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Jean-Luc Englebert

Les invité.e.s du mercredi : Jacques Goldstyn et Jean-Luc Englebert

Par 14 décembre 2016 Les invités du mercredi

L’année dernière, je suis tombé en amour (comme disent les québécois) de L’arbragan de Jacques Goldstyn. J’ai eu la chance de le rencontrer (au salon de Montreuil en 2015), et d’en parler avec lui. J’ai rencontré un homme charmant, passionnant et passionné. Il vient de sortir un album extrêmement réussi sur un sujet sensible, j’ai eu envie de profiter de la sortie de cet album pour parler avec lui de son œuvre, de son travail, de ses influences. Ensuite, on continue avec un autre auteur-illustrateur que j’aime beaucoup, et après le Québec c’est en Belgique qu’on va (vive la francophonie) pour visiter l’atelier du génial Jean-Luc Englebert. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Jacques Goldstyn

Qui est Azadah, qui donne le nom à votre dernier album sorti chez La Pastèque ?
Azadah est une petite fille qui vit en Afghanistan. On reconnaît le pays même si je ne le nomme pas.
Azadah est un mot qui signifie « Espoir » en Dari, une des langues parlées en Afghanistan.
Azadah pourrait être aussi une petite fille en Afrique, en Amérique centrale, au Cambodge…
C’est l’histoire d’une petite fille qui a soif de liberté et qui a été contaminée par une photographe au grand cœur.
C’est l’histoire d’une petite fille qui veut découvrir le monde, des gens, échapper à l’obscurantisme, aux superstitions.
C’est l’histoire d’une petite fille qui va réussir à s’échapper, qui se promet de revenir un jour dans son pays.

Comment est née cette histoire ?
En 2014, une photographe allemande, Anja Niedringhaus, a été tuée en Afghanistan. Sa mort m’a beaucoup touché. C’était non seulement une photographe de grand talent mais aussi une humaniste.
Elle a beaucoup photographié les enfants, en Irak, en Bosnie et en Afghanistan.
J’ai donc imaginé une histoire d’amitié entre elle et cette petite fille dans ce village perdu dans les montagnes.
J’ai beaucoup lu sur l’Afghanistan et son destin tragique.
Un pays où s’entrechoquent politique, sphères d’influence, coutumes tribales, dogme religieux.
J’ai été très ému par les récits de médecins, d’enseignants afghans ou étrangers qui ont fait preuve d’un courage inouï. Inouï. J’ai parlé avec un ami qui a voyagé dans ce pays au début des années 70 ainsi qu’à des militaires canadiens qui y ont séjourné dans un tout autre contexte.
Un jour, je sais que j’irai en Afghanistan.

J’avais adoré L’Arbragan, je suis loin d’être le seul, pour moi c’est l’un des plus beaux albums sortis ces dernières années, pouvez-vous nous dire quelques mots sur cette aventure ?
L’Arbragan est une histoire qui a été enfouie dans un tiroir de ma mémoire pendant de nombreuses années. De temps en temps, au hasard d’un moment, je la ressortais, la dépoussiérerais et la remettais dans le tiroir avec quelques phrases et images en plus.
Et puis un jour, je me suis décidé. J’ai pris mes crayons de couleur, mon stylo et mon pinceau et je l’ai mis sur papier d’une traite. Comme si j’avais eu des années de pratique.
C’est étrange parce que ma mère est décédée cette année-là.
Elle a subi des traitements pendant un an qu’ils l’ont beaucoup affectée même si elle demeurait alerte. L’Arbragan a été réalisé pensant que je lui tenais compagnie et qu’on prenait le café ensemble.
Beaucoup de gens ont dit que c’était une histoire sur le deuil.
Dans un sens, c’est vrai mais pour moi c’est davantage un hommage que le petit garçon rend à son ami Bertolt.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Dans ce cas-ci, la plus simple : encre de Chine et crayon de bois.
Il n’y a que deux illustrations qui ont été réalisées à l’aquarelle.
Quand le garçon se promène dans le cimetière la nuit, et la scène de la tempête.
Je trouvais que l’aquarelle donnait un meilleur rendu pour ces scènes.
Les dessins ont été faits à la main. Tous.
Il n’y a pas d’utilisation de Photoshop.
C’est très tentant parfois d’avoir recours à l’ordi pour retoucher les illustrations mais j’ai eu un réel plaisir à réaliser ce livre avec des moyens simples sans artifice.

Parlez-nous de votre parcours
J’ai toujours dessiné. Depuis que je suis tout petit.
C’est un talent que nous avons dans la famille. Mon père (qui m’a montré à grimper aux arbres) m’a montré mes premiers rudiments de perspective sur le tableau noir de la cuisine.
Comme il n’y avait pas d’école de dessin à Montréal j’ai choisi d’étudier en sciences. (J’étais passionné par les sciences en général, l’astronomie, la géologie, la biologie…).
J’ai obtenu un diplôme de géologue de l’Université de Montréal.
(J’étais très bon pour dessiner des coupes stratigraphiques et des fossiles).
J’ai travaillé en Gaspésie, en Abitibi et en Alberta en géologie pétrolière. Un jour, un ami ingénieur devenu journaliste m’a demandé si je voulais illustrer un petit livre d’expériences intitulé Le petit débrouillard. Le livre a remporté un formidable succès. L’éditeur a décidé de lancer un magazine Les Débrouillards qui célèbre aujourd’hui ses 35 ans. J’ai créé plusieurs personnages ainsi que Beppo, la mascotte, qui ont été présents dans tous les numéros.
OUF ! Tout a passé si vite !
Je collabore à beaucoup d’autres organismes canadiens en vulgarisation scientifique.
Pendant des années, des histoires qui n’ont pas vraiment rapport aux sciences se sont accumulées dans mes tiroirs et dans ma mémoire.
Je commence maintenant à les ressortir.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
J’aimais beaucoup la bande dessinée.
Bécassine, Tintin, Spirou, Gaston, Blake & Mortimer.
Je lisais de la science-fiction. Assimov, Arthur C. Clarke.
J’étais très friand de dessin d’humour : Sempé, Bosc, Hoviv, Jacques Faizant, Steinberg, Cabu.
Le dessin politique m’intriguait aussi beaucoup même si parfois je ne comprenais pas le propos. Oliphant, Wright étaient des caricaturistes que je suivais dans le Time Magazine.
Très jeune, j’ai découvert grâce à mon père des livres phares : 1984, La vincinquième heure, Allons z’enfants, Le petit prince. Pagnol, Remarque, Maupassant, H.G. Wells, Primo Levi, Folco, sont des auteurs qui me font voyager.
J’ai longtemps été passionné par la mythologie, les contes et légendes, le Moyen-Âge.
Aujourd’hui, je suis davantage attiré par les récits, les témoignages que par les ouvrages de fiction.

Quelques mots sur vos projets ?
J’ai plusieurs histoires en chantier (et dans mes tiroirs).
Je suis fasciné par l’engouement provoqué par la science ou plutôt par la technologie. La surabondance de gadgets électroniques, de gizmos, de « patentes à gosses » (comme on dit au Canada) qui envahissent nos vies et qui est sensé la rendre plus simple.
Je suis époustouflé par toutes ces connaissances disponibles au bout de nos doigts et en même temps par le tsunami de désinformation et de superstitions qui nous submerge.
Je travaille aussi sur une bande dessinée racontant l’histoire de mon père qui a exercé 1000 métiers : mineur, bûcheron, cheminot, vendeur de commerce… C’est quelqu’un qui aurait dû être instituteur. Encore aujourd’hui, je trouve qu’il est bien plus intelligent que bien des professeurs que j’ai eus à l’école.
C’est un ouvrage sur le temps qui passe, le choc des générations (mes enfants aussi sont dans cette BD). C’est aussi surtout un regard sur l’évolution politique du Canada. J’y parle de la période de la « grande noirceur » et des changements de la « Révolution tranquille ».
Le Canada Français était un pays où les écoles, les hôpitaux et toute la vie quotidienne étaient régis par le catholicisme.
Il était très difficile pour un artiste ou un libre-penseur de survivre dans ce Québec « tricoté serré ». Depuis les années 70, le Québec a opéré un virage à 180 degrés.
C’est ce que je veux raconter dans cet ouvrage.

Bibliographie sélective :

  • Azadah, texte et illustration, La Pastèque (2016).
  • L’Arbragan, texte et illustration, La Pastèque (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le petit tabarnak, texte et illustration, La Pastèque (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • L’astronomie facile et amusante pour les 8-12ans, illustration de textes de Jean-Pierre Urbain, MultiMondes Editions (2009).
  • Comment ? : L’astronomie facile et amusante pour les 8-12 ans, illustration de textes de Jean-Pierre Urbain, MultiMondes Editions (2006).


Quand je crée… Jean-Luc Englebert

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.e.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur.e.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils créent. Cette semaine, c’est Jean-Luc Englebert qui nous parle de quand il crée.

C’est compliqué d’expliquer comment je crée. Je n’ai pas de méthode ou de façon de faire qui serait la même d’un projet à l’autre.
Mais dans l’ensemble, il y a deux grands moments de création.
Le premier lorsque je cherche une histoire, un thème à aborder. Le second quand je réalise les illustrations. Mais pour ces deux moments, il y a un endroit qui est ma table à dessin.
Je n’ai plus d’atelier depuis quelques années. Ma table à dessin se situe dans un coin à côté d’une fenêtre qui donne sur des jardins, entre la cuisine et le canapé du salon. Cette table prend beaucoup de place et est très lourde mais je l’ai depuis mes 15 ans (et elle a appartenu à un architecte qui me l’a vendue à sa retraite).
Dans le premier temps où je cherche des histoires, je dessine dans des carnets. Des images, sans but, parfois des suites d’images qui amorcent un récit. Ou des personnages ou des paysages. Ça part dans tous les sens. Je dessine dans plusieurs carnets en même temps. Pour le moment j’en ai 6 sur ma table. Une histoire peut surgir à partir d’un dessin. Rarement d’un texte que je griffonne sur ces carnets. Je suis d’abord un illustrateur, qui s’est mis à écrire. Le dessin vient toujours en premier. J’aime ces moments de recherches et en même temps c’est un peu stressant. Il peut se passer des semaines sans que rien ne sorte de valable de ces dessins. Je referme le carnet et parfois, en redécouvrant des pages, une histoire m’apparaît. Là je peux commencer à structurer un récit, sous forme de découpage. Dans ces moments la musique est importante. J’écoute beaucoup de musique, tout le temps. Du jazz à 99,9 %. Dans ces temps de recherches, ce sera du jazz calme, des trios avec piano ou guitare, des chanteuses… au casque pour m’isoler. Je bois beaucoup de café aussi.
Puis vient le temps du dessin, des illustrations pour le projet. C’est le moment que je préfère.
Quand la maison se vide, que mes filles sont parties à l’école, que ma compagne est partie au travail, je sors les illustrations en cours ou déjà faites, je les étale partout autour de moi et je dessine.
La musique que je mets est différente. Toujours du jazz, mais plus vif, des chanteuses aussi mais avec grands orchestres ou des podcasts (d’une émission de… jazz). Je travaille parfois debout à ma table. Ce ne sera pas forcément une journée complète. Je peux être satisfait d’une illustration faite en deux-trois heures et m’arrêter là. Alors je sors, je me promène parfois ou je vais visiter des magasins de livres et de disques d’occasion. Ou alors je peux être absorbé pendant plusieurs heures et ne pas voir le temps passer.
Vers 17 h, mes filles rentrent de l’école, je range mes dessins dans un carton. Je reprendrai le lendemain.
Je travaille dans des horaires « de bureau » depuis que j’ai des enfants, je me suis plié à leur rythme.
9 h – 17 h avec une pause à midi. Finalement ça me convient. Ça structure le temps, surtout pendant mes périodes de recherches. Je travaille peu le soir.

Jean-Luc Englebert est auteur-illustrateur.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Jean-Luc Englebert sur son site : http://englebert.ultra-book.com.

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Du berger à la bergère : de Jean-Luc Englebert à Benjamin Chaud

Par 6 juillet 2016 Les invités du mercredi

Cet été, on vous propose encore une nouvelle rubrique pour nos invité.e.s du mercredi. Après les questions sur les métiers et les questions des enfants, on a proposé cet été à des auteur.e.s et des illustrateurs.trices de poser trois questions à un auteur.e ou une illustrateur.trice de leur choix. Puis à l’interviewé.e d’en poser une à son tour à son intervieweur.euse d’un jour. On commence ces mercredis de l’été avec Jean-Luc Englebert qui a choisi de poser des questions à Benjamin Chaud !

Benjamin Chaud

Jean-Luc Englebert : Tu vivais à Paris et tu travaillais en atelier collectif et maintenant tu vis à la campagne et tu travailles seul. Comment vis-tu ce changement ? Et quel univers préfères-tu ? Tu travailles en musique ?

Benjamin Chaud : j’ai toujours travaillé en atelier, à Marseille et à Paris, c’est très important pour moi de ne pas être seul chez moi pour dessiner. Alors quand je suis arrivé à Die j’ai pris un atelier avec d’autres personnes, il y a même Gaëtan Dorémus qui est illustrateur aussi qui travaille dans la même pièce que moi. J’ai besoin de cette ambiance de travail, de cette camaraderie. Et j’ai de la chance car nous avons presque les mêmes goûts en musique (je ne peux pas travailler dans le silence non plus) nous écoutons des vieux trucs : Tom Waits, Nick Cave, Léonard Cohen, PJ Harvey, Arcade Fire…
Et tous les matins je travaille aussi une heure au café pour l’inspiration, là j’ai besoin d’être seul (paradoxalement) et ça dans un village c’est pas gagné d’être tranquille sans personne qui vient discuter à ma table.

Benjamin Chaud
Jean-Luc Englebert : Tu travailles plusieurs techniques différentes, peinture, crayons de couleur, ordi… As-tu une préférence ou une technique que tu aimes plus que tout ?
Benjamin Chaud : Ce que j’aime plus que tout c’est le dessin au critérium, en noir et blanc que je fais dans mes carnets de croquis, la couleur à la gouache, au crayon de couleur ou à l’ordi c’est plus difficile pour moi mais la couleur a une place importante dans mon travail donc je me donne du mal et je le fais. C’est peut-être pour ça que je change souvent : après deux mois à faire de la gouache pour un album je n’en peux plus et je suis bien content de passer à l’ordi ou aux crayons de couleur. Chaque livre a son univers et pour chaque univers il y a une technique qui fonctionne mieux, s’il y a beaucoup de détails par exemple c’est plus facile à l’ordi, pour les matières j’ai plus de facilité à la gouache…

Benjamin Chaud

Jean-Luc Englebert : Tu as fait des livres avec des éditeurs étrangers (Suédois), vois-tu une différence d’approche entre ces éditeurs et ce que tu connais en France ?
Benjamin Chaud : Oui bien sûr, déjà les rapports sont plus facile en France car on peut se voir en vrai, discuter, avec les éditeurs étrangers je communique par email et en anglais, alors je suis dans une sorte de flou, j’ai déjà eu des idées de dessins très originales car je n’avais pas bien compris le texte, ce qui peut être une bonne chose : on en a gardé certaines. Ensuite il y a des cultures, des façons de travailler différentes. J’ai des corrections en Amérique que je n’aurais jamais en France et qui me font penser que je suis une sorte de dangereux punk (qui dessine de l’alcool, des femmes en maillot de bain…) il semble aussi qu’on y fait moins confiance au lecteur qu’en France, qu’il faut plus expliquer, moins suggérer. Au final quand même je préfère travailler en France car j’ai besoin que mes livres soient vus par des gens que je connais pour avoir des retours, autrement c’est un peu comme si j’avais fait le livre dans le vide. Et en France j’ai moins peur que mes dessins se perdent en route quand je les envoie aux éditeurs.

Jean-Luc EnglebertBenjamin Chaud : Je vois tes BD autobiographiques sur facebook, sont-elle éditées ou le seront-elle ? Comment envisages-tu la bande dessinée par rapport à l’album jeunesse ? Est-ce pour raconter d’autres choses à un autre public ?
Jean-Luc Englebert : Les petites BD autobiographiques sur Facebook, c’est une petite série que j’ai créée d’une manière très légère, comme un petit échauffement avant une journée de travail, mais aussi pour me remettre dans le bain de l’écriture. Quand j’ai commencé cette série de petites BD (K-way rouge) je n’avais plus écrit d’histoire depuis presque 4 ans. À aucun moment je n’ai pensé faire éditer le « K-Way ».
Et puis avec le temps, la question s’est posée. Un éditeur a montré son intérêt. Mais la difficulté est de faire passer quelque chose de très improvisé à un livre.
J’avais aussi créé une complicité avec mes amis sur Facebook. Cette complicité n’existera plus avec de futurs lecteurs d’un livre.
Facebook était un peu pour moi comme une parution hebdomadaire dans un journal. Les lecteurs avaient le temps de s’habituer aux personnages, finissaient par le connaître… un peu comme quand je lisais le journal de Spirou quand j’étais gamin.
Je laisse reposer le projet pour le moment.
Quant à ta question sur comment j’envisage la bande dessinée par rapport à l’album jeunesse, j’ai fait 3 albums de BD chez Dupuis. Mon erreur à l’époque a été de vouloir à tout prix faire « BD » dans le sens classique de la BD franco-belge. Maintenant je préférerais travailler comme je travaille mes albums jeunesse, graphiquement surtout.
C’est à dire, utiliser mon travail à l’aquarelle que je fais pour mes illus et transposer cet univers en BD.
Il y a aussi d’autres contraintes techniques (les cases, les bulles, pas de texte descriptif),
le temps de lecture sur chaque image est très court, ça oblige à plus de rigueur.
Le tout sera pour moi de garder le même plaisir de dessin.
Enfin, pour te répondre à la troisième partie de ta question, je crois que même si je fais de la BD jeunesse, ce sera pour un public un peu plus âgé que pour mes albums. Donc d’autres thèmes ou formes d’humour pourront être utilisés.
Au départ de ma BD « K-way » il y avait des souvenirs d’enfance. D’un enfant d’à peu près dix ans. Je peux créer des connivences, des clins d’œil… avec un lecteur de cet âge-là.
Dans mon projet, en plus du petit garçon au k-way, il y a aussi une fille. Est-ce son amoureuse, une amie, une sœur… ?  J’aime bien jouer sur ces rapports fille-garçon.
Le garçon est un petit peu macho quand même. Mais très naïf aussi.
Je peux raconter ça sur la longueur, par petites touches. Faire évoluer les personnages. Ce qui est plus compliqué sur le format album illustré.

Bibliographie sélective de Benjamin Chaud

  • Le pire anniversaire de ma vie, auteur et illustrateur, Hélium (sortira en août 2016).
  • L’art à table, auteur et illustrateur, Hélium (2016).
  • La vérité sur mes incroyables vacances, illustration d’un texte de Davide Cali, Hélium (2016).
  • Le génie de la bouteille, illustration d’un texte d’Eva Susso, Albin Michel Jeunesse (2016).
  • Pomelo et l’incroyable trésor, illustration d’un texte de Romana Badescu, Albin Michel Jeunesse (2015).
  • Je suis en retard à l’école parce que…, illustration d’un texte de Davide Cali, Hélium (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • La fée Coquillette et la maison du bonheur, illustration d’un texte de Didier Lévy, Albin Michel Jeunesse (2014).
  • Poupoupidours, texte et illustrations, Hélium (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Je n’ai pas fait mes devoirs parce que…, illustration d’un texte de Davide Cali, Hélium (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le petit Roro : Mon tout premier dico, illustration d’un texte de Corinne Dreyfuss, Actes Sud Junior (2012).
  • Coquillages et petit ours, texte et illustrations, Hélium (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Une chanson d’ours, texte et illustrations, Hélium (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Pomelo et les contraires, illustration d’un texte de Romana Badescu, Albin Michel Jeunesse (2011).
  • Pomelo grandit, illustration d’un texte de Romana Badescu, Albin Michel Jeunesse (2010).
  • Adieu chaussette, texte et illustrations, Actes Sud Junior (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Le gros camion qui pue de mon papa, illustration d’un texte de Romana Badescu, Albin Michel Jeunesse (2006).
  • Pomelo est bien sous son pissenlit, illustration d’un texte de Romana Badescu, Albin Michel Jeunesse (2002).

Retrouvez Benjamin Chaud sur le site de La charte.

Bibliographie sélective de Jean-Luc Englebert :

Retrouvez Jean-Luc Englebert sur son site : http://englebert.ultra-book.com.

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Les invité.e.s du mercredi : Jean-Luc Englebert et Matthieu Maudet, Olivier Tallec, Isabelle Bonameau, Stéphane Nicolet et… Jean-Luc Englebert (+ concours)

Par 3 février 2016 Les invités du mercredi

Pour le premier invité du mercredi après notre reprise, je ne voulais pas n’importe qui ! C’était important d’avoir quelqu’un dont on aime beaucoup le travail : j’ai tout de suite pensé à Jean-Luc Englebert (qu’on n’avait jamais interviewé !), et il a immédiatement accepté. Je suis donc ravi que notre premier interviewé de l’année soit ce grand auteur-illustrateur. À la suite de cette interview, vous pourrez tenter de gagner Un ours à l’école, son dernier album. Ensuite, et avant de retrouver les prochains mercredis nos rubriques habituelles (En vacances avec…, Le coup de cœur et le coup de gueule de…, Parlez-moi de… et un petit nouveau), je vous propose de lire le Dis, tu peux lui demander… ? qui n’avait pas été diffusé cet été pour cause d’arrêt du blog. Matthieu Maudet, Olivier Tallec, Isabelle Bonameau, Stéphane Nicolet et… Jean-Luc Englebert (encore lui !) avaient répondu à la question de Tristan, 6 ans, « Comment l’illustrateur sait qu’il a terminé ses illustrations ? ». Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Jean-Luc Englebert

Jean-Luc Englebert

Comment êtes-vous devenu auteur-illustrateur ?
Un peu par hasard. Je suis venu à Bruxelles pour suivre le cours de bande dessinée à Saint-Luc (une école d’art comme les beaux-arts). C’était la seule école qui proposait ce cours. Nous sommes en 1986. Mais beaucoup de cours théoriques (philo…) ou de dessin se faisaient avec la section Illustration. C’est là que j’ai vraiment découvert l’univers du livre jeunesse (Ungerer, Sendak…). En sortant de mes études, les possibilités de publier de la BD étaient difficiles (une première crise de la BD a vu la disparition de beaucoup de magazines BD comme À Suivre, Tintin, Pilote…). Je me suis assez naturellement tourné vers le livre jeunesse. Pastel venait d’être créée à Bruxelles (1988) et avec un ami, Jean-Luc Cornette, nous leur avons proposé un projet. Christiane Germain, éditrice à l’époque l’a… refusé. Mais je suis revenu avec un projet seul. Refusé lui aussi. Mais l’envie était là. J’ai surtout retravaillé mon dessin, trop typé BD. Pendant environ deux ans, je revenais chez Pastel… Christiane a été patiente et surtout de bon conseil. Puis un jour, elle a accepté une de mes histoires : Ourson a disparu. Il est sorti en 94…

jean-Luc EnglebertQue reste-t-il de votre formation BD dans votre travail d’aujourd’hui ?
Beaucoup de choses. J’ai refait de la BD. Une série qui s’appelait Gusgus sur un scénario de Christian Durieux est parue chez Dupuis. J’ai quand même dû réapprendre les codes de la BD. Être plus rigoureux dans mon dessin. La lecture des cases est différente, plus rapide. J’aime raconter une histoire uniquement par l’image. Je me dis que si on comprend ce que je dis par le dessin, alors c’est gagné aux 3/4. Je me souviens que gamin j’ai mis du temps à lire les Tintin, je veux dire les bulles, les dialogues. Par contre je les connaissais par cœur grâce aux images. C’était la force d’Hergé : son découpage de la narration et le dessin qui va à l’essentiel. C’est ce que j’essaie de faire, y compris dans mes albums jeunesse. Ma mini-série Mon petit crocodile et Petit roi crocodile ont été créés comme ça : une suite d’images sans texte dans un premier temps, puis j’y ai rajouté les dialogues.
Ce qu’il me reste aussi, c’est cette envie de raconter de petites histoires en suite d’images. C’est souvent de cette façon que je démarre un projet dans mes carnets.

jean-Luc EnglebertQuelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Encre de Chine pour le trait et aquarelles. Parfois peinture acrylique (Mon petit crocodile ou Une histoire et un câlin).

Vous alternez les histoires dont vous êtes l’auteur-illustrateur et l’illustration des histoires des autres, est-ce un travail totalement différent ? Est-ce que l’auteur que vous êtes n’est pas tenté d’intervenir dans les histoires des autres ?
Ce sont souvent des rencontres. Le travail est différent au départ, quand je fais les premières esquisses, le découpage. Il faut qu’à un moment j’aie cette impression que c’est moi qui ai écrit l’histoire. Quand je travaille avec un auteur, je sais qu’il a des attentes, des envies, voire des images en tête sur son projet. Le jeu pour moi est de trouver ce qu’il attend tout en proposant ma vision personnelle. jean-Luc EnglebertJ’aime quand il y a des aller-retour entre moi et l’auteur, je fais des propositions de dessins qui, parfois, induisent un changement dans son texte. Mais aussi de son côté il peut m’aiguiller vers des choses auxquelles je ne pense pas. Mais j’interviens peu sur le texte en lui-même. Je suis un illustrateur qui s’est mis à écrire parce qu’au départ il ne connaissait pas de scénaristes. Je ne me sens pas « auteur » dans le sens où je ne pourrai jamais faire un texte sans le support du dessin.

Comment naissent vos histoires ? Par exemple, comment est né Un ours à l’école ?
Certaines histoires naissent à partir de mon quotidien. Par exemple Le cauchemar de poche (épuisé malheureusement) vient d’une histoire vécue avec ma fille aînée. Pour Un ours à l’école il y a eu un dessin au lavis d’encre de chine, sur une feuille de papier, puis je lui dessine un bonnet… tiens c’est marrant, je fais quoi avec ça ? Donne-moi une histoireEn fouillant dans mes carnets à dessins (j’en ai souvent 4 ou 5 que je remplis en même temps), j’y retrouve d’autres images d’ours : seul assis dans une forêt par exemple Et j’ai démarré l’histoire, sans texte, une suite de dessins. J’avais aussi envie de représenter beaucoup d’enfants en même temps dans une histoire, une classe.

Les livres ont une grande importance dans vos histoires, ils en ont une aussi importante dans la vie ?
Oui. Même si je ne suis pas un grand ou gros lecteur, à une époque dans mon enfance c’était omniprésent. Des BD surtout. J’aime être entouré de livres, j’aime les librairies mais encore plus les brocantes pour y dénicher des vieux livres pour enfants. Pour moi, comme pour beaucoup, c’était un moyen de plonger dans d’autres univers, vivre des aventures.

La plupart de vos albums sont édités par Pastel, la relation avec votre éditrice c’est quelque chose d’important pour vous ?
J’ai fait peu de livres chez d’autres éditeurs, souvent des commandes d’ailleurs. Oui chez Pastel, je me sens « chez moi ». Il y a une vraie relation de confiance, voire d’amitié. Que ce soit maintenant avec Odile Josselin ou au départ avec Christiane Germain, je me suis toujours senti porté. Accompagné dans mes projets. Je pense que c’est assez rare dans l’édition. C’est bien de trouver la bonne personne avec qui faire des livres.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Jean-Luc EnglebertLa BD. Beaucoup, L’école de Spirou, Tintin, les Schtroumpfs, Gaston Lagaffe, Spirou et Fantasio. Ado, je lisais les livres à lire pour l’école… sans plus. Puis il y eut Chaland, Tardi, Mattotti, le magazine À Suivre… Les romans, c’est venu plus tard, quand je suis venu à Bruxelles.

Quels sont vos projets ?
J’ai un projet de livre chez Pastel, écrit par Catherine Grive. Il sortira dans la collection Off de Pastel. Je viens de terminer les illustrations pour un roman Mouche à l’école des loisirs écrit par Christian Oster. Il sortira au mois de mai, je pense. Thierry Lenain m’a proposé d’illustrer un de ses textes dans une collection qu’il va diriger chez Oskar éditions. Plus d’autres projets…

Une dernière question, si quelqu’un qui ne vous connaît pas lit cette interview et veut vous découvrir avec un seul de vos albums, lequel lui conseilleriez-vous ?
Un ours à l’école. C’est mon dernier.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Jean-Luc Englebert sur son site : http://englebert.ultra-book.com.

Concours :
Grâce aux éditions l’école des loisirs je vais pouvoir offrir à l’un.e de vous un exemplaire du très bel album de Jean-Luc Englebert, Un ours à l’école. Pour participer, dites nous, en commentaire à cet article, quel est le plus beau livre que vous avez lu pendant notre absence (depuis août). Nous tirerons au sort parmi toutes vos réponses, vous avez jusqu’à mardi 20 h ! Bonne chance à tou.te.s !


Dis, tu peux lui demander… ?

L’été dernier, vous avez pu lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur.e.s, illustrateurs.trices, éditeurs.trices… Il en restait une qui n’avait pas été diffusée… c’est une question de Tristan, 6 ans : « Comment l’illustrateur sait qu’il a terminé ses illustrations ? ». Les illustrateurs.trices Matthieu Maudet, Olivier Tallec, Isabelle Bonameau, Stéphane Nicolet et… Jean-Luc Englebert ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps que lui, leurs réponses.

« Comment l’illustrateur sait qu’il a terminé ses illustrations ? » (Tristan, 6 ans)

Matthieu Maudet:
Bonjour Tristan,
C’est très simple, c’est quand il entend : « À table ! »
Malheureusement, non, ça serait trop simple…
En fait, tant que les illustrations ne sont pas envoyées chez l’imprimeur, il est encore temps de recommencer (ça m’est déjà arrivé).
Mais la meilleure solution, c’est quand même de bien faire ses essais avant, pour savoir ce que l’on cherche à obtenir comme résultat.
Pour le reste, il faut essayer de trouver un équilibre entre le texte, les personnages, les décors…
Et ne pas en mettre partout juste pour remplir la page.

Nous Quand On Sera GrandsMatthieu Maudet est auteur et illustrateur. Il a sorti l’année dernière Nous, quand on sera grand avec Jean Leroy à l’école des loisirs et il sortira bientôt Bonjour pompier avec Michaël Escoffier, toujours à l’école des loisirs. Vous pouvez le retrouver ici dans une interview que nous avions réalisée de lui et sur son site : http://matthieumaudet.blogspot.fr.

Olivier Tallec
Par une sorte de miracle qui fait qu’à un moment, cela devient une évidence.
Il n’y a pas de règle, il y a juste un moment où tout semble s’équilibrer et bien fonctionner. C’est du ressenti et cela n’obéit à aucune règle.
Comme lorsque tu parles pour expliquer quelque chose, il y a un moment où tu t’arrêtes de parler parce que tu crois que ton interlocuteur a compris. C’est un peu pareil avec un dessin.
Parfois cela m’arrive de penser que c’est fini et de me rendre compte le lendemain que non, ce n’était pas fini.
Ou de revenir dessus le lendemain, et parfois de tout rater parce que je n’aurais pas dû retravailler le dessin.
C’est un peu mystérieux tout ça…

Les quiquoi et l'étrange sorcière tombée du cielOlivier Tallec est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Les quiquoi et l’étrange sorcière tombée du ciel avec Laurent Rivelaygue chez Actes Sud Junior. Vous pouvez le retrouver ici dans une interview que nous avions réalisée de lui et sur son site : http://www.oliviertallec.fr.

Isabelle Bonameau
Bonjour Tristan,
Ta question est curieuse… Je ne la comprends pas bien mais je vais tenter d’y répondre.
Il me semble évident que je sais quand j’ai terminé mes illustrations tout simplement quand elles sont finies… C’est-à-dire que quand j’illustre un livre, je commence par la première page et j’avance progressivement vers la dernière page. Une fois que la dernière page est faite, je sais que mes illustrations sont terminées. Mais parfois, il m’arrive de décider de refaire une illustration au regard de tout l’ensemble du livre fini car cela me parait mieux. Je pense aux couvertures de livres par exemple. On peut avoir une meilleure idée de la couverture idéale une fois toutes les illustrations réalisées.

9782211225991FSIsabelle Bonameau est auteure et illustratrice. Elle a sorti de nouvelles aventures de ses héros Maud et Pierre, Maud et Pierre à toute vitesse !, l’année dernière à l’école des loisirs dans la collection Mouche.
Vous pouvez la retrouver sur sa page facebook.

Stéphane Nicolet
Quand il est content de lui, Tristan, et qu’il trouve que son image est jolie et pleine de sens. Parfois, le lendemain, tu regardes ton image et finalement tu la trouves complètement ratée, à refaire. Parfois aussi, c’est l’éditeur qui trouve que ce n’est pas terminé, parce que ce n’est pas les couleurs qu’il avait imaginées, alors tu dois tout recommencer en râlant (et même en disant des gros mots, j’avoue).

Recherche super princesseStéphane Nicolet est illustrateur. Il vient de sortir chez Nathan, Recherche super princesse, un album d’Orianne Lallemand qu’il a illustré.
Vous pouvez le retrouver sur son site : https://www.behance.net/stephanenicolet.

Jean-Luc Englebert
Je ne le sais pas vraiment toujours. J’ai juste le sentiment que je ne pourrais rien ajouter d’autre alors je mets le dessin de côté pendant un jour ou deux. Ensuite je le regarde à nouveau et là je vois s’il est fini ou pas.
Je sens qu’un dessin est fini quand j’ai le sentiment que j’ai pu mettre sur le papier tout ce que j’avais en tête, que le lecteur pourra bien comprendre ce que j’ai voulu représenter.

Un ours à l'écoleJean-Luc Englebert est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Un ours à l’école (Pastel) dont il a fait le texte et les illustrations et Ulysse 15 de Christine Avel (l’école des loisirs) qu’il a illustré.
Vous pouvez en savoir plus sur son site : http://englebert.ultra-book.com/portfolio… et plus haut !

 

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Par 5 août 2015 Les invités du mercredi

Cet été, comme l’été dernier, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur-e-s, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Aujourd’hui, c’est une question de Rose, 8 ans et demi : « Est-ce qu’il arrive qu’on vous demande de dessiner une histoire et que le texte vous donne pas envie, ou que vous n’y arriviez pas, pas d’inspiration ? ». Les illustrateur-trice-s Mathieu Maudet, Jean-Luc Englebert, Isabelle Bonameau, Olivier Tallec et Stéphane Nicolet ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps qu’elle leurs réponses. Chacune des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. CetteNotre cabane question permet donc à Rose d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions Kilowatt, Notre cabane un roman écrit par Amélie Billon et illustré par Solenn Larnicol qui sortira le 24 août. Ce roman, qui raconte le projet de construction d’une cabane qui s’annonce plus compliqué que prévu, inaugure une toute nouvelle collection chez Kilowatt, Les kapoches (des romans à lire dès 7-8 ans).


« Est-ce qu’il arrive qu’on vous demande de dessiner une histoire et que le texte vous donne pas envie, ou que vous n’y arriviez pas, pas d’inspiration ? » (Rose 8 ans et demi)

Matthieu Maudet :
Bonjour Rose,
Quand un auteur ou un éditeur m’envoie un texte, je me demande d’abord si j’aime l’histoire, la façon dont elle est racontée et en général j’ai des images qui me passent en tête. Si je n’imagine rien, c’est signe que l’histoire ne m’embarque pas, donc que je ne l’illustrerai pas.
Il m’arrive aussi d’aimer une histoire, de la retravailler avec l’auteur et puis au moment de dessiner, je ne sais plus comment faire.
Alors je fais des essais, des tas d’essais et parfois je ne trouve pas le bon dessin, la bonne technique. Je trouve que mes dessins ne seront pas les bons pour cette histoire, qu’il y a sans doute quelqu’un d’autre qui le fera mieux que moi. Ça arrive… mais heureusement pas trop souvent !
Je vais te donner un exemple, un de mes livres Le panier est une histoire de sorcière.
Quand j’ai lu la première phrase de ce texte écrit par Jean Leroy, je ne voulais pas du tout dessiner une sorcière. En lisant la suite, j’ai commencé à accrocher à l’histoire et en même temps j’imaginais une sorcière de profil et en ombre chinoise. J’avais trouvé le « truc » pour cette histoire.

l'animauxMatthieu Maudet est auteur et illustrateur. Il a sorti au mois d’avril L’animaux avec Michaël Escoffier chez Frimousse et il sortira à la rentrée Nous quand on sera grand avec Jean Leroy à l’école des loisirs. Vous pouvez le retrouver ici dans une interview que nous avions réalisée de lui et sur son site : http://matthieumaudet.blogspot.fr.

Jean-Luc Englebert :
Ça m’arrive oui. J’ai déjà refusé des textes, soit parce qu’ils ne me convenaient pas, soit qu’ils n’étaient pas bons.
Il m’est arrivé aussi de ne pas trouver d’inspiration pour une histoire, c’était pour Les poupées c’est pour les filles. Puis un an plus tard, Ludovic Flamant m’a demandé de le relire et j’ai tout de suite vu quel genre d’illustration je pouvais mettre sur son texte.

Donne-moi une histoireJean-Luc Englebert est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Donne-moi une histoire (Pastel) dont il a fait le texte et les illustrations et Ulysse 15 de Christine Avel (l’école des loisirs) qu’il a illustré. À la rentrée, on découvrira Un ours à l’école (Pastel).
Son site : http://englebert.ultra-book.com/portfolio.

Isabelle Bonameau :
Bonjour Rose,
Oui, cela arrive. Cela m’est arrivé une fois. J’ai tout de suite prévenu la personne qui m’avait demandé d’illustrer le texte pour lui dire que je ne pourrais pas le faire.
Il est vrai que j’illustre très peu de textes d’autres auteurs. La plupart du temps, j’illustre mes propres histoires.
Mais parfois, il arrive que je me dise que je n’arriverais jamais à illustrer une de mes histoires, que c’est trop difficile. Dans ce cas (et aussi en cas de manque d’inspiration), je vais chercher des livres à la bibliothèque sur le sujet pour m’en inspirer.

Le grand-père de Maud et PierreIsabelle Bonameau est auteure et illustratrice. Elle a sorti une nouvelle aventure de Maud et Pierre, Le grand-père de Maud et Pierre, l’année dernière à l’école des loisirs et l’on retrouvera ces deux héros à la rentrée avec Maud et Pierre à toute vitesse !, toujours à l’école des loisirs.
Vous pouvez la retrouver sur sa page facebook.

Olivier Tallec :
Non cela n’arrive pas vraiment, car j’ai la chance de pouvoir choisir les textes que j’illustre.
Donc à la première lecture j’ai déjà des images qui me viennent en tête. Et si ce n’est pas le cas, je le mets de côté quelque temps. Je vais feuilleter d’autres livres, je vais marcher…
Mais si vraiment je ne suis pas inspiré c’est mauvais signe…

 Les Quiquoi et l'étrange maison qui n'en finit pas de grandirOlivier Tallec est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Les Quiquoi et l’étrange maison qui n’en finit pas de grandir avec Laurent Rivelaygue chez Actes Sud Junior et il sortira à la rentrée Blob, l’animal le plus laid du monde avec Joy Sorman, toujours chez Actes Sud Junior.
Vous pouvez le retrouver ici dans une interview que nous avions réalisée de lui et sur son site : http://www.oliviertallec.fr.

Stéphane Nicolet:
Oui ça peut arriver Rose ! Un texte que tu n’aimes vraiment pas ne te donne pas assez d’énergie pour fabriquer des images. Tu te dis que de toute façon ça ne fera pas un bon livre, que c’est une perte de temps : imagine une glace au camembert, même si tu ajoutes beaucoup de chantilly, ça reste une glace au camembert :-).

Inspecteur LondubecStéphane Nicolet est illustrateur. Il a sorti il y a peu une BD ayant pour héros l’Inspecteur Londubec, La cigogne marche sur des œufs (que nous avons chroniqué ici) avec Emmanuel Tredez aux éditions du Long Bec. Il sortira à la rentrée Recherche super princesse avec Orianne Lallemand chez Nathan.

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Par 29 juillet 2015 Les invités du mercredi

Cet été, comme l’été dernier, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur-e-s, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Aujourd’hui, c’est une question de Madeleine, 7 ans : « Comment font les auteurs pour ne jamais faire de fautes d’orthographe ? Est-ce qu’ils faisaient zéro faute dans leurs dictées quand ils étaient à l’école ? ». Les auteur-e-s Clémentine Beauvais, Bertrand Santini, Charlotte Moundlic, Jean-Luc EnglebertAnnelise HeurtierCathy Ytak et Mymi Doinet ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, Mon chien qui pueen même temps qu’elle leurs réponses. Chacune des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question permet donc à Madeleine d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions du Seuil Jeunesse, Mon chien qui pue de Christine Roussey, un album aussi drôle que beau (et sans faute), que nous avions chroniqué ici.


« Comment font les auteurs pour ne jamais faire de fautes d’orthographe ? Est-ce qu’ils faisaient zéro faute dans leurs dictées quand ils étaient à l’école ? » (Madeleine 7 ans)

Clémentine Beauvais :
Ça dépend des auteurs! Moi j’adorais les dictées, d’autres les détestaient. En fait, ça n’a que peu d’importance, car les histoires que l’on écrit sont relues par des éditeurs ou des éditrices qui sont champion-nes en orthographe. Donc les fautes sont corrigées. Parfois on en oublie, et elles se retrouvent dans le livre fini. Argh!!! ça s’appelle des ‘coquilles’. Rien à voir avec les escargots…

Les petites reinesClémentine Beauvais écrit des romans (le dernier : Les petites reines, sorti chez Sarbacane) et des albums (le dernier : Lettres de mon hélicoptêtre, chez Sarbacane également). À la rentrée, on découvrira Les bébés ça pue chez Hachette.
Retrouver ici l’interview que nous avions réalisée d’elle.
Le site de Clémentine Beauvais : http://www.clementinebeauvais.com.

Bertrand Santini :
Non, les auteurs ne font jamais zéro faute et on peut avoir une belle imagination même si on est nul en orthographe… Néanmoins, l’orthographe n’est pas une invention uniquement destinée à faire enrager les enfants. Sans le savoir, apprendre l’orthographe vous apprend à penser. Plus vous maitrisez l’orthographe, mieux vous savez utiliser votre esprit. Ça vaut le coup de faire des efforts, non ? Et puis rassurez-vous ! Vous avez toute la vie pour faire des progrès.
Et pour répondre plus précisément à la question de Madeleine, le texte que l’auteur remet à l’éditeur est relu plusieurs fois par des super héros que l’on appelle “les correcteurs” et qui arrivent avec leurs yeux bionics à détecter toutes les fautes d’orthographe, mais également les erreurs de grammaire ou les lourdeurs de style.

Le journal de GurtyBertrand Santini est auteur et illustrateur de romans et d’albums. Son dernier roman, Le journal de Gurty, vacances en Provence, est sorti il y a peu chez Sarbacane. Avant cela, il a sorti, entre autres, Le Yark et Jonas le requin mécanique chez Grasset Jeunesse.
Retrouver ici l’interview que nous avons réalisée de lui.

Charlotte Moundlic :
Chère Madeleine,
pour pouvoir te répondre je dois te livrer un secret de fabrication…
afin de ne pas faire de fautes d’orthographe, l’auteur a une potion magique à deux ingrédients.
– Le premier d’entre eux, est un livre très précieux qu’on appelle un dictionnaire (!)
Il permet de vérifier les mots sur lesquels l’auteur a un doute.
– L’ingrédient suivant est absolument indispensable il s’agit du correcteur (ou une correctrice).
C’est une sorte d’humain surdoué qui connait toutes les règles de grammaire et autres pièges de notre chère langue française.
Ce dernier a un œil de lynx et son métier est de traquer, de vérifier et de corriger toutes les erreurs qui se cachent dans les textes.
C’est une personne impitoyable pour les fautes et très précieuse pour un auteur.
C’est ainsi que des gens qui ont fait des tas de fautes dans leurs dictées lorsqu’ils étaient enfants ont la possibilité d’écrire des histoires sans avoir de mauvaises notes.

Je suis le fruit de leur amourCharlotte Moundlic est auteure. Elle alterne les albums et les romans. Son dernier roman, Je suis le fruit de leur amour, est sorti chez Thierry Magnier, son dernier album, Le papa de Simon (d’après une histoire de Maupassant, illustré par François Roca), chez Milan.
Retrouvez l’interview que nous avons réalisée d’elle ici.

Jean-Luc Englebert :

Je fais encore des fautes d’orthographe quand j’écris la première version d’un texte, ensuite je corrige. Mon texte est ensuite à nouveau corrigé par mon éditeur.
Je faisais des fautes pendant les dictées mais en général je n’étais pas trop mauvais en orthographe. Juste dans la moyenne.

Donne-moi une histoireJean-Luc Englebert est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Donne-moi une histoire (Pastel) dont il a fait le texte et les illustrations et Ulysse 15 de Christine Avel (l’école des loisirs) qu’il a illustré. À la rentrée, on découvrira Un ours à l’école (Pastel).
Son site : http://englebert.ultra-book.com/portfolio.

Annelise Heurtier :
En fait, tous les auteurs ne sont pas forcément des champions de l’orthographe. Bien sûr, certains sont très forts – à l’école, ils ne devaient pas faire de faute en dictée, comme tu le dis – mais d’autres sont « moyens », et certains sont peut-être même archi-nuls !
Heureusement, être mauvais en orthographe n’empêche pas d’écrire des livres et il existe tout un tas de techniques pour éliminer ces vilaines fautes… La plus efficace reste l’examen du texte par le correcteur/correctrice. Cet employé de la maison d’édition est une sorte de super-champion de l’orthographe. Son travail consiste à débusquer la moindre petite faute dans chaque manuscrit. Fautes d’orthographe, de grammaire, typographiques (qui concernent les majuscules et la ponctuation), de syntaxe (construction de la phrase), manque de clarté et de cohérence : rien ne lui échappe ! Enfin, le plus souvent 🙂

RefugesAnnelise Heurtier est auteure de romans et d’albums. Son dernier roman Refuges est sorti chez Casterman. Son dernier album, Combien de terre faut-il à un homme, chez Thierry Magnier.
Retrouver ici une interview que nous avions réalisée d’elle.
Le site d’Annelise Heurtier : http://histoiresdelison.blogspot.fr.

Cathy Ytak :
Aïe aïe aïe… De mon côté, lorsque j’étais à l’école primaire, je collectionnais les fautes d’orthographe et les zéros en dictée. Et, au collège, je ne comprenais rien au cours de grammaire. Cela ne m’a jamais empêché d’écrire ! Mais, une fois adulte, lorsque j’ai voulu faire de l’écriture un métier, j’ai repris des cours d’orthographe et de grammaire, pour m’améliorer. Aujourd’hui, cela va nettement mieux.
Il existe aussi des logiciels de corrections orthographiques, dans les ordinateurs, qui permettent de corriger certaines fautes. Mais ça ne suffit pas ! Lorsque l’on donne un manuscrit à un éditeur, lui-même va le confier à une personne que l’on appelle un « correcteur », ou une « correctrice ». Eux (ou elles) sont des spécialistes de l’orthographe et de la grammaire. Rien ne leur échappe ! Et ils sont irremplaçables. Tous les manuscrits des écrivains passent entre leurs mains (parfois deux fois de suite), pour donner un texte dans lequel il n’y aura plus aucune faute, même toute petite.

La seule façon de te parlerCathy Ytak écrit non seulement des romans jeunesse mais aussi des livres de cuisine. Et quand elle n’écrit pas ses propres histoires, elle traduit celles des autres ! Son dernier roman vient tout juste de sortir chez Nathan et s’intitule La seule façon de parler.
Son site : http://www.cathy-ytak.net.

Mymi Doinet :
Gamine, je n’étais pas une flèche en maths, mais assez championne en dictées. À ce propos, je conseille souvent aux pioupious qui me posent cette question que le bon moyen de devenir imbattable en orthographe, c’est de bouquiner encore et encore. Comme notre cerveau est un peu plus performant que celui d’un gentil poisson rouge, à force de les lire, les mots finissent par s’imprimer dans la mémoire de notre fantastique disque dur !

La tour Eiffel à New York !Mymi Doinet est auteure. Elle a notamment écrit la série Les animaux de Lou et Les copains du CP (tous deux chez Nathan). Elle vient de sortir la suite de La tour Eiffel à des ailes, La tour Eiffel à New York, illustré par Mélanie Roubineau chez Nathan là encore.
Son site : http://mymidoinet.blogspot.fr.

 

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