La mare aux mots
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Gateaux

Chronique parfumée

Par 20 décembre 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose une chronique aux parfums d’épices, asseyez-vous, je vous sers un thé à la menthe et une part de gâteau ?

la soupe aux épicesLorsque sa mère veut faire sa fameuse soupe aux cinq épices, un membre de la famille part chercher ce qu’il faut. Oh non ce n’est pas au supermarché du coin, c’est bien plus loin. Cette fois-ci, c’est le jeune Malo qui va partir de Cancale et traverser les océans pour ramener coriandre, cardamome, cannelle ou encore noix de muscade. Un voyage qui le mènera au Maroc, à l’Île Maurice, au Vietnam, au Brésil et dans bien d’autres lieux encore. Le voyage ne sera pas de tout repos, on aura peur parfois, mais il sera ponctué de belles rencontres… Prêts à partir ?

C’est un magnifique album que nous proposent Gaëlle Perret et Élodie Balandras, un album qui décoiffe, qui fait voyager. Le périple de Malo sera l’occasion de découvrir des endroits merveilleux, d’en savoir plus sur les épices, mais on va aussi évoquer Edmond Albius (dont nous avions déjà parlé avec La vraie couleur de la vanille) ou encore Pierre Poivre, on va nous raconter la légende des ombres qui suivent les voyageurs… Mais ce n’est pas ici un documentaire (même s’il nous apprend beaucoup de choses), il y a une vraie (et passionnante) histoire, une vraie aventure. On est ici plus proche du roman jeune lecteur que de l’album pour jeunes enfants. Un livre qui donne envie de larguer les amarres (ou, à défaut, d’aller redécouvrir toutes les épices).
Le même vu par Maman Baobab.
Des extraits en ligne ici.

Des oranges à la mentheÉmilie et Monsieur Farouk, son voisin, se ressemblent un peu. Tous les deux connaissent la solitude et l’on se moque d’eux quand ils passent. Monsieur Farouk parce qu’il n’est pas d’ici, Émilie parce qu’elle grandit sans mère. Alors quand ces deux-là se croisent, ils se sourient, ils se sentent moins seuls dans leur solitude. Un jour, Monsieur Farouk va même passer à l’étape au-dessus et proposer à la jeune fille de venir voir un thé à la menthe dans son jardin où se mêlent les parfums. Une amitié est née, tous deux vont parler de leur vie, et le vieux monsieur va apprendre à l’enfant à faire le thé, à reconnaître les saveurs. Ces deux-là ne seront plus seuls.

Des oranges à la menthe est le genre d’histoire bourrée d’émotions qu’on lit les poils des bras hérissés. On parle ici du partage, de la transmission, de l’amitié… mais de tellement d’autres choses encore. Une histoire riche et profonde, belle et magnifiquement illustrée par Marianne Alexandre. Un petit album qui invite à aller à la découverte des autres (peu importe leur âge, leur histoire ou leur origine) et à transmettre nos savoirs.
Des extraits en ligne sur le blog de Rêves bleus.

Mon voyage en gâteauPour faire un gâteau… il faut une poule, un champ de blé, des hectares de canne à sucre, une vache, un bateau… et tant d’autres choses encore…

Alice Brière-Haquet et Barroux (deux grands noms de la littérature jeunesse) signent ici un petit bijou de poésie. Les mots d’Alice Brière-Haquet, toujours justes, toujours choisis, accompagnés par les magnifiques illustrations très graphiques de Barroux. Ici, vous l’aurez compris, on explique que derrière les ingrédients du gâteau (œufs, farine, sucre, beurre, vanille…) il y a beaucoup de choses, ils ne sont pas arrivés comme ça. Un album qui rappelle à quel point toutes ces choses sont essentielles pour pouvoir manger ce gâteau… et qui rappelle aussi que « Pour faire un gâteau, il te faut : quelques amis à inviter pour pouvoir le partager… Et ça tombe bien : le monde en est plein ! ». En fin d’ouvrage, on trouve la recette du gâteau et une invitation à inventer soi-même ce qu’on y met dedans. Ai-je dit déjà que ce livre était un petit bijou ? Ah oui je l’ai dit plus haut…
Le même vu par Enfantipages et Maman Baobab.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Gaëlle Perret (Un jour grand-père m’a donné un ruisseau), de Marianne Alexandre (Anatole et le chêne centenaire), d’Alice Brière Haquet (MélinaPierre la Lune, Mademoiselle Tricotin, Une vie en bleu, Aliens mode d’emploi, Dis-moi l’oiseau, Le peintre des drapeaux, Paul, A quoi rêve un pissenlit ? et Perdu !) et de Barroux (Kako le terrible et La rentrée de Noé). Retrouvez aussi nos interview d’Alice Brière-Haquet et de Barroux.

La soupe aux épices
Texte de Gaëlle Perret, illustré par Élodie Balandras
Les p’tits Bérets dans la collection L’eau à la bouche
17€, 216×297 mm, 72 pages, imprimé en France, 2013.
Des oranges à la menthe
Texte de Mathilde Pascal, illustré par Marianne Alexandre
Rêves Bleus dans la collection Des livres d’enfants pour les grands
10€, 145×210 mm, 40 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Mon voyage en gâteau
Texte d’Alice Brière Haquet, illustré par Barroux
Océan jeunesse
15,20€, 207×227 mm, 36 pages, imprimé en Italie, 2012.


À part ça ?

On a volé la recette de la galette des rois !La mare aux mots hibernera du 23 décembre au 5 janvier… du coup nous ne serons pas là pour la galette ! (gardez-nous quand même une part). Ça sera donc trop tard pour vous parler du très joli livre que viennent de sortir Virginie Hanna et Laurent Richard aux éditions Larousse, On a volé la galette des Rois… donc je voulais le présenter brièvement ici (après tout, on est dans une chronique gourmande) ! Galette à la frangipane ou brioche aux fruits confits ? Les royaumes de Beurretout et Farinetout s’affrontent sur ce sujet depuis bien longtemps. Mais cette année… c’est la catastrophe ! Le roi Desfainéant a volé la recette du roi de Beurretout pour en fabriquer une pleine de colorant et de conservateurs. Les deux rois vont s’unir, car si ça arrive à l’un cette année, ça arrivera à l’autre l’année prochaine ! Un album qui parle de la galette des Rois, donc, mais ici, on n’apprend pas d’où vient cette tradition (d’autres livres existent déjà sur le sujet), mais on s’amuse beaucoup avec cette histoire aux illustrations colorées. Un album plein d’humour à savourer avec une bonne galette à la frangipane… ou une brioche aux fruits confits !
On a volé la recette de la galette des rois !, texte de Virginie Hanna, illustré par Laurent Richard. Larousse, 10,50€.

Gabriel

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Inventaires

Par 6 décembre 2013 Livres Jeunesse

Des actions, des souvenirs, des gâteaux, des jouets et même des oiseaux. Mettez tout sur la table, on va faire le tri et inventorier tout ça. Aujourd’hui encore, car on sait que vous allez peut-être devoir faire des cadeaux prochainement, vous trouverez dans cette chronique des petites merveilles.

Il était mille foisIl était mille fois… Un petit trou dans les chaussettes, un vieux monsieur dans une caisse en bois, une lettre de papa et maman en classe verte, une gamine qu’on n’invitait jamais aux anniversaires… et tant d’autres choses encore.

Toutes ces phrases sont extraites du petit bijou qu’est Il était mille fois, une merveille découverte à Montreuil. Des petites choses simples, quotidienne, gaies ou tristes, qui nous rappellent forcément des choses, des gens, des évènements. Comme un chocolat oublié dans une poche ou un chien qui revient à la maison après avoir disparu pendant quelques temps. Ce texte (ces textes ?) très simple mais extrêmement poétique est illustré par l’excellente Delphine Perret (auteur-illustratrice de la série Moi, le loup et les chocos). Des illustrations, là aussi, pleines de délicatesse. Le livre est très beau en tant qu’objet (beau papier, couverture « texturée »), il est édité par une maison d’édition dont j’avais beaucoup entendu parler et que je découvre avec cet ouvrage, Les fourmis rouges. Depuis que j’ai découvert Il était mille fois je sais quoi offrir à Noël (et pas qu’aux enfants).
Des extraits (et même une superbe bande annonce).

Succulentes sucreriesUne tartelette à la fraise, des boules de gomme, une gaufre, des chamallows, du nougat de Montélimar, une orangette… vraiment de quoi se régaler !

Les célèbres Pittau & Gervais ont décidé d’inventorier les succulentes sucreries, certainement pour nous mettre l’eau à la bouche. Dans un grand album les voilà rassemblées. Entre l’imagier et les planches à la Deyrolle, on retrouve (parfois pleine page) ces pâtisseries, bonbons qui nous font saliver rien qu’en les regardant. Un album pour les amoureux du sucre et des belles illustrations !
Des extraits sur tourner1page.

bric-a-bracUne ronde, du rouge, ouvert, fermé, devant, derrière, sucré, salé, des moutons pairs et des boutons impairs… un sacré bric-à-brac !

Encore un imagier ? Oui, mais quel imagier ! Je suis tombé amoureux de cet album lors d’une présentation. Pas attiré au premier abord, j’ai ensuite trouvé cet album complètement fou… tout ce que j’aime ! Pour exprimer « devant » on voit des poupées de face, pour « derrière » des poupées de dos, pour « en l’air » on voit des perroquets,  papillons, avions et « sous terre » des vers et des squelettes… et tout ça en jouets ! C’est très coloré, très vivant, plein d’humour, l’idée est très bonne et surtout tout ça est parfaitement mis en scène. Des diagonales de cheval, des décorations de bûche de Noël pour compter de 1 à 10, des gens qui se bagarrent et d’autres qui s’embrassent, et même des jouets cassés ! Un gros coup de cœur pour cet imagier hors norme et vraiment original qui plaira autant aux enfants qu’aux adultes nostalgiques.
Des extraits en ligne.

55 oiseauxUn oiseau qui indique le chemin, deux oiseaux qui font leur nid, trois oiseaux qui se perdent, quatre oiseaux qui hésitent à se brûler les ailes… et quarante-cinq autres oiseaux.

Quand Séverine Vidal sort un livre je suis impatient de le lire. Quand Csil sort un album je suis pressé de le regarder. Quand les éditions Winioux sortent un ouvrage j’ai hâte de le découvrir. Donc imaginez comment je trépigne quand les éditions Winioux sortent un album de Séverine Vidal et Csil ! Et je n’ai vraiment pas été déçu ! Quelle merveille, à tout niveau ! Un petit bijou de poésie (tant au niveau du texte que des illustrations), un superbe objet (livre accordéon au papier épais) bref un petit bijou. Décidément Séverine Vidal, Csil et Winioux sont trois noms à retenir, et quand ils se réunissent ils font des merveilles (ces trois mêmes noms étaient à l’origine ndu magnifique Rien qu’une fois).
Des extraits sur le site de l’auteur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des albums de Ludovic Flamant (Les poupées c’est pour les filles), de Delphine Perret (Moi, le loup et la cabane et Moi, le loup et les vacances avec pépé), de Pittau et Gervais (Imagier des saisons), de Séverine Vidal (Prune et l’argent de poche, Une girafe un peu toquée, Bad Lino, L’œil du pigeon, Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps) et de Csil (C’est la mienne, Paul et Rien qu’une fois). Retrouvez aussi notre interview de Séverine Vidal.

Il était mille fois
Texte de Ludovic Flamant, illustré par Delphine Perret
Les fourmis rouges
13,80€, 156×199 mm, 60 pages, imprimé au Portugal, 2013.
Succulentes sucreries
de Pittau & Gervais
Gallimard jeunesse Giboulées
19,50€, 285×346 mm, 69 pages, imprimé en France, 2013.
Bric-à-brac
de Maria Jalibert
Didier Jeunesse
19,90€, 265×265 mm, 96 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
55 oiseaux
Texte de Séverine Vidal, illustré par Csil
Winioux
10€, 160×165 mm, 18 pages, imprimé en Italie, 2013.

A part ça ?

Il y a quelques jours j’ai parlé, sur facebook, d’un livre (Le livre qui te rend super méga heureux de Françoize Boucher, sorti aux éditions Nathan) qui m’a surpris par les mots employés. Alors qu’il s’adresse aux enfants de 8 ans on y trouve des « con », « vie de merde », « nichon »,… Je ne pense pas vous en parler personnellement mais Maman Baobab l’a fait avec beaucoup de justesse. Retrouvez sa chronique ici.

Gabriel

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