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François Place

Les invité.e.s du mercredi : Timothée de Fombelle et François Place

Par 29 juin 2016 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, c’est une interview un peu particulière que nous vous proposons. Déjà parce que c’est la première que je réalise pour la Mare aux mots – et quelle première ! -, ensuite parce que c’est la dernière avant la rubrique d’été (vous retrouverez les rubriques d’interviews habituelles à la rentrée). Pour cette dernière, nous voulions vous faire un beau cadeau… et nous sommes allés à la rencontre des talentueux Timothée de Fombelle et François Place pour leur poser quelques questions à propos des 10 ans de Tobie Lolness. 10 ans déjà que le petit Tobie et son millimètre et demi ont fait leur apparition sur la planète littérature jeunesse. Pour fêter cet anniversaire, Gallimard a décidé de rééditer le roman en une magnifique édition ! Alors, n’hésitez pas à replonger dans cette vie minuscule entre les arbres. Une décennie plus tard, Tobie Lolness est toujours aussi fort, aussi émouvant, aussi éblouissant… Qui a dit que la littérature jeunesse ne pouvait pas rivaliser avec son aînée ?


L’interview du mercredi : Timothée de Fombelle et François Place

Timothée de Fombelle

D’où vous est venue l’idée de Tobie Lolness et de cette vie minuscule dans les arbres ?
Timothée de Fombelle : Les bonnes idées viennent toujours en ouvrant grands les yeux ! Quand j’étais enfant, je regardais les arbres et je me disais qu’un peuple qui aurait grandi dans les cimes se poserait les mêmes questions que nous. Y a-t-il une vie en dehors de l’arbre ? Petit à petit ce monde est né dans ma tête, puis sur la page.

Sans être un texte à message, Tobie Lolness demeure une fable sur notre monde contemporain. 10 ans après, l’auriez-vous écrit différemment ?
TdF : Sur ses grands enjeux, je n’écrirais pas autre chose. Le thème principal de Tobie est celui de la fragilité. Cette préoccupation est aujourd’hui au cœur de notre monde. A60148Encore plus qu’il y a dix ans. Pour la construction et l’écriture, oui, je l’écrirais sûrement différemment aujourd’hui… Et j’aurais tort ! C’est l’énergie d’un premier roman qui fait sa force…

Pourquoi s’être tourné vers la littérature jeunesse ? Que vous permet-elle de plus que la littérature adulte ?
TdF : Le livre pour la jeunesse permet de faire de la littérature sans s’en rendre compte. C’est une cachette où s’épanouit l’imaginaire. Oui, j’ose beaucoup plus en littérature jeunesse que ce que j’écrirais pour les adultes. J’ose des sujets plus vastes, moins prudents. Étrangement, en pensant aux plus jeunes, j’écris plus grand, avec des mondes plus complexes. Mais je serais incapable de faire un portrait-robot de mon lecteur. Ça peut être une fille de treize ans, mais c’est souvent aussi son père de 40 ans, sa grand-mère… et son petit frère ! D’ailleurs, en faisant le bilan de ces dix ans, le mélange des générations est la plus belle surprise pour moi.

francois placeComment vous êtes-vous rencontré avec Timothée de Fombelle ?
François Place : J’ai rencontré Tobie avant Timothée puisque j’ai reçu son manuscrit sans le connaître. Timothée a eu la gentillesse de se déplacer jusque dans mon atelier pour parler des illustrations.
Et il m’a laissé libre d’interpréter son livre. C’est une grande chance d’avoir à illustrer un texte comme celui-ci.

Avez-vous tout de suite eu envie d’illustrer Tobie Lolness ?
FP : Non seulement j’en ai eu envie, mais Tobie m’a donné l’occasion d’aller vers des images que je n’aurais pas faites pour moi. C’est un texte qui emporte, littéralement.

Comment s’est passée la confrontation de vos deux imaginaires ? Avez-vous eu « carte blanche » pour illustrer Tobie Lolness ?
FP : Je ne sais pas ce que Timothée imaginait. Il y a juste une difficulté pour les images de ce texte : l’échelle réelle donnée par la hauteur des personnages est à un degré de grossissement tel qu’on ne devrait pas reconnaître l’environnement. J’ai volontairement triché : les décors sont à une échelle où on peut facilement désigner une feuille, une écorce, de la mousse. Pour les costumes, je les ai situés dans de fausses années 30, il y a dans le texte des éléments qui pourraient tirer vers le Moyen-Âge et d’autres qui sont des éléments plus modernes, mais datés (je pense au béret du papa de Tobie, par exemple). Je ne pouvais imaginer le succès qu’aurait ce livre. Ce n’était que le début de la trajectoire de Timothée, et je crois que c’est ce qui est le plus extraordinaire dans ce livre, il y en avait d’autres derrière tout aussi novateurs, tout aussi étonnants : ce n’était, en fait, que le début d’une œuvre magnifique et polymorphe, parce que Timothée joue de tous les registres.

Bibliographie commune :

  • Tobie Lolness, roman, Gallimard Jeunesse (2016)
  • Victoria Rêve, roman, Gallimard Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Les yeux d’Elisha, deuxième tome de Tobie Lolness, roman, Gallimard Jeunesse (2007)
  • La vie suspendue, premier tome de Tobie Lolness, roman, Gallimard Jeunesse (2006)

Bibliographie de Timothée de Fombelle  :

  • La bulle, album illustré par Éloïse Scherrer, Gallimard Jeunesse (2015)
  • Un prince sans royaume, deuxième tome de Vango, roman, Gallimard Jeunesse (2011)
  • Entre ciel et terre, premier tome de Vango, roman, Gallimard Jeunesse (2010)
  • Céleste, ma planète, roman, Gallimard Jeunesse (2009)
  • Je danse toujours, théâtre, Actes Sud (2003)

Bibliographie (sélective) de François Place :

  • Angel, l’indien blanc, Casterman (2014).
  • Lou Pilouface, tome 1 : Passagère clandestine, Gallimard Jeunesse (2014).
  • Le vieil homme et la mer, illustration d’un texte d’Ernest Hemingway, Gallimard Jeunesse (2013).
  • Le sourire de la montagne, Gallimard Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le secret d’Orbae, Casterman (2011).
  • La douane volante, Gallimard Jeunesse (2010).
  • La Fille des Bataille, Casterman (2007).
  • Le prince bégayant, Gallimard Jeunesse (2006), que nous avons chroniqué ici.
  • Le vieux fou de dessin, Gallimard Jeunesse (2001).
  • Le royaume de Kensuke, illustration d’un texte de Michaël Morpugo, Gallimard Jeunesse (2001).
  • Les Derniers Géants, Casterman (1992).

Retrouvez notre interview de François Place ici et retrouvez le sur son site internet .

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Les invité-e-s du mercredi : François Place et Andrea, institutrice (+ concours)

Par 3 juin 2015 Les invités du mercredi

Cette semaine, nous accueillons un auteur-illustrateur dont l’univers invite au voyage, François Place. À l’issu de l’interview, vous pourrez tenter de remporter son ouvrage Le sourire de la montagne (que nous avons chroniqué ici) qui traite de la démolition des Bouddhas de Bamyans par les talibans en 2001, triste précédent aux destructions en cours dans le Sud de la Syrie. Enfin, c’est Andrea, professeure d’allemand qui nous présentera les livres qu’elle utilise dans sa classe. Bon mercredi à tous !


L’interview du mercredi : François Place

francois placeAvez-vous toujours su que vous vous destiniez à faire du dessin et de l’écriture votre activité professionnelle ?
Cela remonte à mon adolescence. C’est pour cette raison que j’ai choisi, juste avant le bac, de tenter l’école Estienne qui se présentait comme une très bonne préparation aux arts graphiques.

Effectuez-vous beaucoup de recherches graphiques et historiques pour chaque nouveau projet ? Combien de temps dure cette préparation ?
Je passe effectivement beaucoup de temps à préparer mes illustrations en faisant des recherches, autant par nécessité que par plaisir, et au risque, bien souvent, de me perdre dans ce vagabondage dans les documents.

Votre écriture est très imagée, comme si vous étiez attaché à transmettre le moindre détail de la silhouette d’un personnage, ce que pourrait faire un dessin en un coup d’œil. Comment choisissez-vous votre mode d’expression ? Pourquoi privilégiez-vous parfois le dessin parfois les mots ?
C’est difficile pour moi de dire s’il faut privilégier le dessin ou l’écriture. Pendant la phase de préparation, j’ai tendance à les considérer comme des modes d’expression jumeaux et complémentaires. Les notes et les croquis s’accumulent sans schéma préconçu, je passe d’une lecture à l’exploration iconographique sans me fixer. Mais il y a un moment où le texte doit l’emporter, c’est-à-dire prendre une forme quasi définitive, ne serait-ce que pour présenter à l’éditeur une version à partir de laquelle on peut commencer à travailler sur la maquette, avec quelques croquis pour indiquer l’esprit que prendront les illustrations.

Dans vos histoires, les livres tiennent une place ambiguë. Ils sont à la fois une source de connaissance du monde, comme des pourvoyeurs de mensonges et de grands dangers, à l’image du livre d’Archibald qui révèle au monde l’existence des Derniers géants et met leur vie en péril. D’où vous vient ce rapport particulier avec l’objet « livre » ?
J’ai l’impression qu’il y a parfois un malentendu sur la fin de cet album. Archibald Leopold Ruthmore provoque le malheur et la destruction du peuple deles derniers géantss géants qu’il a rencontrés parce qu’il veut à tout prix, et pour des raisons de notoriété savante, révéler le secret de leur existence. Il utilise pour cela tous les moyens à sa disposition dans la polémique qui l’oppose aux autres savants : publications, journaux, conférences. Mais ce sont les livres qui jouent le premier rôle dans sa campagne de « médiatisation » : question d’époque. Aujourd’hui, il passerait par les canaux plus immédiats et plus spectaculaires qu’offrent les écrans de toutes sortes.
J’aime trop la lecture pour la considérer comme un danger. Je pense au contraire qu’il faut défendre plus que jamais les livres, la librairie et la lecture publique. Et, quand j’oppose dans un conte la culture savante, issue de l’écriture, à une culture plus « sauvage » issue de l’oralité, l’essentiel de mes sources sur cette dernière vient de mes propres lectures ! Un des tout derniers livres que j’ai lus est Le monde jusqu’à hier de Jared Diamond qui dresse une comparaison condensée entre les sociétés traditionnelles et les sociétés dites « avancées ».

Quelles étaient vos lectures d’enfance ?
Assez variées : des bandes dessinées qui m’enchantaient (Tintin, Lucky Luke, Valérian, Blueberry, des séries en bibliothèque rose ou verte, les collections « contes et légendes », et « mille soleils » puis des Jules Verne et Alexandre Dumas, une version allégée de Moby Dick, etc… avec un penchant pour l’aventure…)

Vous avez reçu de nombreuses distinctions pour vos ouvrages. Quel effet cette reconnaissance a-t-elle sur votre travail ? Est-ce grisant ?
Je suis reconnaissant de cette reconnaissance ! Il y a des moments où l’on doute, on fatigue, on n’y voit moins clair et moins loin, et c’est une chance de recevoir, de temps à autre, un clin d’œil ou un coup de chapeau. Comme dans tout travail solitaire, on a besoin d’un regard extérieur. Parfois c’est pour une critique, parfois pour une louange… C’est difficile de ne pas préférer la seconde à la première…

tobie lolnessVous avez collaboré à plusieurs reprises avec Timothée de Fombelle, pouvez-vous nous en dire plus sur ce que vous percevez de son univers ?
C’est juste de parler à son égard d’« univers ». D’abord parce qu’il pratique avec bonheur des écritures très différentes, roman, théâtre, scénario, ensuite parce qu’il a commencé à déployer un monde dont nous n’avons vu que les premières portes, et pas des portes dérobées ! Je suis admiratif de son énergie, de son imagination, de la drôlerie de ses dialogues, de sa capacité à nous faire partir dès les premières pages. J’ai adoré Tobie Lolness, comme beaucoup de lecteurs : j’avais soudain l’âge du héros.

francois-place-la-douane-volante-couverture« La connerie des hommes », pour reprendre l’expression utilisée par le mentor du héros de La douane volante, est souvent à l’œuvre dans vos livres, en particulier lorsqu’elle conduit à la destruction. Vous adressez-vous à la jeunesse pour lui faire passer un message ?
Sincèrement, je ne sais pas qui c’est, la jeunesse. Je n’ai aucune envie de lui donner des leçons. Je raconte des histoires et je croise les doigts pour qu’on les lise. Je les écris et les dessine en m’immergeant autant qu’il m’est possible et comme j’aime les ciels tourmentés de Stevenson ou Conrad, j’avoue qu’il m’arrive parfois d’aborder des rivages un peu sombres.
Quant aux personnages, il faut bien leur attribuer des pensées, des songes, des paroles, un for intérieur… Le père Braz qui parle, dans La Douane volante, de la connerie des hommes, est bien placé pour la dénoncer, puisqu’il pressent la catastrophe que sera le déclenchement de la guerre de 14 pour sa chère Bretagne.

Vos personnages ont une vie spirituelle riche, vous vous intéressez beaucoup aux croyances et aux rites. Pensez-vous que la spiritualité soit essentielle dans la vie des hommes ?
Je partage avec beaucoup de mes contemporains une perception inquiète du monde, devant l’épuisement accéléré des ressources de la planète. Les injonctions d’innovation, de créativité, de rentabilité, le mythe d’un progrès continu, irréversible et inéluctable, bref, tout ce flot de discours et d’images auxquels nous sommes soumis pèsent de façon continue sur notre existence. Je pense qu’il faut ré-enchanter le monde, chacun à notre échelle et selon nos moyens, le regard, l’écoute, la parole, les gestes, la poésie, le rire, et qu’il n’est pas obligatoire de croire pour cela. Le divin est une croyance, le spirituel une nécessité.

Le tome 4 de Lou Pilouface sera en librairie en juin 2015, quels sont vos autres projets en cours ?
Le tome 5 ! Et une re-parution de l’Atlas des géographes d’Orbæ.

Bibliographie sélective :

  • Angel, l’indien blanc, Casterman (2014).
  • Lou Pilouface, tome 1 : Passagère clandestine, Gallimard Jeunesse, (2014).
  • Le vieil homme et la mer, illustration d’un texte d’Ernest Hemingway, Gallimard Jeunesse (2013).
  • Le sourire de la montagne, Gallimard Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le secret d’Orbae, Casterman (2011).
  • La douane volante, Gallimard Jeunesse (2010).
  • La Fille des Bataille, Casterman (2007).
  • Tobie Lolness, illustration d’un texte de Timothée de Fombelle, Gallimard Jeunesse (2006).
  • Le prince bégayant, Gallimard Jeunesse (2006), que nous avons chroniqué ici.
  • Le vieux fou de dessin, Gallimard Jeunesse (2001).
  • Le royaume de Kensukeillustration d’un texte de Michaël Morpugo, Gallimard Jeunesse (2001).
  • Les Derniers Géants, Casterman (1992).

Retrouvez François Place sur son site internet.

le sourire de la montagneConcours :
Grâce aux éditions Gallimard Jeunesse, l’un-e de vous va pouvoir remporter un exemplaire de l’album Le sourire de la montagne. Pour tenter votre chance, dites-nous quel est votre ouvrage préféré de François Place (si vous n’avez rien lu de lui, vous pouvez nous dire que vous avez justement envie de le découvrir avec cet ouvrage, vous participerez aussi !). Vous avez jusqu’à mardi 20 h ! Bonne chance à tou-te-s !


Dans la classe d’Andrea

Régulièrement, un-e instituteur-trice nous parle de livres de sa classe. Ouvrages qu’il-elle aime lire aux élèves, ouvrages que ses élèves aiment particulièrement, livres du moment ou éternels… Les maître-sse-s connaissent bien la littérature jeunesse, nous leur donnons la parole (et si vous voulez être un des prochains invités envoyez-nous un mail à danslaclassede@lamareauxmots.com). Cette semaine, c’est Andrea qui nous parle des livres de sa classe. Andrea enseigne l’allemand dans une école primaire à Lille, elle anime des ateliers de langue en périscolaire et propose des lectures d’albums en allemand pour enfants dans des librairies et médiathèques de la métropole lilloise.

Les enfants aiment entendre des histoires. Ils sont captivés par celles-ci et ne cherchent qu’à comprendre l’histoire à travers les images et à connaître la suite. Les albums pour enfants sont donc pour eux un support idéal pour se familiariser avec une langue étrangère et découvrir une autre culture. La lecture à voix haute leur permet de s’imprégner du rythme et de la musicalité de la phrase allemande.
Mon objectif n’est pas seulement de permettre aux enfants de découvrir la langue allemande, mais aussi de leur faire connaître des auteurs et illustrateurs germanophones. Les albums que je vais vous présenter ont tous été traduits en français. Ils sont adaptés à des enfants de 3 à 5 ans.

la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la têteUn grand classique de la littérature jeunesse : De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête (Milan) de Werner HOLZWARTH et Wolf ERLBRUCH.
Une petite taupe sort la tête de la terre et reçoit aussitôt un gros caca sur la tête. Elle cherche le coupable parmi les animaux de la ferme. Chacun lui prouve cependant que ce n’est pas lui qui a fait ce cadeau en lui donnant un exemple « en direct » de son caca. La taupe finira par démasquer le coupable et ira se venger. À sa façon.
L’album de Werner Holzwarth  est un grand classique de la littérature enfantine – il y a 26 ans déjà la petite taupe sortait son nez du trou. L’histoire est simple (sans beaucoup d’action) et s’appuie sur la répétition. Il y a la répétition des rencontres d’animaux de la ferme et surtout de la question – réponse : « Est-ce toi qui m’as fait sur la tête ? » – « Moi ? Mais non, voyons ! Moi, je fais comme ça ! »
De la petite taupeLe charme de l’album doit beaucoup à cette interaction texte – illustration et à leur disposition sur la double page. Sur la première quand la petite taupe pose la question nous voyons la tête de l’animal, et sur la deuxième quand l’animal répond nous voyons son postérieur. De plus les proportions, les dimensions et les formes sont respectées entre les différents personnages et leurs excréments. Et c’est à nouveau le texte, l’onomatopée, qui reproduit à merveille la façon de faire caca propre à chaque animal, par exemple « splatschh » pour le pigeon et « pouf, pouf, pouf » pour le cheval.
Wolf Erlbruch capte dans ses illustrations l’essentiel du texte et y met beaucoup d’humour dans les détails : ainsi la petite taupe porte des lunettes, des chaussures, et son pelage aux pattes de derrière se termine en bas en forme de jambes de pantalon.
Ce sont, en effet, ces superbes illustrations sans fioritures ainsi que les répétitions multiples qui permettent aux débutants en allemand de comprendre l’histoire.

anton et la feuilleUn autre héros bien connu est Anton d’Ole KÖNNECKE. Mon album préféré de la série, c’est Anton et la feuille (l’école des loisirs). Un beau jour d’automne, Anton ramasse les feuilles tombées. Il a une belle pile, mais il en manque une que le vent emporte ! Lancé à sa poursuite, Anton est bientôt rejoint par ses amis, Lukas, Greta et Nina. 
Le style d’Ole Könnecke séduit par des illustrations sobres et des phrases courtes et descriptives. Chaque image est resserrée sur le personnage principal,anton et la feuille all Anton, et sur ses amis, au trait noir et dans des couleurs automnales sur fond blanc. Le texte minimaliste et répétitif et surtout les illustrations expressives fournissent un repère idéal pour les débutants en allemand comme pour les élèves de maternelle.
Cet album dépeint une belle situation d’entraide, de joies partagées et montre l’infinie patience que les enfants peuvent manifester.

les petits mecsManuela OLTEN nous présente un tout autre genre de héros. Les petits mecs (Seuil) n’ont peur de rien et trouvent que « les filles sont tellement ennuyeuses ! » : elles sont trop occupées à coiffer leurs poupées, elles sont peureuses et dorment avec leur nounours. Les deux mecs s’en donnent à cœur joie et sautent sur leur lit. Le texte minimaliste est également en mouvement : des lettres en rouge et bleu grandissent en largeur proportionnellement au ton triomphal des garçons.
les petits mecs allLa fin de l’histoire met les deux sexes sur un pied d’égalité. Les remarques avec lesquelles les deux mecs se moquent des filles perdent de leur puissance. Quand ils prennent peur à leur tour, ils se réfugient chez leur sœur et ses nounours.
Manuela Olten a capturé et caricaturé les clichés courants sur les deux sexes avec beaucoup d’esprit d’observation.


le cinquièmeLes enfants aiment les rimes et jouer avec les mots. Le poème Le cinquième (l’école des loisirs) a été écrit par le poète autrichien Ernst JANDL, le maître des jeux de mots. Norman JUNGE a conçu le poème comme un livre d’images avec plusieurs jouets cassés qui sont Le cinquième allen attente de leur visite chez le docteur réparateur de jouets. Junge révèle certes la chute du poème, mais la mine et la tenue mettent l’individualité de chaque patient en avant. On compatit avec les jeunes patients qui attentent anxieusement dans cette sombre salle d’attente et qui disparaissent, chacun à leur tour, derrière une porte bien mystérieuse.

un deux trois et toiComment un cochon se transforme-t-il en souris, une chèvre en lapin ou un hibou en poisson ? Par des associations et des rimes. Dans son magnifique livre illustré, Un deux trois et toi (Être éditions), Nadia BUDDE révèle son amour pour les rimes et les jeux de langage. Trois termes liés de par leurs thèmes sont suivis, sans cohérence évidente, par le nom d’un animal qui rime : trois garçons, eins zwei« André, Rémi, Milou » et un loup, puis trois loups, « costaud, moyen, ronchon » et un cochon.
Le style de dessin de Nadia Budde est simple. Des contours noirs, une sélection limitée de couleurs et un arrière-plan réduit suffisent à faire vivre les personnages qui ressemblent à des caricatures. Ce livre d’images poétique invite les jeunes lecteurs à répéter les rimes et à en trouver d’autres.

Le blog d’Andrea : http://buecherwurm-bibliophage.blogspot.fr.

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L’orthophonie [1/2]

Par 17 mars 2014 Livres Jeunesse

Dans la vie, quand je n’écris pas des chroniques pour La Mare aux Mots, je suis orthophoniste. J’aime énormément mon métier, et j’ai décidé de vous présenter aujourd’hui et demain, une sélection de livres qui traitent des troubles du langage et de la communication. Troubles d’articulation, dysphasie, bégaiement, autisme, surdité, dyslexie, handicap, maladies dégénératives, déficience intellectuelle… : de 0 à 100 ans on peut avoir besoin d’un orthophoniste !

quelle chatastropheQuelle chatastrophe ! Émile se réveille un matin avec un chat dans la gorge. Un vrai chat qui l’empêche de bien prononcer les mots : tous les « ca » deviennent des « cha ». Dur dur de se faire comprendre avec un tel problème de prononciation. Avec Madeleine, il va tout tenter pour se débarrasser du vilain matou :  faire le poirier pour le faire tomber, l’inciter à sortir chasser les souris, se laver les dents 100 fois par jour parce que c’est bien connu, les chats n’aiment pas l’eau… Mais rien n’y fait et Émile est désespéré !

Même si en réalité, le son « k » et le son « ch » n’ont que peu de liens entre eux, et que le « chat dans la gorge » dont on entend souvent parler n’est pas un défaut de prononciation, ce petit Émile est bien ennuyé de ne pas réussir à se faire comprendre, comme beaucoup d’enfants concernés par un trouble d’articulation et plus généralement du langage oral. Et cette histoire pleine d’humour de Maureen Dor permet de dédramatiser, d’en rire, et de se dire qu’on n’est pas seuls dans cette situation ! Les illustrations de Charlotte Meert, toutes en rondeurs et en couleurs sont drôles, et nous plongent même parfois à l’intérieur de la bouche ! On prolonge le plaisir avec le CD de l’histoire et une chanson ! Le chat n’a qu’à bien se tenir !

le petit princheUn roi et une reine s’aiment et donnent un jour naissance à un beau prince qui a tout pour ravir ses parents et la cour. Jusqu’à ce qu’il se mette à parler ! Il transforme tous les « s » en « ch » ! Mais qu’à cela ne tienne, le roi et la reine décident d’instaurer un nouveau décret : dorénavant, tout le monde chuintera ! Les chaussettes deviendront des « chauchettes », les saucisses des « chauchiches » et ainsi de suite. Le petit prinche grandit donc sans souci dans un monde complètement fait pour lui. Jusqu’au jour où…

Un « s » qui devient « ch » dans la bouche des enfants, c’est fréquent. Et si ça fait parfois sourire l’entourage, ce n’est pas toujours aussi drôle pour celui qui est concerné. Et pourtant, qu’est-ce qu’on sourit avec cette histoire d’Alice Brière-Haquet ! Un royaume où les « sous » deviennent des « choux » c’est assez drôle, et quand en plus la « salsa » devient le « chachacha », c’est du grand n’importe quoi ! Les illustrations de Camille Jourdy fourmillent de détails et sont très expressives puisqu’une partie du texte y est même intégré sous forme de bulles de bande dessinée. Un bel album tendre et malin pour voir d’un autre œil les défauts de prononciation !

qu'est-ce que tu dis Coralie« Qu’est-ce que tu dis, Coralie ? » Toute la journée, la petite fille entend cette phrase. Effectivement, son problème à elle, ce sont les sons « k » et « g ». Elle les transforme en « t » et « d », et si ça fait rire tout le monde, ça a tendance à l’agacer. Elle va chez Hélène, une orthophoniste depuis quelques temps, et ça va déjà mieux : la preuve, si elle décompose le mot lentement, elle peut y arriver. Mais de là à lire une poésie devant toute la classe, elle n’est pas encore prête…

Cette fois, l’orthophoniste entre en scène. On assiste à une séance, où un perroquet, en répétant ce que dit Coralie, l’aide à prendre conscience de ses erreurs et à se corriger. Bon, dans la réalité, on a rarement un vrai perroquet dans le bureau, mais effectivement, c’est aussi une partie de notre travail que d’aider l’enfant à avoir un bon retour de ses productions. Cet album de Stefan Boonen est bien fait, et décrit vraiment tout ce qui se joue autour d’un trouble d’articulation : la peur et la honte parfois de parler en public, le fait que l’entourage puisse aider en redonnant à chaque fois le bon modèle sans exiger de faire répéter constamment, ou bien comment les enfants trouvent eux-mêmes des stratégies pour contourner la difficulté. La lecture est agréable notamment grâce aux grandes illustrations de Pauline Oud et en fin d’ouvrage, on trouve aussi quelques pages adressées aux adultes, plus théoriques, sur la prononciation, l’articulation, et l’orthophonie. À cheval entre réalité et fiction, cet album est au plus près du quotidien des enfants concernés par de tels troubles !

En orthophonie, nous sommes également amenés à prendre en charge les personnes et notamment les enfants concernés par le bégaiement, ce trouble du langage oral complexe dont on entend tant parler !

les noeuds dans la gorge d'arianeAriane bégaie. Elle répète des syllabes, des mots, et tout cela se bouscule. Parfois même, ça ne sort pas du tout. Elle le sait bien, et se rend compte de sa différence quand elle entend ses copains parler. À la maison, elle a parfois du mal à trouver un espace pour parler. Quand Mamie vient, c’est plus calme. D’ailleurs, Mamie tricote, et Ariane trouve que la pelote et ses nœuds ressemblent un peu à son bégaiement. Tout est là, mais tout est enchevêtré, coincé… Alors, avec de la patience, elles vont s’atteler à démêler Les nœuds dans la gorge d’Ariane, pour retrouver de la fluidité.

Avec cette métaphore de la pelote de laine, Danielle Noreau (qui est également orthophoniste) tente d’expliquer aux enfants ce trouble complexe qu’est le bégaiement. Et surtout, elle l’explore dans toutes ses dimensions. En effet, Ariane apprécie d’avoir un moment sans ses frères bruyants pour s’exprimer ou pouvoir prendre son temps non seulement pour parler, mais aussi pour manger sa soupe par exemple, tranquillement et sans pression. L’histoire reprend de nombreux conseils qui sont donnés aux parents lors des séances, et encore une fois, les enfants concernés se reconnaîtront dans cette petite fille si courageuse. Louise Catherine Bergeron met des images tout en finesse sur ce beau texte, qui permet d’appréhender un peu plus sereinement le bégaiement.

le prince bégayantMême les princes peuvent bégayer ! C’est le cas de ce prince de tribu africaine. Et pour un chef, c’est parfois difficile : les regards moqueurs des siens, la difficulté à impressionner l’ennemi, et la profonde tristesse d’être différent et de ne pouvoir faire des mots une force. Alors, un jour, il part en pirogue, s’isoler et surtout prendre le large avec toutes ses difficultés. Là, il découvre d’autres langages, et même un langage un peu particulier : celui de l’amour…

Totalement écrit en vers, Le prince bégayant est un magnifique texte, très joliment illustré qui s’adresse à mon sens aux lecteurs un peu plus âgés. Avec justesse, et surtout beaucoup de sensibilité, François Place parle de la difficulté d’être bègue. Toutefois, ce n’est ni larmoyant ni démoralisant, et que l’on soit ou non concerné, on se laisse porter par cette belle aventure lointaine. Voilà une bien jolie manière de mettre des mots sur toutes ces difficultés !

moncopainbogueugueuFerdinand a un ami : Basile Tambour. Basile Tambour bégaie.  Et il est rapidement surnommé Bogueugueu par tout le monde. Ce bégaiement, ça lui gâche un peu la vie ! Il bégaie surtout sur les « b », les « t », les « g », les « d », tous les sons un peu durs finalement. Et parfois, pour éviter ça, il en arrive même à ne pas dire tout à fait ce qu’il voulait. Il voit une « orthomachinchose », mais ça ne fait pas tout malheureusement, et ça reste quand même difficile. Mais accompagné de Ferdinand, Basile finira par surpasser tout cela, pour en faire une force !

Avec Mon copain Bogueugueu, Béatrice Fontanel s’adresse aux enfants qui commencent à lire seuls. Ce court roman joliment illustré par Marc Boutavant dresse le portrait d’un petit garçon courageux, qui essaye de résister aux moqueries et de vivre avec son bégaiement. Là encore, pas de niaiserie ou de passages larmoyants, mais un récit plein de vérité, à la fois tendre, plein d’humour et parfois un peu cruel, pour coller au plus près du quotidien des enfants concernés ! Et en même temps, c’est plein d’espoir et lumineux, pour relativiser, se sentir compris et prendre la vie du bon côté !
Gabriel a déjà chroniqué un livre où Bogueugueu est présent : Bogueugueu est amoureux.

mon enfant bégaieEt pour aller plus loin, je vous conseille le guide d’Anne-Marie Simon, Mon enfant bégaie. Sans se substituer à une prise en charge spécifique et aux conseils d’un orthophoniste adaptés à chaque situation particulière, il permet d’aborder de nombreuses questions, non seulement sur le bégaiement en général, mais aussi sur les particularités de ses manifestations et de ses répercussions selon l’âge. Des tas d’informations à piocher au fil des besoins pour s’informer, se rassurer, trouver les mots et avancer aussi bien en famille que dans les différents lieux de vie de l’enfant (crèche, école, collège…).

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Alice Brière-Haquet (Mon voyage en gâteau, Mélina, Pierre la lune, Mademoiselle Tricotin, Une vie en bleu, Aliens mode d’emploi, Dis-moi l’oiseau, Le peintre des drapeaux, Paul, A quoi rêve un pissenlit ?, Perdu !, Rouge, et Le bonhomme et l’oiseau), François Place (Le sourire de la montagne), et Béatrice Fontanel et Marc Boutavant (Bogueugueu est amoureux).

Quelle chatastrophe !
Texte de Maureen Dor, illustré par Charlotte Meert
Éditions Clochette dans la collection Les Zygomots
14,95 €, 220 x 220 mm, 24 pages, imprimé en Belgique, 2013
Le petit prinche
Texte d’Alice Brière-Haquet, illustré par Camille Jourdy
P’tit Glénat 
11 €, 306 x 215 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2010
qu’est-ce que tu dis Coralie ? Une histoire sur… la prononciation
Texte de Stefan Boonen (traduit par Laurence Baulande), illustré par Pauline Oud
Dominique et Cie
14 €, 225 x 285 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2009
Les nœuds dans la gorge d’Ariane. Une histoire sur… le bégaiement
Texte de Danielle Noreau, illustré par Louise Catherine Bergeron
Dominique et Cie
14 €, 221 x 285 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2009
Le prince bégayant
de François Place
Gallimard Jeunesse
13,50 €, 170 x 275 mm, 46 pages, imprimé en Italie, 2006
Mon copain Boguegueu
Texte de Béatrice Fontanel, illustré par Marc Boutavant
Gallimard Jeunesse
9,15 €, 155 x 215 mm, 41 pages, imprimé en Italie, 2006
Mon enfant bégaie
d’Anne-Marie Simon
Tom Pousse dans la collection Concrètement que faire ?
11 €, 125 x 190 mm, 111 pages, imprimé en UE, 2012

À part ça ?

Info-langage.org propose des informations le développement du langage de l’enfant, très utiles aux parents ou professionnels de la petite enfance.

Marianne

 

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Voyageons grâce aux histoires

Par 30 septembre 2013 Livres Jeunesse

Ça vous dit de voyager ? Aujourd’hui je vous propose un conte du Sahel, un conte turc, une histoire qui se passe en Afghanistan et des contes du Maroc. Nous irons même, dans le A part ça, au bord du Mékong, du Zambèze et du Gange.

Le chant des géniesUn homme qui refusait de continuer à vivre dans la pauvreté décida de cultiver un champ qu’on disait appartenir aux génies. On lui avait pourtant dit que les génies n’aimaient pas qu’on touche à cette terre mais il ne voyait pas d’autres façons de gagner de l’argent. A peine avait-il commencé, que les génies intervinrent… pour l’aider ! Mais allaient-ils être toujours aussi bienveillants ?

Le chant des génies qui vient de ressortir au format « poche » chez Actes Sud Junior, est un magnifique conte traditionnel du Sahel. Le texte est superbe et les nombreuses répétitions (les génies disent toujours les deux mêmes phrases) font que les enfants participent. Ils tremblent et rient à l’écoute des aventures de ce pauvre homme (et de sa famille). Ils imaginent même ce qui va découler des actions des personnages. Les belles illustrations d’Emre Orhun participent au côté « angoissant » du conte. Un très beau conte.

Le Nuage amoureuxEn jouant de son pipeau, un derviche avait créé un monde. Un monde dans lequel vivait le terrifiant Seyfi le Noir et la douce Aïché. Seyfi possédait toute la terre de ce petit monde sauf un petit jardin qui appartenait à Aïché. Bien entendu l’homme rêvait de s’en emparer, et pourquoi pas d’avoir Aïché pour le même prix ! Il allait devoir tenter milles ruses pour que le jardin lui appartienne… mais c’était sans compter sur un nuage amoureux d’Aïché qui allait tout faire pour aider la jeune fille.

Le nuage amoureux est un superbe texte, extrêmement poétique, magnifiquement écrit par Nâzim Hikmet, un auteur turc qui a passé une partie de sa vie en prison, a reçu le prix international de la paix en 1955 avant d’être déchu de sa citoyenneté turque et a fini sa vie en exil. Je ne connaissais pas cet auteur mais c’est vraiment une très belle plume. Ici on est entre le roman et l’album (c’est un album dont le texte est assez long) et chaque phrase est magnifiquement ciselée. Les illustrations d’Oya Lydia Bierschwale (qui n’est pas une contemporaine de Nâzim Hikmet puisqu’elle est née près de 20 ans après sa mort) sont très belles, elles ajoutent encore plus de poésie au texte et elles ont le charme des illustrations du Moyen Orient. Un magnifique album.

Le sourire de la montagneUn roi avait ramené un dieu de ses voyages. Pas un dieu qui punit, comme ceux qui vivent au-dessus de la montagne, non un dieu bienfaisant, un dieu souriant. Le roi voulu donc lui faire construire une statue sculptée à même la montagne pour qu’elle donne confiance à ceux qui doivent y monter. Une grande statue souriante. La construction pris des années mais la statue est faite pour rester longtemps.

François Place signe un très bel album qui nous rappelle bien entendu ces grands Bouddha de Bamiyan qui ont été détruit il y a quelques années alors qu’ils trônaient la depuis des milliers d’années. Le roi qui construit la statue veut que son peuple ait un dieu bon, qui veille sur lui et qui lui donne du courage, pas un dieu qui l’effraie et l’empêche d’avancer. Un très bel album plein de poésie et de philosophie sur ces sourires qui nous aident à avancer.

Mahboul le sage et autres contes marocainsKarim refusait tout ce que sa mère lui donnait à manger, lassée un jour elle lui demande ce qui lui ferait plaisir… « de la purée de pommes de terre ! ». Sauf que lorsqu’il l’eue devant lui… il n’en voulut pas non plus ! Un homme sans travail décidât de déménager avec sa famille dans un autre village pour y trouver un emploi. Mais forcément il fallait aussi trouver où dormir ! Après avoir essuyé plusieurs refus, une vieille dame accepta enfin… sauf qu’ils ignoraient que c’était une ogresse. Mahboul était surnommé ainsi parce que tout le monde le pensait idiot. Pensez… il ne disait jamais non ! Pourtant une simple amande trouvée par terre allait lui apporter le plus grand des bonheurs.

Halima Hamdane raconte Mahboul le sage et les deux autres contes marocains issus de la tradition orale qui l’accompagnent… et c’est un pur bonheur ! Car le très bel album illustré par Nathalie Novi est accompagné d’un CD. On se régale à l’écouter nous raconter ces histoires où les mots arabes accompagnent les mots français sans que ça gène la compréhension. Entre chaque conte on écoute une petite comptine traditionnelle. A la fin du CD les contes sont même repris intégralement en arabe. C’est un beau voyage qu’on nous propose ici. J’ai eu la chance de voir Halima Hamdane raconter une de ces histoires il y a peu, si elle passe près de chez vous foncez ! Mais en attendant je vous conseille chaudement de l’écouter dans de très beau livre-CD.
Des extraits (du CD et du livre) en ligne.

Quelques pas de plus…
Nous aimons vous faire voyager régulièrement grâce aux contes, retrouvez par exemple notre dernière chronique de contes du monde.
Nous avons chroniqué plusieurs livres de Nathalie Novi (Mamouchka et le coussin aux nuages, Yeghvala, la belle sorcière et La petite sirène.

Le chant des génies
Texte de Nacer Khémir, illustré par Emre Orhun
Actes Sud Junior dans la collection Encore une fois
4,95€, 150×190 mm, 39 pages, imprimé au Portugal, 2013.
Le nuage amoureux
Texte de Nazim Hikmet (traduit par Münevver Andaç), illustré par Oya Lydia Bierschwale
Gallimard Jeunesse Giboulées
14,50€, 230×257 mm, 42 pages, imprimé en France, 2013.
Le sourire de la montagne
de François Place
Gallimard Jeunesse
16€, 225×237 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Mahboul le sage
Texte d’Halima Hamdane, illustré par Nathalie Novi
Didier Jeunesse dans la collection Contes et Voix du monde
16€, 218×218 mm, 35 pages, CD 22 min., imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013.

A part ça ?

LES GENS DU FLEUVE - 3D DVDAu bord du Gange on va rencontrer la Mataji, grande prêtresse, Deidi Von Schaewen, une photographe amatrice d’arbre sacrés ou le Sadhu Clic (qui tient son nom au fait qu’il fait beaucoup de photo) et on va assister à de grandes cérémonies religieuses. Au bord du Mékong un pêcheur funambule initie son fils, des archéologues essayent de préserver des vestiges et un hollandais cherche des plantes médicinales rares. Au bord du Zambèze un pêcheur risque sa vie pour nourrir sa famille, un riche hôtelier raconte l’histoire du pays et des gardes forestiers luttent contre les braconniers. Trois DVD, trois magnifiques voyages où non seulement on découvre des paysages d’une beauté à couper le souffle mais on rencontre aussi des hommes et des femmes qui vivent là, au bord de ces trois grands fleuves. Comment oublier la joie de Joseph, pêcheur, vivant un premier vol en hélicoptère, comment ne pas trembler devant le fils de Som Nieng qui va risquer sa vie en traversant le fleuve déchaîné sur une corde… Trois magnifiques voyages à vivre avec les enfants (ou pas… mais personnellement ma fille de cinq ans a adoré les regarder en plusieurs fois).

Quelques images :

Les gens du fleuve, 5h50 (3DVD), France télévision (24,99€ prix de vente conseillé).

Gabriel

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