La mare aux mots
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Juliette Parachini-Deny

Les copains d’abord…

Par 11 février 2016 Livres Jeunesse

Qu’est-ce que c’est que l’amitié ? Et la solitude ? À quoi ça sert, les amis ? Voici trois albums qui nous parlent de ce sentiment si précieux et des façons de prendre soin des autres.

Bob et Marley. La maison
Texte de Thierry Dedieu, illustré par Frédéric Marais
Seuil jeunesse
7,50 €, 186×187 mm, 36 pages, imprimé en France, 2015.
Amis d’un jour
Texte de Christelle Vallat, illustré par Juliette Parachini-Deny
Naïve Livres
15 €,215×290 mm, 28 pages, imprimé en Espagne, 2015.
Léo le fantôme
Texte de Mac Barnett (traduit par Gilbert Bouger), illustré par Christian Robinson
Hélium
14,90 €, 210×255 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2016.

 

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Combien de temps…

Par 31 juillet 2014 Livres Jeunesse

Combien de temps…
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j’y pense, mon cœur bat si fort…
Mon pays c’est la vie.
Combien de temps…
Combien ?
Serge ReggianiLe temps qui reste

Le temps est un drôle de bonhommeLe temps est un drôle de bonhomme. La couleur de son manteau change selon les saisons. Il avance, sans se retourner, sans s’arrêter, sans revenir en arrière. On a beau lui courir après, jamais on ne le rattrapera. Le temps change, le temps évolue, ce n’est jamais le même temps, on ne sera plus jamais au temps d’avant. Et même si l’on a l’impression que parfois il prend son temps, il avance toujours, toujours, toujours…
Le Temps est un drôle de bonhomme de Laurence Pérouème et Alexandra Luchie est un album très poétique, tant dans le texte que dans les illustrations. On y parle donc du temps, du cours de la vie, des saisons. Le petit garçon du livre se demande pourquoi parfois le temps semble si long, pourquoi il met tant de temps à grandir. Sa grand-mère, elle, trouve qu’il est passé bien vite.
Un bien bel album.
Des extraits sur le site Petites Madeleines.

UnLe vieux vieux monsieur vieux-vieux monsieur vivait au 33e étage d’un gratte-ciel dépourvu d’ascenseur. Il ne sortait jamais de chez lui, mais de là-haut il regardait les gens d’en bas. Ces derniers en l’apercevant le trouvaient bien mystérieux, ils s’imaginaient la peine que ce vieux-vieux monsieur devait avoir de vivre seul tout là-haut. Ils se trompaient ! Il était heureux, sur son immense terrasse ou dans son grand appartement, il vivait au rythme des saisons et collectionnait les bonnes nouvelles qu’il découpait dans les journaux. Par contre, lui, voyait qu’en bas, plus le temps passait et plus les gens avaient grise mine, ils souriaient de moins en moins… il décida d’y remédier.
Coralie Saudo nous raconte une bien belle histoire, celle d’un vieil homme que tout le monde pense triste et qui pourtant va aider ses concitoyens à aller mieux. Il y a plein de choses dans cet album-là, on y parle du temps qui passe, de la morosité ambiante, de l’importance d’aider les gens, des petits bonheurs.
Une bien belle histoire pour se rappeler l’importance de ces gens qui font de petites actions sans contrepartie pour rendre nos vies bien plus jolies.
Des extraits sur le site de Coralie Saudo.

AppuieLa météo des animaux vite sur le bouton rouge de la télévision et voilà que démarre la météo des animaux ! Chez le lapin, il y a du vent, il préfère rester dans son terrier. Chez la grenouille, il pleut, elle adore ça ! Chez Achille le crocodile, il y a un grand soleil, il en profite pour aller se baigner. Chez Justin le pingouin, tout est blanc !
On termine donc avec un album plein de tendresse et d’humour qui nous parle de la météo à travers les animaux. Juliette Parachini-Deny et Séverine Duchesne ont imaginé un livre plein de malice où les enfants devront participer : appuyer sur le bouton rouge de la télé pour l’allumer, essuyer les lunettes de l’escargot qui est resté sous la pluie ou souffler sur les nuages pour les faire partir.
Un album doux, poétique… et interactif !
Extraits sur le blog de Séverine Duchesne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Laurence Pérouème (Où es-tu, Lulu ?), Coralie Saudo (Ca… caca… catastrophe !, Un pour tous, tous poussin, Et si je mangeais ma soupe ?, Au pied de ma lettre, Habille-toi, Zaza !, Ma classe de A à Z, Le petit pot de Zaza, Jour de grève chez les marmottes, Tout seul !, Tous ensemble !, S’échapper d’une île, 101 moutons au chomâge, Manolo, un boudeur de petit fantôme et Manolo, un cochon de petit fantôme), Juliette Parachini-Deny (Dans mes rêves, Mes deux papas, Monsieur le Chien) et Séverine Duchesne (Je t’aime mon frère, Zizi, Zézette, mode d’emploi, Ça alors !). Retrouvez aussi nos interviews de Coralie Saudo et Séverine Duchesne.

Le Temps est un drôle de bonhomme
Texte de Laurence Pérouème, illustré par Alexandra Luchie
Naïve
15 €, 185×265 mm, 24 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Le vieux-vieux monsieur du 33e étage
Texte de Coralie Saudo, illustré par Raphaëlle Michaud
Pour Penser dans la collection Contes et histoires pour penser à l’endroit
7 €, 200×200 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
La météo des animaux
Texte de Juliette Parachini-Deny, illustré par Séverine Duchesne
Les P’tits Bérets dans la collection La tête sur l’oreiller
12,90 €, 211×207 mm, 30 pages, imprimé en Italie, 2014.

À part ça ?

Picoti 298Le nouveau numéro de Picoti est sorti ! Vous ne connaissez pas Picoti, la revue pour les 9 mois/3 ans (d’après l’éditeur) du groupe Milan ? C’est un mensuel avec des petites histoires et même un cahier pour les parents. Dans ce nouveau numéro on va jouer au pirate avec Guili, préparer la valise des vacances avec Samuel, camper avec Bonhomme, voyager dans les airs (et même détacher un avion en papier cartonné prédécoupé), faire du camping avec Pikou et jouer avec Miffy à un ça se peut ou ça se peut pas ? sur les moyens de transports. Côté parents, ce numéro spécial voyage nous propose des conseils pour partir à l’aventure avec les enfants et nous propose des témoignages de parents qui sont partis avec de jeunes enfants sur le continent américain ou dans un ashram en Inde. On retrouve aussi des conseils de lecture. Encore un très chouette numéro de cette revue pour les petits avec la présence, entre autre, de Nathalie Choux et de Soledad Bravi !
Plus d’informations.
Picoti n°298, 5,95 € chez les marchands de journaux.

Gabriel

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Plongez dans les rêves et les mots !

Par 7 janvier 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux albums pour pénétrer au cœur des rêves et des mots !

dans mes rêvesUne petite fille brune aux cheveux bruns ébouriffés attachés en couettes se met à rêver… Plonger dans un champ de coquelicots ou colorier les murs gris de la ville, grimper jusqu’au ciel, autant d’exemples de songes merveilleux qui peuplent les nuits de l’enfant. C’est fou tout ce qu’il se passe une fois la nuit tombée !

Sous forme d’un bel inventaire poétique et coloré, Dans mes rêves nous propose une liste de pensées imaginaires et extraordinaires, sans limite, et ça tombe plutôt bien à l’aube de cette nouvelle année, plutôt propice aux engagements sérieux et autres bonnes résolutions. Là, on se laisse porter par les mots de Juliette Parachini et les très belles illustrations colorées et pleines de tendresse de Lucie Vandevelde qui retranscrivent parfaitement cette ambiance onirique, mais jamais mélancolique ! Et vous, qu’est-ce qu’on trouve dans vos rêves ?
Vous pouvez consulter quelques pages intérieures sur le site des éditions Les Minots.

dans mon oreilleCette fois, avec Dans mon oreille, on va voyager dans les mots. Observez bien cette couverture : vous voyez le mot oreille, et en gras, à l’intérieur de celui-ci… le mot œil ! Magique ! Et vous retrouvez les deux dans une illustration étrange, poétique et colorée d’Henri Galeron ! Et bien, tout l’album est conçu ainsi ! Dans « Marionnette », il y a « Main », dans « Arbitre », il y a « Arbre » et dans « Ma Mémoire », il y a « Ma Mère »… Et Philippe Annocque pousse même la prouesse jusqu’à trouver des mots dans les lettres d’une phrase !

C’est vraiment une bonne idée, très bien pensée, et une preuve de plus de la richesse de notre langue ! Je suis sûre qu’on peut ensuite s’amuser à en trouver et à en dessiner d’autres, en observant bien (aviez-vous remarqué, par exemple, que dans « La /Mar/e aux /Mots/, on trouve « Marmots » ?) En attendant, on s’exclame, et on se laisse porter par la force des mots justement ! Une belle réussite à proposer à tous, lecteurs ou non !
Vous pouvez feuilleter les premières pages sur le site de l’auteur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Juliette Parachini (Mes deux papas, Monsieur le Chien), de Lucie Vandevelde (Le jardin des secrets et retrouvez également son interview) et d’Henri Galeron (Les bêtes curieuses).

Dans mes rêves
Texte de Juliette Parachini, illustré par Lucie Vandevelde
Les minots
12,50 €, 240×195 mm, 36 pages, imprimé en France, 2013.
Dans mon oreille
Texte de Philippe Annocque, illustré par Henri Galeron
Motus
12 €, 160 x 245 mm, 66 pages, imprimé en France, 2013.

A part ça ?

Gerco de Rujiter prend des photos avec un appareil accroché à un cerf-volant ! Prenez de la hauteur !

Marianne

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Les invités du mercredi : Chun-Liang Yeh, Juliette Parachini et Marjorie Béal (+ concours)

Par 26 juin 2013 Les invités du mercredi

Aujourd’hui j’ai la chance de publier une interview d’un très bon auteur, Chun-Liang Yeh. Nous avons très régulièrement parlé de son travail et vous savez à quel point je l’apprécie. C’est une très belle plume, un de ces auteurs qui nous livre chaque fois des petites merveilles. Il a fait des réponses passionnantes à mes questions, je suis vraiment heureux de vous proposer de les lire. A la suite de cette interview vous pourrez tenter de gagner le superbe Le calligraphe, grâce aux éditions HongFei (dont Chun-Liang Yeh est le co-créateur et y est aussi éditeur). A la suite de cette interview, pour notre rubrique Parlez moi de…, j’ai voulu revenir sur un livre dont on a beaucoup entendu parler ces derniers temps, Mes deux papas, avec ses auteurs Juliette Parachini et Marjorie Béal. Marie Moinard, son éditrice, sera aujourd’hui invitée de Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin (où je suis moi même invité ce jour !). Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Chun-Liang Yeh

Chun-Liang YehQuel a été votre parcours ?
Je suis né et ai grandi à Taïwan, une île à l’est du continent chinois. J’ai passé mon enfance à Kaohsiung, une grande ville portuaire dans le sud du pays. Le paysage maritime a très tôt réveillé en moi l’envie de partir en voyage dans des pays lointains. Dès que j’ai appris à lire et à écrire, j’ai compris intuitivement que c’est avec les mots que je pourrais voyager vraiment loin, plus loin que le bout du monde, dans le cœur des gens.

Entré à l’Université de Taïwan pour des études en science physique, j’ai eu la chance d’y être également initié aux littératures européennes. J’ai ainsi été introduit au monde de la création comme lecteur avisé, ensuite comme architecte après mon diplôme obtenu à Paris, et enfin comme éditeur et auteur pour la littérature jeunesse depuis six ans.Pi Po Pierrot

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Deux albums illustrés, lus avant mes dix ans, m’ont laissé un souvenir ému. Je parlerai toutefois plus volontiers du premier livre qui fut déterminant dans l’orientation que je donnerais plus tard à ma vie. J’avais alors onze ans. Le livre s’intitule Nouvelles de Sahara signé par la romancière taïwanaise Sanmao. Celle-ci a fasciné toute une génération de Taïwanais dans les années 1980 (et plus tard les Chinois du continent) par son allure de bohème et ses aventures hors de portée de la plupart des gens de l’époque. Grâce à ses récits, j’ai pris conscience que ma vie rêvée était celle d’un voyageur, libre de ses mouvements et dans son esprit. Puis, à la bibliothèque du collège,Couv-Yexian j’ai trouvé dans  L’Attrape-cœurs  de J.D. Salinger (en traduction chinoise) la promesse et l’invitation à une vie de rebelle et naturellement empreinte de générosité. Puis, au lycée, Demian de Hermann Hesse m’a accompagné dans une quête solitaire où le désespoir n’est pas sans beauté. Ces ouvrages, parmi d’autres, m’ont marqué durablement et m’aident, je pense, à développer de véritables échanges avec les enfants dans les classes aujourd’hui.

Quelle place tient encore la Chine aujourd’hui dans votre vie, dans votre écriture ?
Chinois de Taïwan, je vis en France depuis vingt ans. Ma vie professionnelle et personnelle ne m’amène pas à fréquenter spécialement mes compatriotes en France, et il faudrait une occasion vraiment exceptionnelle pour que je cuisine chinois. Pour les gens ici, la Chine peut être passionnante, déplaisante ou ne pas susciter d’intérêt Le duc aime le dragon du tout ; ils vivent la Chine de l’extérieur. Moi, je la vis de l’intérieur, elle est comme un jardin secret où je trouve refuge et me ressource. Les enseignements que j’ai reçus petit, notamment ceux sur la connaissance de soi et des autres, les repères et les valeurs qui m’ont aidé à me libérer et à me conduire en société, sont des graines qui germent et s’épanouissent aujourd’hui sur le sol français. Ce jardin secret n’est toutefois pas clos : il suffit d’aimer la vie pour trouver le chemin qui y mène.

Comme auteur, mon centre d’intérêt n’est pas rendre une Chine traditionnelle, idéalisée et éternelle pour le public français. J’essaie plutôt, à travers ma création, de suggérer un regard et une manière d’être au monde, d’aimer la vie et ainsi d’accéder au « jardin secret » dont j’ai parlé plus haut. Pour y parvenir, j’ai la chance de me nourrir de la tradition littéraire et de l’humanisme chinois, mais ce fond culturel m’a également préparé à admirer les grands esprits et embrasser les belles âmes sous d’autres cieux. Je revendique d’être un auteur chinois qui, ayant côtoyé en lecture D.H. Lawrence et E.M. Forster, s’exprime dans la langue d’André Gide. Ce cosmopolitisme a caractérisé l’Europe des Lumières. J’espère tant qu’elle ne l’oubliera pas.

Le calligrapheParlez-nous de Le Calligraphe, votre dernier album sorti chez HongFei.
Wang Xizhi, le plus célèbre des calligraphes de la Chine classique, pourrait se vanter d’être un personnage historique dont la vie est une des plus riches en anecdotes. On les raconte depuis 16 siècles comme si elles étaient arrivées hier à un voisin ou un cousin ! C’est ainsi qu’il est censé avoir exercé son talent au bénéfice d’une vieille marchande d’éventails. A partir de ce « pré-texte », j’ai développé une histoire qui introduit, entre autres choses, deux regards en décalage par rapport au point de vue dominant en France. Le premier consiste à désacraliser l’art et à rendre à l’artiste sa part d’humanité. Le deuxième touche à la valeur – marchande – des choses : en effet, dans ma culture et d’après mon expérience, le monde du commerce, plutôt absent des livres pour enfants, n’est pas par nature vicié ou avilissant. Abordé avec justesse et humour, il peut même nous apprendre beaucoup sur nos désirs et motivations, lesquels sont intimement liés à notre épanouissement et à notre bonheur.

Quels sont les contes de votre enfance que vous n’avez pas encore couchés sur papier et que vous rêveriez de faire ?
Ma réponse va peut-être vous surprendre pour plusieurs raisons. Premièrement, les contes ont occupé une place somme toute limitée dans mon bonheur d’enfance ; si certains m’ont donné du plaisir, ce n’est pas pour autant que les enfants en France pourraient les aimer. Deuxièmement, comme auteur ma préoccupation est bien plus la création que la transmission et la diffusion de contes venus d’ailleurs (en l’occurrence de Chine). L’écriture du Calligraphe, évoquée à l’instant, en fournit un exemple : lorsqu’il m’arrive de raconter une histoire ancienne ou connue en Chine, je n’en propose pas uneL"auberge des ânes transcription en langue française mais une re-création unique dotée d’une intention, qui prend corps et âme sous ma plume. Les Deux Paysages de l’empereur, un de mes autres albums, illustre bien ce même propos exposé dans un billet de notre blog « Créations originales et la tradition ». Ceci dit, je vais tout de même tenter une réponse à votre question : je me souviens bien du plaisir étrange que j’éprouvais en lisant la confession des damnés en enfer dans un texte de vulgarisation du bouddhisme, tout comme l’Inferno de Dante découvert des années plus tard. Ce vertige devant la cruauté, la fragilité et l’obscurité de l’âme humaine a participé à la formation de mon caractère d’homme et à ma sensibilité d’auteur, et m’inspirera peut-être pour la création d’un récit pour adultes, à mille lieues de l’adaptation d’un récit bouddhique pour les enfants en France.

Quels sont vos projets ?
Hélas ! La conception ou la réalisation, pour le compte des éditions HongFei, de nos projets éditoriaux occupent l’essentiel de mon temps ; je ne pense pas avoir le loisir de développer des projets plus personnels avant quelques temps. Malgré tout, je garde l’espoir de les réaliser un jour, peut-être aussi pour les lecteurs adultes, pourquoi pas en chinois ? L’avenir reste ouvert…

Bibliographie :

Prochainement :

  • La Langue des oiseaux, illustré par Clémence Pollet ; recueil de quatre contes chinois à paraître en septembre 2013.

Le calligrapheComme je vous le disais avant cette interview, grâce aux éditions HongFei, je vais faire un chanceux parmi vous ! L’un de vous va gagner Le calligraphe, un super album dans lequel un homme transforme un objet du quotidien en œuvre d’art. Dites-moi, en commentaire, quel est l’artiste qui vous touche le plus (peintre, sculpteur… ou autre !) et l’un de vous, celui qui sera tiré au sort, gagnera ce très beau livre. Vous avez jusqu’à lundi 20h… bonne chance à tous !


Parlez moi de… Mes deux papas

Une fois par mois on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette semaine c’est Mes deux papas, le livre de Juliette Parachini et Marjorie Béal sur lequel j’ai eu envie de revenir.

Juliette ParachiniJuliette Parachini (auteur) :
J’ai écrit ce texte avant les polémiques qui ont accompagné les discussions autour du ‘mariage pour tous’. L’idée que des enfants puissent être considérés comme différents car leur schéma familial n’est pas dans la norme me fait frissonner.
Je peux comprendre que le sujet heurte certaines personnes. Je ne peux pas comprendre qu’il puisse générer une telle intolérance et une telle haine.
J’ai envoyé ce texte à Marie Moinard qui l’a accueilli de façon très positive. Elle m’a proposé Marjorie Béal pour illustrer l’album : ma réponse a été : « OUI ! ».
J’ai écrit ce texte pour les petits. Je réalise aujourd’hui qu’il s’adresse également aux beaucoup plus grands…

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Mes deux papas de Juliette Parachini-Deny et Marjorie Béal, édité par Des ronds dans l’O (2013), que nous avons chroniqué ici.

Juliette Parachini-Deny vient de sortir les tomes 5 et 6 de la collection Boules de poils et Cie chez Fleurus. Vous pouvez la retrouver sur son blog :  http://julietteparachini.blogspot.fr/

 

Marjorie BéalMarjorie Béal (illustratrice) :
Marie Moinard, l’éditrice m’a envoyé le texte Mes deux papas de Juliette Parachini-Deny, en me proposant de faire un essai.
J’ai tout de suite été séduite par le texte, des mots simples et justes, une histoire qui ne parle que d’amour, et de tolérance. Ce texte s’est envolé dans ma boîte mail, à un moment opportun, j’ai travaillé dessus avec mon cœur, étant révoltée par les propos méprisants et violents qui fleurissaient suite au débat sur le mariage pour tous.
C’est donc avec grand plaisir et fierté, que j’ai décidé de l’illustrer.
J’ai choisi de travailler le trait fin, à l’encre et de manière épurée, et d’effectuer une colorisation choisie de certains éléments, afin de mettre l’accent sur certaines actions de l’histoire, j’ai proposé à Marie et Juliette (une planche de Tom , Enzo et Lilou ) et elles m’ont fait confiance pour travailler sur ce projet qui nous tient à cœur.

Marjorie Béal vient de sortir deux albums en même temps ! Et toute la ville s’éveille (illustration d’un texte de Laurie Cohen) chez Balivernes et C’est qui le roi des animaux ? (illustration d’un texte d’Agnès Laroche) chez De la Martinière Jeunesse. Vous pouvez la retrouver sur son blog : http://marjoriebealillu.overblog.com

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Les garçons aussi ont des enfants

Par 7 juin 2013 Livres Jeunesse

Deux livres qui luttent contre les stéréotypes, le premier parle de deux papas et le second des garçons qui aiment les poupées. Au-delà du sujet sur l’homoparentalité ou sur le fait d’offrir ou pas une poupée à un garçon, on parle aussi du fait que les garçons aussi aiment les enfants. Dès qu’on parle d’enfants dans les médias on ne parle jamais des pères, on ne s’adresse qu’aux femmes, comme si seules les femmes étaient préoccupées par leur progéniture…

Mes deux papasTom et Enzo ne se quittent pas, ces deux-là s’aiment vraiment et aiment s’endormir l’un contre l’autre. Un matin ils découvrent un nid dans une branche au-dessus de la leur… et dans le nid un œuf ! Imaginez la joie de nos deux oiseaux qui voulaient justement un bébé… Ils commencent donc à couver cet œuf et bientôt les voilà papas ! Mais forcément quand leur petite fille va à l’école ça suscite des questionnements de la part des autres. Mais le plus important c’est d’avoir une famille, non ?

Mes deux papas sort juste au bon moment (quand on sait le temps que nécessite un livre entre son écriture et sa sortie on ne pourra pas Mes Deux Papassoupçonner les auteurs d’opportunisme !), alors qu’on a vu un déferlement de propos ignobles, de pancartes puantes, voilà un livre qui va rassurer les enfants qui vivent dans des familles homoparentales (car soyons francs, ce genre de livre ne fait pas avancer les mentalités, les homophobes ne vont pas changer d’opinion après avoir lu un livre, mais il a le mérite de montrer aux enfants qui vivent dans des familles de ce type qu’ils ne sont pas les seuls et de montrer aux enfants, en général, que toutes sortes de familles existent). Espérons que ce genre de livre sera de plus en plus courant, et qu’ils seront aussi bien illustrés que celui-ci ! Un bel album sur une famille comme les autres.

La poupée d'AugusteParmi tous les jouets qui existent, celui qui plairait le plus à Auguste c’est une poupée. Une poupée ? Mais Auguste est un garçon ! Pour son père c’est hors de question, il lui offre un ballon, ÇA c’est pour les garçons ! Mais Auguste n’est pas heureux avec ce ballon, avec une poupée il pourrait en être le papa, lui changer ses vêtements, la coucher… que faire d’un ballon ? Alors Auguste continue de rêver devant la vitrine du magasin, sous les moqueries des copains qui le traitent de femmelette.

J’ai vu plusieurs fois ce que vit Auguste quand j’étais vendeur dans un magasin pour enfants. Les garçons voient leurs pères s’occuper de leurs petits frères ou petites sœurs et donc veulent l’imiter et jouer aussi à la poupée… pourtant les pères (parfois les grands-parentsLa poupée d'Auguste aussi, rarement les mères bizarrement) continuent de penser qu’un enfant qui joue à la poupée deviendra homosexuel (bon et quand bien même… mais ne digressons pas…). La poupée d’Auguste est un très bon album sur le sujet. Le texte de Charlotte Zolotow est très bien écrit et les illustrations de Clothilde Delacroix l’accompagnent parfaitement. La poupée d’Auguste est un très bon album que j’ai tout de suite adoré.

Quelques pas de plus…
Retrouvez notre chronique sur l’homoparentalité dans les livres pour enfants et notre fiche thématique sur les livres anti-sexisme.
Nous avons déjà chroniqué des livres de Juliette Parachini-Deny (Monsieur Chien) et de Marjorie Béal (Si petit, Si grand, Ma maison du bout du monde et La fabrique extraordinaire).
Maman Baobab et Les lectures de Liyah ont aussi chroniqué Mes deux papas. A l’ombre du saule et Enfantipages ont chroniqué La poupée d’Auguste.

EDIT : Juliette Parachini-Deny et Marjorie Béal nous parlent de Mes deux papas.

Mes deux papas
de Juliette Parachini-Deny, illustré par Marjorie Béal
Des ronds dans l’O
10€, 208×210 mm, 24 pages, imprimé en France, 2013.
La poupée d’Auguste
de Charlotte Zolotow (traduit par Talents Hauts), illustré par Clothilde Delacroix
Talents Hauts
12,50€, 215×206 mm, 17 pages, imprimé en Espagne, 2012.

A part ça ?

BD, DVD, livres pour enfants : la portion congrue des héroïnes, un très bon article de l’Observatoire des inégalités.

Gabriel

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