La mare aux mots
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Janik Coat

Du berger à la bergère : de Janik Coat à Régis Lejonc

Par 12 juillet 2017 Les invités du mercredi

Cet été, on vous propose à nouveau la rubrique du berger à la bergère tous les mercredis. Cette rubrique vous avait tellement plu l’été dernier, nous nous devions de la reprendre (il faut dire qu’à nous aussi elle plaît beaucoup) ! Donc tous les mercredis jusqu’à la rentrée, ce sont des auteur.trice.s et des illustrateur.trice.s qui posent trois questions à un auteur.trice ou une illustrateur.trice de leur choix. Puis c’est à l’interviewé.e d’en poser trois à son tour à son intervieweur.euse d’un jour. On commence ces mercredis de l’été avec Janik Coat qui a choisi de poser des questions à Régis Lejonc !

Janik Coat : De quel livre aurais-tu aimé être l’auteur (roman compris) ?
Régis Lejonc : Pour être honnête, il n’y a pas de livre dont j’aurais eu envie d’être l’auteur, parce que la distance littéraire que propose le livre par rapport à soi est la source même de mon plaisir de lecteur. Ce que le livre d’un autre déclenche en soi…
Je pourrais envier le succès d’un livre, ou fantasmer la vie d’un auteur, mais pas son livre.
Ceci étant dit, je dévierais ma réponse à ta question en répondant que le livre qui m’a le plus marqué, pour ne pas dire changé, est Le maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov. C’est le roman qui m’a ouvert à tous les autres romans.

Janik Coat : Quel est ton personnage fétiche de la littérature jeunesse ?
Régis Lejonc. : J’ai adoré pendant toute mon enfance le personnage de Thorgal Ægirsson, héros de la série créée par Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski. Il était publié chaque semaine dans le journal de Tintin, et c’était l’impatience pour moi d’attendre chaque samedi. Plus tard, en devenant dessinateur, j’ai découvert et décortiqué Little Nemo de Winsor Mac Cay… et là, j’ai découvert ce qui reste pour moi le dessin absolu.

Janik Coat : Ton dernier coup de cœur en librairie jeunesse ?
Régis Lejonc : Il y en a deux que je ne peux dissocier en termes d’émotions personnelles :

  • Un grand jour de rien de Beatrice Alemagna, un livre puissant, subtil et bouleversant, comme seule Beatrice est capable d’en faire.
  • D’entre les ogres de Baum et Thierry Dedieu, la claque de l’année pour moi.

Régis Lejonc : Pourquoi as-tu choisi à un certain moment de ton chemin artistique, de faire des livres pour les enfants, et plus précisément pour les petits ?
Janik Coat : Je n’ai pas le sentiment d’avoir choisi ! J’ai plutôt la sensation que le dessin que je pratique depuis petite m’a amené, vers la trentaine, à dessiner des formes rondes, donc enfantines, épurées ; très éloignées des croquis filiformes « à la Giacometti » dont je remplissais mes carnets bien avant.
Ces formes parlent aux touts petits. Mais je pense que certains de mes albums parlent et touchent un public d’adultes également. Et c’est ce que je souhaite.

Régis Lejonc : Ton travail sur les formes et le graphisme renvoie au design. Quelle est la place du design dans ta vie ? Y a-t-il des artistes qui t’ont inspirée ?
Janik Coat : Je ne suis pas une férue de design mais je suis très sensible à la forme, à l’ergonomie et au bien-être qu’un objet peut apporter dans le quotidien.
Je suis inspirée par beaucoup d’artistes, certains consciemment, d’autres inconsciemment bien sûr… Mais la première inspiration qui me vient en tête est l’Art égyptien quand j’étais toute jeune. Je suis toujours fascinée. L’élégance de la ligne reconnaissable entre toutes !
J’ai dessiné Popov, mon hippopotame rouge, ma mascotte en quelque sorte, après mon séjour au Caire en 2002.
Le graphisme japonais des années 70 m’a aussi donné très envie de dessiner.
Je suis sensible au design scandinave également.

Régis Lejonc : Avec l’avènement de l’image numérique, ton travail s’est imposé avec une signature graphique très reconnaissable. Je sais que tu cherches à t’en éloigner maintenant. Peux-tu nous expliquer pourquoi ?
Janik Coat : L’outil numérique est merveilleux car il permet d’aller plus vite et plus loin. Mais il y a une « dématérialisation » du dessin qui commençait à me gêner. Je suis attachée à la dimension charnelle du papier et de la peinture. Voir et tenir un dessin original dans les mains reste un plaisir très fort ; peut-être même encore plus fort aujourd’hui…
J’ai découvert la technique du pochoir pour retransposer mes dessins retravaillés à l’ordinateur en peinture. Cela correspond aussi à mon envie d’exposer et de sortir du format du livre. Mes formes s’adaptent bien aux très grands formats.
D’une manière générale, j’explore tout en suivant le fil que je déroule depuis des années.

Bibliographie sélective de Janik Coat

  • Aujourd’hui, Amos, illustration d’un texte d’Anne Cortey, Grasset (2016).
  • Le cube rouge, avec Bernard Duisit, Hélium (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Romi à la maison, texte et illustrations, Sarbacane (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • 1 poisson, 3 voleurs, 1 dragon, illustration d’un texte de René Gouichoux, Nathan (2014).
  • Romi à la plage, texte et illustrations, Autrement (2014).
  • Le voyage de Loti, texte et illustrations, MeMo (2014).
  • Clotaire se déguise, texte et illustrations, Autrement (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Ça dépend, illustration d’un texte de Bernard Duisit, Hélium (2013).
  • Joni et Vatanen, illustration d’un texte d’Anne Cortey, Albin Michel Jeunesse (2013).
  • Une vie d’escargot, illustration d’un texte d’Anne Cortey, Autrement (2008), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon hippopotame, texte et illustrations, Autrement (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Pour un carré de chocolat, illustration d’un texte d’Élise Fontenaille et Clarisse Buono, Grasset jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Une vie d’ours, illustration d’un texte de Christophe Fourvel, Le Baron perché (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • La surprise, texte et illustrations, MeMo (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Popov et Samothrace, texte et illustrations, MeMo (2005).

Retrouvez Janik Coat sur son blog : http://janikkinaj.free.fr.

Bibliographie sélective de Régis Lejonc :

  • Le Jardin du Dedans-Dehors, illustration d’un texte de Chiara Mezzalana, Les éditions des éléphants (à paraître en septembre 2017).
  • Bagdan et la louve aux yeux d’or, illustration d’un texte de Ghislaine Roman, Seuil jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • La promesse de l’ogre, illustration d’un texte de Rascal, Pastel (2015).
  • Kodhja, avec Thomas Scotto, Thierry Magnier (2015).
  • L’Ogre Babborco, illustration d’un texte de Muriel Bloch, Didier Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Ianos et le dragon d’étoiles, illustration d’un texte de Jean-Jacques Fdida, Didier Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • La poupée de Ting-Ting, illustration d’un texte de Ghislaine Roman, Seuil jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La mer et lui, illustration d’un texte d’Henri Meunier, Notari (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Loup ?, collectif, Association Mange-Livre (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Lumières, l’encyclopédie revisitée, collectif, L’édune (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La rue qui ne se traverse pas, illustration d’un texte d’Henri Meunier, Notari (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Obstinément Chocolat, illustration d’un texte d’Olivier Ka, L’édune (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Petit Chaperon rouge ou La Petite Fille aux habits de fer-blanc, illustration d’un texte de Jean-Jacques Fdida, Didier Jeunesse (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • La boîte à joujoux, illustration d’un texte de Rascal, Didier Jeunesse (2005), que nous avons chroniqué ici.
  • Fait pour ça, texte illustré par David Merveille, Actes Sud Junior (2004), que nous avons chroniqué ici.
  • Ma voisine est amoureuse, texte et illustrations, Actes Sud Junior (2003), que nous avons chroniqué ici.

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Dans la nature ou à la mer

Par 8 août 2016 Livres Jeunesse

En cette période de vacances, je vous propose d’aller au bord de la mer et dans la nature.

Romi dans la nature
de Janik Coat
Sarbacane
9,90 €, 180×190 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2016.
Capitaine Papy
Texte de Benji Davies (traduit par Mim)
Milan
11,90 €, 280×245 mm, 40 pages, lieu d’impression non indiqué, 2016.
La petite poule qui voulait voir la mer
Texte de Christian Jolibois, illustré par Christian Heinrich
PKJ dans la série Les petites poules
19,90 €, 270×360 mm, 48 pages, imprimé en France, 2016.

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Dragons et cie

Par 16 juin 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, c’est une ballade avec un animal de compagnie un peu particulier que je vous propose… Eh oui, il ne s’agit de rien de moins que de… dragons !

Le dragon qui crachait n’importe quoi
texte de Sylvain Zorzin, illustré par Brice Follet
Éditions Père Fouettard
13 €, 230×230 mm, 36 pages, imprimé en Belgique, 2016.
Dragon de l’Est, Dragon de l’Ouest
texte de Robyn Eversole (traduit par Hélène Remaud), illustré par Scott Campbell
Little Urban
10,50 €, 260×210 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2016.
1 poisson, 3 voleurs, 1 dragon
texte de René Gouichoux, illustré par Janik Coat
Nathan
10 €, 224×276 mm, 28 pages, imprimé en France, 2014.

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Les invité.e.s du mercredi : Agnès de Lestrade et Janik Coat

Par 30 mars 2016 Les invités du mercredi

Agnès de Lestrade fait partie de ces auteur.e.s dont on croise souvent les ouvrages. Nous avions envie d’en savoir plus sur elle. Ensuite, nous vous proposons de nous infiltrer dans l’atelier de Janik Coat qui a accepté d’être l’invitée de notre rubrique Quand je crée. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Agnès de Lestrade

Agnès de LestradeComment êtes-vous devenue auteure ? Parlez-nous de votre parcours
J’inventais des jeux de société et un matin, une petite phrase est arrivée toute seule dans ma tête : « la petite fille qui ne voulait plus cracher ». J’ai écrit l’histoire qui allait avec ce drôle de titre. Il a été publié à l’école des loisirs. Depuis tous mes textes démarrent toujours par un titre : l’enfant qui mangeait les nuages, l’envol du hérisson, la grande fabrique de mots, tout au bord, le livre qui rend chèvre…

Que vous reste-il de votre passé de parolière ? Est-ce que ça a influencé votre travail d’auteure jeunesse ?
J’écris à l’oreille. Mes histoires doivent sonner comme les cordes de ma guitare ou les notes de mon accordéon.

le voyage de MamilyVous avez écrit sur des sujets sensibles comme la transplantation cardiaque (Mon petit cœur) ou le vieillissement (Le voyage de Mamily), mais aussi des textes extrêmement poétiques comme Tout au bord… et même des histoires un brin scato comme Bon anniversaire Gaston. Êtes-vous capable d’écrire sur tout ou y a-t-il des sujets qui vous sont tabous ?
Pas de sujets tabous. Je viens de finir une histoire « la première fois » sur la grossesse à 14 ans. Sinon j’alterne l’écriture entre petites histoires avec grenouille et cochon et des sujets plus graves. J’ai besoin de ne pas m’enfermer dans un style.

Et dans quel « genre » êtes-vous le plus à l’aise ?
Tous en fait !

Tu es trop bavard, Léonard !Léonard qui parle trop et qui finit par raconter des histoires (Tu es trop bavard, Léonard) c’est un peu vous ?
Ah oui je suis une vraie bablateuse !

Comment naissent vos histoires ?
D’un titre et de beaucoup de rêveries

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
La comtesse de Ségur, le club des 5, le clan des 7. Et puis La cicatrice, Tanguy.

Quels sont vos projets ?
Écrire un roman avec deux autres auteurs

Une dernière question, si quelqu’un qui ne vous connaît pas lit cette interview et veut vous découvrir avec un seul de vos ouvrages, lequel lui conseilleriez-vous ?
La grande fabrique de mots, L’invention des parents, Le chien chien à sa mémère, Un indien dans mon jardin, et La vie sans moi qui n’est plus édité… j’aimerais retrouver un autre éditeur. À bon entendeur, salut !

Bibliographie sélective :

  • Le chien-chien à sa mémère, illustré par Clothilde Delacroix, Sarbacane (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon amoureux de la lune, illustré par Amandine Laprun, Oskar (2015).
  • Tu es trop bavard, Léonard !, illustré par Sylvie Bessard, Nathan (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Tout au bord, illustré par Valeria Docampo, Alice Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon cher petit cœur, illustré par Peggy Nille, Bulles de savon (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le voyage de Mamily, illustré par Charlotte CottereauBalivernes (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Il faisait chaud cet été-là, Rouergue (2013).
  • Pourquoi les chiens n’aiment-ils pas les chats ?, illustré par Romain Guyard, Larousse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Les cocottes à histoires, illustré par Christine Roussey, Milan (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Bon anniversaire, Gaston !, illustré par Benjamin Bécue, Balivernes (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Les pendules de Dana, illustré par Constanza Bravo, La Joie de Lire (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Les baisers de Cornélius, illustré par Charlotte CottereauBalivernes (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • La grande fabrique de mots, illustré par Valeria Docampo, Alice Jeunesse (2009).
  • Le parapluie de madame Hô, illustré par Martine Perrin, Milan (2007).


Quand je crée… Janik Coat

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.e.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur.e.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils créent. Cette semaine, c’est Janik Coat qui nous parle de quand elle crée.

Janik Coat atelierJe travaille chez moi et j’aime beaucoup ça, même si cela n’est pas toujours facile et demande pas mal de discipline. Dans mon cas, vie et travail sont étroitement liés. J’aime avoir tout à portée de main, et pouvoir travailler quand je veux ou l’inverse, faire une micro sieste ou appeler mes amis et m’y remettre après. Le temps de création est pour moi, indissociable d’une certaine solitude.
Aucun enfant ni adulte autour de moi quand je suis en pleine création.
Je tolèrerais un chat ou un chien, à la limite, mais c’est tout ! J’écoute la radio quasi non stop avec mes émissions préférées qui ne parlent que d’art, de littérature et d’histoire. Et aussi de la musique…
J’aime travailler tôt le matin jusqu’à 15 h ou 17 heures… En fin de journée, je deviens très sociable, je sors, je retrouve mes proches, j’appelle mes amis, je cours à un vernissage ou à une expo.
Par contre l’inspiration, les idées surviennent n’importe où… dans le train, en faisant la queue à la boulangerie, dans les écoles que je visite, pendant les vacances ou mes voyages. J’ai toujours un carnet sur moi, des petits des moyens. Je note les idées pour ne pas les oublier et je fais des croquis si besoin. J’ai passé énormément de temps à dessiner dans les lieux publics (cafés, parcs, musées…) c’est comme cela que l’on apprend à dessiner et ça s’entretient ! Aujourd’hui, j’ai plus de plaisir à dessiner à partir de mon imagination. Je me laisse guider par les formes que je trace sur mes carnets. Ces formes deviennent des personnages, à partir desquels je vais élaborer mes livres.

Janik Coat © christophe perrucon 5Janik Coat est auteure et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Aujourd’hui, Amos, illustration d’un texte d’Anne Cortey, Grasset (2016).
  • Le cube rouge, avec Bernard Duisit, Hélium (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Romi à la maison, texte et illustrations, Sarbacane (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • 1 poisson, 3 voleurs, 1 dragon, illustration d’un texte de René Gouichoux, Nathan (2014).
  • Romi à la plage, texte et illustrations, Autrement (2014).
  • Le voyage de Loti, texte et illustrations, MeMo (2014).
  • Clotaire se déguise, texte et illustrations, Autrement (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Ça dépend, illustration d’un texte de Bernard Duisit, Hélium (2013).
  • Joni et Vatanen, illustration d’un texte d’Anne Cortey, Albin Michel Jeunesse (2013).
  • Une vie d’escargot, illustration d’un texte d’Anne Cortey, Autrement (2008), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon hippopotame, texte et illustrations, Autrement (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Pour un carré de chocolat, illustration d’un texte d’Élise Fontenaille et Clarisse Buono, Grasset jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Une vie d’ours, illustration d’un texte de Christophe Fourvel, Le Baron perché (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • La surprise, texte et illustrations, MeMo (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Popov et Samothrace, texte et illustrations, MeMo (2005).

Retrouvez Janik Coat sur son blog : http://janikkinaj.free.fr.

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Les invité-e-s du mercredi : Clémence Pollet et Janik Coat (+ concours)

Par 8 octobre 2014 Les invités du mercredi

Cette semaine, c’est la très talentueuse Clémence Pollet que nous recevons. C’est une illustratrice que nous admirons et nous avions envie d’en savoir plus sur elle et sur son travail. À la suite de cette interview, je vous propose de tenter de gagner un magnifique ouvrage, Contes d’un roi pas si sage écrit par Ghislaine Roman, grâce aux éditions du Seuil Jeunesse. Ensuite, nous partons en vacances avec Janik Coat ! Bonne semaine à vous !


L’interview du mercredi : Clémence Pollet

clemence polletParlez-nous de votre parcours
Après mon bac S et une année d’école préparatoire, j’ai intégré l’école Estienne à Paris en illustration. J’ai poursuivi mes études aux Arts décoratifs de Strasbourg et ai profité du programme ERASMUS pour partir un semestre à Bologne. Mon premier album L’Ébouriffée est paru à ce moment-là aux éditions du Rouergue.
J’ai ensuite été accueillie en résidence d’auteurs à Troyes par l’association Lecture et Loisirs, qui s’occupe du salon du livre jeunesse de la ville. J’y ai réalisé mon second album, Soupe de Maman, au Rouergue également. La même année, je suis partie deux mois faire de la gravure dans une petite ville de Galice en Espagne.
Revenue en France, je me suis installée à Montreuil. J’ai rejoint l’association Artegraf grâce à laquelle je pratique différentes techniques de gravure.
Depuis quelques mois je vis et travaille à Londres.

Quels livres ont marqué votre enfance et votre adolescence ?
Quand j’étais petite, la lecture du soir, le plus souvent par mon père, était un moment lili demenageprivilégié. Nous lui demandions avec mes sœurs de nous lire et relire nos histoires favorites. Pour la plupart j’ai oublié les noms des auteurs et illustrateurs, mais les images et quelques phrases me reviennent souvent en tête.
Je peux tout de même citer Lili déménage (de Susan Pearson & Steven Kellog) ou Les 3 petites sœurs s’amusent (de Roser Capdevilla) que j’adorais pour leur humour et la foule de détails à découvrir dans les images.
Adolescente j’ai découvert Claude Ponti, j’étais fascinée par l’étrangeté de ses personnages.

Aujourd’hui, en tant qu’adulte, y a-t-il des illustrateurs qui vous touchent particulièrement, qui vous inspirent ?
Étudiante, c’est la découverte de livres et d’auteurs qui m’a donné envie de devenir illustratrice. Papa se met en quatre d’Hélène Riff, Amourons-nous illustré par Sabien Clément sont les premiers livres que j’ai achetés. Ils ont été des vrais déclics.
Les univers de Kitty Crowther, Frédérique Bertrand ou Benoît Jacques m’ont beaucoup influencée à cette époque. En bande dessinée, le travail de Chris Ware m’a stupéfaite.
Aujourd’hui, il y a énormément d’illustrateurs et d’auteurs dont j’admire le travail. À chaque salon, j’en rencontre de nouveaux et depuis que je vis Londres, ma bibliothèque s’est étonnamment enrichie.
Malgré tout, je pense que les artistes qui m’inspirent le plus restent les moines copistes et les maîtres du quatrocento, les peintres persans et les imprimeurs d’Épinal.

Le Petit Chaperon bleuQuelles techniques utilisez-vous ?
J’aime explorer différentes techniques et ne pas m’enfermer dans un style même si tous les enfants que je représente semblent issus d’une seule et unique fratrie.
Cela ne m’empêche pas de m’amuser à les peindre à la gouache, à les dessiner à l’encre, à les colorier sur Photoshop, à les graver dans du linoléum ou à les découper dans des papiers colorés.
La plupart du temps, la technique que je choisis pour illustrer un texte ne s’impose pas immédiatement. J’aime réfléchir à la manière dont je vais m’en emparer et à l’interprétation graphique que j’en ferai. Mes solutions de représentation et le choix de la technique découlent de ce temps de réflexion.
Par exemple pour l’album Loup un jour (éditions du Rouergue), j’ai imaginé que le loup serait suggéré à chaque page par une immense masse noire. La technique du monotype m’a semblé la plus appropriée pour rendre vibrant son pelage. Il est aussi possible de réaliser dans cette technique des aplats, des dégradés, et d’intéressants effets de matières. J’ai ainsi créé ma gamme de couleurs et clic clac j’ai découpé puis collé mes personnages et mes décors.
Pour Le petit chaperon bleu (éditions Le baron perché), lorsque j’ai choisi de transposer l’histoire dans un univers urbain (ce que le texte n’indiquait pas) j’ai abandonné mes dessins à la gouache et je suis partie dans une direction plus moderne, dessin à l’encre et colorisation numérique.

J’aimerais que vous nous disiez quelques mots à propos de votre collaboration L"auberge des ânesavec les éditions HongFei.
J’ai rencontré Loïc Jacob et Chun-Liang Yeh au Salon du livre de Troyes lorsque j’étais en résidence. Nous avons sympathisé et ce fut un vrai plaisir de les croiser à nouveau sur différents salons.
Ils m’ont proposé que l’on travaille ensemble en me parlant d’un conte chinois mettant en scène une femme aux étranges pouvoirs. Le texte de L’auberge des ânes m’a immédiatement séduite. C’était stimulant de se plonger dans un univers et une esthétique que je ne connaissais pas. Depuis je ne manquerai pas une exposition sur les trésors des Ming ou des Tang. Tant mieux, les musées londoniens en sont friands.
Je suis en train de réaliser mon troisième album avec eux. J’interprète un célèbre conte chinois, l’histoire de Mulan. Le texte original est d’une simplicité poétique rare. J’ai réalisé les images en linogravure et en seulement quatre couleurs pour être en accord avec la retenue et la pureté du texte. L’album devrait sortir courant 2015.

Contes d'un roi pas si sagePourriez-vous aussi nous parler de votre travail sur Contes d’un roi pas si sage ?
C’est avec grand plaisir que j’ai travaillé avec Caroline Drouault, alors éditrice au Seuil Jeunesse, sur ce projet. Elle m’a envoyé en juillet dernier le texte de Ghislaine Roman. L’auteure revisite le genre des contes avec humour et poésie en le parsemant de réflexions philosophiques.
Je souhaitais créer une galerie de personnages étonnants. J’ai mis un certain temps avant de donner corps au jeune héros, le roi Artégan. Nous souhaitions lui attribuer une caractéristique physique bien définie : une toute petite taille ou une tête d’animal ? J’ai finalement imaginé un roi ni trop petit ni trop grand affublé d’une volumineuse coiffe rouge. Les autres personnages sont venus plus facilement.
J’ai cherché à composer des images décalées à la fois nouvelles et désuètes. La technique, dessin traditionnel au trait, colorisation numérique, renforce je crois cette ambivalence.

Quelques mots sur vos projets ?
Je viens de terminer un ouvrage avec Les petits platons sur Hannah Arendt qui devrait sortir le mois prochain.
Comme je le disais plus haut, il me reste quelques images à graver pour finir mon album sur Mulan.
Je vais ensuite enchaîner sur deux projets personnels : tout d’abord l’illustration d’un conte très drôle et peu connu d’Andersen Le pou et le professeur.
Ensuite l’écriture (ce sera une première) et l’illustration d’un projet d’album que j’ai en tête depuis 5 ans. J’ai réalisé une exposition en volume intitulée Tac tic mécanique autour de ce projet avec le centre culturel de Tinqueux. L’histoire met en scène des robots et des animaux. À suivre…

Bibliographie :

  • Contes d’un roi pas si sage, illustration d’un texte de Ghislaine Roman, Seuil Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Loup un jour, illustration d’un texte de Céline Claire, Rouergue (2014).
  • La langue des oiseaux et autres contes du palais, illustration d’un texte de Chun-Liang Yeh, HongFei (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Rémi : d’après Sans famille d’Hector Malot, illustration d’un texte d’Alain Paraillous, Amaterra (2013).
  • Mon coffret pour découvrir la ferme, De la Martinière Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • L’auberge des ânes, illustration d’un texte d’Alexandre Zouaghi et Chun-Liang Yeh, HongFei (2012), que nous avons chroniqué ici.
  •  Le Petit Chaperon bleu, illustration d’un texte de Guia Risari, Le baron perché (2012).
  •  Soupe de maman, illustration d’un texte de Karin Serres, Rouergue (2011).
  •  L’ébouriffée, illustration d’un texte d’Hélène Vignal, Rouergue (2009).

Le blog de Clémence Pollet : http://clemencepollet.wordpress.com.

Concours :
Comme je vous le disais avant cette interview, grâce au Seuil Jeunesse je vais pouvoir offrir à l’un de vous le magnifique Contes d’un roi pas si sage. Pour participer, dites-moi, en commentaire à ce billet, quelle serait votre première mesure si vous étiez le roi. Un tirage au sort désignera la ou le gagnant-e vous avez jusqu’à mardi 20 h, bonne chance à tous !


En vacances avec… Janik Coat

Régulièrement, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est Janik Coat qui s’y colle, merci à elle !
Allez en route !

5 livres jeunesse :

  • Otto de Tomi UngererLa vie de Kuma Kuma
  • La vie de Kuma Kuma de Takahashi
  • Contes et légendes de la vallée de Moumine de Tove Jansson (tout Moumine)
  • Ariol de E. Guibert et Marc Boutavant
  • Poka et Minne de Kitty Crowther

5 romans :
Ma Vie d’Isadora Duncan

  • Lolita de Nabokov (tout Nabokov)
  • Ma Vie d’Isadora Duncan
  • Lady Chatterley de D.H. Lawrence
  • La Maison biscornue d’Agatha Christie
  • Mémoires d’Hadrien de M. Yourcenar
5 BD :
  • Faits divers d’Anouk RicardFaits divers d’Anouk Ricard (tout Anouk Ricard)
  • La tendresse des crocodiles… de Fred Bernard
  • Gaston Lagaffe
  • Tintin
  • Rosa Blum de Camille Jourdy

5 DVD :Un ange à ma table

  • Mon voisin Totoro
  • An angel at my table de Jane Campion
  • Lady Chatterley de Pascale Ferran
  • L’effrontée de Claude Miller
  • Faces de Casavetes

5 CD :

  • Billie Holiday Me Myself & I (couverture Guy Billie Holiday  Me Myself & IPellaert)
  • La Ballade de Melody Nelson de Gainsbourg
  • Kaputt de Destroyer
  • Daft Punk Randon access memories
  • James Brown The payback

5 artistes

  • Cy Twombly
  • Ellsworth Kelly
  • Merce Cunningham
  • Franquin
  • Gabrielle Chanel

5 lieux

  • Keremma (Finistère nord)
  • Istanbul
  • le TGV
  • Un château (hanté) dans les Highlands (Écosse)
  • Cap Corse

Janik Coat © christophe perrucon 5

Janik Coat est auteur et illustratrice. Elle vient de sortir 1 poisson, 3 voleurs, 1 dragon chez Nathan.

Bibliographie sélective :

  • 1 poisson, 3 voleurs, 1 dragon, illustration d’un texte de René Gouichoux, Nathan (2014).
  • Romi à la plage, Autrement (2014).
  • Le voyage de Loti, MeMo (2014).
  • Le jardin des petites bêtes, Les Apprentis Rêveurs (2014).
  • Clotaire se déguise, Autrement (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Les mots du temps, illustration d’un texte de Catherine Grive, Thierry Magnier (2014).
  • Ça dépend, illustration d’un texte de Bernard Duisit, Hélium (2013).
  • Joni et Vatanen, illustration d’un texte d’Anne Cortey, Albin Michel Jeunesse (2013).
  • Une vie d’escargot, illustration d’un texte d’Anne Cortey, Autrement (2008), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon hippopotame, Autrement (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Pour un carré de chocolat, illustration d’un texte d’Élise Fontenaille et Clarisse Buono, Grasset jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Une vie d’ours, illustration d’un texte de Christophe Fourvel, Le Baron perché (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • La surprise, MeMo (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Popov et Samothrace, MeMo (2005).

Retrouvez Janik Coat sur son blog : http://janikkinaj.free.fr.

 

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