La mare aux mots
Parcourir le tag

Injustice

Dans les bois

Par 23 juin 2014 Livres Jeunesse

l'oizochatDans la forêt de Cécédille un jour un animal étrange tomba du ciel. Mi-oiseau, mi-chat, l’Oizochat parlait un langage étrange que personne ne comprenait, ni les oiseaux, ni les chats. Ils se méfièrent donc de cet étranger. Il était différent, ils ne le connaissaient pas, il était donc certainement dangereux. L’oizochat leur raconta par des dessins d’où il venait, que son pays était en guerre, qu’autour de lui tout le monde avait été tué, mais les oiseaux et les chats firent mine de ne pas comprendre. Ils acceptèrent toutefois qu’il reste, à condition qu’il accepte toutes les corvées qu’on lui demandait d’effectuer et sans rien réclamer en retour. Et bien sûr l’Oizochat faisait tout pour s’intégrer, apprenant même la langue des uns et des autres, chantant même d’une façon divine, on continuait à se méfier de lui et à demander aux enfants ne de pas l’approcher.
Vous l’aurez compris, c’est un conte plein de sens que signe le très talentueux Rémi Courgeon. Une histoire très forte dans laquelle on peut entrapercevoir la peur de l’autre et de la différence, le rejet des étrangers (sauf s’ils nous sont utiles et qu’ils n’approchent pas nos enfants). Sans aucune lourdeur, Rémi Courgeon parle donc de thèmes forts. Comme d’habitude, c’est magnifiquement illustré.
Un très beau conte, dur parfois, mais plein d’espoir.

Robin des boisFils d’un garde de la forêt de Sherwood, Robin était un habile archer. Avec ses parents, ils vivaient dans la peur : le Shérif imposait ses lois, de plus en plus violentes, de plus en plus dures à supporter, pendant que le roi était en croisade. Le jour où son père se fit capturer pour avoir osé chasser afin de nourrir sa famille et ses amis que les lois du Shérif affamaient, Robin décida de ne plus se laisser faire. Aidé d’un ami, il délivra son père à la barbe des gardes. Le peuple fut impressionné et donna un surnom à ce jeune garçon qui se cachait dans la forêt : Robin des bois.
Tout le monde connaît ce personnage, mais finalement connaissons-nous l’histoire (moi personnellement, je ne la connaissais pas) ? C’est pourtant une magnifique aventure que celle de celui qui osa se rebeller, s’allia aux bannis (handicapés, albinos… tous ceux qui étaient éloignés, car on les pensait envoyés par le diable) pour récupérer des vivres pour le peuple puis renverser celui qui les affamait. Si vous ne connaissez pas la fin, je ne vous la raconterai pas ici, mais mon résumé n’est que le début d’une grande et belle (et tragique) histoire.
C’est Sébastien Pelon qui a magnifiquement mis en image cette belle histoire, avec des planches qui occupent parfois les doubles pages. Le livre est superbe, à l’image de sa couverture.
Une grande aventure pour les enfants qui lisent déjà (l’éditeur le conseille à partir de 8 ans).
Des extraits sur le site de l’illustrateur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Rémi Courgeon (Brindille, Gros Chagrin, Le grand arbre et autres histoiresContes d’Afrique, Pieds nusToujours debout, Pas de ciel sans oiseaux et Elvis Presley) et de Sébastien Pelon (Contes d’Afrique). Retrouvez aussi notre interview de Rémi Courgeon.

L’oizochat
de Rémi Courgeon
Mango Jeunesse
14,50 €, 220×230 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2014.
Robin des bois
Texte de Stéphane Frattini, illustré par Sébastien Pelon
Milan dans la collection Albums classiques
16,90 €, 260×315 mm, 64 pages, imprimé en Italie, 2014.

À part ça ?

Biscoto 17Je vous ai parlé il y a quelques jours de la super promo que propose Biscoto (voir ici)… mais je n’avais pas vu que le dernier numéro était paru ! Et ce mois-ci, ça déménage ! Pour son numéro 17, dans le journal plus fort que costaud ! on va donc retrouver des BD, des jeux, des histoires… sur le thème du déménagement. Des extraterrestres qui changent de planète, une idée farfelue du Professeur Biscornu pour déménager facilement, un enfant qui aimerait déménager pour avoir un ascenseur, un jeu genre test de personnalité signé Vincent Malone, la suite des feuilletons… bref on va encore bien s’amuser avec ce nouveau numéro de notre journal de BD préféré !
3,50 € ce numéro et 35 € l’abonnement d’un an ici.

Gabriel

You Might Also Like

Méfie-toi, ils ne sont pas comme nous !

Par 11 mars 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui deux très beaux albums qui, chacun à leur manière, parlent de la peur et la méfiance vis à vis de l’étranger et des gens différents.

L'école est en feuFanfan adore Louis, ok il n’est pas comme lui et ses camarades (Fanfan est un cochon et Louis un loup) et il est toujours pressé de le voir. Un jour, alors qu’il espère le retrouver au parc, il le voit passer pour aller à la gare… étrange ! Que va faire Louis ? Et quand il arrive en retard à l’école, Fanfan se dit qu’il se passe vraiment des choses dans la vie du jeune loup… Le jour où l’école brûle, tout le monde a déjà le coupable c’est Louis, forcément ! (de toute façon tous se méfient de lui). Fanfan va apprendre quelle est la vie de son ami…

Seul loup parmi les cochons, Louis vit avec sa grand-mère (illettrée) parce que ses parents sont partis en ville pour gagner de l’argent. On parle ici de la précarité, de la pauvreté de certaines populations immigrées et du racisme dont elles sont victimes. Elles sont aussi, souvent, les parfaits coupables des problèmes qui arrivent. Cet album évoque tout ça avec intelligence et finesse (l’album est signé Mario Ramos…). Sans jamais aller dans la facilité et en laissant une part belle à la réflexion personnelle du lecteur, Mario Ramos livre cette belle histoire d’amitié et de tolérance. Il y rend aussi hommage aux enseignants qui se battent pour qu’un élève qui ne part pas avec les mêmes armes ne soit pas, au final, lésé (l’album se termine par un enseignant qui ne comprends pas pourquoi, parce qu’il ne sait pas lire, Louis devrait être au dernier rang et le fait se placer devant « Car mon métier c’est justement d’apprendre à lire aux enfants. »). Un bien bel album.

La fée sorcièreMarine est une fée, comme sa mère et comme les autres personnes qui l’entourent. Une fée ça doit faire attention, ne pas se salir, ne pas se blesser. Ça doit rester impeccable ! Sauf que le souci c’est que Marine, elle, aimerait bien faire du patin à roulette ou avoir un bateau… mais tout ça c’est réservé aux sorcières, ces êtres horribles qui vivent dans la forêt. La mère de Marine est en colère quand elle apprend que sa fille veut aller jouer avec elles, Marine serait la honte de la famille ! Oh et puis si on la laissait y aller… elle va vite se rendre compte que ces gens-là ne sont pas comme eux et qu’on est bien plus heureux entre fées !

Magnifique album sur la différence et la peur de l’autre ici aussi, mais surtout sur la recherche d’identité et pourquoi pas… sur le sexisme ? Les fées ne sont-elles pas une sorte de caricature de l’image que la société sexiste renvoie des filles (elles n’ont pas le droit de se salir, de jouer à des jeux trop « dangereux ») et les sorcières des garçons. Marine est une fée, elle n’a pas envie de ne plus l’être mais elle veut pouvoir faire des jeux de sorcière sans nier son identité. L’album parle aussi, évidemment, de l’opposition aux choix des parents et de ce que l’on souhaite pour nos enfants (qui n’est pas forcément leur choix, mais le nôtre, ne l’oublions pas). Un album superbement illustré qui va faire réfléchir, là encore, et qui va donner lieu à des conversations passionnantes (et passionnées ?) entre les parents et les enfants.

Quelques pas de plus…
D’autres livres sur la différence sur notre fiche thématique.
Nous avons déjà chroniqué deux livres de Mario RamosLe petit Guili et Mon ballon, un livre de Brigitte Minne, Dors bien Rosalie, et un livre illustré par Carll Cneut : Tout bêtement.

L’école est en feu
de Mario Ramos
Pastel, dans la collection Un monde de cochons
11,50€, 176×247 mm, 48 pages, imprimé en Belgique, 2012.
La fée sorcière
de Brigitte Minne, illustré par Carll Cneut
L’école des loisirs
12,20€ (existe aussi en petit format à 5,60€), 300×214 mm, 30 pages, imprimé en Belgique, 2000.

A part ça ?

Hier soir je me suis demandé ce que j’avais élu coup de cœur de février… et je me suis rendu compte qu’on ne les avait pas fait ! C’est la première fois que ça nous arrive ! Alors, pour février, Marianne a choisi Quelque chose de grand de Sylvie Neeman et Ingrid Godon édité par La joie de lire et moi… je n’ai pas réussi à me mettre d’accord avec moi même ! Donc ex-æquo L’album de famille de Frédéric Kessler et Princesse Camcam édité par Autrement et Il était une fois… contes en haïku d’Agnès Domergue et Cécile Hudrisier édité par Thierry Magnier. Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

You Might Also Like

Secured By miniOrange