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Gaétan Dorémus

Du berger à la bergère : de Gaya Wisniewski à Gaëtan Dorémus

Par 31 juillet 2019 Les invités du mercredi

Cet été encore, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu les trois derniers étés, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur·trice·s et des illustrateur·trice·s qui posent trois questions à un·e auteur·trice ou un·e illustrateur·trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé·e d’en poser trois à son tour à son intervieweur·euse d’un jour. Après Fanny Joly et Catharina Valcks, Clémence Pollet et Sandrine Thommen, Marc Daniau et Natalie Fortier, cette semaine c’est Gaya Wisniewski qui a choisi de poser des questions à Gaëtan Dorémus !

Gaya Wisniewski : Bonjour Gaëtan, j’ai été subjugué par l’album Fuis tigre !, comment l’album s’est-il tissé ? Connaissiez-vous Gauthier David ou c’est la maison d’édition qui a fait le lien entre vous ?
Gaëtan Dorémus : On se connait avec Gauthier, on est copains. On habite pas loin l’un de l’autre. On a partagé des moments, des lectures, des visions du monde, et puis ensuite on s’est dit que, tiens, on pourrait essayer de travailler ensemble. J’aime travailler avec des copines et des copains. Un été, on a passé une journée à la rivière. Gauthier m’a dit qu’il avait fait un texte pour moi et qu’il me l’envoyait le soir même. Une histoire d’enfants qui installent un camping dans un salon. Et puis il m’a envoyé Fuis Tigre. Pour me réécrire le lendemain en me disant qu’il s’était trompé, qu’il ne voulait pas m’envoyer ce texte-là. Mais c’était trop tard.
Ce texte, je l’ai fait mien direct. Je ne sais pas si cette erreur d’envoi est fausse ou pas.
Et puis Gauthier m’avait dit qu’il était rentré en littérature jeunesse en partie avec mon premier livre, Bélisaire, déjà une histoire de tigre, déjà au Seuil jeunesse, il y a 20 ans.
J’aime la puissance évocatrice du texte de Gauthier. Cela laissait de la place pour mettre des images. Elles devaient trouver du sens et de la force dans les creux du texte.
J’ai fait le choix d’inscrire l’histoire dans le monde d’aujourd’hui et de travailler la figure de l’animal sauvage/animal doudou.

Gaya Wisniewski : Vous illustrez vos textes et parfois ceux des autres. Quel est l’auteur dont vous aimeriez illustrer le texte ?
Gaëtan Dorémus : Italo Calvino, mais je crois que ce n’est pas possible.
J’aime nombre d’auteurs contemporains, mais ils n’ont pas besoin d’imageurs.
Les auteurs de textes d’albums sont assez rares. Certains textes sont bons en tant que tels, mais parfois tout est dit et des illustrations seraient téléphonées, ou à l’inverse n’importe quelle image encagerait l’imaginaire du lecteur.
La poésie est illustrable, le roman (pour adulte) est illustrable, les essais sont illustrables, mais commercialement c’est suicidaire pour l’instant.

Gaya Wisniewski : Cette répétition de petit trait dans vos dessins à souvent l’air spontané et donne une grande force graphique. Y a-t-il beaucoup de croquis préparatoires à l’image ou justement c’est « instinctif » et fait sur le vif ?
Gaëtan Dorémus : Merci pour le compliment ! Tant mieux si on croit que c’est sur le vif. Parce que tout le temps, comme beaucoup de dessinatrices et dessinateurs, je m’interroge : « comment retrouver cette vie qui émane d’un croquis ? »
Et ça demande du labeur pour s’en approcher — sans jamais l’atteindre. Donc il y a pas mal de croquis en amont. Puis des dessins en noir et blanc. Et une réinterprétation pour arriver des images en couleur. C’est long, du marathon, pour arriver à des livres lus en 5 minutes. J’admire Sempé ou Shel Silverstein, et d’autres, où en trois traits c’est plié — dans le dessin il y a de l’esprit et de la vie — emballé — c’est pesé.

Gaëtan Dorémus : Dans tes livres reviennent l’hiver, la nuit et un lac, gelés, et le printemps. Peux-tu parler de ces présences récurrentes ? Réminiscences personnelles, rapport esthétique, ou narratif à ces lieux ?
Gaya Wisniewski : L’hiver est une saison que j’adore pour peu qu’il y ait de la neige, le temps qui s’arrête, se chauffer à côté d’un feu en dégustant une tasse de thé fait parti de mes rituels… Je pense profondément que l’humain est aussi fait pour hiberner. Depuis que j’ai quitté la ville, la nature m’inspire énormément, j’aime vivre les saisons, marcher sous la pluie, observer les étoiles la nuit… retour aux sources. J ’avais sans doute besoin de ce changement de lieu de vie pour créer des livres.

Gaëtan Dorémus : On sent tes livres nourris d’influences picturales et littéraires, est-ce réel ou inconscient ? Peux-tu les évoquer ?
Gaya Wisniewski : L’autre jour, un ami m’a définie comme « Chasseuse d’images » j’aime bien cette comparaison, effectivement je collectionne beaucoup de photographies, peintures, dessins… qui ressortent ici et là dans mes livres.
Il y a des photographies noir et blanc anonymes, des illustrateurs : Scarry, Tove Jansson, Inga Moore (j’adore ses illustrations du Vent dans les saules) et puis il y a les autres : les couleurs de Peter Doig, les photographies de Saul Leiter, les nus de Bonnard, les motifs de Vuillard…
Je fais des petits dossiers pour m’y plonger avant de commencer un livre. Je crée une atmosphère que j’aimerai que le lecteur ressente lors de la lecture… même chose pour la sélection musicale lorsque je dessine… Je suis une vraie éponge. Pour Chnourka la première image du livre où ils sont tous dans une luge au milieu d’une tempête de neige est influencée par Le bal des vampires de Polanski et pour la maison de glace de Chnourka c’est le Docteur Jivago de David Lean. Là je travaille sur un nouveau projet où le roman La conjuration des imbéciles (John Kennedy Toole) m’inspire juste pour les émotions que cela suscite en moi…

Gaëtan Dorémus : Tes histoires ne sont pas situées dans une époque, ou plutôt dans le temps de l’Enfance. Celui des amitiés imaginaires entre animaux et gamins, des goûters, de l’amitié simple et des boules de neige. Peux-tu imaginer dans tes histoires des smartphones, des twingos, des centrales nucléaires et des sacs plastiques dans les arbres ?
Gaya Wisniewski : Très bonne question… j’imaginerai bien des histoires de sacs plastiques dans les arbres… parce que je vois bien cette image.
Quand je dessine, je vais rechercher des émotions enfuies en moi, cette époque où je ne connaissais pas les centrales nucléaires, les smartphones n’existaient pas encore… Pour l’instant j’écris et dessine dans ma zone de confort, mais, pourquoi pas un jour illustrer quelque chose de complètement différent.
J’attends que l’on me propose, que l’on me bouscule 🙂

Bibliographie sélective de Gaëtan Dorémus :

  • Fuis Tigre !, illustration d’un texte de Gauthier David, Seuil Jeunesse (2018).
  • Les Goûters méga chouettes de Machinette, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2018).
  • Tout doux, texte et illustrations, Rouergue (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • ICI, texte et illustrations, La Ville Brûle (2017).
  • Dans les dents !, illustration d’un texte de Denis Baronnet, Actes Sud Junior (2017).
  • Minute papillon !, texte et illustrations, Rouergue (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Till, illustrations de texte de Philippe Lechermeier, Les fourmis rouges (2015-2016).
  • Les Oreilles, texte et illustrations, Albin michel jeunesse (2016).
  • La Maman de la maman de mon papa, texte et illustrations, Les fourmis rouges (2016).
  • Mon bébé croco, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2015).
  • Le miel des trois compères, illustration d’un texte de Richard Marnier, Le rouergue (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Vacarme, texte et illustrations, Notari (2014).
  • Mon ami, texte et illustrations, Rouergue (2012).
  • Tonio, texte et illustrations, Rouergue (2012).
  • Ping Pong, texte et illustrations, Seuil jeunesse (2010).

Son site : https://gaetandoremus.com

Bibliographie de Gaya Wisniewski :

  • Chnourka, texte et illustrations, MeMo (2019), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon bison, texte et illustrations, MeMo (2018), que nous avons chroniqué ici.

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Tout en douceur

Par 2 août 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, un peu de douceur ! Le premier livre est un imagier plein de tendresse, et le second nous embarque sur la banquise, pour se rafraichir un peu pendant la canicule !

Caché-Trouvé
d’Ella Charbon
L’école des loisirs dans la collection Loulou & Cie
10,70 €, 199×201 mm, 34 pages, imprimé en Malaisie, 2017.
Tout doux
de Gaëtan Dorémus
Le Rouergue
15 €, 188×224 mm, 36 pages, imprimé en Italie, 2018.

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Les invité·e·s du mercredi : Anne-Hélène Dubray et Gaëtan Dorémus

Par 23 mai 2018 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, on rencontre Anne-Hélène Dubray qui nous parle de ses beaux albums riches en détails. Ensuite, on découvre où et comment Gaëtan Dorémus dessine et crée.


L’interview du mercredi : Anne-Hélène Dubray

Quelles ont été les inspirations pour votre très bel album La Montagne ?
Pour La Montagne, j’avais envie de travailler sur de grandes images foisonnantes et de grandes scènes avec plein de personnages. Je me suis pas mal tournée vers la peinture pour voir le traitement de l’espace et de la couleur, les 36 vues du mont Fuji en particulier, à cause de la montagne bien sûr et des différentes atmosphères colorées. J’ai beaucoup regardé les miniatures persanes ou indiennes (j’avais vu de très belles fresques en Inde avec de grandes scènes de batailles où se mêlaient animaux et humains).
Il y a eu une grande phase de recherche sur la végétation, les animaux de chaque ère, l’histoire des villes, et une foule de petits détails (ce que mangeaient les hommes préhistoriques et comment on s’habillait en Mésopotamie) pour ensuite laisser place à une interprétation plus imaginaire.
C’est un livre qui a commencé avec des images, le texte est venu après pour souligner et animer certaines petites scènes et guider le regard du lecteur tout en l’amusant.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Mes études ne m’ont pas directement amenée à l’illustration. Après les Beaux-Arts j’ai d’abord été graphiste dans l’édition. Puis j’ai repris des études en littérature tout en donnant des cours d’arts plastiques. J’ai alors commencé la gravure et réalisé avec cette technique un premier livre illustré, Daphné (Esperluète). Puis j’ai rencontré Chloé Marquaire et Guillaume Griffon de l’Agrume pour un premier projet jeunesse. J’ai ainsi continué l’illustration et l’écriture, puis travaillé petit à petit pour d’autres domaines de l’illustration comme la presse, l’édition adulte ou la communication.

Vous illustrez pour la presse, pour l’édition, vous faites également un peu de microédition, est-ce que ce sont trois manières de travailler différentes ?
Pour la presse ou une commande en édition, on est amené à travailler sur des sujets qu’on ne connaît pas, j’aime beaucoup ça, il y a de la découverte et des contraintes très stimulantes. Pour mes projets personnels d’auteure, c’est un travail dans le temps, avec parfois beaucoup de recherches documentaires et graphiques, il faut apprendre à faire avec la liberté, c’est une chance, mais ça suscite des moments de doutes aussi. En micro édition, il faut porter le projet matériellement, on va jusqu’à produire un objet, on apprend plein de choses. Ces différentes pratiques s’alimentent les unes les autres.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Mes parents s’intéressaient assez aux livres pour enfants et j’ai de bons souvenirs de lecture, avec un gout prononcé pour le loufoque, je pense à 333 fois fou de Salisbury Kent, La Maison hantée, Si les chiens et les chats étaient des dinosaures. Mais aussi à des livres poétiques comme L’œuf et la poule de Iela Mari. Ensuite j’ai adoré lire Roald Dahl. Puis j’ai eu une grande passion pour Picsou magazine, je dessinais très bien Donald sous toutes les coutures.
Adolescente, c’était la BD, les romans policiers et Boris Vian. J’aimerais beaucoup travailler sur une histoire policière d’ailleurs.

Auriez-vous quelques coups de cœur à nous faire partager ?
J’ai lu dernièrement Santa Fruta, de Delphine Perret et Sébastien Mourrain, qui est vraiment drôle et touchant ; et Le tunnel de Mari Kanstad Johnsen, j’adore son travail. Sinon, j’essaie d’avoir toujours un livre de Blex Bolex à portée de main, Les Saisons ou un tout petit livre sans paroles La longue vue, son art de la narration m’émerveille.

Travaillez-vous sur un projet particulier en ce moment ? Pouvez-vous nous en parler ?
Je travaille sur un nouveau livre jeunesse avec l’Agrume, c’est un abécédaire, avec des textes vivants et amusants je l’espère. Il sortira à l’automne prochain.

Bibliographie :

  • La Montagne, L’Agrume (2017) que nous avons chroniqué ici.
  • Les Farceurs, L’Agrume (2016).
  • Daphné, Esperluète (2014).

Son site : http://annehelenedubray.fr


Quand je crée… Gaëtan Dorémus

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur·trice·s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur·trice·s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur·trice·s, dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur·trice·s et/ou illustrateur·trice·s que nous aimons de nous parler de comment et où ils·elles créent. Cette semaine, c’est Gaëtan Dorémus qui nous parle de quand il crée.

Boulot
Je ne suis pas un artiste maudit qui erre sur les chemins de France à la recherche de l’inspiration, puis partirais m’isoler dans ma grotte pour « créer »… C’est mon activité, ma passion, mon travail. Comme un vrai travail. Je ne travaille pas la nuit ou n’importe quand : j’aspire à une vie sociale en dehors de mon activité d’illustrateur, et je me cale sur la vie autour de moi.

Train
Je réalise mes livres dans mon atelier, qui n’est pas une pièce de ma maison. J’ai besoin de trajets pour passer de ma vie professionnelle à mes autres vies, j’ai besoin de trajet pour que mes idées infusent et cheminent en moi. C’est pour cela que l’endroit où vraiment j’arrive à un maximum de concentration pour dérouler le fil d’une nouvelle histoire, c’est… le train. Ça se déplace, c’est calme, on est avec soi, son petit carnet, ses pensées, ses éventuelles notes précédentes. Mais ensuite tout se passe à l’atelier : ça bouge moins qu’un train, ce qui est nécessaire pour dessiner.

Radio
Je regarde/relis mes carnets ferroviaires pour développer mes projets de bouquins. J’écoute beaucoup de radio et de musique lorsque je dessine, pas lorsque je travaille sur le texte ou la narration. Le son d’une radio avec des gens qui parlent m’aide à lâcher prise je pense dans mon dessin, me permet d’évacuer la pointe d’angoisse du ratage de dessin, du mal fait, du dessin coincé. Mon éveil culturel, ma conscience politique se sont particulièrement nourris grâce à mes journées de travail, la radio allumée. En ce moment, je me délecte de Métronomique sur France Culture. Souvent en bas de mes dessins ou sur des post-its apparaissent des noms d’émissions, de musiciens, de livres à lire, de phrases entendues, d’idées-flash qui n’auront peut-être pas de suites immédiates. J’écoute des albums de musique, jamais des playlists aléatoires, j’aime à être immergé dans une ambiance sonore. Un disque c’est environ 45 minutes, ça structure mon travail, souvent je change de tâche lorsque je change de disque, ou je réponds à un mail ou deux pendant 5 minutes avant de lancer un autre album de musique.

Gaëtan Dorémus est auteur et illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • Les Goûters méga chouettes de Machinette, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2018).
  • Tout doux, texte et illustrations, Rouergue (2018).
  • ICI, texte et illustrations, La Ville Brûle (2017).
  • Dans les dents !, illustration d’un texte de Denis Baronnet, Actes Sud Junior (2017).
  • Minute papillon !, texte et illustrations, Rouergue (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Till, illustrations de texte de Philippe Lechermeier, Les fourmis rouges (2015-2016).
  • Les Oreilles, texte et illustrations, Albin michel jeunesse (2016).
  • La Maman de la maman de mon papa, texte et illustrations, Les fourmis rouges (2016).
  • Mon bébé croco, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2015).
  • Le miel des trois compères, illustration d’un texte de Richard Marnier, Le rouergue (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Vacarme, texte et illustrations, Notari (2014).
  • Mon ami, texte et illustrations, Rouergue (2012).
  • Tonio, texte et illustrations, Rouergue (2012).
  • Ping Pong, texte et illustrations, Seuil jeunesse (2010).

Son site : https://gaetandoremus.com

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Bon appétit !

Par 7 mars 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on s’intéresse au sort d’une drôle de petite chenille un poil mythomane avec Minute papillon ! et l’on plonge au cœur de la chaîne alimentaire grâce au superbe D’une petite mouche bleue

Minute papillon !
de Gaëtan Dorémus
Le Rouergue
13,90 €, 196×277 mm, 32 pages, imprimé en France, 2017.
D’une petite mouche bleue
de Mathias Friman
Les fourmis rouges
14 €, 247×177 mm, 32 pages, imprimé en France, 2017.

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Des ours et leurs amis

Par 26 janvier 2015 Livres Jeunesse

les musiciens de la nouvellebreme_couvertureDans la forêt lointaine, on n’entend pas que le coucou ! De la musique s’élève, c’est Franky le Caribou qui chante… et ça énerve les autres caribous ! Il arrive la même chose à Max le Castor, qui adore taper avec ses baguettes de bois, à Dexter, le raton laveur, qui passe son temps à souffler dans les roseaux et à Charlie, le grizzli, qui a des rythmes qui lui dansent dans la tête. Alors ces quatre-là fuient leurs congénères et partent pour La Nouvelle-Brème, la ville qui aime les musiciens… sauf qu’en route ils vont se rencontrer !
Ce qui marque toujours, quand on lit un album de Pierre Delye, génial conteur, c’est à quel point le texte est rythmé, alors forcément un texte rempli de musique, on s’en donne à cœur joie en le lisant à voix haute ! L’auteur joue avec les mots, les sonorités et l’on se régale ! C’est drôle, fin, ça parle d’accepter nos différences, de vivre ensemble. Les illustrations de Cécile Hudrisier sont un mélange de collages et de dessins et comme d’habitude c’est magnifique !
Un bien bel hommage à la musique.

Le miel des trois compèresIl était une fois un renard, un loup et un ours qui se promenaient en forêt… Il était une fois trois nigauds perdus en pleine forêt… Il était une fois trois crapules qui rôdaient dans une sombre forêt… et quatorze autres histoires où il est question de miel…
Dix-sept histoires, donc, assez courtes avec chaque fois nos trois héros et du miel. Tantôt prêts à tout pour avoir le miel qu’ils viennent de trouver, tantôt prêt à le partager, tantôt ne le voyant même pas ! L’ensemble donne un album poétique et plein d’humour. Une sorte d’exercice à la Queneau. Les illustrations de Gaëtan Dorémus sont somptueuses.
Dix-sept petites histoires pour un album très original.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de Pierre Delye (La drôle de maladie de P’tit Bonhomme, Ferme ton bec !, Les aventures de p’tit Bonhomme, La petite poule rousse, Mais il est où ce gros matou ? et La grosse faim de P’tit Bonhomme), Cécile Hudrissier (L’oiseau et la pièce d’or, Les aventures de p’tit Bonhomme, Comptines pour mon bébé, Le gâteau de Ouistiti, La moufle, Comptines pour compterComptines pour chanter les couleursLa petite poule rousse, Mais il est où ce gros matou ?, La grosse faim de P’tit Bonhomme, Il était une fois… Contes en haïku, Les plus belles chansons anglaises et américaines, P’tit biscuit ou L’histoire du bonhomme de pain d’épices qui ne voulut pas finir en miette, Comptines pour chanter en anglais, Le fil rouge, Chansons pour chanter Noël et Comptines pour chanter la ferme), de Richard Marnier (On ne sait jamais… et Est-ce la lune ?) et Gaëtan Dorémus (60 nouvelles expériences faciles et amusantes). Retrouvez aussi notre interview de Cécile Hudrisier.

Les Musiciens de la Nouvelle-Brême
Texte de Pierre Delye, illustré par Cécile Hudrisier
Didier Jeunesse
12,50 €, 250×250 mm,36 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-reponsable, 2010.
Le miel des trois compères
Texte de Richard Marnier, illustré par Gaëtan Dorémus
Le rouergue
13,50 €, 160×240 mm,40 pages, imprimé en Belgique, 2014.

À part ça ?

À l’occasion des 20 ans de Mon Quotidien, François Hollande a été le rédacteur en chef d’un numéro spécial ! Vous pouvez télécharger gratuitement ce numéro.

Gabriel

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