La mare aux mots
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Gaëlle Perret

Les invités du mercredi : Gaëlle Perret, Alice Brière-Haquet, Leïla Brient et Caroline Pérot (+ concours)

Par 5 février 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, le hasard se joue encore de nous et on pourrait presque dire que c’est un mercredi spécial Les p’tits bérets ! L’invitée de l’interview, Gaëlle Perret, vient de sortir un très bel ouvrage dans cette maison d’édition et j’ai eu envie d’en savoir plus sur elle et sur ce livre, La soupe aux épices (que nous vous proposons de tenter de gagner). Ensuite, pour notre rubrique Parlez moi de… c’est également un livre sorti chez Les p’tits bérêts, Mélina, sur lequel nous reviendrons avec son auteur (Alice Brière-Haquet), son illustratrice (Leïla Brient) et son éditrice (Caroline Pérot). Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Gaëlle Perret

Gaëlle PerretQuel a été votre parcours ?
J’ai écris mon premier poème à 9 ans, je ne me souviens que du début : « il est venu à petits pas » ou quelque chose comme ça, ça parlait du Père Noël ! Mais j’ai vraiment commencé à écrire sérieusement à partir de 15 ans et ça a été comme une révélation, quelque chose de plus fort, de plus grand que moi, ça m’a plu.
J’ai commencé des études d’Histoire avec le projet d’intégrer une école de journalisme, bien sûr l’idée cachée c’était d’écrire encore et toujours, puis j’ai découvert la sociologie et l’ethnologie. Apprentie ethnologue, j’ai enquêté sur les ateliers d’écriture. J’ai ensuite travaillé en agence de com’. Une formidable école pour apprendre à écrire vite, à remettre sans cesse son travail en question, à désapprendre le sentimentalisme envers ses écrits, à raturer, à réécrire sans cesse.
J’ai aussi exercé tout un tas de métiers petits ou pas, serveuse, apprentie libraire, apprentie bibliothécaire, placeuse dans un théâtre, petite main pour retranscrire des enregistrements terriblement ennuyeux, apprentie secrétaire, garde d’enfants, etc…
En 2001, j’ai fait le grand saut et quitté Paris pour une autre vie, j’ai continué à écrire pour moi, pour les autres, des commandes, des envies, des besoins, ce petit plus à côté de ma vie.
Puis mon cœur s’est agrandi, j’ai eu des enfants, j’ai perdu mes grands-parents et je suis devenue grande. Après des nouvelles noires publiées dans des revues confidentielles, après des concours d’écriture gagnés ou presque, après des milliers de poèmes qui dorment encore bien au chaud dans mes tiroirs, Brigitte Leblanc des éditions Gautier Languereau, me commande mon premier texte. C’est devenu un album, Un jour grand-père m’a donné un ruisseau paru en 2010. Puis c’est au tour de Caroline Pérot des éditions des P’tits Bérets de me faire confiance avec La Soupe aux épices, parue en novembre dernier, une autre commande.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Du pot de Nutella, aux panneaux sur la route, des affiches de ciné au plan de métro, des modes d’emploi Un jour mon grand-père m'a donné un ruisseauà n’importe quoi, tout ce qui était écrit, était à lire ! Le soir, mon père était la voix du soir, c’était un moment extra, attendu. Je n’ai eu de cesse de savoir lire pour finir les livres entamés lors de ces rendez-vous mais je me suis bien gardée d’avouer que je savais déjà lire dès les premiers mois du CP pour préserver ce moment.
Je me souviens des albums de mes parents petits qu’ils m’avaient donné, leurs odeurs, de petit ours brun, des albums de Martine et d’Émilie, de la bibliothèque rose et verte, des histoires de la Comtesse de Ségur, puis plus tard des Castor Poche, les Jules Verne, les contes de tous horizons…  La BD, avec Tintin, Boule & Bill, Astérix…
Adolescente, il y a eu La Cicatrice, Poil de Carotte, Chiens perdus sans collier, Un sac de billes, ça c’était ma grand-mère qui m’alimentait, Prévert, Vian, L’attrape cœur, Camus, Madame Bovary, Zola, les romans russes, américains, italiens, espagnols, Cent ans de solitude, Barjavel, Kundera, 1984, La machine à remonter le temps, Chroniques martiennes. .. tout ce qui me tombait sous la main, tout ce qu’on voulait bien me prêter, ce qu’on m’offrait…
Les livres ont été longtemps mes meilleurs amis. Surtout enfant, je me préparais une pile de livres à lire pour les mercredis passés chez ma nourrice. Au lycée, les livres sont des souvenirs liés à des amitiés. Le livre qui m’a fait quitter l’enfance c’est Le Pull over rouge. Voyage au bout de la nuit a été un choc terrible et merveilleux, alors on pouvait écrire comme ça ? J’ai trouvé ça magnifique. La découverte de Djian m’a ouvert d’autres horizons d’écriture. Et puis la poésie depuis toujours, un fil conducteur, quelque chose qui sauve et empêche de tomber. Je me suis construite avec mes lectures. Chaque livre, a été une porte qui s’ouvre vers un monde, un petit bout de monde, de l’air pour mes poumons, un terreau pour l’imagination et surtout une expérience rien qu’à soi, quelque chose que personne ne peut nous prendre.

la soupe aux épicesParlez-moi de La soupe aux épices, comment est né cet album ?
D’un défi de mon éditrice, écrire un livre autour des épices pour une nouvelle collection intitulée Leau à la bouche ! L’idée d’un voyage s’est imposée assez vite, l’idée de cartes postales, de correspondance aussi. Je voulais un récit d’aventures qui fassent voyager, rêver et réfléchir un peu, en hommage à tous les récits d’aventure que j’ai aimé. Je voulais aussi de la gourmandise, des rencontres, des couleurs.
Mais pourquoi la soupe ? Peut-être un clin d’œil à la soupe que ma grand-mère voulait que je mange pour grandir. Je détestai la soupe ! J’ai appris à l’aimer. Au fil du temps les goûts changent. L’idée était de montrer qu’un plat est plus qu’un mélange de produits, c’est d’abord une histoire, une transmission et un partage. Je voulais aussi rendre hommage au texte de Jean Giono, le Voyageur immobile. Bref, tous plein d’ingrédients pour un résultat dense, peut-être trop, mais j’avais envie de ça, d’une surdose d’informations, d’un périple mystérieux et d’une quête.

Vous connaissiez les pays dont vous parlez dans l’ouvrage ?
Je connais Cancale, j’y suis allée deux fois, j’y ai même  rencontré Olivier Roellinger. Je suis allée également au Maroc mais la réalité s’arrête là. Nous n’avons pas fait le tour du monde pour en rendre compte dans la Soupe mais il y a en effet un gros travail de documentation derrière l’histoire. De mon côté, j’ai lu pas mal de choses, j’ai fait des recherches, j’ai cherché des anecdotes pour agrémenter le récit. Élodie (Balandras, l’illustratrice, NDLR) a elle aussi beaucoup documenté son dessin et a classé sa doc par pays. Cela dit, nous serions ravies d’avoir l’occasion de tester en vrai les aventures de Malo 🙂

D’autres ouvrages à venir ?
Oui j’espère 🙂
J’ai toujours mes poèmes bien au chaud dans mes tiroirs ; un roman en cours qui parle d’identité et d’une bande d’enfants des rues, un projet d’album autour du chocolat dans l’esprit de la soupe aux épices, c’est à dire un récit gourmand et documenté. Plein d’idées, de bout d’histoires commencées et pas finies… Et des piles de livres à lire !

Bibliographie :

Retrouvez Gaëlle Perret sur son blog.

Concours
Comme je vous le disais avant cette interview, grâce aux éditions Les p’tits bérets, je vais faire un chanceux parmi vous ! L’un de vous gagnera l’album La soupe aux épices, que nous avions chroniqué
ici. Pour participer, c’est simple… parlez moi des épices ! Est-ce que vous aimez sentir les pots d’épices, les faites-vous sentir à vos enfants, quelles sont vos épices préférées… bref parlez-nous d’épices ! Vous avez jusqu’à mardi 10 h ! Bonne chance à tous.


Parlez-moi de… Mélina

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur Mélina (chroniqué ici), d’Alice Brière Haquet, Leïla Brient et Caroline Pérot sorti chez Les p’tits bérets que j’ai eu envie de revenir.

Alice Brière HaquetAlice Brière-Haquet (auteur):
Mélina, c’est l’histoire d’une triple rencontre.
D’abord, celle de… Mélina ! He oui, Mélina existe. C’était une de mes premières élèves. Je préparais le CAPES tout en faisant un remplacement dans un collège de campagne pour gagner quelques sous et me frotter au métier. Je n’avais aucune expérience, les enfants n’avaient aucune pitié, et j’en ai souvent bavé, mais j’en ai aussi tiré de précieux souvenirs. Mélina en fait partie. Jeune fille de la cité d’à côté, elle revendiquait haut et fort ses origines manouches, mais n’en gardait que le côté grande-gueule, volontiers violent. En fait, Mélina se servait de ses origines comme d’une excuse, et non comme d’une culture. Ensemble on s’est plongées dans les contes tziganes et elle a été toute émue de voir que les héros portaient des noms de sa famille. Ses parents étaient analphabètes, elle n’avait jamais eu de livre chez elle, mais elle a emporté celui-là pour le lire à son petit frère. Je ne sais pas ce que Mélina est devenue, et je ne me fais pas trop d’illusion sur la machine à broyer qu’est notre système scolaire, mais ce fut vraiment une belle rencontre. Rien à voir avec la Mélina toute douce du livre, donc, mais tout de même : après elle, mes corrections de rédactions étaient un peu plus fleuries je crois.
Ma seconde rencontre est celle d’une chanson. Maria-Szusanna de Michèle Bernard. Elle m’a beaucoup émue le jour où je l’ai découverte, par hasard, à la radio et je l’ai recroisée plusieurs fois par la suite. Chaque fois elle réveille en moi cette envie de préparer une petite valise, et de partir. Pas pour m’enfuir comme se l’imaginent les sédentaires ! « Partir c’est mourir un peu », ok, mais c’est pour renaître un peu plus loin ! En matière de voyage, la réincarnation est infinie, alors pourquoi se contenter d’une vie ? Bref, j’ai beaucoup d’admiration pour les gens du voyage… Dans mon idéal, j’embarquerais dans une caravane et suivrais un groupe de forains pour leur faire classe. Sauf que mon amoureux est fils de maçon, il aime la pierre et le solide, alors on a trouvé le compromis de changer régulièrement de pays et de voyager le plus souvent qu’on peut, toujours de la manière la plus « vraie » possible.
Ma troisième rencontre, et la plus importante pour la naissance du livre, c’est bien sûr celle de Leïla Brient, ou pour être exacte, son image de petite fille, sa future Mélina. Cette image, je l’ai rencontrée sur un forum, à l’occasion d’un Projet Tandem, des manifestations virtuelles que l’on s’organise entre auteurs-illustrateurs pour se rencontrer et monter des projets. Cette image m’a tout de suite tapée dans l’œil, dans le cœur. Alors l’histoire de Mélina et mes envies de vie nomade, sont remontées d’un coup et se sont posées sur le papier. L’histoire était là. Je lui ai proposé, elle lui a plu, et on a décidé de préparer un dossier qu’on présenterait à un éditeur. Mais cela n’a pas été nécessaire. Le jour où j’ai mis cette première image et un bout de texte sur mon blog, je recevais un mail de Caroline des éditions P’tits Bérets. Le coup de cœur l’avait saisi à son tour et elle voulait suivre le projet. C’est ainsi un livre qu’on a fait entièrement ensemble.
Finalement Mélina est assez exemplaire de ce qui fait un livre : un bout de vie, une touche d’influence artistique, et puis de belles rencontres de gens qui vous font confiance. C’est tout, et c’est tant. Merci les filles ♥
Retrouvez Alice Brière-Haquet en interview sur notre blog et sur son blog.

Leila BrientLeïla Brient (illustratrice) :
L’histoire de Mélina ? Dur de dire où elle commence, c’est une petite pierre sur un long chemin, une petite pierre précieuse bien sûr !
Quand j’ai fait cette première image dont parle Alice, c’était en partant du thème « petit pois » … Cette petite fille, je l’avais déjà dessiné des milliers de fois, dans ma tête ou sur une feuille, sans comprendre qui elle était. Quand Alice m’a envoyé son texte, je ne tenais plus en place : je rencontrais Alice, avec qui j’avais très envie de travailler depuis que j’avais mis un crayon entre mes doigts et je rencontrais enfin Mélina. Les mots d’Alice étaient magnifiques, dansants et évidents : Mélina, ma petite fille, c’était celle qui chante dans cette musique que je ne peux plus écouter, Le temps des gitans, c’était celle qui baragouine le russe et le roumain, mes langues rêvées, celle qui dansait sur le No smoking orchestra
L’histoire de Mélina résonne en de multiples endroits, des endroits que je croyais épars, des souvenirs, des sensations, des musiques et des livres, des engagements… mais en faisant les illustrations, j’ai surtout pensé à mon Papi et à cette famille qui depuis des décennies, a posé ses caravanes sur le terrain d’en face et qu’on appelle « les Voisins » (avec une chouette majuscule) et qui sont « comme de la famille ». A ces soirées-ciné où le papa apportait d’énormes sacs de chouchous ou à sa façon de nous expliquer comment rempailler une chaise ou cuisiner de l’écureuil même si « y’a quand même rien à bouffer là d’dans »…
Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’avec la magie des mots d’Alice, l’histoire de Mélina va résonner chez beaucoup de gens…. On a tous des rêves un peu nomades, non ?
Retrouvez Leïla Brient en interview sur notre blog et sur son blog.

Caroline PérotCaroline Pérot (éditrice chez Les p’tits bérets) :
C’est un album tellement poignant que du coup je ne sais pas trop par quoi commencer. Le projet a été présenté par Alice via un mail. On avait déjà travaillé avec elle sur Mademoiselle Tricotin, et son écriture est si poignante et délicate qu’une nouvelle collaboration s’imposait à terme. Sa gentillesse et son implication dans son écriture sont deux autres arguments qui jouent en sa faveur. Donc le texte est arrivé avec quelques illustrations de Leïla que je ne connaissais pas encore. C’était avant Montreuil 2011… J’ai été touchée par la douceur des traits de dessins de Leïla et en même temps une force dans les couleurs par endroits… Le mélange des techniques était intéressant et servait bien le texte poétique d’Alice. La thématique perpétuellement d’actualité a fini de nous séduire… Car finalement le choix d’éditer ne s’est pas posé longtemps, un texte aussi poétique sur le sujet des gens du voyage nous est apparu comme indispensable pour faire passer des messages de tolérance et d’ouverture… On évoque leur culture, les gens aiment bien le jazz manouche, pourtant il ne faut pas mélanger avec les gens du voyage, c’est parfois cette hypocrisie qu’il me paraissait aussi important d’évoquer à demi-mot…
Ce livre fait partie de ces projets évidents, qui nous arrivent un beau jour sur notre bureau et on n’hésite pas une seule seconde… aux lecteurs de nous dire maintenant si le message transmis les a convaincu…
Le site des P’tits bérets.

MélinaMélina
Texte d’Alice Brière-Haquet
Illustré par Leïla Brient
Sorti chez Les p’tits bérets
2013
Chroniqué ici.

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Chronique parfumée

Par 20 décembre 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose une chronique aux parfums d’épices, asseyez-vous, je vous sers un thé à la menthe et une part de gâteau ?

la soupe aux épicesLorsque sa mère veut faire sa fameuse soupe aux cinq épices, un membre de la famille part chercher ce qu’il faut. Oh non ce n’est pas au supermarché du coin, c’est bien plus loin. Cette fois-ci, c’est le jeune Malo qui va partir de Cancale et traverser les océans pour ramener coriandre, cardamome, cannelle ou encore noix de muscade. Un voyage qui le mènera au Maroc, à l’Île Maurice, au Vietnam, au Brésil et dans bien d’autres lieux encore. Le voyage ne sera pas de tout repos, on aura peur parfois, mais il sera ponctué de belles rencontres… Prêts à partir ?

C’est un magnifique album que nous proposent Gaëlle Perret et Élodie Balandras, un album qui décoiffe, qui fait voyager. Le périple de Malo sera l’occasion de découvrir des endroits merveilleux, d’en savoir plus sur les épices, mais on va aussi évoquer Edmond Albius (dont nous avions déjà parlé avec La vraie couleur de la vanille) ou encore Pierre Poivre, on va nous raconter la légende des ombres qui suivent les voyageurs… Mais ce n’est pas ici un documentaire (même s’il nous apprend beaucoup de choses), il y a une vraie (et passionnante) histoire, une vraie aventure. On est ici plus proche du roman jeune lecteur que de l’album pour jeunes enfants. Un livre qui donne envie de larguer les amarres (ou, à défaut, d’aller redécouvrir toutes les épices).
Le même vu par Maman Baobab.
Des extraits en ligne ici.

Des oranges à la mentheÉmilie et Monsieur Farouk, son voisin, se ressemblent un peu. Tous les deux connaissent la solitude et l’on se moque d’eux quand ils passent. Monsieur Farouk parce qu’il n’est pas d’ici, Émilie parce qu’elle grandit sans mère. Alors quand ces deux-là se croisent, ils se sourient, ils se sentent moins seuls dans leur solitude. Un jour, Monsieur Farouk va même passer à l’étape au-dessus et proposer à la jeune fille de venir voir un thé à la menthe dans son jardin où se mêlent les parfums. Une amitié est née, tous deux vont parler de leur vie, et le vieux monsieur va apprendre à l’enfant à faire le thé, à reconnaître les saveurs. Ces deux-là ne seront plus seuls.

Des oranges à la menthe est le genre d’histoire bourrée d’émotions qu’on lit les poils des bras hérissés. On parle ici du partage, de la transmission, de l’amitié… mais de tellement d’autres choses encore. Une histoire riche et profonde, belle et magnifiquement illustrée par Marianne Alexandre. Un petit album qui invite à aller à la découverte des autres (peu importe leur âge, leur histoire ou leur origine) et à transmettre nos savoirs.
Des extraits en ligne sur le blog de Rêves bleus.

Mon voyage en gâteauPour faire un gâteau… il faut une poule, un champ de blé, des hectares de canne à sucre, une vache, un bateau… et tant d’autres choses encore…

Alice Brière-Haquet et Barroux (deux grands noms de la littérature jeunesse) signent ici un petit bijou de poésie. Les mots d’Alice Brière-Haquet, toujours justes, toujours choisis, accompagnés par les magnifiques illustrations très graphiques de Barroux. Ici, vous l’aurez compris, on explique que derrière les ingrédients du gâteau (œufs, farine, sucre, beurre, vanille…) il y a beaucoup de choses, ils ne sont pas arrivés comme ça. Un album qui rappelle à quel point toutes ces choses sont essentielles pour pouvoir manger ce gâteau… et qui rappelle aussi que « Pour faire un gâteau, il te faut : quelques amis à inviter pour pouvoir le partager… Et ça tombe bien : le monde en est plein ! ». En fin d’ouvrage, on trouve la recette du gâteau et une invitation à inventer soi-même ce qu’on y met dedans. Ai-je dit déjà que ce livre était un petit bijou ? Ah oui je l’ai dit plus haut…
Le même vu par Enfantipages et Maman Baobab.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Gaëlle Perret (Un jour grand-père m’a donné un ruisseau), de Marianne Alexandre (Anatole et le chêne centenaire), d’Alice Brière Haquet (MélinaPierre la Lune, Mademoiselle Tricotin, Une vie en bleu, Aliens mode d’emploi, Dis-moi l’oiseau, Le peintre des drapeaux, Paul, A quoi rêve un pissenlit ? et Perdu !) et de Barroux (Kako le terrible et La rentrée de Noé). Retrouvez aussi nos interview d’Alice Brière-Haquet et de Barroux.

La soupe aux épices
Texte de Gaëlle Perret, illustré par Élodie Balandras
Les p’tits Bérets dans la collection L’eau à la bouche
17€, 216×297 mm, 72 pages, imprimé en France, 2013.
Des oranges à la menthe
Texte de Mathilde Pascal, illustré par Marianne Alexandre
Rêves Bleus dans la collection Des livres d’enfants pour les grands
10€, 145×210 mm, 40 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Mon voyage en gâteau
Texte d’Alice Brière Haquet, illustré par Barroux
Océan jeunesse
15,20€, 207×227 mm, 36 pages, imprimé en Italie, 2012.


À part ça ?

On a volé la recette de la galette des rois !La mare aux mots hibernera du 23 décembre au 5 janvier… du coup nous ne serons pas là pour la galette ! (gardez-nous quand même une part). Ça sera donc trop tard pour vous parler du très joli livre que viennent de sortir Virginie Hanna et Laurent Richard aux éditions Larousse, On a volé la galette des Rois… donc je voulais le présenter brièvement ici (après tout, on est dans une chronique gourmande) ! Galette à la frangipane ou brioche aux fruits confits ? Les royaumes de Beurretout et Farinetout s’affrontent sur ce sujet depuis bien longtemps. Mais cette année… c’est la catastrophe ! Le roi Desfainéant a volé la recette du roi de Beurretout pour en fabriquer une pleine de colorant et de conservateurs. Les deux rois vont s’unir, car si ça arrive à l’un cette année, ça arrivera à l’autre l’année prochaine ! Un album qui parle de la galette des Rois, donc, mais ici, on n’apprend pas d’où vient cette tradition (d’autres livres existent déjà sur le sujet), mais on s’amuse beaucoup avec cette histoire aux illustrations colorées. Un album plein d’humour à savourer avec une bonne galette à la frangipane… ou une brioche aux fruits confits !
On a volé la recette de la galette des rois !, texte de Virginie Hanna, illustré par Laurent Richard. Larousse, 10,50€.

Gabriel

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Les invités du mercredi : Coralie Saudo et Gaëlle Perret (+ concours)

Par 8 mai 2013 Les invités du mercredi

Cette semaine je reçois Coralie Saudo. Je la connaissais en tant qu’illustratrice et je l’ai découvert en tant qu’auteur. Elle exerce ces deux métiers avec autant de talent. J’ai eu envie d’en parler avec elle. Puis je vous proposerai de tenter de gagner son très bel album, Et si je mangeais ma soupe… grâce aux éditions du Seuil. Ensuite, pour notre rubrique Parlez moi de…, j’ai voulu revenir sur le très beau et très intriguant Un jour mon grand-père m’a donné un ruisseau avec son auteur et son éditrice, j’ai eu du nez sur ce coup-là car ce livre bien singulier a eu un cheminement particulier ! Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Coralie Saudo

Coralie SaudoQuel a été votre parcours ?
Au lycée, je commence à gribouiller dans les marges de mes cahiers. A la maison, j’essaie l’aquarelle, la peinture sur soie, la peinture à l’huile… J’ai la chance d’avoir des parents qui ont essayé plein de techniques, étant jeunes, et qui ont gardé tout leur matériel !
Après le bac je commence des études de mathématiques et d’informatique. Ma chambre d’étudiante regorge jour de grêve chez les marmottesde tableaux et les maths deviennent trop abstraites pour moi… Je ne veux plus être prof de maths !
Mais j’aime mon ordinateur… J’ai envie d’associer « art » et « numérique » et poursuis mes études en conception multimédia.
Je deviens webdesigner graphiste en 2005.
Puis je pars vivre en Irlande. Je me lasse de créer des sites internet institutionnels, j’ai besoin de couleurs !
Alors, grâce au projet Ricochet découvert au hasard du Net, je me lance dans l’illustration jeunesse… Les galets Irlandais m’inspirent, c’est partiii !
Mon premier album Bê-Mouton avec Nicole Snitselaar paraît aux Éditions du Pas de l’Echelle, c’était en 2008….

Quelle est votre technique d’illustration ?
Tout dépend des projets.
J’ai commencé avec des galets peints, photographiés, puis incrustés dans des décors réalisés sous photoshop, à base de matières et de tissus (C’est loin Ailleurs, 101 Moutons au chômage, Tout seul !…).Le petit pot de Zaza
Il y a aussi des projets 100% photoshop (Cache-Cachalot, Au pied de ma lettre, Iris sans souci, La petite de Camille…).
Des projets avec du tissu, de la peinture, et photoshop (Les petits cailloux de Mamayé)…
Ou bien des projets uniquement à la peinture acrylique (Le petit pot de Zaza, Habille-toi Zaza).
Ca c’est pour le moment… J’espère pouvoir allonger cette liste des techniques !

Quels sont les illustrateurs actuels que vous admirez ?
Question difficile… Il y en a tellement ! Pour vous en donner quelques uns… J’aime…
La poésie d’Izou et celle de Francesca Quatraro, la douceur de Satoe Tone, la tendresse d’Emile Jadoul, les idées d’Oliver Jeffers, le trait d’Eleonore Thuillier, celui de Cécile Vangout, l’humour de Kris Di Giacomo (et je suis enchantée d’avoir un bel album avec elle : Mon papa, il est grand, il est fort, mais...).
J’en oublie plein plein plein, mais avant de finir, bien sûr, et d’actualité : j’aime… les bouilles à croquer de Mélanie Grandgirard !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant, je n’ai plus vraiment de souvenir de lecture, mais je baignais dans les histoires. Je crois que celles que je préférais c’étaient celles qu’improvisaient mon père !Tout seul
Adolescente, je m’en tenais aux lectures scolaires… sauf pendant les vacances (Quelques livres qui m’ont marquée : L’histoire d’Helen Keller de Lorenaa Hickok, Le champ de personne de Daniel Picouly, Les fourmis de Bernard Werber…)

Vous vous sentez le plus à l’aise dans l’illustration ou dans l’écriture ?
J’aime les deux mais c’est par période. Cela faisait 2 ans que je n’avais quasiment plus écrit. Mais maintenant que mes petits bouts ont grandi, c’est reparti, la vie de famille m’inspire !

Parlez-moi de Mange ta soupe, comment est né cet album ?
Vous faites bien de demander : cet album a une vraie histoire !
En 2009 la librairie La Soupe de l’Espace organise un concours sur le thème de la soupe. Mélanie Grandgirard participe avec une très belle illustration : un adulte aux looongues jambes qui mange un hamburger et a jeté le pack de soupe dans une poubelle.
Et oui : quand on est grand, on n’a plus besoin de manger de la soupe !
Je propose à Mélanie, devenue une amie, d’écrire une histoire pour son image. Elle a un coup de cœur pour mon texte. Mais elle est overbookée, alors c’est presque 2 ans après, qu’elle se met à l’illustrer. On ne trouve pas d’éditeur tout de suite, on commence à douter… et puis… Le Seuil nous ouvre ses portes !

Quels sont vos projets ?Au pied de ma lettre
Côté illustrations :
En ce moment, je fais un petit retour aux sources avec un projet « galets » dans l’esprit de 101 Moutons au chômage et Jour de grève pour les marmottes.
J’essaie aussi de nouvelles techniques sur de jolis textes : peinture, crayon, tissu, découpage, je m’amuse… Et j’espère que ces nouveaux projets séduiront les éditeurs !
Côté écriture :
Je suis dans une période riche en idées. Plutôt des histoires courtes, percutantes, et pleines d’humour… Et ça a l’air de plaire, à suivre donc !

Bibliographie sélective

Retrouvez la bibliographie complète de Coralie Saudo et plus d’informations sur elle sur son site : http://www.coraliesaudo.com

Et si je mangeais ma soupeComme je vous le disais avant cette interview, grâce aux éditions du Seuil je vais faire un chanceux ! Je vous propose de me dire en commentaire quel est l’argument le plus farfelu qu’un de vos enfants ait trouvé pour ne pas faire quelque chose (dans Et si je mangeais ma soupe… l’enfant donne toutes sortes de raisons pour ne pas la manger). Bien entendu si rien ne vous vient vous pouvez tout de même participer en disant « j’ai rien à proposer mais je veux quand même participer ». Je tirerai au sort parmi vos réponses et l’heureux élu recevra un exemplaire de l’album. Vous avez jusqu’à lundi 20h !
Concours réservé aux habitants de France métropolitaine, à la Suisse et à la Belgique.


Parlez moi de… Un jour mon grand-père m’a donné un ruisseau

Une fois par mois on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette semaine c’est Un jour mon grand-père m’a donné un ruisseau, le livre de Gaëlle Perret (illustré par Aurélia Fronty) sur lequel j’ai eu envie de revenir.

Un jour mon grand-père m'a donné un ruisseau

Gaëlle Perret

photo Hugo Chantrel

Gaëlle Perret (auteur)
Tous les livres ont une histoire c’est certain et c’est même assez banal de le dire, pourtant Un jour grand père m’a donné un ruisseau mérite qu’on connaisse la petite histoire derrière l’album. Elle est si jolie et si improbable.
Sur les conseils de Rebecca Dautremer que j’ai eu la chance d’interviewer pour Ricochet il y a quelques années, j’ai soumis un texte à Brigitte Leblanc, l’éditrice de Gautier Languereau. Un texte qu’elle n’aurait pas reçue, renvoyé ensuite par mail. Après une longue attente, on attend toujours trop longtemps n’est-ce pas, et un peu de harcèlement téléphonique de ma part 🙂 Brigitte m’a dit qu’elle ne pouvait pas publier un tel texte, il lui avait fendu le cœur, il n’était pas pour les enfants, mais quelle écriture m’a t-elle avoué.
Alors, j’ai rebondi en lui répondant, et bien donnez moi un mot, une phrase et je vous promets de vous écrire une histoire que vous aurez envie de publier. Et c’est comme ça, qu’elle m’a offert cette phrase un peu énigmatique, celle qui est devenue les premiers mots du livre et qui lui a donné son titre : Un jour grand-père m’a donné un ruisseau.
C’est la confidence d’un de ses proches qui lui trottait en tête avec ce projet mis de côté d’en faire un jour quelque chose. Je me suis emparée de cette phrase, je l’ai d’abord écrite sur un cahier puis j’ai laissé passé un peu de temps. Je suis partie une semaine à la montagne, et au cours d’une après midi, le temps de la sieste de mon petit garçon, j’ai écrit d’une traite le texte d’un jour grand-père. Sans aucune ponctuation. Je voulais de l’espace, que rien n’arrête mon ruisseau et sa transformation.
L’année passée, j’avais perdu mes deux grands-parents maternels, que j’adorais, bien sûr ce texte est pour eux, il est arrivé au bon moment, j’avais accompli moi aussi ce qu’on appelle le travail de deuil même si je n’aime pas du tout ce terme, je voulais écrire aussi pour que tout ce que j’avais reçu d’eux ne disparaisse pas et que le fleuve poursuive son chemin. Ce texte est aussi pour le grand-père de celui qui a donné cette phrase à Brigitte Leblanc, un grand-père qui a lu le livre. Une boucle qui se boucle mais c’est aussi avant tout une histoire de transmission, ce qu’on donne n’est pas perdu.
C’est mon premier album, c’est un texte de commande que j’ai écrit avec une liberté et un plaisir immense. Brigitte Leblanc a été très enthousiaste, Aurélia Fronty a donné un écrin magnifique à ce ruisseau, encore une histoire de cadeau et de don.

Gautier-LanguereauBrigitte Leblanc (éditrice)
C’est bien sûr avec grand plaisir que je vais vous parler de ce projet, tant ce livre, si personnel, me tient à cœur tout particulièrement.
C’est, en effet, une « jolie histoire d’éditeur » avant même d’être le si bel album que vous connaissez…
L’histoire commence un soir, lors d’un dîner de famille avec ma petite sœur et son mari.
Nous évoquons notre enfance, et soudain, mon beau-frère raconte : « un jour, mon Grand-Père m’a donné un ruisseau… ».
Je l’arrête, saisie, touchée, lui fait répéter la phrase et m’exclame : ma parole, c’est le début d’une histoire, ça !!
La force évocatrice de cette simple phrase, sa poésie, son émotion me frappent comme une évidence… Il y a vraiment quelque chose à faire avec ce début-là !
De retour au bureau, je contacte un de mes auteurs, lui raconte la scène… Il décline, se sentant incapable d’écrire une histoire sur une commande aussi précise.
Quelques semaines passent, la phrase tourne toujours dans ma tête, je suis persuadée de sa force, de son évidence de formidable début d’histoire.
J’en parle alors à un second auteur, qui ressent le même coup de foudre que moi, s’en empare et travaille de son côté.
Mais malgré tous ses efforts et son évidente envie, ça ne « donne » rien. Cela arrive parfois, ainsi va la vie de l’édition.
Je range cette phrase dans un coin de mon cœur et cesse de vouloir à toute force la proposer à quelqu’un d’autre. Tant pis, me dis-je, elle n’est pas destinée à devenir un album.
Peut-être un jour, moi-même, dans quelques années, aurais-je le courage de m’atteler à essayer moi-même d’en faire quelque chose, qui sait.
Le temps passe à nouveau. Une de mes, nombreuses, tâches, consiste à lire les manuscrits qui me parviennent directement, via nos auteurs et illustrateurs-maison.
Une de nos illustratrices me recommande la lecture d’un manuscrit qu’elle a reçu et « qui vaut vraiment quelque chose ». Son auteur, Gaëlle Perret.
Je le lis, suis très séduite par l’écriture, la poésie simple et discrète qui s’en dégage, et j’écris à cet auteur pour l’encourager à persévérer… Et aussi pour refuser cette histoire-là, dont le propos me semble trop triste.
Un second texte me parvient, formidablement maîtrisé : une réécriture du Joueur de flûte de Hamelin. Beaucoup de poésie, de simplicité et de fluidité dans l’écriture, mais là encore une poignante tristesse qui me le fait refuser.
Lorsque l’écriture en vaut la peine, j’explique toujours la raison de mon refus par un mail le plus personnel et honnête possible.
Gaëlle Perret me répond, touchée, et me demande, pour mieux cibler ses prochains envois, si j’attends des histoires sur des thématiques précises.
L’évidence me frappe alors d’un coup, et je lui parle de la fameuse phrase… Un jour, Grand-Père m’a offert un ruisseau.
Comme moi, Gaëlle est saisie de la puissance poétique de cette phrase, et très peu de temps plus tard, je reçois une première version de ce qui deviendra l’album.
Déjà superbe, puissante et qui touche au cœur. Cette idée du ruisseau qui figure la vie, et les souvenirs heureux portés par la présence pleine d’amour du Grand-Père, c’est formidable !
Mais la fin me gêne, car elle reste « en l’air », sur le héros narrateur qui a grandi, et je trouve cette fin trop « adulte » et, d’une certaine façon, inachevée.
Je lui propose de la modifier, en faisant revenir la boucle sur l’enfant du narrateur, pour que, d’un enfant, le récit revienne à un autre enfant, et que la transmission entre les générations soit plus affirmée, plus complète aussi. Je crois que ces 3 dernières lignes permettent au livre de prendre tout son sens, toute son ampleur.
Ensuite, l’univers d’Aurélia Fronty s’impose de façon évidente à mon esprit. Ce texte « crie » qu’il est pour elle.
Je l’appelle et lui annonce un texte très touchant, fort d’un message qui fera sûrement mouche auprès d’elle.
Il lui faut moins d’une demi-journée pour m’appeler après l’avoir reçu et me déclarer : c’est un des plus beaux textes qui m’aient été proposés d’illustrer.
Rapidement, il devient évident pour Aurélia qu’elle traitera ce livre « comme le cours d’un ruisseau », c’est-à-dire dans un format à l’italienne, avec l’eau qui coule au cours des pages à côté de l’enfant qui grandit.
Et il nous apparaît évident que seul un très grand format lui donnera toute sa mesure.
Le résultat de ces évidences donne cet album superbe, que je chéris tout particulièrement.

Un jour grand père m’a donné un ruisseau est le premier livre de Gaëlle Perret, un autre, La soupe aux épices, sortira en octobre chez Les P’tits Bérets.
En attendant, elle m’a gentiment fait une proposition pour les lecteurs du blog qui ne se refuse pas ! Si vous êtes intéressés par ce magnifique album, elle vous propose de le lui acheter directement pour au prix de 10€ et elle vous l’enverra dédicacé. Vous pouvez le commander à son adresse mail : perret.gaelle@orange.fr

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… et je suis devenu ce que je suis…

Par 3 décembre 2012 Livres Jeunesse

Vous le savez, généralement le lundi j’aime vous montrer de très beaux livres…

Le petit garçon de cette histoire a reçu de son grand père un ruisseau. Un petit ruisseau qui tenait dans la main et qui petit à petit a grossi au fur et à mesure que l’enfant a grandit.

J’ai vraiment beaucoup aimé Un jour grand-père m’a donné un ruisseau… et en même temps je suis embêté pour vous en parler… je n’ai pas compris de quoi le livre parlait ! Autant être franc, quitte à paraître idiot. Mais parfois les choses nous parlent sans qu’on les comprenne (il y a des tas d’exemples en chanson). Le livre m’a donné la chair de poule, mis la larme au coin de l’œil, m’a vraiment ému, touché. Mais quelle est cette histoire de ruisseau qui grandit en même temps que l’enfant ? Parle-t-on de l’imaginaire (personne ne voit le ruisseau à part l’enfant et le grand-père) ? D’un secret familial ? Parle-t-on du corps ? d’un don ? Je ne saurai vous dire mais je vous conseille ce très très beau (et très grand) livre aux illustrations magnifiques (signées Aurélia Fronty) et dont le texte (de Gaëlle Perret) est on ne peut plus poétique. Et ça nous permettra de débattre ensuite ! Ce ne sont pas les œuvres où tout est mâché d’avance qui nous restent le plus en tête, mais des livres comme celui-ci qu’on ferme avec des questions et qu’on rouvre régulièrement, qui font leur chemin.

Pour faire cette petite fille il en a fallu des ingrédients ! Les boucles de sa mère, les reflets de son père, le sourire de sa mémé, la gourmandise de son grand-père… tant de mélanges pour faire un être unique.

Mais quelle poésie ! Tant dans le texte de Raphaële Frier que dans les illustrations d’Audrey Pannuti (un mélange de matière et de crayonné d’après moi). On parle donc ici de tout ce qu’on nous lègue (physiquement ou niveau caractère) et qui fait ce que nous sommes. L’album est tout petit et tout simplement superbe. Un gros coup de cœur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué Une si belle entente d’Aurélia Fronty et deux livres de Raphaële Frier : Je vous présente Gaston et Angèle et le cerisier.

Un jour grand-père m’a donné un ruisseau
de Gaëlle Perret, illustré par Aurélia Fronty
Gautier Languereau
17,25€, 360×260 mm, 42 pages, imprimé en Chine
La recette de moi
de Raphële Frier, illustré par Audrey Pannuti
Naïve
11,20€, 161×161 mm, 36 pages, imprimé en Italie

A part ça ?

Connaissez-vous Sophie Lit ?

Gabriel

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