La mare aux mots
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Il était une (mini) fois

Des romans pour les plus jeunes

Par 21 août 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose des romans pour les enfants qui savent déjà bien lire, mais ne lisent pas encore de gros pavés.

Noirbert
Texte de Håkon Øvreås, illustré par Øyvind Torseter
La joie de Lire dans la collection Hibouk
12,90 €, 130×185 mm, 200 pages, imprimé en Pologne, 2017.
Les mots qui manquent
Texte d’Anne Loyer, illustré par Bobi+Bobi
À pas de loups
8 €, 135×190 mm, 56 pages, imprimé en Europe, 2017.
Fleur la terreur
de Fanny Joly
Pocket Jeunesse dans la collection Rigolire
4,95 €, 108×178 mm, 130 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2016.
Le livre envolé de Piotr-Olivius Pilgrim
de Séverine Vidal
Didier Jeunesse dans la collection Il était une (mini) fois
3 €, 115×165 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2016.

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Ouh les amoureux !

Par 1 mai 2014 Livres Jeunesse

Et si l’on parlait d’amour ?

La princesse OptipoisIl était une fois une princesse qui était obsédée par les petits pois. À chaque repas, les cuisiniers devaient lui servir ce légume. Quand elle jouait, c’était avec des petits pois. En guise de bonbon, elle mangeait des petits pois. Ses vêtements, forcément, étaient à pois. Il est donc aisé de comprendre pourquoi on la surnommait la Princesse Optipois ! Quand elle fut en âge de se marier, ses parents lui présentèrent toutes sortes de princes, mais à tous elle trouvait un défaut. Jusqu’au jour où…

Je ne vous révèle pas la chute de ce très joli conte plein d’humour, mais elle est savoureuse ! Notre princesse Optipois va trouver l’amour. Un bien joli texte signé Orianne Lallemand magnifiquement illustré par Peggy Nille. Ses illustrations sont colorées, pleines de vie. Un petit livre (à prix mini) qui nous conte une histoire originale avec en prime de très belles illustrations.
Le même vu par À l’ombre du saule.

La CheneuilleUn mille-pattes était si vieux qu’il n’avait plus aucune patte d’origine. On savait qu’il arrivait au bruit qu’il faisait, Berdic ! Berdac ! Un jour, il rencontra la plus belle cheneuille de tout le pays, il en tomba fou amoureux. Notre mille-pattes promit à sa belle de s’occuper de tout, elle n’aurait plus besoin de ne rien faire, ses repas lui seraient servis. La cheneuille en était rouge d’émotion. Ces deux-là passaient leur temps à se bisouiller, et faisaient même des envieux. Sauf que la cheneuille a fini par s’ennuyer à ne rien faire de la journée… Elle est devenue triste… Elle est tombée malade… Son amoureux transi a fait venir tous les médecins du coin, mais aucun n’était capable de la guérir… Et un jour…

Je ne vous raconte pas la fin de ce très beau conte de Yannick Jaulin (un grand conteur). Notre pauvre mille-pattes va apprendre qu’on ne doit pas trop emprisonner son amour sinon il finit par nous échapper (cela dit, c’est ma version de l’histoire, mais vous y verrez peut-être toute autre chose ! C’est le genre de conte si bien fait que chacun y trouve quelque chose de différent). C’est rare, finalement, de trouver des histoires complètement originales en littérature jeunesse, à ma connaissance, celle-ci ne ressemble à rien d’autre ! Au niveau des illustrations, c’est Toni Demuro qui a mis en image le très beau conte de Yannick Jaulin et il a fait un très beau travail (vous pouvez découvrir plusieurs planches sur le blog de Rêves Bleus). Parfois, l’amour n’est pas si simple…

La jeune fille habillée en garçonDans un petit village d’Afrique du Nord, deux hommes étaient liés par une forte amitié, si forte qu’elle faisait l’admiration de tous, si forte qu’ils s’étaient mariés le même jour et le jour de leur mariage ils s’étaient dit que s’ils avaient l’un un fils et l’autre une fille ils les marieraient. Sauf que ces deux-là se sont fâchés… et quand l’un eut un fils, l’autre prétendit que son enfant était un garçon également. Les enfants ont grandi… et même si les parents faisaient tout pour que ça n’arrive pas, ils étaient devenus inséparables, et plus encore…

Muriel Bloch, encore une conteuse, nous raconte ce très beau conte kabyle dans lequel un garçon tombe amoureux d’un garçon (mais rassurez-vous, c’est en découvrant que le garçon est bel et bien une fille qu’ils auront le droit de s’aimer !). Encore un petit conte sorti dans la collection Il était une (mini) fois, dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises. Une super collection de petits contes, à prix tout doux, éditée par Didier Jeunesse. Encore un très beau titre, donc, dans cette collection à posséder absolument !

Chut, Lapingouin est amoureuxIl y a une nouvelle dans la classe de Lapingouin, elle s’appelle Chabeille. Lapingouin refuse de jouer avec elle, il rougit quand on lui parle d’elle, il est arrogant quand elle est là et sort même des phrases blessantes… mais qu’est-ce qui arrive à Lapingouin ?

On vous a déjà parlé plusieurs fois de ce petit personnage mi-pingouin mi-lapin et de ses amis qui sont tous des mélanges d’animaux. Une collection de livres qui jouent avec les mots tant sur le nom des personnages (Zébrillule, Chérisson, Tortuchon…) que sur les actions ou les objets (balloin, abeilloner, animathopées…). Illustrée par de jolis dessins pastels, Chut, Lapingouin est amoureux… est donc une histoire sur le fait de devenir méchant parce qu’on est gêné d’avoir des sentiments amoureux pour quelqu’un. Une histoire mignonne pour ceux qui aiment jouer avec les mots.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqués des ouvrages d’Orianne Lallemand (Le loup qui changeait de couleurLe loup qui fêtait son anniversaire, Sur les remparts de Saint-MaloLe loup qui n’aimait pas NoëlLes chaussettes de GaspardAu secours ! Un ogre gloutonP’tit loup rentre à l’écoleAu secours ! Une sorcière au nez crochuAu secours ! Un loup tout poilu et Pestouille et Jolicoeur), Peggy Nille (Le petit oiseau au grain de blé, Le voleur de lune, Le Petit Chaperon Rouge, Les amoureux du ciel, Le nom du diable et Contes d’un autre genre), Yannick Jaulin (Le tracteur aux dromadaires), Muriel Bloch (Le premier amour de grand corbeau, Le vieux Cric CracPetites sagesses du soir et Le Schmat doudou) et de Carole-Anne Boisseau, Galaxie Vujanic et Masami Mizusawa (En attendant Noël…, Raconte-moi quand j’étais né…, Aujourd’hui y’a école ? et Même pas peur des monstres).

La Princesse Optipois
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Peggy Nille
Lito dans la collection La minute papillon
3,90 €, 150×190 mm, 22 pages, imprimé en UE, 2012.
La Cheneuille
Texte de Yannick Jaulin, illustré par Toni Demuro
Rêves Bleus dans la collection Des livres d’enfants pour les grands
10 €, 145×210 mm, 34 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
La jeune fille habillée en garçon
Texte de Muriel Bloch
Didier Jeunesse dans la collection Il était une (mini) fois
3 €, 115×165 mm, 26 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Chut, Lapingouin est amoureux
Texte de Carole-Anne Boisseau et Galaxie Vujanic, illustré par Masami Mizusawa
HC éditions dans la collection Lapingouin
12,50 €, 266×218 mm, 29 pages, imprimé en Espagne, 2013.

À part ça ?

Comme tous les mois, nous vous donnons aujourd’hui nos coups de cœur du mois dernier. En avril, c’était donc, pour Marianne : Coucou, le grand cache-cache des animaux, d’Édouard Manceau (Tourbillon), Pile-poil pour deux de Tracey Corderoy et Rosalind Beardshaw (Gallimard Jeunesse) et Fabuleuses histoires de géants de Gérard Pourret et Nancy Ribard (Mouk Editions). Et pour moi : Raja de Carl Norac et Aurélia Fronty (Didier Jeunesse), L’orphelin d’Anouk Grinberg (Cèdre Lune) et Contes d’un roi pas si sage de Ghislaine Roman et Clémence Pollet (Seuil Jeunesse).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

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Des contes

Par 24 avril 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose une sélection de contes que vous connaissez sûrement.

La truie et le loupTrois fermières discutaient de ce qu’elles feraient à manger pour Mardi gras. La première comptait tuer sa poule, la seconde sa dinde et la dernière sa truie. La poule, qui avait tout entendu, alla prévenir la dinde et la truie et toutes les trois s’enfuirent. Seulement à force de marcher la poule fut fatiguée et ne pouvait plus avancer. La truie lui construisit une maison en petit bois. Puis ce fut la dinde qui à son tour ne put plus avancer, la truie lui fabriqua une maison en bois moyen. Enfin, la truie à son tour voulut se reposer et se fabriqua une maison en gros bois. Le loup passa devant la maison de la poule…

Vous aurez peut-être reconnu Les trois petits cochons, en voici une version issue de la tradition orale française racontée par Jean-Louis Le Craver. Je dis bien racontée, car ici l’écriture est orale et l’on prend énormément de plaisir à lire à voix haute les dialogues truculents. Je le dis régulièrement pour les livres de chez Didier Jeunesse, mais quel plaisir pour nous, parents, de lire des livres écrits par des conteurs ! On y met des intonations, on joue avec les enfants. Et ceux-ci se régalent ! Et autant vous dire qu’ici, un loup qui pète sur les maisons pour les faire voler… ils sont fans ! Pour ses illustrations, Martine Bourre utilise collages, morceaux de cartons, plantes… et le caleçon du loup est irrésistible ! Encore, un super conte sorti dans la collection À petits petons.
Des extraits sur le site de Didier Jeunesse.

Tom PouceUn couple se désespérait de ne pas avoir d’enfant, il aurait tant aimé en avoir même s’il n’avait eut que la taille d’un pouce ! Quelqu’un les entendit puisque c’est un enfant précisément de cette taille que la femme mit au monde sept mois plus tard. Alors qu’il guidait un cheval niché dans son oreille, des hommes s’aperçurent de son existence et voulurent l’acheter… c’était le début d’une grande aventure.

Grand classique, mais pas forcément très connu, Tom Pouce ressort avec les belles illustrations colorées de Vincent Mathy dans un grand album de la collection Contes & classiques de chez Magnard. Ce n’est pas parce qu’on est tout petit qu’on ne peut pas s’en sortir dans la vie (non je ne parle pas de moi) ! Tom Pouce est très malin et malgré le fait qu’il va être mangé par une vache puis par un loup il réussira à rentrer chez ses parents par ses propres moyens. Un classique des frères Grimm qui ressort avec des illustrations colorées, entre rétro et modernité.
Des extraits en ligne.

Hansel Et GretelDeux enfants prénommés Hansel et Gretel entendirent leurs parents dire qu’ils allaient les perdre dans la forêt. Hansel eut l’idée de ramasser des petits cailloux blancs, les sema sur le chemin et ainsi ils rentrèrent à la maison. Le lendemain quand les parents recommencèrent Hansel n’eut pas le temps de ramasser à nouveau des cailloux et sema des miettes de pain… sauf que les oiseaux les mangèrent. Perdus dans la forêt, ils tombèrent sur une maison en pain d’épices et commencèrent à la manger, ils ne savaient pas qui vivait là…

Je ne m’étais jamais rendu compte de la similitude entre Le petit Poucet et Hansel et Gretel. J’ai revu le premier ces jours derniers et en lisant le deuxième je me suis aperçu à quel point les débuts des deux histoires étaient identiques. On retrouve donc ce grand classique des frères Grimm illustré par une artiste qu’on aime beaucoup : Sophie Lebot. Elle croque avec délicatesse ce conte cruel (il y a quand même une sorcière qui fait engraisser un petit garçon pour le rendre plus dodu avant de le manger et une mère à qui c’est égal de perdre ses enfants dans la forêt !). Un album sorti dans la collection Les classiques du Père Castor (et donc à petit prix).

Le chat bottéAlors que ses frères avaient reçu un moulin pour l’un et un âne pour l’autre, un homme n’eut qu’un chat pour héritage à la mort de son père. Que faire de l’animal ? Le manger et se faire un manchon avec sa peau ? Le félin, qui était intelligent, eut une autre idée… Un âne, dont le maître estimait qu’il était trop vieux et qu’il fallait s’en débarrasser, partit sur les routes pour échapper à l’abattoir. En chemin il rencontra un chien, un chat et un coq qui tous n’étaient plus aimés de leurs maîtres. Ensemble, ils décidèrent de partir devenir musiciens à Brème. Un loup qui était très maigre rencontra un chien qui lui semblait bien nourri. Le chien proposa au loup une vie plus belle…

Trois contes sont réunis dans ce petit livre qui ressemble à un carnet : Le chat botté (de Charles Perrault), Les musiciens de Brème (des Frères Grimm) et Le loup et le chien (de Jean de la Fontaine). Ici, on parle des animaux dont on se débarrasse quand ils ne nous servent plus, de la liberté. Les animaux, même s’ils semblent finis, ne sont pas si bêtes… Bien entendu, ce sont des contes et un chat, même avec des bottes, vous fera rarement gagner un château dans la vraie vie… mais ces trois histoires sont un début de réflexion sur ce qu’on fait avec les animaux de compagnie. Sorti dans la collection Les contes affables chez Manannan éditions, ce sont ici les textes d’époque (originaux pour le Charles Perrault et le Jean de la Fontaine, traduction de 1875 pour celui des Frères Grimm). Un petit recueil qui tient dans la main pour redécouvrir des contes classiques.

Dame HiverUne jeune fille vivait avec sa belle-mère et sa demi-sœur. Elle était belle et travailleuse, pendant que l’autre était laide et paresseuse. C’est elle qui accomplissait les tâches ménagères et souvent elle filait au bord du puits. Un jour, alors qu’elle avait les doigts en sang à force de filer, sa bobine tomba dans le puits. Sa belle-mère l’obligea à aller la chercher. C’est là qu’elle rencontra Dame Hiver et qu’elle entra à son service.

C’est un magnifique conte des frères Grimm qu’a sorti Didier Jeunesse dans la collection Il était une (mini) fois, dont je vous avais déjà parlé. Des petits livres non illustrés à prix tout doux (3 €). C’est le genre de conte qui nous est familier avec la belle-mère méchante, la demi-sœur fainéante, la belle qui fait tout, la cupidité des deux premières qui les entraînera vers leur chute (pendant que la gentille sera récompensée). Et malgré le fait que l’on connaisse par cœur ce genre de conte, c’est toujours un plaisir de les retrouver dans des versions différentes. Un classique des frères Grimm qu’on a plaisir à découvrir ou à retrouver.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Martine Bourre (L’ogresse et les sept chevreaux, Les Deux Vieux & l’Arbre de vie, Au bain, mon lapin ! et La souris qui cherchait un mari), les Frères Grimm (Les musiciens de Brême, Le vieux Cric Crac, Le voleur de lune, Les musiciens de Brême, L’homme à la peau d’ours, Tom Pouce, Le petit chaperon rouge, Blanche Neige, Hansel et Gretel et Hans la chance), Vincent Mathy (C’est beurk, j’adore ! et Petits ruisseaux), Sophie Lebot (Blanche Neige, Le ventre de maman, Victor et les AmulettesLa princesse de Fertabelle et la princesse de Fertamaline) et Charles Perrault (Cendrillon, Le chat beauté, Le petit chaperon rougeLe chat botté et Le petit Poucet dans la collection Les contes en chanson chez Larousse, Peau d’âne illustré par Charlotte Gastaut, Le petit chaperon rouge dans une version « herbier » et une version sans texte et Cendrillon en petit théâtre d’ombre). Retrouvez aussi notre interview de Sophie Lebot.

La truie et le loup
Texte de Jean-Louis Le Craver, illustré par Martine Bourre
Didier Jeunesse dans la collection À petits petons
11,50 €, 232×217 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Tom Pouce
Texte de Jacob et Wilhelm Grimm (traducteur non crédité), illustré par Vincent Mathy
Magnard Jeunesse dans la collection Contes & classiques
13,90 €, 280×240 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Hansel et Gretel
Texte d’après Les Frères Grimm (auteur non crédité), illustré par Sophie Lebot
Père Castor dans la collection Les classiques du Père Castor
4,75 €, 210×180 mm, 24 pages, imprimé en France, 2014.
Le chat botté
Textes de Charles Perrault, Les frères Grimm (traduction de Frédéric Baudry) et Jean de la Fontaine, illustrés par Julien Delval
Manannan éditions dans la collection Les contes affables
4,50 €, 100×150 mm, 64 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Dame Hiver
Texte de J. et W. Grimm (traduction de François Mathieu)
Didier Jeunesse dans la collection Il était une (mini) fois
3 €, 115×165 mm, 28 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Une petite vidéo pour en savoir plus sur un illustrateur qu’on aime beaucoup, Matthieu Maudet.

Gabriel

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D’autres contes

Par 3 février 2014 Livres Jeunesse

On aime vous parler des contes connus, il y a sans arrêt de nouvelles versions d’histoires qu’on nous a lues enfants et que nos parents (et les parents de nos parents) ont écouté également quand ils étaient petits. Mais on aime aussi les autres contes, ceux que l’on ne connaît pas parce qu’ils sont peu connus, venus d’ailleurs ou tout simplement récents. Aujourd’hui, je vais vous présenter un conte venu de Chine, un conte inuit, un conte tunisien, mais je commence par un conte récent.

Le fils du géantParce qu’il était tout petit, un roi et une reine avaient décidé d’abandonner leur enfant. Ils l’avaient déposé dans un dé à coudre d’or qu’ils avaient confié à la rivière. C’est ainsi que, sur son embarcation, l’enfant fut trouvé par deux géants qui décidèrent de l’élever. Ils lui donnèrent tout ce dont il avait besoin et grâce à ça, l’enfant grandit, devint un jeune homme robuste. Un jour, le roi et la reine, surpris par un terrible orage, vinrent dans la grotte des deux géants… et reconnurent le dé en or…

Avec une construction de conte classique, c’est une magnifique histoire que nous raconte Gaël Aymon, auteur que nous aimons décidément beaucoup. On nous parle donc ici d’un enfant différent abandonné par ses géniteurs. Un enfant qui aura le choix, une fois adulte, de vivre avec ses vrais parents une vie de prince, ou de rester avec ceux qui l’ont recueilli puis élevé pour continuer à être simple pêcheur. La fin est absolument magnifique… mais bien entendu je vous laisse la découvrir. Les illustrations de Lucie Rioland sont superbes et mettent parfaitement en image la belle histoire de Gaël Aymon, elles font juste regretter que l’album ne soit pas plus grand. Un magnifique conte, de ceux qui restent, avec même en arrière-plan une histoire d’homoparentalité.

Grand-tante tigreAlors que leur mère s’est absentée, A-king, dix ans, et A-Yu, sept ans, entendent frapper à la porte de leur maison. Leur mère les a bien mises en garde, il ne faut pas ouvrir ! Seulement, la personne qui frappe à la porte prétend justement être leur mère alors les filles décident d’ouvrir… et se rendent vite compte que ce n’est pas elle. La vieille dame qui leur fait face leur dit être une grand’tante venue veiller sur elles… Seulement les petites filles ont quelques doutes…

Ici encore, c’est un conte comme on a l’habitude d’en lire, mais qu’on ne connaît pas. Les contes venus de Chine sont souvent plus cruels, plus durs (ce qui ne dérange pas les enfants) que nos versions édulcorées du petit chaperon rouge ou de Cendrillon (merci Perrault…). Ici, un enfant sera croqué (il y a même un morceau de doigt), la Grand-Tante Tigre ne s’en sortira pas. C’est, comme souvent, un très bel album que nous proposent les éditions HongFei, tant dans l’histoire que dans les illustrations et, on n’en parle pas assez souvent, mais aussi dans la maquette (je trouve toujours la mise en page des albums HongFei particulièrement soignée). Un très beau conte pour ceux qui aiment les histoires qui font un peu peur.

Il était une (mini) fois,
Des histoires fortes, des récits venus d’ailleurs
merveilleusement écrits,
par des conteurs d’aujourd’hui…
Il était une (mini) fois,

Des classiques à découvrir dans leur version d’origine
ou écourtée avec un grand respect…
Voilà le principe d’une toute nouvelle collection de chez Didier Jeunesse. Des petits livres (à prix mini), parfaits pour les tout jeunes lecteurs (mais on peut aussi les lires à ceux qui sont un peu plus jeunes). Huit titres sont déjà sortis, je vous en présente deux aujourd’hui.

Le premier amour de grand corbeauPour les Inuit, le grand créateur c’est un corbeau. Un oiseau capable de se transformer en homme. Quand il eut fini de créer le monde, il y descendit pour contempler son œuvre. C’est là qu’il rencontra une énorme baleine, et à l’intérieur du corps de la baleine, une jeune femme qui dansait et dont les mouvements faisaient bouger le cétacé. Le grand corbeau était tombé amoureux de la jeune fille et voulait l’emporter avec lui…

J’aime beaucoup les contes inuit, j’avais d’ailleurs chroniqué un magnifique recueil de contes de cette peuplade. Là encore, on retrouve cet univers particulier, un conte comme on en voit peu chez nous. On nous parle du premier amour du monde, des premières larmes du monde et du premier chant du monde. Muriel Bloch fait partie de ces auteurs qui sont tout simplement passionnants, captivants, dont le style est un délice à lire. On sent ses mots bien choisis. C’est d’ailleurs une chose commune aux conteurs et donc quelque chose qu’on retrouve dans cette collection… c’est encore le cas avec le conte suivant.

Aïcha et l'ogreParce qu’il devait partir en voyage quarante-quatre jours et quarante-quatre nuits, un homme enferma sa fille derrière une haute muraille fermée par un grand portail qui comportait sept serrures différentes. Aïcha, c’était le nom de la jeune fille, resta donc, là, seule avec son chat à s’amuser, sans personne pour la commander. Seulement un jour, le chat fit tomber la boîte d’allumettes dans le puits et Aïcha ne pouvait plus se faire à manger… elle dû sortir en faisant un trou dans la palissade, et rencontra un ogre. Celui-ci accepta de la laisser partir si elle lui donnait son doigt à sucer quand il viendrait chez elle…

Là encore, grâce à la conteuse Praline Gay-Para, on prend beaucoup de plaisir à lire, à voix haute, cette histoire de petite fille qui paye sa désobéissance. Ici, c’est un conte tunisien et là encore c’est assez différent de nos contes traditionnels. Tout comme le précédent, c’est un conte qui était déjà sorti chez Didier jeunesse (dans une version illustrée et même une version livre-disque pour celui-ci) et qu’on retrouve ici, donc, en format poche contenant uniquement le texte. Une collection à suivre de près !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Gaël Aymon (L’anniversaire à l’envers, Les souliers écarlatesLa princesse Rose-Praline, Une place dans la cour, Contes d’un autre genre et Giga Boy), Muriel Bloch (Le vieux Cric CracPetites sagesses du soir et Le Schmat doudou) et Praline Gay-Para (Petit beignet rond et doré, L’ogresse et les sept chevreaux et Au loup !). Retrouvez aussi notre interview de Gaël Aymon.

Le fils des géants
Texte de Gaël Aymon, illustré par Lucie Rioland
Talents Hauts
13,80€, 230×200 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2013.
Grand’Tante Tigre
Texte de Blanche Chiu, illustré par Minji Lee-Diebold
HongFei dans la collection Contes de Chine
15,20€, 225×279 mm, 28 pages, imprimé à Taïwan, 2013.
Le premier amour de grand corbeau
Texte de Muriel Bloch
Didier Jeunesse dans la collection Il était une (mini) fois
3€, 115×165 mm, 28 pages, imprimé en France, chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Aïcha et l’Ogre
Texte de Praline Gay-Para
Didier Jeunesse dans la collection Il était une (mini) fois
3€, 115×165 mm, 28 pages, imprimé en France, chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

La Revue des livres pour enfants 274Connaissez-vous La revue des livres pour enfants, éditée par le Centre national de la littérature pour la jeunesse de la BNF ? C’est Véronique Soulé de l’émission Écoute, il y a un éléphant dans le jardin qui m’a fait découvrir cette super revue, qui paraît six fois dans l’année. Dans le numéro 274 on va trouver, comme à chaque fois, une sélection d’albums, de romans, de documentaires, de CD… pour enfants et adolescents. On trouvera, par exemple, dans ce numéro des critiques de livres que nous avons chroniqués comme Réveillés les premiers de Komako Sakaï, Issun Böshi d’Icinori, Pépito Super-Héros de Yann Walker et Magali Le Huche, Un jour j’irai chercher mon prince en skate de Jo Witek, Jonah de Taï-Marc Le Thanh… Mais ce ne sont que quelques exemples, car ici on parle de très nombreux ouvrages… et on en parle bien ! Le cahier critique de plus de cinquante pages est suivi d’informations sur les revues pour enfants, les livres sur la littérature jeunesse… puis c’est un dossier de plus de cinquante pages sur les littératures de l’imaginaire qu’on nous propose. De La Belle et la Bête à Hunger Games en passant par les manga ou Harry Potter, un dossier très complet qui nous propose aussi des interviews (Michel Honaker et Johan Helliot). Enfin, on nous propose un article sur le livre d’art, une analyse d’Éclats de lune de Pierre Cornuel et l’actualité des bibliothèques. La revue des livres pour enfants c’est vraiment un guide pour tous les amoureux de la littérature jeunesse. Ils y trouveront des conseils de lecture et des tas d’informations. Vous pouvez en savoir plus sur cette super revue ici (vous trouverez même dans la colonne de droite les liens pour vous abonner ou pour commander ce numéro ou les anciens).

Gabriel

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