La mare aux mots
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Jules Verne

Quand des romans deviennent des BD

Par 6 avril 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose une sélection de BD tirées de romans. J’avertis tout de suite sur le fait que je n’ai lu aucun de ces romans, je ne me lancerai donc pas dans une comparaison entre l’adaptation et l’original.

Voyage au centre de la Terre
de Matteo Berton (traduit par Véronique Dassas), d’après l’œuvre de Jules Verne
La Pastèque
21 €, 217×307 mm, 112 pages, imprimé en Asie, 2018.
Deux ans de vacances – Chapitre 1/3
Scénario de Philippe Chanoinat et Frédéric Brrémaud, dessins de Hamo, d’après l’œuvre de Jules Verne
Vents d’ouest dans la série Deux ans de vacances
13,90 €, 240×320 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2018.
Deux ans de vacances
de Jiro Otani (traduit par Fabien Dautriche), d’après l’œuvre de Jules Verne
Nobi Nobi ! dans la collection Les classiques en Manga
8,75 €, 130×180 mm, 176 pages, imprimé en Italie, 2017.
Télémaque – T1 – À la recherche d’Ulysse
Scénario de Kid Toussaint, dessins de Kenny Ruiz
Dupuis dans la série Télémaque
9,90 €, 218×300 mm, 56 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-reponsable, 2018.
Heidi
de Gyugo Yamada (traduit par Julia Brun), d’après l’œuvre de Johanna Spyri
Nobi Nobi ! dans la collection Les classiques en Manga
8,75 €, 130×180 mm, 204 pages, imprimé en République tchèque, 2016.
Emma
de Po Tse (traduit par Julia Brun), d’après l’œuvre de Jane Austen
Nobi Nobi ! dans la collection Les classiques en Manga
10,75 €, 130×180 mm, 316 pages, imprimé en Italie, 2018.

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La chronique numérique : Aventures fantastiques

Par 30 novembre 2014 Livres numériques, Numérique

Et si la tablette pouvait aussi servir à faire découvrir à nos enfants les classiques de la littérature ? Aujourd’hui, on se penche sur les adaptations littéraires, exercice périlleux s’il en est… Que cela soit au cinéma ou en bande dessinée, elles sont souvent critiquées et auscultées à la loupe : trahir ou ne pas trahir, c’est la question. Pas facile d’illustrer une œuvre qui a déjà une vie dans notre imaginaire collectif… Et le numérique s’en sort haut la main. La preuve avec deux applis belles et intelligentes.

voyage au centre de la terreVoyage au centre de la Terre est l’adaptation, en version abrégée, du roman de Jules Verne publiée par L’Apprimerie, dans une version sonorisée, illustrée et interactive.
Ça parle de quoi ? L’oncle d’Axel, le professeur Lidenbrock, est un géologue allemand, passionné de minéraux et de manuscrits anciens. L’histoire commence un beau jour de 1863 alors qu’il rentre chez lui, excité par sa découverte du manuscrit runique d’une saga islandaise. Quand soudain, un parchemin glisse de l’ouvrage : il s’agit d’un cryptogramme. Axel aide son oncle à en percer le mystère. C’est le message crypté d’un grand alchimiste qui indique le chemin pour parvenir au centre de la Terre. Ils décident d’entreprendre le voyage. Avec Hans, un guide qu’ils engagent pour les aider, ils commencent leur voyage en descendant dans le cratère du Sneffels, un volcan éteint islandais, et suivent le chemin balisé par l’alchimiste Arne Saknussem.
voyage au centre de la terre 2Ça marche comment ? Le livre, qui reprend le texte original mais abrégé, est découpé en dix chapitres. Le sommaire (qui est graphiquement magnifique) est un cercle concentrique sur lequel apparaissent les frontispices des chapitres et leur numéro. Lorsqu’on sélectionne un chapitre, toutes les pages de ce chapitre s’affichent en miniature. La navigation dans l’ouvrage est donc extrêmement facile. Au sein de chaque chapitre, le texte alterne avec les gravures originales. On passe d’une page à l’autre en touchant les flèches au bas de l’écran, un rond rouge permet de revenir au sommaire. Les mots complexes sont indiqués en gras, un clic dessus permet d’afficher leur définition. Les frontispices des chapitres sont tous sonorisés et animés. Les pages suivantes présentent des animations ou bien un travail sur la typographie. Chacune met en valeur un mot ou une action du texte. Lorsque les explorateurs arrivent en haut du cratère, Axel remarque la forme de tromblon évasé du volcan, et l’agencement des mots reproduit cette forme. Alors qu’ils traversent une forêt d’arbres étranges, qui sont en fait des champignons, la page même est envahie de champignons géants qu’il faut chasser pour parvenir à voir le texte. Les héros descendent dans un tunnel sombre : la page devient presque entièrement noire, bordée de morceaux de pierres volcaniques, et notre doigt se transforme en lampe-torche afin de nous permettre de lire le texte. À la fin du texte, le lecteur trouvera des « Clefs de lecture » : une petite biographie de l’auteur, un texte sur la Révolution industrielle, et un texte sur les éléments scientifiques dans l’œuvre de Jules Verne ; dans les trois textes se cachent des anecdotes et des questions quiz.
voyage au centre de la terre 5Et j’en pense quoi ? Jules Verne, je dois dire qu’il n’a jamais fait partie de mes auteurs de chevet, mais là, c’est toute autre chose ! Dès l’ouverture du livre, on est saisis par la beauté graphique de l’appli et la mise en page qui est d’une inventivité incroyable. La musique qui vient en fond sonore accompagne parfaitement le texte. On est littéralement emporté dans ce voyage sous terre en compagnie des explorateurs. Les jeux typographiques et les animations sont en adéquation totale avec le texte, et d’une grande justesse : lorsque l’équipe manque d’eau, tous les « o » de la page s’enfuient progressivement, le texte disparaît dans un tourbillon… Le lecteur est surpris à chaque page. Il se retrouve lui-même à explorer non pas un volcan mais un texte. Le choix de reprendre des extraits du texte original fait que l’histoire peut paraître un peu hachée et qu’il manque parfois de liens entre les épisodes. Cela n’empêche pas l’appli d’être une vraie expérience de lecture immersive. Saisissant. Vous l’avez compris, j’ai été scotchée, ouvrage dévoré en une soirée, qui devrait plaire aux lecteurs en herbe qui se sentent des âmes d’aventuriers.

Bande annonce :

LA COMTESSE DE CAGLIOSTROSi je n’ai jamais été fan de Jules Verne, il en est tout autrement d’Arsène Lupin. J’ai tout lu, tout vu. Un héros de quand j’étais petite. Chouette, sa première aventure, La Comtesse de Cagliostro, a été adaptée pour les tablettes par le réseau des Bibliothèques de la ville de Rouen, dans sa forme originale de feuilleton.
Ça parle de quoi ? Comment et pourquoi Arsène Lupin est-il devenu Arsène Lupin, gentleman cambrioleur ? Arsène, qui ne s’appelle pas encore Arsène mais Raoul d’Andrésy, a vingt ans. Il est amoureux d’une jeune fille, Clarisse d’Étigues, fille du baron d’Étigues qui s’oppose à l’amour des deux jeunes gens. À la faveur d’un hasard, Raoul surprend une conversation entre son « futur beau-père » et plusieurs de ses acolytes, qui lui révèle l’existence d’une conspiration contre une jeune femme, Joséphine Pellegrini, dite aussi Joséphine Balsamo, comtesse de Cagliostro. Celle-ci est accusée d’être une espionne, une voleuse de grand chemin, et soupçonnée d’être la fille de Joseph Balsamo, comte de Cagliostro, aventurier italien du xviiie siècle, alchimiste, voyant et magicien. Elle serait née en 1788, et aurait donc cent six ans au début de cette histoire. Raoul tombe sous le charme et la sauve des griffes de ses accusateurs. Mais Joséphine cache un secret. Raoul fera tout pour le découvrir, et c’est cette aventure qui fera de lui le hors-la-loi justicier que nous connaissons.
la comtesse de cagliostro 3Ça marche comment ? Les bibliothèques de Rouen ont eu l’idée de nous faire redécouvrir ce livre sous sa forme originale, tel qu’il parut en 1923, celle d’un feuilleton quotidien. Chaque jour, le lecteur reçoit ainsi une notification lui signalant la disponibilité d’un nouveau chapitre (52 au total). La page de sommaire se divise en trois sections. La première est constituée d’une mosaïque de photos des différents épisodes. Ces photos apparaissent floues au départ, puis nettes lorsque l’épisode est « débloqué ». La deuxième section répertorie les lieux du roman. Sur une carte, les lieux où se déroule l’action sont punaisés. En cliquant sur la punaise, s’ouvre une sorte de guide touristique et humoristique du lieu, avec photos d’époque, célébrités, guide de conversation et rappel des événements locaux. La dernière section regroupe tous les personnages du roman. Ici, on ne peut consulter leur fiche que si on les a rencontrés au cours de notre lecture (c’est-à-dire qu’ils se débloquent au fur et à mesure de la lecture). Là encore sur un ton totalement décalé, on trouve photos, confessions (« Ma plus grande qualité », «Mon occupation préférée », « Mes héros dans la vie réelle », etc.), et billets, un peu à la façon de commentaires sur Facebook. Ces billets sont de courtes notes par des personnages du récit commentant les faits et gestes des autres personnages et qui s’affichent au cours de la lecture. Au bas de la page de sommaire, le lecteur trouvera enfin quatre courtes vidéos d’interviews de Jacques Derouard, biographe de Maurice Leblanc, sur le personnage d’Arsène Lupin et son créateur Maurice Leblanc.
Et j’en pense quoi ? Ici, il ne s’agit pas d’une lecture immersive, mais de la retranscription d’une expérience de lecture un peu oubliée aujourd’hui. Il en est des feuilletons de l’époque comme des séries d’aujourd’hui. Chaque fin d’épisode se finissait par une sorte de cliffhanger, et on attendait la suite avec impatience. Cela peut paraître un peu frustrant, mais si le lecteur se prend au jeu, l’unité de lecture étant assez courte, l’expérience est assez ludique. Les enrichissements sont des clins d’œil humoristiques, qui respectent le ton des romans de Maurice Leblanc. C’est à la fois fidèle et irrévérencieux. J’ai cependant été assez gênée par la coupe des mots en bout de ligne (d’abo/rd, épa/ule !!). S’adressant à de jeunes lecteurs, il me semble un peu dommage de ne pas avoir porté plus d’attention à la mise en page du texte, la lecture s’en trouve malheureusement gênée. Pourtant tous les ingrédients y sont : passion, aventures, cambriole, rebondissements, humour. Un coup de dépoussiérage d’Arsène Lupin qui le remet au goût du jour tout en réussissant à nous faire respirer l’atmosphère de la Belle Époque.

Bande annonce :

Voyage au centre de la Terre
de Jules Verne. Habillage sonore d’Emmanuel Seguin.
L’Apprimerie
Prix constaté: 4,49 €, Apple, Android
La Comtesse de Cagliostro
de Maurice Leblanc
Rouen Nouvelles Bibliothèques / Ville de Rouen
Prix constaté: gratuite, Apple, Android

À part ça?

les souris gourmandesAu détour d’une après-midi dans un bar à jeu, j’ai découvert un petit jeu de cartes très chouette, Les Souris gourmandes. C’est un jeu de « stop ou encore », créé et illustré par Dominique Breton et édité par If Association, une association à but non lucratif qui édite jeux, livres ou Cd dont une partie des bénéfices revient à des associations humanitaires. Pour Les Souris gourmandes, l’association parrainée est Théodora, qui organise des visites de clowns pour les enfants hospitalisés. Revenons au jeu: des souris sont cachées dans la maison et doivent récupérer le plus de fromages en évitant les pièges et les chats. Trois variantes sont possibles: le jeu de cartes simple, une variante dans laquelle on ajoute des cartes qui annulent les pièges et les chats, et une variante où chaque souris peut endosser un rôle précis (la souris joueuse, la souris voleuse, la souris à lunettes…). C’est drôle, on ne se lasse pas grâce aux différentes variantes, et ça s’emporte partout. Super si vous avez un petit cadeau à faire pour Noël ou un anniversaire.
Les souris gourmandes, If Association, environ 13 €

Erica

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Encore des bandes dessinées

Par 13 mai 2014 Livres Jeunesse

Hier, je vous ai proposé onze BD, on continue aujourd’hui avec onze autres. Et vous en trouverez même trois pour vous dans le À part ça ?. Comme hier, cette chronique est croisée avec celle de Maman Baobab qui parle aussi de bandes dessinées aujourd’hui. Hier, on a parlé de BD pour enfants, aujourd’hui, ce sont plutôt des BD qui s’adressent aux adolescents (certaines sont même des BD pour adultes, mais lisibles par les ados, d’après moi).

La dernière BD d’hier parlait de la guerre, la première BD du jour aussi.

Éclats1946, la guerre est finie. Victor se remémore les moments passés avec Chris alors qu’il est devant sa tombe. Esther arrive dans le cimetière, il la croyait disparue avec sa famille. Il va lui raconter la guerre, ce qu’il a vécu et ce qui est arrivé à Chris. C’était en 1940…

La guerre aux Pays-Bas, un pays qui se pensait neutre et qui va être entraîné dans cette guerre pour laquelle il n’est pas préparé. En se basant sur la vraie Histoire (qui nous est rappelée en fin d’ouvrage avec de nombreuses photos et documents), Erik de Graaf nous raconte la guerre vécue par deux soldats. Leur quotidien, leurs espoirs. Une BD très graphique, très forte pour nous parler de gens normaux qui traversent une période noire de notre Histoire.
Un extrait sur le site de La pastèque.

le temps des mitainesIl se passe quelque chose à l’école des Mitaines où Arthur est nouveau : des enfants disparaissent. D’abord un seul, mais très vite un autre… puis un autre… tout le monde est inquiet, qui sera le prochain ? Faut-il fermer l’école ? Arthur va mener l’enquête accompagné de ses nouveaux amis : Pélagie la souris qui confond les mots, Kitsu la renarde mystérieuse, Gonzague, l’escargot qui parle comme un dictionnaire et Willo le ver luisant qui traduit quand Gonzague parle. Et forcément, c’est à l’école que l’enquête commence…

Le terme « roman graphique » est parfaitement adapté pour Le temps des mitaines, un magnifique ouvrage signé Loïc Clément et Anne Montel. Une vraie intrigue, une histoire pleine de suspense, des héros irrésistibles, de très nombreuses références… on se régale ! Je n’ai pas une grande culture BD, mais Le temps des mitaines ne ressemble à rien de ce que j’ai connu. Les auteurs ont vraiment créé un univers à part, un monde étrange où les habitations sont faites d’objets recyclés. On en vient à se demander si nos héros qui évoluent dans des maisons en pot de confiture ou en brique de lait ne sont pas des jouets, qu’on n’est pas ici dans la tête d’un enfant qui joue. Graphiquement c’est juste magnifique (Anne Montel…). On parle ici d’amitié, d’entraide, d’amour, du passage de l’enfance à l’adolescence… Une BD riche, passionnante, captivante… dont on espère fortement une suite !
Des extraits sur le site de Didier Jeunesse et le même vu par Les riches heures de Fantasia.

Et puisque je parle de suite…

Quatre soeurs EnidEnid, neuf ans, est la plus jeune d’une fratrie de cinq sœurs. Elle adore les animaux comme sa chauve-souris Swift et son écureuil Blitz qui vivent dans le sycomore mort devant leur maison. Seulement le jour où une tempête arrache l’arbre, Enid aimerait bien savoir où sont passés ses amis, surtout, qu’elle entend des bruits terrifiants la nuit ! Autour d’Enid il y a ses sœurs, donc, Bettina, Hortense, Geneviève et Charlie, il y a les fantômes de ses parents, Basile, l’amoureux de Charlie et l’horripilante Tante Lucrèce, leur cotutrice légale qui, heureusement, ne vit pas avec elles.

Marianne vous avait déjà parlé (ici) du premier tome des Quatre sœurs, adaptation en BD des romans de Malika Ferjhoukh. Il était sorti chez Delcourt, il vient de ressortir chez Rue de Sèvres et la bonne nouvelle, c’est qu’il n’est plus tout seul !
Le même vu par L’ivresse des mots (avec des extraits) et par Les riches heures de Fantasia.

Quatre soeur HortenseHortense écrit, elle remplit des pages entières de journal. Elle décide aussi de s’inscrire à un cours de théâtre surtout après que sa nouvelle amie Muguette, une jeune fille malade qui vit non loin de là, le lui a conseillé. Pendant ce temps, Bettina rencontre un jeune homme qui n’a pas le physique d’un prince charmant et se demande si elle est prête à s’afficher avec lui, affrontant ainsi les moqueries de ses amies.

Deuxième tome de l’adaptation BD des Quatre sœurs. On retrouve donc ici tous les personnages du livre précédent, on apprend à les connaître et l’on s’attache de plus en plus à eux. Car, malgré leurs caractères différents, elles sont attachantes les sœurs Verdelaine, c’est typiquement le genre de personnages qu’on aime retrouver, d’histoire en histoire, tome après tome. Je n’ai pas lu les romans originaux, mais ces BD donnent follement envie, pour prolonger le temps passé en leur compagnie et attendre, avec moins d’impatience, le tome 3 de la BD. Enid et Hortense sont deux BD absolument superbes, avec des personnages auxquels on devient vite accros.
Le même vu par Des livres, etc. et Chez Clarabel et des extraits sur BDzoom.

RETOUR AU CENTRE DE LA TERRE T01À bord de son bateau, un capitaine se lamente. Il se souvient de quand il officiait à bord de navires prestigieux, donnant des ordres à des marins dévoués. Aujourd’hui, ses voyages ne sont qu’ennuis… Ils ne vont pas l’être bien longtemps, car voici qu’un enfant arrive en courant, une femme armée à ses trousses. Il n’a pas le temps d’analyser la situation, un bruit énorme se fait entendre puis le bateau se retourne. Notre capitaine et son second, la femme et l’enfant sont les seuls survivants du naufrage. À bord d’une petite barque, ils se dirigent vers une île mystérieuse qui est apparue dans la mer… ils ne sont pas au bout de leurs peines…

Le chant des abysses est le premier tome de Retour au centre de la Terre, un remix d’un classique de Jules Verne (comme le dit le dossier de presse). Librement inspirée du célèbre roman (que je n’ai pas lu donc je serai bien en peine de comparer), c’est une aventure fantastique que nous propose Ludo Lullabi. Quitte à vous révéler un peu plus que le début (mais après tout, rien qu’avec le titre vous vous en doutez), nos voyageurs ne vont pas rester bien longtemps sur l’île, leur route va les mener sous la croûte terrestre, au centre de la Terre. Là, ils rencontreront des êtres très différents de nous. Une BD avec de très belles illustrations, qui devrait beaucoup plaire aux amateurs d’aventures et de SF.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

CET ÉTÉ LÀ HDCet été-là, comme tous les étés, Rose va en vacances dans la maison d’Awago Beach. Sur place, elle retrouve comme chaque année son amie Windy. L’âge de faire des châteaux de sable est passé, maintenant elles regardent des films d’horreur. Cet été-là, elles suivent ce qui se déroule dans la bande de jeunes du coin. Dud aurait mis enceinte Jenny. Un feuilleton d’été qui ne passe pas à la télé.

Gros coup de cœur pour Cet été-là. Graphiquement tout d’abord, les illustrations (généralement sous forme de cases, parfois pleines pages) sont superbes et Rue de Sèvres a fait un très beau travail sur l’objet (beau papier, couverture à rabat…). Ensuite, cette tranche de vie de deux adolescentes, qui ne se voient que l’été, qui ont une vie normale donc forcément touchante. Des parents qui ont vécu un évènement qui les a éloignés, une ado qui dit des choses blessantes à sa mère, une jeune fille qui se désespère d’avoir de la poitrine, une visite de musée annuelle qui finit par franchement lasser, des pères qui portent dans le lit parce qu’on s’est endormi dans le canapé, des chamallows grillés… Et puis, donc, ces inconnus qu’on croise le temps d’un été et dont on voit un moment de leur vie et dont on imagine le reste. Une histoire qu’on suit pour mettre du piment dans nos vacances, et dont on ne connaîtra jamais la fin. Une sublime BD drôle et émouvante sur l’adolescence, les vacances, la vie tout simplement.

MacanudoDes lutins, une fille et son chat, des pingouins, Liniers lui-même, des moutons ou encore le mystérieux homme en noir (qui est si mystérieux) sont les héros récurrents de Macanudo numéro 3.

Sorti aux éditions de La Pastèque, Macanudo numéro 3 par Liniers est une sorte d’ovni. Des strips surréalistes qu’on lit d’abord un peu sceptique, en se demandant où l’on essaye de nous entraîner… Puis très vite on devient accro, on sourit, on rit. Il faut donc un temps d’acclimatation à cet univers loufoque où les chats s’ennuient terriblement, où les nounours défendent les petites filles, où l’on apprend que c’est parfois en se cognant le pied qu’on cesse de croire en Dieu, où les éléphants tiennent en équilibre sur un œuf posé sur une allumette… mais tous ces exemples ne sont pas parlant, encore une fois c’est tout un univers, le genre de BD dans laquelle j’ai adoré me plonger… et dont j’ai du mal à vous parler, le genre d’expérience surréaliste que j’adore. Alors un seul conseil, plongez-y à votre tour !

san mao FeiSan Mao est un petit orphelin de Shanghaï qui a trois cheveux sur la tête (d’où son nom, San Mao veut dire 3 mèches). Au départ de ses aventures, on suit son errance dans les rues à la recherche de vêtements chauds, de nourriture, d’un toit. Puis il va sauver un enfant de la noyade et être adopté par la famille de cet enfant… mais très vite la maison de ses nouveaux « parents » est ravagée par un incendie et San Mao doit retourner à la rue. Sa vie sera faite de périodes plus gaies où il aura du travail et de périodes plus dures (il ira notamment en prison et volera pour le compte d’un adulte).

San Mao est un grand classique en Chine, un héros de BD que tout le monde connaît là-bas. Les éditions Fei sortent un condensé, sorte de best of de ses aventures dans un magnifique ouvrage. Peu de dialogues dans les aventures de cet orphelin qui vit dans une extrême pauvreté et côtoie des gens très riches. On voit d’ailleurs l’ironie de l’époque avec des gens qui nourrissent et habillent des chiens (et habillent même des arbres) pendant que San Mao est quasi nu dans le froid (et complètement affamé). C’est parfois assez violent, San Mao se prend des coups sans arrêt, se fait très mal, se fait même renverser par une voiture, mais l’enfant a, lui, le cœur sur la main et préfère partager avec les autres le peu qu’il a. Une très belle édition pour un classique de la BD chinoise.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Découpé en tranchesPetit, Philippe avait l’impression d’être un extraterrestre quand il regardait ses congénères. Pourtant il se sentait parfois le roi du monde, enfin le roi de SON monde, car une fois au jardin d’enfants il s’est rendu compte que les autres ne savaient pas qu’il était le roi… Puis il s’est trouvé une passion, le dessin et grâce à ça il a commencé à être respecté. En grandissant, il est même devenu dessinateur BD.

Bon, je dois vous avouer quelque chose… je n’avais jamais lu de Zep ! Non non même pas un Titeuf, même pas Le guide du zizi sexuel (que je veux lire depuis bien longtemps). Et quelle tranche (pour reprendre le titre) de rigolade ! Zep raconte donc sa vie, ses pensées, sa façon de voir le monde, sa famille. On voit par exemple le célébrissime illustrateur de Titeuf se faire complimenter par tout le monde quand à la maison personne n’a même pensé le regarder à la télé (y’avait Vidéo Gag, aussi…). Il nous explique aussi quels super pouvoirs il aimerait avoir… sauf qu’il se rend compte qu’en fait ça ne serait pas si génial… Ce n’est absolument pas pour les jeunes enfants, plutôt pour les ados (et surtout les adultes), on y parle même de sexe, de croire en Dieu, des films qui font peur, de ce qui fait pleurer… C’est très drôle, mais c’est également extrêmement touchant. Des tranches de Zep pour voir ce qu’il y a à l’intérieur de cet illustrateur que tout le monde connaît.
Des extraits sur un blog.

ROMAIN & AUGUSTINÇa y est, la loi est passée. Enfin, tout le monde est égal devant le mariage. Dans la rue des illuminés continuent de défiler, mais au moins ça y est, le mariage n’est plus réservé aux hétéros. Augustin a donc décidé, il va demander Romain en mariage. Acceptera-t-il ? Comment la mère d’Augustin, qui considère que l’homosexualité de son fils est une punition de Dieu suite à l’échec de son mariage, le prendra-t-elle ? De toute façon se marie-t-on pour les autres ?

Romain & Augustin, un mariage pour tous est une BD où fourmillent les personnages. Il y a donc le couple central, Romain et Augustin, les parents de Romain (qui sont plus peinés par le fait que leur fils soit de droite que par le fait qu’il soit homo), ceux d’Augustin (qui ne supportent pas que leur fils soit gay), la grand-mère de Romain qui est heureuse que la loi soit enfin passée, mais pense que le combat n’est pas fini, le cousin Dimitri qui filme la famille et recueille les confidences, l’ex de Romain qui va être papa… des personnages particulièrement bien croqués. Ce qui est passionnant dans cette histoire, c’est la réflexion sur le militantisme et le mariage, le mariage est-il un acte militant d’ailleurs ? Un couple homo doit-il se marier pour se venger de toute la haine qui a été déversée ces derniers temps ou seulement par amour ? On y voit aussi une bande les insulter et les frapper parce qu’ils sont homos, on voit, par le biais du cousin qui filme, ce que pense la famille de tout ça. François Hollande et Christiane Taubira sont largement évoqués, parfois critiqués. Même si là j’ai beaucoup moins accroché graphiquement, j’ai trouvé très intéressante cette BD à la fois militante et politique, mais surtout qui nous montre des gens qu’on pourrait croiser tous les jours avec leurs questionnements, leurs doutes, leur rapport à l’homosexualité. Cet ouvrage n’est pas sorti en jeunesse, mais peut aisément être lu par des ados.
Des extraits (et plus encore) sur le site de Nouvel Obs et le même vu par Batifolire.

Quelques pas de plus…
Retrouvez les autres BD que nous avons chroniquées sur un album Pinterest.
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Anne Montel (Le crafougna), Malika Ferdjoukh (L’assassin de papa, Sombres citrouilles, Les quatre sœurs, 4 saisons, bandes dessinées illustrées par Lucie Durbianon, Aggie change de vie et Quatre Soeurs, illustré par Cati Baur), et Soledad Bravi (Maman  Houtuva ?,Trop facile, la science !, Fruits légumes, Papa, Houêtu ? et Louise titi).

Éclats
d’Erik de Graaf (traduit par Arlette Ounanian)
La Pastèque
24,60 €, 172×240 mm, 263 pages, imprimé à Singapour, 2014.
Le temps des mitaines
Scénario de Loïc Clément, illustré par Anne Montel
Didier Jeunesse
14,90 €, 192×260 mm, 128 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Quatre soeurs, 1. Enid
Scénario de Cati Baur et Malika Ferdjoukh, illustré par Cati Baur
Rue de Sèvres dans la série Quatre soeurs
15 €, 211×275 mm, 151 pages, imprimé en France, 2014.
Quatre soeurs, 2. Hortense
Scénario de Cati Baur et Malika Ferdjoukh, illustré par Cati Baur
Rue de Sèvres dans la série Quatre soeurs
15 €, 211×275 mm, 153 pages, imprimé en France, 2014.
Retour au centre de la terre, 1 – le chant des abysses
de Ludo Lullabi
Glénat dans la collection Grafica
14,95 €, 240×320 mm, 64 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Cet été là
de Mariko Tamako et Jillian Tamako (traduit par Fanny Soubiran)
Rue de Sèvres
20 €, 185×255 mm, 320 pages, imprimé en France, 2014.
Macanudo Numéro 3
de Liniers (traduit par Jean-Paul Partensky)
La pastèque dans la série Macanudo
19,70 €, 222×217 mm, 92 pages, imprimé à Singapour, 2011.
San Mao Le petit vagabond
de Zhang Leping (traduit par Nicolas Henry et Si Mo), préfacé par Nicolas Finet
Les Éditions Fei
33 €, 235×175 mm, 414 pages, imprimé au Québec, 2014.
Découpé en tranche
de Zep
Rue de Sèvres
16 €, 242×290 mm, 100 pages, imprimé en France, 2014 (précédente édition 2006).
Romain & Augustin, un mariage pour tous
Scénario de Thomas Cadène, illustré par Didier Garguilo et Joseph Falzon
Delcourt dans la collection Mirages
17,95 €, 122×264 mm, 141 pages, imprimé en Belgique, 2013.


Ma famille zombieDans la famille de Riri (la panique) il y a Daï, le père qui aime dire « je compte jusqu’à 3 ! » pour se faire obéir, Rourou, la mère qui porte toujours des jupes et des collants couleur chair, Chenille, la grande sœur, qui aime Madonna et tout ce qui est rose, Polochon, la benjamine, qui adore Sissi l’impératrice et à toujours des pulls à manches trop longues et Riri (la panique), donc, qui ne se déplace jamais sans son Kiki ! Il y a aussi Popo et Fladaga, les deux seuls animaux qui ont survécu.

Difficile de résumer Ma famille Zombie de la géniale Éléonore Zuber… mais je peux vous dire que je me suis bien marré en lisant ce premier tome ! Ici, d’une famille un brin déjantée… qui nous fait forcément penser à la nôtre (sauf si vous avez grandi dans la famille Ricoré) ! Extrêmement drôle, mais pas seulement. En nous racontant son enfance, Éléonore Zuber nous rappelle beaucoup de souvenirs. Les voyages en voiture avec les enfants qui se chamaillent, les « han han » pour imiter les grands qui font l’amour, les animaux qui morflent de la naïveté des enfants… Mais on n’est quand même pas dans une BD sur la nostalgie un peu cucul (pas le genre d’Éléonore Zuber), non non ici c’est parfois cruel, on est faussement choqué, mais on rit énormément. Une super BD avec les dessins extraordinaires d’Éléonore Zuber pour ceux qui aiment se marrer. Extraits.
Ma famille zombie, tome 1, d’Éléonore Zuber, Cambourakis, 14€.

Le guide du mauvais pèreUn papa qui oublie de faire la petite souris, qui raconte à sa fille que si elle avale un noyau d’abricot un arbre va lui pousser dans le ventre, qui fait semblant de s’être coupé le bras alors qu’il est en train de tronçonner ou qui mange ses céréales en cachette pour que ses enfants ne lui en piquent pas, ça vous rappelle quelqu’un ?

On reste dans le même esprit que la BD précédente avec là encore un humour un peu noir. Le guide du Mauvais Père de Guy Delisle m’a également beaucoup fait rire. Ce père un peu gaffeur, un peu cruel (pour rire) m’a forcément fait penser à moi et je pense que certains d’entre vous se reconnaîtront. Comme pour le précédent, c’est le genre de livre où l’on rit franchement et où les gens autour de nous se demandent ce qu’on est en train de faire. Une petite BD sous forme de livre de poche vraiment très très drôle pour les amateurs d’humour un peu cruel. Extraits.
Le guide du mauvais père -1-, de Guy Delisle, Shampooing, 9,95 €.

La BD de SoledadUn an dans la vie de Soledad Bravi. Soledad nous explique pourquoi elle ne couchera pas avec Ryan Gosling ou Michael Fassbender, se demande ce qu’est une fille « bonne », nous montre pourquoi Angelina Jolie n’a pas une vie facile, elle observe les ados, les gens dans le métro, parle de la rentrée scolaire ou des soldes…

On change un peu d’univers, mais là encore j’ai beaucoup ri. Même si l’on n’a pas la vie de Soledad Bravi (ce qui est mon cas), on reconnaît des éléments de notre quotidien, des choses qui nous agacent (les enfants des autres, les recettes qui ne ressemblent pas à la photo…) ou nous mettent en joie (nos enfants à nous… parfois…). De grandes planches qui sont sorties dans Elle de mai 2012 à mai 2013 où l’on parle enfants, beauté, shopping et où l’on critique un peu les autres… vous risquez, comme moi, de bien vous amuser !
La BD de Soledad, la compile de l’année, de Soledad Bravi, Rue de Sèvres, 12,50 €.

Gabriel

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