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Interview

Les invité·e·s du mercredi : Émilie Vast et Clémence Pollet

Par 17 octobre 2018 Les invités du mercredi

Deux autrices/illustratrices sont aujourd’hui nos invitées du jour, et je dois dire que je suis très sensible à leur travail à toutes les deux. Tout d’abord Émilie Vast avec qui l’on revient sur son parcours et sur son travail, puis on part en vacances, afin de faire mieux connaissance avec elle, avec Clémence Pollet. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Émilie Vast

Pouvez-vous nous présenter le magnifique Moi, j’ai peur du loup, qui vient de sortir chez MeMo et que nous avons chroniqué hier ?
Ce livre m’est venu pour deux raisons. D’une part, j’avoue que voyant que nombre d’auteurs avaient un livre à propos d’un loup, je me suis dit que moi aussi j’en voulais un ! De plus il est fréquent que le thème du loup soit porteur d’expos et rencontres, c’était donc tentant !
Et puis, j’avais surtout envie de rendre justice à cet animal mal compris ! On en parle beaucoup en ce moment… Les enfants à force de dessins hors normes du loup, perdent de vue sa réelle représentation, c’est un peu comme le poisson pané à la cantine !
C’était donc amusant de finalement partir à l’inverse des autres, déconstruire le mythe du monstre pour faire réapparaitre l’animal.

Vous avez une belle fidélité à l’éditeur MeMo, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Oui, c’est une fidélité aux gens de chez MeMo, à la qualité de leur travail, à la qualité de l’impression, du papier… on se comprend, on est sensible aux mêmes choses. De plus, ils me font confiance, c’est reposant et ça aide réellement à être créatif !

Parlez-nous de votre parcours ?
Il est un peu alambiqué… la source vient clairement de mon enfance, influencée par mes parents pour la sensibilité à la nature et aux arts décoratifs. Dessiner et m’inventer des histoires faisaient déjà partie de mes passe-temps.
J’ai perdu un peu de vue cela à l’adolescence, je suis partie dans un cursus scientifique au lycée, mais pas inutile puisqu’avec option Biologie ! Ça me sert toujours…
Ensuite retour des aspirations artistiques puisque j’ai fini par intégrer une école d’art. Je visais le design, j’ai opté pour la section art, pour la photo (il paraît que le dessin n’était pas mon truc, dixit un prof…;-) ). J’ai poussé jusqu’au DNSEP art contemporain pour me rendre compte que finalement, la photo avec l’avènement du numérique ne me passionnait plus autant.
Je me suis donc un peu improvisée graphiste. Et là ce fut la révélation ! Le retour du dessin dans ma vie grâce à un outil numérique inattendu : illustrator. J’ai fui ce logiciel toute ma scolarité pour en tomber dingue après ! Plus qu’un logiciel, c’est clairement une technique, on appelle cela du dessin vectoriel. On construit point par point un contour, on manipule la souris jusqu’à ce que l’on trouve la courbe parfaite…
Pour représenter la nature, ses volutes, ses symétries, c’est idéal. Je trouvais enfin une technique qui me permettait de rendre ce que j’avais en tête.
Et de graphiste j’ai glissé très surement vers l’illustration avec beaucoup de bonheur.
Le livre, lui est venu par ma rencontre avec l’auteure Anne Mulpas, elle m’a confié une histoire, notre premier livre est né et le déclic était fait…
L’écriture, est venue ensuite avec les sollicitations de Christine Morault de chez MeMo. Quand je vous dis qu’ils me font confiance !

Vous parliez à l’instant de la nature, elle tient une place très importante dans vos livres.
Pas que dans mes livres, dans ma vie aussi. J’y suis extrêmement sensible.
Et j’ai terriblement envie de partager cela. Et quoi de mieux que le livre comme vecteur.

Faites-vous des recherches avant d’illustrer un ouvrage comme, par exemple, vos imagiers ?
Oui, je fais des recherches dès que l’on touche au réel, je ne veux pas me tromper dans la représentation des choses. Cela a été surtout essentiel pour les Herbiers aussi bien pour le texte que pour les images.

Qu’est-ce qui vous inspire ?
En plus de la nature en elle-même ? L’art nouveau, l’art Déco, l’Égypte ancienne, le sculpteur Pompon, les illustrations des années 20 à 60…
Et puis certains livres sont nés de mes rencontres avec les enfants dans les classes. Et malheureusement de par certaines lacunes ! Abeilles et Épeire vient de leurs craintes racontées maintes fois à propos de ces créateurs, Plantes vagabondes de leurs méconnaissances du monde végétal.
Protéger la faune et la flore, passe par la connaissance de ces dernières, j’essaye d’apporter ma contribution à cette connaissance…

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Et bien, je lisais peu ! Je faisais partie de ces traumatisés de la lecture. Par contre je regardais beaucoup les images ! Et notamment de vieux livres tout à fait ringards de biologie pour enfants dont les images d’animaux, de plantes et minéraux très variés me fascinaient. Sinon pas mal de Picsou ! C’est bête mais cela à fini par me mettre à l’étrier de la lecture
Comme quoi, il n’y a pas de mauvaises lectures !

Quelques mots sur les prochaines histoires que vous nous proposerez ?
Sur le prochain projet, je serai moins dans la pédagogie, puisque ce sera une petite histoire simple où l’on remonte une action pour en connaître l’origine. Je sais c’est vague, mais c’est trop frais pour en dire plus. Petite variante cependant avec d’habitude, les personnages seront issus non pas des bois européens mais de la forêt amazonienne…

Bibliographie sélective :

  • Moi j’ai peur du loup, texte et illustrations, MeMo (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Plantes vagabondes, texte et illustrations, MeMo (2018).
  • Alphabet des plantes et des animaux, texte et illustrations, MeMo (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Abeille et Épeire, texte et illustrations, MeMo (2017).
  • Chamour, texte et illustrations, MeMo (2016).
  • De papa en papa, texte et illustrations, MeMo (2016).
  • De maman en maman, texte et illustrations, MeMo (2016).
  • Le secret, texte et illustrations, MeMo (2015).
  • En t’attendant, texte et illustrations, MeMo (2014).
  • Il était un arbre, texte et illustrations, MeMo (2012).
  • L’herbier, plantes sauvages des villes, texte et illustrations, MeMo (2011).
  • Korokoro, texte et illustrations, Autrement (2011).
  • L’herbier, petite flore des bois d’Europe, texte et illustrations, MeMo (2010).
  • L’herbier, arbres feuillus d’Europe, texte et illustrations, MeMo (2009).
  • Koré-No, l’enfant hirondelle, illustration d’un texte d’Anne Mulpas, MeMo (2008).

Le site d’Émilie Vast : https://emilievast.com.


En vacances avec… Clémence Pollet

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Clémence Pollet que nous partons ! Allez, en route !

Albums jeunesse

  • Pétronille et ses 120 petits de Claude Ponti
  • Un monde à l’envers d’Atak
  • Romance de Blexbolex
  • Les lettres de l’ourse de Gauthier David et Marie Caudry
  • Les morceaux d’amour de Géraldine Alibeu

Romans

  • Tess d’Uberville de Thomas Hardy
  • Les enfants terribles de Jean Cocteau
  • Les mangeurs d’étoiles de Romain Gary
  • Les âmes mortes de Gogol
  • un Fred Vargas

DVD

  • Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy
  • Smoking, no smoking d’Alain Resnais
  • Phantom of the Paradise de Brian de Palma
  • Charade de Stanley Donen
  • Fargo des frères Cohen

CD

  • Diamonds and Rust de Joan Baez
  • Le Soleil noir de Barbara
  • Soleil Dedans d’Arthur H
  • The Suburbs d’Arcade Fire
  • Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon

BD

  • Ghost World de Daniel Clowes
  • Jimmy Corrigan de Chris Ware
  • Vol 714 pour Sydney d’Hergé
  • Pinocchio de Winshluss
  • Coucous Bouzon d’Anouk Ricard

Artistes

  • Giotto
  • Fra Angelico
  • Jérôme Bosch
  • Utagawa Kuniyoshi
  • Albert Renger-Patzsch

Lieux

  • La Chapelle des Scrovegni à Padoue
  • Un champ de cannes sur l’île de la Réunion
  • Petra
  • L’île d’Arz dans le golfe du Morbihan
  • Les rues de Taipei

Clémence Pollet est autrice et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Dis, comment ça pousse ?, illustration d’un texte de Françoise de Guibert, De La Martinière Jeunesse (2018).
  • Animal Totem, illustration d’un texte d’Agnès Domergue, HongFei (2018).
  • Tout doux, illustration d’un texte de Patrick Roger, Didier Jeunesse (2018).
  • Confucius toute une vie, illustration d’un texte de Chun-Liang Yeh, HongFei (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Une journée à la ferme, texte et illustration, De La Martinière Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Dis, que manges-tu ?, illustration de textes de Françoise de Guibert, De La Martinière Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Alice et merveilles, illustration d’un texte de Stéphane Michaka, Didier Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Dis, où tu habites ?, illustration de textes de Françoise de Guibert, De La Martinière Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Il était une fois… La traversée, illustration d’un texte de Véronique Massenot, HongFei (2017).
  • Une poule sur un mur, illustration de textes de divers auteur·trice·s, P’titGlénat (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon grand livre-disque de comptines, illustration de textes de divers auteur·trice·s (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La ballade de Mulan, illustration d’un texte de Chun-Liang Yeh, HongFei (2015).
  • Contes d’un roi pas si sage, illustration d’un texte de Ghislaine Roman, Seuil Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La langue des oiseaux et autres contes du palais, illustration d’un texte de Chun-Liang Yeh, HongFei (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Ton coffret pour découvrir la ferme, De la Martinière Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • L’auberge des ânes, illustration d’un texte d’Alexandre Zouaghi et Chun-Liang Yeh, HongFei (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Petit Chaperon bleu, illustration d’un texte de Guia Risari, Le baron perché (2012).
  • L’ébouriffée, illustration d’un texte d’Hélène Vignal, Rouergue (2009).

Retrouvez Clémence Pollet sur Instagram : https://www.instagram.com/clemencepollet.

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Les invité·e·s du mercredi : Maïlys Paradis et Antonin Louchard

Par 3 octobre 2018 Les invités du mercredi

On reçoit cette semaine une illustratrice qui vient de sortir son tout premier album, Maïlys Paradis. Avec elle on revient sur son parcours. Ensuite, nous partons en vacances avec le génial Antonin Louchard. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Maïlys Paradis

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
J’ai tout d’abord commencé mes études par une MANAA (mise à niveau d’art appliqué) à l’ESMA de Montpellier. C’est une équivalence d’une Prépa. J’ai ensuite continué à IPESAA, toujours dans la même ville, où j’ai obtenu le diplôme du Cycle professionnel d’illustration et de graphisme. C’est durant ma dernière année que j’ai eu l’idée de Pacifique en livre-jeu et que j’ai rencontré Nicolas Mestre pour collaborer. Après ce diplôme, j’ai travaillé au Signe, centre national du graphisme à Chaumont dans la Haute-Marne, en tant que médiatrice culturelle. J’ai beaucoup apprécié cette expérience où l’enjeu était de transmettre au public, jeune ou adulte, ce qu’est le graphisme. J’ai poursuivi ma route après ces 8 mois pour arriver à Paris. J’ai repris un an d’étude afin d’approfondir le design graphique. Je trouve que le design graphique me permet de réfléchir à des messages plus symboliques en illustration. Les deux filières vont de pair.

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
J’utilise principalement le crayon de couleur et l’acrylique. Ce sont mes techniques préférées que j’utilise le plus souvent.
Mais j’adore utiliser d’autres médiums tels que la gouache, le feutre, le collage, les pastels, et même l’illustration numérique.

Qu’est-ce qui vous inspire ?
La nature (faune et flore) est ma première inspiration. J’adore faire une randonnée et observer la nature. Elle raconte toujours quelque chose de puissant et doux à la fois. Je la retrouve dans les courants artistiques qui m’attirent comme l’art Brut, l’art Primitif, l’art Nouveau, et j’en oublie… J’apprécie beaucoup l’art conceptuel et contemporain également. La littérature est très importante pour moi ; que ce soit de la poésie à un essai, en passant par le roman, elle renforce mon imaginaire.
Les échanges avec d’autres personnes (proches ou non) m’inspirent aussi. Cela me permet de prendre du recul et d’évoluer.
Tout cela m’est nécessaire pour trouver une nouvelle idée !

Pouvez-vous nous parler de cet album si singulier que vous venez de sortir aux éditions Winioux, Pacifique.
Pacifique est né d’un échange avec Nicolas. Je l’ai connu grâce à l’équipe pédagogique de mon cursus à IPESAA. Nicolas est aussi un ancien élève. Dès qu’il a observé mes illustrations, il s’est souvenu de son expérience vécue en Polynésie. Nous voulions un texte poétique et initiatique pour qu’il y ait plusieurs degrés de lectures. Nous avons réfléchi à un système de jeu afin que le ludique prenne de la place. Comme mes végétations sont chargées, nous avions décidé de retirer le texte de l’album afin de laisser de la place à l’évasion. Les cartes sont ainsi venues. L’élément à trouver dans les cartes est arrivé simultanément afin de retrouver la concordance texte/illustration. Enfin trouvé le concept, je l’ai envoyé aux éditions Winioux, qui m’ont répondu positivement ! Nicolas et moi-même, sommes tellement heureux !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Déjà, très tôt, j’adorais dessiner, regarder les images et lire. Mes parents me lisaient des contes de tous les pays. J’ai toujours été attirée par les contes universels et du monde. L’appréhension du monde est différente mais à la fois semblable dans toutes les Cultures. On peut raconter tellement de choses ! De plus, je suis passionnée par les anciennes cultures natives. J’avais des contes de fées, sorcières et lutins aussi. Je les redessinais et je souhaitais qu’ils existent pour de vrai. On me lisait les contes classiques également. J’ai grandi avec les illustrations et les textes de Sarah Kay, d’Antoine de Saint-Exupéry, de la Comtesse de Ségur, de Marcel Aymé et d’Astrid Lingren… Je lisais les ouvrages des éditions et compagnies de théâtre Les trois chaudrons tels que Pitou l’enfant roi ou Lucine et Malo ; aussi des BD jeunesse comme Jojo et Paco d’Isabelle Wilsdof, Yakari de Derib et Mélusine de Clark. J’ai, bien sûr, lu tous les Harry Potter.

Il y a-t-il des illustrateurs et des illustratrices dont le travail vous touche ou vous inspire ?
Quand j’apprécie le travail d’un illustrateur ou d’une illustratrice, je m’attarde surtout sur la composition, l’harmonie des couleurs et ce que l’illustration raconte. Ainsi, je suis beaucoup le travail de Monica Barengo, ses personnages énigmatiques m’attirent. Je ressens une certaine nostalgie dans ses illustrations. J’adore les livres de Chris Haughton. Ils sont pleins d’humour et de tendresse. Les illustrations de Judith Kerr sont pleines de poésie. Il y a un côté très contemporain dans sa technique. Je pourrais en citer plein, plein d’autres, il y en a beaucoup !
Enfin, Arno Célérier a été mon professeur à IPESAA. Il m’a toujours soutenu et aidé dans l’illustration pour la jeunesse. Même encore aujourd’hui après l’école ! Je suis très reconnaissante et je le remercie très sincèrement.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
Pour le moment je n’ai pas de prochains ouvrages ; même si je le souhaite très fortement. J’ai beaucoup de projets en élaboration qui attendent d’être sortis de ma tête ou d’être finalisés. J’ai travaillé sur d’autres projets éditoriaux et personnels mais je souhaite en faire de nouveaux qui n’existent pas encore car j’aime expérimenter. J’ai envie de concevoir un/des livre.s qui ont du sens et qui transmettent des messages.

Bibliographie :

  • Pacifique, illustration d’un texte de Nicolas Mestre, Winioux (2018), que nous avons chroniqué ici.


En vacances avec… Antonin Louchard

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Antonin Louchard que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

  • Home de Carson Ellis
  • Gaston de Kelly DiPuccio & Christian Robinson
  • Nuit d’orage de Michèle Lemieux
  • L’imagier des Gens de Blexbolex
  • Oncle Gilbert de Benoît

5 artistes plasticiens

  • Cy Twombly
  • Henry Darger
  • James Castle
  • Pilar Albarracin
  • Erwin würm

5 DVD

  • Sound of Noise de Ola Simmonson & Johannes Stjarne Nilsson
  • Kraftidioten Hans Petter Moland
  • End of Watch de David Ayer
  • Les Révoltés de l’Ile du Diable de Marius Holst
  • Beasts of No Nation de Cary Joji Fukunaga

5 BD

  • Peanuts de Charles Schultz
  • Calvin & Hobbes de Bill Watterson
  • You’re just jealous of my jet pack de Tom Gauld
  • A Velvet Glove Cast in Iron de Daniel Clowes
  • It’s a Good life if you don’t Weaken de Seth

5 romans

  • Mystères de Knut Hamsun
  • Le Grand Marin de Catherine Poulin
  • L’Expérience Oregon de Keith Scribner
  • Le Monde à l’Endroit de Ron Rash
  • Les Frères Sister de Patrick deWitt

5 CD

  • In Wonderland de Night Ark
  • Eden’s Island d’Eden Ahbez
  • Surround de Incroyable Jungle Beat
  • Flying away de Smoke city
  • Blue Print de Imhotep

5 lieux

  • Plougrescan, dans les Côtes-d’Armor à marée haute, puis à marée basse.
  • La Petite Mer de Gâvres, près du Golfe du Morbihan
  • Le Luberon et les bords de Durance en automne, vers Lauris
  • Les Highlands, en Écosse, vers Loch Locky
  • La Tour de Crest, dans la Drôme

Antonin Louchard est auteur et illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • Les bottes, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Le pire livre pour apprendre le dessin, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Super cagoule, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Pourquoi les lapins ne portent pas de culotte, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • L’affaire du collier, une aventure très nouille, texte et illustrations, Thierry Magnier (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Grande bouche, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Bouh !, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le pire livre pour apprendre le pot, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Chevalier Noir, texte et illustrations, Thierry Magnier (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Je veux voler, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Je suis un lion, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Cékicékapété ?, texte et illustrations, Thierry Magnier (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La planète de la petite bête, texte et illustrations, Bayard Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le crocolion, texte et illustrations, Thierry Magnier (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La chanson de la petite bête, texte et illustrations, Bayard Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Gribouillis Gribouillons, texte et illustrations, Thierry Magnier (2002), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est la petite bête, texte et illustrations, Bayard jeunesse (1998), que nous avons chroniqué ici.
  • Oh ! La vache, avec Katy Couprie, Thierry Magnier (1998), que nous avons chroniqué ici.
  • La promenade de Flaubert, texte et illustrations, Thierry Magnier (1998), que nous avons chroniqué ici.

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Les invité·e·s du mercredi : Natalie Vock-Verley (Les éditions du Ricochet et Tom Poche) et Quentin Gréban

Par 26 septembre 2018 Les invités du mercredi

Cette semaine, c’est une maison d’édition que nous voulions mettre en avant, Les éditions du Ricochet. Nous avons posé des questions à son éditrice, Natalie Vock-Verley, qui a accepté de nous répondre. Avec elle nous revenons sur sa belle maison, mais aussi sur son autre maison, Tom’Poche, ainsi que sur son parcours personnel. Puis nous partons en vacances avec le très talentueux Quentin Gréban. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Natalie Vock-Verley

Comment sont nées les éditions du Ricochet ?
Les éditions du Ricochet sont nées en 1995 du désir de sa fondatrice, Marguerite Tiberti, de créer une maison d’édition ouverte aux talents d’auteurs et de peintres-illustrateurs dans des domaines aussi variés que le roman, la poésie, le beau-livre et l’album jeunesse. Cette diversité a tenu un temps, jusqu’à ce que les libraires engagent la maison vers un positionnement mieux identifié. Le choix s’est fait pour la littérature jeunesse, le domaine qui engage la plus grande responsabilité : accompagner les enfants qui grandissent et prennent peu à peu leur place dans le monde.

D’où est venu le nom ?
Entre lecteurs, auteurs et éditeurs, il est question d’interférences, de résonances des messages portés par les livres, de ce que chacun émet ou reçoit. Implantée à l’époque à Nice, face à la Méditerranée, la métaphore du ricochet s’est imposée. Nous aimons l’idée que chaque livre transmet des ondes.

Vous avez créé ensuite les éditions Tom Poche, pouvez-vous nous en parler ?
J’ai rejoint les éditions du Ricochet en tant qu’associée en 2008. Quelques années plus tard, nous nous sommes interrogées sur la longévité de certains de nos albums comme La colère d’Albert ou Bob le zèbre ?. Ces albums avaient connu de beaux succès en librairie, mais pour autant, une réimpression n’était pas toujours (économiquement) envisageable. Et si la solution était une seconde édition en poche ? Pourquoi pas, mais sans collection de taille conséquente et bien identifiée, le risque était de nous trouver noyés dans les rayonnages des librairies. Nous nous sommes dit que la question devait se poser dans les mêmes termes chez d’autres éditeurs. C’est ainsi que Tom’poche est né en 2013 avec les premiers éditeurs qui nous ont fait confiance, Talents Hauts, L’atelier du poisson soluble, Bélize… Aujourd’hui, nous collaborons avec 22 éditeurs partenaires à qui nous achetons les droits pour une édition poche.
Notre édition est homothétique à l’édition cartonnée (pas de cadrage sauvage des illustrations !), tous au prix unique de 5,50 euros.

Une des spécificités de la maison c’est de proposer des abonnements, pouvez-vous en en dire quelques mots ?
En effet, nous savons à quel point la littérature de qualité et à petit prix séduit les familles et les enseignants. Nous avons en 2014 lancé notre première proposition d’abonnements dans les écoles, avec deux partis pris forts : nous appuyer sur le réseau des librairies (nous ne vendons pas les livres directement dans les écoles) et donc proposer dans l’abonnement, les mêmes livres que ceux présents en librairie. Nous souhaitons ainsi recréer du lien entre les librairies et les écoles d’une part et les familles et les libraires d’autre part (il est possible de retirer les livres de l’abonnement en librairie). Des parents « ambassadeurs », attachés à la défense de l’édition indépendante et de la librairie de proximité, s’impliquent souvent dans la mise en place du dispositif. Ils sont de précieux relais !

Quelles sont les lignes éditoriales de ces deux maisons, comment choisissez-vous les projets que vous éditez ?
Les éditions du Ricochet se sont au fil du temps orientées dans le livre documentaire jeunesse, qui était un secteur un peu délaissé. Nous avons peu à peu développé notre approche pour identifier des sujets porteurs dans les domaines scientifiques, en lien avec l’environnement, la santé… Il s’agit ensuite de rechercher sous quels angles les aborder avec justesse et simplicité en restant à la hauteur des enfants, et de rêver à une forme graphique attrayante. Cette réflexion se fait avec des auteurs toujours passionnés, eux-mêmes éventuellement parents de jeunes enfants, qui ne redoutent pas la complexité. La qualité de leur plume est essentielle, nous évitons les styles rasoir et sans saveur. C’est donc de nombreux allers-retours pour trouver le bon mot, la bonne tournure de phrase. Rester léger et riche. Quand le texte est abouti, il est confié à une ou un illustrateur dont l’univers esthétique, l’humour, la délicatesse, l’inventivité… nous touchent. Elle ou il partira dans ses propres recherches et inspirations. Pas de directive trop serrées de notre part, mais si besoin notre expertise scientifique ou celle de l’auteur permet de riches échanges !
Un petit nombre de projets nous sont proposés directement. Les critères de choix sont alors le lien avec les thématiques de notre catalogue, l’originalité et la pertinence de l’angle choisi. En fiction ou en documentaire, l’écriture doit nous porter et ouvrir une porte sur nos imaginaires.
Pour Tom’poche, je l’ai évoqué : nous sélectionnons des albums parus chez des éditeurs plutôt indépendants, reconnus pour leur qualité littéraires et graphiques. Ceux-ci ne doivent nécessairement correspondre à notre goût, mais enrichir notre catalogue qui compte aujourd’hui 60 titres.
Nous menons ce travail avec chacun des éditeurs partenaires pour choisir ensemble les titres les plus adaptés en fonction des chiffres de ventes de l’édition cartonnée, de la notoriété des auteurs, de la volonté/possibilité de la maison d’origine de suivre/réimprimer ou non l’édition cartonnée. Nous nous positionnons en partenaire, à l’écoute de la stratégie de chaque maison.

Quelques mots sur les différentes collections et notamment sur la toute nouvelle POCQQ ?
« Ohé la science ! » est la collection phare de Ricochet. Aujourd’hui 22 titres ! Elle traite du monde du vivant (les animaux, les plantes) et de la terre (les séismes, le climat…). En 40 pages, un texte fluide, mais pointu qui se lit comme une histoire. Il porte une problématique, c’est essentiel pour ne pas donner le sentiment d’un catalogue. Les illustrations et le format à l’italienne nous rapprochent de l’univers de l’album de fiction.
Sa petite cousine, « Éveil nature », aborde en partie des mêmes sujets, mais pour les enfants plus jeunes (maternelle). Le texte prend alors la forme d’une comptine documentaire.
« Je sais ce que je mange » abordera avec précision et engagement la question de l’alimentation. D’où viennent les aliments que nous consommons au quotidien ? Par quels circuits, plus ou moins vertueux, sont-ils passés ? Ce sont des questions essentielles pour sensibiliser les enfants à bien manger et à prendre soin de leur santé en connaissance des incidences sur l’environnement. Nicolas Gouny a apporté sa touche d’humour, on adore !
« Je connais mon corps », toujours construit sur le mode d’un texte qui se déroule tout le long du livre. La collection apporte une connaissance pointue de sujets comme le squelette, la respiration, la digestion… scénarisée avec brio par Sébastien Chebret…
Et puis, oui, enfin « POCQQ », notre grand challenge de cette année ! Inspirée de 5 règles d’or du journalisme (Pourquoi ? Où ? Comment ? Qui ? Quand ?) nous abordons des sujets au cœur de l’actualité (Qui sont les féministes ? Où va le climat ?…), largement débattus et pour lesquels les grands ados et adultes ont besoin de se positionner. Nous avons travaillé une forme graphique dynamique, bien « pêchue », à partir des illustrations très inventives d’Elodie Perrotin.
Et bonne nouvelle, le succès est au rendez-vous : nous avons déjà réimprimé tous les titres !

Pour vous, qu’est-ce que c’est un bon livre jeunesse ?
Un bon livre jeunesse c’est d’abord un coup de cœur esthétique. L’harmonie de l’objet, le format, le papier, les couleurs… C’est ensuite un livre dans lequel on se plonge, qui laisse de l’espace au lecteur pour ses propres divagations, dont le texte et l’image se complètent sans redondance ou trivialité. C’est aussi un livre que l’on a envie de relire des dizaines de fois !

Je sais que la question n’est pas facile, mais si vous deviez me citer quelques albums qui ont marqué Les éditions du Ricochet…
Dans notre fond, Le faunographe, un phonemecédaire sérieux et déjanté. Il est encore demandé par les orthophonistes !
Le tigre mange-t-il de l’herbe ? C’était notre premier album documentaire et c’est aussi une adaptation d’un livre coréen.
Ce titre est important car il nous a mis le pied à l’étrier et pour ce titre, nous en sommes à la 4e édition !
Comme des marmottes ! sur l’hibernation. C’est la première fois que nous avons travaillé avec Capucine Mazille sur une thématique animalière. Tout ça parce que dans son book à partir duquel nous avions publié La princesse au petit pois (extra-fin), il y avait dans un coin une adorable musaraigne. Cette petite bête a ouvert la voie et aujourd’hui… nous en sommes à 13 albums avec Capucine et ses magnifiques illustrations naturalistes !
Sous mes pieds… Là encore, ce livre a marqué un tournant. Emmanuelle Houssais, que nous suivions depuis ses débuts, s’est lancée pour la première fois dans une œuvre en tant illustratrice et auteure. Elle nous a soumis son envie d’explorer la faune dans le sol et l’importance de l’humus. Nous avons plongé dans cette proposition en osant un très grand format carré. Rien n’est trop beau pour montrer les détails de la nature, et le sujet tellement d’actualité !
Qui sont les transhumanistes ? Pour publier cet excellent texte de Florence Pinaud, nous avons créé la collection POCQQ !

Quel est votre rôle à vous au sein de ces deux maisons d’édition et qui sont les autres membres de l’équipe ?
En septembre dernier, j’ai repris l’ensemble des Éditions du Ricochet et me suis alors attelée à structurer une équipe dynamique et motivée.
Audrey Sauser est responsable de la promotion des livres et des auteurs, et de la communication avec la presse, les blogs, mais aussi de la logistique et des échanges avec notre diffuseur Edi. Je l’appelle « la tisseuse de liens ».
Nous faisons également ensemble les choix de livres pour Tom’poche.
Sixtine Angier, en 2e année d’apprentissage et étudiante en Master d’édition, m’assiste dans l’éditorial et s’occupe des mises en pages. Nous travaillons ensemble sur les textes et tous les aller-retour avec les auteurs.
Flore Navarro nous a rejoint à mi-temps. Elle a en charge l’administratif, les contrats et les droits d’auteurs et m’assiste dans le développement de notre activité à l’international.
De mon côté, je partage mon temps entre l’éditorial, la fabrication (toujours en Europe), le développement commercial en France, en francophonie et à l’international (ventes de droits et coéditons) et la gestion.
Nous travaillons également avec Julie Drappier, éditrice scientifique et Anne-Cécile Ferron graphiste.

Parlez-nous de votre parcours
J’ai toujours accordé une place importante à la lecture et l’art. Et pourtant, pour « bien faire », j’ai étudié les mathématiques, l’économie, et le droit. Heureusement, je me suis ressaisie après 3 années en tant que chargée de mission dans une banque d’affaires ! J’ai eu la chance d’intégrer les Éditions Belin, et d’apprendre le métier d’éditrice, pour commencer dans le domaine scolaire. 12 années très formatrices, dont quelques années à Lyon et à Strasbourg, non loin des célèbres Arts décoratifs et École Émile Cohl… Conjuguée à l’arrivée de mes trois enfants, j’avais sauté à pieds joints dans la littérature jeunesse !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant, j’ai le souvenir des collections traditionnelles : Oui-Oui, le club des 5, le club des 7 !
Puis, les contes du monde et la collection des « Mille Soleils » (dont j’adore encore le nom)
Ensuite, sans transition, je suis passée à la littérature adulte avec Cent ans de solitude et Barrage contre le pacifique, mes premières révélations littéraires.

Parlez-nous des prochains livres que l’on va découvrir dans vos maisons.
Chez Ricochet :
Qui sont les hackers ?, la prochaine nouveauté de la collection POCQQ. Avec ce titre, nous ouvrons notre champ aux technos, à l’informatique, à la protection des données, un sujet qui concerne tout le monde !
À paraître en octobre, Les oiseaux ! dans la collection « 21 petites histoires naturelles ». Un livre éblouissant de beauté avec une réussite particulière des étapes de gravure et d’impression !
Chez Tom’poche, Mon petit roi, de Rascal et Serge bloch, édition originale Sarbacane.
Un livre comme nous les aimons autour de la création littéraire et de l’interaction entre l’auteur, l’illustrateur et le lecteur.

Parmi les livres sortis aux éditions du Ricochet :

  • Qui sont les hackers ?, textes de Samuel Verley, illustrés par Elodie Perrotin (2018).
  • Une vie de girafe, d’Alicia Quillardet (2018).
  • Une vie de manchot, d’Alicia Quillardet (2018).
  • Où est donc ma maison ?, texte de Françoise Laurent, illustré par Emmanuelle Houssais (2018).
  • Petit Festin du matin, texte d’Anne-Claire Lévêque, illustré par Amélie Falière (2018).
  • Les Bananes, texte d’Anne-Claire Lévêque, illustré par Nicolas Gouny (2018).
  • 1 cœur, 2 poumons – La respiration, texte de Françoise Laurent illustré par Sébastien Chebret (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Qui sont les féministes ?, textes de Julie Guiol, illustrés par Élodie Perrotin (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Avant moi, d’Emmanuelle Houssais (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Un p’tit ruisseau, texte de Françoise Laurent, illustré par Chiara Dattola (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Les Nouveaux Dinosaures, texte d’Éric Mathivet, illustré par Capucine Mazille (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Les P’tites planètes. Astronomie, texte de Fleur Daugey, illustré par Chiara Dattola (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La fosse aux lions, texte d’Adèle Tariel, illustré par Jérôme Peyrat (2016), que nous avons chroniqué ici.

Le site des éditions du Ricochet : http://ricochet-livres-jeunesse.fr.

Parmi les livres sortis chez Tom Poche :

  • Les trois petits champions, de Coralie Saudo (2018).
  • Un livre, ça sert à quoi ?, de Chloé Legeay (2016).
  • Le Petit Grand samouraï, de Kochka et Chiaki Miyamoto (2016).
  • Le Meilleur Cow-boy de l’Ouest, de Fred L. (2015).
  • Ce que lisent les animaux avant de dormir, de Noé Carlain et Nicolas Duffaut (2013).
  • Mes bêtises préférées, d’Agnes de Lestrade et Joao Vaz de Carvalho (2013).

Le site des éditions Tom Poche : https://www.tompoche-livres-jeunesse.fr.


En vacances avec… Quentin Gréban

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Quentin Gréban que nous partons ! Allez, en route !

5 Romans : 

  • Sphère – Michael Crichton (qui m’a valu trois examens de passage car dévoré à 16 ans en plein examens de fin d’année).
  • Harry Potter – JK Rowling (parce que quand c’est bon, c’est bon, peu importe l’âge).
  • Marche ou crève – Stephen King (simple et diablement efficace).
  • Une histoire de tout ou presque – Bill Bryson (pour tous les curieux du monde, dont moi, et en plus avec humour).
  • Peter-Pan – J.M. Barrie (à lire enfant, à lire adulte, à lire le matin, le midi et le soir).

5 CD :

  • Appetite for destruction – Guns N’ roses (parce que fan de hard rock et de Métal, et parce qu’ils ont baigné mon adolescence. Heu… Jusque maintenant encore en fait).
  • Léonard Cohen tout entier… Avec une chanson en particulier pour « Everybody Knows ».
  • Le black album – Metallica (pas besoin de justifier un choix aussi évident !!)
  • Killing in the name of – RATM (de la Bombe humaine…)
  • Coboys from hell – Pantera.

5DVD :

  • Appolo 13 (Fan absolu de films spatiaux « réalistes »).
  • Gravity (Fan je vous dis !  )
  • Kung fu Panda  (oui, je l’assume. Une perfection esthétique, une histoire parfaitement racontée, le sens de l’humour en plus).
  • Amélie Poulain (les mêmes raisons… Une perfection esthétique, et une histoire dont les ficelles sont parfaitement tendues.)

5 Artistes : 

  • Manet. (Le maître absolu. L’équilibre parfait entre énergie du coup de pinceau, réalisme maîtrisé, ambiance, style personnel, bref tout quoi…).
  • Egon Schiele (car une beauté incroyable se cache derrière la laideur apparente. Car une tendresse infinie se cache derrière de la pornographie. En fait une grande pudeur des sentiments qui se cache derrière une impudeur des poses et des corps meurtris).
  • John Singer Sargent. (Un virtuose du pinceau.)
  • Rebecca Dautremer. (Une illustratrice qui n’a pas peur de se remettre en question à chaque album et prend des risques, a de l’audace et du coup évolue à une vitesse incroyable).
  • François Jacob. (Un de mes anciens collègues de classe qui a tout ce que j’aime dans le dessin. Un coup de crayon de Génie. Une énergie dans le trait que je n’ai jamais vu ailleurs que chez les touts grands. Un univers angoissant à la Egon Schiele, mais une grande humanité cachée derrière les figures qu’il dessine).

5 Albums jeunesse :

  • Une bible de Rébecca Dautremer. (250 000 pistes artistiques explorées tout en gardant son propre style. La classe)
  • Le Magicien D’Oz (le meilleur album de la meilleure illustratrice. Rien que ça).
  • Forget me not de Claire Wendling. Un recueil de croquis de la maîtresse du genre.
  • Toute l’œuvre de Edmond Dulac et puisqu’il faut choisir un album, La petite sirène (au hasard)
  • Frankenstein de Bernie Wrightson. Si vous me demandez pourquoi c’est que vous ne l’avez jamais eu entre les mains…).

Quentin Gréban est auteur et illustrateur.

Bibliographie sélective  :

  • Maman, illustration de textes d’Hélène Delforge, Mijade (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Un drôle de papa, illustration d’un texte d’Agnès de Lestrade, Lito (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Un jour je serai Pompier, texte et illustrations, Mijade (2017).
  • Le Livre de la jungle, illustration d’un texte de Rudyard Kipling, Mijade (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Petit Indien, texte et illustrations, Mijade (2016).
  • Peter Pan, illustration d’un texte de James Matthew Barrie, Mijade (2014).

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Les invité·e·s du mercredi : Guillaume Perreault et Fabrice Parme

Par 19 septembre 2018 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, je suis heureux de recevoir Guillaume Perreault, un auteur/illustrateur dont j’aime beaucoup le travail. Avec lui, nous revenons sur certains de ses titres, sur son parcours et sur son travail. Puis on part en vacances avec l’auteur de la géniale série Astrid Bromure, Fabrice Parme ! Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Guillaume Perreault

J’aimerais que vous nous disiez quelques mots sur votre dernier album, le très singulier Dans mon immeuble, il y a…
Dans mon immeuble était un petit projet bijou si on peut dire. Le format peu conventionnel du leporello m’intriguait et posait un beau défi de création et le texte simple et comique me parlait beaucoup. Pour bien couronner le tout, la collaboration s’est déroulée comme un charme et j’ai eu carte blanche au niveau créatif, bref le genre de projet idéal !
Le livre tombait à point aussi, je sortais d’un projet de longue haleine un peu exigeant. Je me suis donc permis de m’amuser et de me relâcher un peu avec ce titre. J’y ai caché plein d’éléments pour faire sourire petits et grands, la création a été fluide et tellement amusante. Je crois que le lecteur peut justement bien le voir et l’apprécier.
En parlant de détails, on tombe justement dans le sujet de l’album. Le jeune garçon qui nous fait découvrir son immeuble qui abrite toute sorte de gens et d’histoire. Le texte de Mélanie nous guide au travers des étages et nous dévoile la vie qui s’y trouve. J’aurais pu me contenter d’illustrer simplement ces moments, mais je me suis permis d’ajouter à la vie de cet immeuble et d’y ajouter des petits regards entre voisins, des objets insolites qui laissent place à l’imagination ou des liens entre les pièces et des secrets pour les fins observateurs.

Pouvez-vous nous parler aussi du génial Le facteur de l’espace, pour lequel vous avez reçu une pépite au Salon de Montreuil ?
Le facteur de l’espace est l’accomplissement dont je suis le plus fier à ce jour. Évidemment j’adore tout projet dans lequel je m’implique, mais ce titre m’est tout particulièrement cher.
L’idée m’est venue en griffonnant des petits astronautes par hasard dans mon calepin et de fil en aiguille Bob le facteur est né. J’ai laissé ce petit croquis de côté, mais l’idée me restait toujours en tête et un jour entre deux séances de dédicaces en salon je me suis posé à un café et j’ai tout jeté l’histoire de ce facteur sur un bout de papier. C’est comme si l’histoire s’était écrite toute seule !
Avec cette histoire, je voulais explorer l’importance de sortir de sa zone de confort. D’essayer de nouvelles choses, de faire face au changement. Bob n’aime pas sortir de sa routine casanière, mais se rend vite compte que l’inconnu, quoiqu’il soit effrayant, apporte sa dose de découvertes et de belles rencontres. J’ai aussi voulu présenter le livre sous forme de bande dessinée pour les jeunes lecteurs. J’ai souvent l’impression qu’on ne touche que l’album chez les jeunes et la bande dessinée dans cette tranche d’âge touche souvent l’humour et le « strip » classique. C’est donc un hybride entre la mise en page et la structure d’un album classique et la bande dessinée. J’adore la flexibilité que je me suis créée !
Bob me ressemble un peu en fait. Je crois que c’est pour ça que le projet me tient à cœur autant. C’est aussi un projet que je chapeaute à 100 %, j’assure le texte, l’image et même la mise en page de A à Z, c’est en quelque sorte mon bébé.
Quand j’ai eu terminé la production de ce livre, je me suis rendu compte que Bob, notre facteur, devait vivre d’autres aventures. Ça ne peut pas se terminer ainsi ! Je me suis donc mis à la production du tome 2 et je peux aussi annoncer qu’on travaille actuellement à la production d’une série animée et d’un jeu vidéo du facteur ! Les aventures de Bob ne font que commencer !

Qu’est-ce qui vous inspire ?
Je suis un fan de cinéma, je dirais d’emblée que mes inspirations se trouvent du côté du grand écran. J’adore la structure et la lenteur des films de Kubrick, les personnages et les couleurs de Wes Anderson, la tension des frères Coen. Je parle souvent d’une illustration en terme cinématographique, comme si j’imaginais mes dessins à la manière d’une capture d’écran d’un film qui joue dans ma tête. J’adore regarder un film et me dire « wow ce plan est hyper original, comment est-ce que je pourrais l’adapter dans ma pratique ? ». Je termine souvent un film en créant des petits croquis de plan, scènes ou décor qui m’ont marqué. Ou parfois je dessine l’intérieur d’une maison par exemple et je me dis « tiens, comment Wes Anderson aurait décoré cet intérieur ? ». Il y a beaucoup de lien entre nos domaines respectifs, je crois.

Qui sont vos premiers lecteurs ?
J’ai mes personnes-ressources. J’alterne en fonction de mes angoisses du moment haha !

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
Je varie beaucoup. Parfois à la main uniquement ; crayon de plomb simple, crayon de couleur. À d’autres moments je débute à la main, par exemple pour encrer et la couleur est mise à l’ordinateur. Je travaille aussi beaucoup à l’ordinateur directement. En Photoshop principalement. Mais pour les croquis, pour développer des personnages ou pour explorer ça reste à la main dans un petit calepin. Y’a rien qui bat le spontané d’un coup de crayon.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
J’ai étudié en design graphique et j’y ai travaillé pendant quelques années. Je dessine depuis que je suis tout jeune et c’est ce qui m’a poussé vers ce choix de carrière. En agence, j’étais le graphiste spécialiste en illustration, c’était impossible pour moi de travailler à partir de photo ou autre chose, non merci ! J’ai eu mon premier contrat d’illustration pour un roman jeunesse grâce à une amie qui m’a référé et le reste a fait boule de neige. Je suis devenu travailleur autonome et j’ai accepté plusieurs contrats d’illustrations pour éventuellement sauter dans le monde de l’édition. J’ai écrit Cumulus, il y a quelques années, comme un défi personnel. Je n’aurais jamais cru avoir un talent en écriture (surtout à voir mes notes à l’école !), mais finalement j’ai eu la piqûre. Je collabore beaucoup avec d’autres auteurs afin de donner la vie à leurs histoires, mais je vise à prioriser ma carrière d’auteur/illustrateur à partir de maintenant.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Rien d’extravagant. Les mêmes classiques que tous ; Tintin, Astérix, Les tuniques bleues… J’avoue avoir été un grand fan de jeux vidéo dans ma jeunesse. Je crois que la plupart de mon temps se passait dans ces univers fantastiques plutôt que dans les livres ou la réalité ! Mais bon, j’ai tout de même réussi à être auteur non ?

Quelques mots sur les prochaines histoires que vous nous proposerez ?
Comme j’ai mentionné, la série de dessin animé du facteur m’occupe énormément ! C’est un projet très embryonnaire pour le moment, mais je suis si fier et stimulé, c’est un rêve d’enfant qui se réalise.
Sinon j’ai quelques projets sur la table, mais c’est trop tôt pour en parler. Quelque chose de plus adulte, en bande dessinée.

Bibliographie jeunesse (sélective) :

  • Dans mon immeuble, il y a…, illustration d’un texte de Mélanie Perreault, Les 400 coups (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Petite histoire pour effrayer les ogres, illustration d’un texte de Pierrette Dubé, Les 400 coups (2017).
  • Même pas vrai, illustration d’un texte de Larry Tremblay, Les éditions de bagnole (2017).
  • Le facteur de l’espace, texte et illustrations, La Pastèque (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le bedon de madame Loubidou, illustration d’un texte de Marie-Francine Hébert, Les 400 coups (2015).
  • Petit Poulet, illustration d’un texte de Maxime Lapointe, Les éditions de bagnole (2014).
  • Cumulus, texte et illustrations, Mécanique Générale (2014).
  • Grand vent, petit vent, illustration d’un texte de Rhéa Dufresne, les éditions de l’Isatis (2013).

Le site de Guillaume Perreault : http://www.guillaumeperreault.com.


En vacances avec… Fabrice Parme

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Fabrice Parme que nous partons ! Allez, en route !

J’ai privilégié des œuvres, des auteurs et des artistes qui m’inspirent pour Astrid Bromure. Sinon, impossible de faire des sélections car il me faudrait remplir plusieurs annuaires !

5 albums jeunesse

  • I Can Fly de Mary Blair (1951)
  • Mad about Madeline de Ludwig Bemelmans (the complete tales- – 1953…)
  • Eloïse de Kay Thompson et Hilary Knight (1955)
  • This is London de Miroslav Sasek (1959)
  • Les Trois Brigands de Tomi Ungerer (1962)

5 romans pour la jeunesse

  • Alice Adventure’s in Wonderland de Lewis Carroll (1865)
  • The Strange Case of Dr. Jekyll and Mister Hyde de Robert Louis Stevenson (1886)
  • Le Petit Nicolas de René Goscinny et Jean-Jacques Sempé (1960)
  • The Canterville Ghost d’Oscar Wilde  (1887)
  • Matilda de Roald Dahl (1988)

5 romans pour la vieillesse

  • Dedalus / A Portrait of the Artis as a Young Man / Stephen Hero de James Joyce (1916-1944)
  • Tales of the Jazz Age de F. Scott Fitzgerald (1922)
  • Leave it to Psmith de P.G. Wodehouse (1923)
  • My Ten Years in a Quandary, and How They Grew,  de Robert Benchley (1936)
  • Laments for the Living de Dorothy Parker (1930)

5 films parmi 500

  • Modern Times de Charlie Chaplin (1936)
  • Some Like It Hot de Billy Wilder (1959)
  • My Fair Lady de George Cukor (1964)
  • The Great Gatsby de Jack Clayton (1974)
  • The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson (2014)

5 morceaux de musique plutôt « savante »

  • Brandenburg Concerto NO.2 in F Major BWV 1047: I. (Allegro) de Jean Sebastian Bach (1721)
  • Ragtime for Eleven Instruments d’Igor Stravinsky (1915)
  • Rhapsody in Blue de George Gershwin (1924)
  • It Don’t Mean a Thing de Duke Ellington / Irving Mills interprété par Ivie anderson (1932)
  • ‘S Wonderful de Ira et George Gerswin par Ella Fitzgerald et Nelson Riddle & His Orchestra (1946)

5 morceaux de musique plutôt « pop »

  • Eleanor Rigby de The Beatles (Paul McCartney) (1966)
  • Penny Lane de The Beatles (Paul McCartney) (1967)
  • See Emily Play de Pink Floyd (Syd Barrett) (1967)
  • Raspberry Beret de Prince and The Revolution (1985)
  • You’re a Cad de The Bird and The Bee (2009)

5 artistes parmi 555 (au moins)

  • Antoine Bourdelle (1861-1929)
  • Gustav Klimt (1862-1918)
  • Frank Lloyd Wright (1867-1959)
  • Charles Rennie Mackintosh (1868-1928)
  • Maurice Denis (1870-1943)

5 bandes dessinées américaines très difficiles à se procurer chez son libraire :

  • The Kind-der-Kids de Lyonel Feininger (publiées entre 1906-1907)
  • Bringing Up Father de George McManus (publiées entre 1913-1954)
  • Merely Margie, an Awfully Sweet Girl de John Held Jr. (publiées vers 1920)
  • Gasoline Alley de Frank King (publiées entre 1918-1959)
  • The Peanuts de Charles M. Schulz (publiées entre 1950-2000)

5 lieux
Immédiatement, je pense à Oxford (à cause d’Alice de Carroll).

  • Lieu 1 : The Covered Market Oxford avec ses plafonds en bois peints en rose et blanc.
  • Lieu 2 : La librairie du Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou à Paris. Astrid m’est apparue à l’esprit dans la librairie qui se tenait au rez-de-chaussée en 1985 pendant que je regardais des cartes postales.
  • Lieu 3 : rue et Villa Santos-Dumont dans le XVe arrondissement de Paris parce que la majeure partie des personnages d’Astrid Bromure y sont nés là à la fin des années 80.
  • Lieu 4 : Bloomsbury Square Garden à Londres parce que lorsque je pense à Londres, je pense d’abord à ce lieu précis.
  • Lieu 5 : Le Parc de la Pépinière à Nancy parce que c’est probablement le premier parc où je me sois promené puisque mes parents habitaient à 25 mètres.

Fabrice Parme est auteur et dessinateur.

Bibliographie  :

  • Série Astrid Bromure, scénario et dessin, Rue de Sèvres (2015-2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Le Roi Catastrophe, dessin, scénario de Lewis Trondheim, Delcourt (2001-2015).
  • Série Famille Pirate, dessin, scénario co-écrit avec Aude Picault, Dargaud (2012-2014).
  • Jardins sucrés, dessin, scénario de Lewis Trondheim, Delcourt (2011).
  • Panique en Atlantique, Une aventure de Spirou et Fantasio par…, dessin, scénario de Lewis Trondheim, Dupuis (2010).
  • Série Les Enfants du Nil, dessin, scénario d’Alain Surget, Père Castor (2004-2009).
  • Garde à vous, les poux !, illustration d’un texte de Charlotte Moundlic, Père Castor (2007).
  • OVNI, dessin, scénario de Lewis Trondheim, Delcourt (2006).
  • Venezia, dessin, scénario de Lewis Trondheim, Delcourt (2001-2002).
  • Walter Polo, scénario et dessin, Zenda (1991).

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Les invité·e·s du mercredi : Erik Poulet-Reney

Par 12 septembre 2018 Les invités du mercredi

Cette semaine, c’est avec l’auteur d’un roman dont je vous ai parlé il y a peu que l’on a rendez-vous. Erik Poulet-Reney a sorti juste avant l’été Transparente, j’avais envie de lui poser quelques questions sur ce roman et sur son parcours. Exceptionnellement, cette semaine, il n’y a qu’un seul invité. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Erik Poulet-Reney

J’aimerais que vous nous parliez de votre très beau roman, Transparente et que vous nous racontiez d’où vous est venue cette histoire.
Quand j’étais en Inde, il y a sept ans, j’ai croisé à Delhi des Hijras, des créatures de troisième genre, ni homme ni femme, avec un physique à la base masculin mais offrant l’image, l’apparence d’une femme vêtue d’un sari, maquillée et coiffée… La Cour Suprême en Inde a reconnu officiellement les Hijras comme « troisième genre » en avril 2014. J’ai eu envie de m’inspirer de leur identité en l’adaptant aux transsexuels occidentaux. D’évoquer cette différence au sein de notre société actuelle, avec l’espoir de la banaliser au quotidien. C’était mon pari en créant le personnage de Lucia dans mon roman Transparente. L’idée étant de confronter une adolescente à une personne transsexuelle grand-parent… Amener à la réflexion avec infiniment de délicatesse et à l’encontre de tout cliché. J’ai voulu faire battre des cœurs avant que l’on s’arrête sur l’image. Tout humain a droit à sa part, son lieu, ses droits, son cheminement… J’aimerais que ce petit roman permette d’ouvrir des portes, des esprits, une forme d’intelligence, d’empathie, de reconnaissance pour celles et ceux qui font le choix de leur identité quand scientifiquement il y a eu maldonne, sans qu’aucun ne puisse juger.

Vous abordez régulièrement les sujets LGBTQA+ dans vos romans jeunesse. Depuis quelque temps, les livres sur le sujet sont de plus en plus nombreux. Comme vous êtes chroniqueur (sur Triage FM), vous avez dû en lire certains, que pensez-vous de ces nouveaux romans ? Il y en a qui vous ont plu particulièrement ?
Je pense être le premier auteur de littérature jeunesse à avoir osé aborder, consacrer une fiction pour ados « Les roses de cendre », aux Triangles roses, les déportés homosexuels de la Seconde Guerre mondiale. Les manuels scolaires faisant souvent l’impasse sur ce tabou qui entache l’Histoire de France. À l’époque, ma courageuse éditrice de chez Syros, Françoise Mateu, d’ailleurs décédée cet été, m’avait vivement encouragé. Puis ensuite quelques auteurs ont repris chez d’autres le thème. Mon amie Claire Mazard a abordé quant à elle avec délicatesse l’homosexualité féminine dans ses premiers romans de la collection Confessions. On doit aussi à Christophe Honoré des textes forts sur le sujet. Certains auteurs que je ne nommerai pas ont tenté des textes trop clichés que je n’ai pas aimés…
Je reçois de nombreux services de presse pour ma chronique littéraire radiophonique, mais je lis moins de livres jeunesse pour justement ne pas être influencé, et je souhaite que nombreux romans continuent à aborder directement ou en filigrane à travers des personnages même secondaires, la différence, l’homosexualité, avec intelligence, sensibilité et adresse, ne serait-ce que pour contrer les aberrations et l’hérésie d’un pape qui invite sans aucun scrupule les parents à présenter leurs enfants à sensibilité différente chez un psychiatre pour « régler ça »…

On en parlait, vous êtes chroniqueur, n’est-ce pas difficile de lire autant de romans jeunesse sans que ça n’influence votre écriture ?
Je lis et je défends en priorité dans ma chronique « Couleur Papier », les premiers romans des jeunes auteurs. Pour me préserver et ne pas être influencé donc, je ne lis que l’essentiel en littérature jeunesse, ce qui me nourrit encore, apporte quelque chose sorti des sentiers battus, ce qui peut surtout amorcer l’espérance. Je refuse en revanche toute violence gratuite et la vulgarité. Je laisse la médiocrité aux faits d’actualité qui nous inondent chaque jour sur les ondes avec leur batterie d’horreurs !
Mon écriture a toujours eu son identité, qu’on l’aime ou pas, elle possède toujours les mêmes ingrédients. Elle est ce que je suis depuis l’enfance, avec cette dose d’hypersensibilité qui me permet de traiter des sujets graves avec une approche maîtrisée et délicate, pour que chaque élément, chaque mot se coule naturellement dans l’histoire, sans aspérité mais avec une palette de couleurs qui tente d’envelopper le lecteur, un peu comme dans les illustrations de mon amie Nathalie Novi.

Parlez-nous de votre processus d’écriture. Comment naissent vos histoires ?
Depuis toujours, et les professionnels du livre le savent, mon bâton de pèlerin est de défendre la ou les différences chez les êtres souvent mis à l’index, afin de trouver les mots pour les banaliser dans le regard des autres. Je sème des petites graines de tolérance et les arrose d’une extrême sensibilité à fleur de vécu, pour que le Vivant, l’Humain se reconnaisse en chacune et chacun de mes personnages. Dans l’écriture, dans mes thèmes de prédilection, j’aime être et rester le témoin d’une époque. Je rebondis sur les choses qui me dérangent, que j’entends. J’aime transgresser les tabous, aider celles et ceux à ne plus rester sur la berge, mais à oser s’imposer, mettre en avant la richesse justement de leur différence face à leurs contemporains qui les jugent parce qu’ils ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas. On ne leur a pas appris. Alors je tends l’oreille, je scrute, je vole aux inconnus des paroles, des gestes… J’isole ensuite mon sujet, je l’encage en moi des mois avant de le transcender dans l’écriture.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Mon parcours ? Il est si atypique ! J’ai toujours préféré la formation des nuages et la liberté des oiseaux derrière les fenêtres de l’école, du collège puis du lycée. Je suis un rêveur invétéré, alors j’ai dû imposer mon handicap dans ma vie d’adulte partout où j’ai marché, respiré, aimé, travaillé. Je suis entré dans la fameuse vie active à 19 ans pour mettre en scène au cœur d’une société, ce que je suis encore, un homme-enfant ! J’ai été fleuriste, libraire, figurant dans une série télé pour ados chez AB Productions, aide aux personnes âgées, et aujourd’hui bibliothécaire ! J’ai eu le privilège d’avoir sur mon chemin Andrée Chedid, poète et romancière qu’on ne présente plus, et qui fut pour moi une grand-mère, et ma marraine d’écriture jusqu’à sa mort. Et en 1999, l’illustre Thierry Magnier m’a donné ma chance à la création de sa maison d’Édition, en publiant mon premier roman « Jusqu’au Tibet », et un second « Comme un gitan ». Puis à mon grand regret ensuite, il n’était plus en osmose avec mon écriture. Je suis passé chez Syros, L’école des Loisirs, Magnard, Nathan, Seuil, Oskar…

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?

J’habitais un petit village de campagne dans l’Yonne, à quinze kilomètres d’Auxerre. Dans mon école il n’y avait aucun budget ni aucune initiative pour développer une bibliothèque. À la maison, milieu ouvrier, la priorité n’était pas dans l’achat de livres, au profit en revanche de tout ce dont on avait besoin. Je dois beaucoup à mes parents partis trop tôt. Surtout le sens des valeurs et le respect. J’ai donc vécu mes premiers âges sans livres ! J’écrivais déjà dans ma tête. Je m’inventais des histoires, des horizons où je rêvais de mer, de montagnes. J’apprenais à vivre avec les éléments, les parfums du dehors et des saisons. Je regardais du haut du jardin en pente passer les trains au loin en me projetant dans des voyages, m’identifiant aux voyageurs qui bientôt allaient pouvoir s’adonner aux vagues. Déjà des livres étaient en gestation en moi et sans titre ! J’ai découvert la littérature vers seize ans environ sur les conseils d’une prof de lettres épatante. J’ai commencé par le journal d’Anne Franck, puis « l’Herbe bleue », avant de tomber amoureux des œuvres de Stefán Zweig, Hermann Hesse et Thomas Mann… Et aujourd’hui je ne voyage plus uniquement dans ma tête mais en avion, je passe ma vie entre ma Bourgogne et le Maroc. Un mur dans chaque pièce de ma maison est tapissé de livres, des centaines, partout, toujours !

Sur quelle nouvelle histoire travaillez-vous actuellement ?

Comme disait Marguerite Duras, cette petite bonne femme énigmatique des Roches Noires que j’ai photographiée, (voir la couverture du Folio Gallimard n° 3503 Yann Andréa Steiner) dérangeante pour certains, mais qui a, quant à elle, OSÉ inventer un style et que j’admire justement pour cette audace (alors qu’elle avait écrit « la Douleur » dans une forme académique, classique) elle répondait souvent aux journalistes qui lui demandaient : « Il ne faut jamais parler d’un projet d’écriture, ça porte la poisse ! » (et je l’ai moi-même vérifié avec le temps)
Je viens en revanche de terminer l’écriture d’un petit ouvrage poétique en hommage à Andrée Chedid et j’ai totalement repris et revisité cet été un petit roman pour adultes qui se passe à Delhi. Un recueil de poésie contemporaine « Feuilles de thé » préfacé par Sylvie Germain et illustré par Judith Wolfe doit sortir prochainement. Côté jeunesse, depuis six mois j’engrange sans vraiment savoir si mon nouveau thème choisi aboutira ou non. Chaque livre à écrire est une aventure nouvelle et surtout une remise en question !

Bibliographie jeunesse sélective :

  • Transparente, roman, Oskar (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Cœur d’ortie, roman, Passage(s) (2016).
  • L’arabesque, roman, Oskar (2013).
  • Le visage retrouvé, roman, Seuil jeunesse (2008).
  • Ned a des tics, roman illustré par Magali Le Huche, Magnard Jeunesse (2006).
  • Le rose de cendre, roman, Syros (2005).
  • Egoïste !, roman illustré par Éric Gasté, Nathan (2005).
  • L’été d’Anouk, roman, Syros (2003).
  • Le gang des râteliers, roman, l’école des loisirs (2002).
  • Comme un gitan, roman, Thierry Magnier (2001).
  • Jusqu’au Tibet, roman, Thierry Magnier (1999).

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