La mare aux mots
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Hippopotames

Des animaux imposants au coeur tendre

Par 25 mars 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux albums pleins de douceur : on se laisse bercer avec plaisir !

c'est toi le printempsLes lapins en ont marre de manger des noisettes. Maman Lapin le leur promet : le printemps est pour bientôt et il y aura alors bien d’autres choses à manger lorsque la nature sera sortie de son sommeil hivernal. Petit Lapin, le benjamin de la famille, se demande bien ce que peut être ce printemps dont tout le monde parle. Comme les réponses qu’on lui donne ne le satisfont pas complètement, il part explorer la forêt. Il rencontre alors un gros ours polaire, qui malgré sa taille imposante saura répondre avec bienveillance à sa grande interrogation du moment.

Coup de cœur pour C’est toi le printemps ?, qui tombe à point nommé alors qu’on entre dans cette douce saison. Les illustrations de Chiaki Okada sont absolument magnifiques, délicates et d’une grande douceur. Aussi douces que cette histoire pleine de tendresse que nous livre Ko Okada, et qui m’a beaucoup fait penser à celles de Beatrix Potter, que j’aimais tant enfant. Une très belle ode à l’amitié, aux saisons et à la nature, poétique et sensible à découvrir !

EppapataimeAutre animal imposant par excellence : l’hippopotame (tiens, ça faisait longtemps que je nous avais parlé d’hippo). Un jeune hippopotame est baptisé Eppapataime par son père, un gros animal au grand cœur qui aime plus que tout jouer avec son tout-petit : nager, jouer à la baleine, faire du tam-tam, pique-niquer, manger des glaces aux algues… Tout un programme !

Là encore, que de douceur ! Une histoire sans méchant, sans drame, et sans souci, juste pour savourer le plaisir des moments simples du quotidien. Jean-René Saillard nous raconte cette jolie relation entre ce père et son enfant, avec des mots simples et des situations transposables au quotidien des petits humains. Les illustrations de Bruno Doutremer, de jolies aquarelles contribuent aussi à cette atmosphère sereine et joyeuse à la fois, qui fait du bien. C’est ça aussi le pouvoir des livres : créer des ilots tranquilles, où rien ne peut arriver !

Quelques pas de plus…
Retrouvez d’autres chroniques de livres qui mettent à l’honneur le printemps grâce au tag : printemps.

C’est toi le printemps ?
Texte de Ko Okada  (traduit par Anne Regaud-Wildenstein), illustré par Chiaki Okada
Seuil Jeunesse
13,50 €, 209 x 260 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2014
Eppapataime
Texte de Jean-René Saillard, illustré par Bruno Doutremer
Amiver dans la collection Caneton
12 €, 185 x 185 mm, 13 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013

A part ça ?

 Leonid Thishkov part en balade avec la lune sous le bras : c’est beau !

Marianne

 

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Vous prendrez bien des bulles ?

Par 25 octobre 2013 Livres Jeunesse

Quelques BD pour les enfants et les ados, ça vous dit ?

Zita la fille de l'espaceAlors qu’ils jouent dans la campagne, Zita et Joseph voient s’écraser une météorite. En allant voir de plus près ils trouvent un étrange objet qui sort de la boule tombée du ciel. Le bouton rouge qui est au centre de l’objet est bien intrigant, Zita décide d’appuyer dessus et les voilà propulsés dans un autre monde ! Zita devra sauver Joseph qui a été enlevé par une sorte de monstre à tentacules. La jeune fille va vivre une grande aventure qui ne sera pas de tout repos, faire des rencontres des plus étranges et elle va devoir savoir à qui elle peut faire confiance…

Zita, la fille de l’espace est une BD pleine de pep’s comme on aime. Le personnage principal est typiquement le genre de personnage auquel les enfants s’attachent (une petite fille ordinaire, un peu casse-cou, qui va vivre une aventure extraordinaire). On ne s’ennuie pas une seconde, il y a un vrai suspense, une bonne intrigue (c’est une BD de près de 200 pages donc c’est important !). L’objet lui-même est très beau, Rue de Sèvres (nouvelle maison d’édition BD créée par L’école des loisirs) a fait un beau boulot : petit format, papier épais, couverture à rabats. Les illustrations de Ben Hatke sont pleines d’humour, de modernité et en même temps magnifiques. Une très bonne BD pour les jeunes lecteurs (à partir de 8 ans d’après l’éditeur) fans de science-fiction.
Des extraits sur Bédéthèque et une vidéo.
Le même vu par Bricabook et par Délivrer des livres.

Ma maman est en Amérique elle a rencontré Buffalo BillJean vit avec son papa et avec Yvette, une dame qui s’occupe de lui et de son petit frère. Aujourd’hui, c’est la rentrée et il est un peu stressé, surtout au moment de dire ce que font ses parents… Jean a aussi une voisine, Michèle, qui lui lit des cartes postales que la mère de Jean lui envoie en secret. Elle voyage beaucoup cette maman, heureusement que Michèle est là pour lui donner des nouvelles ! Car entre son papa absent, sa maîtresse qui lui fait un peu peur, le psychologue de l’école et les amies de sa grand-mère qui passent leur temps à dire « les pauvres… » quand ils le voient lui et son frère, ce n’est pas toujours tout rose !

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill est un magnifique album (qui vient d’ailleurs d’être adapté au cinéma) signé Jean Regnaud et Émile Bravo. On aborde ici les familles monoparentales, la maman qui n’est plus là, mais avec une infinie poésie, beaucoup de pudeur. La mort de la maman est juste évoquée, par petites touches. On parle aussi ici d’amitié, Michèle raconte à Jean les aventures de sa mère, de la Suisse aux États-Unis pour lui faire croire que sa maman est toujours là, qu’elle voyage. Bien sûr il y a des moments un peu plus durs, où nos poils se dressent, comme quand Jean et son frère se demandent s’ils se souviennent encore de leur mère. C’est surtout une magnifique bande dessinée sur l’enfance, sur l’imagination des enfants, les mondes dans lesquels ils se réfugient et la dureté de la réalité. Un véritable coup de cœur.
Des extraits en ligne.
Le même vu par Enfantipages et par Les lectures de Liyah.

Isadora DuncanDepuis son enfance, Isadora a la danse dans la peau. Devant les vagues, sur une plage de San Francisco elle danse. Née dans une famille très pauvre, elle arrivera à ramener un peu d’argent grâce à son don. Sa vie est faite de coups de chance (alors qu’elle vient d’une famille très pauvre, elle accumulera les succès) et de malheurs (notamment la mort de ses enfants).

La vie d’Isadora Duncan de son enfance à sa mort tragique, voilà ce que nous racontent Josépha Mougenot et Jules Stromboni dans cette magnifique bande dessinée sortie dans la collection Grands Destins de Femmes chez Naïve. L’objet est très beau et les illustrations sont superbes, pleines de mouvement. Jules Stromboni croque avec talent les facéties du personnage, son humour. Les pages les plus dures sont également magnifiques (le visage d’Isadora Duncan qui se décompose jusqu’à devenir tel un spectre quand elle apprend la mort de ses enfants). Une vraie réussite qui m’a donné envie de découvrir les autres titres de la collection : Françoise Dolto, Virginia Woolf, Dian Fossey et Coco Chanel.
Extraits en ligne.

DoraDora est une jeune fille qui travaille dans un service d’archives du Berlin Document Center (où sont réunis tous les documents qui ont été saisis aux nazis après la guerre). Mais Dora ne fait pas qu’y travailler, elle fait des recherches, telle une espionne, sur son père qui a été déporté. Nous sommes en 1959, la guerre est finie depuis 14 ans maintenant, elle est à la fois loin et proche. Certains nazis sont toujours recherchés, Dora va faire partie de ceux qui essayent de les retrouver.

Dora de Minaverry sorti aux éditions L’agrume est une magnifique BD (on peut même dire roman graphique). Esthétiquement très réussi, c’est surtout une histoire passionnante, mêlant la vie d’une jeune fille juive et l’Histoire. Ici, on est entre le thriller et le roman d’espionnage tout en racontant l’histoire de Dora, ses amitiés, ses amours. Une histoire très documentée (d’ailleurs, on nous montre beaucoup de documents d’époque, par exemple les tableaux présentant les insignes des prisonniers d’un camp de concentration ou les témoignages recueillis lors du procès de Nuremberg), passionnante, mais aussi par moment très dure (je le précise pour bien signifier que ce n’est pas un ouvrage pour les jeunes lecteurs, plutôt les ados voire les adultes). En tout cas, un magnifique ouvrage.
Des extraits en ligne.

detective rollmopsRollMops est un célèbre détective (enfin célèbre c’est lui qui le dit !). Il vous propose de l’assister dans ses enquêtes qui ne sont pas de tout repos ! Avec lui on risque de tourner en rond (dans une BD qui forme une boucle) et de perdre notre sens de l’orientation !

La très grande BD, Détective Rollmops est illustrée par quelqu’un qu’on aime beaucoup : Olivier Philipponneau (souvenez-vous Perdu et Le peindre des drapeaux). Avec Renaud Farace ils ont créé un album très original, déjanté et en même temps très graphique (c’est souvent ce qu’il manque à ce genre de BD… c’est souvent assez laid). L’objet, lui-même, est très beau : très grand format, papier épais. C’est une BD très originale où les auteurs s’amusent à surprendre le lecteur, il ne faudra pas toujours lire dans l’ordre « habituel », il faudra même parfois plier pour savoir la suite. Intelligent, original, très graphique et complètement déjanté, on aime !
Des extraits (et beaucoup plus) sur le site dédié au Détective Rollmops.

Chi 3Ça y est, la jeune chatte Chi a découvert comment ouvrir la porte de la maison et elle peut donc aller se promener avec Noiraud… sauf que dans l’immeuble des Yamada les chats sont interdits, attention à ne pas se faire prendre, car la concierge veille ! Avec Noiraud elle va faire les 400 coups, elle va surtout découvrir l’amitié. Chi fait aussi la connaissance d’une petite fille nommée Juri qui lui semble très excitée ! Chi partira-t-elle vivre chez elle pour éviter aux Yamada une expulsion ?

Chi 4Les Yamada ont enfin trouvé un nouvel appartement où les animaux sont acceptés. Fini de toujours avoir peur de la gardienne… Mais qui dit nouvel appart dit déménagement… Pas facile pour Chi de s’y retrouver dans ce nouvel univers ! Qu’est-ce que c’est que cet endroit avec plein de choses de chez soi… sans que ce soit chez soi ? Il va falloir prendre ses marques et surtout bien marquer son territoire surtout qu’ici il y a d’autres animaux : la chatte très élégante Alice et le chien foufou David. On assiste aussi au partage du repas et au douloureux problème des griffes…

Chi 5Chi commence à s’y faire à sa nouvelle maison, c’est devenu son quotidien. Elle expérimente la chatière (pas évident au début !), découvre le bonheur de se faire passer une brosse pour enlever les poils morts, mais fait aussi beaucoup de bêtises à cause d’un rouleau de ruban adhésif. Elle va aussi retrouver Alice, qui est vraiment différente d’elle, le chien tout fou, et un vieux camarade (et peut-être même quelqu’un d’encore plus important…).

Chi, une vie de chat est une série que j’adore. Je vous avais déjà parlé des tomes 1 et 2 (et je vous parlerai prochainement des tomes 6 à 9). On suit donc la vie d’une petite chatte dans la famille Yamada (composée d’un petit garçon et de ses parents) et on reconnaît complètement nos chats, leurs habitudes, leurs côtés attendrissants… et leurs côtés exaspérants ! C’est extrêmement bien croqué. Au-delà d’une série sur les chats, c’est aussi une belle fenêtre sur la culture japonaise et la vie d’une famille dans ce pays qu’on connaît généralement peu (tout en restant accessible, je le précise, car il m’est arrivé de voir des mangas dans lesquels je me sentais perdu, les références culturelles étant tellement présentes). On rit beaucoup, mais pas seulement. La BD plaît autant aux jeunes enfants (ma fille de 5 ans la « lit » sans lire le texte) qu’aux grands (on l’a même offerte à des adultes). Bref une série dont on est vraiment fans et qu’il vous faut découvrir de toutes urgences… si ce n’est déjà fait !
À savoir : l’auteur sera présente cette année à Montreuil !
Les mêmes vu par La littérature de Judith et Sophie, par Sous le feuillage et par Fantasia (forcément !).

Les cadeaux d'Axel 1Alex reçoit un paquet par la poste, c’est sa grand-mère qui a pensé à lui pour son anniversaire et lui a envoyé un casque de Viking. À peine le casque mis, voilà Alex devenu un vrai Viking qui doit sauver une jeune fille qui est menacée par un ours ! Notre héros va devoir être rusé pour combattre l’animal et conquérir la jeune fille.

P’tit Viking est le premier tome de Les cadeaux d’Axel. Cette BD aurait pu figurer dans ma chronique de lundi sur l’imaginaire des enfants, car ici c’est de ça qu’on parle, Axel a beaucoup d’imagination et un simple casque le fait devenir un autre, le transporte dans un pays lointain. Le petit garçon qui serre (non sans raison) son ours dans la dernière planche de l’album est, le temps d’une aventure, un héros qui sauve une jeune fille (jeune fille qui existe dans le vrai quotidien d’Axel). Peu de dialogues, de grandes cases, on est ici dans de la BD pour les plus jeunes (tout jeunes lecteurs, voire même un peu avant). Les illustrations sont aussi belles que drôles, derrière l’humour il y a énormément de tendresse. Un très beau départ pour cette série, on attend la suite avec impatience !
Des extraits en ligne.

Super PotamoSuper Potamo est un superhéros… enfin il aimerait bien ! Quels sont ses super pouvoirs ? Il est super sympa… super gentil… ok ça s’arrête là ! Forcément, imaginez les autres superhéros, ils n’ont pas trop envie de se liguer avec Super potamo ! Tant pis il va sauver le monde seul… mais où aller, il y a déjà des superhéros partout ! Il n’y a pas une place pour lui ?

Beaucoup d’humour dans Super Potamo. Ce personnage me fait penser aux enfants, un brin turbulents, assez bagarreurs qui aiment jouer à « c’est moi le plus fort » et à « c’est moi le chef ». Super Potamo veut se battre, combattre les méchants, il fait tout pour les provoquer et prouver qu’il est un super héros (forcément, il se fait ratatiner). On rit bien de ce héros un poil crispant et de son mauvais caractère. Là aussi, c’est une BD jeune public (dès 6 ans d’après l’éditeur).
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà fait plusieurs chroniques BD par exemple ici, ou encore ici (mais vous pouvez toutes les retrouver sous le tag BD)

Zita, la fille de l’espace T.1
de Ben Hatke
Rue de Sèvres dans la série Zita, la fille de l’espace
11,50€, 150×215 mm, 192 pages, imprimé en France, 2013.
Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill
de Jean Regnaud et Émile Bravo
Gallimard
16€, 195×265 mm, 122 pages, imprimé en Espagne, 2007.
Isadora Duncan
de Josepha Mougenot et Jules Stromboni
Naïve dans la collection Grands destins de Femmes
23€, 185×230 mm, 104 pages, imprimé en France, 2013.
Dora
de Minaverry (traduit par Chloé Marquaire)
L’agrume dans la série Dora
18€, 170×240 mm, 170 pages, imprimé en France, 2009.
Détective Rollmops
de Renaud Farace et Olivier Philipponneau
The Hoochie Coochie
17€, 300×400 mm, 28 pages, imprimé en France, 2013.
Chi, une vie de chat Tome 3
Texte de Konami Kanata (traduit par Fédoua Lamodière)
Glénat Kids dans la série Chi
10,75€, 130×180 mm, 146 pages, imprimé en Italie, 2011.
Chi, une vie de chat Tome 4
Texte de Konami Kanata (traduit par Kayo Chassaigne et Elodie Lepelletier)
Glénat Kids dans la série Chi
10,75€, 130×180 mm, 150 pages, imprimé en Italie, 2011.
Chi, une vie de chat Tome 5
Texte de Konami Kanata (traduit par Kayo Chassaigne et Elodie Lepelletier)
Glénat Kids dans la série Chi
10,75€, 130×180 mm, 146 pages, imprimé en Italie, 2011.
Les cadeaux d’Axel – p’tit Viking
Texte de Thomas Priou
Paquet dans la collection Le p’tit paquet
11€, 245×210 mm, 30 pages, imprimé en Belgique, 2013.
Super Potamo
Texte de Davide Cali et Raphaëlle Barbanègre
Bang Ediciones dans la collection Mamut
10€, 190×260 mm, 50 pages, imprimé en Espagne, 2013.

A part ça ?

Biscoto La préhistoireBiscoto, Le journal plus fort que costaud ! (dont on vous avait déjà parlé) sort son numéro 9 ! Et c’est un numéro spécial préhistoire (chaque numéro est sur un thème), l’époque où pouvait dessiner sur les murs sans se prendre de savon. Ici, on va rencontrer des mammouths, faire des jeux, lire des blagues, fabriquer un collier de chamane, mais bien sûr lire des BD (hilarantes). Dans ce numéro, cerise sur le mammouth, Vincent Malone nous raconte l’histoire (délirante) de l’arrière-arrière-arrière-arrière-grand-mère de l’arrière arrière-arrière arrière-grand-mère de l’arrière-arrière-arrière-arrière-grand-mère du Petit Chaperon Rouge (qu’on appelait le Petit Chimpanzé au Cul Rouge). Et comme à chaque fois, on retrouve aussi la suite des aventures de Francis saucisson et celle du feuilleton Les années bacchante. On adore Biscoto pour son côté original, déjanté. Un journal de BD pour enfants qui liront dans quelques années Fluide Glacial ou mieux, le Psikopat !
Le site de Biscoto : http://biscotojournal.com et Biscoto est sur Facebook.

Gabriel

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1903 et 1946

Par 31 août 2013 Livres Jeunesse

Un saut dans le temps au siècle dernier, ça vous tente ?
kako le terribleLe 15 Juillet 1903, un gardien du zoo du Jardin des Plantes de Paris a été attaqué par un hippopotame. Arrivé quelques années plus tôt d’Afrique alors qu’il était encore très jeune, l’animal divertissait le public, derrière les barreaux de sa cage et ne semblait pas malheureux. Mais c’était sans doute une impression : Kako reste un animal sauvage. Un jour, apeuré par les bruits effrayants de la ville en fête, et affamé à cause d’une panne de réveil du gardien, sa nature première ressurgit…

Délicat sujet que celui des zoos, d’autant plus ceux du début du siècle dernier… Inspirée d’un véritable fait divers, cette histoire rappelle à tous que les animaux sont avant tout faits pour vivre dans leur milieu naturel, aussi précautionneux soient les lieux qui les accueillent. Emmanuelle Polack raconte cela de manière très neutre, en se contentant de relater l’arrivée de l’animal,  ses premières années, et enfin le drame. Pas de pathos, ni dans un sens ni dans l’autre, mais chacun se fait sa propre opinion. Il y a une ambiance particulière, qui nous plonge vraiment dans le Jardin des Plantes de l’époque (même si vous me direz, aucun de nous n’était né…). Je pense que c’est également grâce aux très belles illustrations de Barroux, mêlant dessins pleins de mouvements et collages d’anciennes photos (pour former l’hippopotame), le tout dans une unité de couleurs. Intéressant, pas larmoyant, c’est une réussite ! Et puis, ça faisait un moment que je ne vous avais pas parlé des hippopotames, ça me manquait !

les socquettes blanchesEn 1946, à Paris, deux bandes d’enfants s’affrontent, pour défendre leurs terrains de jeux respectifs. Les Socquettes Blanches ce sont les filles, et Les Chats Crevés, les garçons. On se bat, on se chamaille, on élabore des plans pour protéger son camp ou son terrain vague,… C’est de bonne guerre ! Mais lorsque tous apprennent qu’un promoteur immobilier lorgne sur leurs territoires, adieu les disputes ! Ils se rassemblent, oublient leurs rancœurs et ne font plus qu’un face à ces adultes irresponsables. Garçons, filles, tout le monde se serre les coudes !

Cette fois encore, on plonge vraiment dans l’ambiance de l’époque, période d’après-guerre qui porte encore les stigmates de plusieurs années de combat. Les expressions, les jeux, les vêtements, les références historiques, on fait vraiment un bond en arrière. Et les belles illustrations d’Alexandra Pichard (illustratrice que je découvre avec beaucoup d’intérêt), au style rétro, à la fois simples et vivantes, y sont pour beaucoup. Vincent Cuvellier (que j’apprécie beaucoup décidément) écrit pourtant bien de nos jours, en 2013, avec sensibilité et tendresse. Je pense que certains termes ou certains éléments de l’histoire, trop en lien avec l’époque, échapperont aux plus jeunes, mais il n’en demeure pas moins qu’on a affaire à une belle histoire sur l’enfance. Ce moment de la vie qui nous ferait déplacer des montagnes, où tous les événements prennent des airs d’aventure !

Quelques pas de plus…
Kako le terrible chroniqué par Les lectures de Kik.

Nous avons déjà chroniqué d’autres livre de Vincent Cuvellier (La fille verte, La première fois que je suis née, Émile veut une chauve-souris, Émile fait la fête, Émile est invisible, Émile veut un plâtre, Émile se déguise), Alexandra Pichard (Muette, Nina et les oreillers), Emmanuelle Polack (Rose Valland, l’espionne du musée du jeu de paume), Barroux (La rentrée de Noé, Histoires pour se poiler).

Kako le terrible
Texte d’Emmanuelle Polack. Illustrations de Barroux
La joie de lire
14,90 €, 267 x 207 mm, 26 pages, lieu d’impression non précisé, 2013
Les socquettes blanches
Texte de Vincent Cuvellier. Illustrations d’Alexandra Pichard.
Gallimard Jeunesse Giboulées
14,50 €, 230 x 290 mm, 36 pages, imprimé en Italie, 2013

Marianne

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Premières Rentrées

Par 29 juillet 2013 Livres Jeunesse

L’année dernière nous avions fait trois grosses chroniques sur les livres qui parlent de la rentrée (des albums, des livres-jeux et des livres pour les plus grands), certains nous avaient dit que le faire fin aout c’était un peu tard pour pouvoir aborder ce sujet avec les enfants qui vont vivre leur première rentrée. J’avais donc décidé d’en parler plus tôt cette année mais malheureusement la plupart des nouveautés sortent juste avant la rentrée ! En attendant voici quelques livres sortis depuis ou des livres dont nous n’avions pas parlé (et en bonus des activités pour cet âge). Et donc vous aurez le droit à une autre chronique sur le sujet fin août !

P'tit loup rentre à l'écoleÇa y est c’est le jour J ! P’tit loup rentre à l’école… Stress au maximum ! Heureusement ses parents et la maîtresse sont là pour le rassurer. La journée se passe sans encombre et on se fait même des amis !

Rien de mieux pour désamorcer quelque chose qui stresse les enfants que de lire les aventures d’un héros qu’on connaît qui vit la même chose. Les enfants adorent le loup d’Orianne Lallemand et d’Éleonore Thuillier, ils seront ravis de le voir dans sa première journée d’école. Le livre est adapté pour les plus petits avec un texte court et des pages plastifiées. Seul bémol, le sexisme de « l’heure des mamans »… Pour aller chercher ma fille quasiment tous les soirs à l’école je vois que je ne suis pas une exception, il y a énormément de « papas » également qui viennent chercher les enfants (sans compter les baby-sitters et les assistantes maternelles, les « mamans » ne sont pas en majorité, toutes les femmes ne sont pas dispo à 16h20… bref…) ! En dehors de ce petit hic (qui m’est resté dans la gorge), un très joli album plein de couleurs pour dédramatiser la première rentrée.

La rentrée des animaux Aujourd’hui c’est la rentrée ! Tous les animaux sont là. Tous arrivent à leur manière, à leur vitesse, certains ont un cartable d’autres comme le pélican n’en ont pas besoin. On se présente, on fait connaissances, et c’est parti pour une journée bien remplie !

La rentrée des animaux de Samir Senoussi et Henri Feliner est un grand album que je trouve très réussi. Chaque animal vit la rentrée à sa manière (comme les enfants), ils sont tous différents. Ici on retrouve, avec beaucoup d’humour, tous les moments d’une journée à l’école : la cantine, la sieste, la lecture, le dessin, la récré,… et chaque fois les animaux ont la parole et ne voient pas les choses de la même manière : à la cantine le requin ne veut que du poisson et le tapir demande des fourmis dans ses épinards. Bien sûr derrière l’humour il y a donc, parfois, une partie de réel (ah les enfants difficiles à la cantine…). Un album très beau, plein d’humour et vraiment réussi.

Petit Dernier Le grand départ pour la petite écoleDans la famille de Petit Dernier c’est aussi le jour de la rentrée et forcément quand on est 25 enfants c’est pas simple ! Petit dernier stresse, et personne n’est attentif à ses demandes, forcément ils sont eux-mêmes occupés par leur rentrée ! Et au moment de partir avec papa et maman pour son premier jour d’école il est bien malheureux que ses frères et sœurs n’aient même pas eu un petit geste pour lui… mais une surprise l’attend peut-être !

petit dernierUne très belle histoire sur la fratrie, je vous raconte un peu la fin mais tant pis, ici toute la famille s’est réunie devant l’école pour encourager Petit Dernier. Tout le monde met son grain de sel dans le cartable pour qu’il sente bien que toute sa famille est derrière lui. Nous vous avions déjà parlé de Petit dernier, c’est vraiment une série originale, pleine de pep’s et de couleurs. Cet album-là est encore une vraie réussite.

Camille et la rentrée des classesPour Camille, ce n’est pas la première rentrée… mais pour son cousin si ! Il rentre dans la même école qu’elle, il va falloir l’épauler, le rassurer. Elle lui présente sa maîtresse, lui fait visiter l’école et déjà le petit garçon a moins peur.

Ici c’est de solidarité et d’entraide dont on parle, Camille connaît bien l’école et ce qui s’y passe, elle va donc tout faire pour que son cousin se sente bien (il faut dire qu’il n’a pas l’air rassuré !). Camille, le petit personnage de Nancy Delvaux et Aline de Pétigny est un petit héros dont on vous parle régulièrement, ses albums traitent du quotidien des enfants.

Trop c'est trop !Basile va vivre son premier jour d’école, il ne faut pas y aller les mains vides ! On prend des crayons, des cahiers, des bonbons, des peluches… le sac est un peu lourd… si on le mettait dans un petit charriot et du coup on a de la place ! On rajoute encore des choses, sauf qu’en fait trop c’est TROP !

Ici aussi on parle du stress de la rentrée et de comment on essaye de se rassurer en multipliant les choses qu’on va apporter avec soi (forcément si notre maison entière est à l’école on se sentira plus dans notre environnement). On parle aussi d’entraide (car Basile aura bien besoin de ses amis pour emporter un si lourd bagage). Un petit livre aux très jolies illustrations, avec un texte plein d’humour signé Nadine Brun-Cosme.

Tout le programme TPSJ’avais envie de compléter cette chronique avec un petit cahier d’activités et une boîte de fiches pour les enfants qui vont rentrer en maternelles. Alors pour désamorcer d’avance les commentaires comme ceux que j’ai eus sur ma chronique sur les cahiers de vacances, il ne s’agit évidemment pas de faire travailler les enfants ! Avec ce genre de cahier et de fiches on peut faire de petits exercices avec eux et généralement ils adorent ça (parce que les coloriages ça va 5 minutes !). Bref avec Tout le programme de Toute Petite Section (2-3 ans) chez Hatier et Toute petite section maternelle de chez GJ éducation vous allez pouvoir trouver des activités adaptées à cet âge (oui ils s’adressent tous les deux à la classe avant la petite section, mais il y a ça dans tellement peu d’école… ). Dans le cahier qu’édite Hatier c’est Souriceau qui guide les enfants dans des jeux de langage, de découverte des parties du corps, reconnaissance des formes,… L’enfant pourra aussi coller des autocollants et même afficher un poster sur lequel on trouve les formes, les couleurs, les nombres, les actions,… C’est beau et bien fait. Évidemment il vous faudra être avec les enfants pour faire les activités, le but n’est pas ici de leur mettre un cahier dans les mains, un crayon et de les laisser seuls. La boîte de Toute petit sectionGallimard propose, quant à elle, 16 fiches effaçables avec un côté documentaire et au verso un petit exercice. C’est très bien fait, très beau (on pense aux découvertes Gallimard)… mais pas adapté à cet âge d’après moi (et d’après une enseignante en PS et une amie qui a un enfant de cet âge à qui j’ai demandé). Est-ce que vous connaissez beaucoup d’enfants de 2-3 ans capables de reconnaître les A dans un mot, reconnaître dans quel mots il y a le son b, relier des animaux à ce qu’ils mangent ou placer le même nombre de points sur un dé qu’il y a de personnages à côté ? Donc j’ai l’impression qu’il y a un petit souci d’âge… Mais je me trompe peut-être. Toujours est-il que ce sont deux ouvrages de qualité (même si je donnerai la boîte de fiches à des enfants un peu plus grands).

Quelques pas de plus…
Retrouvez nos autres chroniques qui parlent de l’école sur notre fiche thématique.
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Orianne Lallemand (Au secours ! Une sorcière au nez crochuAu secours ! Un loup tout poilu, Pestouille et Jolicoeur), Éléonore Thuillier (Sur la route des formes, Gros GrisLa jungle en haleine, Adam est fort, Le grand lapin blanc, Mon papa est un zarzouilleur et Jour de piscine), Henri Fellner (La mode), Fred Benaglia (L’énooorme bobo de rien de tout), Nancy Delvaux et Aline de Pétigny (Camille fait du poneyCamille va à la piscine, Camille ne veut pas dormir, Camille a fait un cauchemar, Camille a oublié Nounours, Camille va à l’hôpital), Aline de Petigny sans Camille Delvaux (Juste un mot), Nadine Brun-Cosme (Le prince amoureux).
Notre dernier article sur les cahiers de vacances.

P’tit loup rentre à l’école
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Éléonore Thuillier
Auzou dans la collection Auzou éveil
4,95€, 167×167 mm, 18 pages, imprimé en Chine, 2013.
La rentrée des animaux
Texte de Samir Senoussi, illustré par Henri Fellner
Gallimard Jeunesse
13€, 260×285 mm, 40 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013.
Le grand départ pour la petite école
de Fred Benaglia
Sarbacane dans la série Petit Dernier
7,90€, 180×140 mm, 32 pages, imprimé à Singapour, 2012.
Camille et la rentrée des classes
Texte de Nancy Delvaux, illustré par Aline de Pétigny
Hemma dans la série Camille
4,95€, 205×210 mm, 16 pages, imprimé en Belgique, 2009.
Trop c’est trop !
Texte de Nadine Brun-Cosme, illustré par Philippe Jalbert
Points de suspension
8€, 140×160 mm, 30 pages, imprimé en France, chez un imprimeur éco-responsable, 2008.
Tout le programme Toute Petite Section
Texte de Florence Doutremépuich et Françoise Perraud, illustré par Laurence Jammes
Hatier dans la collection Hatier Maternelle
6,99€, 220×295 mm, 58 pages, imprimé en Italie, 2013.
Mes fiches effaçables Maternelle toute petite section 2-3 ans
Texte de Delphine Gravier-Badreddine, illustré par un collectif
GJ éducation dans la collection Découvertes Gallimard
5,50€, 145×194 mm, 16 fiches, imprimé en Chine, 2013.

Gabriel

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Voyageons, en Inde ou en ballon !

Par 4 juin 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous emmène en voyage !
la maison de la famille hippoOn embarque d’abord avec la famille Hippo (ça faisait longtemps que je n’avais pas mis les hippopotames à l’honneur !).
Toto vit avec ses parents et sa petite soeur, dans leur boutique-bazar. Ils ont beaucoup de succès auprès des habitants, jusqu’au jour où une grande route est construite et incitent les clients à préférer la ville pour faire leurs courses. Pour gagner en visibilité, ils décident d’accrocher une belle enseigne lumineuse… et de gros ballons. Résultat : en pleine nuit, la maison s’envole ! Voilà la famille Hippo embarquée dans une drôle d’aventure : ils vont devoir affronter la tempête, mais aussi sauver un fou brun (un oiseau maritime) un peu maladroit. Fêtés en héros par la famille et les amis du jeune volatile imprudent, ils se rendent compte que la vie de star n’est décidément pas faite pour eux, et décident de repartir à l’aventure, à laquelle ils ont finalement pris goût.

famille hippoJ’ai eu un véritable coup de cœur pour cet album écrit et illustré par Yukio Abe. Les illustrations, justement, c’est ce qui m’a d’abord impressionnée : extrêmement fouillées, on ne sait pas où donner de la tête : on passe un long moment à observer les détails de la maison, ou bien la foule qui ovationne les hippopotames courageux. Et en même temps, les héros sont toujours mis en valeur, comme éclairés. C’est vraiment un univers particulier, et on en prend plein les yeux. Et comme en plus, l’histoire est vivante, originale, et pleine d’humour, on a vraiment affaire à un album de qualité !

Maintenant, direction les rives de l’Océan Indien…

ram et lila (2)

Ram et Lila c’est l’histoire de deux amis, voisins, qui aiment passer des heures sous le margousier. Un jour, Ram trouve dans ses branches un tout petit singe, Tombi. Mais une nuit, l’animal disparaît, et les deux enfants décident de partir à sa recherche. On les suit donc dans leur périple, au milieu des temples hindous et des jungles denses, à la rencontre de personnages, de traditions et de cultures indiennes.

Avec ce conte, Clotilde Bernos nous emmène loin, très loin de notre quotidien.ram et lila Même si j’ai trouvé les visages des enfants un peu étranges, les illustrations, mélange de dessins et de collages nous transportent directement en Inde. Ram et Lila sont attachants, et pleins de vie, et on le suit avec plaisir dans leurs aventures pleines de péripéties et de rencontres. Voici un album idéal pour faire découvrir aux plus jeunes un peu de la culture indienne !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué plusieurs livres qui mettent en scène des hippopotames : Mon hippopotame, Jojo l’hippopo sur son bateau, Jojo l’hippopo dans son avion, Au revoir, bonjour.

La maison-ballon de la Famille Hippo
de Yukio Abe
Nobi-Nobi
15,50 €,300 x 229 mm, 40 pages, imprimé en République Tchèque, 2013
Ram et Lila
de Clotilde Bernos
Les P’tits Totems
13,90 €, 220 x 220 mm, 40 pages, imprimé en Union Européenne, 2012

A part ça ?

Pour terminer cette chronique placée sous le signe du voyage, je vous invite à suivre Yu Yamauchi, qui a photographié 600 levers de soleils au sommet du mont Fuji ! Evasion garantie !

Marianne

 

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