottes en caoutchouc, salopette et même sachets de graines ! Sauf qu’en ouvrant les sachets, il ne se passe pas ce qu’il doit se passer ! Voilà les graines qui lui sautent dans les trous du nez et notre sorcière a beau tout tenter, elles y restent ! Notre sorcière s’énerve tant et tant que toutes les autres graines tombent entre les fentes du parquet. Et voilà que bientôt elles germent, poussent et s’enroulent autour des chevilles de la pauvre sorcière et ce n’est pas tout… celles de son nez se mettent aussi à réagir et la voici bientôt avec du persil qui sort du nez !

Je vous avais déjà parlé des premières aventures de la sorcière verte qui ne m’avaient pas vraiment séduit, même si là encore pas de coup de cœur, j’avoue avoir préféré celui-ci surtout au niveau des illustrations. Anne Mahler s’est appropriée le personnage, mais ici c’est à la peinture qu’elle lui donne vie. Ce ne doit pas être évident que de reprendre un personnage déjà traité par un autre illustrateur et d’ailleurs c’est dans les autres dessins qu’on la sent plus à l’aise, où le résultat est meilleur (je préfère, par exemple, largement son mage à la sorcière). Comme pour le premier, le texte est entièrement en rime. Un petit album plein d’humour sur une fée pas très adroite.
Des extraits sur le site des Éditions Petite Fripouille.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Taï-Marc Le Thanh (Jonah, T.1 Les sentinelles), Rébecca Dautremer (Le loup de la 135e, La chèvre aux loups et Les deux mamans de Petirou) et Viviane lelong-Verdier (La sorcière verte a mal au ventre). Retrouvez aussi notre En vacances avec Rebecca Dautremer.

Babayaga
Texte de Taï-Marc Le Thanh, illustré par Rébecca Dautremer
Gautier languereau
14,95 €, 250×370 mm, 34 pages, imprimé en Italie, 2005 (première édition 2003).
Patatra la p’tite sorcière et les crapauds
Texte de Monique Aloujes, illustré par Florian Le Priol
Karibencyla
11,20 €, 200×210 mm, 36 pages, imprimé en Union Européenne, 2014.
La sorcière verte sème le bazar
Texte de Viviane Lelong-Verdier, illustré par Anne Mahler
Éditions Petite Fripouille dans la collection La sorcière Verte
7,50 €, 170×220 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2014.

À part ça ?

Mercredi, dans l’émission Écoute, il y a un éléphant dans le jardin, j’ai parlé de livres à l’humour piquant ! Mon passage est réécoutable dans l’onglet Chroniques Radio.

Gabriel

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