La mare aux mots
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Frédéric Rébéna

Vous aimez les contes ?

Par 28 octobre 2013 Livres Jeunesse

J'aime pas les contesAgathe, elle n’aime pas les contes ! C’est quoi ces histoires de mouton qui ne sait pas bêler ou d’animal qui ne veut plus être un animal ? Son chat à elle c’est pas un chat de conte, il ne fait que des trucs de chat ! Et puis elle, elle ne veut pas être une fille de conte qui n’est intéressée que par le maquillage, les belles robes et la vaisselle et pas le vélo ou les jeux de ballon ! A-t-on déjà vu dans les contes un prince qui aime un prince ? A-t-on déjà vu dans la vie un chat mort qui redevient vivant ? NON ! Alors…

Beaucoup d’humour dans J’aime pas les contes d’Hélène Lanscotte et Amandine Laprun… mais pas uniquement. Bien sûr, on rit des remarques de cette petite fille espiègle, mais ses réflexions sont parfois pleines de bon sens, une vraie critique de la littérature jeunesse (souvent très sexiste) et de la façon dont on s’adresse aux enfants (souvent comme s’ils étaient complètement idiots). Derrière ce texte plein d’humour et cette critique des contes, il y a aussi l’histoire du chat d’Agathe, un chat très présent dans ses réflexions et dans les illustrations, un chat qui est mort et qui ne reviendra pas, alors que s’il avait été un chat de conte, quelqu’un l’aurait sorti de terre pour qu’il soit à nouveau vivant. On comprend aussi que l’énervement de la petite fille, son rejet des contes, naît de cette souffrance, de cette confrontation avec la dureté de la réalité, la vie n’est pas un conte… Un album très réussi, plein d’humour… mais pas que drôle dans lequel on s’amusera à retrouver les références aux contes connus.
Plus d’illustrations sur le site de l’illustratrice.

Et vous, vous aimez les contes ? Alors voici une sélection d’albums sortis récemment.

La Belle aux bois dormantAurora était née de l’amour d’un roi et d’une reine. Ils l’avaient tant voulu cet enfant, qu’ils lui choisirent sept fées pour marraines. Chacune se pencha sur le berceau d’Aurora pour lui offrir les plus belles qualités. Malheureusement, une fée qui n’avait pas été conviée arriva, et de colère elle jeta un sort à l’enfant, avant son quinzième anniversaire elle allait se piquer le doigt et mourir. Une fée qui n’avait pas encore offert son cadeau à Aurora put atténuer le sort et transformer la mort en long sommeil.

Il y a quand même grande chance que cette histoire vous dise quelque chose ! La belle au bois dormant est parmi les contes les plus connus des enfants (et de leurs parents). C’est une magnifique version que vient de sortir L’élan vert. Les illustrations d’Anja Klauss sont somptueuses, l’histoire de Bernard Villiot est très proche de la version de Perrault (même si celui-ci n’est pas cité dans l’ouvrage), l’album est grand. Un très bel album pour une histoire qui enchante génération après génération.
Plus d’extraits sur le site de l’illustratrice.

Blanche-Neige Un roi et une reine s’aimaient tendrement et souhaitaient un enfant. Un jour, la reine se piqua le doigt à sa fenêtre et une goutte de sang tomba dans la neige. La reine souhaita avoir un enfant dont les lèvres seraient rouges comme cette goutte de sang, sa peau blanche comme la neige et ses cheveux noirs comme l’ébène du bois de la fenêtre. L’enfant naquit… mais la reine mourût. Le roi se remaria avec une femme méchante qui enviait la beauté de l’enfant, elle décida même de la faire tuer, mais Blanche-Neige, car tel était son nom, s’enfuit dans la forêt et trouva refuge chez sept nains qui l’employèrent comme boniche.

Bon OK… je crois que je l’ai déjà dit, mais je n’aime pas Blanche-Neige… Je n’aime pas ce personnage qui est cruche au possible. Elle se fait avoir par la reine par trois fois avec la même technique, on a beau lui dire de n’ouvrir à personne, elle a beau être passée à côté de la mort par deux fois en mettant un corset que lui a offert une vieille femme, puis mis un peigne empoisonné dans ses cheveux, toujours offert par une vieille femme… quand le lendemain, à nouveau, une veille femme lui propose une pomme, elle la mange ! Avouez que quand même… Ensuite
“Si tu veux bien tenir notre maison, faire la cuisine, le ménage, coudre et tricoter, tu peux rester avec nous et nous prendrons soin de toi.”
“J’en serai enchantée”, répondit Blanche-Neige et le marché fut conclu. Toute la journée, les sept nains allaient extraire l’or de la montagne. Quand ils rentraient, ils trouvaient leur repas sur la table, leurs vêtements propres et raccommodés, et la maison étincelante comme un sou neuf.
Aheum… bref autant certains contes ne vieillissent pas, autant Blanche-Neige… je ne peux pas ! En dehors de ça c’est une très belle version sortie dans la collection Lutin poche chez L’école des loisirs, avec de belles illustrations à la peinture signées Angela Barrett (qui rendent le conte un peu moins mièvre, mais n’arrive pas à le sauver !).

CendrillonUn veuf, père d’une jeune fille, s’était remarié avec une femme méchante. Cette femme avait elle-même deux filles et celles-ci prenaient leur demi-sœur pour leur souffre-douleur et leur bonne. Le jour où le fils du roi donna un bal, Cendrillon, comme l’avait nommée ses bourreaux, voulut y aller. Mais forcément quand on n’a que des guenilles comme vêtements… Heureusement que Cendrillon avait une fée comme marraine !

Là aussi, inutile que je vous raconte l’histoire, vous connaissez forcément Cendrillon (non ?) ! C’est une très jolie version qui vient de sortir en Lutin Poche chez L’école des loisirs avec de magnifiques illustrations à la peinture signées Elsa Oriol. Une très jolie version à petit prix pour un bien joli conte intemporel.
D’autres illustrations sur le site de l’illustratrice.
Le même vu par Un petit bout de bib(liothèque).

cendrillon ou la belle au soulier d'orUn homme vivait heureux avec son épouse et sa fille… jusqu’à ce que sa femme meurt. Il se remaria avec la voisine, une horrible femme déjà mère d’une enfant. Quand la fille de l’homme menait la vache au champ, celle de la femme se prélassait. Cette fainéante alla même jusqu’à surnommer sa demi-sœur des pires noms, Cendouillon, Cendrasse, Cucendron et même Cendrillon…

Que j’aime cette collection ! Dans Les contes d’avant Perrault, Jean-Jacques Fdida nous raconte les premières versions des contes, quand ce n’étaient encore que des contes de traditions orales, avant que Perrault ne les édulcore. Ici, la demi-sœur de Cendrillon se coupe les orteils et le talon pour entrer dans le soulier, la marâtre et sa fille meurent (alors que dans la version de Perrault tout le monde est pardonné et Cendrillon présente même des princes à ses demi-sœurs pour qu’elles se marient avec !). Les histoires de cette collection sont passionnantes et particulièrement bien écrites, ce sont des livres que j’achèterais même si je n’avais pas ce blog et même si je n’avais pas d’enfant. De petits livres dont l’édition est particulièrement soignée. De petites merveilles.
Des extraits des illustrations sur le site de Didier Jeunesse.

Le Chat bottéAprès que leur père soit mort, trois hommes eurent comme héritage un moulin, un âne et un chat. Le premier prit le moulin, le deuxième l’âne, imaginez la peine du troisième de se contenter du chat ! Ce n’est pas avec un chat qu’il gagnerait sa vie, qu’il allait devenir riche ! Il se trompait…

Un peu moins connu que les autres contes (d’après moi), Milan vient de sortir une version du Chat botté avec le texte original de Charles Perrault. Le vieux français du texte est vraiment en contraste avec les illustrations modernes signées Raphaël Gauthey. J’avoue avoir du mal, personnellement, à lire des textes dans un français aussi littéraire à des enfants, mais c’est vraiment un bien bel album. Sa grande taille met bien en valeur les illustrations. C’est également une édition très soignée avec un beau papier épais. Une très belle histoire qui prouve qu’on peut réussir sans richesse, mais avec de l’astuce.
Plus d’illustrations sur le site de l’illustrateur.
Le même vu par Sous le feuillage.

Le petit chaperon rougeUne jeune fille, qui à cause d’un mauvais sort, dormit 100 ans (jusqu’à ce qu’un prince la réveille, mais on vous a parlé d’elle plus haut), trois petits cochons qui se construisirent l’un une maison de paille, l’autre une maison de bois et le dernier une maison de brique (la dernière étant plus résistante face à un loup), une petite fille vêtue d’un chaperon rouge qui allait voir Boucle d'Orsa grand-mère et rencontra le loup en chemin et une autre qui se réfugia dans une maison appartenant à des ours et qui goûta leur soupe et dormit dans leurs lits.

Dans une toute nouvelle collection, Mon théâtre de contes, Les Trois petits cochonsviennent donc de sortir La Belle au bois dormant, Les trois petits cochons, Le petit chaperon rouge et Boucle d’or et les trois ours. Chaque livre propose cinq décors en découpe (chaque fois qu’on tourne la page, on découvre une scène à travers une découpe, un peu comme un décor de théâtre, pour mieux comprendre voir sur le site de Peggy Nille). C’est une belle façon de redécouvrir (voire même de découvrir, il faut bien une première fois) ces classiques. La belle au bois dormantLe choix des illustrateurs est assez varié et je serai tenté de dire qu’il y en a pour tous les goûts (personnellement, j’adore le Petit chaperon rouge de Peggy Nille, je suis moins touché par les illustrations de La Belle au bois dormant). Les textes sont vraiment adaptés pour les jeunes enfants (l’éditeur dit « 2/3 ans », mais pour cet âge les textes sont, d’après moi, un peu longs, par contre ils seront émerveillés par les images et le côté décor découpé). Une très très jolie collection.

Le petit théâtre d'ombre Les fables de La FontainePuisqu’on parle de théâtre, on peut aller encore plus loin avec la collection Le petit théâtre d’ombres de chez Gallimard jeunesse giboulées. Je vous avais déjà parlé de Cendrillon dans cette collection, là c’est un coffret qui vient de sortir contenant Les fables de La Fontaine et une recharge Le Petit chaperon Rouge. Ici, on propose à l’enfant de créer un spectacle en ombres chinoises et tout est fourni pour le réaliser : une scène, une lampe dynamo (donc sans piles), des figurines, des décors et un livre qui va aider l’enfant à réaliser son spectacle : textes des histoires (ici donc cinq fables de La Fontaine et Le petit chaperon rouge), un carnet de mise en scène (expliquant l’installation, les personnages, comment distribuer les rôles…) et l’histoire sous forme de pièce de théâtre pour pouvoir la jouer. L’idée de cette collection est vraiment très bonne et les illustrations sont toujours très belles. Les livrets expliquent bien aux enfants comment monter leur spectacle. Seul bémol, je l’avais déjà remarqué avec Cendrillon, c’est encore le cas ici, il y a quand même un petit souci d’édition ! C’est très fragile, pas toujours bien collé, les livrets pas super bien reliés, la lampe de Cendrillon nous avait lâchés assez vite (alors qu’elle est censée être utilisable longtemps)… c’est un peu dommage qu’un aussi bel objet souffre de soucis de qualité, car vraiment c’est une collection magnifique.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Bernard Villiot (La mouffle), Anja Klauss (Princesses de tous les pays), Elsa Oriol (Le pipi de Barnabé), Jean-Jacques Fdida (La barbe bleue ou Conte de l’Oiseau d’Ourdi, Le Petit Chaperon rouge ou La Petite Fille aux habits de fer-blanc et La belle au bois dormant ou Songe de la vive ensommeillé), Delphine Jacquot (Le livre secret des anges et La belle au bois dormant ou Songe de la vive ensommeillée), Anne-Sophie Baumann (Cherchons les petites bêtes ! Découvertes et activités au jardin, Au trot petit poney ! et Bonjour docteur !), Peggy Nille (Les amoureux du ciel, (Mes créations du monde entier, Le nom du diable, Contes d’un autre genre, et Mes créations du monde-Europe), Elise Mansot (Katsi, Gardons le sourire ! et Aimata et le secret des tambours) et de nombreux livres d’après Perrault (Le petit chaperon rougeLe chat botté et Le petit Poucet dans la collection Les contes en chanson chez Larousse, Peau d’âne illustré par Charlotte Gastaut, Le petit chaperon rouge dans une version « herbier » et une version sans texte et Cendrillon en petit théâtre d’ombre).
Si vous cherchez nos autres chroniques de contes de ce type vous les trouverez grâce à ce tag Contes classiques.

J’aime pas les contes
Texte d’Hélène Lanscotte, illustré par Amandine Laprun
Albin Michel Jeunesse dans la collection Zéphyr
10€, 220×170 mm, 38 pages, imprimé en Italie, 2013.
La belle au bois dormant
Texte de Bernard Villiot, illustré par Anja Klauss
L’élan vert
13,90€, 242×307 mm, 26 pages, imprimé en Chine, 2013.
Blanche-Neige
Texte de Joséphine Poole (traduit par Isabel Finkenstaedt), illustré par Angela Barrett
L’école des loisirs dans la collection Lutin Poche
5,60€, 190×150 mm, 36 pages, imprimé en France, 2013.
Cendrillon
d’après Charles Perrault, illustré par Elsa Oriol
L’école des loisirs dans la collection Lutin poche
5,60€, 150×190 mm, 36 pages, imprimé en France, 2013.
Cendrillon ou La Belle au soulier d’or
Texte de Jean-Jacques Fdida, illustré par Delphine Jacquot
Didier Jeunesse dans la collection Contes du temps d’avant Perrault
14,20€, 136×197 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Le chat beauté
Texte de Charles Perrault, illustré par Raphaël Gauthey
Milan dans la collection Albums classiques
16,90€, 260×315 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2013.
Le Petit Chaperon Rouge
Texte d’Anne-Sophie Baumann, illustré par Peggy Nille
Hatier Jeunesse dans la collection Mon théâtre de contes
9,99€, 195×205 mm, 10 pages, imprimé en Chine, 2013.
Boucle d’or et les trois ours
Texte d’Anne-Sophie Baumann, illustré par Sarah Andreacchio
Hatier Jeunesse dans la collection Mon théâtre de contes
9,99€, 195×205 mm, 10 pages, imprimé en Chine, 2013.
Les trois petits cochons
Texte d’Anne-Sophie Baumann, illustré par Elise Mansot
Hatier Jeunesse dans la collection Mon théâtre de contes
9,99€, 195×205 mm, 10 pages, imprimé en Chine, 2013.
La Belle au bois dormant
Texte d’Anne-Sophie Baumann, illustré par Frédéric Rébéna
Hatier Jeunesse dans la collection Mon théâtre de contes
9,99€, 195×205 mm, 10 pages, imprimé en Chine, 2013.
Les fables de La Fontaine + Le petit chaperon rouge
Illustrés par Stéphane Blanquet et Volker Theinhardt
Gallimard Jeunesse Giboulées dans la collection Le petit théâtre d’ombre
19,90€, 210×255 mm, 2×44 pages, imprimé en Chine, 2013.

A part ça ?

On est dans les 10 finalistes de la catégorie Culture Généraliste des Golden Blog Awards et c’est UNIQUEMENT grâce à vous, MERCI !

Gabriel

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Mes parents ne s’aiment plus… (thématique sur le divorce 3/3)

Par 14 juin 2012 Livres Jeunesse

Quand une situation devient intolérable et invivable, le divorce est un moindre mal. Françoise Dolto

Dernier volet de cette chronique en trois partie sur le divorce. Aujourd’hui on s’intéresse aux livres pour ceux qui lisent déjà tout seuls. BD, romans et documentaires.

On commence par une bande dessinée.

Madame Renarde et sa fille ont dû fuir, des chasseurs avaient trouvé leur terrier. Elles trouvent refuge chez Monsieur Blaireau et ses enfants. Très vite ils décident de s’installer ensemble mais les enfants ne sont pas d’accord, un blaireau et un renard ne peuvent pas être frères et sœurs, ils n’ont pas les mêmes jeux, la même façon de vivre…

La famille recomposée vue sous forme d’animaux et en BD fallait y penser ! Déjà l’idée est bonne et le résultat l’est tout autant. Le support va vraiment plaire aux enfants, leur parler. Ici donc les enfants d’une famille recomposée vont devoir apprendre à vivre ensemble, à accepter cette nouvelle vie, cette cohabitation. Au-delà de la famille recomposée on parle aussi d’accepter les différences des autres, de voir qu’elles sont une force. C’est bien écrit et les illustrations d’Ève Tharlet sont très belles. Une petite bande dessinée pleine d’humour pour dédramatiser. La rencontre est le premier tome d’une série qui en compte, pour l’instant, quatre.

Deux romans.

Mais qui est ce breton que la mère d’Adam lui présente un jour tout sourire ? Que vient-il faire dans leurs vies ? Adam le déteste d’emblée et quand il apprend que sa mère part quelques jours le laissant seul avec lui, il pense que va commencer l’enfer…

Un petit roman plutôt sympathique sur les rapports enfant-beaux-parents. Comment accepter le nouvel amoureux de sa mère, surtout quand il est aussi différent de ce qu’on l’on connait ? Le roman de Yann Coridian parle aussi des parents âgés (le père d’Adam a une cinquantaine d’année de plus que lui) et des préjugés (ici sur les bretons). Plusieurs passages très drôles, d’autres… comment dire… un peu étranges… Pour être franc je ne suis pas certain d’avoir tout compris et ça m’a un peu dérangé… Je ne peux pas dire que j’ai été très fan de l’écriture de Yann Coridian mais ce roman a le mérite d’exister pour des ados qui vivent ce genre d’histoire et qui s’identifieront au personnage attachant d’Adam.

Simon et Delphine connaissent un drame… non pas le divorce de leurs parents (même si ça, déjà, c’est pas génial) mais surtout la nouvelle amie de leur père, Pierrette Piechaux (surnommée « grosse vache ») et ses deux enfants Porcinet et Marie-Neige. Comment les supporter ? Comment faire quand on est chez eux pour être aimable ? Une seule solution : essayer de faire en sorte que leur père quitte Pierrette et ses enfants affreux et qu’il revienne chez maman. Pour ça il faut former un tandem inséparable, prêt à tout.

Les inséparables est tout simplement un des livres les plus drôles que j’ai été amené à lire. J’ai passé mon temps à ricaner en le lisant (ce qui énervait ma compagne). Colas Gutman a un style très moderne, une vraie plume. Ses mots sonnent justes et parleront aux jeunes ados. Ici on n’hésite pas à traiter la belle-mère de grosse vache (elle est particulièrement antipathique par ailleurs) et ses enfants de débilos (Marie-Neige qui passe son temps à faire des colliers de perles et son frère Porcinet sont particulièrement crispants). Ce n’est absolument pas politiquement correct et que c’est bon ! Derrière tout l’humour du livre il y a bien sûr énormément de fond (le t-shirt avec lequel on dort parce qu’il a l’odeur de maman, la sœur, pourtant si forte, qu’on entend pleurer dans son lit, les albums photos de l’époque où les parents étaient encore ensemble,…). Je ne suis pas certain que ça soit le roman à offrir à un enfant pour lui faire aimer sa belle-mère (ou alors par comparaison) mais c’est un formidable roman fin et drôle, avec des personnages terriblement attachants.

Et pour finir trois « guides » de la collection Oxygène, chez De La Martinière Jeunesse.

Le premier, Mon père me manque, s’adresse aux ados (dès 11 ans) qui vivent donc avec leur mère et voient rarement leur père. Le livre est très complet et de très nombreuses choses sont évoquées, de la guerre entre les parents aux retrouvailles avec le père en passant par les moments où maman craque, ou encore la famille recomposée. C’est bien écrit et bien fait mais j’ai eu quelques difficultés avec quelques propos du livre… Il est dit que la figure paternelle est obligatoire pour se construire, que sans père pas d’autorité (c’est tout juste si on n’y dit pas que les enfants vont devenir délinquants sans figure paternelle), qu’une femme a besoin d’un homme,… bref une vision très patriarcale et très hétérocentrée de la société. On cite même mon grand ami (ironie) Aldo Naouri… bref dommage que le livre soit plombé par quelques propos malheureux !

Le deuxième, m’a beaucoup plus plu. Famille recomposée : comment trouver sa place tout est dans le titre. Ici de nombreux témoignages d’ados, des récits de situations, des conseils, bref tout est fait pour que les jeunes ados se sentent moins seuls, retrouvent ici des enfants qui vivent la même chose qu’eux. Le livre est parsemé de petites bandes dessinées plutôt réussies. C’est un petit guide très complet, ancré dans notre époque, sans idées reçues, conçu de manière à n’être pas rasoir mais au contraire plutôt amusant, bref c’est vraiment réussi.

Le dernier, Les miens aussi ils divorcent, s’adresse aussi aux ado mais d’une façon plus frontale peut-être, plus directe. Ici on évoque les parents qui divorcent pour cause de violence, alcoolisme, drogue,… on parle clairement de la guerre qu’ils peuvent de mener. Ce guide est également très bien fait pour tout ce qui concerne le juridique. Les enfants apprendront ce que sont le juge aux affaires familiales et la pension alimentaire, comment ça se passe en cas de séparation de parents non mariés, ce qu’il arrive quand les parents ne sont pas d’accord sur la garde des enfants, vers qui ils peuvent se tourner (tant dans la sphère privée qu’administrative). On y parle aussi bien-sûr de tout ce qu’ils vont vivre sur le plan émotionnel, comme dans les précédents, mais ici c’est aussi un très bon guide pour tout comprendre à tous les niveaux. Peut-être le mieux fait des trois… en tout cas le plus complet !

Quelques pas de plus…
Je rappelle que la semaine dernière et la précédente nous avons déjà parlé de livres sur le divorce.
Pour rester dans ce thème, des parents divorcés dans Comment j’ai connu papa (que j’ai chroniqué ici) et dans Les petites marées (que j’ai chroniqué ) de Séverine Vidal, dans Des crêpes à l’eau de Sandrine Beau (que j’ai chroniqué ici) et dans On n’est pas des oiseaux (que j’ai chroniqué).
Enfantipages a aussi parlé de Mon idiot de beau père ici. et Parfums de livres a fait également un article complet sur le divorce ici, de même pour 3 étoiles .

Monsieur Blaireau et Madame Renarde : 1. La rencontre
de Brigitte Luciani, illustré par Ève Tharlet
L’école des loisirs dans la collection Mille bulles
5,90€
Mon idiot de beau-père
de Yann Coridian
L’école des loisirs dans la collection Neuf
8€
Les inséparables
de Colas Gutman
L’école des loisirs dans la collection Neuf
9€
Mon père me manque
de Betty Mamane et David Pouilloux, illustré par Jérôme Peyrat
De La Martinière dans la collection Oxygène
10€
Famille recomposée : Comment trouver sa place ?
de France Bonneton, illustré par Frédéric Rébéna
De La Martinière dans la collection Oxygène
11€
Les miens aussi ils divorcent
de Florence Cadier, illustré par Michel Szlazak
De La Martinière dans la collection Oxygène
10€

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A part ça ?

Le 21 juin c’est la fête de la musique… pour les enfants aussi ! La cité de la musique et Paris môme organisent cette année un concert qui a l’air très sympa ! Au programme : le groupe pop-rock Moriarty (à 17h), un conteur africain, Souleymane Mbodj (à 17 et 18h) un orchestre sud-africain dont les musiciens ont entre 12 et 20 ans, The Buskaid Soweto String Ensemble  (à 18h et 20h30), Xavier Ferran et son spectacle Tombé dans le piano, solo musical et burlesque à 18h30, etc etc etc,… et plein d’autres choses encore. Bien-sûr tout est gratuit. C’est à la Villette et pour plus d’info c’est ici : http://www.citedelamusique.fr/francais/fete_musique1213.aspx

Gabriel

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