La mare aux mots
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Jeanne Taboni Misérazzi

Vagues et profondeurs

Par 12 juillet 2014 Livres Jeunesse

A vos masques et tubas, nous plongeons !

bloub bloub bloubUn livre qui s’ouvre à la verticale (on met la tranche en haut et on soulève les pages), ce n’est pas banal ! Mais rien d’étonnant quand on plonge un peu plus dans l’histoire, qui se passe tout en hauteur… Un petit garçon flotte sur sa bouée, et profite du soleil et du bruit de l’eau. Bloub bloub bloub : de petites bulles apparaissent à la surface… C’est son papa qui lui fait une farce et le soulève à bout de bras. Puis viennent une tortue, un morse, une baleine et même une pieuvre ! Quelle aventure ! Attention à la chute ! Yuichi Kasano joue avec les mots et les sons, mais aussi l’image (avec ce format tout en hauteur) pour faire rire le lecteur et rendre vivante cette histoire toute simple mais efficace ! J’aime le trait des illustrations, douces et expressives ! Un album carré et plein d’humour à emporter en vacances !

eviEvi est une petite vague. C’est son premier été, la première fois qu’elle va rencontrer des enfants qui eux-mêmes n’ont encore jamais goûté au plaisir de la mer. Elle va rencontrer Eva, qui joue sur la plage. Malheureusement, comme toutes les vagues, elle ne peut pas rester longtemps et doit se retirer. Mais elle reviendra demain, et les jours suivants. Eva ramasse des coquillages, met la tête sous l’eau et construit des châteaux de sable. Et Evi, la vague de l’été, observe… Quelle belle histoire nous conte Jeanne Taboni Miserazzi ! Une sorte de récit initiatique autant pour Evi que pour Eva et un regard tendre porté sur l’été et ses bonheurs simples ! Les illustrations de Célia Dumont sont magnifiques et on sent vraiment le mouvement des vagues… De quoi s’imaginer très loin, au bord de l’eau !
Vous pouvez feuilleter quelques pages sur le site des éditions Les minots.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Jeanne Taboni Miserazzi (Le prof à la grosse tête, Pablito le semeur de mots et Le petit garçon qui aimait le rose).

Bloub bloub bloub
de Yuichi Kasano
L’école des loisirs
8,70 €, 180 x 170 mm, 24 pages, imprimé en France, 2014
Evi, la vague de l’été
Texte de Jeanne Taboni Misérazzi, illustré par Célia Dumont
Éditions Les Minots
13,50 €, 240 x 195 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014

A part ça ?

Les pontes de l’origami réunis dans une exposition, ça donne Surface to Structure, et c’est impressionnant !

Marianne

 

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Ils sont bizarres eux…

Par 25 novembre 2012 Livres Jeunesse

Parfois les personnages des albums jeunesse sont étranges, différents, bizarres…

La famille Noctambule n’a pas toujours vécu la nuit… mais un déménagement les a fait changer de fuseau horaire et depuis ils n’ont jamais pu se caler. Ils n’arrivaient pas à dormir la nuit et leurs journées à l’école ou au travail devenaient impossibles… ils ont donc décidé de vivre la nuit et de dormir le jour.

L’album est superbe pour ceux qui, comme moi, aiment les univers un peu lugubres à La famille Addams ou Lénore de Roman Dirge (si vous ne connaissez pas, foncez !). Les illustrations sont très très belles, elles constituent vraiment une ambiance… mais j’ai été un poil déçu par l’histoire qui, d’après moi, fait plus « introduction » que livre en lui-même. On a envie de plus ! Dans cet album on va juste savoir comment la famille Noctambule s’est mise à vivre la nuit, comme si on nous présentait juste les personnages… mais on a envie de connaître leurs aventures ! J’espère qu’il y aura des suites car je sens que je peux vite devenir accro à La famille Noctambule
Une petite vidéo vous permet de découvrir l’album :

Monsieur Cabouchon était un professeur de technologie tout ce qu’il y a de plus classique (bien qu’un peu timide). Il adorait fabriquer des objets, toutes sortes d’objets. Un matin, suite à une nuit de migraine, il se réveilla avec une énorme tête. Autant dire que dans la rue difficile de ne pas se faire remarquer, et face aux élèves pas évident d’assumer cette difformité… En plus cette tête lui causait beaucoup de soucis (essayez de vous baigner avec une tête qui fait le quart de la piscine ou de conduire avec une tête qui ne rentre pas dans la voiture !). Et si son ingéniosité lui permettait de mieux vivre… et de se faire accepter…

On se croirait dans un dessin animé, c’est tout de suite ce que j’ai pensé en découvrant cet album de Jeanne Taboni Miserazzi illustré par Lucile Limont. L’histoire est plutôt originale et on pourra y voir plusieurs choses (nous parle-t-on du handicap ? de la différence ?). L’album aborde en tout cas le fait d’accepter les autres (même si ici, comme dans 99% des histoires sur la différence, le personnage ne sera accepté qu’en faisant un acte utile aux autres et pas pour lui-même) et la timidité. Un album plutôt sympathique en tout cas.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Jeanne Taboni Miserazzi : Pablito, le semeur de mots et Le petit garçon qui aimait le rose.
Une de nos fiches thématiques traite de la différence.

La famille noctambule
de Karina Wolf, illustré par Les frères Hilts
Naïve
14€, 236×281 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie
Le prof à la grosse tête
de Jeanne Taboni Miserazzi, illustré par Lucile Limont
Les p’tits bérêts
13,50€, 187×263 mm, 35 pages, imprimé en France

A part ça ?

Connaissez-vous Debout Ludo ? Ce site propose des contes de fées interactifs, des jeux d’éveil numériques pour les enfants de maternelle. C’est gratuit et sans pub et c’est ici : http://www.deboutludo.com

Gabriel

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Des mots et des larmes

Par 3 avril 2012 Livres Jeunesse

Si vous et vos enfants trouvez que tout va trop vite et que la course du quotidien vous épuise, arrêtez vous et dégustez ces deux livres, qui sont de véritables odes à la douceur.

On commence avec Pablito, le semeur de mots, paru aux éditions Millefeuille.
Pablito est un jeune rêveur, reconnaissable à son grand chapeau fleuri. Lorsqu’il se balade, les oiseaux en profitent pour venir y picorer, et partout où il passe, on se demande comment il fait pour porter un si grand chapeau. Un jour, il monte en haut d’un mât de Cocagne, et de là-haut, il observe le paysage qui s’offre à lui, au-dessus duquel flottent des mots. Il s’empare d’un filet, les attrape,  les range dans sa besace, les mélange et forme avec des récits qu’il colporte. Il y fait piocher les enfants qu’il croise pour leur apporter le bonheur d’une histoire.
Tout est doux dans cet album : les mots délicatement choisis de Jeanne Tabon Miserazzi pour raconter ce joli conte, la mise en page (le texte et certaines illustrations sont bordés d’un cadre noir, qui les met en valeur avec justesse), et les magnifiques illustrations d’Amélie Callot. Je crois que c’est vraiment ce qui m’a séduite en premier. C’est très fleuri, riant, coloré et printanier, mais en même temps, jamais agressif. Certaines images sont même complètement reposantes. Je suis charmée !
En bonus, on retrouve la légende du mât de Cocagne et des explications sur le pays du même nom, et sur d’autres lieux légendaires dont on entend souvent parler.
Cet album est une petite douceur : un bonbon sucré, jamais écœurant mais réconfortant.

Les Larmes de Lisette est également plein de douceur et de délicatesse. Pas de précipitation ou d’événements rocambolesques dans cette belle histoire écrite et illustrée par Sandrine Kao. En grande sensible (pour ne pas dire que je pleure pour tout et rien), cet album m’a particulièrement touchée. Depuis petite, Lisette pleure sans cesse. On dit d’elle que c’est une fontaine, et je pense que certains enfants se reconnaîtront dans ce personnage qui a la larme facile pour les petits comme les grands soucis de la vie. Certains crient, d’autres boudent, eux pleurent, c’est un moyen comme un autre de vivre les émotions parfois fortes de l’existence. Pour en revenir à Lisette, elle est tout de même particulièrement triste.Plutôt que de se laisser envahir par ses larmes, elle décide de les récolter dans de petits bocaux de verre. A chaque fois, elle y ajoute une touche de couleur, un objet, une fleur, pour embellir son chagrin. Elle garde cette habitude, grandit, et les bocaux aussi…Je n’ai pas envie de tout vous révéler de cette délicate histoire. Je vous laisse le soin de découvrir la suite.
Sachez tout de même que les mots de Sandrine Kao se font à la fois discrets et forts, et que l’émotion et les larmes ne sont jamais très loin, même chez le lecteur…Les illustrations sont elles aussi très sensibles, mélangeant le collage et le crayon, pour arrondir les traits et les émotions de ces personnages pleins de chagrin. Là encore, on prend le temps, on écoute, on compatit, et on aimerait serrer cette Lisette pour la consoler.

Pablito, le semeur de mots, de Jeanne Taboni Misérazzi, illustré par Amélie Callot
Éditions Millefeuille, 14 €

Les Larmes de Lisette, de Sandrine Kao
Éditions 2 Vives Voix, 15 €

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A part ça ?

Hier, je suis allée voir Pirates, bons à rien, mauvais en tout, avec J., au cinéma. C’est le dernier film de l’équipe de Wallace et Gromit. De l’action, et beaucoup d’humour, le charme de la pâte à modeler opère toujours !

Marianne

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Des livres qui combattent le sexisme

Par 10 janvier 2012 Livres Jeunesse

Ils lui prédirent avec terreur
Quelle horreur
Qu’il allait être paraît-il
Pas viril
Dirent qu’il fallait mettre aussitôt
une auto
Dans les mains de ce petit mâle
Anormal
Xavier (Anne Sylvestre 1981)

Oui on s’intéresse aujourd’hui au sexisme, sujet qui me tient à cœur.

Philo fait du foot tous les samedis… sauf que Philo déteste le foot ! Il fait ça pour faire comme les copains, il en avait marre Philo d’être tout seul en récré, de ne pas faire comme les autres alors il a décidé d’aimer le foot… mais ça n’a pas pris !

Séverine Vidal, avec son humour qu’on lui connait, livre ici un mini-roman très drôle sur cette pseudo virilité qu’on doit avoir quand on est un garçon même s’il vaut mieux ne pas se tenir trop près de la solidarité virile, parfois constate Philo lors d’un après match dans les vestiaires. Et c’est en tombant amoureux de Lorette et grâce à sa nouvelle instit qu’il va découvrir un nouveau sport, plus fait pour lui : la danse. On parle ici de conditionnement (le père de Philo refuse que son fils fasse de la danse, les copains de la classe trouvent que ce n’est pas fait pour les garçons…), de sexisme et d’affirmation de soi. Et tout ça sans aucune lourdeur, toujours avec humour et finesse, la marque de fabrique de Séverine Vidal.

Fille garçon est un livre très particulier, le genre qui ne laisse pas indifférent. Ici des enfants parlent d’eux, de leurs goûts,… mais qui sont-ils ? fille ou garçon ? Et au fond est-ce important ?

Le texte est truffé de petites réflexions qui donnent à réfléchir Y’en a qui disent que c’est seulement les filles qui s’occupent des enfants, du ménage et des courses et les garçons, eux, ils sont des rois ou des chefs qui font la guerre. Moi je dis ça dépend… On réfléchit aussi si c’est être une fille que de ne pas aimer la wii ou les glaces bleues, ce qu’est un garçon manqué,… A la fin deux silhouettes identiques et le petit texte qui les accompagne est très semblable, seuls changent les mots « garçon » et « fille », le genre des adjectifs et la description des zizis. Car au fond fille au garçon qu’est ce que ça change ?

Les illustrations sont très particulières, le livre étonnera, fera se questionner, il est très original. Quand j’en ai parlé à l’éditeur il m’a répondu que « les petites maisons d’édition sont là aussi pour prendre des risques… » C’est sûrement en ça que j’aime les petites maisons d’édition.

Mais qu’est ce qu’il a Giga-boy ? Alors que c’est un super-héros (comme ses parents), le jour où il doit choisir sa tenue il choisit une combinaison multicolore ! C’est pas très viril ! Heureusement que ses parents sont là pour dire non ! Mais un jour Giga-Boy va quand même mettre une cravate rose… et, alors qu’il était adoré de tous, il devient la risée des enfants Et pourquoi pas en robe ?

C’est encore un très bel album contre le sexisme que propose ici Talents Hauts (maison d’édition spécialisée sur le sujet). L’histoire de ce super héros, rejeté pour son goût des couleurs et du rose est géniale et drôle. Comment l’habit conditionne la vision que les gens ont de vous. Mais s’il existait un autre monde où les gens sont normaux ? La plume de Gaël Aymon associée aux illustrations de Cécile Vangout font de Giga-Boy un livre vraiment réjouissant !

Un jour Luc reçoit une pochette de feutre. Alors qu’il essaye le rose il tombe amoureux de cette couleur. Il veut en mettre partout ! Sa mère lui fait la réflexion qu’il voit la vie en rose. Mais la rentrée arrive et il faut se choisir un cartable : il sera ROSE ! sauf qu’une fois à l’école les rires fusent et ses amis ne seront pas tendres avec lui.

Ici aussi c’est un très bel album contre le sexisme sorti chez Des ronds dans l’O (j’aurai l’occasion de vous reparler de cette très bonne maison d’édition prochainement). On est vraiment dans le même esprit que Giga-Boy (illustrations modernes, texte drôle,…) et les situations sont un peu les mêmes (mais les petits garçons se reconnaîtront peut-être plus en Luc, petit garçon « normal », qui leur ressemble.). Le rose du cartable de ce petit garçon qui devient la risée de ses amis, juste pour une couleur, est aussi, au delà des stéréotypes « sexuels », un symbole des différences, de l’anti « normalisation ». Tous les enfants rejetés un jour parce qu’ils ont eu quelque chose de différent, et donc de bizarre aux yeux des autres, se reconnaîtront en Luc. C’est également un album très réussi. Je suis heureux que ce genre de livre existe.

On peut remarquer que 3 de ces livres parlent de garçons qui ont quelque chose de féminin. Mais je ne connais pas vraiment de livres sur des petites filles qui ont quelque chose de masculin… Peut-être parce qu’elles subissent moins de moqueries… En tout cas le sujet m’intéresse, si vous connaissez des livres sur le sujet n’hésitez pas à me les signaler !

Plus de livres sur le thème du sexisme et de la différence fille/garçon sur le forum et sur le blog avec le tag sexisme.

Philo mène la danse de Séverine Vidal, illustré par Mayana Itoïz
Talents Hauts, 7€90
Public : Lecteurs débutants / Lecteurs confirmés

Fille Garçon de Lele Sa’n
L’initiale, 11€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Giga-Boy de Gaël Aymon, illustré par Cécile Vangout
Talents Hauts, 11€50
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Le petit garçon qui aimait le rose de Jeanne Taboni Misérazzi, illustré par Raphaëlle Laborde
Des ronds dans l’O, 12€50
Public A leur lire / Lecteurs débutants

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A part ça ?

Catimini nous a signalé sur le forum l’autre jour l’exposition d’Adéquation (l’association qui avait déjà publié la très bonne brochure recensant les livres anti sexisme). C’est au Petit Ney (10, avenue de la Porte Montmartre à Paris) du 3 au 24 janvier 2012. Son but est la promotion d’une éducation à l’égalité des filles et des garçons par l’approche genre et l’analyse des stéréotypes sexistes. Plus d’info ici.

Gabriel

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