La mare aux mots
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Frédéric Laurent

Les invités du mercredi : Frédéric Laurent et Gaël Aymon (+ concours)

Par 29 mai 2013 Les invités du mercredi

Il y a des auteurs comme ça dont un aime chaque ouvrage, Frédéric Laurent en fait partie. Alors qu’il change presque à chaque fois d’univers (tant graphique que du point de vue de l’histoire), ses albums sont tous des petits bijoux. J’ai eu envie de lui poser quelques questions et notamment de revenir sur son dernier album, Un autre monde, album que je vous proposerai de tenter de gagner à la suite de l’interview. Enfin un autre auteur que nous aimons beaucoup viendra nous parler d’un coup de cœur et poussera un coup de gueule, c’est Gaël Aymon ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Frédéric Laurent

Frédéric LaurentQuel a été votre parcours ?
J’ai fait les Arts Décoratif à Paris. Puis j’ai voulu sortir des livres. Du coup, j’ai envoyé des projets et me suis aperçu que ce serait plus dur que ça.
J’ai donc continué à dessiner et écrire des bouquins tout en découvrant une foultitude d’activités passionnantes à côté comme veilleur de nuit, manœuvre sur des chantiers, cuisto, ou encore vendeur de salle de bain par téléphone. J’ai aussi pas mal voyagé.
Au bout d’un moment, ce mode de vie exemplaire a porté ses fruits et j’ai fini par recevoir un appel pour publier l’un de mes livres. C’était L’atelier du poisson soluble pour Gropopus et Fipoupus.
À partir de là, les projets se sont enchaînés tranquillement. Je suis bien content.

fipoQuelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
J’ai toujours vu des livres autour de moi. Mon père étant architecte, les bibliothèques étaient bien remplies. J’ai néanmoins longtemps dédaigné les ouvrages de référence sur Le Corbusier ou Renzo Piano pour me concentrer sur la lecture de Monsieur Costaud ou Le prince de Motordu. Puis ce furent les bandes dessinées ; durant 15 ans, je pense avoir lu ou feuilleté tout ce qui paraissait. Mais j’ai aussi lu des livres sans images dedans. Faut pas croire…

Y a-t-il des illustrateurs actuels que vous aimez particulièrement ?
Mes références en matière de dessins sont plus BD que jeunesse. Blain, Blutch, Boucq, Baudouin et beaucoup d’autres encore dont le nom ne commence même pas par B.
En jeunesse il y a beaucoup de choses que je trouve superbes et surtout je suis étonné à chaque salon de la diversité du secteur.
Il y a aussi beaucoup de choses que je trouve très moches, mais je ne donnerai aucun nom en public, essentiellement par couardise.

Les deux poissonsOù trouvez-vous l’inspiration ?
En me promenant dans la nature, en écoutant le chant des oiseaux.
Non, ce n’est pas vrai, je suis un citadin. Entendons-nous bien, je n’ai rien contre la nature. Par contre, je la soupçonne d’avoir quelque chose contre moi. La preuve : je suis allergique au pollen.
Pour moi si on parle « d’inspiration » c’est au moment de trouver l’idée de base pour une histoire. Ça c’est un super moment ! Mais savoir d’où ça vient… Ça doit être une habitude qu’on donne à son cerveau. J’ai toujours deux trois pistes pour des histoires en tête. J’y pense plus ou moins tout le temps. Tous les temps où j’ai un peu de temps en tout cas. Je suis clair là ? Non ?
Pour le dessin, en ce qui me concerne, je n’ai pas réellement d’inspiration. C’est du boulot et beaucoup de petites prises de décision.

Vos livres ont chacun un univers bien à part, même dans la technique de dessin, c’est par peur de tourner en rond ?Monstres en ville
Comme je disais plus haut, le dessin, c’est du boulot. J’aime ça, c’est ma vie, mais c’est quand même assez laborieux. Tout seul, assis à une table, faire des aplats et des traits, il y a plus festif. Donc j’essaie de varier.
Puis je tente de trouver une technique qui sert l’histoire.

Parlez-nous du tout dernier, Un autre monde, comment est née cette histoire ?
J’avais en tête d’adapter le mythe de la caverne de Platon depuis un bout de temps. Mais je ne savais pas trop comment. Lorsque j’ai rencontré Cyril Armange des Éditions d’Orbestier, il m’a dit son envie de publier des livres jeunesses lisibles aussi par des plus grands. Je lui ai parlé de cette idée. Il a paru intéressé alors je me suis mis à écrire. Pour le dessin, la technique de la carte à gratter où le blanc apparaît sur un fond noir me paraissait convenir à ce projet où il est question Momotarode lumière et d’obscurité. Alors j’ai gratté et un autre monde est né.

Quels sont vos projets ?
J’ai le second tome d’une petite série BD à paraître chez Poing !, un collectif d’auteurs. Ça s’appelle Pan Pan et il s’agit d’histoire de cow boys fatigués.
En jeunesse L’oubli de Noé va paraître chez D’orbestier. J’ai écrit l’histoire et un ami illustrateur s’occupe des dessins.
Sinon d’autres projets soit solo soit en collaboration avec des illustrateurs sont en cours. Deux d’entre eux pour l’instant sont bien partis pour être signés.
Puis j’ai écrit une pièce de théâtre jeunesse avec un ami comédien.
Pour résumer, beaucoup de projets, beaucoup d’enthousiasme et d’envie de raconter des histoires, mais il faut du temps et je ne suis pas le seul à décider. Mais ça avance.

 

Bibliographie (jeunesse) :

Frédéric Laurent a également sorti deux bandes dessinées Pan Pan 01 et Pan Pan 02 chez Poing !.

Un autre mondeComme je vous le disais avant cette interview, grâce aux éditions Rêves bleus – D’orbestier je vais pouvoir offrir à l’un de vous le superbe album Un autre monde, album qui avait été coup de cœur La mare aux mots il y a peu de temps. Pour tenter de le gagner, imaginez que vous soyez un Obcuris (un être qui vit dans l’obscurité) qui découvre pour la première fois le monde (comme le personnage principal de cet album), quelle serait la chose qui vous émerveillerait le plus ? Soyez imaginatifs ! Je tirerai au sort parmi vos réponses et l’heureux élu sera bien chanceux ! Vous avez jusqu’à lundi 20h !


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Gaël Aymon

Une fois par mois un acteur de l’édition jeunesse (auteur, illustrateur, éditeur,…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché, ému ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé. Cette semaine c’est l’auteur Gaël Aymon qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Mon coup de cœur et mon coup de gueule sont pour deux mots au pouvoir surprenant !

Coup de cœur pour le mot Séquanodionysien que je viens de découvrir. Car il se trouve que j’en suis un, puisque je suis un habitant du département de Seine-Saint-Denis ! Oui, oui le célèbre 9-3. Ce mot m’enchante plus encore que d’être Gervaisien ou Pantinois, mots que j’aimais déjà beaucoup. Il ajoute un petit charme excentrique à mon quotidien de banlieusard, à mon identité.

Coup de gueule pour le mot anxiogène, qui a le don de m’écorcher les oreilles, surtout quand il sort de la bouche d’éditeurs jeunesse me refusant, ou hésitant à me refuser, un manuscrit. « Pas mal votre texte, il y a de bonnes idées. Mais je me demande si certaines images ne sont pas un peu… anxiogènes pour nos petits lecteurs » (Car, oui, le mot « anxiogène » va souvent avec l’entité « petit lecteur »).
D’abord, je me demande quel panel d’enfants a servi pour définir ce qui angoisserait à coup sûr nos « petits lecteurs ». Ensuite, depuis quand l’inquiétude, l’intranquillité, sont-elles vécues comme des traumatismes ? Enfin surtout, depuis quand une fiction se doit-elle d’être rassurante, apaisante et vide de toute tension ?
Il me semble que ce souci de lisseur absolue est le terreau d’une oppression bien plus terrible pour les enfants : l’anxiété du vide, l’angoisse devant une succession ininterrompue de récits sans surprise ni danger, sans émotion ni intérêt, et qui ne servent qu’à se distraire pour tuer le temps, l’ennui, ce vide terrible créé par l’absence de toute ambiguïté. Des livres-médicaments qui voudraient tout soigner. Des livres-hamburgers qu’on avale pour ne pas avoir faim, ne pas respirer. C’est vrai que c’est anxiogène d’avoir faim, et dangereux de respirer ! Quelle perspective réjouissante ! Mais il y a aussi, heureusement, des gens qui savent encore ce qu’est un enfant.

© William BeaucardetGaël Aymon est auteur.

Bibliographie :

Merci à Gaël Aymon. Vous pourrez lire une de ses histoires, Une colo pour deux, dans le numéro de Dlire (Bayard presse) de juillet qui sort le 20 juin, en septembre un roman grands ados chez Actes Sud Junior, Ma réputation, et un conte pour les plus petits chez Talents Hauts en novembre, Le fils des géants.

Retrouvez le sur son blog et vous pouvez relire l’interview qu’il nous avait accordé.

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Aller vers l’inconnu et découvrir le monde

Par 8 avril 2013 Livres Jeunesse

Comme souvent le lundi, deux albums coups de cœur. Deux livres qui parlent de dépasser les peurs, les a priori, la routine, d’aller plus loin que ce que là où on a l’habitude d’aller, découvrir le monde.

Un autre mondeC’est bien enfoui sous la terre que vivent les Obscuris, leur royaume est là, dans la pénombre. Seul un long puits les relie au reste du monde, et la seule lumière qu’ils connaissent c’est celle lointaine qu’ils voient par ce long tunnel. Une lumière qui effraie car on ne la comprend pas. Pourtant un soir d’orage une branche enflammée va tomber dans le puits et tout à coup les Obscuris vont voir, voir à quoi ils ressemblent et voir autour d’eux. Mais quand on n’a jamais vu, imaginez le choc ! Una utre mondePourtant l’un d’eux va oser toucher cette lumière et même avoir envie d’aller voir d’où elle vient…

Il est difficile de résumer cet album tellement il est riche, tellement les thèmes abordés sont nombreux… La peur tout d’abord, peur de l’autre, de l’inconnu, de ce qui est différent, et puis le rejet de cette différence, le goût de l’aventure, la solitude, le mensonge (dans lequel on s’enferme), l’espoir,… Un autre monde est surtout un petit bijou, tant sur le plan visuel que sur son histoire. Un album qui marque, qui touche dans lequel on peut voir tellement de choses, de métaphores sur notre monde. L’histoire est superbe et les illustrations (Frédéric Laurent, tout est dit…) sont renversantes. J’adore les messages transmis ici, la richesse de cet album. Un album à se procurer d’urgence !

Les listes de WallacePour Wallace la vie est simple, tout est noté ! Wallace fait des listes de tout, quel gain de temps ! Ses journées sont ainsi prévues à l’avance, comme tout est noté il suffit de suivre. Seulement un jour Wallace croise Albert, qui vient s’installer dans l’appartement d’à côté, Albert le salue mais répondre n’est pas sur sa liste ! Pour demain c’est noté, Wallace dira bonjour à Albert… mais si ce n’était que le début d’une suite d’imprévus ?

Les listes de Wallace est également un magnifique album sur le fait de dépasser ses habitudes, son petit confort et vivre de folles aventures (comme faire une soupe avec deux oignons quand il était écrit trois !). C’est aussi un superbe album sur l’amitié. C’est parce qu’il a maintenant un ami (voir liste n°14) que Wallace va accepter des choses insensées, qu’il va sortir de sa routine. C’est également un album sur la peur, c’est pour se rassurer que Wallace fait des listes. Vous l’aurez compris c’est ici aussi un album extrêmement riche, un album très fort, plein d’émotion et là aussi avec de très beaux messages sur le monde, les gens. Bref là également un album à se procurer d’urgence… votre banquier va me détester (et votre libraire m’adorer).

Quelques pas de plus :
Nous avons déjà chroniqué plusieurs (tous ?) livres de Frédéric Laurent (Momotarō, Monstres en ville, Les deux poissons et Fipopus et Gropopus) et deux livres d’Olof Landström (Quelle chance ! et La tototte).

Un autre monde
de Frédéric Laurent
Rêves bleus
15€, 240×320 mm, 36 pages, imprimé en Turquie, 2013
Les listes de Wallace
de Barbara Bottner et Gerald Kruglik (traduit par Rémi Stefani), illustré par Olof Landström
Casterman dans la collection Les albums Casterman
13,95€, 222×287 mm, 30 pages, imprimé en Slovénie, 2011.


A part ça ?

Le sélection du prix des incos 2012-2013 a été révélée (plusieurs albums qu’on a adoré y figurent) et Hérisson nous la donne sur son blog.

Gabriel

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Une place pour moi ?

Par 24 février 2013 Livres Jeunesse

Cinq livres qui parlent de personnages qui ont du mal à trouver leur place.

Rita la féroce fée rousseLes fées s’occupent des enfants, ça vous le saviez j’en suis sûr ! Mais saviez-vous que les fées blondes s’occupent des filles et les fées brunes des garçons ? Pas sûr ! (au moins cette chronique vous aura appris quelque chose !). Mais que ce passa-t-il alors quand Rita, une fée rousse naquit… On ne sait pas quoi en faire, pensez-donc ! On la laisse de côté, elle est inutile. Et quand personne ne s’occupe de vous comme ça, c’est pas drôle et au bout d’un moment ça rend méchant… mais si Rita avait elle aussi son utilité ?

Je découvre avec Rita, la féroce fée rousse, les éditions Clochette et c’est une très bonne surprise. Au départ, comme beaucoup je pense, je me suis dit « tiens Maureen Dor… la nana de la télé là ? » Et en fait il suffit qu’on laisse de côté ses préjugés (datés en plus) et on découvre qu’elle a du talent, que ce n’est pas juste une « nana de la télé » qui s’est dit Rita le féroce fée rousse« tiens si je faisais un livre pour enfants » (c’est d’ailleurs pas son premier). Avec sa voix qui pétille de malice (c’est un livre-CD), elle nous raconte donc l’histoire de cette petite fée née différente et qui va trouver sa place malgré le fait que les autres ne veulent pas d’elle. Au-delà du sujet sur la rousseur (qui est quand même un vrai sujet, vu tout ce qui continue de courir sur les roux et rousses…) on parle bien-sûr de la différence en général, de se faire accepter avec ses différences. On évoque aussi des aînés qui ont peur d’être moins aimés quand un bébé arrive. Le CD est un vrai bonheur, Maureen Dor est drôle, pétillante, et les enfants sont captivés par sa voix (et les parents ne la trouvent pas agaçante, c’est tellement rare les histoires pour enfants sur CD pas agaçantes pour les parents qu’il faut le signaler !). Des tas de bonus très sympa, une chanson d’abord, drôle et entrainante, ensuite la même chanson mais sans la voix pour que les enfants puissent la reprendre et enfin l’histoire est reracontée avec des trous pour jouer avec les enfants et voir s’ils ont bien suivi. Ah et le petit plus, il y a une clochette pour indiquer quand tourner la page ! Ce petit truc qui existait déjà quand nous étions petits est devenu assez rare… et c’est bien dommage. J’ai été séduit, ma fille a été conquise !
Vous pouvez d’ailleurs découvrir en ce moment ce livre-CD en ligne : http://www.editions-clochette.fr/une-histoire/sample-page

MomotaroMomotarō a été trouvé, bébé, au bord d’une rivière, il a été élevé par les gens du village. Il grandit et devient même le plus fort du village mais seulement voilà… Momotarō est fainéant, le roi des fainéant ! Les villageois trouvent qu’il n’est pas utile, il doit partir ! Pas utile Momotarō, vraiment ?

C’est en partant d’une légende japonaise que le talentueux Frédéric Laurent a fait ce petit livre très graphique avec le système de frise qu’il a utilisé également dans Monstres en Momotaroville (dont je vous parlais récemment). Si on dépliait tout le livre on aurait toute l’histoire de Momotarō dans une seule et même bande (et c’est peut-être dommage que le livre ne propose pas des doubles pages qui auraient permis de mettre en valeur cette frise). Même si je reste très fan du travail de Frédéric Laurent, je trouve que le texte aurait mérité d’être développé ici, que l’histoire aurait mérité d’être plus longue à lire (on a parfois l’impression de lire un résumé). Toutefois il signe là encore un très bel ouvrage, un bien bel objet artistique.

Monsieur OiseauMonsieur Oiseau non plus n’est pas à sa place. D’accord il est un oiseau, il est donc logique qu’il fasse comme ses congénères… Mais lui n’aime pas chanter à la chorale, il n’a pas envie de construire un nid… il aimerait être autre chose… Oui mais quoi ? Il tente d’abord d’être un coussin… mais une vache s’assoit sur lui, s’il était un hérisson on n’aurait pas envie de s’assoir sur lui ! Oui mais les hérissons hibernent l’hiver et lui n’a pas envie de dormir ! Et s’il était un bonhomme de neige ? Sauf que quand vient l’été il va fondre… Monsieur Oiseau se demande quoi être… et si c’était être lui le mieux ?

Autant, pour être franc, je n’ai pas trop accroché sur les illustrations de Monsieur Oiseau veut changer de peau, autant j’ai aimé cette histoire proche du conte philosophique. On parle donc ici de ces moments où l’on voudrait être autre chose, de ce fameux « l’herbe est toujours plus verte à côté ». Monsieur Oiseau va comprendre que la situation des autres n’est pas plus enviable que la sienne, que chacun a ses problèmes et finalement il vaut mieux être soi même. Bien sûr ses voyages, ses expériences, lui seront utiles, l’aideront à grandir. On parle aussi, ici, d’amour car c’est ce que trouvera Monsieur Oiseau au bout du chemin, et qui le fera se sentir bien.

FirminFirmin tombe, sans arrêt il glisse. Il a tout essayé, rien à faire, ce petit pingouin se retrouve Firmintoujours le nez dans la neige. Alors Firmin est triste, pourquoi il n’arrive pas à être un pingouin normal, qui tient debout ? Et si en fait c’était utile aussi les pingouins maladroits ?

Firmin est un tout petit livre signé Ingrid Chabbert et illustré par Gwenaëlle Doumont. Le joli texte est plein d’humour et de tendresse, deux qualificatifs qui s’appliquent également parfaitement aux illustrations. On parle ici de l’importance de ceux qui semblent décalés, pas aux normes et on en parle bien !

Le prince KangorKangor était un prince timide, au désespoir de ses parents. Il était maladroit et lorsqu’il s’entraînait au combat il avait peur de blesser ses adversaires… Que faire d’un tel fils qui était pourtant appelé à régner un jour… Kangor, lui-même, souffrait d’être différent. Pourtant un jour, après avoir entendu un homme parler de sa fille enlevée par les loups, le prince décida de partir sauver la jeune fille.

Ici aussi il est question de différence et de vouloir changer sa vie. Kangor souffre de sa timidité, il aimerait être courageux. Il va d’ailleurs réussir à aller au-delà de ses peurs et découvrir qu’il n’est pas aussi peureux qu’il le croit, et qu’il a un don qu’il ne soupçonnait pas. C’est également parce qu’il est plus sensible que les autres qu’il va vouloir sauver la jeune fille. On peut aussi voir ici un texte sur l’agoraphobie, Kangor se cache, ne parle à personne et va décider de sortir, d’affronter les gens. Comme toujours avec Catherine Leblanc c’est très bien écrit, elle sait manier les mots, faire de belles phrases, faire passer des émotions.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué…
– d’autres livres de Frédéric Laurent : Monstres en ville, Les deux poissons et Fipopus et Gropopus.

– d’autres livres d’Ingrid ChabbertUn accordéon sinon rien, La vérité sort toujours de la bouche des enfants, La mémoire aux oiseaux, L’oiseau, Les écharpes de Mamie Berthe, Tonnerre de catch, La fête des deux mamans, Raconte-moi la révolution, Les yeux du parapluie, Sur les quais et Le bateau de Malo. (retrouvez aussi notre interview d’Ingrid Chabbert)
– d’autres livres de Catherine Leblanc : Ce crime, Ma couleur, Au lit, Ludo !, Le goût d’être un loup, Les petites personnes, Au revoir, bonjour, Lulu et Moussu, Ah ! Si j’étais président ! et Comment ratatiner les monstres ? (Nous avons également interviewé Catherine Leblanc)

Rita, la féroce fée rousse
de Maureen Dor, illustré par Olivier Nomblot
Éditions Clochette dans la collection Les Zygomots
14,95€, 214×212 mm, 25 pages, imprimé en Belgique, 2011.
Momotarō
de Frédéric Laurent
Balivernes éditions dans la collection Petites sornettes
9€, 175×178 mm, 20 pages, imprimé en Espagne, 2012.
Monsieur Oiseau veut changer de peau
de Piret Raud traduit de l’estonien par Marie-Agathe Le Gueut
Éditions Le pommier dans la collection Les bouts d’choux explorent le monde
13€, 207×257 mm, 38 pages, imprimé en France, 2012.
Firmin
d’Ingrid Chabbert, illustré par Gwenaëlle Doumont
Gargantua Jeunesse
4,90€, 120×160 mm, 30 pages, imprimé en Bretagne sur papier recyclé, 2011.
Le prince Kangor
de Catherine Leblanc, illustré par Pascale Breysse
Lire c’est partir
0,80€, 220×190 mm, 32 pages, imprimé en France, 2009.

A part ça ?

Quand une émission qu’on adore reçoit quelqu’un qu’on adore ça donne une super émission. L’émission Ecoute ! Il y a un éléphant dans le jardin ! reçoit Nathalie Colombier de DéclicKids et elle est tout simplement passionnante à écouter. Que vous vous intéressiez déjà au numérique ou pas, je suis certain que ça va vous captiver. L’émission est en ligne, à écouter d’urgence !

Gabriel

 

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L’enfance c’est encore le droit de rêver…

Par 27 janvier 2013 Livres Jeunesse

…Et le droit de rêver encore
Mon père était un chercheur d’or
L’ennui c’est qu’il en a trouvé

L’enfanceJacques Brel

Deux beaux ouvrages sur l’imaginaire des enfants, les mondes qu’ils s’inventent.

Monstres en villeUn enfant marche dans la ville, la ville est grise et triste, l’enfant s’ennuie. Tout à coup il trouve une boîte et décide de l’ouvrir… des monstres en couleur en sortent ! Effrayant ? Pas vraiment ! Car d’un coup la ville morne s’est revêtue des plus belles couleurs.

Monstres en ville est un album qui m’a beaucoup touché. L’histoire est simple et en même temps tellement belle ! L’enfant rêve-t-il ? Les immeubles gris de la ville triste ont-ils vraiment étés remplacés par des immeubles aux formes et aux couleursMonstres En Ville extraordinaires ? Une histoire qui plaît aux petits comme aux plus grands. Esthétiquement le livre est également très réussi, le dessin est continu, et l’ensemble des pages pourrait former une frise (frise que l’on peut voir d’ailleurs en plus petit sur la dernière page de l’ouvrage). Un dessin crayonné et des couleurs vraiment vivantes. Bref un très très bel album auquel je ne trouve qu’un défaut… sa taille ! Il est tellement beau que j’aurai aimé qu’il soit plus grand. Frédéric Laurent a aussi sorti Les deux poissons, dans un tout autre style, que j’avais adoré également (je l’avais chroniqué ici), décidément un auteur/illustrateur à suivre !
Plus d’extraits du livre.

Au coeur de la jungleMélissa, Martin et Paco marchent dans une jungle où se promènent de dangereux animaux… il faut faire attention à ne pas se faire dévorer ! Une panthère les attaque d’ailleurs… vite on monte sur une chaise et hop on grimpe dans un arbre ! Mais voilà qu’un python arrive… un coup de pelle et on en est débarrassé. Que d’aventures… et le tout avec un pingouin qui surveille… y’a des pingouins dans la jungle ?

Ici même si j’ai moins aimé les illustrations (mais cela ne tient qu’à moi, comme je le dis souvent, les illustrations ça parle à chacun), j’ai adoré l’idée Au Coeur De La Junglede l’album et la façon dont elle est menée. Les enfants sont en fait dans le jardin de l’un d’eux (oui désolé je vous raconte la fin) et petit à petit, par des détails on s’en rend compte. La chaise de jardin au milieu de la jungle, un morceau de mur, un volet,… plus on approche de la fin et plus c’est évident. Et finalement la panthère n’était que le chat et le tuyau d’arrosage a fait office de boa. Le plus petit de la bande aurait bien aimé intégrer son pingouin en peluche, lui… une autre fois peut-être ! Qui n’a jamais joué à ça enfant ? « Si on disait que ton chien c’est un monstre qui veut nous attaquer et toi tu viens me sauver ! » etc.  Bref une vraie belle réussite, un superbe album sur l’imaginaire des enfants.
Plus d’extraits du livre.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué deux livres de Frédéric Laurent, Les deux poissons et Fipopus et Gropopus.

Monstres en ville
de Frédéric Laurent
Balivernes dans la collection Petites sornettes
9€, 170×170 mm, 24 pages, imprimé en Espagne, 2012.
Au cœur de la jungle
de Pierre Touron
Balivernes dans la collection Calembredaines
12€, 240×190 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2007.

A part ça ?

Je vous invite à découvrir une jeune illustratrice encore peu connue Lucie Vandevelde. Son book est ici et sa page facebook (à aimer pour la suivre) .

Gabriel

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Changer de vie

Par 23 novembre 2012 Livres Jeunesse

« Je ne veux plus être loup », voici ce que déclare un jour un loup. Il a quitté la meute et cherche où aller, il voudrait être tout autre, pourquoi pas un coq pour avoir plus de couleur ou un poisson pour ne plus courir à s’en écorcher les pattes ? Retrouvera-t-il Le goût d’être loup ?

Très beau petit livre de la collection Mouchoir de poche chez Motus, signé Catherine Leblanc. Elle nous parle ici, avec beaucoup de délicatesse, de poésie, du moment où l’on voudrait être tout autre, jusqu’à remarquer qu’on est ce que l’on est, qu’on est bien comme ça, qu’un loup ne sera jamais un escargot ou un hérisson… et c’est tant mieux. Comme toujours dans cette collection, c’est l’auteur qui illustre lui-même le livre et là aussi beaucoup de sensibilité et de poésie dans les illustrations de Catherine Leblanc à base de dessins et de calligrammes. Un petit livre esthétique, poétique écrit par une vraie plume de la littérature jeunesse.

Assez ! devant son bol le petit garçon tempête, il ne veut plus boire du lait au goût de pistache, il voudrait du vrai lait de vache, la vache, quant à elle, rouspète car elle voudrait voir passer un vrai train, le train, lui, ne veut plus tourner en rond…

Ici encore, personne n’est heureux de ce qu’il a et voudrait être tout autre… ou alors c’est ce qu’imagine ce petit garçon devant son bol… On parle aussi ici de l’imaginaire des enfants (parfois très développé quand il s’agit de prendre le petit déjeuner avant d’aller à l’école…). Dans la même collection que le précédent, Michel Boucher a illustré son texte par un petit garçon qui voit passer tous ces plaintifs devant son bol, lui ne bouge pas, seule sa bouche bouge (d’ailleurs le livre peut être utilisé comme folioscope). Là encore un livre poétique et esthétique.

Parce qu’il est surmené, un directeur doit se reposer, ordre du médecin. Voilà donc cet homme, habillé de son costume, à la mer, lui qui n’est jamais parti en vacances. Là il rencontre un pêcheur qui chaque jour part à la pêche une heure et revient chaque jour avec deux poissons. Le directeur lui conseille d’y rester toute la journée et revenir avec plus de poissons et ainsi devenir riche.

J’ai tout simplement adoré ce petit album au graphisme un peu rétro et à l’histoire pleine de sens (inspirée d’un conte mexicain). Le riche industriel propose une vie au pêcheur qui tient à sa vision personnelle de la vie (en gros travailler plus pour gagner plus), le pêcheur, lui, ne voit pas l’intérêt de s’enrichir si c’est pour se tuer à la tâche et voit des richesses plus importants que les richesses pécuniaires. L’album est extrêmement esthétique et l’histoire parlera autant aux enfants qu’aux parents.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué…
– d’autres livres de Catherine Leblanc : Les petites personnes, Au revoir, bonjour, Lulu et Moussu et Ah ! Si j’étais président ! (Retrouvez également notre interview de Catherine Leblanc)
– d’autres livres de Michel Boucher : Paul-la-Toupie et J’aime plus les animaux
– un autre livre de Frédéric Laurent : Fipopus et Gropopus
– d’autres livres de la collection Mouchoir de Poche : Une petite heure perdue, de Nathalie Hense et Je suis venu tout seul de Nicole Dedonder.

Le goût d’être un loup
de Catherine Leblanc
Motus dans la collection Mouchoir de poche
4,50€, 105×150 mm, 32 pages, imprimé en France
J’en ai assez !
de Michel Boucher
Motus dans la collection Mouchoir de poche
4,50€, 105×150 mm, 32 pages, imprimé en France
Les Deux Poissons
de Frédéric Laurent
Éditions D’Orbestier dans la collection Rêves bleus
10€, 145×210 mm, 40 pages, imprimé en France sur papier issu des forêts gérées durablement.

A part ça ?

Puisque je parle de folioscope dans l’article… un joli site avec des vidéos etc : http://www.flipbook.info

Gabriel

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