La mare aux mots
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Journal intime

Le goût des mots

Par 3 mai 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on retrouve deux héroïnes intrépides et courageuses ayant en commun l’amour des mots : la petite porteuse d’eau Pernelle qui nous fait découvrir son Moyen-Âge et Angélique jeune fille noble qui vit à Versailles.

À la cour de Louis XIV : journal d’Angélique de Barjac
de Dominique Joly
Gallimard Jeunesse, dans la collection Mon histoire.
10,50 €, 140×195 mm, 167 pages, imprimé en France, 2015.
La porteuse de mots
d’Anne Pouget 
Casterman  
6,25 €, 125×179 mm, 197 pages, imprimé en Espagne, 2016.

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Une maison vivante et un garçon qui grandit : touchant !

Par 11 janvier 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux romans courts, à la fois drôles et tendres !

histoires de la maison qui voulait déménager Une maison qui veut voyager, une cheminée qui attend désespérément l’arrivée du Père Noël alors que ce n’est pas du tout la saison, la révolte d’un paillasson qui en a marre qu’on le piétine et qui préférerait être une couverture, un grenier qui accueille une collection de gros mots, une télé qui avale les personnes qui la regardent, un arbre qui toutes les nuits s’enfuit du jardin dans lequel il est enraciné,… Voici un aperçu des Histoires de la maison qui voulait déménager ! Et pour déménager, ça déménage, ça c’est sûr !

J’ai vraiment eu un coup de cœur pour ce recueil de courts récits d’Hervé Walbecq qui mêle humour et poésie avec beaucoup de finesse. L’environnement quotidien prend vie, et les plus inertes des objets deviennent doués de pensée et de mouvements. Je pense que ça parlera très bien aux enfants, qui ont eux-même une certaine faculté à imaginer vivants les objets les plus courants. Chaque histoire est indépendante, mais elles s’articulent très bien entre elles et permettent aux plus jeunes de fractionner leur lecture. On lit tout d’une traite ou on picore, on lit dans l’ordre ou dans le désordre, et on retrouve même quelques illustrations très simples de l’auteur pour donner encore un peu plus de vie à l’ensemble ! C’est surréaliste, loufoque par moments, et toujours délicieux ! Quel bonheur de voir tout ce qui nous entoure avec un œil nouveau !

les mémoires d'adalbertAdalbert a un drôle de prénom, hérité de son grand-père Albert et de son arrière-grand-mère Ada. Il est né prématurément et reste plutôt chétif. Tout le monde passe son temps à lui casser les pieds, en le trouvant trop maigre, trop rouge, pas assez fort, et surtout pas assez âgé pour décider. Dur dur d’avoir onze ans et d’être encore considéré comme un bébé ! Mais Adalbert a décidé de ne plus se laisser faire ! Il compte bien prendre de l’assurance, et nous raconte son quotidien.

Angela Nanetti nous livre vraiment le journal intime du jeune héros, qui entre doucement dans l’adolescence mais a un peu de mal à quitter réellement l’enfance, quoiqu’il en dise. En racontant son quotidien, il aborde avec humour des questions quotidiennes : les changements de son corps, les premières émotions amoureuses, les relations familiales ou amicales pas toujours simples, et on sent que progressivement, il se détache de sa famille pour penser par lui-même. Ce qui donne parfois lieu à des passages qui m’ont fait un peu (beaucoup) grincer des dents, notamment quand le jeune garçon évoque la manière dont son père considère les femmes médecins (en gros, un discours très machiste), ou quand il parle de « devenir un homme », forcément fort, costaud, et pas trouillard. Au départ, j’ai ouvert des grands yeux, mais on comprend très rapidement qu’il reprend à son compte des choses entendues chez lui ou dans la cour de récré sans y adhérer : il est simplement gêné de se déshabiller devant le médecin scolaire lors de la visite médicale, et ne pense pas un mot du discours de son père, avec lequel il cherche plutôt à prendre de la distance. Et avec les copains, il essaie d’abord de rentrer dans le moule, avant de comprendre qu’il y a d’autres manières de voir les choses que celles transmises par la famille, ou les amis costauds. C’est un témoignage sur la vie des grands enfants qui deviennent doucement de jeunes adolescents un peu coincés entre deux univers, qui apprennent doucement à penser par eux-même. Touchant et drôle, voici un court roman dans l’air du temps !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué une histoire de maison aussi vivante que ses habitants : La maison qui ne voulait pas de Pauline Croze et Anne-Marie Hugot.

Histoires de la maison qui voulait déménager
d’Hervé Walbecq
L’école des loisirs dans la collection Neuf
9,50 €, 125 x 190 mm, 141 pages, imprimé en France, 2013
Les mémoires d’Adalbert
d’Angela Nanetti (traduit par Nathalie Sinagra Decorvet)
La joie de lire dans la collection Hibouk
6,90 €, 130 x 185 mm, 80 pages, imprimé en Pologne, 2013

A part ça ?

Peter Callesen manie les ciseaux avec brio ! Venez admirer ses œuvres de papier.

Marianne

 

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Des titres à rallonge

Par 9 octobre 2012 Livres Jeunesse

Ah ce Léon Levaillant ! Quel personnage ! Il n’est peut-être pas très valeureux, certes, mais il a quand même plus d’un tour dans son sac. Quelle fine équipe il forme avec Vent Véloce, son cheval plus si rapide que ça…! Pas très rapide, certes, mais bavard ! Alors qu’il cherchent une aventure à se mettre sous la dent, ils arrivent au Royaume Paisible, qui est en crise, parce qu’il y pleut des cordes depuis un certain temps… Pourquoi ? A cause de qui ? Comment sauver cette région tranquille ? Il va bien falloir que la fine équipe reprenne du service !

Les aventures de Léon le peureux chevalier contre la sorcière et le voleur de parapluies (oui, rien que ça messieurs dames !) de Raùl Argemi, est un roman pour enfants très original. Situations très cocasses, personnages aux noms si éloquents (la sorcière Nécromantine Lapétoche pour ne citer qu’elle), humour, ratés,…on ne s’ennuie pas ! Même si j’ai parfois été gênée par le style d’écriture, alambiqué ou complexe par moments, j’ai beaucoup ri de cette sorte de parodie de roman de chevalerie !

Attention OLNI (Objet Littéraire Non identifié) ! L’histoire presque vraie de Cedar B. Hartley qui voulait vivre une vie peu ordinaire (à vos souhaits !) de Martine Murray est un roman hors du commun. Par sa forme déjà, à cheval entre le journal intime et le roman illustré (bon, ce ne sont que quelques petits dessins griffonnés, mais tout de même, ce n’est pas très courant). Mais surtout grâce à son personnage principal, la fameuse Cedar. Adolescente banale qui n’intéresse personne, Cedar va vivre de folles aventures qui lui permettront de mieux se connaître et de grandir. Quand je vous dis folles aventures, je pèse mes mots : elle décode les roucoulements de pigeon, rencontre Burky, devient artiste de cirque, partage des moments de complicité avec son frère un peu philosophe dans l’âme, et elle-même a des réflexions loufoques sur la vie… Et encore, vous ne savez pas tout !

D’abord un peu déstabilisée par tant de loufoquerie (et pourtant, ça me connaît…), j’ai finalement beaucoup aimé ce journal intime plein de poésie, de tendresse et d’humour, teinté de l’esprit de Roald Dahl qui m’est si cher ! Les jeunes ados un peu rêveurs devraient entrer sans souci dans l’univers de cette jeune fille pas si ordinaire…!

Quelques pas de plus…
Une autre histoire d’adolescente avec Candy, d’Anne Loyer, chroniqué par Gabriel, il y a peu.

Les aventures de Léon peureux chevalier contre la sorcière et le voleur de parapluies
de Raùl Argemi, traduit par Nathalie Nedelec-Courtes
Mijade
7 €, 195×130 mm, 168 pages, imprimé en Belgique
L’histoire presque vraie de Cedar B. Hartley qui voulait vivre une vie peu ordinaire
de Martine Murray traduit par Agnès de Ryckel
Mijade
9 €, 130×195 mm, 240 pages, imprimé en Belgique

A part ça ?

Julian Germain a entrepris de photographier les classes autour du monde. Une sympathique série de photos à retrouver sur son site.

Marianne

 

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Journaux intimes

Par 12 juin 2012 Livres Jeunesse

Je vous avais déjà parlé de mon goût pour les contes détournés. Je reviens à la charge avec deux romans de la collection L’envers des contes de fées, des éditions Goélette.

Le Grand Méchant Loup, tout le monde le connaît. C’est celui qui mange la grand-mère, les petits cochons, les sept chevreaux… Bref, un grand serial killer de gentils héros sans défense ! Et bien ce temps-là est révolu les amis. En effet, j’ai eu le loisir de lire le journal intime de cet être obscur. Figurez-vous qu’il a effectué un séjour dans un centre pour devenir végétarien. Il apprend à lutter contre les envies de côtelettes et de petits personnages dodus. Ce n’est pas facile tous les jours, mais il est motivé. Et puis, très vite, les folles aventures qu’il a connu dans bien des histoires vont le rattraper. Il va même faire équipe avec un des trois petits cochons pour sauver Livredecontes (c’est ici qu’habitent tous les personnages des histoires les plus connues).

Elle, c’est Mildred. Son nom ne vous est peut-être pas très familier, mais il s’agit d’une des soeurs de Cendrillon. Vous savez, les deux jalouses qui veulent tout faire pour l’empêcher de venir au bal, et qui passent leur temps à ricaner en lui mettant des bâtons dans les roues. Et bien elle aussi est une repentie. Elle n’aime pas tant que ça être méchante, et va même sauver le mariage de Cendrillon avec le Prince. Elle va résoudre bien des problèmes et des manigances, pour que sa soeur puisse vivre un bon moment. Elle raconte tout dans son journal… Je ne sais pas si on était censé tomber dessus, mais le fait que c’est ainsi, et qu’on s’amuse bien !

Ces deux témoignages rarissimes nous viennent du Canada. Ceci explique les quelques mots inconnus que j’ai trouvés dans le livre, ou les noms de personnages pas tout à fait identiques à ceux qu’on a l’habitude de lire. Mais rassurez-vous, la période d’adaptation est très rapide. C’est Claire Pyatt qui nous les livre, aidée de Catherine Girard-Audet, la traductrice. Comme dans un vrai journal, il y a parfois des petits dessins humoristiques dans les marges. Ça ajoute un peu de vitalité à ces deux récits déjà bien enlevés ! Et à la fin des deux ouvrages, on trouve quelques pages de jeux, de tests, et même une recette de cuisine ! J’avoue que l’écriture de certains passages m’a parfois paru laborieuse, mais il est possible que ce soit dû au fait de la transcription à partir d’une autre langue. Peut-être qu’il y a quelques blagues seulement compréhensibles des Canadiens. Mais dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé ces deux histoires pleines de fraîcheur et de révélations racontées à la première personne. On casse l’image des méchants contre les gentils, et c’est marrant de voir ces deux personnages dans des rôles à contre-emploi !
Dernière particularité : ces livres sont respectivement écrits en vert sur fond vert et en rose sur fond rose. En effet, des études scientifiques ont indiqué qu’une telle présentation favoriserait la lecture pour les dyslexiques, qui seraient gênés par de forts contrastes. J’ai mis quelques pages à m’habituer, et finalement, on oublie vite !

Plongez dans les secrets de Livredecontes… Ça promet !

Confessions du [pas si] Grand Méchant Loup
de Claire Pyatt
Goélette dans la collection L’envers des contes de fées
7,00 €
Confession de la soeur [pas si] laide de Cendrillon
de Claire Pyatt
Goélette dans la collection L’envers des contes de fées
7,00 €

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A part ça ?

Si vous avez cinq minutes devant vous, je vous conseille cette très jolie vidéo muette. La belle histoire d’un renard et d’une petite fille !

Marianne

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