La mare aux mots
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Inuit

Contes d’ailleurs

Par 28 juillet 2016 Livres Jeunesse

Et si l’on allait se balader un peu, loin de nos contrées, dans des histoires dépaysantes ? Voici deux albums qui nous plongent dans des cultures lointaines.

Sorcière blanche
texte de Carl Norac, illustré par Herbéra
À pas de loups
16 €, 220×280 mm, 48 pages, imprimé en Belgique, 2016.
La goutte de miel
de Séta Papazian (d’après un conte arménien de Hovhannès Toumanian)
Cipango
15 €, 250×250 mm, 28 pages, imprimé en République tchèque, 2015.

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De beaux livres de contes

Par 15 décembre 2014 Livres Jeunesse

Contes de GrimmIl était une fois un crapaud qui aida une jeune fille en échange d’une promesse de mariage. Il était une fois un garçon qui rêvait de frissonner. Il était une fois une petite fille qu’on surnommait, à cause de son habit, le Petit Chaperon rouge. Il était une fois un roi dont les douze filles usaient leurs souliers la nuit, alors qu’elles étaient enfermées dans leur chambre. Il était une fois une jeune fille qui se rendit compte que son futur mari était un criminel cannibale…
Grimm, Pullman, Shaun Tan, Gallimard. Quatre grands noms pour un magnifique ouvrage. Cinquante contes de Grimm sont racontés (puis analysés) par Philip Pullmann et illustrés par Shaun Tan. On retrouve des contes bien connus (Cendrillon, Les musiciens de Brème, Raiponce…), mais surtout des contes beaucoup moins célèbres. Mais attention, on ne s’adresse pas, ici, aux plus jeunes. Les contes sont souvent cruels, sanglants. Les illustrations de Shaun Tan sont inspirées par les sculptures inuit et précolombiennes et sont magnifiques. L’objet est un superbe ouvrage de près de 500 pages avec un beau papier et une belle reliure.
Voilà le cadeau idéal pour les jeunes lecteurs (à partir de 11 ans d’après l’éditeur) qui aiment les beaux contes et les beaux livres.

Kiviuq et l'ours blancKiviuq, jeune Inuk*, avait perdu son père très jeune. Son beau-père refusait de lui apprendre la chasse et il ne faisait que suivre l’adulte sans rien en retirer. Souvent, marchant moins vite, il restait seul dans l’obscurité de la nuit polaire, rejoignant la maison bien après son beau-père. Mais un jour Kiviuq rencontra un ours…
On n’est jamais déçu avec les ouvrages de la collection Contes & classiques du Monde de chez Magnard. Ici, c’est un conte Inuk que nous raconte Céline Espardellier. Il est question de transmission, de partage, de tradition. Alors bien sûr il est surtout question de chasse et certains enfants trouveront cette histoire dure (ma fille de 6 ans a eu du mal avec tous ces phoques tués par l’enfant). Les illustrations d’Isabelle Chatellard sont magnifiques et le fait que l’album soit très grand les met particulièrement en valeur.
Partez en voyage initiatique chez les Inuit grâce à un magnifique conte.

Le perroquet juifMonsieur Abraham vivait seul et souffrait de la solitude, jusqu’au jour où il acheta un perroquet juif. Un roi paria un jour avec un pope que le juif qui puisait l’eau était mieux instruit que les chrétiens. Un prêtre refusait de quitter son église malgré l’inondation, préférant s’en remettre à Dieu. Un jeune homme était étonné de voir chaque jour un vieux sage lisant à l’ombre d’un arbre. Un jeune Rabin voyagea un jour face à une jeune fille sexy…
François Azar propose cinq contes judéo-espagnols dans ce bel ouvrage bilingue illustré par Aude Samama. Des histoires pleines de poésie et de philosophie, qui amènent souvent à la réflexion. Mais surtout des histoires pleines d’humour, là aussi plein de finesse.
Cinq jolis contes philosophiques illustrés à la peinture.

Les fabuleuses aventures de Sinbad le marinSinbad était le fils d’un riche marchand qui mourût bien tôt en léguant à son fils sa grosse fortune. Seulement Sinbad menait la grande vie et il épuisa bientôt ses ressources. Il décida de refaire fortune en voyageant sur les mers. Mais les voyages de Sinbad n’étaient pas de tout repos, il rencontra un cheval marin, un roc (sorte d’Oiseau de feu), des serpents géants, des cyclopes et d’autres monstres encore.
Six voyages de Sinbad sont rassemblés dans le bel ouvrage illustré par Sébastien Pelon, Les fabuleuses aventures de Sinbad le Marin sorti au Père Castor. Six histoires fabuleuses qui vont ravir ceux et celles qui aiment les récits fantastiques, les aventures incroyables, les contes merveilleux. Alors c’est parfois assez cruel (bien plus que dans le magnifique film Le Septième Voyage de Sinbad de Nathan Juran, pour donner un exemple, dans le film l’un des compagnons de voyage est attaché à une broche et mit au-dessus du feu par le cyclope puis délivré par Sinbad… ici, il sera vraiment dévoré) et peut déranger les plus jeunes enfants (je ne le lirai pas à un enfant de moins de 6-7 ans je dirai).
Un magnifique ouvrage d’aventures pour retrouver le plus célèbre marin des contes des mille et une nuits.

10 contes des 1001 nuitsSi vous voulez prolonger votre séjour à Bagdad, Michel Delaporte a sorti, il y a quelques mois, 10 contes des Mille et une Nuits en format poche. On trouve l’histoire d’Ali Baba et les quarante voleurs mais aussi celle d’Ali Cogia à qui on avait volé son or pendant un pèlerinage à la Mecque. Bien entendu, les 10 contes sont précédés par l’histoire de Shéhérazade. En fin d’ouvrage, un cahier de 32 pages pour aller plus loin où l’on trouve des questions, jeux, lexique… Le livre est illustré par Fred Sochard.

*Pour ceux qui l’ignorent, Inuk est le singulier d’Inuit.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un ouvrage sur des contes inuit (Contes inuit d’Emmanuelle Stimamiglio, Sylvie Teveny et Laura Guery) et des versions des Contes des Mille et une nuit (Les Mille et une nuits de Gudule et François Roca et Petits contes des 1001 nuits de Claire Lemoine de Claire Lemoine et Sandrine Bonini ).
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages des contes des Frères Grimm (Grimm contes choisis, Tom Pouce, Les musiciens de Brême, Le vieux Cric Crac, Le voleur de lune, Les musiciens de Brême, L’homme à la peau d’ours, Tom Pouce, Le petit chaperon rouge, Blanche Neige, Hansel et Gretel et Hans la chance), de Shaun Tan (Les lois de l’été), Isabelle Chatellard (Bazar Circus), Aude Samama (La case de l’Oncle Tom) et de Sébastien Pelon (Robin des bois et Contes d’Afrique). Retrouvez aussi notre interview de Sébastien Pelon.

Contes de Grimm
Textes de Philip Pullman (traduit par Jean Esch), d’après les Frères Grimm, illustrés par Shaun Tan
Gallimard
35 €, 170×230 mm, 496 pages, imprimé en Italie, 2014.
Kiviuq et l’ours blanc
de Franz Boas, adapté par Céline Espardellier, illustrés par Isabelle Chatellard
Magnard Jeunesse dans la collection Contes & Classiques du Monde
16,90 €, 285×328 mm, 51 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Le perroquet juif et autres contes judéo-espagnols
Textes de François Azar, illustrés par Aude Samama
Lior éditions
15 €, 320×240 mm, 50 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Les fabuleuses aventures de Sinbad le marin
Textes de Michel Laporte, illustrés par Sébastien Pelon
Père Castor
15,50 €, 310×250 mm, 64 pages, imprimé en France, 2014.
10 contes des mille et une nuits
Textes de Michel Laporte, illustrés par Frédéric Sochard
Flammarion jeunesse
6,10 €, 125×179 mm, 215 pages, imprimé en Espagne, 2014.

Gabriel

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D’autres contes

Par 3 février 2014 Livres Jeunesse

On aime vous parler des contes connus, il y a sans arrêt de nouvelles versions d’histoires qu’on nous a lues enfants et que nos parents (et les parents de nos parents) ont écouté également quand ils étaient petits. Mais on aime aussi les autres contes, ceux que l’on ne connaît pas parce qu’ils sont peu connus, venus d’ailleurs ou tout simplement récents. Aujourd’hui, je vais vous présenter un conte venu de Chine, un conte inuit, un conte tunisien, mais je commence par un conte récent.

Le fils du géantParce qu’il était tout petit, un roi et une reine avaient décidé d’abandonner leur enfant. Ils l’avaient déposé dans un dé à coudre d’or qu’ils avaient confié à la rivière. C’est ainsi que, sur son embarcation, l’enfant fut trouvé par deux géants qui décidèrent de l’élever. Ils lui donnèrent tout ce dont il avait besoin et grâce à ça, l’enfant grandit, devint un jeune homme robuste. Un jour, le roi et la reine, surpris par un terrible orage, vinrent dans la grotte des deux géants… et reconnurent le dé en or…

Avec une construction de conte classique, c’est une magnifique histoire que nous raconte Gaël Aymon, auteur que nous aimons décidément beaucoup. On nous parle donc ici d’un enfant différent abandonné par ses géniteurs. Un enfant qui aura le choix, une fois adulte, de vivre avec ses vrais parents une vie de prince, ou de rester avec ceux qui l’ont recueilli puis élevé pour continuer à être simple pêcheur. La fin est absolument magnifique… mais bien entendu je vous laisse la découvrir. Les illustrations de Lucie Rioland sont superbes et mettent parfaitement en image la belle histoire de Gaël Aymon, elles font juste regretter que l’album ne soit pas plus grand. Un magnifique conte, de ceux qui restent, avec même en arrière-plan une histoire d’homoparentalité.

Grand-tante tigreAlors que leur mère s’est absentée, A-king, dix ans, et A-Yu, sept ans, entendent frapper à la porte de leur maison. Leur mère les a bien mises en garde, il ne faut pas ouvrir ! Seulement, la personne qui frappe à la porte prétend justement être leur mère alors les filles décident d’ouvrir… et se rendent vite compte que ce n’est pas elle. La vieille dame qui leur fait face leur dit être une grand’tante venue veiller sur elles… Seulement les petites filles ont quelques doutes…

Ici encore, c’est un conte comme on a l’habitude d’en lire, mais qu’on ne connaît pas. Les contes venus de Chine sont souvent plus cruels, plus durs (ce qui ne dérange pas les enfants) que nos versions édulcorées du petit chaperon rouge ou de Cendrillon (merci Perrault…). Ici, un enfant sera croqué (il y a même un morceau de doigt), la Grand-Tante Tigre ne s’en sortira pas. C’est, comme souvent, un très bel album que nous proposent les éditions HongFei, tant dans l’histoire que dans les illustrations et, on n’en parle pas assez souvent, mais aussi dans la maquette (je trouve toujours la mise en page des albums HongFei particulièrement soignée). Un très beau conte pour ceux qui aiment les histoires qui font un peu peur.

Il était une (mini) fois,
Des histoires fortes, des récits venus d’ailleurs
merveilleusement écrits,
par des conteurs d’aujourd’hui…
Il était une (mini) fois,

Des classiques à découvrir dans leur version d’origine
ou écourtée avec un grand respect…
Voilà le principe d’une toute nouvelle collection de chez Didier Jeunesse. Des petits livres (à prix mini), parfaits pour les tout jeunes lecteurs (mais on peut aussi les lires à ceux qui sont un peu plus jeunes). Huit titres sont déjà sortis, je vous en présente deux aujourd’hui.

Le premier amour de grand corbeauPour les Inuit, le grand créateur c’est un corbeau. Un oiseau capable de se transformer en homme. Quand il eut fini de créer le monde, il y descendit pour contempler son œuvre. C’est là qu’il rencontra une énorme baleine, et à l’intérieur du corps de la baleine, une jeune femme qui dansait et dont les mouvements faisaient bouger le cétacé. Le grand corbeau était tombé amoureux de la jeune fille et voulait l’emporter avec lui…

J’aime beaucoup les contes inuit, j’avais d’ailleurs chroniqué un magnifique recueil de contes de cette peuplade. Là encore, on retrouve cet univers particulier, un conte comme on en voit peu chez nous. On nous parle du premier amour du monde, des premières larmes du monde et du premier chant du monde. Muriel Bloch fait partie de ces auteurs qui sont tout simplement passionnants, captivants, dont le style est un délice à lire. On sent ses mots bien choisis. C’est d’ailleurs une chose commune aux conteurs et donc quelque chose qu’on retrouve dans cette collection… c’est encore le cas avec le conte suivant.

Aïcha et l'ogreParce qu’il devait partir en voyage quarante-quatre jours et quarante-quatre nuits, un homme enferma sa fille derrière une haute muraille fermée par un grand portail qui comportait sept serrures différentes. Aïcha, c’était le nom de la jeune fille, resta donc, là, seule avec son chat à s’amuser, sans personne pour la commander. Seulement un jour, le chat fit tomber la boîte d’allumettes dans le puits et Aïcha ne pouvait plus se faire à manger… elle dû sortir en faisant un trou dans la palissade, et rencontra un ogre. Celui-ci accepta de la laisser partir si elle lui donnait son doigt à sucer quand il viendrait chez elle…

Là encore, grâce à la conteuse Praline Gay-Para, on prend beaucoup de plaisir à lire, à voix haute, cette histoire de petite fille qui paye sa désobéissance. Ici, c’est un conte tunisien et là encore c’est assez différent de nos contes traditionnels. Tout comme le précédent, c’est un conte qui était déjà sorti chez Didier jeunesse (dans une version illustrée et même une version livre-disque pour celui-ci) et qu’on retrouve ici, donc, en format poche contenant uniquement le texte. Une collection à suivre de près !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Gaël Aymon (L’anniversaire à l’envers, Les souliers écarlatesLa princesse Rose-Praline, Une place dans la cour, Contes d’un autre genre et Giga Boy), Muriel Bloch (Le vieux Cric CracPetites sagesses du soir et Le Schmat doudou) et Praline Gay-Para (Petit beignet rond et doré, L’ogresse et les sept chevreaux et Au loup !). Retrouvez aussi notre interview de Gaël Aymon.

Le fils des géants
Texte de Gaël Aymon, illustré par Lucie Rioland
Talents Hauts
13,80€, 230×200 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2013.
Grand’Tante Tigre
Texte de Blanche Chiu, illustré par Minji Lee-Diebold
HongFei dans la collection Contes de Chine
15,20€, 225×279 mm, 28 pages, imprimé à Taïwan, 2013.
Le premier amour de grand corbeau
Texte de Muriel Bloch
Didier Jeunesse dans la collection Il était une (mini) fois
3€, 115×165 mm, 28 pages, imprimé en France, chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Aïcha et l’Ogre
Texte de Praline Gay-Para
Didier Jeunesse dans la collection Il était une (mini) fois
3€, 115×165 mm, 28 pages, imprimé en France, chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

La Revue des livres pour enfants 274Connaissez-vous La revue des livres pour enfants, éditée par le Centre national de la littérature pour la jeunesse de la BNF ? C’est Véronique Soulé de l’émission Écoute, il y a un éléphant dans le jardin qui m’a fait découvrir cette super revue, qui paraît six fois dans l’année. Dans le numéro 274 on va trouver, comme à chaque fois, une sélection d’albums, de romans, de documentaires, de CD… pour enfants et adolescents. On trouvera, par exemple, dans ce numéro des critiques de livres que nous avons chroniqués comme Réveillés les premiers de Komako Sakaï, Issun Böshi d’Icinori, Pépito Super-Héros de Yann Walker et Magali Le Huche, Un jour j’irai chercher mon prince en skate de Jo Witek, Jonah de Taï-Marc Le Thanh… Mais ce ne sont que quelques exemples, car ici on parle de très nombreux ouvrages… et on en parle bien ! Le cahier critique de plus de cinquante pages est suivi d’informations sur les revues pour enfants, les livres sur la littérature jeunesse… puis c’est un dossier de plus de cinquante pages sur les littératures de l’imaginaire qu’on nous propose. De La Belle et la Bête à Hunger Games en passant par les manga ou Harry Potter, un dossier très complet qui nous propose aussi des interviews (Michel Honaker et Johan Helliot). Enfin, on nous propose un article sur le livre d’art, une analyse d’Éclats de lune de Pierre Cornuel et l’actualité des bibliothèques. La revue des livres pour enfants c’est vraiment un guide pour tous les amoureux de la littérature jeunesse. Ils y trouveront des conseils de lecture et des tas d’informations. Vous pouvez en savoir plus sur cette super revue ici (vous trouverez même dans la colonne de droite les liens pour vous abonner ou pour commander ce numéro ou les anciens).

Gabriel

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Il fait froid !

Par 22 novembre 2013 Livres Jeunesse

Mais quand même c’est amusant de s’entendre claquer des dents
Et dehors tout est glacé on va tous aller glisser
(…)
Et aussi c’est amusant de faire des nuages en soufflant
De l’air chaud devant son nez
FroidLes cuivres de Ménilmontant

Dehors il fait froid… dans les histoires aussi !

Le voyage d'anokiAnoki sort de son igloo. Il fait froid. Il y a du blanc à perte de vue. Depuis toujours il a entendu parler du Grand Blanc, on lui a dit qu’il n’y avait que les enfants qui pouvaient le voir, bientôt Anoki n’en sera plus un… c’est le moment où jamais ! Anoki par donc à la recherche de celui dont on dit qu’il ressemble à un ours si grand qu’il touche les étoiles. Le voyage sera long… Anoki trouvera-t-il le Grand Blanc ?

C’est encore un album sublime que sort Antoine Guilloppé. Une aventure, une quête, l’histoire d’un enfant, bientôt adulte qui veut accomplir un rêve, rencontrer un personnage qui le fascine. Les illustrations sont tout simplement sublimes et c’est un magnifique objet : un vernis sélectif sur certaines pages pour nuancer les blancs, de l’argenté sur les étoiles, un pop-up à la fin… C’est un magnifique cadeau que nous font là les éditions Gautier Languereau et Antoine Guilloppé. Un bijou à avoir dans sa bibliothèque.
Une vidéo présentant l’album.

Le roi de la montagne en hiverUne vieille femme veuve et aigrie vivait avec ses deux filles, la plus âgée était son portrait craché, l’autre était la gentillesse même. Bien sûr la mère et l’aînée maltraitaient la cadette, lui donnaient des travaux difficiles à accomplir en espérant la voir devenir moins belle. Bien-sûr c’était sans effet. Un jour, alors qu’une tempête de neige venait de s’abattre et que le froid régnait dehors, la plus grande des filles exigea des violettes. La mère obligea donc la plus jeune à aller lui en chercher sous peine de ne pas rentrer. Après avoir longuement marché, la jeune fille rencontra 12 hommes qui regardaient des flammes, ces douze hommes allaient l’aider.

J’ai eu un petit pincement au cœur en lisant cette histoire car je suis persuadé de l’avoir entendu quand j’étais enfant (vous savez parfois on ne se souvient plus et d’un coup tout revient). Ces hommes qui sont au milieu de la montagne et représentent les douze mois de l’année vont aider la jeune fille. Le conte est absolument superbe (il est inspiré d’un conte tchèque et d’un conte russe), et les illustrations d’Aurélia Fronty magnifiques. Là aussi, un très bel album.
Des extraits en ligne.

Ina et AslakIna a les cheveux blonds, il lui manque une dent en bas, elle aime le violet, les chouettes et courir. Mais surtout son frère Aslak. Aslak n’a que huit dents en haut et huit dents en bas, il aime se déhancher dans sa couche et sa couleur préférée est tracteur (son animal préféré aussi d’ailleurs). Et bien-sûr Aslak adore Ina. Ensemble aujourd’hui ils partent couper du bois parce qu’il fait froid. Ils s’emmitouflent de la tête aux pieds, ils prennent une hache et c’est parti !

Dans un tout autre style que les deux ouvrages précédents, Ina et Aslak apprentis bûcherons est une petite pépite. J’ai eu un véritable coup de cœur pour cet album. C’est extrêmement drôle -Aslak ne sait dire que « oui » (même quand il faut dire « non ») et « tracteur » (à propos de n’importe quoi)-, c’est très poétique (surtout grâce aux illustrations, un mélange de montages faits avec du papier découpé et photographié, de collages et de dessins), c’est un peu décalé. Ça fait du bien de découvrir d’autres littératures (c’est un album norvégien) surtout quand elles sont de cette qualité. Un album que j’ai adoré lire à ma fille et que ma fille a adoré écouter, qui nous a fait rire autant l’un que l’autre.
Des extraits en ligne.
Le même vu par Oeil d’ailleurs et par Sous le feuillage.

NeigeAlors qu’il se balade, un petit lapin voit quelques flocons virevolter. L’écureuil va se coucher, le lapin continue et les flocons sont de plus en plus nombreux. Les grenouilles aussi regagnent leur abri, le petit lapin continue et il neige de plus en plus. Tour à tour les animaux rentrent à l’abri, bientôt le petit lapin retrouvera sa maman, lui aussi se mettra au chaud.

Après la Norvège c’est un album japonais que je vous propose de découvrir. Un album très doux, très poétique. Petit à petit la neige recouvre le sol et les pages sont de plus en plus blanches, jusqu’à le devenir complètement (grâce au talent de l’illustratrice on aperçoit quand même ce petit lapin blanc et sa maman dans les étendues enneigées). On parle donc ici des animaux qui hibernent, des saisons, de la peur d’être abandonné (petit lapin a peur d’avoir perdu sa maman). Un bien bel album.
Des extraits en ligne.

Une vie d'escargotFuyant le froid, Andreï l’escargot avance. Il faut faire vite, la neige commence à tomber. En chemin il ramasse de quoi manger. La neige tombe trop fort, Andreï rentre chez lui, le voilà bien au chaud. Il se fait une tisane, s’allonge sur son sofa et il dort en rêvant en attendant le printemps… Mais si les rêves ne suffisaient plus, si la réalité c’était mieux ? Andreï a envie de vivre là où il fait chaud !

Une vie d’escargot nous parle aussi de l’hibernation mais également des voyages, des rêves, d’oser casser les habitudes. J’avoue avoir été surtout séduit par les très jolies illustrations de Janik Coat, très graphiques. Un album sorti dans la collection Fil rouge, une collection petit format à « petit prix » d’Autrement.
Le même vu par Sous le feuillage.

Tout sur l'hiverOn termine avec un album documentaire, Tout sur l’Hiver sorti au Seuil Jeunesse. Grâce à des BD, des illustrations, des photos, des petits textes courts… on va apprendre des tas de choses sur l’hiver. Pourquoi il y a l’hiver ? Comment reconnaître les arbres quand ils n’ont plus de feuilles ? Comment les plantes et les animaux résistent au froid ? Mais on parlera aussi de l’hiver en ville, à l’école (avec des poésies sur l’hiver). On trouve aussi des jeux, des recettes, des idées de loisirs créatifs… on parle du Père Noël, de Mardi Gras, de l’Épiphanie… bref voilà un album documentaire très complet, très bien fait (on ne s’ennuie jamais) et aux belles illustrations qui nous dira tout sur cette saison et ce qu’il s’y passe.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Antoine Guilloppé (Les musiciens de Brême, La mouffle, Loup noir, Grand blanc, Première neige, Plein soleil, Qui dit noir dit blanc, Pleine lune et Akiko la rêveuse) , Aurélia Fronty (Un jour grand-père m’a donné un ruisseau et Une si belle entente), Anne Cortey (Muette), Janik Coat (Mon hippopotame, Pour un carré de chocolat, Une vie d’ours et La surprise) et Clémentine Soudais (Cherchons les petites bêtes ! Découvertes et activités au jardin). Nous avons également interviewé Antoine Guilloppé.

Le voyage d’Anoki
d’Antoine Guilloppé
Gautier Languereau
19,95€, 310×305 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2013
Le roi de la montagne en hiver
Texte de Sylvie Delom, illustré par Aurélia Fronty
Didier Jeunesse dans la collection Contes du monde
14,20€, 240×310 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Ina et Aslak apprentis bûcherons
Texte de Tore Renberg (traduit par Jean-Baptiste Coursaud), illustré par Øyvind Torseter
Didier Jeunesse
13,10€, 185×250 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Neige
de Kaori Tajima
Lirabelle
19€, 230×290 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2013.
Une vie d’escargot
Texte d’Anne Cortey, illustré par Janik Coat
Autrement dans la collection Fil rouge
5,20€, 160×190 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Tout sur l’hiver
Texte de Clémence Sourdais, illustré par Charline Picard
Seuil Jeunesse
18€, 260×260 mm, 64 pages, imprimé en France, 2013.

A part ça ?

Il y’a du nouveau dans notre livre d’or !

Gabriel

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Loin, très loin de nous

Par 13 janvier 2013 Livres Jeunesse

La maison de Yu TingLa maison de Yu Ting a un jardin, un jardin où brode une grand-mère, un jardin où joue un chat, un jardin où Yu Ting mange le riz de son déjeuner, dans la lumière.

La maison de Yu Ting c’est tout d’abord un très beau texte, jouant sur les répétitions. Sur la première page on ne trouve que les mots « La maison » (faisant face à une page représentant cette maison) puis en tournant la page on pourra lire « de Yu Ting » (accompagnée d’un dessin représentant l’enfant), en tournant La maison de Yu Tingencore « le jardin plein de lumière de la maison de Yu Ting » et ainsi de suite, chaque fois le texte de la page s’enrichie d’un élément. Si bien qu’à la fin on se retrouve avec une très longue phrase sur la page. Ce principe très répétitif peut soit captiver les enfants (il a un côté hypnotique)… tout comme il peut les agacer ! Au fil de l’histoire les éléments vivent leur vie, évoluent, changent. Et plus le texte est long, plus ce dont il parle sera petit. On commence par la maison et on termine par un élément du bol de Yu Ting. Un très beau texte. Il est accompagné par des illustrations à l’aquarelle délicates et pleines de poésie. Un bien bel album très doux et totalement captivant.

Mingan, mon villageC’est dans le village de Mingan que Rogé est allé à la rencontre d’enfants Innus. Il les a photographié pour dessiner ensuite des portraits et avec deux amies poètes il a animé des ateliers d’écriture pour permettre à ces enfants de rédiger de beaux poèmes. Les portraits et les poèmes sont rassemblés dans un grand livre, Mingan, mon village… et c’est un vrai bonheur. Les textes de ces enfants qui parlent de la vie autour d’eux (pas vraiment de leur quotidien mais plus de la nature qui les entoure ou de liens familiaux et surtout ceux avec les grands-parents) sont beaux et nous amène à la rencontre d’enfants très loin de nous. Face à ces textes (parfois de quelques lignes parfois bien plus longs), les portraits sont pleine page et sont absolument magnifiques. Le livre tient plus du livre d’art, qu’on regarde, qu’on pose et sur lequel on revient ensuite. Un livre qui marque par son esthétisme et la douceur de ses textes. Partez à la rencontre des enfants Innus de l’école Teueikan à Mingan.

Quelques pas de plus…
Autre peuple du froid, nous avions parlé de contes inuit avec le très beau livre sorti chez Circonflexe, c’est ici.

La maison de Yu Ting
d’Anne Thiollier
HongFei
12,70€, 265×198 mm, 30 pages, imprimé à Taïwan, 2012.
Mingan, mon village
Poèmes d’écoliers innus, illustrés par Rogé
Les éditions de la Bagnole
16,50€, 265×365 mm, 40 pages, imprimé au Canada, 2012.

A part ça ?

Claire Gaudriot, qui a fait notre banderole, sort chez Audois & Alleuil La princesse aux petits prouts, un conte numérique pour tablettes. J’ai vu une présentation à Montreuil et j’ai adoré. Pour la première fois je suis frustré de ne pas avoir de tablette ! Vous pouvez découvrir ce conte sur cette vidéo et l’acheter ici. L’avis de DéclicKids.

Gabriel

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