La mare aux mots
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Garde alternée

Le cauchemar et Lindolfo

Par 15 mars 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux drôles de personnages : un cauchemar qui porte un slip et Lindolfo, un genre d’ami imaginaire.

Le Slip du cauchemar
Texte de Claudine Aubrun, illustré par Magali Le Huche
Seuil Jeunesse
12,50 €, 210 x 230 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2017.
Moi, Maman, Papa et Lindolfo
de Jean-Claude Alphen
L’Atelier du poisson soluble
15 €, 195 x 218 mm, 48 pages, imprimé en Espagne, 2017.

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Séparations [article en libre accès]

Par 17 août 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, deux albums sur le divorce. L’un comme l’autre aborde le sujet de manière originale et intelligente. Dans le premier, la vie dans deux maisons différentes est illustrée par un système de rabats et, dans le second, l’orage qui précède la séparation laisse place à la paix…

Quand les parents décident de divorcer, la famille se divise tout à coup dans deux maisons. Une semaine chez maman, une semaine chez papa, des jouets chez maman, des jouets chez papa… Deux lieux de vie différents ! On décore ses deux chambres, on fait des activités avec chacun des parents et la vie suit tranquillement son cours.
Cet album est réellement utile parce qu’il en existe malheureusement trop peu sur la garde alternée, surtout pour les très jeunes lecteurs et lectrices. Tout est fait ici de manière intelligente et ludique. Les rabats permettent d’observer comment se passe la vie chez maman, puis chez papa et/ou inversement. L’album pourrait presque servir de guide rassurant aux enfants de parents divorcés, pour leur montrer que la vie va suivre son cours normalement et que le fait d’habiter dans deux lieux différents ne doit surtout pas les inquiéter. Bon, on passera sur les quelques clichés sexistes, la mère vit dans la maison avec une porte rose et fait un gâteau pour l’anniversaire (le père emmène l’enfant au bowling, lui). Mais au moins, l’album a le mérite d’exister et compte tenu de la rareté des livres sur ce thème et pour ce lectorat, cela reste tout de même très positif.
Un bon outil pour présenter et aborder la question de la garde alternée pour les tout-petits.

À la maison, c’est comme un début d’orage. Papa commence à gronder, maman à pleurer et depuis sa chambre, le jeune enfant entend tout et se sent triste. Au début, on ne lui explique rien, mais il voit bien que l’ambiance à la maison se détériore dangereusement. Au fil des années, l’orage finit par carrément exploser. C’est d’abord l’incompréhension totale. Pourquoi est-ce qu’il faut partir de la maison ? Pourquoi est-ce que la vie, c’est désormais papa OU maman plutôt que papa ET maman ? Mais le temps passe et, chacun de leur côté, les parents ont chassé les nuages. Dans les deux maisons, la météo est revenue au beau fixe. Finalement, cette grosse tempête a remis les choses en ordre et tout le monde est bien plus heureux comme ça, chacun dans sa maison.
Cette histoire est réellement touchante. Le ton est très juste, dénué de pathos. C’est un bel album, aussi bien dans les illustrations que dans le texte. Ici, le thème tourne plutôt autour de la dégradation des rapports entre les parents et sur la façon dont le divorce a permis à tout le monde de retrouver une vie paisible et agréable. Dans cet album, le divorce est abordé comme un retour à l’équilibre, ce que je trouve très intéressant. L’autre bon point très positif, c’est que les personnages sont vraiment peu genrés. Déjà, il est très compliqué de savoir si le personnage principal est un petit garçon ou une petite fille et du côté des parents, le papa pleure, la maman hurle et inversement.
À lire d’urgence, à mettre dans toutes les bibliothèques et dans toutes les écoles.

Retrouvez les autres albums que nous avons chroniqués sur le thème du divorce ici !

Chez papa et maman, mes deux maisons
de Melanie Walsh
Gallimard Jeunesse
13,50 €, 255 x 275 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2015.
La Séparation
de Pascale Francotte
Alice Jeunesse dans la collection Histoires comme ça
11,40 €, 240 x 170 mm, 40 pages, imprimé à Malte, 2014.

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Mes parents ne s’aiment plus… (thématique sur le divorce 2/3)

Par 7 juin 2012 Livres Jeunesse

Suite de cette thématique en trois parties sur le divorce. La semaine dernière je vous ai parlé de quatre albums jeunesse, cette semaine en voici 5 autres. La semaine prochaine je m’intéresserai à des livres pour les enfants qui lisent tout seul.

Maya n’est pas souvent avec son papa, alors quand elle passe un moment avec lui elle a le droit à trois caprices. Il suffit de dire « caprice ! » quand papa refuse quelque chose et hop c’est accordé ! Mais attention 3 fois ça passe vite. Le premier sera une glace à six boules, le deuxième un ballon pour le libérer quant au troisième il faut le garder précieusement jusqu’à la fin du week-end car il concerne maman…

Quelle beauté que cet album ! Déjà l’objet : c’est un grand livre (26 sur 29 cm) avec de très belles illustrations, un papier épais. Ensuite le texte, c’est une petite merveille. À la fois drôle et tendre, joyeux et triste. Maya parle de la différence entre chez maman et chez papa et au milieu elle lâche un « Avant, papa habitait chez moi avec Maman. C’était la « femme de sa vie ». Puis elle décrit l’appartement du père où il y a un portrait d’enfant qui pleure et conclu par «  Quand Papa est parti, Maman aussi  pleurait ». C’est dit avec les mots de l’enfance, avec sa simplicité. On sourit avec les yeux légèrement mouillés. La chute, le dernier caprice de Maya est de la même façon un beau moment très émouvant. Un petit bijou.

Puisqu’on est dans les bijoux, j’ai découvert la collection Les petits bobos de la vie du Dr Englebert, illustrés par Claude K. Dubois. Je ne connaissais pas du tout cette collection et je suis tombé sous le charme.

Édouard est très heureux, il va aller au zoo avec son papa ! Celui-ci lui rappelle qu’il y est déjà venu à l’époque où il ne marchait pas encore, à l’époque où ses parents étaient encore ensemble… Une fois rentré chez maman, c’est l’occasion de revoir des photos de lui petit, de ses parents quand ils s’aimaient.

Manu apprend que ses parents sont se séparer. C’est bizarre la vie sans papa, l’appartement parait vide sans ses affaires. Quand vient l’heure de passer à table sans lui… ça fait drôle ! Et puis il y a maman qui pleure, maman qui critique papa au téléphone, des choses qu’on ne veut pas entendre… Puis vient le temps de la nouvelle maison de papa « c’est drôle de dire « chez papa ». Avant, chez papa, c’était chez nous », la nouvelle copine de papa… La vie suit son cours, maintenant Manu a deux maisons et une valise rouge qui le suis.

Ces deux livres sont de pures merveilles de tendresse et de poésie. Les séries comme ça sur des thèmes précis sont souvent un petit peu bancales… On veut aborder chaque fois un thème on le fait tant bien que mal, c’est souvent écrit par des spécialistes (pédiatres, psychologues,…) qui ne sont pas forcément de grandes plumes et assez mal illustrés… Ici c’est tout le contraire ! La plume du docteur Éric Englebert touche là où il faut, elle nous fait monter les larmes au coin des yeux, pourtant ce n’est pas triste, c’est juste beau. Les mots sont bien choisis, ils font mouche. Les illustrations de Claude K. Dubois sont parfaites, elles ajoutent encore plus de poésie et de tendresse au texte qui n’en manquait pourtant pas. Je ne connaissais pas cette illustratrice (juste de nom, Agnès Domergue m’en avait parlé) et je suis tombé sous le charme. Des livres de poches absolument superbes.

Cette petite fille a deux maisons. Il y a chez papa et chez maman. La seule chose qui ne change pas c’est Fred ! Fred c’est son chien qui la suis partout. Seulement voilà… chez maman Fred aboie sur le caniche du voisin et chez papa… il mange les chaussettes ! Plus personne n’en veut. Mais où il va habiter alors ?

Je vous parlais déjà la semaine dernière du divorce vu par un chien (Oh ! Pétard ! chroniqué ici), dans J’ai deux maisons ce n’est pas le chien qui raconte l’histoire mais il en est au centre. J’aime cette façon détournée de parler aux enfants de choses qui peuvent les tracasser. Ici le quotidien en garde alternée est tout à fait « normal », il n’y a que le chien qui pose problème. J’ai trouvé ce « concept » intéressant et intelligent.  La vie de cette petite fille est montrée comme une vie banale. Le texte est très beau et les illustrations de Tricia Tusa sont magnifiques, bien mises en valeur par un beau papier épais (Circonflexe fait vraiment de beaux livres).

Victor a une famille un peu compliquée, il y a son père, sa mère et ses frères mais aussi la nouvelle femme de son père, le nouveau mari de sa mère, les enfants que le nouveau mari de sa mère a eu avec elle, qui sont ses demi-frères et sœurs mais aussi Marie-Lucie qu’il a eu avant et qui n’a donc aucun lien de parenté avec lui. Pourtant la mamie de Victor la connaît bien Marie-Lucie et quand il vient en vacances, même si elle n’est pas sa petite fille par le sang, elle veut qu’elle vienne aussi. Tout n’est déjà pas simple mais le jour où les enfants reviennent de vacances par le train, accompagnés par les JVS (Je voyage seul) tout se complique. Car à la gare ce n’est pas la personne prévue qui arrive les chercher mais Prosper, le grand frère de Victor ! Et l’accompagnatrice elle ne l’a pas sur sa fiche, de plus ce n’est pas le frère de Marie-Lucie ! Alors on appelle le père de Marie Lucie… mais lui n’est pas le père de Victor ! Comment tout ce méli-mélo cela va se terminer ?

Ils nous ont encore oubliés ! (titre que je ne comprends pas, par rapport à l’histoire) est extrait d’une série : Victor et Cie qui raconte « la vie trépidante et drôle d’une famille recomposée ! ». Ici l’histoire est assez originale puisqu’on parle des enfants qui vivent dans une famille recomposée mais par le biais d’une histoire de « qui viens nous chercher », « qui est responsable de nous ». Victor et Marie-Lucie sont comme des frères et sœurs pourtant ils n’ont pas de parents en commun. Aux yeux des administrations les parents de l’un ne sont pas ceux de l’autre, même si aux yeux des enfants tout ça n’a aucune importance. Un petit album frais et moderne.

Quelques pas de plus…
Retrouvez d’autres albums qui parlent de divorce et de familles recomposées : Prune, la nouvelle fiancée de Papa, Le papa-maman et dans l’article de la semaine dernière.
J’ai deux maisons et d’autres livres sur le divorce sur Parfums de livres.

Les trois caprices de Maya
de Geoffrey Dussart, illustré par Anne-Catherine De Boel
Pastel – L’école des loisirs
13,50
Papa, maman… avant
de Dr Éric Englebert, illustré par Claude K. Dubois
Grasset Jeunesse/Lampe de poche dans la collection Les petits bobos de la vie
5,90€
La valise rouge
de Dr Éric Englebert, illustré par Claude K. Dubois
Grasset Jeunesse dans la collection Les petits bobos de la vie
5,90€
J’ai deux maisons
de Nancy Coffelt, illustré par Tricia Tusa
Circonflexe
12,50€
Ils nous ont encore oubliés !
de Yann Mens, illustré par Marie-Élise Masson
Gautier-Languereau dans la série Victor et Cie et dans la collection Les petites histoires du soir.
6,90€

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À part ça ?

Bulle et Bob vous les connaissez ? On vous a parlé déjà d’eux (Bulle et Bob dans la cuisine et Bulle et Bob à la plage), on les adore. Ma fille est très fan. Ils ont maintenant un blog sur lequel vous pouvez retrouver des extraits du prochain : Bulle et Bob préparent Noël ! C’est ici : http://tualnatalie.blogspot.fr/

Gabriel

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