La mare aux mots
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Gros mots

Un petit peu pénible…

Par 21 mars 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vais vous présenter des personnages pas forcément antipathiques, mais un rien crispants ! Un poisson qui répète tout ce que l’on dit, un lapin qui dit « caca boudin » en boucle, un lion qui s’y croit un peu trop et un prince qui aime un peu trop les jolies filles.

Le poisson perroquetComentutapel était un petit poisson, un poisson-perroquet. Il était coloré et particulièrement agaçant. Dès qu’il croisait quelqu’un, il ne pouvait s’empêcher de répéter ce que lui disait son interlocuteur. Forcément, ça énervait un peu tout le monde ! Un jour, alors qu’il fuyait Jean-Pierre Maquereau particulièrement agacé par lui, Comentutapel rencontra un requin effrayant… qui n’en fit qu’une bouchée ! Sauf que notre petit poisson-perroquet n’avait pas dit son dernier mot… il répétait maintenant tout ce que disait le requin depuis l’intérieur de son ventre !

Le poisson-perroquet c’est typiquement le livre qu’on prend un plaisir fou à lire à voix haute ! on s’amuse à répéter de façon agaçante (le genre de ton bien crispant qu’utilisent parfois les enfants pour jouer à ce jeu-là). Le texte d’Amanda Sthers est particulièrement rythmé et vraiment plein d’humour (avec même toute une série de « poil à… ») et les illustrations de Magali Le Huche sont hilarantes. Un album que vous allez adorer lire à voix haute et que vos enfants vont adorer écouter ! Un album que vous allez adorer lire à voix haute et que vos enfants vont adorer écouter !
Le même vu par Les lectures de Kik et Chez Clarabel.

Caca boudinC’est l’histoire d’un petit lapin qui, peu importe ce qu’on lui demandait, répondait « caca boudin ». À tout bout de champ… « caca boudin » ! Dans toutes les situations… « caca boudin » ! Mais un jour, notre lapin rencontra un loup…

Vous connaissez tous (ou du moins la plupart d’entre vous) le fameux Simon Lapin de Stéphanie Blake, Caca Boudin est sa toute première aventure sortie en 2002. Dès ce premier livre, on trouve le ton qu’on aime beaucoup dans cette série, le côté piquant de Simon Lapin. Un album qui ne met pas tout le monde d’accord (certains pensent qu’on ne doit pas écrire « caca boudin » dans un livre pour enfants), ce qui est généralement bon signe ! Un super album qui marque les débuts d’un personnage qu’on adore.
Le même vu par Butiner de livres en livres.

Tu te crois le lion ?Tout en haut des collines, perché sur son trône, un lion donnait des ordres aux autres animaux. Il hurlait sans arrêt « Lavez-moi les pattes ! », « je m’ennuie. Amusez-moi ! » et remerciait à coup de « c’est pas trop tôt » et autres « vous êtes nuls ! ». Nuit et jour, jour et nuit, il donnait des ordres. Un jour la pigeonne, que le roi appelait bonne-à-rien, en eut marre et partit vivre sur la plage. Le roi était persuadé qu’elle reviendrait. Le souci c’est qu’elle ne revint pas… et petit à petit tout le monde la suivit. Sur la plage, dès qu’un des habitants ordonnait quelque chose à un de ses camarades il recevait comme réponse « Tu te crois le lion ? »

C’est bien beau d’ordonner, mais est-ce la meilleure façon de se faire des amis ? Et quand on se retrouve seul, on se dit que finalement on aurait dû réfléchir un peu ! Tu te crois le lion ? est un superbe album dont les illustrations à base de collage sont signées par la talentueuse Laetitia Le Saux. On parle en arrière-plan de la dictature, de se battre contre celle-ci et bien sûr du combat des chefs (sans le lion, tout le monde veut être le chef). La chute est très drôle et nous rappelle que la dérision est une belle arme pour combattre ceux qui nous oppressent. Un très bel album qu’on pourra lire de façon très premier degré ou en y voyant des analogies avec les dictatures.
À noter, une partie de la recette du livre est reversée à l’association Lire et Faire lire.
Des visuels intérieurs sur le site de Didier Jeunesse.

Prince en pinceLe prince Guillaume de Malotruy adorait la chasse… mais pas n’importe laquelle, lui c’était les jupons qu’il aimait courir. Un jour, alors qu’il apercevait une jolie baigneuse, il écrasa un crapaud. Pour lui, c’était sans importance, sauf que ce crapaud appartenait à une sorcière qui jeta un sort au prince… Désormais, toutes les belles jeunes filles que le prince ramènerait au château se transformeraient en laiderons…

Il va bien devoir changer, ce prince qui en pince pour les belles jeunes filles, mais je ne vous dévoile pas la fin de ce conte. On parle ici de la superficialité, de la bêtise des gens qui ne regardent que le physique et surtout de la relativité de la beauté. On parle même du goût de la lecture. Un conte plein d’humour, un brin décalé signé Benoît Perroud.
Le même vu par Œil d’ailleurs.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des albums de Magali Le Huche (Pépito super-héros, Drôles de courses pour M. OursNon-Non veut faire du sport… mais a un peu la flemme, Le loup et la soupe aux pois, A la piscine, L’arpenteur, Le voyage d’Agathe et son gros sac Stéphanie Blake (Je suis le plus grand, Non pas dodo !, Un bébé dans le ventre de maman ?, Je veux des pâtes ! et Je veux pas aller à l’école) et Laetitia Le Saux (Boucle d’ours). Retrouvez aussi notre interview de Magali Le Huche.

Le poisson perroquet
Texte d’Amanda Sthers, illustré par Magali Le Huche
Nathan dans la collection albums Nathan
10 €, 220×270 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Caca Boudin
de Stéphanie Blake
École des loisirs dans la série Simon Lapin
12,20 €, taille en mm, nombre de pages, imprimé en France, 2002.
Tu te crois le lion ?
Texte d’Urial, illustré par Laetitia Le Saux
Didier Jeunesse
12,50 €, 234×250 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Prince en pince
de Benoît Perroud
De la Martinière Jeunesse
13,50 €, 230×280 mm, 40 pages, imprimé en Belgique, 2014.

À part ça ?

Le salon du Livre de Paris commence aujourd’hui. De nombreuses animations autour de la littérature jeunesse sont prévues. Tout le programme, ici !

Gabriel

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Ah les parents…

Par 13 mars 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on va parler d’un douloureux problème : les parents. Dans cette sélection d’ouvrages (dont la plupart sont quand même extraordinaires, aujourd’hui votre banquier va me détester) on va en rencontrer des absents (et même quand ils sont là), des qui jurent, des qui nous enquiquinent, des qui espèrent un peu trop de nous, mais surtout des qui nous aiment. Mais commençons par répondre à une grande question : Comment naissent les parents ?

Mais... comment naissent les parents ?Un souriceau se pose une question, cette question lui tourne en tête depuis quelque temps… Comment naissent les parents ? Il aimerait bien demander à son papa ou à sa maman, mais ils sont bien trop occupés, alors il demande à son copain Robin qui lui explique que c’est parce que ses parents s’aimaient beaucoup que son papa a mis son pollen dans la fleur de sa maman. Yasmine, elle, a une autre version. Elle n’a pas du tout fabriqué ses parents comme ça, ils avaient beau beaucoup s’aimer leur pollen et leur fleur ne faisaient rien alors il a fallu remplir des papiers et ça n’a pas duré neuf mois, mais trois ans. Tim a encore une autre version à base d’éprouvettes, pour Maïté avec ses deux mamans c’est encore autre chose. Ça en fait des façons de fabriquer les parents !

Gros coup de cœur pour cet album tout en délicatesse et en poésie, tant dans les illustrations que dans le texte. On parle donc ici de toutes les façons de devenir parents (et donc de toutes les façons de faire un bébé, vous l’aurez compris), mais vraiment avec une infinie douceur. Un livre qui sait autant manier l’humour, la poésie et être aussi bien illustré, on ne peut qu’adhérer. Un magnifique ouvrage.

Le Papa MystèreDans la cour de l’école, les enfants discutent, parlent de leur week-end. Zazie est triste de savoir que Cindy n’a pas de papa, Alfredo et Clodomir, eux, ne sont pas tristes du tout et ils se moquent même « Cin-dy -sans-pa-pa ! Cin-dy -sans-pa-pa ! » chantent-ils. Mais Cindy ne va pas se laisser faire, elle leur raconte qu’elle a bel et bien un papa, qu’il est agent secret et que si elle l’appelle…

J’ai toujours beaucoup de mal avec les adaptations de dessins animés qui reprennent, comme illustrations, des captures d’écrans. Je trouve ça, disons-le franchement, particulièrement laid. La novélisation de la série Mademoiselle Zazie n’échappe pas à la règle (et comparer ces illustrations à celles de Delphine Durand… c’est assez violent !). Passé ce manque d’esthétique de cet album, Zazie est un personnage qu’on adore. Les histoires sont souvent très bien trouvées et racontent généralement des situations pas forcément « classiques » de façon complètement anodines. Cindy n’a pas de papa, et alors ? Où est le souci. Même si l’on préfère (largement) les livres originaux signés Thierry Lenain et Delphine Durand, Le papa mystère est un album très sympathique et plein d’humour pour dédramatiser la monoparentalité.
Le même vu par Les lectures de Liyah et Chez Clarabel.

Papa, regarde !Petit Ours regarde par la fenêtre, il aperçoit des fleurs violettes et questionne son père à leur sujet. Trop occupé à lire le journal celui-ci lui répond distraitement, sans trop lever l’œil par la fenêtre. Mais il est vite étonné par ce que lui décrit son fils.

Énormément d’humour et de poésie dans ce très bel album sorti chez HongFei. Qui n’a jamais vécu cette situation avec ses enfants ? Bien trop occupé on répond distraitement à leurs questions avant de nous rendre compte qu’il y a un énorme quiproquo. La naïveté des enfants, face à notre esprit trop cartésien quand on est en train de faire autre chose. Pour illustrer ce très joli texte, Sophie Roze a utilisé des collages, on se surprend à toucher les pages en croyant que nos doigts vont trouver des matières. Magnifique !
Courez voir les extraits sur le blog de HongFei.

Dragons Père Et FilsLe papa de Strokkur ne lui a pas dit « Tu seras un homme, mon fils » (et pour cause… Strokkur est un dragon !), mais c’est à peu près ça. Parce qu’il le trouve grand maintenant, il doit faire honneur à sa famille et brûler quelques maisons dans un village. Strokkur n’a pas vraiment envie, mais d’après son père c’est la tradition, on ne peut pas y couper ! Après une nuit agitée, voilà donc notre petit dragon en direction du village. Il trouve une petite maisonnette en bois un peu isolée… c’est parfait ! Sauf que le petit garçon qui habite là le voit et est tout excité de voir un dragon ! Et puis question truc à brûler il a une bien meilleure idée… un bâtiment plus grand où il n’aime pas trop aller…

Ah ces parents qui veulent imposer leurs choix à leurs enfants… Strokkur n’a bien sûr aucune envie de faire ce que son père lui demande, mais il a si peur de le décevoir… Au lieu de terroriser les habitants, notre petit dragon va se faire des amis et il se peut bien qu’il soit assez malin pour trouver les bons arguments face à son père. On peut être fier de ses enfants pour de multiples raisons. On parle donc ici de transmission (ou pas), d’amitié, de malice. On s’amuse beaucoup des situations et l’on admire les belles planches de Ronan Badel. Là encore, un très très bel album.

Puisque c'est comme ça, je m'en vais !Émile est VRAIMENT de mauvaise humeur ! Une bagarre à l’école avec son copain et une réprimande de la maîtresse. Forcément, il ramène sa mauvaise humeur à la maison et ne supporte pas la moindre contrariété. Aussi quand sa maman lui refuse qu’il fasse de la peinture (alors que c’est l’heure du bain), Émile prend une grave décision : il s’en va ! Il file dans sa chambre, prépare son sac à dos, il va partir loin, très loin, loin de maman, loin de la maîtresse, loin des copains qui l’embêtent… mais avant, un bain plein de mousse c’est quand même tentant ! Et après, adieu tout le monde ! Enfin… après manger car maman a fait son plat préféré…

Décidément dans cette chronique, que de merveilles ! Tant sur le plan graphique (superbes illustrations d’Alexandra Pichard) que sur le plan scénaristique, Puisque c’est comme ça, je m’en vais ! est un album irrésistible. On rit de ce petit colérique (qui se fait bien avoir par les ruses de sa maman), de cette mère qui reste stoïque face aux menaces de départ de son fils (et le conforte même dans son idée). On parle ici donc des colères, des enfants qui veulent partir « parce que c’est mieux ailleurs », et de l’amour des parents qui savent transformer une mauvaise journée en bon moment. Un magnifique album.
Des extraits en ligne.

Le petit tabarnakPapa tape, tape, tape avec son marteau quand tout à coup… TA-BAR-NAK ! Ouh la la pour qu’il utilise ce mot c’est qu’il doit être vraiment vraiment fâché, car on n’a pas le droit de dire ça ! Mais au fait… ça veut dire quoi Tabarnak ? Oups c’était la question à ne pas poser à un papa déjà en colère. Peut-être que les copains sauront, eux…

Tabarnak, pour ceux qui ne le savent pas, est un juron québécois. Dans cet album, on parle donc des gros mots qui échappent parfois aux parents (si vous n’en dites pas, c’est bien vous êtes parfaits !). Que ce soit un album québécois nous arrange assez (je ne sais pas vous, mais moi j’ai du mal à imaginer un album pour enfants avec le mot « putain ») ! Beaucoup d’humour dans cet album aux illustrations qui font penser à des bandes dessinées avec des traits pleins de mouvement. On s’amuse beaucoup en lisant les versions de chaque enfant sur l’origine de ce mot à ne pas dire. Encore un très bel album sorti chez La pastèque.

ça sent bon la mamanComme tous les soirs, Maman Taupe lit une histoire à son Taupinou puis dodo… Taupinou n’a pas envie, il aimerait rester blotti contre sa maman, il a peur tout seul, les bruits de la nuit l’effrayent. Maman a une idée, elle décroche son foulard et le donne à son enfant « Un peu de moi auprès de toi », un foulard qui sent bon la maman et qui saura rassurer Taupinou.

On finit dans un nuage de douceur et de tendresse. Avec une histoire toute simple, Émile Jadoul et Claude K. Dubois nous offrent un petit bijou de poésie. On parle ici de la peur de la nuit, de l’odeur rassurante, de l’amour. Car les parents, même s’ils nous embêtent, même s’ils disent des gros mots, même s’ils sont parfois trop occupés pour nous écouter, ils sont quand même là pour nous rassurer et nous donner beaucoup d’amour.
Le même vu par Bricabook, Chez Clarabel et À l’ombre du saule.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Jean Regnaud (Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill), Sophie Roze (L’autre bout du monde), Ronan Badel (Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresseHenri ne veut pas aller au centre de loisirs, Cucu la praline se déchaîne, Emile se déguise, Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé), Alexandra Pichard (Les socquettes blanches, Nina et les oreillers et Muette), Émile Jadoul (Comme un secretCanaille a oublié son doudou, Canaille ne veut pas aller à l’école, Canaille va chez le docteurCanaille n’aime pas la soupeMon bonnetLes mains de papa, A l’eau, Hourra, AglaglaTout le monde y va, Gros pipi, A la douche et A la folie) et Claude K. Dubois (Ma feuille !, L’histoire de mon bébé, Papa, maman… avant et La valise rouge). Retrouvez aussi nos interviews de Ronan Badel et d’Émile Jadoul.

Mais… comment naissent les parents ?
Texte de Jean Regnaud, illustré par Aude Picault
Magnard Jeunesse
11,90 €, 200×200 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Le papa mystère
de L. Nord (d’après Thierry Lenain)
Nathan dans la série Mademoiselle Zazie
5,95 €, 174×221 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Papa, regarde !
Texte de Hui-Ying Chiu (traduit par Chun-Liang Yeh), illustré par Sophie Roze
HongFei
13,90 €, 193×253 mm, 34 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Dragons père et fils
Texte d’Alexandre Lacroix, illustré par Ronan Badel
Père Castor
13,50 €, 240×300 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Puisque c’est comme ça, je m’en vais !
Texte de Mim, illustré par Alexandra Pichard
Magnard Jeunesse
13,90 €, 230×270 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Le petit Tabarnak
de Jacques Goldstyn
Éditions de la Pastèque
18 €, 191×241 mm, 80 pages, imprimé au Canada, 2014.
Ça sent bon la maman
Texte d’Émile Jadoul, illustré par Claude K. Dubois
Pastel
11,50 €, 176×246 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.

À part ça ?

Le rire médecinL’association Le rire médecin organise une braderie solidaire dans ses nouveaux locaux à Paris (XIXe). Notez sur vos agendas, ce sont les vendredi 4 et samedi 5 avril au 64/70 rue de Crimée 75 019, de 10 heures à 20 heures. Plusieurs grandes enseignes (Chicco, Djeco, Doudou et Compagnie, Editions Dupuis, Faber-Castell, Ikéa, LuluCastagnette, Moulin Roty, Ravensburger, Vtech, Zadig & Voltaire…) se sont mobilisées et ont offert des produits qui permettront à l’association de récolter des fonds. L’argent servira à financer la venue de clowns professionnels dans les services pédiatriques et ainsi offrir des moments magiques aux enfants hospitalisés. Quand on peut faire un beau geste, tout en faisant de bonnes affaires… pourquoi se priver ?

Gabriel

 

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L’une parle l’autre pas

Par 30 mars 2012 CD non musical

La petite Juju est un drôle de personnage. Elle vit avec son papa, sa maman (qui est très sarcastique) et son grand frère Antoine qui, comme tous les grands frères, la taquine pas mal. Il lui arrive surtout de sacrées aventures. Des gros mots (ceux que la maîtresse a jeté par la fenêtre de sa classe et qui du coup de promènent dans la cour de récré) se sont jetés sur elle. Sa mère est donc obligée de lui mettre un scotch sur la bouche si elle ne veut pas qu’ils sortent. Un docteur puis un psychologue scolaire vont tenter de guérir la petite Juju… mais rien à faire ! On est obligé de lui remettre son scotch ! Dans une autre histoire, elle va grandir puis rapetisser dans un supermarché, être confondue avec une brioche et rencontrer un petit garçon qui cherche sa maman. Une autre fois c’est un cri horrible qui va lui faire peur dans la nuit noire, heureusement que son frère est là…  Celui là même qui demande à sa mère si elle peut remettre la petite Juju dans son ventre et qui terrorise sa soeur pour qu’elle lui donne ses dents qui tombent pour avoir plus de sous avec la petite souris. Il est aussi question d’un doudou qui passe à la machine à laver et d’une mousse qui va devenir très envahissante, d’un ogre qui avale la terre et ses habitants et de deux locomotives.

C’est un CD aux éditions Oui-Dire dont Marianne nous avait déjà parlé, et ce CD est un pur régal ! Angelina Galvani (dont j’avais déjà parlé avec Le papa maman) a une façon de raconter les histoires qui captivent les enfants. Elle joue avec les mots, joue avec les sons et on s’amuse beaucoup. L’ambiance musicale est de très grande qualité (contrebasse, effets sonores,…). C’est vraiment un CD qu’on a adoré écouter ma fille et moi. On parle ici de l’imagination débordante des enfants, des gros mots, des grands frères, des peurs nocturnes et même des Niboux ! La petite Juju est un personnage irrésistible, piquant et follement attachant. Le langage ne plaira pas à tous les parents, moi j’adore quand on ne prend pas les enfants pour des idiots et qu’on ne leur parle pas avec mièvrerie. Dix pistes pour 52 minutes de pur plaisir !
Vous pouvez écouter quelques extraits ici.

L’héroïne de Muette, comme le titre l’indique, ne parle pas. Faut dire qu’à la maison avec les frères et les sœurs qui crient, pleurent et rient pas moyen d’en placer une. De toute façon pour eux, vu son silence, elle est idiote. Alors elle ne parle pas. Un jour la rencontre avec un petit garçon aussi peu bavard qu’elle risque de la faire sortir de son mutisme.

Muette est un très bel album, très esthétique (papier épais, illustrations très belles,…) et dont le texte est absolument charmant. Cette petite fille qui ne veut pas parler, quitte à passer pour une idiote est touchante. C’est un très beau texte sur la timidité, la peur de parler devant les autres que ressentent certains enfants (et certains adultes !). L’enfant de l’histoire se prépare parfois à parler C’est peut-être le moment ? Le moment de faire sortir les mots par la porte ouverte mais recule. Un album poétique, tendre et absolument touchant.

Muette d’Anne Cortey, illustré par Alexandra Pichard
Autrement. 12,50€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

La petite Juju
d’Angelina Galvani
Oui’dire
17€
Muette
d’Anne Cortey, illustré par Alexandra Pichard
Autrement.
12,50€

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A part ça ?

Je vous conseille la lecture de cet article où un prof raconte comment il a piégé ses élèves qui cherchaient les réponses (à des questions qu’il ne posait pas) sur internet.

Gabriel

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