La mare aux mots
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Isabelle Bauer

Anges ou démons ?

Par 5 octobre 2012 Livres Jeunesse

Quels sont ces animaux bizarres appelés « petites personnes »? Ils ont une tête, deux bras et deux jambes, et un sac pour aller à l’école. Ils sont gourmands, inventent des mots et vivent avec des grandes personnes.

C’est un grand album pour parler des petites personnes. Les petites personnes, vous l’aurez compris, ce sont les enfants. C’est drôle et bien écrit, Catherine Leblanc décrit donc ces êtres étranges comme on le ferait dans un documentaire animaliers pour enfants : mots simples, phrases courtes. C’est très poétique, très beau et original. Ce n’est pas un album « comique » (ici pas de gags) mais on sourit beaucoup. Catherine Leblanc a vraiment su croquer l’enfance, sans caricature et avec finesse. Les illustrations de Gwendal Le Bec sont également belles, « simples » et efficaces. Un très bel album sur l’enfance.

Un ange ça ne fait pas de bêtises, si ? Pourtant Céleste, alors qu’il joue à cache-cache dans les nuages, trouve un interrupteur et ne peut résister… il faut l’essayer ! Mais voilà que ça éteint le soleil… Horreur ! Malheur ! Tout le monde est en colère… Céleste va devoir réparer tout ça.

C’est avec beaucoup de poésie qu’Isabelle Bauer nous parle des bienfaits du soleil. Comment les fleurs vont-elles pousser sans lui ? Comment la chouette saura-t-elle quand s’arrêter de dormir ? Et qui dit plus de soleil dit plus d’évaporation d’eau et donc plus de nuages… donc qui arrosera les fleurs des champs ? Cette jolie petite histoire d’ange qui fait une bêtise est beaucoup plus profonde qu’elle n’apparaît au premier abord. On parle aussi de la solidarité (Céleste n’arrivera pas seul à retrouver l’interrupteur). Même si je ne suis pas fana de toutes les illustrations du livre, certaines sont magnifiques, le petit personnage notamment est toujours superbe. Un livre pour tous ceux qui aiment les histoires douces et poétiques.

Quelques pas de plus…
D’autres livres de Catherine Leblanc que nous avons chroniqués : Lulu et Moussu et Ah, si j’étais président !
Notre interview d’Isabelle Bauer et les livres que nous avons chroniqués d’elle : La machine à bonbons et Un (grand) cri de souris.
Un autre livre illustré par Katia Belsito que nous avons chroniqué  : Je t’aime comme toi.

Les petites personnes
de Catherine Leblanc, illustré par Gwendal Le Bec
P’tit Glénat
11€, 267×320 mm, 32 pages, imprimé en France.
Qui a éteint le soleil ?
d’Isabelle Bauer, illustré par Katia Belsito
Philomèle
12,50€, 200×200 mm, 36 pages, lieu d’impression non précisé.

A part ça ?

Enfin, l’école va se battre contre les clichés sexistes, un article ici.

Gabriel

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Les invités du mercredi : Kris Di Giacomo et Le tour de la question « Comment choisit-on un titre ? »

Par 19 septembre 2012 Les invités du mercredi

J’adore le trait de crayon de Kris Di Giacomo, j’avais envie de lui poser quelques questions, elle a accepté, merci beaucoup à elle. J’espère que si vous ne connaissez pas son travail, cette interview vous donnera envie de le découvrir. D’autre part je vous avais parlé d’une nouvelle rubrique dans Les invités du mercredi, ça s’appelle Le tour de la question et c’est juste en dessous de l’interview. J’espère que ce nouveau rendez-vous vous plaira !
Et puisqu’on parle d’interview, si ça intéresse certains d’entre vous, vous pouvez lire la mienne sur le blog Oeil d’ailleurs.


L’interview du mercredi : Kris Di Giacomo

Quel a été votre parcours ?
Doudou, cloches de vaches, montagnes, chocolat, forêts, chats, solitude, déménagements, nouveautés, changements de pays, découvertes, curiosité, se poser beaucoup de questions, errer, se tromper, école d’art, ville, l’odeur de la peinture à l’huile, vivre seule, enseigner l’anglais aux enfants, la compagnie des crayons et des carnets, le café, trouver petit à petit un métier, toujours se poser plein de questions…

Quels sont vos souvenirs de lecture d’enfant, d’adolescente ?
Toujours en anglais : Winnie the Pooh, Maurice Sendak, Roald Dahl, Astrid Lindgren, S.E. Hinton

Ces livres vous ont-ils inspirée ?
Sûrement, mais je pense que le déclencheur c’était des visites en librairies plus récemment, en France quand j’ai découvert les beaux livres des artistes contemporaines comme Hélène Riff, Anne Herbauts, Frédérique Bertrand… Là j’ai trouvé un monde où tout était possible et qui me parlait directement.

Comment travaillez-vous ? Quelle est votre technique ?
J’aime tout mélanger. Je finis toujours par scanner et bricoler les images à l’ordinateur mais les premiers gestes sont au crayon, peinture, collages, machine à écrire, taches de café, objets trouvés… dans des carnets, sur des feuilles libres, en bazar, à l’envers…

Parlez-nous de votre collaboration avec Séverine Vidal. Comment avez-vous travaillé sur Prune ?
C’est notre éditrice qui m’a envoyé les premiers tomes de Prune. J’ai tout de suite aimé le ton de ces textes et je sentais que cette petite fille avait un bon caractère. J’ai passé beaucoup de temps à chercher ce personnage (qui s’appelait d’abord Cerise, puis Myrtille, et enfin Prune) Comme c’était, dès le départ, une série, il fallait que je puisse la dessiner dans toutes les situations et qu’elle soit reconnaissable sur la durée. Ce n’est pas quelque chose que je fais facilement alors je me suis appliquée !!  Une fois les personnages un peu cernés, j’ai pris mes feuilles blanches et mon crayon au café et j’ai dessiné les situations en vrac. De retour chez moi j’ai scanné les dessins au crayon et bricolé les compositions sur l’ordinateur. Ensuite j’ai colorié en utilisant Photoshop et une tablette graphique. C’était la première fois que je coloriais comme ça tout un livre à l’ordi. C’était amusant. Mais long !

Quels sont vos projets ?
Les auteurs avec qui je travaille ne sont jamais en panne de supers idées alors je ne chôme pas !
Je continue ces collaborations et puis je cherche toujours en moi, des nouvelles façons de faire, de nouvelles idées… J’aimerais aussi écrire mes propres histoires. On verra !

Derniers livres sortis :

 Retrouvez Kris Di Giacomo sur son site : http://krisdigiacomo.over-blog.com/


Le tour de la question… Le titre

Une fois par mois je propose à plusieurs auteurs de répondre à une même question, ce mois-ci je leur ai proposé de nous parler du titre. Qu’est-ce qu’un bon titre ? Comment le choisit-on ? J’ai proposé aussi à un éditeur de nous parler de sa vision des choses. Petit bonus, je leur ai demandé quel est le titre, déjà pris, qu’ils auraient aimé avoir trouvé.

Sandrine Beau :
Le titre s’impose souvent à moi, comme un flash. Et il vient généralement très vite, parfois même avant la première ligne.
Du coup, quand il faut le changer à la demande de l’éditeur, j’ai toujours un (petit) pincement au cœur.
Par exemple, L’hippopotin s’appelait à l’origine Un si joli popotin et Des crêpes à l’eau, L’argent ne fait pas le bonheur. (Au début, ça fait drôle et puis finalement, on « adopte » ces nouveaux titres et on finit par les aimer beaucoup. Surtout si on les a choisis ensemble avec les éditrices !)
Un de mes titres préférés, c’est L’été où mon grand-père est devenu jaunophile. J’adore ce titre, que j’ai mis du temps à trouver cette fois ! Et heureusement, on ne m’a pas demandé de le modifier! D’ailleurs, il « accroche » beaucoup : les visiteurs sur les salons qui me parlent du livre suite à la lecture de ce mot inventé et les enfants que je rencontre dans leurs classes, qui, à leur tour, s’amusent à inventer des mots (carambarophile, sucettophile, etc…).
Le titre qu’elle aurait aimé avoir trouvé : Il sera quand même sur la couverture d’un de mes livres ! C’est fort, ça non ? Pourquoi ? Parce que c’est de la cervelle de ma pote Anne-Gaëlle Balpe qu’il a jailli et qu’il sera le titre du tome 3 de notre série Roulette Russe (co-écrit avec Séverine Vidal). Ce titre, c’est Fées d’hiver. Je le trouve beau, poétique et en même temps un peu mystérieux. Et il va comme un gant à la dernière aventure de nos 3 héros.
Son dernier livre sorti : Ma maman est comme ça, Limonade.
Son site : http://sandrinebeau.blogspot.fr

Annelise Heurtier :
Oh que oui, le titre est important… Primordial, j’ai envie de dire. Souvent, il donne le ton. Par exemple, avec Le prix de la trahison ou Passion fatale », tu sais tout de suite ce qu’il y a dedans. Ou ce qu’il n’y a pas, d’ailleurs.
Ceci étant dit, à l’inverse, un titre-qui-déchire ne fait pas tout, n’est ce pas… Si le texte est mauvais, ça l’enfonce encore plus. Cela donne l’impression qu’il y a tromperie sur la marchandise.
Pour ma part, les titres de mes livres ont souvent été choisis par les éditeurs. Je dois avoir un piètre talent en la matière ! J’ai pu le regretter, surtout quand il s’agissait de titres hyper marketés, avec des « mots-clés » vendeurs à placer dedans… Mais parfois, on n’a pas vraiment le choix.
Généralement, la recherche n’est pas très longue et on tombe assez vite d’accord sur un intitulé. Mais parfois, cela se transforme en épopée ! Dernièrement, pour un roman grands-ados qui sortira l’année prochaine, j’avais trouvé un titre qui paraissait évident. LE titre, celui qui arrive tout seul, qui coule de source, qui colle à tes mots, qui d’ailleurs, ne semble n’exister que pour les accompagner…. Mais (ô rage ô désespoir)  le titre était déjà déposé. Après des semaines de recherches, des stagiaires expressément missionnés sur le sujet, des sondages – toute ma famille et toute la maison d’édition ont dû y passer, même le gars de la cantine – nous sommes arrivés à une liste restreinte de titres… qui ne faisaient que nous rappeler à quel point l’Autre était mieux.
Et puis, un matin, mon éditrice a eu l’idée de contacter directement l’éditeur « propriétaire » du titre… Qui a accepté qu’on le reprenne ! Terrible, non ? (La vie d’artiste est trépidante, n’est ce pas).
Le titre qu’elle aurait aimé avoir trouvé : il y avait un titre que j’adorais, mais je ne m’en rappelle plus (la preuve que le fameux « bon » titre, il faut qu’il soit un minimum mémorisable, sinon, tu ne peux même pas acheter le bouquin…)…Ha si, je l’ai !  Je règle mes pas sur les pas de mon père. Googlisation faite, il s’agit d’un film, que je n’ai pas vu, d’ailleurs. Peut-être qu’il est complètement nul. Mais je ne sais pas pourquoi, il y a quelque chose dans cette phrase qui m’avait touché. Peut-être que cela faisait écho à quelque chose en moi ?
Son dernier livre sorti : Olaf, le géant mélomane, Benjamins Media
Son site : http://histoiresdelison.blogspot.fr

Régine Joséphine :
Le titre : animal fabuleux, secret, particulièrement recherché par les écrivains et artistes de tous bords. Très taquin, il se cache au détour d’une page ou entre les mots. Car il le sait : il est indispensable au livre mais il adore se faire courtiser. Certains auteurs, agacés par ses manières, le chassent, le piègent et le triturent sans vergogne pour lui donner la forme souhaité. Un mot ? Deux ? Une expression ? Le titre piégé passe par tous les états avant que l’auteur lui imprime sa forme définitive.
D’autres fois, pour tromper le titre, l’auteur l’ignore, se détourne, lui fait croire qu’il n’est pas intéressé. Vexé, le titre alors s’approche, grimace, fait le guignol pour attirer son attention. Car le titre est plein d’orgueil et d’égocentrisme. Il déteste qu’on le repousse, allant jusqu’à hanter les rêves de celui qui l’ignore. C’est alors que le piège se referme sur lui. D’un coup, l’auteur l’attrape et l’oblige à se soumettre.
Mais pour certains auteurs, dont moi, le titre se montre amical. Souvent, pendant que j’écris, il s’approche tout doucement, et tout à coup, il apparaît en pleine lumière, sans que je l’ai vraiment cherché. Et je sais alors que c’est le meilleur titre possible pour mon histoire. Comme un cadeau exposé aux lecteurs, une promesse qui attire son attention et aiguise sa curiosité. Et si le lecteur prend le livre en main, alors je sais que le titre et moi avons rempli notre rôle.
Son dernier livre sorti : Je t’aime, signé Lou(p), Oskar
Son site : http://www.regine-josephine.com

Estelle Billon-Spagnol :
À chaque fois, le titre vient tout seul, jamais en le cherchant, toujours en faisant un truc qui n’a rien à voir. Et il arrive bien avant que l’histoire ne soit écrite ou même pensée. Un ensemble de mots qui me passe par la tête, que je trouve drôle ou percutant, qui me parle en tout cas et dont j’ai envie de connaître ce qu’il raconte.
C’est le socle sur lequel tout se construit. Qui amène presque instantanément les noms des personnages.
Ensuite vient l’étape beaucoup plus laborieuse, des mois après le « tilt » du titre parfois, l’écriture d’une histoire qui tienne la route.
En gros, quand un titre me tombe dessus, je ne peux pas ne pas aller plus loin.
Pour l’instant, un seul a été discuté : Le préau des z’héros. Au départ, ce petit roman s’appelait Le prince des Bulots, mais l’éditeur était moyennement convaincu. J’ai eu beaucoup de mal à retrouver quelque-chose et lorsqu’on s’est mis d’accord sur le nouveau titre, il m’a fallu un peu de temps pour me dire que ça ne changeait rien à l’histoire écrite. Comme si mon bouquin sortait de chez le coiffeur, méconnaissable, avec une nouvelle coupe !
Le titre qu’elle aurait aimé avoir trouvé : Un mélange entre La boulangerie de la rue des Dimanches d’Alexis Galmot et Till Charlier et Oh non, Georges ! de Chris Haughton. Un titre intriguant plein de peps, de fantaisie et de poésie.
Son dernier livre sorti : La rentrée de Jacotte, Hélium
Son site : http://estellebillonspagnol.blogspot.fr

Vision de l’éditeur :

Isabelle Bauer (des éditions Philomèle) :
Trouver le titre d’un nouvel album ne m’a jamais vraiment posé un problème, bien que cela soit une décision très importante : l’auteur y a déjà réfléchi… « à juste titre » !
Les auteurs dont le texte (ou son projet) est bien maîtrisé, avec une authenticité qui le rend singulier, ont de bonnes idées. Tout au plus m’est-il arrivé de raccourcir un titre, comme pour La Symphonie des couleurs, qui s’appelait au départ Gaspard et la symphonie des couleurs. Dans ce qui m’est proposé d’emblée, se reflète une idée, un style bien sûr, mais aussi et surtout une façon d’être proche de l’enfance sans affectation. Je crois, j’espère, que lorsqu’on regarde l’ensemble du catalogue de Philomèle, on perçoit cet esprit-là.
Pour le reste, quand il me faut chercher moi-même, l’idée me vient souvent spontanément, sans doute parce que, après 15 ans de presse et l’habitude de réfléchir à la titraille, je suis bien rôdée à ce type d’exercice ! J’aime qu’un titre reflète soit l’intention, soit un moment-clé du récit, avec un petit côté intrigant. C’est le cas par exemple de  Qui a éteint le soleil ?. En réalité, je trouve qu’il est plus difficile de trouver la bonne illustration de couve qu’un titre !
Le titre qu’elle aurait aimé avoir trouvé : Pas de regrets quant à ceux déjà utilisés : s’ils existent c’est qu’ils sont à leur place, posés sur une couverture… Il m’arrive souvent d’acheter un livre pour son titre.
Le dernier livre sorti aux éditions Philomèle : Qui a éteint le soleil ?
Son site : http://www.editionsphilomele.fr/

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Les invités du mercredi : Magali Le Huche et Isabelle Bauer (+ concours)

Par 18 avril 2012 Les invités du mercredi

L’interview du mercredi : Magali Le Huche

C’est une des chouchous de La mare aux mots, une des première à avoir eu un post sur elle sur le forum, on parle de son travail régulièrement sur le blog, bref je suis très heureux de diffuser aujourd’hui une interview de Magali Le Huche ! En fin d’interview grâce aux éditions La maison est en carton  j’ai la chance de vous faire gagner un exemplaire du très beau À la piscine.

La mare aux mots :  Quel a été votre parcours ?
Magali Le Huche :
J’ai passé 5 ans aux arts décoratifs de Strasbourg, après une année à la fac d’art plastique et une autre à l’atelier de Sèvres.

La mare aux mots :  On vous voit un peu partout, sur des projets très différents, mais toujours dans des albums de qualité, qu’est-ce qui fait que vous dites « oui » pour illustrer un album ?
Magali Le Huche :
L’histoire bien sûr ! Et l’objet aussi, j’aime savoir quel objet ce sera, quel papier, quelle typo. C’est de plus en plus important pour moi de l’envisager avec l’éditeur avant de faire un album.

La mare aux mots :  Sentez-vous une effervescence ces derniers temps autour de vos albums ? J’ai l’impression que vous êtes devenue très connue en peu de temps. Y-a-t-il eu un changement de la part des éditeurs face à vos projets ?
Magali Le Huche :
Je ne ressens pas vraiment de changements, mais des liens professionnels se sont créés surtout. Ce qui donne envie de continuer à travailler ensemble. A moi aussi de me renouveler, j’ai toujours envie de proposer de nouvelles idées, des façons différentes. Ça demande du temps de chercher des idées, de ne pas s’enfermer dans des automatismes. J’essaye de trouver ce temps là, pour que l’envie ne me quitte pas !

La mare aux mots :  Quels sont les illustrateurs qui ont marqué votre enfance ? Vous ont-ils inspiré ?
Magali Le Huche :
Tomy Ungerer, Quentin Blake, j’étais et je suis encore fascinée. Leurs livres sont gravés, lorsque j’y replonge je retrouve mes impressions d’enfant. Et puis Maurice Sendak, Max et les maxi monstres, entre autres, Arnold Lobel.
J’adorais Tom Tom et Nana, Pef, Le monstre poilu me faisait mourir de rire.
Ma mère me lisait aussi Marlaguette, Roule galette, La petite poule rousse, ces dessins-là aussi m’ont bien marqué. Mes parents avaient beaucoup d’albums de dessins de Sempé, je passais des heures à regarder !
Je faisais beaucoup de cauchemars petite, les livres me rassuraient beaucoup, j’en avais toujours près de mon lit au cas où je me réveillais dans la nuit !

La mare aux mots :  Quels sont aujourd’hui les illustrateurs qui vous plaisent ? Que pensez vous de la production littéraire actuelle pour les enfants ?
Magali Le Huche :
J’aime beaucoup le travail de Kitty Crowther, Beatrice Alemagna, Benjamin Chaud et Roland Garrigues (mes collègues d’atelier !) Marc Boutavant, Thomas Baas, Bruno Gibert, Blex Bolex, Icinori, J’aime aussi beaucoup Benoît Jacques. J’aime la liberté avec laquelle ils travaillent. J’en oublie sûrement ! Il y en a beaucoup, il y a une grande production !

La mare aux mots :  De quel auteur, avec qui vous n’avez jamais travaillé, aimeriez-vous illustrer une histoire ?
Magali Le Huche :
J’aimerais de plus en plus continuer à écrire mes histoires.
J’aime beaucoup les histoires de Carl Norac, j’aimerais beaucoup illustrer une histoire de lui un jour !

La mare aux mots :  Je me demande si vous n’êtes pas la seule illustratrice à ne pas avoir de blog, il y a une raison à cela ?
Magali Le Huche :
Oui, le temps… mais Benjamin Chaud et Roland Garrigues non plus n’ont pas de blog, mais ce sont des garçons… J’espère avoir bientôt un site !

La mare aux mots :  Quels sont vos projets ?
Magali Le Huche :
Je fais un BD adulte avec Gwendoline Raisson, c’est un gros travail, qui me plaît beaucoup…
Un nouvel album que j’écris et illustre chez Didier Jeunesse et un nouveau Jean-Michel chez Actes Sud bientôt aussi.

Bibliographie sélective de Magali Le Huche :

Merci infiniment à Magali Le Huche d’avoir répondu à mes questions.
Comme je vous le disais avant l’interview, grâce aux très jolies éditions La maison est en carton, j’ai la joie de faire gagner à l’un de vous un exemplaire de la très belle Grandimage À la piscine (que Marianne avait beaucoup aimé et dont elle avait parlé ). Pour ça dites moi en commentaire quels sont les illustrateurs qui vous touchent particulièrement. Vous avez jusqu’à lundi 20h ! (concours ouvert aux personnes résidant en France métropolitaine et en Belgique).

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En vacances avec… Isabelle Bauer

Tous les 15 jours je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où on va… 5 destinations de son choix. Cette semaine c’est Isabelle Bauer qui s’y colle, merci à elle !
Allez en route !

5 albums jeunesse :
Plutôt ceux dont j’aime l’univers, liste non exhaustive :
Rascal, Gripari, Ungerer, Rodari, la série Anatole d’Isabelle Carrier.
(en ne citant pas les albums Philoménaux, par respect de la règle du jeu, je ressens une grande frustration).

5 romans :

  • Confession d’un masque, de Mishima
  • Sido, de Colette
  • Alcools, de Apollinaire
  • Zazie dans le métro, de Queneau
  • Précis de grammaire historique de Brunot et Bruneau (ça fait penser à Tintin, non ?).

5 DVD :
Je botte en touche, problème de mémoire des titres…. Aussi, dirai-je :

  • L’intégrale d’Almodovar
  • L’intégrale de Woody Allen
  • Buena Vista Social Club de Wim Wenders

5 CD :
Non, pas de CD, j’emmène une radio et je zappe entre musique(s) et émissions.
La radio est mon amie.

5 artistes :

  • Michel Tournier, un puits de connaissances
  • Pierre Soulages, pour ses noirs si vivants
  • Benny Goodmann et sa clarinette ailée (il est mort, et alors ?)
  • Fanny Ardant, son mystère, son talent, sa voix
  • Ma mère et ses boîtes de pigments

5 endroits :

  • Le village de ma grand-mère au pays basque, inoubliable…
  • Un petit coin de Charente-Maritime à quelques encablures de l’Océan, magique…
  • certains quartiers de Paris imprégnés d’histoires de vies
  • l’Afrique, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest (il faut prendre l’avion,  donc ce n’est pas gagné…)
  • une île peuplée d’oiseaux…

Isabelle Bauer est auteure, éditrice (éditions Philomèle) et rédactrice spécialisée dans le domaine de la psychologie de l’enfant et des relations familiales.

Sa bibliographie :

Retrouvez Isabelle Bauer  dans l’interview que j’avais fait d’elle et visitez le site de Philomèle.

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L’invitée du mercredi : Isabelle Bauer

Par 2 novembre 2011 Les invités du mercredi

Aujourd’hui l’invitée est l’éditrice d’une des maisons d’édition fétiches de La mare aux mots (Marianne vous en parlait encore lundi) : Philomèle. Elle est aussi auteure : Isabelle Bauer. Nous avons déjà parlé de deux de ses livres (La machine à bonbons et Un (grand) cri de souris). Merci à elle d’avoir accepté d’être notre invitée du mercredi et d’avoir gentillement répondu à nos questions.

La mare aux mots : Parlez nous des éditions Philomèle ? Comment sont-elles nées ? D’où vient ce nom ? Quelle est votre ligne éditoriale ? Comment choisissez vous les livres que vous éditez ?
Isabelle Bauer : Il était une fois un rêve de gamine et une passion pour le langage. Ils se marièrent et eurent leurs premiers albums… C’est également l’histoire d’une amitié avec Laura Nillni, première lectrice des petites histoires que j’écrivais pour m’évader du stress de la pige pour plusieurs rédactions de presse.  La ligne éditoriale de Philomèle s’est imposée d’elle-même, y compris en ce qui concerne l’esthétique des illustrations (merci à une maman qui n’a jamais lâché pinceaux et pastels). Quant au nom, il a un pied dans la mythologie grecque, et une patte chez les oiseaux.
Un jour, j’ai rencontré un professionnel de l’édition qui m’a posé cette question: « Philomèle, c’est quoi ? ». Je me suis entendue lui répondre spontanément (plagiant Flaubert au passage, comme quoi je ne doute de rien…): « Philomèle, c’est moi ! ». Parce que j’ai tout mis dedans: expériences professionnelles, passions, convictions en ce qui concerne l’exigence qu’ont les enfants sur ce qu’on leur propose à lire. Conviction également que, sans une bonne maîtrise du langage, il est difficile de grandir, de s’affirmer, de développer pensée et intelligence.
J’ai démarré avec mes propres textes, illustrés par Laura Nillni. Assez rapidement, auteurs et illustrateurs ont commencé à m’adresser leurs projets. Mes choix se font « à l’émotion », avec simultanément un regard d’adulte et d’enfant.

LMAM : Vous avez édité Alice au pays des merveilles… avez-vous l’intention de sortir d’autres classiques ? Quels sont les albums que vous auriez aimé éditer ?
I.B. : Il y aura la suite d’Alice, « De l’autre côté du miroir« , à la rentrée 2012. Et il y a eu « Les habits neufs de l’empereur » d’Andersen, illustré par Parastou Haghi. Il était intéressant de faire « se rencontrer » un grand conteur classique d’Europe du Nord, que je trouve assez sombre et grinçant, avec une artiste iranienne au style lumineux, chatoyant et plein d’humour. Regarder les classiques autrement, ou les aborder par un angle, c’est ce qui m’intéresse. Pour « Alice« , je trouvais que l’aspect surréaliste des aventures de cette gamine de l’époque victorienne (superbement rendu par Laura Nillni), tout comme la fascination de Lewis Carroll pour les différents aspects de la langue, n’étaient jamais véritablement mis en valeur. De nombreux traducteurs ont, par exemple, francisés les noms, sacrifiant au passage quelques jeux de langage…
Quant aux albums que j’aurais aimé éditer, sans hésitation, les contes de Nasreddine, « le fou qui était sage » !

LMAM : Hormis ceux que vous éditez, avez vous des auteurs, des illustrateurs avec qui vous aimeriez travailler ?
I.B. : Je vais avoir l’air de botter en touche, mais c’est sincère: tous ceux dont les albums verront le jour en 2012 et 2013. Il m’est difficile de répondre autrement parce que, à chaque fois, c’est une histoire de rencontre: rencontre avec un projet, un style, mais surtout rencontre avec des personnes. Une alchimie imprévisible !

LMAM : Votre « équipe » est 100% féminine, est-ce un choix ? Il n’y a pas d’auteurs homme qui vous proposent des choses qui vous séduisent ?
I.B. : Non, ce n’est pas un choix. Il se trouve que je reçois essentiellement des projets féminins. La capacité à s’adresser aux enfants n’est bien évidemment pas une question de sexe. Alors, j’attends…

LMAM : Quels sont les livres qui ont marqué votre enfance, votre adolescence ?
I.B. : Ouch ! Beaucoup ! Disons que, de l’adolescence, j’ai gardé une tendresse particulière pour Montaigne, Mishima, Apollinaire et Queneau, co-fondateur de l’Oulipo.

LMAM : Quels sont les prochains livres à paraitre? vos projets personnels ?
I.B. : Il y aura, pour commencer 2012, une musicale et picturale « Symphonie des couleurs« , d’Agnès Domergue et Irene Valente;  de « Drôles de familles » avec Catherine Leblanc à la plume; un mystérieux jardin dessiné par Estelle Billon sur un texte de Céline Lavignette-Ammoun… Quant au projet personnel, Laura Nillni en a commencé les illustrations. Et puis, j’espère avoir le plaisir de rencontrer bientôt La Mare aux Mots !

Isabelle Bauer sera au salon des éditeurs indépendants du 18 au 20 novembre à Paris en compagnie d’Estelle Billon-Spagnol et de Laura Nillni (deux artistes qu’on aime beaucoup ici, vous le savez !). Les éditions philomèle viennent de sortir un nouvel album fabuleux… dont je vous parle très prochainement !

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« Que vas-tu faire de ceci, tout petit ouistiti ? »

Par 7 juin 2011 Livres Jeunesse

Albert le ouistiti est un sacré gourmand, il adore les bonbons. Il a « une idée de génie, une idée de ouistiti » : il va inventer une machine à faire les bonbons.

Isabelle Bauer aime décidément jouer avec les mots, ici aussi,dans La machine à bonbons, comme dans Un (grand) cri de souris le texte est un régal à lire, les mots sont magnifiquement choisis, ils roulent en bouche, riment,… Et sont très bien mis en valeur par les illustrations de Laura Nillni.

La machine à bonbons
d’Isabelle Bauer et Laura Nillni
Philomèle
8,90€

Gabriel

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