La mare aux mots
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Jacques Goldstyn

À quoi rêvent les enfants ?

Par 19 juin 2017 Livres Jeunesse

Les enfants rêvent de fuir, de s’enfuir, ils aiment profiter de l’avant… mais au fait, c’est quoi un enfant ?

Azadah
de Jacques Goldstyn
La Pastèque
15 €, 172×217 mm, 50 pages, imprimé en Malaisie, 2016.
Le pays d’avant
de Martine Delerm
Seuil Jeunesse
13,50 €, 180×250 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
C’est quoi un enfant ?
de Beatrice Alemagna
Casterman
16,90 €, 242×324 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2017 (première édition 2009).

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Les invité.e.s du mercredi : Jacques Goldstyn et Jean-Luc Englebert

Par 14 décembre 2016 Les invités du mercredi

L’année dernière, je suis tombé en amour (comme disent les québécois) de L’arbragan de Jacques Goldstyn. J’ai eu la chance de le rencontrer (au salon de Montreuil en 2015), et d’en parler avec lui. J’ai rencontré un homme charmant, passionnant et passionné. Il vient de sortir un album extrêmement réussi sur un sujet sensible, j’ai eu envie de profiter de la sortie de cet album pour parler avec lui de son œuvre, de son travail, de ses influences. Ensuite, on continue avec un autre auteur-illustrateur que j’aime beaucoup, et après le Québec c’est en Belgique qu’on va (vive la francophonie) pour visiter l’atelier du génial Jean-Luc Englebert. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Jacques Goldstyn

Qui est Azadah, qui donne le nom à votre dernier album sorti chez La Pastèque ?
Azadah est une petite fille qui vit en Afghanistan. On reconnaît le pays même si je ne le nomme pas.
Azadah est un mot qui signifie « Espoir » en Dari, une des langues parlées en Afghanistan.
Azadah pourrait être aussi une petite fille en Afrique, en Amérique centrale, au Cambodge…
C’est l’histoire d’une petite fille qui a soif de liberté et qui a été contaminée par une photographe au grand cœur.
C’est l’histoire d’une petite fille qui veut découvrir le monde, des gens, échapper à l’obscurantisme, aux superstitions.
C’est l’histoire d’une petite fille qui va réussir à s’échapper, qui se promet de revenir un jour dans son pays.

Comment est née cette histoire ?
En 2014, une photographe allemande, Anja Niedringhaus, a été tuée en Afghanistan. Sa mort m’a beaucoup touché. C’était non seulement une photographe de grand talent mais aussi une humaniste.
Elle a beaucoup photographié les enfants, en Irak, en Bosnie et en Afghanistan.
J’ai donc imaginé une histoire d’amitié entre elle et cette petite fille dans ce village perdu dans les montagnes.
J’ai beaucoup lu sur l’Afghanistan et son destin tragique.
Un pays où s’entrechoquent politique, sphères d’influence, coutumes tribales, dogme religieux.
J’ai été très ému par les récits de médecins, d’enseignants afghans ou étrangers qui ont fait preuve d’un courage inouï. Inouï. J’ai parlé avec un ami qui a voyagé dans ce pays au début des années 70 ainsi qu’à des militaires canadiens qui y ont séjourné dans un tout autre contexte.
Un jour, je sais que j’irai en Afghanistan.

J’avais adoré L’Arbragan, je suis loin d’être le seul, pour moi c’est l’un des plus beaux albums sortis ces dernières années, pouvez-vous nous dire quelques mots sur cette aventure ?
L’Arbragan est une histoire qui a été enfouie dans un tiroir de ma mémoire pendant de nombreuses années. De temps en temps, au hasard d’un moment, je la ressortais, la dépoussiérerais et la remettais dans le tiroir avec quelques phrases et images en plus.
Et puis un jour, je me suis décidé. J’ai pris mes crayons de couleur, mon stylo et mon pinceau et je l’ai mis sur papier d’une traite. Comme si j’avais eu des années de pratique.
C’est étrange parce que ma mère est décédée cette année-là.
Elle a subi des traitements pendant un an qu’ils l’ont beaucoup affectée même si elle demeurait alerte. L’Arbragan a été réalisé pensant que je lui tenais compagnie et qu’on prenait le café ensemble.
Beaucoup de gens ont dit que c’était une histoire sur le deuil.
Dans un sens, c’est vrai mais pour moi c’est davantage un hommage que le petit garçon rend à son ami Bertolt.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Dans ce cas-ci, la plus simple : encre de Chine et crayon de bois.
Il n’y a que deux illustrations qui ont été réalisées à l’aquarelle.
Quand le garçon se promène dans le cimetière la nuit, et la scène de la tempête.
Je trouvais que l’aquarelle donnait un meilleur rendu pour ces scènes.
Les dessins ont été faits à la main. Tous.
Il n’y a pas d’utilisation de Photoshop.
C’est très tentant parfois d’avoir recours à l’ordi pour retoucher les illustrations mais j’ai eu un réel plaisir à réaliser ce livre avec des moyens simples sans artifice.

Parlez-nous de votre parcours
J’ai toujours dessiné. Depuis que je suis tout petit.
C’est un talent que nous avons dans la famille. Mon père (qui m’a montré à grimper aux arbres) m’a montré mes premiers rudiments de perspective sur le tableau noir de la cuisine.
Comme il n’y avait pas d’école de dessin à Montréal j’ai choisi d’étudier en sciences. (J’étais passionné par les sciences en général, l’astronomie, la géologie, la biologie…).
J’ai obtenu un diplôme de géologue de l’Université de Montréal.
(J’étais très bon pour dessiner des coupes stratigraphiques et des fossiles).
J’ai travaillé en Gaspésie, en Abitibi et en Alberta en géologie pétrolière. Un jour, un ami ingénieur devenu journaliste m’a demandé si je voulais illustrer un petit livre d’expériences intitulé Le petit débrouillard. Le livre a remporté un formidable succès. L’éditeur a décidé de lancer un magazine Les Débrouillards qui célèbre aujourd’hui ses 35 ans. J’ai créé plusieurs personnages ainsi que Beppo, la mascotte, qui ont été présents dans tous les numéros.
OUF ! Tout a passé si vite !
Je collabore à beaucoup d’autres organismes canadiens en vulgarisation scientifique.
Pendant des années, des histoires qui n’ont pas vraiment rapport aux sciences se sont accumulées dans mes tiroirs et dans ma mémoire.
Je commence maintenant à les ressortir.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
J’aimais beaucoup la bande dessinée.
Bécassine, Tintin, Spirou, Gaston, Blake & Mortimer.
Je lisais de la science-fiction. Assimov, Arthur C. Clarke.
J’étais très friand de dessin d’humour : Sempé, Bosc, Hoviv, Jacques Faizant, Steinberg, Cabu.
Le dessin politique m’intriguait aussi beaucoup même si parfois je ne comprenais pas le propos. Oliphant, Wright étaient des caricaturistes que je suivais dans le Time Magazine.
Très jeune, j’ai découvert grâce à mon père des livres phares : 1984, La vincinquième heure, Allons z’enfants, Le petit prince. Pagnol, Remarque, Maupassant, H.G. Wells, Primo Levi, Folco, sont des auteurs qui me font voyager.
J’ai longtemps été passionné par la mythologie, les contes et légendes, le Moyen-Âge.
Aujourd’hui, je suis davantage attiré par les récits, les témoignages que par les ouvrages de fiction.

Quelques mots sur vos projets ?
J’ai plusieurs histoires en chantier (et dans mes tiroirs).
Je suis fasciné par l’engouement provoqué par la science ou plutôt par la technologie. La surabondance de gadgets électroniques, de gizmos, de « patentes à gosses » (comme on dit au Canada) qui envahissent nos vies et qui est sensé la rendre plus simple.
Je suis époustouflé par toutes ces connaissances disponibles au bout de nos doigts et en même temps par le tsunami de désinformation et de superstitions qui nous submerge.
Je travaille aussi sur une bande dessinée racontant l’histoire de mon père qui a exercé 1000 métiers : mineur, bûcheron, cheminot, vendeur de commerce… C’est quelqu’un qui aurait dû être instituteur. Encore aujourd’hui, je trouve qu’il est bien plus intelligent que bien des professeurs que j’ai eus à l’école.
C’est un ouvrage sur le temps qui passe, le choc des générations (mes enfants aussi sont dans cette BD). C’est aussi surtout un regard sur l’évolution politique du Canada. J’y parle de la période de la « grande noirceur » et des changements de la « Révolution tranquille ».
Le Canada Français était un pays où les écoles, les hôpitaux et toute la vie quotidienne étaient régis par le catholicisme.
Il était très difficile pour un artiste ou un libre-penseur de survivre dans ce Québec « tricoté serré ». Depuis les années 70, le Québec a opéré un virage à 180 degrés.
C’est ce que je veux raconter dans cet ouvrage.

Bibliographie sélective :

  • Azadah, texte et illustration, La Pastèque (2016).
  • L’Arbragan, texte et illustration, La Pastèque (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le petit tabarnak, texte et illustration, La Pastèque (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • L’astronomie facile et amusante pour les 8-12ans, illustration de textes de Jean-Pierre Urbain, MultiMondes Editions (2009).
  • Comment ? : L’astronomie facile et amusante pour les 8-12 ans, illustration de textes de Jean-Pierre Urbain, MultiMondes Editions (2006).


Quand je crée… Jean-Luc Englebert

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.e.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur.e.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils créent. Cette semaine, c’est Jean-Luc Englebert qui nous parle de quand il crée.

C’est compliqué d’expliquer comment je crée. Je n’ai pas de méthode ou de façon de faire qui serait la même d’un projet à l’autre.
Mais dans l’ensemble, il y a deux grands moments de création.
Le premier lorsque je cherche une histoire, un thème à aborder. Le second quand je réalise les illustrations. Mais pour ces deux moments, il y a un endroit qui est ma table à dessin.
Je n’ai plus d’atelier depuis quelques années. Ma table à dessin se situe dans un coin à côté d’une fenêtre qui donne sur des jardins, entre la cuisine et le canapé du salon. Cette table prend beaucoup de place et est très lourde mais je l’ai depuis mes 15 ans (et elle a appartenu à un architecte qui me l’a vendue à sa retraite).
Dans le premier temps où je cherche des histoires, je dessine dans des carnets. Des images, sans but, parfois des suites d’images qui amorcent un récit. Ou des personnages ou des paysages. Ça part dans tous les sens. Je dessine dans plusieurs carnets en même temps. Pour le moment j’en ai 6 sur ma table. Une histoire peut surgir à partir d’un dessin. Rarement d’un texte que je griffonne sur ces carnets. Je suis d’abord un illustrateur, qui s’est mis à écrire. Le dessin vient toujours en premier. J’aime ces moments de recherches et en même temps c’est un peu stressant. Il peut se passer des semaines sans que rien ne sorte de valable de ces dessins. Je referme le carnet et parfois, en redécouvrant des pages, une histoire m’apparaît. Là je peux commencer à structurer un récit, sous forme de découpage. Dans ces moments la musique est importante. J’écoute beaucoup de musique, tout le temps. Du jazz à 99,9 %. Dans ces temps de recherches, ce sera du jazz calme, des trios avec piano ou guitare, des chanteuses… au casque pour m’isoler. Je bois beaucoup de café aussi.
Puis vient le temps du dessin, des illustrations pour le projet. C’est le moment que je préfère.
Quand la maison se vide, que mes filles sont parties à l’école, que ma compagne est partie au travail, je sors les illustrations en cours ou déjà faites, je les étale partout autour de moi et je dessine.
La musique que je mets est différente. Toujours du jazz, mais plus vif, des chanteuses aussi mais avec grands orchestres ou des podcasts (d’une émission de… jazz). Je travaille parfois debout à ma table. Ce ne sera pas forcément une journée complète. Je peux être satisfait d’une illustration faite en deux-trois heures et m’arrêter là. Alors je sors, je me promène parfois ou je vais visiter des magasins de livres et de disques d’occasion. Ou alors je peux être absorbé pendant plusieurs heures et ne pas voir le temps passer.
Vers 17 h, mes filles rentrent de l’école, je range mes dessins dans un carton. Je reprendrai le lendemain.
Je travaille dans des horaires « de bureau » depuis que j’ai des enfants, je me suis plié à leur rythme.
9 h – 17 h avec une pause à midi. Finalement ça me convient. Ça structure le temps, surtout pendant mes périodes de recherches. Je travaille peu le soir.

Jean-Luc Englebert est auteur-illustrateur.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Jean-Luc Englebert sur son site : http://englebert.ultra-book.com.

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Ah les parents…

Par 13 mars 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on va parler d’un douloureux problème : les parents. Dans cette sélection d’ouvrages (dont la plupart sont quand même extraordinaires, aujourd’hui votre banquier va me détester) on va en rencontrer des absents (et même quand ils sont là), des qui jurent, des qui nous enquiquinent, des qui espèrent un peu trop de nous, mais surtout des qui nous aiment. Mais commençons par répondre à une grande question : Comment naissent les parents ?

Mais... comment naissent les parents ?Un souriceau se pose une question, cette question lui tourne en tête depuis quelque temps… Comment naissent les parents ? Il aimerait bien demander à son papa ou à sa maman, mais ils sont bien trop occupés, alors il demande à son copain Robin qui lui explique que c’est parce que ses parents s’aimaient beaucoup que son papa a mis son pollen dans la fleur de sa maman. Yasmine, elle, a une autre version. Elle n’a pas du tout fabriqué ses parents comme ça, ils avaient beau beaucoup s’aimer leur pollen et leur fleur ne faisaient rien alors il a fallu remplir des papiers et ça n’a pas duré neuf mois, mais trois ans. Tim a encore une autre version à base d’éprouvettes, pour Maïté avec ses deux mamans c’est encore autre chose. Ça en fait des façons de fabriquer les parents !

Gros coup de cœur pour cet album tout en délicatesse et en poésie, tant dans les illustrations que dans le texte. On parle donc ici de toutes les façons de devenir parents (et donc de toutes les façons de faire un bébé, vous l’aurez compris), mais vraiment avec une infinie douceur. Un livre qui sait autant manier l’humour, la poésie et être aussi bien illustré, on ne peut qu’adhérer. Un magnifique ouvrage.

Le Papa MystèreDans la cour de l’école, les enfants discutent, parlent de leur week-end. Zazie est triste de savoir que Cindy n’a pas de papa, Alfredo et Clodomir, eux, ne sont pas tristes du tout et ils se moquent même « Cin-dy -sans-pa-pa ! Cin-dy -sans-pa-pa ! » chantent-ils. Mais Cindy ne va pas se laisser faire, elle leur raconte qu’elle a bel et bien un papa, qu’il est agent secret et que si elle l’appelle…

J’ai toujours beaucoup de mal avec les adaptations de dessins animés qui reprennent, comme illustrations, des captures d’écrans. Je trouve ça, disons-le franchement, particulièrement laid. La novélisation de la série Mademoiselle Zazie n’échappe pas à la règle (et comparer ces illustrations à celles de Delphine Durand… c’est assez violent !). Passé ce manque d’esthétique de cet album, Zazie est un personnage qu’on adore. Les histoires sont souvent très bien trouvées et racontent généralement des situations pas forcément « classiques » de façon complètement anodines. Cindy n’a pas de papa, et alors ? Où est le souci. Même si l’on préfère (largement) les livres originaux signés Thierry Lenain et Delphine Durand, Le papa mystère est un album très sympathique et plein d’humour pour dédramatiser la monoparentalité.
Le même vu par Les lectures de Liyah et Chez Clarabel.

Papa, regarde !Petit Ours regarde par la fenêtre, il aperçoit des fleurs violettes et questionne son père à leur sujet. Trop occupé à lire le journal celui-ci lui répond distraitement, sans trop lever l’œil par la fenêtre. Mais il est vite étonné par ce que lui décrit son fils.

Énormément d’humour et de poésie dans ce très bel album sorti chez HongFei. Qui n’a jamais vécu cette situation avec ses enfants ? Bien trop occupé on répond distraitement à leurs questions avant de nous rendre compte qu’il y a un énorme quiproquo. La naïveté des enfants, face à notre esprit trop cartésien quand on est en train de faire autre chose. Pour illustrer ce très joli texte, Sophie Roze a utilisé des collages, on se surprend à toucher les pages en croyant que nos doigts vont trouver des matières. Magnifique !
Courez voir les extraits sur le blog de HongFei.

Dragons Père Et FilsLe papa de Strokkur ne lui a pas dit « Tu seras un homme, mon fils » (et pour cause… Strokkur est un dragon !), mais c’est à peu près ça. Parce qu’il le trouve grand maintenant, il doit faire honneur à sa famille et brûler quelques maisons dans un village. Strokkur n’a pas vraiment envie, mais d’après son père c’est la tradition, on ne peut pas y couper ! Après une nuit agitée, voilà donc notre petit dragon en direction du village. Il trouve une petite maisonnette en bois un peu isolée… c’est parfait ! Sauf que le petit garçon qui habite là le voit et est tout excité de voir un dragon ! Et puis question truc à brûler il a une bien meilleure idée… un bâtiment plus grand où il n’aime pas trop aller…

Ah ces parents qui veulent imposer leurs choix à leurs enfants… Strokkur n’a bien sûr aucune envie de faire ce que son père lui demande, mais il a si peur de le décevoir… Au lieu de terroriser les habitants, notre petit dragon va se faire des amis et il se peut bien qu’il soit assez malin pour trouver les bons arguments face à son père. On peut être fier de ses enfants pour de multiples raisons. On parle donc ici de transmission (ou pas), d’amitié, de malice. On s’amuse beaucoup des situations et l’on admire les belles planches de Ronan Badel. Là encore, un très très bel album.

Puisque c'est comme ça, je m'en vais !Émile est VRAIMENT de mauvaise humeur ! Une bagarre à l’école avec son copain et une réprimande de la maîtresse. Forcément, il ramène sa mauvaise humeur à la maison et ne supporte pas la moindre contrariété. Aussi quand sa maman lui refuse qu’il fasse de la peinture (alors que c’est l’heure du bain), Émile prend une grave décision : il s’en va ! Il file dans sa chambre, prépare son sac à dos, il va partir loin, très loin, loin de maman, loin de la maîtresse, loin des copains qui l’embêtent… mais avant, un bain plein de mousse c’est quand même tentant ! Et après, adieu tout le monde ! Enfin… après manger car maman a fait son plat préféré…

Décidément dans cette chronique, que de merveilles ! Tant sur le plan graphique (superbes illustrations d’Alexandra Pichard) que sur le plan scénaristique, Puisque c’est comme ça, je m’en vais ! est un album irrésistible. On rit de ce petit colérique (qui se fait bien avoir par les ruses de sa maman), de cette mère qui reste stoïque face aux menaces de départ de son fils (et le conforte même dans son idée). On parle ici donc des colères, des enfants qui veulent partir « parce que c’est mieux ailleurs », et de l’amour des parents qui savent transformer une mauvaise journée en bon moment. Un magnifique album.
Des extraits en ligne.

Le petit tabarnakPapa tape, tape, tape avec son marteau quand tout à coup… TA-BAR-NAK ! Ouh la la pour qu’il utilise ce mot c’est qu’il doit être vraiment vraiment fâché, car on n’a pas le droit de dire ça ! Mais au fait… ça veut dire quoi Tabarnak ? Oups c’était la question à ne pas poser à un papa déjà en colère. Peut-être que les copains sauront, eux…

Tabarnak, pour ceux qui ne le savent pas, est un juron québécois. Dans cet album, on parle donc des gros mots qui échappent parfois aux parents (si vous n’en dites pas, c’est bien vous êtes parfaits !). Que ce soit un album québécois nous arrange assez (je ne sais pas vous, mais moi j’ai du mal à imaginer un album pour enfants avec le mot « putain ») ! Beaucoup d’humour dans cet album aux illustrations qui font penser à des bandes dessinées avec des traits pleins de mouvement. On s’amuse beaucoup en lisant les versions de chaque enfant sur l’origine de ce mot à ne pas dire. Encore un très bel album sorti chez La pastèque.

ça sent bon la mamanComme tous les soirs, Maman Taupe lit une histoire à son Taupinou puis dodo… Taupinou n’a pas envie, il aimerait rester blotti contre sa maman, il a peur tout seul, les bruits de la nuit l’effrayent. Maman a une idée, elle décroche son foulard et le donne à son enfant « Un peu de moi auprès de toi », un foulard qui sent bon la maman et qui saura rassurer Taupinou.

On finit dans un nuage de douceur et de tendresse. Avec une histoire toute simple, Émile Jadoul et Claude K. Dubois nous offrent un petit bijou de poésie. On parle ici de la peur de la nuit, de l’odeur rassurante, de l’amour. Car les parents, même s’ils nous embêtent, même s’ils disent des gros mots, même s’ils sont parfois trop occupés pour nous écouter, ils sont quand même là pour nous rassurer et nous donner beaucoup d’amour.
Le même vu par Bricabook, Chez Clarabel et À l’ombre du saule.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Jean Regnaud (Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill), Sophie Roze (L’autre bout du monde), Ronan Badel (Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresseHenri ne veut pas aller au centre de loisirs, Cucu la praline se déchaîne, Emile se déguise, Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé), Alexandra Pichard (Les socquettes blanches, Nina et les oreillers et Muette), Émile Jadoul (Comme un secretCanaille a oublié son doudou, Canaille ne veut pas aller à l’école, Canaille va chez le docteurCanaille n’aime pas la soupeMon bonnetLes mains de papa, A l’eau, Hourra, AglaglaTout le monde y va, Gros pipi, A la douche et A la folie) et Claude K. Dubois (Ma feuille !, L’histoire de mon bébé, Papa, maman… avant et La valise rouge). Retrouvez aussi nos interviews de Ronan Badel et d’Émile Jadoul.

Mais… comment naissent les parents ?
Texte de Jean Regnaud, illustré par Aude Picault
Magnard Jeunesse
11,90 €, 200×200 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Le papa mystère
de L. Nord (d’après Thierry Lenain)
Nathan dans la série Mademoiselle Zazie
5,95 €, 174×221 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Papa, regarde !
Texte de Hui-Ying Chiu (traduit par Chun-Liang Yeh), illustré par Sophie Roze
HongFei
13,90 €, 193×253 mm, 34 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Dragons père et fils
Texte d’Alexandre Lacroix, illustré par Ronan Badel
Père Castor
13,50 €, 240×300 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Puisque c’est comme ça, je m’en vais !
Texte de Mim, illustré par Alexandra Pichard
Magnard Jeunesse
13,90 €, 230×270 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Le petit Tabarnak
de Jacques Goldstyn
Éditions de la Pastèque
18 €, 191×241 mm, 80 pages, imprimé au Canada, 2014.
Ça sent bon la maman
Texte d’Émile Jadoul, illustré par Claude K. Dubois
Pastel
11,50 €, 176×246 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.

À part ça ?

Le rire médecinL’association Le rire médecin organise une braderie solidaire dans ses nouveaux locaux à Paris (XIXe). Notez sur vos agendas, ce sont les vendredi 4 et samedi 5 avril au 64/70 rue de Crimée 75 019, de 10 heures à 20 heures. Plusieurs grandes enseignes (Chicco, Djeco, Doudou et Compagnie, Editions Dupuis, Faber-Castell, Ikéa, LuluCastagnette, Moulin Roty, Ravensburger, Vtech, Zadig & Voltaire…) se sont mobilisées et ont offert des produits qui permettront à l’association de récolter des fonds. L’argent servira à financer la venue de clowns professionnels dans les services pédiatriques et ainsi offrir des moments magiques aux enfants hospitalisés. Quand on peut faire un beau geste, tout en faisant de bonnes affaires… pourquoi se priver ?

Gabriel

 

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