La mare aux mots
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Jo Witek

Un petit frère, une petite chambre et plein d’émotions !

Par 3 juin 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on va voir ce qu’il se passe dans la tête bien remplie de deux petites filles : la première est un peu perturbée par l’arrivée du petit dernier, et la seconde nous embarque dans sa chambre où elle vit des aventures palpitantes !

Trop grande, trop petite
Texte de Pogillustré par Mélanie Fuentès
Les Minots
13,90 €, 216×220 mm, 28 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2016.
Ma petite chambre
Texte de Jo Witek, illustré par Christine Roussey
De la Martinière Jeunesse
14,95 €, 268×258 mm, 28 pages, imprimé en Chine, 2016.

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N’ayez pas peur !

Par 31 juillet 2015 Livres Jeunesse

Mes petites peursElle a peur des bêtes, des petites et des grosses. Elle a peur de la nuit, du noir, des monstres cachés sous le lit. Elle a peur de perdre sa mère au supermarché. Elle a peur de tout un tas de choses, mais elle sait aussi très bien se rassurer.
Quelle joie de retrouver le duo de Le ventre de maman, Les bras de papa et Ma boîte à petits bonheurs. Cette fois-ci, c’est donc des petites (et grosses) peurs dont parlent Jo Witek et Christine Roussey. L’héroïne de l’histoire raconte ce qui l’effraye et comment elle se rassure. Comme toujours, Jo Witek signe un texte très poétique (et très littéraire) et Christine Roussey des dessins drôles et délicats.
Un beau livre cartonné avec des découpes, pour apprivoiser la peur.
Le même vu par Sous le feuillage.

Au Secours ! un dragon scrogneugneuUn dragon terrorise la région mais un petit garçon a décidé d’aller le combattre. Mais pour ça, il a besoin de l’aide du lecteur ou de la lectrice. Il faudra aider notre héros à trouver son pistolet anti-dragon, à traverser une rivière ou encore à occuper le dragon. Vous êtes prêts ? N’ayez pas peur, c’est parti !
J’aime décidément beaucoup cette collection signée Orianne Lallemand. Après le loup, l’ogre, la sorcière, le fantôme et le monstre, c’est donc au dragon qu’on s’attaque. On ouvre des flaps, on tourne des roues, on regarde par des fenêtres et l’on joue à se faire peur.
C’est drôle, interactif, bien écrit, bref, j’aime beaucoup.
Le même vu par Chez Clarabel.


Mes petites peurs
Texte de Jo Witek, illustré par Christine Roussey
De La Martinière Jeunesse
14,95 €, 250×260 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2015.
Au secours ! Un dragon scrogneugneu
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Caroline Hüe
Nathan dans la collection Au secours !
14,90 €, 190×290 mm, 16 pages, imprimé en Malaisie, 2015.


Gabriel

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Les invité-e-s du mercredi : Bernard Villiot, Jo Witek et François Martin (+concours)

Par 4 mars 2015 Les invités du mercredi

C’est mercredi ! Aujourd’hui, je vous propose d’en savoir plus sur un auteur dont nous chroniquons régulièrement les albums, Bernard Villliot. Suite à cette interview, vous pourrez tenter de gagner son dernier album Les cygnes sauvages. Ensuite, c’est avec Jo Witek que nous avons rendez-vous pour la rubrique Parlez-moi de…, Pour nous elle revient sur Un hiver en enfer. François Martin, l’éditeur du roman, a accepté également de nous en parler. Bon mercredi !


L’invitée du mercredi : Bernard Villiot

Bernard VilliotParlez-nous de votre parcours
Je ne m’étais pas du tout destiné à la littérature jeunesse. Après cinq années aux Beaux Art de Dijon, sections photo et sculpture, je me suis dirigé vers le film d’animation puis le film de fiction, avec des acteurs réels. L’écriture pour le cinéma et la réalisation sont et resteront ma première passion.
La littérature jeunesse est arrivée dans ma vie très tard et avec la complicité de Muriel Kerba. C’est elle qui m’a mis le pied à l’étrier, en me proposant de lui écrire un texte pour ses illustrations. L’écriture jeunesse a été une vraie révélation et elle est aujourd’hui une seconde passion. J’aimerais et j’espère pouvoir lui consacrer davantage de temps.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Enfant mes premières lectures ont été les livres de Benjamin Rabier que ma grand-mère maternelle conservait dans l’armoire de son grenier. Livres originaux que je possède aujourd’hui et que je conserve précieusement. Et puis il y eut l’incontournable Disney, d’où ma passion plus tard pour le film d’animation. Un peu plus grand, j’ai découvert La Fontaine, puis dans un autre genre,Le voleur de lune Jules Verne à travers les livres qui avaient appartenu à mon père et que conservaient mes autres grands-parents.
Adolescent j’ai développé une passion pour Edgard Allan Poe.

Vous avez réécrit/réinterprété plusieurs contes, d’où vous vient cet intérêt pour ces classiques ?
Pour Le Voleur de Lune, par exemple, mon intérêt est venu du désir de faire ou de refaire découvrir un conte méconnu ou délaissé pour d’obscures raisons. Ce désir est bien entendu animé à la fois par le plaisir que j’ai eu à découvrir ce conte et l’envie de le faire partager. J’aime fouiller, creuser et déterrer des textes enfouis depuis des décennies. Mon côté Saint Bernard, sans doute…
Pour des contes comme La Belle au Bois dormant ou les Cygnes Sauvages la proposition d’adaptation est venue de l’éditeur. Des challenges que je trouve excitants et flatteurs.

La Belle aux bois dormantPour travailler sur ces histoires, vous relisez de nombreuses versions ou au contraire vous essayez de vous en détacher ?
Je travaille uniquement à partir de la version originale. J’évite de lire d’autres versions pour ne pas être influencé sciemment ou inconsciemment par des choix et des directions d’écritures qui pourraient trahir l’esprit du texte original. Ensuite j’y mets ma patte, mon rythme en tenant compte de l’âge du lecteur auquel le conte est destiné. Une histoire, aussi universelle soit-elle, ne s’adapte pas de la même manière pour des enfants de 5 et 10 ans. Une fois mon adaptation terminée et validée par l’éditeur, je lis ce qui a été fait par d’autres. C’est toujours instructif et parfois plutôt plaisant.

les cygnes sauvagesQuel est votre regard sur la littérature jeunesse actuelle ?
Elle regorge de talents, aussi bien au niveau des textes que des illustrations. Je le trouve en constante progression avec parfois de vraies innovations de la part de certains éditeurs. J’aime sa pertinence, sa variété, et je suis toujours fasciné de découvrir encore de l’originalité avec la quantité d’albums édités chaque année. Peut-être parce que je la regarde toujours avec mon regard d’enfant.

Quels sont vos projets ?
Quelques albums à paraître, des textes en écriture, la finalisation d’un scénario et peut-être une réalisation pour la télévision cet automne…

Bibliographie sélective :

  • Les cygnes sauvages, illustré par Anja Klauss, L’élan vert (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le secret du petit bouddha, illustré par Mylène Rigaudie, L’élan vert (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La belle au bois dormant, illustré par Anja Klauss, L’élan vert (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le voleur de lune, illustré par Peggy Nille, L’élan vert (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • L’étoile de Noël, illustré par Frédéric Mansot, L’élan vert (2012).
  • Abigaël Treybell et son maudit matou Bretzel, illustré par Xavière Devos, L’élan vert (2012).
  • La moufle, illustré par Antoine Guilloppé, L’élan vert (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Marie-Caprice, illustré par Mélanie Allag, L’élan vert (2012).
  • Le pâté de crottes de nez, illustré par Éléonore Zuber, Pole Jeunesse (2011).
  • Au zoo des animaux rigolos, illustré par Charlotte Labaronne, Gautier Languereau (2007).

Concours :
Grâce aux éditions L’élan Vert, vous avez donc la possibilité de gagner un exemplaire du dernier album de Bernard Villiot, Les cygnes sauvages (que nous avons chroniqué ici). Pour cela, dites-nous en commentaire à cet article quel est votre conte classique préféré, vous participerez au tirage au sort. Vous avez jusqu’à mardi 20h.


Parlez-moi de… Un hiver en enfer

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur Un hiver en enfer (chroniqué ici), un roman très fort sur une relation entre un fils et sa mère. Jo Witek, l’auteure et François Martin, son éditeur, nous en parlent.

Jo WitekJo Witek, auteure :
D’une solitude de mère à un sujet de roman
L’idée d’un roman peut s’imposer n’importe où. N’importe quand. Et soudain devenir une urgence, ce que Rilke nommait la nécessité d’écrire. C’est ce qui s’est passé avec Un hiver en enfer. J’étais alors en vacances en famille à Londres. Dans un moment de vie où mon couple éclatait, et mes enfants grandissaient. Le foyer, la famille, l’idée parfois idéalisée du cocon ne ressemblait plus aux photos de famille accrochées sur les murs de notre hall d’entrée. Des enfants à la plage, un couple heureux, des parents comblés. Quelques années plus tard, je ressentais un sentiment d’immense solitude avec les miens. Mes fils étaient devenus des adolescents. Ils n’avaient pas forcément envie d’être avec nous, même à Londres, surtout à Londres. Tout ce que je proposais, expos, virée aux marchés aux puces, pub, concerts, tout les efforts que je faisais pour les réjouir, les faire rire, retrouver cette complicité mère-enfants s’avéraient vain. Ils repoussaient tout. Un comportement normal. Nous le savons, nous parents, il faut qu’ils se détachent, s’opposent, sortent de ce cocon familial pour grandir. Pourtant, cette impression de solitude éprouvée à Londres, cet abandon de la mère « nourricière » pour une mère simplement bienveillante me fut d’une extrême violence et je me suis surprise à prononcer cette terrible phrase au détour d’une visite : « là, la famille, c’est l’enfer ».
Voilà. Il a suffi d’une souffrance, d’une nostalgie de mère, d’une solitude de femme, pour déclencher le processus créatif. Cette phrase a aussitôt été suivie d’un sentiment de culpabilité. « Comment puis-je dire ça ? Moi, une mère. Une mère aimante qui a eu cette chance d’aimer ses enfants dès leur première inspiration au monde. Comment ? »
Et tout s’est enchaîné. Oui, le prochain roman traitera de cela. De l’instinct maternel. D’une mère, qui peut-être, n’aurait pas réussi à aimer son fils. D’un fils qui se serait construit avec le manque de tendresse maternelle. Et puis d’un enfer familial. D’un huis clos privé. De cette cellule idéalisée qui pourtant est l’antre de tant de violence. Il s’en passe des choses derrière les volets clos des familles. Violences verbales, guerre de fratrie, agressions physiques, dominations, viols aussi. La famille n’est pas toujours ce havre de paix si rassurant. Pas toujours. D’ailleurs qui n’a jamais dit : Ma mère va me tuer si… Ou mon père va me tuer si… ?
Je l’ai pris au sens propre.
Étrangement, j’ai tout de suite eu envie de pitcher mon histoire à mes fils. Je leur ai résumé en quelques mots le début, le milieu, la fin. Et ce sujet nous a réunis. Ça a été mon meilleur moment à Londres avec eux. Leurs sourires à tous les deux. Leur belle complicité de frères.
__ Maman, écris-le ce bouquin ! C’est top ! Ton sujet est horrible !
Nous avons ri. Je leur ai promis de l’écrire et je suis allée au bout.
L’aventure de ce roman fut douloureuse. Pas facile d’écrire ce désamour ou plutôt cet amour fêlé entre une mère et son fils, surtout quand on a deux garçons. J’ai creusé. J’ai trouvé en moi, ailleurs aussi, au travers de témoignages de femmes (et ils sont nombreux bien que tabous), ces moments où une mère souffre de ne pas bien aimer son enfant. Ces instants où un enfant pense ne jamais avoir été assez aimé par sa mère. Et le roman s’est écrit.
Comme toujours mon fils aîné fut mon premier lecteur. Comme toujours, par respect, je l’ai laissé lire et me dire ce qu’il voulait, sans obligation, juste le lire. Un petit grigri, une habitude qu’il a la gentillesse de perdurer du haut de ses vingt ans.
« Glauque, horrible, j’adore ».
Tel fut son retour. Un excellent retour pour un thriller. Bien sûr, je lui ai promis de ne pas le lui dédier. À son frère non plus. Et puis, nous en avons ri. En huit mois, temps qu’il me fallut pour venir à bout de ce roman, il avait grandi, et moi aussi.
Souvent, les jeunes que je rencontre pensent que je suis une mère géniale, parce que j’écris des romans pour les ados, que je traite des sujets qui les concernent, que j’invente des héros qui leur ressemblent. Mais, non, je suis une mère comme les autres, qui fait ce qu’elle peut, de son mieux, avec ce qu’elle est. Et c’est aussi avec cela que j’écris pour la jeunesse. L’ado que j’étais, et la mère que je suis. C’est pourquoi je tiens à cette littérature — dite jeunesse —, qui pour moi est avant tout une littérature partagée.

François Martin, éditeur :
Un hiver en enfer est le cinquième roman de Jo Witek que j’ai eu le plaisir d’éditer et son troisième thriller dans ma collection “Romans Ado”. Il est essentiel pour moi de construire avec un auteur une relation sur la durée. C’est ce qui détermine une politique d’auteurs et forge la cohérence d’un catalogue – qui plus est pour un département Jeunesse adossé à une maison comme Actes Sud. Aussi suis-je sensible à la confiance et la fidélité que Jo me témoigne livre après livre. Elle me parle volontiers de ses projets alors qu’ils sont en cours d’écriture ou même qu’au stade de l’idée – ce fut le cas pour Hiver en enfer avec son intention affichée de traiter du lien maternel, de la violence qui peut s’insinuer dans le foyer familial quand les enfants entrent dans l’adolescence. De l’idée et de la forme : je savais que le texte serait un thriller. Mais ce n’est qu’une fois achevé que Jo m’a adressé son manuscrit. Moment de tension alors pour un éditeur entre l’excitation de lire (et d’aimer) et la crainte confuse d’être éventuellement déçu (car cela peut arriver). La lecture du manuscrit d’Un hiver en enfer – qui ne portait pas ce titre au départ, j’y reviendrai – a été autant jubilatoire, haletante qu’effrayante. Un sujet prégnant, un scénario d’une efficacité implacable (avec son climax au milieu du récit), des personnages de forte intensité, un suspense qui vous fait tourner les pages, un dénouement inattendu. Ma conviction a été immédiate que nous tenions là un roman puissant – et glaçant. Un roman qui d’ailleurs plairait autant aux adolescents qu’aux adultes. Le manuscrit original a été peu retouché, mes remarques furent ponctuelles. Le point crucial a été le choix du titre. Celui de travail était Instinct maternel auquel Jo était attachée. Un titre fort mais qui pouvait être diversement interprété et ne connotait pas suffisamment son genre et le lectorat visé. De multiples propositions ont fusé pour aboutir, au terme de nombreux échanges téléphoniques et de courriels entre nous, au titre définitif. Les qualités d’écrivain, la capacité d’écoute et la profonde humilité que je trouve chez Jo rendent particulièrement fluide et constructif ce dialogue essentiel autour des textes (et de la forme à donner) qui est le cœur de mon métier.
Jo m’a déjà annoncé le titre de son prochain roman qui sera encore un thriller, j’attends le manuscrit promis avec impatience. L’aventure continue. »

Un hiver en enfer
Un hiver en enfer
de Jo Witek
Sorti chez Actes Sud Junior (2014)
Chroniqué ici.

 

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Une mère pas assez aimante et un père trop intrusif

Par 12 février 2015 Livres Jeunesse

Un hiver en enferEdward est un adolescent fragile. Ses amis sont surtout virtuels, il communique avec eux à travers un jeu vidéo. Dans sa famille, les choses ne sont pas simples, sa mère n’a jamais eu la fibre maternelle et les nounous et femmes de ménage se succèdent (elles ne restent jamais plus de 2 ans, sa mère a peur qu’un attachement se fasse). Heureusement, Edward a son père. Mais un jour, la vie d’Edward tourne au cauchemar.
Gros coup de cœur pour ce thriller de Jo Witek… Le seul souci c’est que je ne peux pas trop vous dévoiler de quoi il parle sans risquer de vous dévoiler une grande partie de l’intrigue. Je peux quand même vous dire (sans vous préciser si c’est le sujet principal du livre) qu’on parle de mort, de harcèlement à l’école, du fait qu’on croit toujours plus facilement un adulte qu’un ado, de l’amitié, de l’amour, de la folie… Mais je peux surtout vous dire que c’est un roman qu’on a du mal à lâcher (surtout dans sa deuxième partie) et qu’on imagine bien une adaptation sur grand écran.
Un thriller captivant et angoissant, aussi bien pour les ados que pour leurs parents.

Je suis l'idole de mon pèreDoriand a un gros souci dans la vie : son père est auteur. Vivre avec un auteur ce n’est déjà pas facile, mais avec un auteur jeunesse c’est pire, car forcément il s’inspire de vous. C’est ainsi que Doriand retrouve dans les livres de son père ses moments les plus intimes comme par exemple sa première histoire d’amour. Doriand n’en peut plus et il a décidé de ne plus rien lui dire. Sauf que des vacances se profilent et là, il va être sous son regard 24 h/24… mais les choses ne vont pas forcément se passer comme prévu…
Là encore, difficile de vous parler de Je suis l’idole de mon père d’Arnaud Cathrine, car à plusieurs reprises l’auteur nous entraîne là où l’on ne s’y attendait pas. Il sera question de famille, de secrets familiaux, d’amour qu’on s’interdit, d’écriture, de rapport parents-enfants. Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas lu de roman de cet auteur que j’adore et j’ai retrouvé avec un grand plaisir son écriture si agréable et si belle, son ton décalé, son humour.
Un superbe roman sur un père et son fils… et tant d’autres choses encore.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Jo Witek (Elles ont réalisé leur rêve, Ma boîte à petits bonheurs, Mauv@ise connexion, Un jour j’irai chercher mon prince en skate et Le ventre de maman) et de Arnaud Cathrine (Coquillette la mauviette et Edvard Munch). Retrouvez aussi nos interview de Jo Witek et d’Arnaud Cathrine.

Un hiver en enfer
de Jo Witek
Actes Sud Junior dans la collection Romans Ado
14,80 €, 135×215 mm, 333 pages, imprimé en France, 2014.
Je suis l’idole de mon père
d’Arnaud Cathrine
Éditions Thierry Magnier
9,20 €, 120×210 mm, 156 pages, imprimé en France, 2014

À part ça ?

« Si les éditeurs et le public ne se résolvent pas à un minimum d’éthique, ils finiront par se plaindre de la médiocrité de ce qu’on leur propose ». Un texte de Florence Hinckel très intéressant sur le droit d’auteur.

Gabriel

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Les invité-e-s du mercredi : Christine Roussey et Jo Witek (+ concours)

Par 3 décembre 2014 Les invités du mercredi

Quel bonheur de recevoir aujourd’hui Christine Roussey ! J’adore cette illustratrice qui sait allier humour piquant et poésie. J’aime son univers, j’avais vraiment envie d’en savoir plus sur elle. Ensuite je vous propose de découvrir les coup de cœur et coup de gueule de Jo Witek (qui a signé d’ailleurs trois albums avec Christine Roussey, la vie est bien faite !). Entre les deux vous pourrez tenter de gagner Ma boîte à petits bonheurs. Beau mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Christine Roussey

Christine RousseyParlez-nous de votre parcours ?
J’ai d’abord pris le petit chemin qui grimpe dans la forêt, après il fallait tourner à gauche à côté de l’arbre rouge, passer sous un chêne centenaire et bifurquer à la patte d’oie pour redescendre vers la plaine.
J’ai longé l’étang et pris une barque, pour traverser le lac. Je suis arrivée dans les roseaux, j’ai enfilé mes bottes et mon imper’, j’ai sauté dans l’eau et je me suis mise à l’abri dans la forêt parce qu’il commençait à pleuvoir.
J’ai continué à marcher encore un peu et puis j’ai fait un feu parce que la nuit tombait et que j’avais froid aux pieds. J’ai fait griller des chamallows (j’en ai toujours dans mes poches) et mes copains du fond des bois m’ont rejoint. Ours, lapin, renard, cerf, biche, et…. sanglier étaient là avec moi au coin du feu. Ours a chanté du blues, biche et cerf tricotaient des chaussettes à lapin qui a, lui aussi, toujours froid aux pieds, renard nous racontait des histoires et sanglier et moi on a fait un concours de prouts.
C’était un peu un parcours du combattant mais j’ai bien aimé.
Sinon… après mon bac ES, je suis partie à la fac d’arts plastiques à Strasbourg, pendant 1 an. Je suis descendue à Bordeaux à l’ECV pour une prépa arts appliqués, et j’ai Les bras de papaenchaîné avec 3 années supérieures.
Ensuite je suis « montée » à Paris ;-), et me voilà (bout de femme comme soufflééééée d’une sarbacane… ).
Mes années dans le sud-ouest m’ont laissé des traces, des amis pour toujours et un mari….
Ce parcours-là, je l’aime bien aussi !

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
Je m’autorise tout et je fais un peu tout !
Mais j’ai une vraie préférence pour les techniques sèches (comment c’est classe !).
En gros tout ce qui se fait sans pinceau.
J’adore les pastels et le crayon, mais je peux découper, tâcher, coudre, etc.

Pour la série avec Jo Witek chez De La Martinière, comment concevez-vous les livres ? Participez-vous à la fabrication ?
Oui !
C’est une belle aventure la série avec Jo !
Tout a commencé avec le tout premier (Le ventre de maman), Béatrice et Ma boîte à petits bonheursMarie les éditrices voulaient vraiment porter le texte plus vers la poésie que vers le quotidien. Elles avaient vu une image sur mon site (que je tenais à jour à l’époque…) où il y avait du collage, un travail avec du pastel, etc.
Je me suis donc laissé toutes les libertés et j’ai proposé les flaps avec le gros ventre et le petit bébé qu’on découvre mois après mois.
J’ai zappé la maman, parce que finalement l’histoire était celle de cette grande sœur et du ventre de sa maman.
Béatrice et Marie ont accroché et le livre a reçu un bel accueil ! On a donc continué ! Mais l’album ne devait pas avoir de « suite » au départ !
Depuis, à chaque nouvel opus je propose une solution technique qui va appuyer le concept général du livre.
Il faut que ce détail de fabrication serve les propos de Jo et l’idée que je me fais du texte.
Il faut que ce soit juste, ni trop ni trop peu…
Il s’agit de trouver le petit plus qui va nous faire décoller et rendre toute la poésie « palpable ».
Je viens tout juste d’envoyer la maquette pour valider le principe du numéro 5 !

wilo et miParlez-nous de votre travail sur Wilo et Mi, La légende de la Grise.
Ce livre a une saveur toute particulière parce que c’est le premier travail que j’ai fait après mon congé bébé.
Je voulais de la douceur, et de la richesse dans les détails et puis aussi de la légèreté.
J’ai donc réalisé tout l’album au crayon et je me rappelle encore le plaisir que j’ai eu à boucler chaque planche calmement au crayon.
C’était des vraies retrouvailles avec mes crayons et le papier et ma main qui dessinait…

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Bon je cite mes préférés for ever sinon on en a pour la nuit…
Un trou dans une pommeEnfant, mon BEST de BEST c’était Un trou dans une pomme ! (auquel je fais un clin d’œil avec Dans mon petit cœur ;-), j’adorais aussi Fanette répare ses jouets et la collection de Caroline nous a occupés de longues heures mon frère et moi ( on jouait à moi j’suis là, et j’suis là…), le chapeau volant de Tomi Ungerer aussi et puis les Roald Dahl !
Adolescente j’ai adoré Alexandre Jardin !

Quels sont les illustrateur-trice-s qui vous touchent particulièrement aujourd’hui ?
Mon idole à moi c’est Asger Jörn et le mouvement cobra !
Pour les illustrateurs d’aujourd’hui… TROP DUR, il y a tellement tellement de gens talentueux que j’aime pour mille raisons différentes et qui font un travail tellement formidable !
Bon alors Jockum Nordstörm, Kitty Crowther, Beatrice Alemagna, Gaétan Dorémus, Iris de Moüy, Benjamin Chaud, Magali le Huche, Olivier Tallec, Camilla Engman, Isabelle Arsenault, Cécile Hudrisier, Cho Eun Young, Anouck Ricard, Sara Fanelli, Bjorn R Lie ……. Cette question est trop dure parce que j’en oublie et que je les aime quand même !

Pour finir, doit-on croire la rumeur, êtes-vous vraiment un sanglier ?
Au regard de mon groin festif et de mon ventre velu : à n’en pas douter cher ami !

Bibliographie sélective :

  • Mon chien qui pue, texte et illustrations, De la Martinière Jeunesse (à sortir en  janvier 2015).
  • Ma boîte à petits bonheurs, illustration d’un texte de Jo Witek, De la Martinière Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Wilo et Mi, la légende de La Grise, illustration d’un texte de Séverine Vidal, L’élan vert (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon année au CP, illustration d’un texte de Susie Morgenstern, De la martinière Jeunesse (2014).
  • Le jour où j’ai mangé mon chat, texte et illustrations, Auzou (2013).
  • Dans mon petit cœur, illustration d’un texte de Jo Witek, De la martinière Jeunesse (2013).
  • Les bras de papa, rien que pour moi, illustration d’un texte de Jo Witek, De la martinière Jeunesse (2012).
  • Les cocottes à histoires, illustration de textes d’Agnès de Lestrade, Milan (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Toi dedans, moi devant : Le ventre de maman, illustration d’un texte de Jo Witek, De la martinière Jeunesse (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon carnet de Noël, textes et illustrations, Milan (2011).

Le site de Christine Roussey : http://www.christineroussey.com.

Concours :
Comme je vous le disais avant cette interview, grâce à De La Martinière Jeunesse je vais pouvoir offrir à l’un de vous le très beau Ma boîte à petits bonheurs. Pour participer au tirage au sort, dites-moi en commentaire si je vous donnais une boîte à bonheur, quel est celui que vous aimeriez y mettre pour le conserver. Je tirerai au sort parmi vos réponses. Vous avez jusqu’à mardi 20 h, bonne chance à tous !


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Jo Witek

Régulièrement, un acteur de l’édition jeunesse (auteur, illustrateur, éditeur…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché, ému ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé. Cette semaine, c’est l’auteur/illustratrice Jo Witek qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Coup de cœur
C’est une petite école en plein cœur du cirque de Mafate sur l’île de la Réunion, où j’ai eu la chance de séjourner en octobre dernier avec l’illustrateur Antoine Guilloppé (salon de l’océan Indien). Imaginez un hameau niché entre ravines et pitons, à plus de quatre heures de marche du premier village. Là, au milieu des oiseaux, des chèvres, des poules vivent chichement des familles et des gamins dans un petit paradis perdu que visitent des milliers de randonneurs du monde entier. J’ai trouvé dans l’école de Grand Place un art de vivre en harmonie avec la nature et une façon d’enseigner, qui m’ont réconcilié avec le bon sens humain. Le matin, on commence la journée très tôt dans un décor naturel époustouflant, avant de marcher sur la slackline, tendue sous le préau ouvert. Une excellente idée pour amener les enfants à se concentrer de façon ludique ! À la récré, comme tous les jours, les adultes entament une partie de foot avec les élèves et les filles s’avèrent être de sérieuses attaquantes (plus douées que moi !). Pas de surveillance, ni d’agressivité, juste un temps partagé.
Mon coup de cœur, c’est l’engagement de cette enseignante, Maryse Calimoutou, la tendresse qu’elle porte à ces enfants et l’accueil qu’elle réserve aux intervenants qui viennent à pied, le sac sur le dos et le souffle coupé leur apporter un peu de leur univers. Dans cette école, j’ai proposé un atelier d’écriture autour de la différence fille/garçon. Généralement, je ne peux éviter les vieux clichés archaïques : les filles bavardent, pleurent, les garçons se battent et jouent au foot. Mais à Mafate, tout le monde joue au foot ! Quant aux garçons, ils aiment faire le ménage et nettoyer la case avec leurs parents, les filles jardiner et se sentir courageuses ! Je vous l’ai dit, le paradis existe ! Mais il a ses limites… Car après l’école primaire, il faut quitter Mafate, et descendre vers les collèges « du bas ». Je peux comprendre la violence de cette rupture, car moi-même après cinq jours dans les hauts, je ne voulais plus en repartir.
Mon coup de cœur, c’est aussi Eepjie, une fille de dix ans brillante, passionnante, rayonnante. Une élève qui passe son temps à lire, dessiner, classer, observer les oiseaux, ses deux grands yeux noirs ouverts sur le monde. L’année prochaine, elle entrera en sixième. Une sacrée épreuve. Pour elle, ça signifie quitter un environnement de rêve, une vie presque en autarcie et passer la semaine et certains week-ends en bas, dans une famille d’accueil. Un traumatisme chez pas mal de gamins de Mafate, parfois même cause d’échecs scolaires. Je souhaite de tout cœur qu’Eepjie garde son sourire et son appétence intellectuelle, même loin du chant du merle Maurice et des zoizos la Vierge… Cette jeune fille, je ne l’oublierai pas. Mon coup de cœur est un coup de pouce :
__ Fonce, Eepjie et accroche-toi à la force de ta culture !

Mon coup de gueule ?
La croissance économique. Je ne supporte plus d’entendre ses indices, ses vecteurs, ni ses défenseurs. Il est temps de débrayer, non ? Cette folie humaine m’est insupportable. Plus, toujours plus, d’excédents, d’investissements, de déforestations, de pollution, de bouffe, de technologie avec obsolescence programmée et d’écarts entre les plus riches et la misère du monde. Ce que je voudrais, c’est entendre sur les médias la voix des gens qui vont bien, qui sont heureux avec ce qu’ils ont. Par exemple, un chef d’entreprise qui dirait : « mon chiffre d’affaires me permet de payer mes salariés en respectant de bonnes conditions de travail, j’entretiens un rapport de confiance avec mes clients et je m’octroie chaque mois un salaire suffisant. » Possible ? Nous sommes pourtant nombreux à penser ainsi, alors pourquoi ne réussissons-nous pas à nous organiser, nous citoyens du monde, pour cesser de croître bêtement et préférer évoluer ?

Jo WitekBibliographie :

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