La mare aux mots
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Irène Valente

Histoires pleines de sens

Par 20 avril 2012 Livres Jeunesse

Que j’aime les livres où les choses ne sont pas simples, prémachées, où il faut relire plusieurs fois avant de tout comprendre, des livres avec un vrai fond, des messages derrière, des livres dont on perçoit très vite la première couche mais en soulevant il y en a une autre, des livres où les enfants ne vont pas forcément comprendre la même chose, suivant leur âge, suivant leur vécu.

Gaspard vit dans ses partitions, dans sa musique. Il ne quitte pas le temps de Mozart. Mais un jour il décide de sortir et découvre les sons du dehors, ces sons qui lui semblent avoir des couleurs. Gaspard découvre la ville petit à petit et ce faisant il découvre la vie.

Agnès Domergue, dont j’aime tant les dessins, se lance ici donc dans le texte et sincèrement… j’ai eu peur ! Surtout qu’elle n’est pas l’illustratrice de cet album. Je trouvais qu’elle avait tellement de talent en tant que dessinatrice que c’était dommage de signer un livre dont elle ne serait l’auteure que des textes. Première observation, Agnès Domergue écrit très bien, son texte est très beau, plein de poésie, très profond. On peut y voir un texte sur un petit garçon qui aime la musique, on peut aussi y voir l’histoire d’un enfant agoraphobe qui va combattre sa phobie, ou un récit sur la solitude, la tristesse ou sur l’imaginaire. Le texte est truffé de référence à la musique (partition, portée, dièse, bémol,…) et d’ailleurs ces mots sont expliqués en fin d’ouvrage accompagnés d’un petit texte sur Mozart. Agnès Domergue est également musicienne professionnelle et c’est cet amour de la musique qu’elle transmet ici. Bref un texte avec plusieurs strates. Mais je ne vous ai encore parlé que du texte… donc au départ déception qu’Agnès Domergue n’ai pas fait les illustrations, déception vite oubliée au vu du superbe travail d’Irène Valente ! Là où l’auteure s’est amusée à glisser des références musicales, l’illustratrice, elle, a glissé des références à la peinture. Chaque dessin est un clin d’œil à un peintre ou à un courant, de Kandinsky à Pollock en passant par Miro ou Klee, au niveau des illustrations (comme au niveau du texte) le livre est absolument merveilleux. Ces références sont rappelées en fin d’ouvrage, avec le lexique musical, et les enfants pourront s’amuser à rechercher quel peintre a inspiré quel dessin de l’ouvrage. Le petit garçon croqué par Irène Valente est tout plein de charme également. Un album très complet, bien plus complexe qu’il n’y parait à première vue, à lire, relire et rerelire.

Aubépine a un souci depuis qu’elle est née… elle prend racine dès qu’elle reste immobile. Ça a commencé à être gênant dans son berceau, très vite elle y était collée et impossible de l’en déloger. Ses parents, suite aux conseils d’un médecin ont dû tout le temps couper ses racines. Plus grande elle n’a d’autre choix que de bouger en permanence.

Que j’aime les dessins de Pole Ka et son univers ! je vous avais déjà parlé d’Olivier, le réparateur de cœurs, ici elle n’est que l’illustratrice et pourtant on retrouve cet esthétique de contes à l’ancienne, un peu macabre, un côté Tim Burton qui n’aurait pas mal tourné. Le livre est absolument superbe : écriture à la main, on a l’impression que c’est un peu « vieillit » ou « sale » par endroit, comme du vieux papier, le vernis sélectif de la couverture… un très bel objet ! Et le contenu donc… cette histoire est magnifique, pleine de poésie et en même temps très dure. De quoi parle-t-on ici ? De la maladie et de la mort ? A chacun de se faire son avis, c’est ça que j’aime dans ce genre d’ouvrage. Une vraie réussite, un album absolument merveilleux, un gros coup de cœur !

Malo a un petit bateau, tout bleu, tout beau, un bateau qui un jour le fera voyager loin. Il sera marin comme son père, comme son grand-père. Malo grandit, ses parents ont vieillit il doit partir, son petit bateau n’est plus assez grand pour lui et c’est sur un gros bateau qu’il va prendre le large.

Encore un livre plein de poésie, plein de métaphores sur la vie. On parle ici du temps qui passe, des enfants qui grandissent et partent, des parents qui vieillissent et partent aussi… de la rencontre de l’amour,… on parle de la vie tout simplement. Ingrid Chabbert signe ici un de ses plus beaux textes, c’est une histoire très belle, très douce. Douceur accentuée par les dessins de Fabiana Attanasio qui sont très beaux. Douceur jamais mièvre. Car le souci des livres trop doux c’est souvent qu’ils débordent de bons sentiments, que c’est trop sucré, ici pas du tout. Il y a une certaine mélancolie. Le livre parle aussi de prendre sa vie en main, il combat les clichés sexistes. Ici aussi les enfants et les parents n’y verront pas la même histoire mais tous tomberont sous le charme de ce très bel album.
Retrouvez aussi Le bateau de Malo vu par Enfantipages.

La symphonie des couleurs
d’Agnès Domergue, illustré par Irène Valente
Philomèle
14€
La petite fille qui prenait racine
de Caroline Van Linthout, illustré par Pole Ka
Des ronds dans l’O
14,70€
Le bateau de Malo
d’Ingrid Chabbert, illustré par Fabiana Attanasio
Des ronds dans l’O
10€

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 A part ça ?

Sur la page facebook, j’ai proposé un petit concours, faites moi un truc rigolo sur La mare aux mots (photo, vidéo, montage,…) j’offrirai un petit cadeau au plus drôle. Les premières participations sont , et .

Gabriel

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