La mare aux mots
Parcourir le tag

François Roca

Deux beaux contes

Par 25 janvier 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous emmène découvrir deux très beaux albums avec 100 % d’héroïnes féminines dedans ! Dans le premier, trois sœurs avides d’aventures essayent de débusquer le mystérieux Quetzalcoatl et dans le second, deux orphelines se lient d’amitié et sont littéralement fascinées par un anneau d’or aux grands pouvoirs.

Quetzalcoatl
Texte de Taï-Marc Le Thanh, illustré par Éric Puybaret
Gautier-Languereau
14 €, 240 x 305 mm, 40 pages, imprimé en France, 2017.
La Malédiction de l’anneau d’or
Texte de Fred Bernard, illustré par François Roca
Albin Michel Jeunesse
19 €, 285 x 355 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2017.

You Might Also Like

Petits livres, grandes histoires

Par 5 février 2015 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose des petits albums (donc à petit prix) avec des textes assez longs, donc des albums qui s’adressent plutôt, d’après moi, aux « grands » de 7-12 ans.

ce qu'il y avait sur limageJabbar était un vendeur itinérant. Il achetait ses marchandises quand la caravane arrivait puis partait dans les villages isolés revendre ce qu’il avait acheté. Cette fois-là, c’étaient des images que Jabbar avait acquises et parmi elles l’image d’une mystérieuse femme…
Ce qu’il y avait sur l’image… de Philippe Lechermeier est un magnifique conte oriental. Une histoire d’amour, un récit d’aventures. Le très beau texte est accompagné par les superbes illustrations de Charlotte Gastaut avec des planches pleine page (même si le petit format de l’album ne leur rend pas justice).
Un magnifique conte oriental magnifiquement illustré, un album pour s’évader.
Des extraits sur le blog Intemporel.

Les amants papillonsSon père l’avait décidé, Naoko quitterait le foyer et partirait étudier les bonnes manières. La jeune fille refuse d’obéir et décide de se déguiser en garçon pour apprendre la littérature. Sauf que Naoko rencontre le beau Kamo…
J’avais déjà lu cette histoire (dans une version assez différente), ici c’est Benjamin Lacombe qui raconte et illustre ce conte classique chinois, Les Amants Papillons, une belle histoire d’amour (qui ne plaira pas aux fervents défenseurs de La Manif pour tous…). Là aussi, très belles illustrations pleine page.
Un conte tragique, mais beau. Une belle histoire d’amour venue de Chine.
Le même vu par Les lectures de Liyah et par Œil d’ailleurs.

Monsieur PanMonsieur Pan était persuadé qu’il allait mourir. Chaque geste, pensait-il, pouvait lui être fatal. Aussi, quand il apprit que sa sœur était mourante, il se dit que lui aussi et n’alla pas à son chevet. Sa sœur mourut quelques jours plus tard, Monsieur Pan non, c’est donc lui qui eut en charge les enfants de sa sœur.
Monsieur Pan est signé Kressman Taylor (l’auteur d’Inconnu à cette adresse) et nous parle de la peur de vieillir et de mourir et des choses qui arrivent dans notre vie et la bouleverse. Ce très beau conte est illustré avec beaucoup de talent (comme d’habitude) par Princesse Camcam.
Une belle histoire sur la peur de mourir et sur les tours que nous joue la vie.
Le même vu par Chez Clarabel, Sous le feuillage et Enfantipages.

Jesus BeltzJésus Betz était né sans jambes et sans bras, sa mère ne savait que faire d’un tel enfant. Pourtant son destin allait être exceptionnel.
C’est un album assez étrange que nous proposent Fred Bernard et François Roca (qui aiment ces ambiances bizarres). Jésus Betz n’aura pas toujours une vie heureuse, loin de là, il va même vivre des choses assez tragiques… heureusement, tout ça se terminera bien. J’avoue avoir surtout été séduit par les illustrations de François Roca dont le travail est toujours extraordinaire.
Une sorte de Freaks (le chef d’œuvre de Todd Browning), et son univers étrange, version album pour enfants.
Le même vu par Chez Clarabel et Les lectures de Liyah.

charles prisonnier du cyclopeUne petite info pour finir, Charles le prisonnier du cyclope, le très bel album d’Alex Cousseau et Philippe-Henri Turin, vient aussi de ressortir en petit format. On vous avait déjà parlé de cette belle série (ici ou encore ) et si vous ne l’aviez pas encore, maintenant vous n’avez plus  aucune excuse !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqués plusieurs livres de Charlotte Gastaut (Le petit sapin, Les cygnes sauvages, Boucle d’Or & les 3 ours, Peau d’âne, PoucetteMon amie est princesse et Mais que fait la police ? ), de Princesse Camcam (Suivez le guide, promenade au jardin, Une rencontre, Le jardin de Clara, Je danse à l’Opéra, L’album de famille, Marie de Paris, Marie voyage en France, Drôles de marchés ! et La fille aux cheveux d’encre), de Fred Bernard (Rose et l’automate de l’opéra, L’histoire de vraie de Kiki la tortue géante et L’histoire vraie de Ralfone l’orang-outan), de François Roca (Le papa de Simon, Rose et l’automate de l’opéra et Les mille et une nuits), d’Alex Cousseau (Charles apprenti dragon, Les mammouths, les ogres, les extraterrestres et ma petite soeur, Les Frères Moustaches et Charles à l’école des dragons) et de Philippe-Henri Turin (Charles apprenti dragon et Charles à l’école des dragons). Retrouvez aussi notre interview de Princesse Camcam.

Ce qu’il y avait sur l’image…
Texte de Philippe Lechermeier, illustré par Charlotte Gastaut
Actes Sud Junior dans la collection Encore une fois…
4,95 €, 150×192 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2014 (première édition 2005).
Les amants papillons
de Benjamin Lacombe
Seuil Jeunesse dans la collection Seuil’issime
5,90 €, 150×190 mm, 40 pages, imprimé en France, 2015 (première édition 2007).
Monsieur Pan
Texte de Kressmann Taylor, illustré par Princesse Camcam
Autrement dans la collection Fil Rouge
5,20 €, 160×190 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2014 (première édition 2008).
Jésus Betz
Texte de Fred Bernard, illustré par François Roca
Seuil Jeunesse dans la collection Seuil’issime
5,90 €, 150×190 mm, 40 pages, imprimé en France, 2015 (première édition 2002).
Charles prisonnier du cyclope
Texte d’Alex Cousseau, illustré par Philippe-Henri Turin
Seuil Jeunesse dans la collection Seuil’issime
5,90 €, 150×190 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015 (première édition 2012).

À part ça ?

«Ce n’est pas facile d’entrer dans une librairie en demandant un livre sur le terrorisme.», une interview de Carl Norac et Vanessa Hié sur le blog des librairies sorcières.

Gabriel

You Might Also Like

Un enfant sans papa et un dragon différent

Par 8 décembre 2014 Livres Jeunesse

Le papa de SimonQuand Simon débarqua à l’école, tout le monde se demanda d’où il venait. Très vite, on décida qu’on le l’aimait pas surtout quand on sut qu’il n’avait pas de papa. Cette différence devint un sujet de raillerie et quand Simon passait les enfants répétaient, comme une comptine, « Pas de papa ! Pas de papa ! ». Un jour Simon rencontra Philippe, un adulte, un homme qui ressemblait au papa qu’il aurait aimé avoir…
Charlotte Moundlic adapte ici une nouvelle de Maupassant et l’on excusera le propos qu’on pourrait résumer par « un enfant a besoin d’un papa » au vu de l’époque où a été écrite l’histoire (1879). Les illustrations de François Roca sont, comme toujours, somptueuses et chaque planche ressemble à un tableau. Elles sont ici en pleine page et l’on se régale. On parle de la différence, de la peur de ce qu’on ne connaît pas, de l’amour…
Le papa de Simon c’est un grand album avec un très beau texte magnifiquement illustré.

Charles apprenti dragonQuand Charles naquit, ses parents étaient d’accord, il était le plus beau des dragons. Oui Charles avait de grands pieds, un petit corps frêle et des ailes énormes, mais peu importe pour des parents aussi aimants. Ses camarades étaient moins indulgents et ils se moquaient du fait qu’il ne sache pas aussi bien voler qu’eux et qu’il ne sache pas cracher du feu. Mais Charles avait un truc à lui, qu’eux n’avaient pas, il était poète.
Charles le jeune dragon a grandi, il est toujours poète et voyage à travers le monde. Il ne lui manque qu’une chose pour être heureux… un ami !
Charles à l’école des dragons et Charles prisonnier du cyclope, deux albums qui sont presque devenus des classiques, sont ici rassemblés dans un grand et beau livre. Ils sont complétés par Mémoires d’un jeune dragon dans lequel Charles écrit à ses parents, s’essaye au dessin et, bien sûr, écrit des poèmes. On parle ici de la différence, des artistes (on pense bien sûr au poème L’albatros de Baudelaire), de la création.
Un grand et bel ouvrage qui réunit deux beaux albums.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Charlotte Moundlic (La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie, Chamalo aime l’école, Je veux des lunettes !, Mon cœur en miette, Chamalo et sa baby sitter, Chamalo est jaloux, Les invités , Le slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte), de François Roca (Rose et l’automate de l’opéra et Les mille et une nuits), d’Alex Cousseau (Les mammouths, les ogres, les extraterrestres et ma petite soeur, Les Frères Moustaches et Charles à l’école des dragons) et de Philippe-Henri Turin (Charles à l’école des dragons).

Le papa de Simon
Texte de Charlotte Moundlic, d’après Maupassant, illustré par François Roca
Milan
14,90 €, 256×300 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2014.
Charles apprenti dragon
Texte d’Alex Cousseau, illustré par Philippe-Henri Turin
Seuil Jeunesse
16 €, 224×320 mm, 104 pages, imprimé en Belgique, 2014.

À part ça ?

Bon voyage, Dimitri !Dimitri est un petit oiseau. Alors qu’il migrait avec ses parents, une tempête s’est abattue sur lui et il s’est perdu. Le voilà seul en pleine Afrique… Enfin pas vraiment seul, Dimitri va sympathiser avec les animaux du coin qui vont l’aider à retrouver ses parents.
Dimitri à Ubuyu est un superbe court métrage comme nous en délivre régulièrement le studio Folimage. C’est poétique et plein d’humour, très tendre sans être mièvre. Les enfants se régalent et les parents retrouvent leur âme d’enfant (personnellement, je trouve les 3/4 de la production cinématographique pour la jeunesse absolument exaspérante et je me sens bien vieux devant ces films… heureusement qu’il y a ce genre d’exception). Dimitri à Ubuyu n’est pas venu seul, trois courts métrages l’accompagnent. Le vélo de l’éléphant (un éléphant est prêt à tout pour avoir un vélo), Flocon de neige (et s’il neigeait en Afrique ?) et Tulkou (l’histoire d’un pêcheur qui rencontre une étrange créature). L’ensemble nous permet de passer un magnifique moment, cinquante-cinq minutes tendres et poétiques.
Bande annonce :

Bon voyage, Dimitri ! Collectif, studio Folimage, 55 min.

Gabriel

You Might Also Like

Vous dansez ?

Par 7 avril 2014 Livres Jeunesse

Tourne, tourne, tourne
Ça va tourner les p’tits jupons
Chauffe, chauffe, chauffe
Ça va chauffer les p’tits chaussons
Danse, danse, danse
Ça va danser dans les foyers
Danse danse danse, Henri Dès.

Aujourd’hui, on va parler de danse ! Que ce soit chez nous en écoutant de la musique ou carrément à l’opéra, aujourd’hui on va bouger en rythme, avec grâce… ou pas ! Et l’on commence par des livres pour les petits.

Coco DanseAttention le spectacle va commencer ! Tout le monde est bien installé ? L’éléphant s’avance, fait quelques pointes pendant que la souris chante. La chanson continue, les autres animaux rejoignent la scène avec grâce. Mais tout à coup, les paroles de la chanson prennent une tournure à laquelle on ne s’attendait pas… et c’est la cata !

The show must go on ! Peu importe ce qu’il se passe, le spectacle doit continuer (d’ailleurs, le public est ravi !). Avec beaucoup d’humour, Dorothée de Monfreid nous fait assister à un drôle de spectacle. Parle-t-on ici aussi de jalousie ? Un bien joli petit album cartonné sur le spectacle et la danse.
Le même vu par Des livres, etc.

Viens danser !Souris est triste… Il lui faut de la musique, une musique gaie. Elle allume sa radio et voilà que l’envie de danser est irrésistible. Elle bouge en rythme, se déhanche et elle est bientôt rejointe par la Tortue. Toutes les deux dansent maintenant quand arrive Loup puis Crocodile, Hippopotame, Éléphant, Chimpanzé et Ours. Ça danse dans tous les sens ! Mais tout à coup… la musique s’arrête ! Que va-t-on faire ?

On danse dans Viens danser ! de Natacha de Bradké et Émilie Philipot ! Au son des onomatopées, tout comme les héros de l’histoire on est dans le rythme, on a envie de bouger. Ici, en plus de parler de danse, on évoque le bonheur d’avoir des amis, de partager, de ne pas être seul. Un très chouette album coloré et cartonné pour les tout-petits.
Le même vu par Enfantipages.

ma poupée ballerinePour son cinquième anniversaire, sa mère lui avait fabriqué une poupée avec une étoile sur le nombril. La petite fille aimait habiller sa poupée en danseuse. Avec son tutu, elle lui ressemblait vraiment. Mais un jour, alors qu’elle l’a amené à son cours de danse, la poupée tombe du sac… les chaudes larmes n’y firent rien, la poupée restait introuvable.

Ma poupée ballerine est un bel album sur l’amitié entre un enfant et sa poupée. La danse n’est pas ici le sujet, mais elle est en arrière-plan. Les illustrations de Junko Shibuya tout en tissus brodés sont très particulières, on accroche… ou pas ! Une très jolie histoire sur une petite danseuse et sa poupée en tutu.
Le même vu par Enfantipages et Maman Baobab.

EntrechatsMacha est le genre de petite fille qui adore s’amuser avec ses camarades. Ses jeux préférés ? Monter aux arbres, chat perché, le foot et se bagarrer ! Alors forcément quand les petites filles passent à côté d’elle, elles rigolent… C’est quoi cette fille qui joue à des jeux de garçons (sic). Macha en a assez ! Elle voudrait avoir des amies et décide de s’inscrire à la danse. Comme le dit Mlle Petitpas, son professeur, il va falloir beaucoup travailler !

Le début m’a un peu dérangé, le côté « jeux de filles »/« jeux de garçons »… et la fin m’a surpris (un retournement de situation des plus plaisants). Même si l’histoire manque un peu de crédibilité (la petite fille qui aime la bagarre et le foot et qui a d’un coup envie de faire de la danse… et devient la meilleure élève en peu de temps…), voilà un album plein d’humour avec des illustrations qui font un peu BD, un album qui déconstruit (un peu maladroitement) les stéréotypes sexués.

Moussy & le fantôme de l'opéraMoussy va passer le concours d’entrée à l’Opéra seulement voilà, la souris n’est pas aussi menue que les sœurs Fluettes et l’on se moque d’elle, la qualifiant de grassouillette. Moussy décide de se priver quand vient l’heure du repas, seulement passer un concours le ventre vide… ce n’est pas l’idéal.

On vous a parlé régulièrement de Moussy la souris petit rat, le personnage créé par Nathalie Infante dont les aventures se lisent généralement dans des livres à dérouler (on ouvre des pans au fur et à mesure de l’histoire et quand on arrive à la fin on a déplié une grande image). On ne pouvait pas vous parler d’ouvrages sur la danse sans vous reparler de Moussy et c’était l’occasion de vous présenter ceux qu’on n’avait pas encore chroniqués. Donc ici, on parle de surpoids, de la « norme », des moqueries et surtout de s’assumer. Une histoire tout en rimes et aux couleurs qui pétillent.

La souris petit ratMoussy a été sélectionnée, elle va participer à un spectacle et elle va même avoir un bel habit cousu sur mesure. Seulement, voilà… quand Moussy vient le chercher, un fantôme se manifeste et la prévient qu’il ne la laissera pas en paix si elle touche à ce costume…

Autre aventure de la petite souris de Nathalie Infante, donc, avec ici une histoire de fantôme… qui n’est peut-être pas ce qu’on croit ! On parle ici de la peur, de la jalousie, de la compétition. Et c’est ici aussi un livre à dérouler avec un texte en rimes et plein d’humour (et de suspense !). Moussy c’est vraiment un héros qu’affectionnent les enfants.

Un crocodile dans le ventreCerise aime danser. En tutu et chaussons, elle fait des pointes et des entrechats. Plus tard, elle sera petit rat ! Seulement, depuis que son papa est parti, Cerise est triste, chaque nuit elle se relève en cachette pour manger ce qu’elle trouve dans les placards. Bientôt, elle ne rentre plus dans ses vêtements de danse. Maman se fâche, une danseuse, ça doit être mince ! Peu de temps plus tard, Cerise est même renvoyée du cours de danse…

Ici, on parle du diktat de la minceur que les danseuses connaissent bien. Cerise est bien triste de ne plus être dans les normes… mais très vite, elle apprendra qu’il n’y a pas qu’une forme de danse et que tout le monde n’a pas les mêmes exigences. Même s’il y a quand même quelques maladresses (en gros, parce qu’elle a des rondeurs elle est faite pour la danse africaine, un cours de danse exige rarement de ses danseuses d’être filiformes… surtout un cours de danse où les danseuses ne sont pas en chignon…), c’est un album pour s’aider à s’accepter et trouver sa voie.

Pieds de cochonsUn vieux loup maigre et miteux découvrait un nouveau quartier de la ville quand il tomba sur une affiche : Le lac des truies, les ballets de Bayonne, chorégraphie : Jean Bon d’York ! Le texte était déjà alléchant, mais la photo encore plus : des petits cochons merveilleusement juteux étaient représentés. Il lui fallait entrer, et bondir sur la scène pour dévorer les petits danseurs… sauf que…

Pieds de cochons de James Marshall et Maurice Sendak a quand même pris un sacré coup de vieux ! Tant dans les illustrations que dans la mise en page, mais quelle histoire originale ! Le loup va se laisser surprendre par la beauté de la danse et oublier pourquoi il est là. C’est aussi ça l’art, ça nous cueille, nous transporte, nous fait oublier le reste.

Rose et automateIl avait été abandonné depuis longtemps, si longtemps qu’il ne sait plus depuis quand. Il avait fallu un petit rat pour le sortir. Elle lui avait souri, l’avait caressé, dépoussiéré, ça l’avait tant ému. Puis elle lui a même parlé, cherché le reste de son corps (car il n’y avait qu’une tête) et avec l’aide du vieux machiniste elle l’a entièrement remonté. Quand il a été enfin complet, il s’est mis à danser, la petite fille n’avait plus qu’une envie… danser avec lui !

Mais qu’elles sont belles les planches de François Roca ! La grande taille de l’album les met parfaitement en valeur et l’on admire le travail de l’illustrateur à chaque page. Son acolyte (ils ont signé plusieurs albums ensemble), Fred Bernard a écrit un texte extrêmement poétique, l’histoire d’un vieil automate retrouvé par une jeune danseuse, et surtout l’histoire de celle-ci qui va se battre pour réhabiliter l’automate. On parle aussi ici du plaisir de danser. C’est extrêmement beau, le genre d’album dont on ne se sépare pas.

On quitte les albums pour passer aux documentaires.

JOSEPHINE Baker la danse libéréeAu milieu des années 20, une jeune fille danse devant un public médusé, elle est à moitié nue et elle a conquis le public européen. Ce n’était pas gagné pour la jeune Joséphine que tout le monde appelle Tumpie. Née dans une famille pauvre, elle a commencé à travailler à huit ans comme femme de ménage. Elle a tout fait pour quitter cette misère et vivre de sa passion : la danse.

Joséphine Baker, la danse libérée est un petit livre sorti dans la collection Des graines et des guides dont on vous a déjà parlé ici. Une super collection qui, chaque fois, nous présente un homme ou une femme qui a marqué l’histoire, la culture. Construits comme de courts romans, légèrement illustrés, c’est chaque fois une lecture passionnante. Ici donc on va mieux connaître la vie de cette danseuse qui a marqué la France des années 20 et dont la générosité reste célèbre. On regrette juste parfois que l’auteur n’ait pas plus détaillé certaines choses, certaines périodes, passant trop vite à la suite. Encore un livre très intéressant de la collection Des graines et des guides chez À dos d’âne.

Les arts de la danseLes arts de la danse de Carole Laffon sorti chez Mango jeunesse est un documentaire dont la couverture matelassée avec sa belle photo attire. Les photos intérieures sont un peu moins sympa… Elles semblent parfois datées et ne sont pas toujours en adéquation avec le texte (par exemple, pour accompagner un texte sur le fait de danser pieds nus à partir de trois ans… on voit des enfants en chaussures !). Ici, on parle des différentes danses, de quand commencer, des vêtements, des cours… le livre aborde vraiment tout des premiers pas aux professionnels. Mais c’est un peu fouillis… En fin d’ouvrage, on trouve des quizz sur l’art de la danse et un vocabulaire technique. Un documentaire à destination des plus jeunes pour une première approche, qui aurait mérité des photos plus adaptées et un classement plus réfléchis.

La danse racontée aux enfantsNous (j’ai demandé son avis sur ces trois documentaires à ma compagne qui a fait de la danse pendant plusieurs années) avons été plus enthousiastes sur La danse racontée aux enfants de Christine Beigel sorti chez De la Martinière jeunesse. Déjà, ici les photos sont superbes, les thématiques claires et la mise en page attrayante. L’Histoire de la danse, les différentes danses, les costumes, les décors, la danse au cinéma… les thèmes sont un peu les mêmes que dans l’ouvrage précédent, mais ici on parle moins des cours de danse, c’est plus un livre sur l’art de la danse que sur son apprentissage. Mais voilà un livre extrêmement réussi visuellement qui donne donc envie de s’y plonger, un livre original qui traite de sujets qu’on ne trouve pas souvent dans les livres pour enfants. Mais ça reste quand même un ouvrage qui s’adresse aux plus grands par rapport à Les arts de la danse.
Le même vu par Enfantipages.

Copains de la danseOn termine par un classique : la collection Copains et son tome sur la danse : Copains de la danse. Ici, c’est extrêmement complet. Plus de 250 pages pour explorer la danse, son Histoire, les différentes danses, les vêtements… mais ici on va aussi voir la fabrication d’un chausson de danse ou savoir qui a inventé les pointes, voir la différence entre le vaudeville et le music-hall, s’essayer au smurf et apprendre à se faire un cataplasme à l’argile. On est proche ici de l’encyclopédie ! Copains de la danse est un livre extrêmement complet, richement illustré (avec des dessins pleins de modernité et des photos très bien choisies). LE livre pour tout savoir sur la danse.

Quelques pas de plus…
D’autres livres qui parlent de danse que l’on a chroniqués : Jeu de piste à LondresL’ours qui danseLes ailes de la sylphideIsadora DuncanFlamingo, La catcheuse et le danseur, Moussy, danseuse de balai, Je danse à l’Opéra, Petites danseuses, Lilichou l’atelier ballerines, Tonnerre de catch, Danse, Prosper, danse ! et Philo mène la danse.

Coco danse
de Dorothée de Monfreid
L’école des loisirs dans la collection Loulou & Cie
10,70 €, 205×205 mm, 24 pages, imprimé en Malaisie, 2009.
Viens danser !
de Natacha de Bradké et Émilie Philipot
L’école des loisirs
11,20 €, 191×220 mm, 28 pages, imprimé en Malaisie, 2011.
Ma poupée ballerine
de Junko Shibuya
Autrement
12,50 €, 170×230 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2013.
Entrechats
Texte de Rosine & Claire Wortemann
p’titGlénat dans la collection Vitamine
11 €, 306×215 mm, 24 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Moussy & Le fantôme de l’opéra
de Nathalie Infante
Les Éditions Marie-Louise dans la collection Roll Story
6€, 160×120 mm, 18 pages, imprimé en France, 2010.
Moussy la souris petit rat
de Nathalie Infante
Les Éditions Marie-Louise dans la collection Roll Story
6€, 160×120 mm, 18 pages, imprimé en France, 2009.
Un crocodile dans le ventre
Texte d’Anne Ferrier, illustré par Roseline d’Oreye
Pastel
11,20 €, 180×250 mm, 35 pages, imprimé en Belgique, 2008.
Pieds de cochons
Texte de James Marshall, illustré par Maurice Sendak
L’école des loisirs
13,70 €, 200×230 mm, 30 pages, imprimé en France, 2001.
Rose et l’automate de l’opéra
Texte de Fred Bernard, illustré par François Roca
Albin Michel Jeunesse
19 €, 290×365 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
Joséphine Baker la danse libérée
Texte de Marianne Stjepanovic, illustré par Pauline Sciot
Éditions À dos d’Âne dans la collection Des graines et des guides
7,50 €, 105×150 mm, 50 pages, imprimé en Italie, 2013.
Les arts de la danse
Textes de Caroline Laffon
Mango dans la collection Qui sommes nous ?
13,50 €, 255×310 mm, 59 pages, imprimé en Chine, 2012.
La danse racontée aux enfants
Textes de Christine Beigel
De la Martinière Jeunesse
14,50 €, 291×262 mm, 70 pages, imprimé en France, 2012.
Copains de la danse
Textes d’Agnès Izrine, illustrés par Sophie Lebot, Jérôme Brasseur et Claude Cachin
Milan dans la collection Copain
14,95 €, 195×255 mm, 254 pages, imprimé en Chine, 2013.

À part ça ?

l'age heureuxAnnées 60, Delphine, petit rat à l’Opéra de Paris, a été choisie pour interpréter un grand rôle dans Galatée. Certains ne comprennent pas pourquoi c’est elle et non pas la très sage et très talentueuse Julie. Mais le maître n’en démord pas, ça sera elle. Un soir, Delphine et ses amies réussissent à monter sur les toits de l’Opéra, ce qui est formellement interdit. Julie en profite pour les enfermer à l’extérieur afin qu’elles se fassent avoir et punir. C’est grâce à une amie que j’ai connu L’âge Heureux, une série de 1966 qui existe en DVD. Quatre épisodes de 50 minutes en noir et blanc dans lesquels on suit donc de jeunes danseuses de l’Opéra de Paris. On est plongé dans les années 60 avec ses rites, sa mode, sa vie quotidienne mais aussi, donc, dans la vie des petits rats de l’Opéra de Paris. L’intrigue principale rend le tout passionnant. Une série à découvrir de toutes urgences, que vous aimiez la danse ou pas.
Une vidéo composée d’extraits.
L’âge heureux de Philippe Agostini, d’après un roman d’Odette Joyeux, autour de 20€.

Gabriel

You Might Also Like

Le minotaure, l’Oncle Tom, Shéhérazade et les musiciens de Brême

Par 19 novembre 2012 Livres Jeunesse

Quatre très beaux albums et une boîte de fiches avec des histoires anciennes, des classiques intemporels.

Parce que son père avait gardé un taureau blanc qu’il devait offrir à Poséidon, Astérion naquit avec un visage difforme, effrayant, signe de la vengeance du dieu des mers. Cet enfant faisait peur à son père aussi décida-t-il de l’enfermer dans un grand labyrinthe dont personne ne pourrait sortir, une œuvre signée par Dédale.

On a tous plus ou moins en tête, je pense, l’histoire du Minotaure, mais personnellement je ne me souvenais que de quelques bribes (pour ne pas dire que je ne connaissais que le fait que le Minotaure avait une tête de taureau et qu’il vivait dans un labyrinthe construit par Dédale !). J’ai plongé avec un très grand plaisir dans cette vieille histoire absolument passionnante adaptée ici par Jean-Pierre Kerloc’h. Il faut dire que le livre est très beau, les illustrations de Jeremy Moncheaux sont absolument superbes et le grand format de l’album les met bien en valeur. Une histoire très ancienne qui captive toujours autant.

Tom était un esclave du bon Monsieur Shelby, un brave homme. Sauf que celui-ci dû le vendre au terrible Monsieur Haley pour payer une dette. La fin de vie du pauvre esclave n’allait pas être très rose…

Ici c’est le célèbre roman de Beecher Stowe, La case de l’oncle Tom qu’adapte Jean-Pierre Kerloc’h. Une histoire à la fois dure et tellement belle où certains hommes se révèleront plus bons que d’autre. On parle ici de cette époque où l’on pouvait acheter des hommes et les maltraiter impunément, on parle aussi du racisme primaire, de se battre pour ses idées, de la dignité humaine. On est presque, ici, dans le roman illustré, les dessins sont grands et nombreux mais le texte est assez long. C’est un album pour les bons lecteurs mais aussi pour donner le goût de la lecture à des enfants peu habitués aux romans sans images. Et il faut dire que les illustrations d’Aude Samama sont très belles.

Shéhérazade était une jeune femme courageuse. Alors que le sultan se mariait chaque jour avec une femme qu’il faisait tuer le matin suivant la noce, elle décida d’elle-même de l’épouser afin que cesse le massacre. Lors de sa nuit de noce elle raconta au roi une histoire dont forcément il voulut connaître la suite. Chaque nuit elle continuait pour avoir la vie sauve et que le roi ne tue plus personne. En plus de l’histoire de Shéhérazade, Les mille et une nuits dans la collection Contes et légendes chez Nathan nous propose huit magnifiques contes : Le prince changé en singe (une femme transforme un prince en singe pour lui éviter d’être mangé par des ogres), L’encombrant cadavre (un mort dont les gens vont se débarrasser tour à tour), L’astucieux petit chamelier (un homme devra affronter un horrible géant à deux têtes), Histoire d’une tarte au miel et à l’eau de rose (des jumeaux fâchés dont la descendance va se reconnaître grâce à une recette familiale), Le mari, la femme et le perroquet (un mari jaloux va faire surveiller sa femme par un oiseau sensé tout lui répéter), L’homme qui mit sa femme dans un bocal (un homme dont la femme est insupportable décide de s’en débarrasser), Le calife et l’âne (un djinn va donner une leçon à un calife idiot en intervertissant son apparence avec celle d’un âne) et Le coffre volant (un riche marchant va acquérir un coffre volant et avec va séduire une belle princesse).

Déjà le grand livre et ses illustrations pleine page est absolument magnifique, mais quel bonheur de découvrir ou redécouvrir sept des contes des mille et une nuit ! Ces contes aux accents d’orient sont fabuleux et traversent le temps tout en nous enchantant toujours. Ils sont réécrits ici par la géniale Gudule. C’est un très très beau livre.

Une version complétement différente des contes des mille et une nuits, c’est la boîte de fiches sortie dans la collection Comptines du soir. Cette collection chez Tana éditions propose des fiches avec de belles illustrations au dos desquelles se trouvent une histoire, les fiches sont rassemblées dans une boîte musicale métallique (petite boîte à musique avec remontoir). Alors ici beaucoup plus de contes mais aussi beaucoup plus résumés. C’est, pour moi, un peu trop court et donc frustrant, mais si vous cherchez des histoires très courtes vous allez adorer, d’autant que l’objet est beau et les enfants adorent ce côté boîte à musique.

Les musiciens de Brême est une histoire très connue, elle a traversé les époques et les pays, elle a été déformée au passage. Les histoires des musiciens de Brême racontées dans le monde chez Syros nous propose d’en découvrir quatre versions.

La fuite d’un coq, un chien, un chat et un âne qui vont prendre possession de la maison d’une bande de voleurs ; un œuf, une grenouille, une bouse de vache et d’autres encore qui vont aider une femme à se débarrasser de la terrible mengudze en échange de crêpes ; un chat et un mouton qui vont faire peur à neuf loups et un mouton, un lévrier, un âne et un poulet qui vont être plus forts qu’une bande de lions. Quatre très belles histoires venues (dans l’ordre) d’Allemagne, de Chine, d’Ariège et du Maroc.

Le livre est magnifique, grâce à la beauté et à l’humour de ces histoires mais aussi grâce aux très belles illustrations de Rémi Saillard (on peut aussi saluer de travail d’édition car l’objet est lui-même très beau). On parle ici de l’union qui fait la force, de faibles qui vont battre des plus forts qu’eux grâce à leur malice. Les textes sont très bien écrits et on les lit à voix haute avec beaucoup de plaisir, les enfants eux-mêmes adorent les écouter. Une vraie réussite !

Quelques pas de plus…
Retrouvez nos autres chroniques de livres…
… écrits par Jean-Pierre Kerloc’h : Peter Pan et Wendy
… écrits par Gudule : 40 histoires pour les tout-petits, Fées et princesses, L’amour en chaussettes et Contes et Légendes de l’amour. Nous avons également réalisé une interview de Gudule.
… écrits par Fabienne Morel : L’ogresse poilue.
… illustrés par Rémi Saillard : Au chat et à la souris, Dans ma rue et Ami ou ennemi ?

Le Minotaure et le labyrinthe
de Jean-Pierre Kerloc’h, illustré par Jérémy Moncheaux
P’tit Glénat dans la collection Les histoires phares
14,50€, 257×300 mm, 48 pages, imprimé en France
La case de l’Oncle Tom
de Jean-Pierre Kerloc’h (d’après Harriet Beecher Stowe), illustré par Aude Samama
P’tit Glénat dans la collection Les histoires phares
14,50€, 257×300 mm, 42 pages, imprimé en France
Les mille et une nuits
de Gudule, illustré par François Roca
Nathan dans la collection Contes et légendes
16,90€, 249×320 mm, 60 pages, imprimé en Espagne
Petits contes des 1001 nuits
de Claire Lemoine, illustré par Sandrine Bonini
Tana éditions dans la collection Ma petite boite à musique
13,10€, 101x125x58 mm, 45 fiches, imprimé et fabriqué en Chine
Les histoires des musiciens de Brême racontées dans le monde   
de Fabienne Morel et Gilles Bizouerne, illustré par Rémi Saillard
Syros dans la collection Le tour du monde d’un conte des petits
15€, 214×330 mm, 60 pages, imprimé en France

A part ça ?

Le photographe Richard Unglik  pastiche les grandes œuvres de l’Histoire avec des Playmobil. Il expose en ce moment à l’hôtel Glasgow Monceau à Paris. Des photos du vernissage ici.

Gabriel

You Might Also Like

Secured By miniOrange