La mare aux mots
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Immigration

Des romans sacrément intelligents

Par 4 septembre 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui au programme, deux excellents romans ! Le premier nous embarque de l’autre côté de la Manche pour une intrigue politico-romantique renversante et le second nous présente une fillette au caractère bien trempé qui va vivre une amitié inattendue. C’est parti !

Brexit romance
de Clémentine Beauvais
Sarbacane
17 €, 138×215 mm, 446 pages, imprimé en Bulgarie, 2018.
Mon chien, Dieu et les Pokétrucs
Texte de Myren Duval, illustré par Charles Dutertre
Le Rouergue
8,50 €, 140×190 mm, 64 pages, imprimé en France chez un imprimeur écoresponsable, 2018.

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Enfants d’ici ou d’ailleurs [article en accès libre]

Par 30 novembre 2017 Livres Jeunesse

Ils et elles ont vraiment existé, ou auraient pu. Ces enfants vivent parfois dans un pays en guerre, parfois près de nous. Parfois, en exil ou juste en voyage.

 Le héros n’est pas un enfant, c’est un ourson. Un ourson qui a vécu tout près d’un jeune Hollandais qui s’appelait Fred, un ourson qui a voyagé avec lui, qui s’est caché avec lui, qui a traversé le temps. Il ne l’a quitté que bien plus tard, pour s’installer dans un musée.
Cet ourson existe, tout comme son propriétaire, il est exposé à Yad Vashem, mémorial dédié aux victimes juives de la Shoah. Fred, quant à lui, est maintenant un vieux monsieur. À travers l’histoire de son ours c’est son histoire à lui que l’on suit, un enfant comme tant d’autres qui a dû porter une étoile jaune, fuir, se cacher. Si le sujet est dur, le livre, tout en ne cachant pas les choses, est à portée d’enfant et ne va pas les choquer, il rappelle juste des situations qui se sont passées dans une époque pas si lointaine. Le livre est un bel ouvrage avec de magnifiques illustrations et un beau papier. Adultes comme enfants seront ému·e·s de lire l’histoire de cet ours qui a été, pendant une période difficile, la seule chose qui restait à l’enfant de sa vie d’avant.
Un très bel album pour parler de la Shoah avec les enfants.

Recevoir un cadeau c’est toujours plaisant, alors être un cadeau soi-même… quelle joie ! Après avoir brûlé son village et emprisonné ses habitant·e·s, ils ont donc décidé que lui serait le cadeau, un cadeau pour la reine. Pour ça, il lui faudrait apprendre quelques phrases de français « Oui, ma Reine », « D’accord, ma Reine », « tout de suite, Votre Majesté ». Être un cadeau, c’est quelque chose de peu banal.
Thomas Scotto s’empare d’un sujet lourd (la colonisation) et en fait un album poétique et violent. Car si le texte est extrêmement beau, on se prend quand même en pleine figure la réalité de ces enfants devenus esclaves, de ces peuples déracinés qui ont tout perdu. L’album se termine par une note plus légère, un espoir et le rappel que dans chaque camp il y a des personnes bonnes.
Un album extrêmement fort pour parler de la colonisation et du déracinement.

À Kaboul vit Tamana. Dans la pièce aux vitres cassées où elle vit avec toute sa famille, elle rêve d’une maison où elle vivrait heureuse. Tamana aime l’école et s’y rend chaque jour avec plaisir, mais aujourd’hui c’est une sacrée surprise qui l’attend : elle a gagné un concours de dessin international et va partir à Paris pour recevoir son prix.
Ici encore, il s’agit d’une histoire vraie, celle d’une petite Afghane qui est venue à Paris suite à un concours de dessin. On découvrira tout d’abord sa vie là-bas, puis Paris à travers ses yeux. Si la peur s’installera parfois, c’est surtout l’étonnement qui dominera chez Tamana. L’étonnement de voir des statues dénudées, de voir de l’eau couler partout, mais aussi l’ascenseur ou la machine à laver. Il y aura aussi la peine, en voyant un homme dormir dans la rue sur des morceaux de carton. Le beau texte de Bénédicte Prats est mis en image par de superbes illustrations de Bertrand Dubois.
Un magnifique album sur la découverte de l’autre, et le respect de tous et toutes, d’où qu’ils ou elles viennent.

Talia a sept ans, elle est née au Soudan, mais elle a dû fuir. Prendre un camion, un bateau puis un autre bateau. Elle est arrivée en France, en route elle avait perdu de vue son frère et sa petite sœur était née. Quand Talia et sa famille se sont enfin posées, c’est dans le nord de la France au bord de la mer, dans un abri couvert de bâches bleues.
Autre album extrêmement fort, Chemin des dunes, sur la route de l’exil nous propose de suivre le voyage d’une petite fille de sept ans sur le long chemin qui va la mener de son pays qu’elle doit fuir, aux baraquements d’un camp d’hébergement. Si là encore le propos pourrait être lourd, il est rendu plus léger grâce aux belles illustrations de Nathalie Dieterlé et l’écriture de Colette Hus-David qui se met à hauteur d’enfant. Il y a du suspense (Talia retrouvera-t-elle son frère ?), des non-dits qui laissent chacun·e imaginer les choses (la famille de Naïma, qui a disparu un matin, a-t-elle réussi à traverser en Angleterre ?).
Un bien bel album sur les migrant·e·s.

La mer n’est pas loin, pourtant elle ne la voit pas. Entre la mer et elle, il y a le mur de béton qu’elle aime peindre avec Walid. Pourtant, un jour elle ira voir la mer, elle saura à quoi ressemble l’horizon.
France Quatromme raconte l’enfance en Palestine. La mer si proche et pourtant si loin, le mur de huit mètres, les checkpoints, le blocus. Avec un texte poétique et à hauteur d’enfant, elle fait passer énormément de choses. En fin d’ouvrage, une page documentaire signée par la présidente de la plateforme des ONG françaises pour la Palestine nous permet d’en savoir plus et de mieux comprendre certaines choses que l’on a croisées dans l’album. Le texte est accompagné par de très belles illustrations d’Évelyne Mary. À noter que cet ouvrage a reçu le prix de l’Instruction René Devic lors de la dernière Comédie du livre.
Un bel ouvrage sur les enfants de Palestine.

Qui sont les migrant·e·s et les réfugié·e·s ? D’où viennent-ils·elles ? Pourquoi sont-ils·elles dans cette situation ? Que pouvons-nous faire pour eux·elles ?
Sorti chez Nathan, cet album documentaire (qui se lit finalement comme un album classique) nous apprend plein de choses sur les réfugié·e·s et les migrant·e·s. Avec des phrases simples et adaptées aux enfants, ce bel album saura répondre à leurs questions, avec justesse et sans tabous. On apprendra même ici ce qu’on peut faire pour être utile. Les illustrations colorées et pleines de douceur contribuent à rendre le livre attirant pour les enfants, alors qu’il traite d’un sujet pas facile.
Un documentaire qui parle avec délicatesse et justesse des réfugié·e·s et des migrant·e·s.

Sorti dans la même collection (et illustré par la même illustratrice), La pauvreté et la faim explique, là encore avec justesse, aux enfants ce que c’est qu’être pauvre et ce qui fait qu’on peut le devenir, quels problèmes cela engendre de l’être, qui sont ceux et celles qui aident les autres et comment faire pour aider. Là encore un documentaire particulièrement bien fait.

L’ourson de Fred
Texte d’Iris Argaman (traduit par Livia Parnes et Pierre-Emmanuel Dauzat), illustré par Avi Ofer
Chandeigne
14 €, 165×235 mm, 44 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017.
Kado
Texte de Thomas Scotto, illustré par Éric Battut
À pas de loups
17 €, 240×340 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2017.
Le dessin de Tamana
Texte de Bénédicte Prats, illustré par Bertrand Dubois
Cépages dans la collection Racines du monde
15 €, 240×320 mm, 40 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017.
Chemin des dunes, sur la route de l’exil
Texte de Colette Hus-David, illustré par Nathalie Dieterlé
Gautier Languereau
14 €, 270×240 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
On ira voir la mer
Texte de France Quatromme, illustré par Évelyne Mary
Lirabelle
15 € 225×225 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2015.
Les réfugiés et les migrants
Texte de Ceri Roberts (traduit par Christine Liabeuf), illustré par Hanane Kai
Nathan dans la collection Explique moi…
12,90 €, 230×230 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2017.
La pauvreté et la faim
Texte de Louise Spilsbury (traduit par Christine Liabeuf), illustré par Hanane Kai
Nathan dans la collection Explique moi…
12,90 €, 230×230 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2017.

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Des ours exilés et un conte chamboulé

Par 3 mars 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on rencontre une bande d’ours polaires à la recherche d’une terre d’asile, puis on va bousculer les contes traditionnels !

Bienvenus 
de Barroux (traduit par Élisabeth Duval)
Kaléidoscope
13 €, 252×280 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2017.
La dernière histoire du soir
de Nicolas O’Byrne (traduit par Rose-Marie Vassallo)
Père Castor-Flammarion
13,50 €, 237×298 mm, 44 pages, imprimé en Chine, 2017.

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Histoires d’immigrations

Par 19 mai 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, deux albums à l’actualité brûlante, à mettre entre toutes les mains, deux albums qui nous parlent de l’exil et de l’intégration dans un pays d’accueil.

Te souviens-tu de Wei ?
Texte de Gwenaëlle Abolivier, illustré par Zaü
HongFei
15,50 €, 320×240 mm, 52 pages, imprimé en République tchèque, 2016.
Avec trois brins de laine (on peut refaire le monde)
Texte d’Henriqueta Cristina (traduit par Carlos Batista), illustré par Yara Kono
Les éditions des éléphants
 13,50 €, 227×268 mm, 32 pages, imprimé en Lettonie, 2016.

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Solidarité à l’école

Par 11 mai 2015 Livres Jeunesse

Rouge Oh Arthur est tout rouge ! Forcément, c’est rigolo ! Une petite fille sourit puis il y a les chuchotements, les gloussements, les coups de coude. Alors Arthur est de plus en plus rouge. Il aimerait qu’on le laisse tranquille. Puis, il y a Paul qui rit de plus en plus fort, qui donne même un petit coup à Arthur pour se moquer. Qui osera réagir ? Paul c’est le dur de la classe, pas facile d’oser intervenir… Même quand la maîtresse arrive pour voir ce qu’il se passe, tout le monde se tait.
Pas facile de réagir, de défendre un copain, d’oser contredire les fortes têtes. Pas facile non plus de dénoncer, pourtant quand les témoins sont nombreux, on ne peut rien contre eux. L’album est magnifique, les illustrations superbes. On parle ici de la timidité, des petites moqueries qui dérapent, de l’intimidation, de ceux qui osent dénoncer, de ceux qui refusent de se taire.
Un superbe album sur les dérapages à l’école et de l’importance que les adultes réagissent.
À noter qu’une partie des bénéfices est reversée à l’association Lire et faire lire.
Le même vu par Sous le feuillage et Butiner de livres en livres.

anisiaAnisia a quitté son pays, l’Angola, une nuit. Elle se souvient de la fumée qui sortait de sa bouche quand elle parlait en arrivant en France. Elle venait de découvrir l’hiver. Au début, Anisia ne quittait pas la maison, pas facile quand on ne parle pas la langue. Puis, il a fallu aller à l’école. Anissa aimait ça, elle apprenait à lire et à écrire, elle pouvait aider sa mère. Mais un jour, une lettre parlant de « reconduite à la frontière » est arrivée, sa mère a pleuré, l’école s’est mobilisée.
C’est, là aussi, un très bel album. Des mots simples pour une situation qui ne l’est pas, des illustrations poétiques pour des choses bien réelles. On parle d’expulsion, de mobilisation, de solidarité.
Un magnifique album sur l’importance de l’école comme lien social.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Pauline Comis (Le secret le plus fort du monde).

Rouge
de Jan De Kinder (traduit par Marie Hooghe)
Didier Jeunesse
13,10 €, 200×260 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Anisia
Texte de Marion Le Hir de Fallois, illustré par Pauline Comis
Kilowatt
10,20 €, 170×240 mm, 30 pages, imprimé à Singapour, 2010.

À part ça ?

quand je dessine, je peux dépasser... « 50 illustrateurs s’emparent de 50 mots ». En hommage aux victimes de la tuerie de Charlie Hebdo et pour rappeler l’importance de la liberté de dessiner, Anouck Boisrobert et Louis Rigaud, Benjamin Chaud, Emmanuelle Houdart, Magali Le Huche, Dorothée de Monfreid… illustrent les mots Composer, Refaire, Tatouer, S’appliquer, Démontrer… Cahier de coloriage, ou pas, c’est en tout cas un bien bel album, 50 dessins en noir et blancs rassemblés.
À noter que tous les bénéfices sont reversés à Charlie Hebdo.
Quand je dessine, je peux dépasser… collectif, 12,90 €.

Gabriel

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