La mare aux mots
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Galia Tapiero

Voyage, voyage

Par 14 avril 2016 Livres Jeunesse

C’est le printemps (et les vacances pour certain.e.s d’entre vous), vous ne commenciez pas à avoir des fourmis dans les pieds ? Quoi de mieux pour s’en défaire que de faire un petit tour dans d’autres lieux, d’autres contrées ? Aujourd’hui, voici deux albums qui nous invitent à voyager.

Partir
Texte anonyme, illustré par Marion Fournioux 
Winioux
15 €, 220×230 mm, 36 pages, imprimé en France, 2015.
Drapeaux
Texte de Galia Tapiero, illustré par Barroux
Kilowatt, dans la collection Histoire d’objet
12,90 €, 170×240 mm, 32 pages, imprimé en U.E., 2016.

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Par 12 août 2015 Les invités du mercredi

Cet été, comme l’été dernier, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur-e-s, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Aujourd’hui, c’est une question de Madeleine, 7 ans : « Dans certains livres, on trouve parfois après l’histoire des informations documentaires. Est-ce que c’est l’auteur qui écrit cette partie ? Si oui, est-ce qu’il doit faire des recherches pour savoir autant de choses ? ». Les auteur-e-s Sigrid Baffert, Mymi Doinet, Anne Ferrier, Lionel Larchevêque, Véronique Massenot et Isabelle Wlodarczyk et l’éditrice Galia Tapiero ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps qu’elle leurs réponses. Chacune des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question Igor et Souky à la tour Eiffelpermet donc à Madeleine d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions des éléphants, Igor et Souky à la tour Eiffel un album justement avec une partie documentaire écrit par Sigrid Baffert et illustré par Sandrine Bonini. Dans cet album (chroniqué ici), les deux héros récurrents visitent le célèbre monument parisien. Igor et Souky c’est une super série dont deux nouveaux tomes sortiront à la rentrée.


« Dans certains livres, on trouve parfois après l’histoire des informations documentaires. Est-ce que c’est l’auteur qui écrit cette partie ? Si oui, est-ce qu’il doit faire des recherches pour savoir autant de choses ? »
(Madeleine 7 ans)

Sigrid Baffert :
Bonjour Madeleine,
Plusieurs cas sont possibles : parfois, c’est l’auteur qui écrit cette partie, d’autres fois, il peut s’agir de l’éditeur, ou encore d’un « spécialiste » à qui l’éditeur fait appel lorsque le thème est très pointu.
L’intérêt de tels ajouts documentaires en fin de livre est d’élargir le sujet. Ça permet de donner à découvrir d’autres points importants que le récit n’a pas pu aborder, de préciser certains détails techniques, ou encore de nuancer un propos. Très souvent, ces recherches ont servi de tremplin en amont à l’auteur pour écrire l’histoire.
Car oui, la plupart du temps, l’auteur doit faire des recherches, il ne sait pas tout sur tout ! C’est justement ce qui est passionnant : il apprend des choses sur des sujets très variés qu’il n’aurait sans doute jamais abordés sans la nécessité de l’écriture, qu’il s’agisse ou non d’une commande.
Dans le cas des Mercredis d’Igor et Souky, une série d’albums de docu-fiction, c’est moi, l’auteur, qui effectue les recherches. Elles m’aident à aborder la partie fiction et sont écrites en premier, puis je me lance dans l’histoire. À la fin, on relit ensemble avec l’éditeur (les Éléphants), on affine. L’illustratrice de la série (Sandrine Bonini) dessine de petits cabochons pour aérer cette partie plus « aride ». Avec elle, tout devient digeste !
La première difficulté est qu’il faut faire des choix. « Qu’est-ce qui fait sens pour un enfant ? », il faut trouver des exemples imagés, percutants, insolites, amusants.
La seconde difficulté est qu’il faut sans cesse revérifier les sources et les données.
Il y a toujours la crainte de faire une erreur. On a beau relire cent fois, une information peut échapper ou évoluer, et une fois que le livre est imprimé, c’est trop tard ! Les chiffres et l’actualité se périment vite et certains sujets sont subjectifs.
Mais à vrai dire, les informations purement documentaires en fin d’ouvrage ne sont pas celles qui me posent le plus de difficultés. Les plus délicates sont celles qui sont distillées au sein même d’un récit de fiction. Quand on écrit un roman ou un album, il ne faut pas étouffer le lecteur avec un pudding de documentation, l’enjeu est de réussir à insérer les informations (techniques ou historiques) sans en avoir l’air, de les mêler à la narration de la manière la plus fluide et la plus naturelle possible, à travers l’action et les dialogues. Un bon auteur de fiction doit savoir coudre la technique dans l’ourlet de l’histoire avec du fil invisible.

Igor et Souky à la tour EiffelSigrid Baffert vient de sortir deux Igor et Souky aux éditions des éléphants (Igor et Souky à la tour Eiffel et Igor et Souky au zoo de Paris) côté albums et côté romans Juste à côté de moi (La joie de lire) et La fille qui avait deux ombres (l’école des loisirs). À la rentrée, on découvrira deux nouveaux Igor et Souky (Igor et Souky à l’Opéra et Igor et Souky dans les égouts). Retrouvez-la sur son site : www.sigrid-baffert.com.

Mymi Doinet :
Oui, j’aime tout particulièrement ce travail de documentaliste, une façon pour moi de devenir incollable sur bien des thèmes. Et puis je trouve qu’un mini documentaire venant compléter une fiction est une piste de découvertes interactives pour les p’tits loups qui font leurs premiers vrais grands pas dans la lecture.
J’ai ainsi tout spécialement créé une double d’infos documentaires pour Les animaux de Lou et désormais aussi pour la série mettant en scène la tour Eiffel (Premières lectures parues chez Nathan). Pour tout ce qui est des documentaires sur la faune par exemple, je demande une relecture attentive à des spécialistes animaliers et de Marc Giraud, « bestiologue » auteur naturaliste hors pair, qui connaît tout des animaux, du minus acarien à la giga baleine bleue.

La tour Eiffel à New York !Mymi Doinet est auteure. Elle a notamment écrit la série Les animaux de Lou et Les copains du CP (tous deux chez Nathan). Elle vient de sortir la suite de La tour Eiffel à des ailes, La tour Eiffel à New York, illustré par Mélanie Roubineau chez Nathan là encore.
Son site : http://mymidoinet.blogspot.fr.

Anne Ferrier :
En général, c’est l’auteur lui-même qui rédige la partie documentaire. On fait des recherches qui peuvent prendre du temps, c’est vrai, mais comme en général on a effectué ces recherches avant, pour écrire le roman lui-même (si on parle d’un personnage historique, ou d’un château qui existe vraiment, par exemple, il vaut mieux avoir fait des recherches avant d’écrire l’histoire, pour être sûr de ne pas raconter trop de bêtises), il n’y a plus qu’à récupérer les notes qui nous ont servi pour le roman, et hop ! le travail est déjà fait !
Et moi, j’adooooore effectuer des recherches, j’adore apprendre plein de choses qui ne me serviront sans doute jamais : par exemple, sais-tu que les tatouages existaient déjà à la préhistoire ? Et qu’en shimaore (la langue de Mayotte), un escargot est un kowa ? Bon, c’est vrai, c’est difficile à caser dans une conversation. 😉
Parfois, c’est l’éditeur qui se charge de la partie documentaire, parce qu’il souhaite quelque chose de très précis par exemple : dans la série sur l’enfance des héros arthuriens, à la fin de chaque album l’éditeur a souhaité insérer une petite BD qui reprend les éléments essentiels de l’histoire.

Dernier combatAnne Ferrier vient de sortir, avec Régine Joséphine, une nouvelle aventure des Chroniques étranges des enfants Trotter, Le dernier combat (Oskar) et un album chez Utopique, Mon extra grand frère.
Retrouvez-la sur son site : http://www.anne-ferrier.fr.

Lionel Larchevêque :
Bonjour Madeleine !
Dans les trois livres que j’ai faits pour la collection Le thé aux histoires, il y a d’abord une histoire et quelques pages documentaires sur le même thème. Pour le Graoully (un célèbre dragon qui vivait autrefois à Metz !), et La nuit du Kougelhopf c’est quelqu’un qui travaille au musée qui a aidé à écrire la deuxième partie du livre. Pour Mannele, c’est une pâtissière de talent qui a proposé une recette très gourmande !
Comme tu vois, ce sont à chaque fois des spécialistes de la question ! Je pense que c’est plus intéressant ainsi, car le lecteur peut apprendre davantage de choses, et moi aussi par la même occasion…
Car moi, pour écrire une histoire, j’ai souvent besoin de me documenter, et de lire beaucoup, mais je retiens peu de choses, je ne garde que des idées pour mon histoire. Chacun son métier ! 🙂

ManneleLionel Larchevêque a sorti il y a peu Mannele (aux éditions Feuilles de menthe, avec Clotilde Perrin). À la rentrée, on découvrira Je voulais un chat (chez Alice) et Joe, roi du lasso avec Sylvie de Mathuisieulx (chez Samir Éditeur).
Retrouvez-le sur son site : http://lionellarcheveque.blogspot.fr.

Véronique Massenot :
Chère Madeleine,
je pense qu’il y a plusieurs réponses à ta question, car tous les éditeurs ne fonctionnent pas de la même façon. Je vais donc te parler de mon expérience à moi, celle que je connais le mieux !
Dans la collection Pont des Arts, pour laquelle j’écris régulièrement des histoires inspirées par l’œuvre de grands artistes, les deux cas se sont présentés.
Pour mes premiers livres (Chagall, Hokusai, Le Corbusier, Picasso…) c’est moi, l’auteure de l’album, qui ai aussi rédigé la double-page documentaire terminant le livre – celle qui raconte la vie de l’artiste, son époque, sa manière de créer… Mais pour les suivants (le facteur Cheval ou Matisse) la formule a changé : maintenant, c’est l’éditeur qui s’en occupe directement avec son partenaire spécialiste de l’enseignement (CANOPÉ).
J’avoue que j’aimais beaucoup le faire. Ce n’était pas compliqué parce que, pour inventer l’histoire du livre, de toutes façons, je fais beaucoup de recherches sur l’artiste, sa vie, son travail, ses idées… (Quand c’est possible, je vais voir l’œuvre « en vrai » au musée, par exemple.) Ce que j’invente ensuite y est forcément relié. C’est d’ailleurs le but de cette collection : faire un pont entre les arts !
Cela dit, je participe toujours à cette dernière double-page. Car une partie de celle-ci (La marmite des auteurs) est désormais réservée aux créateurs du livre (texte et images) qui peuvent expliquer ce qui les intéresse chez l’artiste choisi et comment ils ont travaillé chacun : pourquoi l’auteur a-t-il eu l’idée de tel ou tel personnage, pourquoi l’illustrateur a préféré peindre de telle ou telle manière… C’est drôle parce que, finalement, au lieu d’être rédacteur du documentaire comme avant, l’auteur en est presque devenu une partie du sujet !

merci facteurVéronique Massenot a sorti cette année deux albums : Merci Facteur ! (illustré par Isabelle Charly, chez L’élan Vert, une petite vidéo pour le découvrir) et Le Vieux Tigre et le Petit Renard (illustré par Peggy Nille, toujours chez L’élan Vert).
Retrouvez-la sur son site : http://veroniquemassenot.net.

Isabelle Wlodarczyk :
Bonjour Madeleine,
En fait, ça dépend : parfois, ce sont des spécialistes qui écrivent la partie documentaire. Dans mes livres, je demande à la faire parce que pour gribouiller mes bouquins, je me documente beaucoup. J’aime bien ensuite raconter ce que j’ai lu, restituer les faits. Ça demande, comme tu le dis, de faire des recherches, un peu comme un détective : tu farfouilles dans les articles, les documents. Parfois, tu lis même des vieux papiers aux archives et tu te plonges dans le passé ! Il m’arrive de tomber sur des histoires incroyables, des disparitions étranges, des morts louches… C’est là que je puise mes idées de romans.

Voltaire écraser l'infâmeIsabelle Wlodarczyk est auteure. Elle vient de sortir Voltaire, écraser l’infâme chez Oskar et elle sortira prochainement deux ouvrages en rapport avec l’Odyssée d’Homère : L’odyssée d’Homère pour réfléchir (chez Oskar) et Pénélope d’après l’Odyssée d’Homère (chez Amaterra). Retrouvez-la lors de l’interview que nous avons fait d’elle et sur son site.

Galia Tapiero (Kilowatt) :
Bonjour Madeleine,
Parfois les informations documentaires sont écrites par l’auteur mais pas souvent. Cela dépend de l’auteur et aussi de la longueur et de la difficulté de la partie documentaire. Mais quelle que soit la personne qui écrit, il faut faire des recherches pour être sûr de ne pas se tromper, pour ne pas oublier des informations importantes, pour vérifier une date ou un nom. On fait des recherches sur internet et on va à la bibliothèque. C’est passionnant de découvrir un nouveau sujet et d’apprendre. Chez Kilowatt, la partie documentaire de l’histoire Les Beignets de ma mère a été écrite par l’auteur et l’éditrice. Marion le Hir de Fallois, l’auteur, avait déjà vécu en Louisiane et s’intéressait beaucoup au sujet de la ségrégation. C’est elle qui a eu l’idée de rajouter une recette de cuisine. D’autres auteurs ont envie d’écrire des histoires sans se soucier du documentaire. Chaque livre est unique.

Galia Tapiero est éditrice chez Kilowatt.
Le site de la maison d’édition : http://www.kilowatt.fr.

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Les invité-e-s du mercredi : Marjolaine Leray et Galia Tapiero ( + concours)

Par 14 mai 2014 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, nous recevons un de mes plus gros coups de cœur de ces derniers mois : Marjolaine Leray. Auteur et illustratrice, elle a sorti il y a quelques années une version jubilatoire du Petit Chaperon Rouge (Un Petit Chaperon Rouge) et dernièrement Avril, le poisson rouge l’histoire d’un poisson neurasthénique. J’adore son humour, j’adore son trait de crayon, bref je suis fan ! À la suite de cette interview, vous pourrez tenter de gagner Avril le poisson rouge grâce à Actes Sud Junior. Ensuite, c’est à Galia Tapiero, auteur et éditrice (Kilowatt) qu’on aime beaucoup que j’ai proposé de nous donner un coup de cœur et un coup de gueule. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Marjolaine Leray

Marjolaine LerayParlez-nous de votre parcours.
Dessiner, c’est un truc que je fais depuis toute petite (même si j’ai longtemps eu des lacunes en ce qui concerne les rayons de soleil réguliers et concentriques). Alors à la fin du collège, quand j’ai réalisé que c’était possible d’en faire un métier, je me suis orientée en filière arts appliqués, dans un lycée à Nantes.
Ensuite, je suis venue étudier à Paris, à l’école Duperré où j’ai passé un BTS communication visuelle.
J’ai commencé à travailler comme graphiste à la fin de mes études. C’est encore aujourd’hui mon métier principal, que j’exerce à mon compte.

Un petit chaperon rougeQuelle technique utilisez-vous pour vos illustrations ?
Je dessine aux crayons de couleur. Comme j’appuie beaucoup, j’ai mis un moment à en trouver qui tiennent le coup. J’en rachète régulièrement : le rouge s’épuise vite.
La plupart du temps, je fais de tout petits croquis rapides pour saisir l’attitude de mon personnage. Je passe ensuite au format réel. Là, ça se complique, car je dessine très vite, de façon impulsive. C’est donc souvent assez maladroit et bancal au départ. Alors je recommence plusieurs fois le même dessin. Jusqu’à ce que ça soit gribouillé tout en ressemblant à quelque chose.
J’essaye de ne pas trop me préoccuper du « bien faire ».

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Dès que j’ai commencé à savoir lire, j’ai déchiffré les BD de la maison (les classiques : Gaston Lagaffe, Asterix…)
Avril le poisson rougeTous les mercredis, on allait à la bibliothèque municipale chercher une nouvelle fournée de lectures. À chaque fois, le dilemme était le même : par quel livre commencer ?
J’ai lu les livres de l’École des Loisirs (Le Magicien des couleurs entre autres), l’intégrale des J’aime lire, les livres sur les monstres de Colin et Jacqui Hawkins, Papa m’a dit que son meilleur ami était un homme-grenouille d’Alain Le Saux, etc.
Ado, j’ai épluché la collection Cascade. Puis, quand j’en ai eu assez des livres à destination d’un jeune public, je suis allée voir du côté des romans.
Je n’étais pas toujours très sélective, je lisais ce qui me tombait sous la main. Ça pouvait aller du mode d’emploi du magnétoscope jusqu’au guide des poissons d’aquarium.

Quand on lit Avril le poisson rouge et Un petit chaperon rouge, on peut dire que vous avez un humour corrosif, la mièvrerie ce n’est pas votre truc ?
Avril le poisson rougeAhah ! J’aime bien quand ça décoiffe et que ça gratte un peu. Ce qui est attendu m’ennuie. J’aime quand ça fait sourire malgré soi, parce que : « là tout de même, ça va un peu loin ! » M’amuser des petites transgressions, d’un décalage texte-image ou d’une surprise.
Et puis aussi tenter d’oublier tous les adjectifs qu’en tant qu’adulte, on colle sur le front des enfants.

Y a-t-il des illustrateurs actuels que vous aimez particulièrement ?
Dans la BD, il y a Blutch. Son trait.
Sfar aussi. Les faux maladroits en règle générale.
Et en jeunesse, Kitty Crowther pour son ton si particulier…

Quels sont vos projets ?
Je n’ai pas de projet de livre assez avancé pour en parler. Mais actuellement, j’essaye de consacrer un peu moins de temps au graphisme, et un peu plus à l’écriture et au dessin.

Bibliographie :

Retrouvez Marjolaine Leray sur son blog : http://marjolaineleray.com.

Concours
Comme je vous le disais juste avant cette interview, grâce à Actes Sud Junior, je vais pouvoir offrir à l’un de vous un exemplaire d’Avril le poisson rouge de Marjolaine Leray (album que l’on avait chroniqué ici) ! Pour participer au tirage au sort, dites-moi en commentaire de cet article si vous et vos enfants aimez les histoires à l’humour grinçant, quels sont vos albums préférés quand on parle de ce genre d’humour ? Vous avez jusqu’à mardi 10 h ! Bonne chance à tous !


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Galia Tapiero

Régulièrement, un acteur de l’édition jeunesse (auteur, illustrateur, éditeur…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché, ému ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé. Cette semaine, c’est l’auteur et éditrice Galia Tapiero qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Un coup de gueule ? Est-il finalement nécessaire d’infliger aux lecteurs la liste (trop longue) d’agacements quotidiens ?
Les revenus de dirigeants de grosses sociétés qui augmentent, des dividendes indécents quand les salaires sont gelés voire qu’il y a eu des licenciements ! La remise en cause du droit à l’avortement en Espagne ou dans n’importe quel pays !! Le DSM5 (établi aux États-Unis) sur lequel s’appuient les normes de la psychiatrie, passant de moins de 100 pathologies à 297. Outil d’évaluation ou instrument de fabrication des pathologies ? C’est sans fin et pourtant on ne peut ignorer ces dysfonctionnements au risque de les banaliser ou les oublier, alors j’essaie de rester vigilante, attentive, concernée, participative, impliquée et surtout de ne pas trop râler (c’est peut-être le plus difficile).

Originaire du sud, le sang chaud et bavarde, je m’emporte et ne peux pas non plus me limiter à un seul coup de cœur ! Il va en priorité au Dr M. à Villejuif qui soigne sans relâche, avec passion et abnégation, à des instituteurs et professeurs rencontrés sur les routes de revue-dessinéeFrance, qui gardent la foi dans leur métier malgré des conditions de travail difficiles. Une société où les systèmes de santé, d’éducation et de justice ont encore en leur sein des personnes qui croient en leur métier me rend presque optimiste.
Et pour finir avec plus de légèreté, un coup de cœur pour la Revue Dessinée, qui en est à son 3e numéro. 4 numéros par an avec des reportages et de l’actualité en bandes dessinées ! Un de mes petits plaisirs trimestriels à lire en écoutant les Tindersticks (live en concert au Bloomsbury Theatre-mars 1995) !


Galia TapieroGalia Tapiero est auteur et éditrice (Kilowatt).

Bibliographie personnelle :

Les derniers titres qui viennent de sortir chez Kilowatt :

Le site de Kilowatt : http://www.kilowatt.fr.

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Les invités du mercredi : Galia Tapiero et Marie Melisou (+ concours)

Par 6 février 2013 Les invités du mercredi

Aujourd’hui je voulais vous faire découvrir (ou vous faire mieux connaître) deux personnes que j’ai rencontré à Montreuil et avec lesquelles j’ai eu un grand plaisir à discuter, deux personnes qui, je trouve, ont vraiment quelque chose à dire. Galia Tapiero éditrice des éditions Kilowatt et auteur qui a accepté de répondre à mes questions et Marie Mélisou, auteur que m’a présenté la pétillante Régine Joséphine qui nous donne son coup de cœur et son coup de gueule. Entre l’interview et le Coup de cœur et coup de gueule, vous avez la possibilité de gagner un livre grâce à Galia Tapiero et aux éditions Kilowatt… Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Galia Tapiero

Galia TapieroParlez-nous de votre parcours ?
La question est vaste ! En résumé, une douzaine d’années passées dans une galerie d’art contemporain, avec beaucoup d’artistes du continent africain. Des études d’histoire de l’art peu à peu redirigées vers l’anthropologie et de la recherche. L’anthropologie des objets, ou plus précisément comment donner à voir les objets dans les musées représentant les populations non occidentales ou les musées de sociétés. En parallèle, des collaborations avec le CNDP, des articles pour TDC (NDLR : Textes et Documents pour la Classe) et une encyclopédie sur l’Afrique chez Larousse pour les 6/9 ans. Et en 2007 naissance de Kilowatt.

Comment sont nées les éditions Kilowatt ?
Vous prenez le parcours ci-dessus, un grand amour des livres, des catalogues de musées, des encyclopédies et mon amitié avec Barroux. On mélange le tout et on se lance !

Pourquoi ce nom ?
Kilowatt est un nom qui a de l’énergie ! (watt est l’unité qui permet de calculer le flux kilowatténergétique) Et puis nous cherchions un nom qui se prononce bien, en plusieurs langues, dont le nom de domaine était libre. Enfin, cela fait beaucoup de points au scrabble et graphiquement c’est joli (important pour Barroux qui a fait notre logo).

Si vous deviez définir la ligne éditoriale de Kilowatt…
Au départ, désacraliser le livre. Au niveau de la forme, des moyens formats et des couvertures souples, c’est courant dans les pays anglophones. Un livre qu’on achète pour soi et non pas seulement celui qu’on offre. Léger pour être transporté facilement. Plus qu’un livre de poche, un beau livre, mais pas précieux, facile à manipuler pour les enfants. J’aime les livres mais j’écris dessus, je corne les pages, je me les approprie. Au niveau du contenu, des albums et des documentaires. Une ouverture sur le monde, sur le vivre ensemble avec nos différences et nos similitudes. Bon, certains libraires n’apprécient pas toujours notre format et nos couvertures souples et la période économique n’est peut-être Mon cartablepas propice à cela.
En ce moment nous sommes dans une période de réflexion pour sans doute aller vers un format plus conventionnel, plus de documentaires ? A suivre…

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Théo la terreur
de François Ruy-Vidal illustré par Jean-Jacques Loup aux éditions Harlin Quist et Fleur de Lupin de Binette Schroeder à L’école des Loisirs. Deux albums que j’ai adoré, gardé et lu à mes enfants (ça date un peu !!). Des romans mais aussi les dictionnaires, l’encyclopédia universalis, les atlas, les guides de voyages…

Quels sont vos projets ?
Ils sont nombreux. En ce moment je travaille à l’élaboration d’un catalogue sur le vodou pour le futur musée de Strasbourg. J’aimerai réaliser son pendant pour les enfants, pour Kilowatt. Il y a les rêves et la réalité, il faut trouver l’équilibre.

Le site de Kilowatt : http://www.kilowatt.fr/

Bibliographie sélective :

Comme je vous le disais au début de cette interview, Galia Tapiero me propose de faire gagner un livre des éditions Kilowatt à l’un de vous. On va faire simple, allez sur le site des éditions Kilowatt et dites moi lequel vous aimeriez gagner et pourquoi ! (la raison peut-être réelle ou fantaisiste !) Attention les titres Un éléphant dans mon arbre et L’amie de Zoé sont épuisés donc ne les choisissez pas ! Je tirerai au sort et l’heureux élu gagnera le livre qu’il a choisi. Vous avez jusqu’à lundi 20h !


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Marie Mélisou

Une fois par mois un acteur de l’édition jeunesse (auteur, illustrateur, éditeur,…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché, ému ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé. Cette semaine c’est l’auteur Marie Mélisou qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

La vérité sur l'Affaire Harry Quebert Mon coup de cœur ne va être ni sur Hollande qui s’est vu offrir un chameau au Mali, ni sur les députés qui siègent tout le week-end pour le « mariage pour tous »… Pourtant il y aurait à dire.

Coup de cœur pour le livre pavé « La vérité sur l’Affaire Harry Quebert » de Joël Dicker.

Marcus Goldam, au printemps 2008, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente à New York : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Convaincu de l’innocence de Harry, qui est déjà emprisonné, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument trouver : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ?

A l’instar de Truman Capote qui enquête pour « De sang froid », le ton romanesque de Dicker et l’enquête minutieuse qu’il nous rapporte, nous dépeignent une Amérique profonde avec ses non-dits et ses secrets.

650 pages avalées avec délice, entre amitié, amour, l’inspiration et l’écriture vitales pour le romancier et enquête policière.

Le Goncourt des lycéens ( celui-ci 2012) est tous les ans une belle lecture. Et comme dans un roman de Joyce Carol Oates ou Wally Lamb, Joël Dicker nous fait vivre l’Amérique.

Mon coup de gueule n’est ni sur les tweets de @Sarko-Junior ni sur Beckham au PSG, info people ou sportive…

Nan, nan, coup de gueule compréhensible par tous, qui touche beaucoup plus d’ados qu’on ne le pense.

Certains livres jeunesse prônent (encore) d’avoir la ligne, d’être mince et joli(e), de ne pas hésiter à commencer un régime.

D’ailleurs ne sommes-nous pas en guerre contre les « gros », les obèses, les formes qui révèlent une gourmandise à outrance, voire la gloutonnerie ? Que manger -sans bouger- est à bannir de notre société.

L’excès inverse s’appelle l’anorexie.

L’anorexie qui est à la mode au collège. Au lycée. Cette addiction au vide. Se remplir de vide, encore et encore, toujours plus de vide pour que l’entourage puisse « voir » combien il ou elle souffre, il ou elle se maîtrise, il ou elle va trop loin, il ou elle perd son contrôle, il ou elle meurt…

Pourtant, si la guerre contre le sexisme existe en littérature de jeunesse (« non à papa lit le journal, non à maman fait la vaisselle… »), la guerre envers la nourriture n’est pas réglée. Ces jeunes qui envient les images en papier glacé des magazines ou des titres alléchants sont des PROIES IDÉALES.

Je tombe encore (poc !) sur des titres tel que « Le corps de rêve des copines » où « le top 20 des astuces minceur » est développé, où « la belle allure filiforme » est la grâce absolue, etc…
Cela me met en colère pour ceux et celles qui tombent dans ce piège.
Un ado qui perd 9 kg en trois mois est anorexique. Un ado qui perd un tiers de son poids ne sait pas qu’il va perdre aussi ses dents et ses cheveux. Ni que le scanner de son cerveau montrera celui-ci tout racorni. Ni qu’il ne peut plus marcher, ni suivre les cours, ni avoir une vie sociale…

La fille qui n'existe pasAlors en 2013, je vais participer à des conférences pour débattre de ce fléau. Avec des associations Anorexie & Boulimie, dans le cadre de la semaine de la santé mentale, le 15 mars à Ombres Blanches (Toulouse, 31), le 18 à Pontivy (56), le 20 mars au théâtre Anne de Bretagne (Vannes, 56), je propose encore et encore (sans jamais me lasser) de lire relire ou débattre en classe et à la maison : « La fille qui n’existe pas », roman 13-17 ans (et les parents !), éditions Le Griffon Bleu.

« Il maigrit, mon corps, je peux si je veux le faire disparaître. Je maîtrise ce qui me fait en réalité le plus peur : la mort. N’être plus personne pour personne, l’infinie terreur. »
(Parole d’anorexique)

 Marie MélisouMarie Mélisou est auteur. Bibliographie (jeunesse) sélective :

Retrouvez Marie Mélisou sur son site : http://marie.melisou.free.fr

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