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Isabelle Bonameau

Les invité.e.s du mercredi : Jean-Luc Englebert et Matthieu Maudet, Olivier Tallec, Isabelle Bonameau, Stéphane Nicolet et… Jean-Luc Englebert (+ concours)

Par 3 février 2016 Les invités du mercredi

Pour le premier invité du mercredi après notre reprise, je ne voulais pas n’importe qui ! C’était important d’avoir quelqu’un dont on aime beaucoup le travail : j’ai tout de suite pensé à Jean-Luc Englebert (qu’on n’avait jamais interviewé !), et il a immédiatement accepté. Je suis donc ravi que notre premier interviewé de l’année soit ce grand auteur-illustrateur. À la suite de cette interview, vous pourrez tenter de gagner Un ours à l’école, son dernier album. Ensuite, et avant de retrouver les prochains mercredis nos rubriques habituelles (En vacances avec…, Le coup de cœur et le coup de gueule de…, Parlez-moi de… et un petit nouveau), je vous propose de lire le Dis, tu peux lui demander… ? qui n’avait pas été diffusé cet été pour cause d’arrêt du blog. Matthieu Maudet, Olivier Tallec, Isabelle Bonameau, Stéphane Nicolet et… Jean-Luc Englebert (encore lui !) avaient répondu à la question de Tristan, 6 ans, « Comment l’illustrateur sait qu’il a terminé ses illustrations ? ». Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Jean-Luc Englebert

Jean-Luc Englebert

Comment êtes-vous devenu auteur-illustrateur ?
Un peu par hasard. Je suis venu à Bruxelles pour suivre le cours de bande dessinée à Saint-Luc (une école d’art comme les beaux-arts). C’était la seule école qui proposait ce cours. Nous sommes en 1986. Mais beaucoup de cours théoriques (philo…) ou de dessin se faisaient avec la section Illustration. C’est là que j’ai vraiment découvert l’univers du livre jeunesse (Ungerer, Sendak…). En sortant de mes études, les possibilités de publier de la BD étaient difficiles (une première crise de la BD a vu la disparition de beaucoup de magazines BD comme À Suivre, Tintin, Pilote…). Je me suis assez naturellement tourné vers le livre jeunesse. Pastel venait d’être créée à Bruxelles (1988) et avec un ami, Jean-Luc Cornette, nous leur avons proposé un projet. Christiane Germain, éditrice à l’époque l’a… refusé. Mais je suis revenu avec un projet seul. Refusé lui aussi. Mais l’envie était là. J’ai surtout retravaillé mon dessin, trop typé BD. Pendant environ deux ans, je revenais chez Pastel… Christiane a été patiente et surtout de bon conseil. Puis un jour, elle a accepté une de mes histoires : Ourson a disparu. Il est sorti en 94…

jean-Luc EnglebertQue reste-t-il de votre formation BD dans votre travail d’aujourd’hui ?
Beaucoup de choses. J’ai refait de la BD. Une série qui s’appelait Gusgus sur un scénario de Christian Durieux est parue chez Dupuis. J’ai quand même dû réapprendre les codes de la BD. Être plus rigoureux dans mon dessin. La lecture des cases est différente, plus rapide. J’aime raconter une histoire uniquement par l’image. Je me dis que si on comprend ce que je dis par le dessin, alors c’est gagné aux 3/4. Je me souviens que gamin j’ai mis du temps à lire les Tintin, je veux dire les bulles, les dialogues. Par contre je les connaissais par cœur grâce aux images. C’était la force d’Hergé : son découpage de la narration et le dessin qui va à l’essentiel. C’est ce que j’essaie de faire, y compris dans mes albums jeunesse. Ma mini-série Mon petit crocodile et Petit roi crocodile ont été créés comme ça : une suite d’images sans texte dans un premier temps, puis j’y ai rajouté les dialogues.
Ce qu’il me reste aussi, c’est cette envie de raconter de petites histoires en suite d’images. C’est souvent de cette façon que je démarre un projet dans mes carnets.

jean-Luc EnglebertQuelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Encre de Chine pour le trait et aquarelles. Parfois peinture acrylique (Mon petit crocodile ou Une histoire et un câlin).

Vous alternez les histoires dont vous êtes l’auteur-illustrateur et l’illustration des histoires des autres, est-ce un travail totalement différent ? Est-ce que l’auteur que vous êtes n’est pas tenté d’intervenir dans les histoires des autres ?
Ce sont souvent des rencontres. Le travail est différent au départ, quand je fais les premières esquisses, le découpage. Il faut qu’à un moment j’aie cette impression que c’est moi qui ai écrit l’histoire. Quand je travaille avec un auteur, je sais qu’il a des attentes, des envies, voire des images en tête sur son projet. Le jeu pour moi est de trouver ce qu’il attend tout en proposant ma vision personnelle. jean-Luc EnglebertJ’aime quand il y a des aller-retour entre moi et l’auteur, je fais des propositions de dessins qui, parfois, induisent un changement dans son texte. Mais aussi de son côté il peut m’aiguiller vers des choses auxquelles je ne pense pas. Mais j’interviens peu sur le texte en lui-même. Je suis un illustrateur qui s’est mis à écrire parce qu’au départ il ne connaissait pas de scénaristes. Je ne me sens pas « auteur » dans le sens où je ne pourrai jamais faire un texte sans le support du dessin.

Comment naissent vos histoires ? Par exemple, comment est né Un ours à l’école ?
Certaines histoires naissent à partir de mon quotidien. Par exemple Le cauchemar de poche (épuisé malheureusement) vient d’une histoire vécue avec ma fille aînée. Pour Un ours à l’école il y a eu un dessin au lavis d’encre de chine, sur une feuille de papier, puis je lui dessine un bonnet… tiens c’est marrant, je fais quoi avec ça ? Donne-moi une histoireEn fouillant dans mes carnets à dessins (j’en ai souvent 4 ou 5 que je remplis en même temps), j’y retrouve d’autres images d’ours : seul assis dans une forêt par exemple Et j’ai démarré l’histoire, sans texte, une suite de dessins. J’avais aussi envie de représenter beaucoup d’enfants en même temps dans une histoire, une classe.

Les livres ont une grande importance dans vos histoires, ils en ont une aussi importante dans la vie ?
Oui. Même si je ne suis pas un grand ou gros lecteur, à une époque dans mon enfance c’était omniprésent. Des BD surtout. J’aime être entouré de livres, j’aime les librairies mais encore plus les brocantes pour y dénicher des vieux livres pour enfants. Pour moi, comme pour beaucoup, c’était un moyen de plonger dans d’autres univers, vivre des aventures.

La plupart de vos albums sont édités par Pastel, la relation avec votre éditrice c’est quelque chose d’important pour vous ?
J’ai fait peu de livres chez d’autres éditeurs, souvent des commandes d’ailleurs. Oui chez Pastel, je me sens « chez moi ». Il y a une vraie relation de confiance, voire d’amitié. Que ce soit maintenant avec Odile Josselin ou au départ avec Christiane Germain, je me suis toujours senti porté. Accompagné dans mes projets. Je pense que c’est assez rare dans l’édition. C’est bien de trouver la bonne personne avec qui faire des livres.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Jean-Luc EnglebertLa BD. Beaucoup, L’école de Spirou, Tintin, les Schtroumpfs, Gaston Lagaffe, Spirou et Fantasio. Ado, je lisais les livres à lire pour l’école… sans plus. Puis il y eut Chaland, Tardi, Mattotti, le magazine À Suivre… Les romans, c’est venu plus tard, quand je suis venu à Bruxelles.

Quels sont vos projets ?
J’ai un projet de livre chez Pastel, écrit par Catherine Grive. Il sortira dans la collection Off de Pastel. Je viens de terminer les illustrations pour un roman Mouche à l’école des loisirs écrit par Christian Oster. Il sortira au mois de mai, je pense. Thierry Lenain m’a proposé d’illustrer un de ses textes dans une collection qu’il va diriger chez Oskar éditions. Plus d’autres projets…

Une dernière question, si quelqu’un qui ne vous connaît pas lit cette interview et veut vous découvrir avec un seul de vos albums, lequel lui conseilleriez-vous ?
Un ours à l’école. C’est mon dernier.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Jean-Luc Englebert sur son site : http://englebert.ultra-book.com.

Concours :
Grâce aux éditions l’école des loisirs je vais pouvoir offrir à l’un.e de vous un exemplaire du très bel album de Jean-Luc Englebert, Un ours à l’école. Pour participer, dites nous, en commentaire à cet article, quel est le plus beau livre que vous avez lu pendant notre absence (depuis août). Nous tirerons au sort parmi toutes vos réponses, vous avez jusqu’à mardi 20 h ! Bonne chance à tou.te.s !


Dis, tu peux lui demander… ?

L’été dernier, vous avez pu lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur.e.s, illustrateurs.trices, éditeurs.trices… Il en restait une qui n’avait pas été diffusée… c’est une question de Tristan, 6 ans : « Comment l’illustrateur sait qu’il a terminé ses illustrations ? ». Les illustrateurs.trices Matthieu Maudet, Olivier Tallec, Isabelle Bonameau, Stéphane Nicolet et… Jean-Luc Englebert ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps que lui, leurs réponses.

« Comment l’illustrateur sait qu’il a terminé ses illustrations ? » (Tristan, 6 ans)

Matthieu Maudet:
Bonjour Tristan,
C’est très simple, c’est quand il entend : « À table ! »
Malheureusement, non, ça serait trop simple…
En fait, tant que les illustrations ne sont pas envoyées chez l’imprimeur, il est encore temps de recommencer (ça m’est déjà arrivé).
Mais la meilleure solution, c’est quand même de bien faire ses essais avant, pour savoir ce que l’on cherche à obtenir comme résultat.
Pour le reste, il faut essayer de trouver un équilibre entre le texte, les personnages, les décors…
Et ne pas en mettre partout juste pour remplir la page.

Nous Quand On Sera GrandsMatthieu Maudet est auteur et illustrateur. Il a sorti l’année dernière Nous, quand on sera grand avec Jean Leroy à l’école des loisirs et il sortira bientôt Bonjour pompier avec Michaël Escoffier, toujours à l’école des loisirs. Vous pouvez le retrouver ici dans une interview que nous avions réalisée de lui et sur son site : http://matthieumaudet.blogspot.fr.

Olivier Tallec
Par une sorte de miracle qui fait qu’à un moment, cela devient une évidence.
Il n’y a pas de règle, il y a juste un moment où tout semble s’équilibrer et bien fonctionner. C’est du ressenti et cela n’obéit à aucune règle.
Comme lorsque tu parles pour expliquer quelque chose, il y a un moment où tu t’arrêtes de parler parce que tu crois que ton interlocuteur a compris. C’est un peu pareil avec un dessin.
Parfois cela m’arrive de penser que c’est fini et de me rendre compte le lendemain que non, ce n’était pas fini.
Ou de revenir dessus le lendemain, et parfois de tout rater parce que je n’aurais pas dû retravailler le dessin.
C’est un peu mystérieux tout ça…

Les quiquoi et l'étrange sorcière tombée du cielOlivier Tallec est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Les quiquoi et l’étrange sorcière tombée du ciel avec Laurent Rivelaygue chez Actes Sud Junior. Vous pouvez le retrouver ici dans une interview que nous avions réalisée de lui et sur son site : http://www.oliviertallec.fr.

Isabelle Bonameau
Bonjour Tristan,
Ta question est curieuse… Je ne la comprends pas bien mais je vais tenter d’y répondre.
Il me semble évident que je sais quand j’ai terminé mes illustrations tout simplement quand elles sont finies… C’est-à-dire que quand j’illustre un livre, je commence par la première page et j’avance progressivement vers la dernière page. Une fois que la dernière page est faite, je sais que mes illustrations sont terminées. Mais parfois, il m’arrive de décider de refaire une illustration au regard de tout l’ensemble du livre fini car cela me parait mieux. Je pense aux couvertures de livres par exemple. On peut avoir une meilleure idée de la couverture idéale une fois toutes les illustrations réalisées.

9782211225991FSIsabelle Bonameau est auteure et illustratrice. Elle a sorti de nouvelles aventures de ses héros Maud et Pierre, Maud et Pierre à toute vitesse !, l’année dernière à l’école des loisirs dans la collection Mouche.
Vous pouvez la retrouver sur sa page facebook.

Stéphane Nicolet
Quand il est content de lui, Tristan, et qu’il trouve que son image est jolie et pleine de sens. Parfois, le lendemain, tu regardes ton image et finalement tu la trouves complètement ratée, à refaire. Parfois aussi, c’est l’éditeur qui trouve que ce n’est pas terminé, parce que ce n’est pas les couleurs qu’il avait imaginées, alors tu dois tout recommencer en râlant (et même en disant des gros mots, j’avoue).

Recherche super princesseStéphane Nicolet est illustrateur. Il vient de sortir chez Nathan, Recherche super princesse, un album d’Orianne Lallemand qu’il a illustré.
Vous pouvez le retrouver sur son site : https://www.behance.net/stephanenicolet.

Jean-Luc Englebert
Je ne le sais pas vraiment toujours. J’ai juste le sentiment que je ne pourrais rien ajouter d’autre alors je mets le dessin de côté pendant un jour ou deux. Ensuite je le regarde à nouveau et là je vois s’il est fini ou pas.
Je sens qu’un dessin est fini quand j’ai le sentiment que j’ai pu mettre sur le papier tout ce que j’avais en tête, que le lecteur pourra bien comprendre ce que j’ai voulu représenter.

Un ours à l'écoleJean-Luc Englebert est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Un ours à l’école (Pastel) dont il a fait le texte et les illustrations et Ulysse 15 de Christine Avel (l’école des loisirs) qu’il a illustré.
Vous pouvez en savoir plus sur son site : http://englebert.ultra-book.com/portfolio… et plus haut !

 

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Dis, tu peux lui demander… ? (Saison 2, 6/9)

Par 5 août 2015 Les invités du mercredi

Cet été, comme l’été dernier, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur-e-s, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Aujourd’hui, c’est une question de Rose, 8 ans et demi : « Est-ce qu’il arrive qu’on vous demande de dessiner une histoire et que le texte vous donne pas envie, ou que vous n’y arriviez pas, pas d’inspiration ? ». Les illustrateur-trice-s Mathieu Maudet, Jean-Luc Englebert, Isabelle Bonameau, Olivier Tallec et Stéphane Nicolet ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps qu’elle leurs réponses. Chacune des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. CetteNotre cabane question permet donc à Rose d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions Kilowatt, Notre cabane un roman écrit par Amélie Billon et illustré par Solenn Larnicol qui sortira le 24 août. Ce roman, qui raconte le projet de construction d’une cabane qui s’annonce plus compliqué que prévu, inaugure une toute nouvelle collection chez Kilowatt, Les kapoches (des romans à lire dès 7-8 ans).


« Est-ce qu’il arrive qu’on vous demande de dessiner une histoire et que le texte vous donne pas envie, ou que vous n’y arriviez pas, pas d’inspiration ? » (Rose 8 ans et demi)

Matthieu Maudet :
Bonjour Rose,
Quand un auteur ou un éditeur m’envoie un texte, je me demande d’abord si j’aime l’histoire, la façon dont elle est racontée et en général j’ai des images qui me passent en tête. Si je n’imagine rien, c’est signe que l’histoire ne m’embarque pas, donc que je ne l’illustrerai pas.
Il m’arrive aussi d’aimer une histoire, de la retravailler avec l’auteur et puis au moment de dessiner, je ne sais plus comment faire.
Alors je fais des essais, des tas d’essais et parfois je ne trouve pas le bon dessin, la bonne technique. Je trouve que mes dessins ne seront pas les bons pour cette histoire, qu’il y a sans doute quelqu’un d’autre qui le fera mieux que moi. Ça arrive… mais heureusement pas trop souvent !
Je vais te donner un exemple, un de mes livres Le panier est une histoire de sorcière.
Quand j’ai lu la première phrase de ce texte écrit par Jean Leroy, je ne voulais pas du tout dessiner une sorcière. En lisant la suite, j’ai commencé à accrocher à l’histoire et en même temps j’imaginais une sorcière de profil et en ombre chinoise. J’avais trouvé le « truc » pour cette histoire.

l'animauxMatthieu Maudet est auteur et illustrateur. Il a sorti au mois d’avril L’animaux avec Michaël Escoffier chez Frimousse et il sortira à la rentrée Nous quand on sera grand avec Jean Leroy à l’école des loisirs. Vous pouvez le retrouver ici dans une interview que nous avions réalisée de lui et sur son site : http://matthieumaudet.blogspot.fr.

Jean-Luc Englebert :
Ça m’arrive oui. J’ai déjà refusé des textes, soit parce qu’ils ne me convenaient pas, soit qu’ils n’étaient pas bons.
Il m’est arrivé aussi de ne pas trouver d’inspiration pour une histoire, c’était pour Les poupées c’est pour les filles. Puis un an plus tard, Ludovic Flamant m’a demandé de le relire et j’ai tout de suite vu quel genre d’illustration je pouvais mettre sur son texte.

Donne-moi une histoireJean-Luc Englebert est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Donne-moi une histoire (Pastel) dont il a fait le texte et les illustrations et Ulysse 15 de Christine Avel (l’école des loisirs) qu’il a illustré. À la rentrée, on découvrira Un ours à l’école (Pastel).
Son site : http://englebert.ultra-book.com/portfolio.

Isabelle Bonameau :
Bonjour Rose,
Oui, cela arrive. Cela m’est arrivé une fois. J’ai tout de suite prévenu la personne qui m’avait demandé d’illustrer le texte pour lui dire que je ne pourrais pas le faire.
Il est vrai que j’illustre très peu de textes d’autres auteurs. La plupart du temps, j’illustre mes propres histoires.
Mais parfois, il arrive que je me dise que je n’arriverais jamais à illustrer une de mes histoires, que c’est trop difficile. Dans ce cas (et aussi en cas de manque d’inspiration), je vais chercher des livres à la bibliothèque sur le sujet pour m’en inspirer.

Le grand-père de Maud et PierreIsabelle Bonameau est auteure et illustratrice. Elle a sorti une nouvelle aventure de Maud et Pierre, Le grand-père de Maud et Pierre, l’année dernière à l’école des loisirs et l’on retrouvera ces deux héros à la rentrée avec Maud et Pierre à toute vitesse !, toujours à l’école des loisirs.
Vous pouvez la retrouver sur sa page facebook.

Olivier Tallec :
Non cela n’arrive pas vraiment, car j’ai la chance de pouvoir choisir les textes que j’illustre.
Donc à la première lecture j’ai déjà des images qui me viennent en tête. Et si ce n’est pas le cas, je le mets de côté quelque temps. Je vais feuilleter d’autres livres, je vais marcher…
Mais si vraiment je ne suis pas inspiré c’est mauvais signe…

 Les Quiquoi et l'étrange maison qui n'en finit pas de grandirOlivier Tallec est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Les Quiquoi et l’étrange maison qui n’en finit pas de grandir avec Laurent Rivelaygue chez Actes Sud Junior et il sortira à la rentrée Blob, l’animal le plus laid du monde avec Joy Sorman, toujours chez Actes Sud Junior.
Vous pouvez le retrouver ici dans une interview que nous avions réalisée de lui et sur son site : http://www.oliviertallec.fr.

Stéphane Nicolet:
Oui ça peut arriver Rose ! Un texte que tu n’aimes vraiment pas ne te donne pas assez d’énergie pour fabriquer des images. Tu te dis que de toute façon ça ne fera pas un bon livre, que c’est une perte de temps : imagine une glace au camembert, même si tu ajoutes beaucoup de chantilly, ça reste une glace au camembert :-).

Inspecteur LondubecStéphane Nicolet est illustrateur. Il a sorti il y a peu une BD ayant pour héros l’Inspecteur Londubec, La cigogne marche sur des œufs (que nous avons chroniqué ici) avec Emmanuel Tredez aux éditions du Long Bec. Il sortira à la rentrée Recherche super princesse avec Orianne Lallemand chez Nathan.

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Les invité-e-s du mercredi : Marianne Larvol et Isabelle Bonameau (+ concours)

Par 11 mars 2015 Les invités du mercredi

J’avais vraiment été séduit par les illustrations d’Il pleut, il pleut berbère (chroniqué ici), j’ai eu envie d’en savoir plus sur Marianne Larvol, l’illustratrice de l’ouvrage. Suite à cette interview, vous pourrez d’ailleurs tenter de gagner cet album. Ensuite, c’est avec Isabelle Bonameau, auteure et illustratrice que nous aimons beaucoup, que nous avons rendez-vous pour notre rubrique « En vacances avec ». Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Marianne Larvol

Marianne LarvolParlez-nous de votre parcours
Je dessine depuis toujours.
J’ai eu la première fois l’impression de trouver ma place en intégrant l’option arts-plastiques au lycée. J’ai ensuite étudié aux Beaux-Arts de Quimper et me suis orientée vers l’illustration en intégrant les instituts St Luc à Bruxelles. Là, j’ai vraiment découvert la littérature jeunesse et une nouvelle fois, j’étais dans mon élément.
Grâce aux cours bien-sûr, mais aussi à la ville très tournée vers la BD et les livres illustrés en général et à ses magnifiques librairies.
Après cinq ans en Belgique, je suis retournée dans mon Finistère natal. À Douarnenez, où je vis actuellement.
J’ai publié des livres en français et en langue bretonne (éditions TES).

la sieste du taureauQuelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je commence toujours par le crayonné. Mais malheureusement, j’ai rarement la bonne composition du premier coup ! Alors je passe à l’ordinateur et je bidouille jusqu’à trouver le bon cadrage, le bon mouvement dans l’image.
Pour la couleur, j’aime les crayons bois. Pour leur teinte et le côté pratique du medium. Sinon l’ordinateur, en essayant de garder l’avantage du crayon et d’éviter un côté trop lisse.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Ma mère et ma grand-mère nous ont beaucoup lu les « Belles Histoires ».
J’aimais aussi Pef et Grégoire Solotareff (Mathieu), Anthony Brown (Marcel la mauviette) et Quentin Blake pour ses illustrations des romans jeunesse de Roald Dahl. Je prenais également souvent des ouvrages de Sempé et Quino à la bibliothèque.
Il pleut berbèreEnfin, une chose est sûre, c’est le dessin qui déterminait mes choix en matière de lecture. Encore aujourd’hui, je vais à reculons vers un roman dont la couverture ne me plaît pas, même s’il m’est recommandé par un ami…

Pouvez-vous nous parler de l’album Il pleut, il pleut berbère et de votre travail sur cet ouvrage ?
C’est le deuxième ouvrage en collaboration avec Gérard Alle.
Il se trouve que nous habitons la même ville, alors l’idée de travailler ensemble est venue simplement.
Il pleut, il pleut Berbère !Je lui ai demandé s’il écrivait pour la jeunesse, il m’a dit qu’il avait quelques textes dans ses tiroirs. Il m’en a proposé trois. Et c’est comme cela qu’est né La sieste du taureau, sorti en 2013 aux éditions Locus Solus.
Il pleut, il pleut Berbère est le deuxième album de notre collection Urbi et Orbi.
C’est une histoire vécue par Gérard Alle au Maroc. Ce texte m’a plu car il est plein de poésie, et a pourtant les deux pieds dans la réalité.
Les teintes des paysages de l’Atlas m’ont inspirée. J’ai fait le choix d’une gamme de couleurs restreinte pour plus d’harmonie, et de douceur. Travailler avec 4 ou 5 couleurs est parfois un vrai casse-tête mais c’est aussi une bonne technique pour trouver des astuces graphiques intéressantes.
Et puis c’est assez cocasse d’illustrer un texte sur la sécheresse quand on habite le Finistère. Ne pas voir la pluie pendant 2 ans… Il pleut il pleut berbèrec’est digne des légendes les plus farfelues par ici !

Quels sont vos projets ?
Un autre album avec Gérard Alle est en préparation.
Il se peut que l’on vous emmène en Europe de l’Est dans les prochains mois…

Bibliographie sélective :

  • Il pleut, il pleut Berbère, illustration de textes de Gérard Alle, Locus Solus (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La sieste du taureau, illustration de textes de Gérard Alle, Locus Solus (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Mojennoù Breizh, illustrations de textes de Jérôme Palud, TES (2013).
  • An Daou Dort, illustration d’un texte traditionnel, TES (2012).
  • Ar Roue Marc’h, illustration d’un texte de Gwenole Larvol, TES (2006).

Retrouvez Marianne Larvol sur son site : http://www.mariannelarvol.sitew.fr.

Concours :
Grâce aux éditions Locus Solus, vous avez donc la possibilité de gagner un exemplaire du dernier album de Marianne LarvolIl pleut, il pleut Berbère (que nous avons chroniqué ici). Pour cela, dites-nous en commentaire à cet article quel pays vous rêvez de visiter, vous participerez au tirage au sort. Il y aura trois gagnants. Vous avez jusqu’à mardi 20h.


En vacances avec… Isabelle Bonameau

Régulièrement, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il ou elle veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il ou elle veut me présenter et c’est lui ou elle qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est Isabelle Bonameau qui s’y colle, merci à elle !
Allez en route !

5 albums jeunesse

  • Max et les maximonstres de Maurice SendakOh Non George
  • L’arbre sans fin de Claude Ponti
  • Benny, ça suffit ! de Barbro Lindgren et Olaf Landström
  • Coco vole de Dorothée de Monfreid
  • Oh non, George ! Chris Haughton

… et 5 livres début lecture (romans et BD) :

  • Mon oncle éléphant de Arnold LobelMomo
  • Grignotin et Mentalo présentent de Delphine Bournay
  • Pipit Farlouze : La couvée de l’angoisse de Riad Sattouf (BD)
  • Momo de Nadja
  • Ariol : Le chevalier cheval de Emmanuel Guibert et Marc Boutavant

5 romans

  • Kafka sur le rivage de Haruki MurakamiKafka sur le rivage
  • La harpe d’herbe de Truman Capote
  • Le lézard lubrique de Melancholy Cove de Christopher Moore
  • Nous autre de Levgueni Zamiatine
  • L’ermite et Sixdoigt de Viktor Pelevine

5 DVD

  • C’est arrivé près de chez vous de Rémy C'est arrivé près de chez vousBelvaux, André Bonzel et Benoit Poelvoorde
  • Spinal tap de Rob Reiner
  • Eldorado de Bouli Lanners
  • Une femme sous influence de John Cassavetes
  • Romaine par moins 30 de Agnès Obadia

5 CD-Vinyle:

  • Eyes de Robyn HitchcockDance Suite… dirigé par Adam Fischer- Hungarian State Symphony Orchestra de Bela Bartok
  • Goldene Balalaika : Die berühmtesten Melodien gespielt von der Balalaika-Ense Troika und Tschaika
  • Eyes de Robyn Hitchcock
  • Days are gone de Sunny Boys (double LP)
  • Living Eyes de Radio Birdman

5 artistes

  • Jérôme Bosch
  • Joan Mirò
  • Karel Appel et le mouvement Cobra
  • Jean Dubuffet et L’Art Brut
  • Gaudí

5 lieux

  • Le pays de Herve (dans la région liégeoise, où j’allais dès que je le pouvais étant adolescente)
  • Les Ardennes belges sous la neige et plus précisément, les Hautes Fagnes
  • La côte bretonne, et plus précisément Carantec et la côte du Granit Rose
  • La vallée d’Aoste enneigée
  • Montmartre

Isabelle BonameauIsabelle Bonameau est auteure et illustratrice.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Isabelle Bonameau sur sa page facebook : https://www.facebook.com/isabellebonameau1.

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Romans presque comme ceux des grands !

Par 25 février 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, de courtes histoires pour les enfants qui commencent à lire tout seul !

Chez Maud et PierreMaud et Pierre sont deux cochons. Voilà qu’à force de se chamailler, ils écrabouillent un ver de terre, Bert. Ce dernier n’est pas sorti de l’auberge ! Ils vont également rencontrer un chien qu’ils vont tenter de dresser, non sans mal ! et clou du spectacle, ils décident d’ouvrir un salon de coiffure pour pouvoir se payer plus de chewings-gums.

Vous l’aurez compris, ces deux-là sont de sacrés numéros. Et il faut avouer qu’ils m’ont bien fait sourire ! Isabelle Bonameau propose un compromis entre premier roman, bande dessinée, et album. C’est un roman par le format et le découpage en chapitres, une BD par la présence presque exclusive de dialogues qui prennent place dans des illustrations gaies et colorées que l’on retrouverait parfaitement dans un album ! Je trouve que c’est parfait pour les enfants qui commencent à lire seuls, mais qui pourraient avoir du mal avec de gros blocs de texte. Là, c’est aéré, dynamique, parfait pour les débutants ! Et comme en plus, on rit des bêtises des deux porcelets, pourquoi s’en priver ?

tu m'oublies pas heinZouzou doit partir en vacances avec Clara et Lulu, chez les grands-parents de cette dernière. Pour l’embêter, Rémi lui dit que si elle part, ses parents vont l’oublier. Du coup, elle a peur et préférerait rester chez elle. Ses parents essaient de la rassurer, en vain, et lui proposent finalement de bien réfléchir. C’est ce qu’elle fait en s’imaginant être Mademoiselle Zouzou, spécialiste des questions sans réponse. Elle va mener l’enquête et faire tomber ces doutes : ses parents ne l’oublieront pas, et Rémi dit n’importe quoi !

quel cauchemar

Zouzou a fait un cauchemar ! Mais quel cauchemar ! Un horrible cauchemar qui l’empêche absolument de se rendormir. Alors elle se transforme une nouvelle fois en Mademoiselle Zouzou qui sera cette fois « docteur de la tête », qui va l’aider à raconter, prendre du recul, et finalement se rendormir.

Ces deux romans sont donc issus d’une même série d’Agnès Aziza, Mademoiselle Zouzou, qui raconte aux enfants des situations qu’ils pourraient être amenés à vivre. L’autonomie, la peur de l’éloignement, les cauchemars, les nuits difficiles, sont des sujets connus des jeunes lecteurs qui se reconnaîtront dans cette petite fille pleine de malice, qui ne reste pas les deux pieds dans le même sabot et cherche les solutions en elle-même ! C’est drôle et rythmé comme les illustrations d’Élisabeth Schlossberg, et surtout bien calibré pour les débutants en lecture.

Quelques pas de plus…
Retrouvez d’autres chroniques de romans pour lecteurs débutants ici ou .

Chez Maud et Pierre
d’Isabelle Bonameau
L’école des loisirs dans la collection Mouche
8 €, 125 x 190 mm, 60 pages, imprimé en France, 2013
Tu m’oublies pas, hein ?!
Texte d’Agnès Aziza, illustré par Élisabeth Schlossberg
Grund dans la collection Mademoiselle Zouzou
4,95 €, 128 x 182 mm, 54 pages, imprimé en France, 2013
Quel cauchemar !
Texte d’Agnès Aziza, illustré par Élisabeth Schlossberg
Grund dans la collection Mademoiselle Zouzou.
4,95 €, 128 x 182 mm, 54 pages, imprimé en France, 2013

A part ça ?

Vous connaissez et aimez les mandalas ? Découvrez Danmala, de magnifiques rosaces fleuries !

Marianne

 

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