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Guillaume Guéraud

Les invité-e-s du mercredi : Laurent Simon et Guillaume Guéraud (+ concours)

Par 18 mars 2015 Les invités du mercredi

J’avais eu un coup de cœur pour Camille & Jeanne veulent tout savoir, album proche de la BD croquant avec justesse l’enfance. Au Salon de Montreuil, j’ai rencontré son auteur, Laurent Simon, et j’ai eu un coup de cœur aussi pour l’homme et son humour « en vrai ». J’avais envie d’en savoir plus sur son parcours et ses goûts, il a accepté de répondre à mes questions. À la suite de cette interview, vous pourrez tenter de gagner Camille & Jeanne veulent tout savoir pour, à votre tour, vous bidonner (et le prêter à vos enfants s’ils sont sympas). Puis nous avons rendez-vous avec la rubrique Coup de cœur/Coup de gueule, cette fois-ci c’est l’auteur Guillaume Guéraud qui est notre invité. Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Laurent Simon

Laurent SimonParlez-nous de votre parcours
Je suis sorti de Cohl en 2001 ; puis je suis entré chez Costume3pièces, que j’ai quitté en 2003 pour m’investir en politique ; j’ai quitté le militantisme et me suis remis au dessin en 2008 pour devenir un père de famille responsable (j’ai maintenant une femme et 3 filles). J’ai commencé par faire du dessin de pub, d’affiches et du graphisme ; bref, je prenais ce qu’on me proposait, j’ai même fait une vue du ciel gigantesque de Marseille, c’était plutôt drôle comme travail. Dans la foulée, j’ai écrit un livre chez Lito (Cacophonie à Fabémol, NDLR) illustré par ma femme et de fil en aiguille je suis entré dans le monde de l’édition jeunesse.

51kxywhw69L._SS500_Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Je ne me souviens pas avoir lu beaucoup de livres pour enfants. Mais en même temps, je ne me souviens pas de grand-chose. Un de mes premiers souvenirs de lecture c’est Tartarin de Tarascon illustré par Dubout.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je m’aperçois que je tends naturellement à me passer de plus en plus de l’ordinateur. J’essaie de faire mes originaux d’une traite (c’est-à-dire sans montage sur ordi), ce qui ne m’arrivait jamais avant. Je travaille avec des feutres, du colorex, de l’encre de Chine (à la plume). Ces derniers temps beaucoup les trois à la fois.

Comment sont nées Camille et Jeanne ?Camille et janne veulent tout savoir
Au départ, ce sont des anecdotes observées sur mon aînée (Jeanne) et sa cousine (Camille) pendant les vacances d’été en Bretagne, que je mettais en bédé pour faire rigoler la famille. À la même époque, Hélium m’avait proposé un rendez-vous pour un autre projet que j’avais déjà vendu ; donc pour ne pas arriver les mains vides je leur avais apporté les premières histoires de Camille et Jeanne, qu’elles ont aimées. Le contrat s’est signé assez vite et je n’ai pas eu la présence d’esprit de changer les prénoms, ce que je regrette un peu.

Quel est votre regard sur la littérature jeunesse actuelle ?
Je suis assez inculte en illustration jeunesse actuelle, ce n’est pas un domaine qui me passionne. Je suis très impressionné par la qualité graphique et la diversité de ce que j’en vois. Mais je me sens plus à l’aise avec les dessinateurs anglais ou américains genre Tony Ross ou Provensen, qui ne sont pas vraiment actuels…

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Quels sont vos projets ?
Je vais un peu là où l’on veut de moi. J’aime bien accepter des boulots qui ne correspondent pas à mes impulsions naturelles. J’ai aussi un projet de livre jeunesse avec ma femme, que nous allons, j’espère, finaliser cette année ; j’ai comme tout le monde un projet de bédé que je n’arrive pas à aboutir. Je referai sans doute un troisième Camille et Jeanne ; j’ai déjà pas mal de matière, mais je me laisse un peu de temps pour être sûr de renouveler le filon.

Bibliographie :

  • Camille & Jeanne veulent tout savoir, textes et illustrations, Hélium (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le trait et le point, illustration d’un texte de Véronique Cauchy, Nord Sud (2014).
  • Camille & Jeanne s’entendent bien, textes et illustrations, Hélium (2014).
  • Le monde de Yakatougris, illustration d’un texte de Sandra Piquée, Nord Sud (2013).
  • Cacophonie à Fabémol, texte illustré par Marie Flusin, Lito (2011), que nous avons chroniqué ici.

Le site de Laurent Simon : http://laurent-simon.ultra-book.com.

Concours :
Comme je vous l’annonçais en début d’article, Hélium vous propose de gagner un exemplaire de Camille & Jeanne veulent tout savoir (chroniqué ici). Pour cela, il vous suffit de nous raconter, en commentaire à cet article, une anecdote drôle (bêtise, réplique rigolote…) sur vos enfants ou sur vous lorsque vous étiez enfant ! Nous tirerons parmi les réponses ! Vous avez jusqu’à mardi, 20 h !


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Guillaume Guéraud

Régulièrement, un acteur de l’édition jeunesse (auteur, illustrateur, éditeur…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché, ému ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé. Cette semaine, c’est Guillaume Guéraud qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Coup de cœur, d’avance, pour la manif « Pas d’auteurs : pas de livres ! » organisée par le Conseil Permanent des Écrivains (dont fait partie la Charte des auteurs et illustrateurs flyerCPE_recto-2de livres jeunesse), qui aura lieu samedi 21 mars de 14h30 à 15h30 sur le Salon du Livre de Paris, je n’y serai malheureusement pas car je reste chez moi à Pezenas pour des raisons sentimentales donc condamnables, je ne pourrai pas y participer physiquement, tant pis, ça m’emballe déjà, j’espère qu’un maximum d’auteurs présents sur place lâcheront leurs dédicaces pour former les rangs, pour hurler notre précarité, pour manifester notre mécontentement, pour exposer nos conditions d’exploitation, pour dénoncer les réformes en cours qui nous menacent (sécurité sociale et retraites et compagnie), pour montrer que nous sommes nombreux et prouver que nous ne nous laisserons pas écraser sans bouger, j’espère que nous foutrons spécialement la trouille aux éditeurs et aux représentants politiques, même si ces derniers ne lisent pratiquement jamais, il faudrait peut-être qu’un Sollers ou un D’Ormesson nous accompagnent car ils sont encore influents même s’ils sont presque morts, mais je ne pense pas qu’on puisse compter sur la solidarité de ces deux-là,  vaudrait mieux Cesare Battisti mais il a de foutus problèmes au Brésil, alors Pennac peut-être, ouais, putain, ouais, Pennac avec nous, il est connu et médiatique et il a quand même écrit quelques bons livres qui ont eu du succès, et puis même les mauvais auteurs devraient nous rejoindre, ouais, même Amélie Nothomb, même Marc Levy et Guillaume Musso, ouais, allez, quoi, tous ensemble avec nous malgré vos livres pourris, ça mettra davantage de pression, c’est sûr, alors tous ensemble, parce qu’enfoncer la plume dans la plaie ne suffit plus, il faut désormais sauter tous ensemble à pieds joints dans la flaque de la chaîne du livre pour en équilibrer les maillons et éclabousser les lecteurs.

« Coup de gueule », j’aime pas la formule, ça fait trop « aboiement gratuit contre le vent », ça sert pas à grand chose, moi je m’énerve tout le temps tout seul, j’ai même des tics, vous savez, genre je plisse le nez et je tords le coin de ma bouche, bon, ouais, c’est dégueulasse mais c’est comme ça, c’est comme ça que je gère mes « coups de gueule », ou alors j’en fais des histoires qui alimentent mes livres, ça peut suffire, je pousse pas de « coups de gueule » parce que, même avec des arguments irréfutables, ça ne sert à rien pour convaincre une personne hostile, que ce soit un mec persuadé que le FN est la solution ou une éditrice sûre que les auteurs ne méritent que 2% du prix de vente de leurs livres, moi, j’écoute, je donne juste deux ou trois arguments pour contrer et, après, très vite, maintenant, j’envoie juste le contenu de mon verre dans la gueule de mon interlocuteur, ouais, sans rire, c’est ce que j’ai fait dernièrement dans la gueule de la PDG de la maison d’édition Les Fourmis Rouges pour doucher son mépris et ouah ! ça a suffi à la refroidir, à la vôtre !

[NDLR : Suite à une conversation avec l’éditrice des Fourmis Rouges, nous tenons a préciser que, contrairement à ce qu’on pourrait comprendre à la lecture de l’interview de Guillaume Guéraud, les droits d’auteur démarrent dans la maison à 7%, voire à 8% quand il s’agit d’un ouvrage collectif. Elle déplore que Guillaume Guéraud évoque publiquement un événement survenu dans un cadre strictement privé et précise que les raisons profondes de ce geste violent allaient au-delà d’un différend sur les droits d’auteur.]

Guillaume GuéraudGuillaume Guéraud est auteur (mais je vous conseille aussi  fortement ses vidéos)

Bibliographie sélective :

  • Plus de morts que de vivants, roman, Le Rouergue (2015).
  • La Rage du dragon, roman illustré par Alfred, Sarbacane (2015).
  • SOS dans le cosmos, roman illustré par Alex W. Inker, Sarbacane (2015).
  • Duel dans la vallée, roman illustré par Thomas Baas, Sarbacane (2014).
  • Barbe Verte, roman illustré par Renaud Farace, Sarbacane (2014).
  • Baignade surveillée, roman, Le Rouergue (2014).
  • Les Antipodes, album illustré par Bertrand Dubois, Notari (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Safari dans le lavabo, album illustré par Hélène Georges, Le Rouergue (2013).
  • Les Ogres mutants, roman illustré par Ronan Badel, Sarbacane (2013).
  • Oméga et l’ourse, album illustré par Beatrice Alemagna, Les Grandes Personnes (2012).

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Habitants de la planète

Par 27 juillet 2013 Livres Jeunesse

Voici deux livres qui permettent de rapprocher les humains et de leur faire comprendre qu’ils ne sont pas seuls sur Terre !

antipodes 2Balthazar, Vladimochka, Ronald, Pearline, Najuat, Mitsuko, et Ryad sont tous des enfants. Ils habitent aux quatre coins de la planète, et ont tous des caractères très différents. Cela ne les empêcherait sans doute pas de pouvoir partager des choses, mais il y a de grandes chances qu’ils ne se rencontrent jamais, et ce, malgré l’impression de proximité que donnent les nouvelles technologies : en effet, on peut penser que chaque coin de la Terre est en lien avec les autres, avec les satellites, les moyens de communication et de transport si développés. Mais notre planète reste immense, ses habitants extrêmement nombreux, et ce n’est donc qu’une illusion. Seul un livre pourrait les réunir.

C’est ce que propose Les antipodes : sur les pages de ce bel album très esthétique, tous ces enfants se côtoient. Tout est possible avec les livres : le Nord peut rencontrer le Sud, les contraires peuvent se côtoyer, la mer et le ciel peuvent se confondre. Guillaume Guéraud confirme par un texte délicat, dont voici un extrait : « une histoire qui ne tiendrait pas debout pour faire tenir Balthazar, Vladimochka, Ronald, Pearline, Najuat, Mitsuko et Ryad ensemble ». Les plus jeunes se laisseront porter par les illustrations très originales et oniriques de Bertrand Dubois, tandis que les plus grands se laisseront séduire par ce message plein de tolérance qui fait la part belle à la différence (dans un monde où l’uniformisation est plutôt la tendance), mais aussi à la force du livre ! C’est le seul capable de réunir tous ces terriens !
Des extraits.

étranges créaturesC’est l’été et les ours s’ennuient. Heureusement, une fête a lieu dans la forêt. Ils mangent, ils dansent, et ils s’endorment. A leur retour chez eux, leurs maisons ont complètement disparu. Désemparés, ils errent, et finissent par trouver un amas de ferraille et d’objets divers qu’ils essaient de transformer en habitats dignes de ce nom. Mais rien ne résiste aux intempéries, et surtout, ces nouvelles maisons ne donnent pas de fruits. En cherchant encore, ils finissent par trouver leurs anciennes habitations, découpés par d’étranges créatures. Ils décident donc d’aller discuter avec eux, mais ils se font chasser. Avec l’aide des autres animaux de la forêt, ils décident donc de se venger…

Vous l’aurez compris, les maisons des ours, ce sont les arbres, et les Étranges créatures qui les ont détruites ce sont les hommes. En plus ils ont laissé des détritus dans la forêt, et ils chassent les bêtes qui, dans leur droit, viennent réclamer leur dû et essayer de comprendre pourquoi leurs maisons ont été saccagées ainsi. Devant l’absence de réponse, ils décident de marquer le coup, et finalement, le dialogue finira par s’installer. Cet album a des airs de fable : une situation réelle (la déforestation, la pollution, et la destruction de l’écosystème) est détournée, romancée, et les animaux tiennent le rôle principal. Avec le texte simple de Cristobal Leon, les enfants saisissent tout de suite le message, sans que ce ne soit trop lourd pour autant. Je suis moins conquise par les illustrations de Cristina Sitja Rubio, même si je les trouve originales et fidèles à l’esprit de l’histoire (et que j’aime cette image de forêt de la couverture). Dans tous les cas, un message écologique enrobé dans une histoire à la fois sensible et drôle, c’est réussi !
Des extraits.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre album illustré par Bertrand Dubois : Un fromage sans doute.
Retrouvez d’autres livres sur le respect de la nature que nous avons déjà chroniqués avec le tag Ecologie

Les Antipodes
Texte de Guillaume Guéraud. Illustrations de  Bertrand Dubois
Notari dans la collection L’oiseau sur le rhino
21 €, 215 x 281 mm, 32 pages, lieu d’impression non précisé, 2013
Etranges créatures
texte de Cristobal Leon. Illustrations de Cristina Sitja Rubio.
Notari dans la collection L’oiseau sur le rhino
19 €, 235 x 326 mm, 42 pages, lieu d’impression non précisé, 2013

Marianne

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