La mare aux mots
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L. Nord

Toutes les filles sont des princesses… qui pètent ! (une nouvelle chronique antisexiste)

Par 13 avril 2015 Livres Jeunesse

Même les princesses pètentLaura rentre tracassée de l’école. Il y a eu un débat avec ses camarades : les princesses pètent-elles ou pas ? Son père sait où trouver la solution, dans Le grand livre secret des princesses au chapitre Problèmes gastro-intestinaux.
C’est Magali Le Huche qui illustre cet album extrêmement drôle et ça a certainement participé au fait qu’on ait adoré l’ouvrage. Ici, on va donc tout savoir des flatulences des personnages de contes… vous saurez enfin pourquoi Cendrillon est partie aussi vite du bal du prince ou pourquoi on avait enfermé Blanche Neige dans un cercueil de verre. Les parents se marrent autant en lisant l’histoire que les enfants en l’écoutant. On regrette juste que seuls trois cas de personnages soient traités… on espère une suite !
Un super album pour se rappeler que princesse ou pas, tout le monde pète (et pas des paillettes) !
Des extraits sur le site de l’éditeur.

PHILOMENE M_AIMEQuand Philomène passe, tout s’arrête. Tous les garçons perdent leurs moyens, deviennent bêtas ou ne sont plus capables de faire quoi que ce soit. Pourtant Philomène, elle, continue son chemin… Car Philomène a autre chose en tête…
J’en suis navré, mais je vais devoir vous révéler la fin de Philomène m’aime, car c’est sa chute qui fait essentiellement l’intérêt de l’ouvrage. Si tous les garçons aiment Philomène, elle, c’est Lila qu’elle aime. C’est dit de façon subtile (ici, pas de gros sabots), et naturelle. Le message passe comme une lettre à la poste.
Un très bel album pour montrer que l’homosexualité ce n’est pas une chose si importante.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Princesse... comme je veux !Elle aimerait être une princesse ! Une princesse ? Sa mère s’offusque, une princesse c’est tellement ennuyeux. Ça passe son temps à attendre le prince charmant pendant que celui-ci combat des dragons. Il cavale sur son beau cheval blanc pendant que la princesse, elle, s’exerce à porter couronnes et diadèmes. Non vraiment, princesse c’est pas terrible… mais la petite fille a une bonne raison de vouloir en être une !
Album antisexiste, ou pas ? Chacun se fera son opinion (et je vous donne mon avis quand j’ai fini de débattre avec moi-même). La mère, elle, en tout cas essaye de montrer à son enfant à quel point suivre le modèle des princesses n’est pas forcément un modèle de vie. La chute me laisse plus perplexe. Même si je n’ai pas du tout accroché aux illustrations, c’est quand même un album que je trouve intéressant, car il rappelle qu’une fille ne doit pas avoir comme objectif de vie d’attendre le prince charmant (bon et c’est donc la que la chute me laisse dubitatif…)
Un album pour, pourquoi pas, débattre, en famille, sur l’image de la femme dans les contes de fées.
Ajout de dernière minute : suite à une conversation téléphonique avec Lila du très bon blog Fille d’Album, je maintiens que c’est un album qui est plutôt destiné au débat car lu par un enfant seul, le message reste plus sexiste au final.
Des extraits sur le site de l’éditeur, où vous pourrez vous faire votre propre avis.

margaux la miss cracra des coquinettesMargaux, c’est pas le style de fille à prendre toujours soin d’elle. On la voit rarement propre et bien arrangée, non elle, ce qu’elle aime c’est se jeter dans les flaques, pas se laver et se coiffer ! Mais un jour, un joli garçon débarque dans l’école…
Alors c’est une sacrée surprise, car j’avoue que le titre Margaux, la miss cra-cra des coquinettes… avec du doré sur la couv’ je ne suis pas emballé d’avance… et pourtant ! Pourtant Margaux est une jeune fille qui refuse d’être ressembler au modèle qu’on lui donne de la féminité, mais qui, pour séduire un garçon va essayer de changer sa personnalité… et c’est une bien mauvaise idée ! Ici, on rappelle qu’il faut rester soi-même, que ce ne sont pas forcément les filles bien apprêtées qui plaisent aux garçons. Bref, elle me plaît bien cette Margaux !
Un album qui, sous ses allures d’album très grand public, rappelle qu’on n’est pas obligé d’être dans la norme.
Le même vu par Les lectures de Liyah.

Sauvetage impossibleMax s’est fait voler son goûter par Clodomir et Alfredo et il ne sait pas trop comment le récupérer, Zazie arrive pour le sauver. Sauf que bon… pour un garçon, être sauvé par une fille c’est un peu la honte… On peut compter sur Zazie pour trouver une solution.
Ah la fameuse Zazie, on l’adore ! Même si, une nouvelle fois, on préfère les illustrations géniales de Delphine Durand aux captures d’écran du dessin animé 3D, on est ravi de retrouver la petite héroïne qui n’a de cesse de combattre les stéréotypes sexistes.
Un personnage qu’on adore dans une nouvelle aventure.
Le même vu par Maman Baobab et par À l’ombre du saule.

Mademoiselle Zazie a-t-elle un ziziEt puisqu’on adore Zazie et qu’on préfère très largement les illustrations d’origine, sachez que Nathan a l’excellente idée de rééditer le premier album en grand format ! Quand Zazie débarque dans l’école, Max est perturbé. Il faut dire que pour lui, avant, tout était simple : il y avait les avec-zizi (qui sont forts et qui jouent au foot) et les sans-zizi (qui jouent à la poupée et dessinent des fleurs). Sauf que Zazie correspond plutôt à la première catégorie… Zazie a-t-elle un zizi ?

Marre du roseEt tant qu’on y est on salue la réédition en petit format (et donc petit prix) de Marre du rose, un grand classique du genre signé Nathalie Hense et Ilya Green. L’histoire d’une petite fille qui n’aime pas le rose, mais qui refuse le terme de garçon manqué. Un album qu’on aime décidément beaucoup.
On avait déjà chroniqué ici, cet album mais retrouvez aussi les avis de La soupe de l’espace, Chez Clarabel, Le blog de Lila, et bien sûr Fille d’albums.

Quelques pas de plus…
Retrouvez les livres antisexistes que nous avons chroniqués ici.
Nous avons déjà chroniqué des albums d’Ilan Brenman (Le téléphone sans fil et Bâillons !), de Magali Le Huche (Paco et la fanfare, Paco et l’orchestre, Jean-Michel et Victoria la fée, Ferme ton bec !, Le chat d’Elsa, Les Pourquoi de Non-Non, Pépito super-héros, Drôles de courses pour Monsieur Ours, Non-non veut faire du sport mais a un peu la flemme, Le loup et la soupe aux pois, À la piscine, L’arpenteur, Le voyage d’Agathe et son gros sac et Le poisson perroquet), de L.Nord (Ras-le-bol d’être une princesse, Les poupées musclées et Le papa mystère), de Thierry Lenain (Mademoiselle Zazie ne veut pas être hôtesse de l’air, Mademoiselle Zazie a des gros nénés, Graine de bébé et Un marronnier sous les étoiles), de Delphine Durand (Mademoiselle Zazie ne veut pas être hôtesse de l’air et Mademoiselle Zazie a des gros nénés), de Nathalie Hense (Une petite heure perdue) et d’Ilya Green (Sophie et les petites salades, La dictature des petites couettes, Achile et la rivière, Bulle et Bob au jardin, Nos beaux doudous, Bulle et Bob à l’école, Mon arbre, Marre du rose, Bulle et Bob préparent Noël, Les plus belles berceuses jazz, Bulle et Bob à la plage, Peter Pan et Wendy, Bulle et Bob dans la cuisine et Le masque). Retrouvez aussi notre interview de Magali le Huche.

Même les princesses pètent
Texte d’Ilan Brenman (traduit par Dorothée de Bruchard), illustré par Magali Le Huche
p’titGlénat dans la collection Vitamine
11€, 213×257 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Philomène m’aime
de Jean-Christophe Mazurie
p’titGlénat dans la collection Vitamine
10 €, 213×257 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2011.
Princesse… comme je veux !
Texte de Myrna Massad Rougier, illustré par Zeina Bassil
Samir éditeur
13,50 €, 270×280 mm, 36 pages, imprimé au Liban, 2013.
Margaux, la miss cra-cra des Coquinettes
Texte de Fabienne Blanchut, illustré par Camille Dubois
Deux coqs d’or dans la collection Les coquinettes
5,50 €, 198×253 mm, 20 pages, imprimé en Roumanie chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Mademoiselle Zazie, sauvetage impossible
de L. Nord (d’après l’œuvre un scénario de Nicolas Digard)
Nathan dans la collection Mademoiselle Zazie
5,95 €, 173×221 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ?
Texte de Thierry Lenain, illustré par Delphine Durand
Nathan
10 €, 223×273 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015 (première édition 1998).
Marre du rose
Texte de Nathalie Hense, illustré par Ilya Green
Albin Michel Jeunesse dans la collection Panda Poche
5,50 €, 150×198 mm, 36 pages, imprimé en France, 2014.

À part ça ?

Olivier Tallec parle de Moi devant et de Bonne journée dans une vidéo de Mollat.

Gabriel

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Des filles et des garçons

Par 14 avril 2014 Livres Jeunesse

Une nouvelle chronique sur les livres qui promeuvent l’antisexisme, parce que ça fait du bien. Et en plus, c’est une chronique croisée avec Maman Baobab, c’est chouette, non ?

Et si l’on commençait par rappeler les droits de chacun ?

La déclaration des droits des fillesL’article 1 des droits des garçons le rappelle, oui ils ont le droit de pleurer et de se faire dorloter ! Ils ont aussi le droit d’être coquets, de jouer à la poupée, d’être bons en lecture et nuls en bricolage ou encore de faire de la danse ou de la couture. Les filles, elles, ont le droit d’être débraillées, d’être fortes en maths, de grimper aux arbres, de faire du foot ou du judo, de regarder des films d’horreur ou encore d’avoir les cheveux courts. Filles et garçons ont le droit d’aimer qui leur plaît, filles ou garçons !

Douze articles chacun et tous pleins de bons La déclaration des droits des garçonssens, voire même évidents… mais pas pour tout le monde (hélas). Génial (disons les choses) support pour parler des stéréotypes, Elisabeth Brami et Estelle Billon-Spagnol nous livrent deux petits livres qu’il faudrait absolument placer dans toutes les écoles (d’ailleurs, je propose à Talents Hauts de décliner chaque page en affiche) ! Estelle Billon-Spagnol, à partir des petits textes d’Elisabeth Brami, a fait des dessins hilarants dont elle a le secret. Les raconter serait contre-productif (racontés comme ça, c’est forcément pas drôle), mais vous pouvez voir quelques extraits en ligne (ici par exemple). Deux petits ouvrages absolument IN-DIS-PEN-SA-BLES !

BrindillePavlina n’était pas une petite fille ordinaire. Elle grandissait dans une famille où il n’y avait que des garçons pas vraiment méchants, juste un peu lourdauds. À côté d’eux, Pavlina semblait toute petite, on la surnomma Brindille. Seule fille, c’était à elle qu’incombait les tâches domestiques et quand elle essayait d’y couper il fallait se battre… et c’est parfois avec un œil au beurre noir qu’elle s’en sortait. Un jour, Brindille en eut assez et sous l’hilarité générale elle annonça qu’elle voulait se mettre à la boxe !

On adore les héroïnes comme Brindille. Une petite fille au fort caractère, capable de boxer autant que de faire du piano. Et surtout, qu’elles sont belles les illustrations de Rémi Courgeon ! OK, ce n’est pas nouveau (j’en parlais encore vendredi), mais quel bonheur ! Surtout qu’ici le livre est très grand et donc elles sont magnifiquement mises en valeur (avec un beau papier qui plus est). On parle donc ici de se battre pour avoir les mêmes choses que les garçons, qu’il n’y a pas de fatalité. Un magnifique album signé par un de nos plus talentueux illustrateurs.
Le même vu par Le cabas de Za (avec de nombreuses illustrations intérieures).

Zazie Ras le Bol d'être une PrincesseAu parc retentissent des BLANG ! CLONG ! BLANG ! CLONG ! C’est Max qui a un nouveau tambour ! Et il annonce un spectacle ! Un spectacle ? Tout le monde y croit, c’est malin maintenant faut le préparer. Allez c’est parti, Exaucée a une histoire et distribue les rôles : Tarek fera les décors, Cindy s’occupera des accessoires, Max jouera le prince et Zazie la princesse. PARDON ??? La princesse ? Genre la robe rose bonbon et tout ça ? HORS DE QUESTION ! Zazie veut bien jouer un dragon à la limite, mais la princesse non non non !

Pedro est catastrophé ! Il vient de voir son meilleur ami Max avec une poupée dans les mains. Comme il n’a pas suivi le début, il ne sait pas, lui, qu’en fait ce n’est pas une princesse nunuche, mais une guerrière de l’espace ! Lui ne voit qu’une poupée, forcément ! Zazie Les Poupées MuscléesAlors d’un coup il a peur, si Max commence comme ça bientôt il aura des couettes et se transformera en fille ! Vite, il faut agir, faire tout ce qui est possible pour le faire lâcher sa poupée, quitte même à utiliser Jim Barroud, un mannequin en plastique qui n’a rien d’une poupée, lui.

Deux albums d’un personnage que les enfants connaissent bien, Zazie. On avait déjà parlé de l’adaptation en livres de l’adaptation en dessin animé des livres de Thierry Lenain et Delphine Durand (oui, c’est pas simple), et je vous avais dit tout le mal que je pensais des illustrations, surtout comparées aux super dessins des originaux. Mais là encore, ce sont des histoires très sympas qui luttent aussi contre les clichés sexistes. Même s’il vaut mieux se procurer les premiers livres, les enfants seront heureux de retrouver ici un personnage qu’ils aiment voir à la télévision.
Ras-le bol d’être une princesse vu par Chez Clarabel.

Les mots indispensables pour parler du sexismeQuand j’ai vu qu’était sorti un livre sur le sexisme, Les mots indispensables pour parler du sexisme, j’étais vraiment très intéressé. On parle beaucoup (trop ?) du féminisme, et pas assez du sexisme. Comme je le dis souvent, c’est ensemble qu’on avancera dans l’égalité des sexes et pas les uns envers les autres. C’est en déconstruisant tous les clichés sexistes qu’on fera reculer les inégalités. Bref, je commençai donc, réjoui, la lecture de ce petit livre sorti chez Syros… J’avoue avoir été un peu déçu parfois. Même si c’est un très bon livre (mais je le dirai ensuite, évacuons tout de suite ce qui fâche pour vite l’oublier et se concentrer sur les points positifs), ici c’est quand même surtout un livre féministe. On parle de la difficulté des filles qui font du foot… mais pas un mot sur les garçons qui font de la danse (par exemple). On parle du viol et tout le chapitre concerne les femmes (sauf quand il est rappelé qu’un-e violé-e sur dix est un garçon… mais juste ça…). On parle des soucis des femmes à accéder à certains métiers, mais pas l’inverse (alors que, croyez-moi d’expérience, ça existe). Dans le chapitre sur la rumeur, on nous explique à quel point ça détruit surtout les filles (alors que de nombreux garçons se suicident aussi à cause de vidéos lancées sur internet, notamment par rapport à l’homosexualité). On nous explique que s’il y a moins d’enfants confiés aux pères lors des divorces c’est à cause de « la plus forte proportion d’hommes violents à qui on ne peut pas confier d’enfants » (si ça, ce n’est pas un propos sexiste…). Dans la partie sur les kilos on nous parle du diktat de la minceur chez les femmes, notamment à cause de la pub, sans nous dire que chez les hommes on y arrive de plus en plus avec des mannequins toujours imberbes et bodybuildés. J’ai eu aussi quelques doutes sur l’utilité de certaines entrées (alors que, d’après moi, il y a quelques manques, comme parler de l’image des pères au foyer dans la société ou de la difficulté des pères de prendre leurs congés parentaux), mais bon… Bref, j’avoue qu’à plusieurs moments j’ai eu quelques remontées acides ! Mais passons ce sujet de discorde (qui ne choquera peut-être que moi), donc, pour nous concentrer sur le reste. Construit comme un abécédaire, Les mots indispensables pour parler du sexisme est un livre très bien fait. Le genre de livre très bien construit dans lequel on peut piocher plein de choses (ou lire d’une traite, car il est vraiment intéressant). Les auteurs ont vraiment réussi à aborder beaucoup de thèmes, généralement avec justesse, complétant leurs propos avec des chiffres. On trouve ici, donc, des chapitres sur le rose et le bleu, le genre, les métiers, les seins, la jupe mais aussi quelques entrées sur des personnalités (Olympe de Gouges, Simone de Beauvoir, Angela Davis…). Parce qu’il est temps que ça change, qu’on en finisse avec le sexisme, voilà un petit livre indispensable (à partir de 14 ans d’après l’éditeur) !

Quelques pas de plus…
Retrouvez donc la chronique du jour de Maman Baobab, sur le même sujet.
Nous parlons régulièrement des livres qui combattent les clichés sexistes. Tout ceux dont nous avons parlé sont regroupés ici (et retrouvez ma chronique radio sur le sujet ).
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Estelle Billon-Spagnol (Grong, Bonne nuit Eddie, La catcheuse et le danseur, Bad Lino, Les chaussettes qui puent, Les sœurs Tsss, La planète des mius, Ti-Jack, Chiche !, La rentrée de Jacotte, Jacotte en vacances, 5h22, Petit Lagouin, Le jardin du secret, Jacotte, Le petit bois du dimanche soir, À table et Mister Mok), Elisabeth Brami (Moi j’adore, maman déteste et vice-versa) et Rémi Courgeon (Gros Chagrin, Le grand arbre et autres histoiresContes d’Afrique, Pieds nusToujours debout, Pas de ciel sans oiseaux et Elvis Presley). Nous avons également interviewé Estelle Billon-Spagnol et Rémi Courgeon.

La déclaration des droits des filles
Texte d’Élisabeth Brami, illustré par Estelle Billon-Spagnol
Talents Hauts
11,90 €, 157×217 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2014.
La déclaration des droits des garçons
Texte d’Élisabeth Brami, illustré par Estelle Billon-Spagnol
Talents Hauts
11,90 €, 157×217 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2014.
Brindille
de Rémi Courgeon
Milan
16,95 €, 264×368 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2012.
Ras-le-bol d’être une princesse
Texte de L. Nord d’après un scénario de Maud Garnier et David Robert
Nathan dans la collection Mademoiselle Zazie
5,95 €, 174×222 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Les poupées musclées
Texte de L. Nord d’après un scénario de Joris Morio
Nathan dans la collection Mademoiselle Zazie
5,95 €, 174×222 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Les mots indispensables pour parler du Sexisme
de Jessie Magana et Alexandre Messager
Syros dans la collection Les documents Syros
12 €, 120×168 mm, 168 pages, imprimé en France, 2014.

À part ça ?

Tempête sous un crâneÀ Saint Ouen (93), au collège Joséphine Baker, Alice, professeur de français, et Isabelle, professeur d’art plastique, tentent d’enseigner devant des classes qui ne sont pas toujours attentives. En plus du programme, il faut sans arrêt faire des rappels à l’ordre, enseigner la discipline, séparer les élèves qui se battent, supporter le brouhaha presque incessant, les élèves qui arrivent au milieu du cours, ceux qui ont leur portable à la main. Armées d’humour, elles affrontent le quotidien, tentent de faire s’élever, parfois contre leur volonté, des élèves qui ne sont pas tous nés avec les mêmes armes. Tempête sous un crâne était sorti au cinéma l’année dernière, il vient de sortir en DVD. Loin d’être plombant (comme le sont parfois des films et documentaires tournés dans les écoles, généralement du 93), on voit ici aussi les rires, les bons moments. Alors bien sûr il y a aussi les moments où l’on se demande comment Alice tient face à une classe aussi dissipée, les réunions du personnel encadrant se demandant quelles sont les solutions face à un élève qui semble dealer dans l’établissement, certains ados qui ne connaissent que la violence comme langage, mais il y a aussi les œuvres créées en cours d’art plastique qu’expose Isabelle et les lettres écrites en français sur le modèle du J’accuse de Zola. Ces moments qui en disent long, qui nous prennent aux tripes. Il y’a les rires en plus des cris, l’espoir est plus présent que l’envie de baisser les bras. Un très beau documentaire sur une classe parmi tant d’autres dans une école de la République Française.
Vous pouvez vous procurer ce DVD notamment sur le site du Point du jour.

Bande annonce :

Gabriel

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Ah les parents…

Par 13 mars 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on va parler d’un douloureux problème : les parents. Dans cette sélection d’ouvrages (dont la plupart sont quand même extraordinaires, aujourd’hui votre banquier va me détester) on va en rencontrer des absents (et même quand ils sont là), des qui jurent, des qui nous enquiquinent, des qui espèrent un peu trop de nous, mais surtout des qui nous aiment. Mais commençons par répondre à une grande question : Comment naissent les parents ?

Mais... comment naissent les parents ?Un souriceau se pose une question, cette question lui tourne en tête depuis quelque temps… Comment naissent les parents ? Il aimerait bien demander à son papa ou à sa maman, mais ils sont bien trop occupés, alors il demande à son copain Robin qui lui explique que c’est parce que ses parents s’aimaient beaucoup que son papa a mis son pollen dans la fleur de sa maman. Yasmine, elle, a une autre version. Elle n’a pas du tout fabriqué ses parents comme ça, ils avaient beau beaucoup s’aimer leur pollen et leur fleur ne faisaient rien alors il a fallu remplir des papiers et ça n’a pas duré neuf mois, mais trois ans. Tim a encore une autre version à base d’éprouvettes, pour Maïté avec ses deux mamans c’est encore autre chose. Ça en fait des façons de fabriquer les parents !

Gros coup de cœur pour cet album tout en délicatesse et en poésie, tant dans les illustrations que dans le texte. On parle donc ici de toutes les façons de devenir parents (et donc de toutes les façons de faire un bébé, vous l’aurez compris), mais vraiment avec une infinie douceur. Un livre qui sait autant manier l’humour, la poésie et être aussi bien illustré, on ne peut qu’adhérer. Un magnifique ouvrage.

Le Papa MystèreDans la cour de l’école, les enfants discutent, parlent de leur week-end. Zazie est triste de savoir que Cindy n’a pas de papa, Alfredo et Clodomir, eux, ne sont pas tristes du tout et ils se moquent même « Cin-dy -sans-pa-pa ! Cin-dy -sans-pa-pa ! » chantent-ils. Mais Cindy ne va pas se laisser faire, elle leur raconte qu’elle a bel et bien un papa, qu’il est agent secret et que si elle l’appelle…

J’ai toujours beaucoup de mal avec les adaptations de dessins animés qui reprennent, comme illustrations, des captures d’écrans. Je trouve ça, disons-le franchement, particulièrement laid. La novélisation de la série Mademoiselle Zazie n’échappe pas à la règle (et comparer ces illustrations à celles de Delphine Durand… c’est assez violent !). Passé ce manque d’esthétique de cet album, Zazie est un personnage qu’on adore. Les histoires sont souvent très bien trouvées et racontent généralement des situations pas forcément « classiques » de façon complètement anodines. Cindy n’a pas de papa, et alors ? Où est le souci. Même si l’on préfère (largement) les livres originaux signés Thierry Lenain et Delphine Durand, Le papa mystère est un album très sympathique et plein d’humour pour dédramatiser la monoparentalité.
Le même vu par Les lectures de Liyah et Chez Clarabel.

Papa, regarde !Petit Ours regarde par la fenêtre, il aperçoit des fleurs violettes et questionne son père à leur sujet. Trop occupé à lire le journal celui-ci lui répond distraitement, sans trop lever l’œil par la fenêtre. Mais il est vite étonné par ce que lui décrit son fils.

Énormément d’humour et de poésie dans ce très bel album sorti chez HongFei. Qui n’a jamais vécu cette situation avec ses enfants ? Bien trop occupé on répond distraitement à leurs questions avant de nous rendre compte qu’il y a un énorme quiproquo. La naïveté des enfants, face à notre esprit trop cartésien quand on est en train de faire autre chose. Pour illustrer ce très joli texte, Sophie Roze a utilisé des collages, on se surprend à toucher les pages en croyant que nos doigts vont trouver des matières. Magnifique !
Courez voir les extraits sur le blog de HongFei.

Dragons Père Et FilsLe papa de Strokkur ne lui a pas dit « Tu seras un homme, mon fils » (et pour cause… Strokkur est un dragon !), mais c’est à peu près ça. Parce qu’il le trouve grand maintenant, il doit faire honneur à sa famille et brûler quelques maisons dans un village. Strokkur n’a pas vraiment envie, mais d’après son père c’est la tradition, on ne peut pas y couper ! Après une nuit agitée, voilà donc notre petit dragon en direction du village. Il trouve une petite maisonnette en bois un peu isolée… c’est parfait ! Sauf que le petit garçon qui habite là le voit et est tout excité de voir un dragon ! Et puis question truc à brûler il a une bien meilleure idée… un bâtiment plus grand où il n’aime pas trop aller…

Ah ces parents qui veulent imposer leurs choix à leurs enfants… Strokkur n’a bien sûr aucune envie de faire ce que son père lui demande, mais il a si peur de le décevoir… Au lieu de terroriser les habitants, notre petit dragon va se faire des amis et il se peut bien qu’il soit assez malin pour trouver les bons arguments face à son père. On peut être fier de ses enfants pour de multiples raisons. On parle donc ici de transmission (ou pas), d’amitié, de malice. On s’amuse beaucoup des situations et l’on admire les belles planches de Ronan Badel. Là encore, un très très bel album.

Puisque c'est comme ça, je m'en vais !Émile est VRAIMENT de mauvaise humeur ! Une bagarre à l’école avec son copain et une réprimande de la maîtresse. Forcément, il ramène sa mauvaise humeur à la maison et ne supporte pas la moindre contrariété. Aussi quand sa maman lui refuse qu’il fasse de la peinture (alors que c’est l’heure du bain), Émile prend une grave décision : il s’en va ! Il file dans sa chambre, prépare son sac à dos, il va partir loin, très loin, loin de maman, loin de la maîtresse, loin des copains qui l’embêtent… mais avant, un bain plein de mousse c’est quand même tentant ! Et après, adieu tout le monde ! Enfin… après manger car maman a fait son plat préféré…

Décidément dans cette chronique, que de merveilles ! Tant sur le plan graphique (superbes illustrations d’Alexandra Pichard) que sur le plan scénaristique, Puisque c’est comme ça, je m’en vais ! est un album irrésistible. On rit de ce petit colérique (qui se fait bien avoir par les ruses de sa maman), de cette mère qui reste stoïque face aux menaces de départ de son fils (et le conforte même dans son idée). On parle ici donc des colères, des enfants qui veulent partir « parce que c’est mieux ailleurs », et de l’amour des parents qui savent transformer une mauvaise journée en bon moment. Un magnifique album.
Des extraits en ligne.

Le petit tabarnakPapa tape, tape, tape avec son marteau quand tout à coup… TA-BAR-NAK ! Ouh la la pour qu’il utilise ce mot c’est qu’il doit être vraiment vraiment fâché, car on n’a pas le droit de dire ça ! Mais au fait… ça veut dire quoi Tabarnak ? Oups c’était la question à ne pas poser à un papa déjà en colère. Peut-être que les copains sauront, eux…

Tabarnak, pour ceux qui ne le savent pas, est un juron québécois. Dans cet album, on parle donc des gros mots qui échappent parfois aux parents (si vous n’en dites pas, c’est bien vous êtes parfaits !). Que ce soit un album québécois nous arrange assez (je ne sais pas vous, mais moi j’ai du mal à imaginer un album pour enfants avec le mot « putain ») ! Beaucoup d’humour dans cet album aux illustrations qui font penser à des bandes dessinées avec des traits pleins de mouvement. On s’amuse beaucoup en lisant les versions de chaque enfant sur l’origine de ce mot à ne pas dire. Encore un très bel album sorti chez La pastèque.

ça sent bon la mamanComme tous les soirs, Maman Taupe lit une histoire à son Taupinou puis dodo… Taupinou n’a pas envie, il aimerait rester blotti contre sa maman, il a peur tout seul, les bruits de la nuit l’effrayent. Maman a une idée, elle décroche son foulard et le donne à son enfant « Un peu de moi auprès de toi », un foulard qui sent bon la maman et qui saura rassurer Taupinou.

On finit dans un nuage de douceur et de tendresse. Avec une histoire toute simple, Émile Jadoul et Claude K. Dubois nous offrent un petit bijou de poésie. On parle ici de la peur de la nuit, de l’odeur rassurante, de l’amour. Car les parents, même s’ils nous embêtent, même s’ils disent des gros mots, même s’ils sont parfois trop occupés pour nous écouter, ils sont quand même là pour nous rassurer et nous donner beaucoup d’amour.
Le même vu par Bricabook, Chez Clarabel et À l’ombre du saule.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Jean Regnaud (Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill), Sophie Roze (L’autre bout du monde), Ronan Badel (Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresseHenri ne veut pas aller au centre de loisirs, Cucu la praline se déchaîne, Emile se déguise, Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé), Alexandra Pichard (Les socquettes blanches, Nina et les oreillers et Muette), Émile Jadoul (Comme un secretCanaille a oublié son doudou, Canaille ne veut pas aller à l’école, Canaille va chez le docteurCanaille n’aime pas la soupeMon bonnetLes mains de papa, A l’eau, Hourra, AglaglaTout le monde y va, Gros pipi, A la douche et A la folie) et Claude K. Dubois (Ma feuille !, L’histoire de mon bébé, Papa, maman… avant et La valise rouge). Retrouvez aussi nos interviews de Ronan Badel et d’Émile Jadoul.

Mais… comment naissent les parents ?
Texte de Jean Regnaud, illustré par Aude Picault
Magnard Jeunesse
11,90 €, 200×200 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Le papa mystère
de L. Nord (d’après Thierry Lenain)
Nathan dans la série Mademoiselle Zazie
5,95 €, 174×221 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Papa, regarde !
Texte de Hui-Ying Chiu (traduit par Chun-Liang Yeh), illustré par Sophie Roze
HongFei
13,90 €, 193×253 mm, 34 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Dragons père et fils
Texte d’Alexandre Lacroix, illustré par Ronan Badel
Père Castor
13,50 €, 240×300 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Puisque c’est comme ça, je m’en vais !
Texte de Mim, illustré par Alexandra Pichard
Magnard Jeunesse
13,90 €, 230×270 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Le petit Tabarnak
de Jacques Goldstyn
Éditions de la Pastèque
18 €, 191×241 mm, 80 pages, imprimé au Canada, 2014.
Ça sent bon la maman
Texte d’Émile Jadoul, illustré par Claude K. Dubois
Pastel
11,50 €, 176×246 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.

À part ça ?

Le rire médecinL’association Le rire médecin organise une braderie solidaire dans ses nouveaux locaux à Paris (XIXe). Notez sur vos agendas, ce sont les vendredi 4 et samedi 5 avril au 64/70 rue de Crimée 75 019, de 10 heures à 20 heures. Plusieurs grandes enseignes (Chicco, Djeco, Doudou et Compagnie, Editions Dupuis, Faber-Castell, Ikéa, LuluCastagnette, Moulin Roty, Ravensburger, Vtech, Zadig & Voltaire…) se sont mobilisées et ont offert des produits qui permettront à l’association de récolter des fonds. L’argent servira à financer la venue de clowns professionnels dans les services pédiatriques et ainsi offrir des moments magiques aux enfants hospitalisés. Quand on peut faire un beau geste, tout en faisant de bonnes affaires… pourquoi se priver ?

Gabriel

 

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