La mare aux mots
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Genre

Guerres

Par 6 avril 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, deux superbes romans d’apprentissage. D’abord, une dystopie qui met le genre au centre de l’intrigue, ensuite, l’incroyable récit d’une grand-mère à sa petite fille sur son enfance pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

Les Porteurs, T1 – Matt
de C.Kueva
Thierry Magnier
14,90 €, 220×270 mm, 304 pages, imprimé en France, 2017.
Quand le monstre naîtra
de Nicolas Michel
Talents Hauts, dans la collection Les Héroïques
16 €, 148×220 mm, 256 pages, imprimé en Bulgarie, 2017.

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C’est pas mon genre !

Par 9 janvier 2017 Livres Jeunesse

Si vous êtes fidèles de la mare aux mots, vous savez à quel point les sujets tel que le sexisme, le genre, l’homophobie… nous tiennent à cœur (la chronique la plus lue du blog reste d’ailleurs celle sur l’homosexualité dans les livres pour enfants). Même si nous parlons régulièrement de ces sujets, nous n’avions pas fait de chronique dédiée depuis un moment. Trois livres sortis récemment sont l’occasion de le faire. Après la chronique, vous trouverez quelques autres pistes. Et cette chronique est ouverte à tous et à toutes, sans abonnement, n’hésitez donc pas à partager.

Un extraterrestre débarque sur Terre dans le but d’en savoir plus sur quelque chose qui n’existe pas sur sa planète : le genre. Qu’est-ce qui différencie un garçon d’une fille. Et plus il interroge les personnes qu’il croise, plus notre héros est embêté… visiblement, à part physiquement, ce n’est pas si facile de faire la différence entre les deux sexes.
Bonjour madame ! parle avec beaucoup d’intelligence du genre. Bien qu’on y aborde énormément de sujets, bien qu’il soit un support parfait pour un travail en classe, voilà un album qui ne ressemble pas non plus aux livres militants qu’on aime bien parce qu’ils défendent des idées qui nous tiennent à cœur et qui « ont le mérite d’exister » (oui, j’ai quelques noms en tête, mais ne comptez pas sur moi pour les donner ici). Non Bonjour madame ! est un très bon album tout court. Il déconstruit avec beaucoup d’humour les clichés sexistes en montrant à quel point les aprioris sont ridicules quand ils sont vus par une personne extérieure. Celui qui ne connaît pas sur sa planète de différence entre les deux genres s’étonnera aussi que l’un ne supporte pas d’être pris pour l’autre (comme si c’était insultant pour un garçon d’être pris pour une fille).
Un album drôle, intelligent et bien foutu pour réfléchir à l’absurdité des phrases du genre « c’est un truc de filles ».

Émile et Mathis s’aiment énormément, si bien que le jour où les deux enfants trouvent une bague ils décident de se marier. Seulement quand Émile raconte à ses parents ce beau moment qu’il a vécu ceux-ci ne sont pas vraiment à la fête et lui expliquent que ce n’est pas possible, un garçon ne peut pas se marier avec un garçon !
Parler d’homosexualité dans un livre pour enfant ce n’est pas évident. D’ailleurs, peu de maisons d’édition osent (il y a des auteur.e.s qui ont des projets dans leurs tiroirs, mais ont du mal à les faire éditer). Des albums sur ce sujet qui sont délicats, intelligents, poétiques et bien illustrés… ça ne court par les rues ! On pense surtout au superbe Jérôme par cœur de Thomas Scotto et Olivier Tallec. Comme dans ce dernier, dans DEUX garçons et UN secret on ne parle d’ailleurs pas directement d’homosexualité. Dans les deux albums, il n’est peut-être juste question que d’une forte amitié, c’est le regard des adultes qui transforme tout ça. Ici, on parle donc de parents qui se mêlent des beaux sentiments de leurs enfants et de parents plus ouverts, on parle aussi des ami.e.s complices, d’accepter les autres comme ils sont. Plus tard, comme le dit la mère de Mathis, les deux garçons se marieront peut-être… et peut-être pas, et alors ?
Un bel album délicat et poétique sur les amours des enfants et sur le regard intolérant de certains parents.

Les garçons cherchent toujours la bagarre alors que les filles cherchent la paix, Le rose est une couleur de fille, À la maison les filles aident plus que les garçons, En classe les garçons sont turbulents alors que les filles sont calmes… Qui n’a jamais entendu ces phrases idiotes, ces clichés sexistes ? Et si l’on réfléchissait d’où viennent ces idées reçues ?
Alors que certains éditeurs essaient de sortir des livres antisexistes qui se révèlent finalement plus sexistes qu’autre chose (mais comme il y a un filon, faut y aller !), Oskar éditeur a sorti un album plein d’intelligence et de bon sens sur les préjugés sexistes. Intelligent, car il ne nie pas tout… mais explique des choses. Il rappelle que la société n’élève pas pareil les enfants en fonction de leur sexe, on ne demande pas la même chose à un garçon qu’à une fille et ça explique pas mal de choses (l’album devrait d’ailleurs être lu par tous les parents et tou.te.s les enseignant.e.s !!!). Ici, on réfléchit (l’ouvrage est sorti dans la collection Philo, des mots pour réfléchir), on nous donne des exemples concrets, on nous invite même à jouer. C’est vraiment bien fait, qu’on le lise à la maison ou qu’on l’utilise en classe.
28 idées reçues sur les filles et les garçons torpillées avec intelligence, un album IN-DIS-PEN-SA-BLE !

Si vous avez aimé cette chronique, quelques autres qui pourraient vous plaire :

Retrouvez les livres antisexistes que nous avons chroniqués regroupés ici et ceux sur l’homosexualité .

Bonjour madame !
Texte de Delphine Rieu, illustré par Julie Gone
Eidola
10 €, 160×220 mm, 32 pages, imprimé en France, 2016.
DEUX garçons et UN secret
Texte d’Andrée Poulin, illustré par Marie Lafrance
Éditions de la bagnole dans la collection La vie devant toi
13,90 €, 250×250 mm, 32 pages, imprimé en Canada, 2016.
Idées reçues sur les filles et les garçons
Texte d’Agnès Aziza, illustré par Manu Boisteau
Oskar Éditeur dans la collection Philo, des mots pour réfléchir
14,95 €, 165×230 mm, 230 pages, imprimé en Europe, 2015.

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Mauvais genre

Par 26 avril 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on embarque aux côtés de Buffalo Belle, une petite fille qui a bien retenu l’adage beauvoirien « on ne naît pas femme, on le devient » et de Simona Ciraolo qui nous entraîne dans le quotidien de deux sœurs…

Buffalo Belle
d’Olivier Douzou
Le Rouergue
12 €, 158×217 mm, 48 pages, imprimé en France, 2016.
Ma grande sœur et moi
de Simona Ciarolo
Gallimard Jeunesse
15 €, 236×278 mm, 40 pages, imprimé à Londres, 2016.

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L’importance d’une littérature antisexiste

Par 12 septembre 2014 Livres Jeunesse

Vous commencez à nous connaître, nous sommes toujours à l’affût de livres antisexistes. Nous aimons vous les présenter, car c’est pour nous quelque chose de très important. Je me suis encore rendu compte cette semaine de l’importance de la littérature dans l’esprit de nos enfants (s’il en était encore besoin). Ma fille de 6 ans nous a affirmé que « SI ! les garçons sont plus grands que les filles » et n’en démordait pas. Son père (moi-même) n’étant pas très grand (et plus petit qu’une grande partie des filles), elle-même étant assez grande (et plus grande que la grande partie des garçons de sa classe), il était évident que ce jugement ne pouvait pas se faire sur son vécu, mais sur la représentation qu’elle voit des deux sexes. Et si vous regardez, très souvent les « papas » des histoires dominent les « mamans » (et pas seulement en taille…). Bref, j’avais envie de présenter une nouvelle fois (et de compléter notre album antisexiste) deux ouvrages sortis récemment. Mais je voulais une chronique un peu spéciale, je me disais que ça serait sympa de demander son avis à Laura du blog Fille d’album qui est en train de devenir le blog référence en matière d’antisexisme dans la littérature jeunesse. Elle complétera donc mes deux avis avec le sien (et chronique ces deux mêmes ouvrages aujourd’hui). Et parce que plus on est de fous plus, on rit, c’est une chronique croisée avec Maman Baobab (elle chronique aussi, aujourd’hui, des ouvrages antisexistes ici) !

Histoire de Julie qui avait une ombre de garçonDans sa chambre, Julie lit, ses patins à roulettes aux pieds. Faut dire que, comme elle le précise, elle n’est pas comme tout le monde ! Julie n’aime pas se coiffer, mais elle aime se regarder dans le miroir habillée d’un rideau, elle dit des gros mots, elle est un « vrai garçon manqué » comme le dit son père. Les mots résonnent dans la tête de Julie « garçon manqué », ces deux mots qui reviennent sans cesse… Jusqu’à ce qu’un jour, Julie se rende compte qu’elle a une ombre de garçon. Personne ne la croit, elle veut certainement faire son intéressante ! Mais non, Julie le voit bien, elle a une ombre de garçon !
J’avais entendu parler de ce livre dans l’excellent Contre les jouets sexistes (chroniqué ici) et j’avais follement envie de le lire depuis, mais il était épuisé. Thierry Magnier a eu la très bonne idée de le rééditer.
Cet ouvrage de 1975, disons-le, a quand même un peu vieilli… et en même temps pas tant que ça ! Si les illustrations nous semblent d’une autre époque (et peut-être aussi le rapport texte-image), le thème est totalement d’actualité. On parle ici du genre, Julie s’interroge, est-elle un garçon manqué ? Qui est ce garçon qui est son ombre ? Comment s’en débarrasser ? Et si c’était l’ombre qui était vraie ? Et si elle était un garçon en réalité ? Tant de questions qui tenaillent Julie. La petite fille rencontrera un garçon qui « pleure comme les filles ». Ensemble, ils décideront qu’on a le droit d’être qui l’on est, il faut être soi et pour cela il faut savoir qui l’on est. Julie le sait, elle est Julie, tout simplement.
Magnifique ouvrage sur le genre, un classique qu’on peut (enfin) à nouveau se procurer.
L’avis de Laura de Fille d’album :
Cet album est complètement bouleversant quand il aborde le décalage entre ce qu’est Julie et ce que ses parents, attachés aux stéréotypes et à l’image d’une petite fille modèle, attendent d’elle. Et les dégâts que cela cause à leur fille.  « Julie ne sait plus qui elle est puisqu’elle devrait toujours faire comme quelqu’un d’autre pour être aimée. » (…)Ici, les adultes ne sont d’aucun secours. Ce sont les enfants, seuls, qui s’affirment tels qu’ils sont.
Voir la chronique complète ici.
Des extraits sur le site de Thierry Magnier.

La dictature des petites couettesOh un coffre rempli de vêtements ! Et si l’on se déguisait se disent les filles, Olga complimente Ana, lui dit qu’elle est belle, Sophie, s’énerve, elle affirme que c’est elle la plus belle, surtout qu’elle a des couettes ! Gabriel regarde la scène, en dessinant. Les filles décident de faire un concours de beauté pour savoir qui est la plus belle, le petit garçon pose ses crayons : il veut participer ! Sophie s’énerve, il ne peut pas participer c’est un garçon ! Un garçon ce n’est pas beau surtout que ça n’a pas de couettes ! Gabriel pleure, pourquoi le fait d’être un garçon ferait-il qu’il ne peut pas être beau ? Le chat arrive, lui aussi aimerait savoir s’il peut participer, est-il beau ?
Au-delà de l’antisexisme, on parle aussi ici de la beauté, et surtout du fait que toute beauté est relative. Pour Sophie il faut des couettes pour être beau (et surtout ne pas être un garçon), pour Gabriel le chat ne peut pas gagner un concours de beauté : il est poilu. Ilya Green raconte à merveille les jeux d’enfants et les exclusions par rapport au genre (combien de fois a-t-on entendu « tu ne peux pas jouer avec nous tu es une fille/un garçon » ?) et le diktat de la beauté selon des normes pas toujours justifiées (et surtout pas toujours partagées par tous). La chute est vraiment très drôle et viendra justement confirmer que les critères de beautés ne sont pas les mêmes pour chacun.
Un album drôle et tendre signé Ilya Green pour se rappeler que toute beauté est relative.
L’avis de Laura de Fille d’album :
Les critères de beauté présentés par les enfants, même s’ils peuvent faire sourire, paraître dérisoires, sont cependant très proches de leur vécu, et pas foncièrement différents de ceux qui pèsent sur les adultes. Comme chez les adultes, les critères de beauté et les normes à respecter pèsent davantage chez les filles que chez les garçons. Elles les connaissent, les ont intégrées. Et cherchent à les reproduire, à les imposer aux autres. Elles sont certaines que ces critères relatifs sont absolus. La chute va rappeler que ce n’est pas le cas.
Voir la chronique complète ici.
Extraits sur le site de Didier Jeunesse.

Quelques pas de plus…
Retrouvez les livres antisexistes que nous avons chroniqués ici.
Nous avons déjà chroniqué des albums d’Ilya Green (Achile et la rivière, Bulle et Bob au jardin, Nos beaux doudous, Bulle et Bob à l’école, Mon arbre, Marre du rose, Bulle et Bob préparent Noël, Les plus belles berceuses jazz, Bulle et Bob à la plage, Peter Pan et Wendy, Bulle et Bob dans la cuisine et Le masque).

Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon
Texte de Christian Bruel, illustré par Anne Bozellec
Éditions Thierry Magnier
16,50 €, 216×217 mm, 72 pages, imprimé en République Tchèque, 2014.
La dictature des petites couettes
d’Ilya Green
Didier Jeunesse
11,10 €, 195×178 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

« Chahutages et autres désordres », quand une classe échappe au professeur… Encore un très beau numéro de Les pieds sur Terre.

Gabriel

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Force et originalité pour ces BD !

Par 21 janvier 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux bandes dessinées très originales !

egaux sans egoLa tenue vestimentaire, le sport, les jeux vidéos et les réseaux sociaux, l’orientation et les filières d’étude, et enfin la découverte de la vie amoureuse, sont autant de domaines bien connus des adolescents où les rapports fille-garçon prennent toute leur importance.

L’égalité filles-garçons et la lutte contre les clichés sexistes sont souvent au cœur de nos chroniques (hier encore Gabriel vous en parlait). C’est une nouvelle fois le cas avec Égaux sans Ego, un recueil de cinq histoires en bande dessinée pour aborder des thèmes quotidiens et lutter contre les discriminations et les stéréotypes. Basées sur de véritables échanges et débats avec des lycéens, et mises en image par cinq illustrateurs talentueux (Anne Rouvin, Gabrielle Piquet, Tatiana Domas, Laureline Mattiussi et Josselin Paris), au style à chaque fois très différent, ces cinq récits forment un bel ensemble pour entamer la conversation sur le sujet avec les adolescents et combattre les idées reçues et les inégalités. On trouve également à chaque fois l’avis de l’illustrateur sur la question, et à la fin de l’ouvrage des chiffres et des dates pour revenir sur l’histoire de ce combat. A la fois instructif sans être rébarbatif, ludique, et dans l’air du temps, voici un très bel album pour amener les adolescents à se considérer autrement.

le mont des brumesDans un tout autre style, mais toujours sous une forme originale, Les voyages de Théodore, premier tome de la série Le Mont des Brumes nous emmène sur les traces d’un petit écureuil parti à l’aventure. Alternant roman illustré et bande dessinée, cet album nous propose de suivre Théodore, qui vit dans l’immense Forêt Sauvage. Un jour, alors que l’orage a fait grossir la rivière, il est emporté vers la Cité des Brumes… Là-bas, il vivra de folles aventures et fera de nombreuses rencontres qui changeront sans doute le cours de sa vie. Avec Olive, Brun, Oscar et Ferdinand, il n’est pas au bout de ses surprises…

Jon buller a choisi de n’utiliser que le bleu en dehors du noir et du blanc, et c’est réussi : une ambiance particulière qui donne de la cohérence à l’ensemble, malgré le mélange de passages narratifs, illustrations, et bande dessinée classique. J’ai beaucoup aimé cette alternance qui permet entre autres de soulager les jeunes lecteurs. Amitié, aventures, suspense, et rebondissements en tout genre, Susan Schade nous propose une histoire où l’ennui n’a pas sa place : on s’attache rapidement à tous ces personnages animaliers, qui ressemblent finalement beaucoup aux humains !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre roman-Bd de Susan Schade et Jon Buller : Star en Cavale, de la série Scarlett.

Égaux sans Ego
Textes adaptés par Tristan Pichard Collectif Égalité Par l’Education, illustré par Anne Rouvin, Gabrielle Piquet, Tatiana Domas, Laureline Mattiussi, Josselin Paris et Juliette Fournier.
Locus Solus
14€, 227 x 293 mm, 64 pages, imprimé en France, 2013
Les voyages de Théodore (Le Mont des Brumes, Tome 1)
Texte de Susan Schade (traduit par Sidonie Van den Dries), illustré par Jon Buller
Bayard Jeunesse dans la collection BD Kids
12,50 €, 158 x 200 mm, 186 pages, imprimé en Italie, 2013

A part ça ?

Magique : des bulles de savon qui sont en train de se glacer, immortalisées par Angela Kelly !

Marianne

 

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