La mare aux mots
Parcourir le tag

La chronique de…

Les invités du mercredi : Arianna Tamburini et Julia Delarue ( + concours)

Par 24 avril 2013 Les invités du mercredi

Aujourd’hui deux illustratrices dont j’aime beaucoup le travail. La première, Arianna Tamburini est une des illustratrices les plus douées de sa génération. Je trouve que chaque fois qu’elle illustre un album elle y ajoute énormément de poésie et d’humour. Et je déplore qu’on ne la voit pas plus. Elle a accepté de répondre à mes questions sur son parcours et ses inspirations. A la suite de cette interview vous aurez la chance de pouvoir gagner le dernier album de la série Au cirque fanfaron, dont elle signe les illustrations, grâce aux éditions Gulf Stream. Ensuite c’est Julia Delarue qui est l’invitée de Une chronique de… Elle n’a sorti qu’un album pour l’instant mais je suis ce qu’elle fait sur les réseaux sociaux et j’aime beaucoup, c’est une illustratrice à découvrir. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Arianna Tamburini

Arianna Tamburiniphoto : Jean-Marie Heidinger

Quel a été votre parcours ?
Je suis née dans une ville imprégnée d’art, Urbino. J’ai fait mes études à « l’école du livre ». Deux années d’ateliers de sérigraphie, illustration, photographie, graphisme, céramique, gravure. Les quatre dernières années, je me suis spécialisée dans le cinéma d’animation.
Arianna TamburiniJ’ai continué à dessiner à l’université, l’ISIA. J’ai étudié le design, la photo et l’illustration. Mon projet de thèse était la réalisation d’un livre d’activités pour les enfants mélangeant illustrations et photos. Puis j’ai réalisé un stage à Paris dans l’agence « Magnum photos » pendant six mois. La même année j’ai été sélectionnée au concours d’illustration au salon du livre de Bologne. (Ce concours est international, à chaque rentrée scolaire nous passions deux mois a réaliser les images). Après dix années à y participer sans succès, j’ai fini par être sélectionné. J’y ai vu un signe et j’ai donc décidé de rester à Paris et d’essayer de vivre de ce que j’aime.

Quelle technique utilisez-vous ?
Chez moi j’ai des grosses boîtes pleines de papiers, cartons, magazines, journaux, flyers, affiches, papiers cadeaux, lettres, cahiers, enveloppes.Arianna Tamburini
J’ai aussi des boîtes de fils en coton, fils en fer, fils en papiers.
Je cherche et je déchire des lettres, des mots des phrases.
Je choisis mes papiers, je découpe des formes et je compose les images sur des feuilles souvent blanches, le blanc est très important dans mon travail.
Parfois un peu d’acrylique blanc à droite et à gauche et les crayons couleurs pour les détails et les ombres.

Quelles sont vos sources d’inspirations ?
Ma plus grande source d’inspiration est l’œuvre de Bruno Munari, artiste et designer italien. Son travail et sa philosophie sont riches en créativité.
Il disait « garder l’esprit de l’enfance avec nous pour toute la vie c’est garder la curiosité, le plaisir de comprendre, l’envie de communiquer ».
Sûrement aussi la photographie, les grands et petits illustrateurs que je découvre chaque vache a vinjour grâce à internet, dans les magazines, les bibliothèques, les librairies, les salons…
J’aime les formes, les tissus, les feuilles, les fleurs, les plumes. Je suis très curieuse et insatiable, j’aime observer, toucher, sentir, écouter.

Parlez-nous de la série Le Cirque Fanfaron, comment avez-vous travaillé avec Carole Trébor ?
L’histoire du Cirque Fanfaron est tout d’abord l’histoire d’une belle amitié avec Carole Trébor.
Carole avait écrit ses premiers textes pour les enfants et elle cherchait un illustrateur. Elle est tombée sur mon blog et m’a proposé une collaboration. J’ai tout de suite adoré sa façon d’écrire. On a commencé à travailler ensemble sur un abécédaire (qui va bientôt sortir comme application chez Goodbyepaper).
Un jour elle m’a proposé des histoires courtes sur des animaux, notamment l’histoire d’Hector l’éléphant funambule. Carole lisait son texte et dans ma tête cet éléphant existait déjà. J’ai réalisé tout le livre.
Nous avons rencontré Marie Rebulard, directrice artistique des éditions Gulf Stream Arianna Tamburiniau salon du livre de Montreuil qui avec ses yeux pétillants nous a présentées à Paola Grieco, l’éditrice. Quelques jours après nous avons signé les contrats pour le premier et le deuxième album.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Quand j’étais toute petite je n’avais pas beaucoup de livres et ma grand-mère inventait des histoires pour m’endormir. Je me souviens d’un énorme livre de Pinocchio et Richard Scarry, Spotty, Boscodirovo et des livres cartonnés avec des trous pour apprendre à compter des éditions Coccinella, plein de Picsu, des contes classiques que je lisais avec les cassettes et des livres de Gianni Rodari.
Adolescente je lisais les BD de Dylan Dog, Lupo Alberto et un peu plus tard Andrea Pazienza. Je faisais une collection de petits livres sur les peintres de l’art moderne et de Dessin fouphoto-reportage. J’aimais lire Calvino, Cohelo, Pennac, Baricco, Pirandello.

Quels sont vos projets ?
Je viens de terminer un projet avec l’auteur France Quatromme qui sortira en août aux éditions de La Martiniere Jeunesse.
Je travaille actuellement avec un éditeur de stickers, gommettes et papeterie.
J’ai un magnifique projet avec un photographe sur lequel je travaille depuis un an, j’espère annoncer bientôt sa publication.
Je prépare une image pour une exposition collective d’illustrations qui aura lieu en septembre dans la galerie Arludik à Paris.
Et bien-sûr un autre projet avec Carole, mais je ne peux pas en dire plus !

  • Le storie di Ugo e Tea, collectif d’auteurs et illustrateurs, Noi per Voi (2012)
  • Dessin Fou, illustration de textes d’Henri Dès, éditions des Braques (2012)
  • Marguerite, la vache jongleuse, album de la série Au cirque Fanfaron, illustration d’un texte de Carole Trébor, Gulf stream (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Alain, le lapin magicien, album de la série Au cirque Fanfaron, illustration d’un texte de Carole Trébor, Gulf stream (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • 30 histoires de poneys, collectif d’auteurs et illustrateurs, Lito (2012)
  • Hector, l’éléphant funambule, album de la série Au cirque Fanfaron, illustration d’un texte de Carole Trébor, Gulf stream (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Ernesto, le coq acrobate, album de la série Au cirque Fanfaron, illustration d’un texte de Carole Trébor, Gulf stream (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Histoires de poche, illustration d’un texte d’Anne-Gaelle Balpe, Scarabéa (2011)
  • Dans mon petit cœur de chat, illustration d’un texte de MarypopScarabéa (2010)

Retrouvez Arianna Tamburini sur son site : http://ariannata.blogspot.fr

Marguerite, la vache jongleuseComme je vous l’annonçais avant cette interview, grâce aux éditions Gulf Stream je vais faire un chanceux ! Si vous voulez tenter de gagner le magnifique Marguerite, la vache jongleuse, je vous propose de me dire quelle est votre série de cartes préférée sur le site de Gulf Stream (rendez-vous ici). Je tirerai au sort parmi les réponses laissées en commentaires. Vous avez jusqu’à lundi 20 h ! Bonne chance à tous.


La chronique de… Julia Delarue

Une fois par mois un acteur de la littérature jeunesse qu’on aime à La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé. Cette fois-ci c’est Julia Delarue qui s’y colle ! Merci à elle.

Quand tu fais une formation pour être bibliothécaire (spécialisée jeunesse), tu lis au minimum une vingtaine de livres par semaine. Donc forcément, des livres qui te touchent et que tu as envie de partager, il y en a 1000. Alors, quand La mare aux mots te demande d’en choisir un et un seul pour une chronique, c’est bien simple : tu ne peux paaaaaaaaas.

Les émotions du petit éléphantJ’ai donc du demander de l’aide à mon fils de 17 mois (même pas honte !). La réponse est sans appel : « crao crao » (comprendre : « croa croa »), autrement dit : Les émotions du petit éléphant d’Edouard Manceau

C’est une histoire toute simple. Celle d’un petit éléphant à la recherche de son amie la grenouille. Les animaux se succèdent et tentent de le divertir mais aucun n’y parvient car, lui, ce qu’il veut c’est « voir la petite grenouille » !
Page après page, avec lui, on passe par toutes les couleurs/émotions : gris/triste, bleu/boudeur, rouge/colère…
Bien sûr, et comme beaucoup d’enfants d’ailleurs, mon fils s’empresse d’aller à la dernière page, la page rose, celle où la joie explose !!! Je vous laisse imaginer pourquoi 😉

A l’intérieur on y trouve :
– des illustrations colorées et humoristiques
– des animaux rigolos (mais aussi un qui fait peur !!!)
– de jolies couleurs
– une porte mystérieuse

Les petites mains apprécient aussi le format : carré et cartonné, avec des onglets sur le côté pour accéder plus facilement aux pages désirées.

Un livre, pour les tout petits, qui pose des mots simples sur les émotions, de façon directe et avec beaucoup d’humour, on n’en croise pas tous les jours !

Bref, vous l’avez compris, ici on est séduit.

(Spéciale dédicace à mon petit garçon)

Julia DelarueJulia Delarue est illustratrice. Elle a illustré Gare à Oscar écrit par Christelle Vallat sorti chez Ebla Editions en 2012.
Vous pouvez découvrir son travail (et ses projets en quête d’éditeur) sur son site : http://www.juliadelarue.com et sur son blog : http://juliadelarue.blogspot.fr. Elle a également une page facebook qui vous permettra de vous tenir informé de son actu.

You Might Also Like

Les invités du mercredi : La compagnie aLumeCiel et Muriel Zürcher

Par 20 mars 2013 Les invités du mercredi

J’ai eu un gros coup de coeur récemment pour un CD, celui de la Compagnie aLumeCiel, Ferme les yeux (je vous en avais parlé ici). J’ai eu envie d’en savoir plus sur Clémentine Mallein et Lucie Malbosc qui ont créé ce magnifique conte musical. Ensuite  Muriel Zürcher, que nous aimons beaucoup ici, est l’invitée de « La chronique de » (on retrouvera En vacances avec… la semaine prochaine… je l’espère !). Bon mercredi !


L’interview du mercredi : aLumeCieL

aLumeCielD’où venez-vous ?
De La Rochelle.

Pourquoi ce nom ?
« aLumeCieL » c’est l’anagramme de Lucie et Clem avec un «a » au début…
aLumeCieL c’est l’association de Lucie Malbosc et Clémentine Mallein qui créent des spectacles pour leurs enfants et ceux des autres.
alumeciel_fly_03Ensemble, on imagine, on invente, on cherche, on raconte, on joue et on chante des histoires et des chansons.

Parlez-moi de Ferme les yeux… comment est né ce superbe projet ?
Ferme les yeux…
est né d’une envie commune de proposer un spectacle à la fois doux, poétique et sensible. Après nos 2 contes autour de l’Afrique (Le Réveil de la Savane et Zélie les Histoires) nous avons eu envie de changer d’univers.
Nous nous sommes inspirées de contes finlandais, tziganes, somaliens,… Nous avons choisi des instruments aux sonorités envoutantes (table tube, hapi drum, cloches, bols tibétains, bomwakers, ocean drum, kamelen’goni, guitare électrique) et nos chansons, en français, font partie intégrante de la narration. Nous avons aussi eu envie de travailler avec d’autres artistes : graphiste, plasticien, sculpteur,…AlumeCiel
Nous avons souhaité prolonger le spectacle avec un joli disque. Marine Denis, notre graphiste, a réalisé notre théâtre d’ombres ainsi que la conception graphique du disque. Tout comme pour le spectacle nous voulions des surprises visuelles, c’est donc tout naturellement que nous avons eu l’idée d’insérer des petits jeux dans notre livret.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Des lectures diverses et variées, allant des thrillers de Stephen King, aux nouvelles rocambolesques Armistead Maupin,… et des classiques, Suzie Morgenstern, Yok-Yok et Yakari !

alumecielQuels sont vos projets ?
Aujourd’hui nous sommes en pleine création. Un concert jeune public, où nous sommes entourées de 2 autres musiciens, fait ses débuts. L’envie de proposer de la musique aux sonorités folk et africaines, avec des chansons en français. Nous voulons créer un spectacle coloré et festif, avec des compositions originales, en français. Des chansons à écouter, à chanter, à danser ou à rêver…

Spectacles :

  • Ferme les yeux…
  • Le réveil de la savane
  • Zélie les histoires

Discographie

Retrouvez La compagnie aLumeCiel sur son site : http://www.alumeciel.com.


La chronique de… Muriel Zürcher

Une fois par mois un acteur de la littérature jeunesse qu’on aime à La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé. Cette fois-ci c’est Muriel Zürcher qui s’y colle ! Merci à elle.

veau-vache-cochonNicolette Humbert est photographe. Ses photos saisissent des instants de vie, bruts, natures ; les clichés ne passent pas par la case Photoshop.
Il y a une photo de cerise dans un livre ? Cette cerise a déjà une histoire. Nicolette Humbert a repéré le cerisier en fleurs. Elle est venue observer l’évolution des fruits. Elle en a choisi un ou deux, qu’elle surveille de près.
Un jour où la lumière est là, elle vient, elle s’installe devant l’arbre et attend. Elle attend quoi ? Tout simplement que le moment arrive, qu’un insecte se pose sur le fruit, qu’un rayon de soleil sublime sa brillance…
Et clic.

Cette artiste met son exigence au service des petits grâce à des imagiers autour de la nature : les légumes, les arbres fruitiers, les animaux, le travail de la ferme.
Mais le principe de la « chronique de… », c’est de mettre un (et un seul) livre en avant.
Alors, je choisis Veau, vache, cochon….
D’abord parce que la Joie de Lire l’a conçu avec des pages cartonnées, très faciles à manipuler par les touts petits.

Ensuite, parce que l’imagier réserve des surprises : on découvre parfois l’animal en entier, mais aussi des gros plans, en guise de devinettes.

Veau, vache, cochon... Enfin, parce que ce livre est réjouissant, parce qu’il résonne au delà des pages et parce qu’il est beau.

Veau, vache, cochon... Veau, vache, cochon… de Nicolette Humbert chez La Joie de Lire.

Muriel ZürcherMuriel Zürcher est auteur

Bibliographie sélective :

Retrouvez Muriel Zürcher sur son site : http://minisites-charte.fr/sites/muriel-zurcher.

You Might Also Like

Les invités du mercredi : Lucie Vandevelde et Catherine Latteux (+ concours)

Par 27 février 2013 Les invités du mercredi

Aujourd’hui c’est une interview un peu particulière, une première pour la mare aux mots… puisque nous avons interviewé quelqu’un qui, au moment de la préparation, n’avait jamais été édité. J’ai découvert Lucie Vandelvelde en parcourant des blogs ou des pages facebook je ne sais plus, et j’ai tout de suite adoré son univers. Il se trouve que son premier album sort aujourd’hui même et je trouvais ça intéressant de vous la présenter donc aujourd’hui (et de la découvrir moi-même !). J’ai demandé aux éditions Les minots (éditeur de ce premier livre) s’ils étaient d’accord de profiter de l’occasion pour vous faire gagner cet ouvrage, ils ont tout de suite adhéré, je vous proposerai donc de gagner un exemplaire de Le jardin des secrets à la suite de cette interview. Ensuite c’est la talentueuse Catherine Latteux qui est l’invité de La chronique de… Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Lucie Vandevelde

Lucie VandeveldeLe jardin des secrets est votre premier album, quel a été votre parcours jusque-là ?
Je me suis attardée quelques années dans des écoles d’arts. J’y ai arrêté le temps avec la photographie et jonglé avec la vidéo et les arts appliqués aux Beaux Arts. Puis sur la route de l’animation, j’ai rencontré beaucoup d’enfants, monté un paquet de projets le jardin des secretsartistiques avec les petits loups et bien d’autres choses encore… J’ai voyagé dans le train première classe de l’éducation populaire ! Et bien barboté dans la mare des CEMEA ! J’ai emprunté des chemins de traverse avec de belles rencontres humaines dans des collectifs artistiques, des associations, des municipalités… j’ai planté ma tente quelques temps comme Médiatrice Culturelle et œuvré avec les différents acteurs de la chaîne graphique. J’ai vogué sur les bateaux de la compagnie exposition, j’ai fait des performances et créé des installations parfois en galerie, parfois dans des espaces insolites ! J’ai côtoyé des théâtreux, des musiciens, des circassiens, des compagnies, des artistes en tout genre !
Aujourd’hui, ma roulotte continue de cheminer sur des routes colorées, avec des grenouilles qui chantent au clair de lune et des poissons qui volent en faisant de la dentelle ! Je viens chatouiller les maisons d’éditions avec ce grand bazar tintinnabulant de création !

Qu’est-ce qu’on ressent à la sortie d’un tout premier album ?
Une énorme excitation de bonheur ! On a envie de sauter, de crier, de chanter et de rire dans toutes les rues de la ville et des campagnes ! On regarde les oiseaux voler et on le jardin des secretsest avec eux !

Comment avez-vous travaillé sur ce livre ?
Avant tout ce livre est né d’une rencontre avec Marie-Hélène Lafond (l’auteure du Jardin des secrets). Un Jour j’ai fait une illustration que j’avais légendé Dans mon Jardin, je plante des secrets. Puis Marie-Hélène est tombée amoureuse de cette image et elle lui a inspiré une histoire. Cette histoire m’a donné à mon tour des belles images dans la tête et j’ai planché 1 mois et demi à fond les ballons, la première phase et base du projet était illustrée. Ensuite, j’ai laissé reposer 5 mois et j’ai rouvert le dossier du Jardin, il me semblait bancal et il manquait du liant. J’ai retravaillé toutes les illustrations, c’était la deuxième phase. Nous avons trouvé un éditeur et 1 an plus tard j’ai rouvert notre Jardin. Il manquait de la perspective, du liant… bref j’ai retravaillé toutes les illustrations pour obtenir le rendu que je visais et là, je tenais le bon bout de notre Jardin, Troisième et dernière phase. Pour cet album, j’ai donc travaillé en 3 grandes étapes avec des temps de maturation et de repos, pour laisser mûrir la création !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Les albums illustrés qui ont bercé mon enfance par ordre de souvenirs : Bonsoir Lune1__334526 - Copie (Margaret Wise Brown et Clément Hurd), Le Manège (Donald Crews), Porculus (Arnold Lobel), MAX (Giovannetti), Le sac à disparaître (Rosemart Wells)
Le livre déclic qui m’a fait aimer la lecture (j’avais 12 ans) L’école qui n’existait pas écrit par Gudule. Et ensuite, je ne me suis jamais arrêté de lire ! les lectures de mon adolescence qui m’ont marquée : Yvain où le chevalier au lion (Chrétien de Troyes), Le petit Prince (Saint Exupery), Terre des hommes (Saint Exupery), Lettres à un jeune poète (Rainer Maria Rilke), Le seigneur des anneaux (Tolkien), Une vie (Maupassant), La faculté de juger (Kant), L’esthétique (Hegel)

Quelles sont vos influences ?
Je me nourris de littérature, de philosophie, des arts vivants et de la rue, du théâtre, du cinéma, de la peinture, de la photographie, des arts de la mode, d’expositions, du monde, des gens… j’aime les dadaïstes, Duchamp, Arp, Man ray, Picasso, Ernst… J’aime des artistes en vrac comme Klimt, Klein, Saint Phalle, Haring, Basquiat, Hunterwasser, Moebus… Je lis beaucoup de BD, je suis abonnée à Philosophie magazine et très sensible aux mouvements de Street Art !le_jardin_des_secrets_editions_les_minots__305160 - Copie

Quelles techniques utilisez-vous ?
Cela dépend des illustrations. Certaines sont réalisées 100% manuellement. D’autres réalisées 100% en infographie à la palette graphique. Et d’autres sont moitié manuelles moitié en info. Ce qui me plaît, c’est travailler la matière, du coup j’aime expérimenter, découvrir et travailler avec des outils différents : aquarelle, gouache, crayons de couleurs, crayons aquarelle, graphite, pantone, encre de chine, découpage, collage… Pour le Jardin des Secrets, il y en a 60% réalisées manuellement avec encre de chine pour les tracés, stylo, aquarelle, gouache, crayons de couleur, collage, piqûre à la machine à coudre… la partie infographie est réalisée à la palette graphique WACOM sur Photoshop.

Avec quels auteurs rêveriez-vous de travailler ?
Et bien un auteur avec qui il y a une réelle symbiose, une belle rencontre humaine et artistique pour ouvrir sur de belles créations graphico-littéraire.
Et cette rencontre je l’ai déjà faite avec Hélène Suzzoni ! Rencontre qui s’est concrétisée, entre autre et dernièrement, par un album de poésies contemporaines, Poèmes d’ombre et de lumière qui m’a entraînée loin dans les illustrations ! Nous en sommes maintenant à la phase démarchage. Avis aux maisons d’éditions !

Le jardin des secretsQuels sont vos projets ?
Un petit Calendrier sur les mois à venir :

  • Mars 2013, je déménage mon atelier pour m’installer dans les ateliers d’artistes de la ville du Mans ! Et le lancement du jardin des Secrets à La Librairie Thuard avec séance de dédicaces et atelier graphique pour les petits loups !
  • Mai 2013 Exposition dans le cadre de PULS’ART. Infos : http://www.pulsart-lemans.com
  • Juin 2013, un gros projet d’atelier graphique avec l’Ecole Municipale d’Arts Plastiques et les Beaux Arts de la ville de Dunkerque. J’animerai un workshop pendant 15 jours avec des petits loups sur la thématique de la monstritude dans le cadre du projet monstritude de la ville de Dunkerque, capitale régionale de la culture en Nord-Pas de Calais. Infos EMAP / école municipale d’arts plastiques 45 rue du Jeu de Paume – 59140 Dunkerque. Renseignements :  0651642347 ou 0328669061
  • Juillet 2013, j’animerai un atelier graphique collectif au Salon du Livre de la Plaine sur Mer. Séance de dédicaces en parallèle sur le stand des éditions Les Minots.
  • Septembre 2013, un nouvel album jeunesse ! Dans mes rêves avec à la plume Juliette Parachini, aux éditions Les Minots bien sûr!

Les projets à long terme : Continuer à faire de belles rencontres humaines et monter de chouettes projets artistiques qui ont du sens !

Retrouvez Lucie Vandevelde sur son blog : http://gretel.canalblog.com et son book : http://lucievandevelde.ultra-book.com.

Le jardin des secretsComme je vous le disais au début de cette interview, grâce aux éditions Les minots je peux vous faire gagner le très beau Le jardin des secrets à l’un de vous. Pour cela dites-moi, en commentaire à cet article, ce que vous faites de vos secrets ! Je tirerai au sort parmi vos réponses et l’heureux élu recevra ce très bel album. Vous avez jusqu’à lundi 20h, bonne chance !


La chronique de… Catherine Latteux

Une fois par mois un acteur de la littérature jeunesse qu’on aime à La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé. Cette fois-ci c’est Catherine Latteux qui s’y colle ! Merci à elle.

Quand Gabriel m’a proposé d’apporter mon petit grain de sel à La Chronique de… j’étais de suite emballée, même si j’avais alors mille autres choses sur le feu. Et puis de suite la grande question : oui mais lequel ? Car je n’avais que l’embarras du choix… alors finalement entre un roman adulte Les cerfs-volants de Kaboul histoire et écriture magistrales, l’album jeunesse paru aux éditions de la balle Un bout de nature, superbe que j’ai eu le grand plaisir de découvrir avant en court-métrage, la BD Birdy’s magnifique que je vous recommande aussi, mon cœur a penché pour un roman graphique Pierre et Lou d’Eric Wantiez et de Marie Deschamps paru chez Scutella Editions, classé en BD jeunesse.

Pierre et LouPierre et Lou rime avec petit bijou… certes il vaut, il ne faut pas se le cacher, quelques sous mais il en vaut vraiment le coup. Un cadeau à se faire offrir ou bien à s’offrir pour le plaisir.

En tout cas moi j’ai littéralement craqué !

Aperçu sur la table des nouveautés d’une librairie, j’ai de suite été attirée par le graphisme.

pierre et louMarie Deschamps a fait des merveilles… quelle poésie dans les traits des personnages ! Ils sont beaux Pierre et Lou, ces deux adolescents solitaires chacun à leur manière.

Par le parti pris graphique, le choix du noir, blanc, gris (avec seulement de toutes petites touches de couleurs en tête de chapitre et une sur l’oiseau), Marie a su exprimer toute l’émotion que suscitent la rencontre, la naissance des premiers amours, les petits riens de la vie (Ah le coucher de soleil sur la mer!!). Le regard du lecteur va ainsi à l’essentiel. Et je rajouterai que les compositions des planches sont riches. De ce point de vue, Marie a vraiment une patte artistique magique.

Et le texte me direz-vous?

C’est une histoire vraiment touchante avec beaucoup de poésie. Mais pas seulement : Pierre et Loul’humour est aussi au rendez-vous à travers les deux compagnons, un chat pour Lou et un oiseau pour Pierre (là encore on retrouve cette opposition), qui commentent les faits et gestes de leur maître.

J’aime bien quand à la fois la poésie et de petites touches d’humour sont présentes. C’est aussi pour cela que je suis conquise par ce très bel ouvrage (car en plus il est de très belle facture).

Sinon, l’histoire paraît simple mais elle est parfaitement bien menée. Au début, Eric Wantiez nous plante le décor, nous décrit ensuite les deux personnages. D’une page à l’autre, on passe constamment de l’un à l’autre, du monde de Pierre au monde de Lou. L’écriture paraît alors « hachée ». Mais c’est bien pensé car justement cela montre bien la juxtaposition physique de ces deux protagonistes, avec leurs différences de monde, d’ailleurs matérialisée par une palissade dans le livre.Pierre et Lou Puis peu à peu, avec la rencontre, la découverte de l’autre, le récit devient fluide ; l’écriture « coule ». Enfin c’est l’impression que cela m’a donné.

En tout cas, il y a une parfaite osmose entre le travail d’Eric Wantiez et celui de Marie. Un beau duo qui fonctionne à merveille et que j’ai adoré retrouver avec Un secret leur dernier bébé de papier, paru en décembre dernier aux Éditions Comme une orange. Celui-ci aussi est une tranche de vie merveilleusement et délicatement décrite.

Pierre et Lou, un roman graphique que je vous recommande donc vivement, pour un bon moment de lecture en perspective. Un livre sur lequel on aime revenir à l’infini.

Merci à Eric et Marie, et aux Editions Scutella aussi, pour cet ouvrage qui me ravit.

Catherine LatteuxCatherine Latteux est auteur.

Ses derniers titres sortis :

Retrouvez Catherine Latteux sur son site : http://kadikatou.over-blog.com

You Might Also Like

Les invités du mercredi : Auriane Kida et Catibou

Par 30 janvier 2013 Les invités du mercredi

Cette semaine j’ai la chance de recevoir la jeune et talentueuse illustratrice Auriane Kida. Son Géant de la grande forêt est un petit bijou. Ensuite notre rendez-vous mensuel « Une chronique de… » est un peu particulier cette fois-ci puisque l’auteur Catibou y chronique un livre auquel elle a participé, le recueil Notre pense pas bête.


L’interview du mercredi : Auriane Kida

autoportrait Kida

Quel a été votre parcours ?
Dispersé, tortueux, j’ai tendance à transformer les chemins droits en un labyrinthe dans lequel je finis par me perdre ^^
Je dessine depuis toute petite mais je n’envisageais pas d’en faire mon métier. Ce sont mes études aux Beaux-Arts (École Supérieure d’Arts de Metz) qui m’ont convaincue de poursuivre dans cette voie.
J’ai eu plusieurs faux départs : un projet de BD qui n’a pas abouti, un éditeur qui a déposé le bilan. J’ai repris des études à l’université avant de tout abandonner et partir en voyage. Je fais un peu de graphisme et depuis 1 an, me remets à la sculpture, avec plusieurs projets en route.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Aïe… J’avais un problème avec les livres et la lecture. J’aimais bien Tintin, et ado j’avais accroché à l’univers fantastique et aux personnages tourmentés de Stephen King. Mais ce n’est qu’au lycée que j’ai renoué avec la lecture en découvrant Freud et Sartre.

J’ai l’impression qu’il y a eu un vrai travail de recherche sur Le géant de la grande forêt, je pense notamment aux oiseaux. Pouvez-vous nous en parler ?
Quand j’attaque un projet, je laisse d’abord cours à mon imagination, à ma spontanéité, pour réaliser mes premières esquisses. Mais il me semble important d’approfondir et de nourrir l’idée par des recherches sur chaque élément venant composer l’illustration. Ça va de la faune, la flore, au mobilier et l’architecture, jusqu’à la gestuelle des personnages. Évidement ça comporte un piège, celui de taire une interprétation personnelle et poétique aux dépens du réalisme. Il faut juste savoir jusqu’où on veut aller et bien doser les deux approches. Je ne sais pas si j’y parviens mais c’est un défi que je me lance à chaque dessin.
Je m’aide aussi beaucoup du travail de photographes ou de cinéastes. En fait je me plonge dans beaucoup d’univers avant d’entreprendre une illustration. Et dans le cas de la forêt, le mieux est encore de s’y promener.

Quels sont vos projets ?
Beaucoup trop, j’aurais bien besoin de toutes mes 9 vies de chat pour les réaliser ! J’ai plusieurs projets de livres pour enfants et BD qui me tiennent à cœur et que j’aimerais mener à terme d’ici 1 à 2 ans. Malheureusement, je ne travaille pas aussi vite que je le souhaiterais. Sinon je prépare une exposition de mes statuettes avec deux graphistes, artistes plasticiennes, qui devrait avoir lieu mi septembre/octobre, à Metz.

Auriane Kida a, pour l’instant, un seul livre dans sa bibliographie, Le géant de la grande forêt. Elle y illustre un texte de France Quatromme, l’album est sorti chez d’Orbestier et nous l’avons chroniqué ici.


La chronique de… Catibou

Une fois par mois un acteur de la littérature jeunesse qu’on aime à La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé. Cette fois-ci c’est Catibou qui s’y colle ! Merci à elle.

Notre Pense Pas Bête ou les chroniques de la bêtise humaine !

Notre pense pas bêteNotre Pense Pas Bête, projet initié par Juliette Parachini, a rassemblé 26 textes courts, résultat de la collaboration entre une vingtaine d’auteurs et d’illustrateurs jeunesse.

Notre pense pas bêteMais il est également une petite aventure éditoriale à laquelle tous ont contribué.

Le point de départ ? La volonté de Juliette de réunir des volontaires autour d’un thème commun, ce fut… la bêtise humaine ! La motivation ? Travailler bénévolement pour une association, ce fut… SOS Villages d’Enfants. L’aboutissement ? Ce fut… P’tit Baluchon, toute jeune maison, qui courageusement décida de l’éditer.

Je l’ai entre les mains, je le feuillette… D’abord, quel plaisir pour les yeux…. Les vingt-trois illustrateurs, avec leurs styles différents, ont largement contribué à la beauté de ce petit recueil. Et on reconnaît bien la patte de chacun…

Je l’ai entre les mains, je le relis… J’ai éprouvé un réel bonheur à découvrir :

Le fond : La mésentente familiale, la dureté de l’homme, l’égoïsme, l’alcoolisme, le jugement hâtif, l’accident nucléaire, le mépris, le manque de courage, la tauromachie, la maltraitance des humains et des animaux, la drogue, le racisme, la pollution…

La forme : Les auteurs ont utilisé plusieurs canevas pour tisser leurs histoires. La Notre pense pas bêtechanson avec refrain, le récit, le dialogue, la poésie, le haïku, le journal intime, parfois un seul mot si parlant avec les illustrations, la notice, l’article de journal scientifique…

Là encore, la patte des auteurs s’est montrée inventive, pleine de sensibilité. Oui l’émotion transpire de ce recueil : la bêtise humaine, on la ressent plus aisément lorsqu’on en est victime ou témoin. Les quelques textes humoristiques apportent donc un peu de fraîcheur et allègent la gravité de certains sujets.

Un point intéressant à relever : Il n’y a rien de moins objectif que de définir la bêtise humaine. Suivant vos convictions certains actes vous paraîtront faire partie de cette catégorie, d’autres moins. A vous de juger…

Pour terminer, une petite citation qui je l’espère mettra tout le monde d’accord :

« On se fatigue de voir la bêtise humaine triompher sans combat. » Albert Camus.

Voici donc plusieurs bonnes raisons d’acheter Notre Pense Pas Bête.

CatibouCatibou est auteur.

Sa bibliographie :

Vous pouvez retrouver Catibou sur son blog : http://catibou.canalblog.com.

You Might Also Like

Les invités du mercredi : Nicolas Gouny et Françoise Prêtre (La souris qui raconte)

Par 5 décembre 2012 Les invités du mercredi

Deux beaux invités encore cette semaine ! Le génial Nicolas Gouny a accepté de répondre à mes questions et la pétillante Françoise Prêtre des éditions numériques La souris qui raconte a accepté de nous parler d’un livre. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Nicolas Gouny

Quel a été votre parcours ?
J’ai un parcours plutôt atypique. Je n’ai pas appris mon métier dans une école, mais tout seul. J’ai commencé par de longues études, en économie et en lettres, puis j’ai obtenu le DESS d’édition de Villetaneuse. A la suite de cela, j’ai travaillé dix ans comme secrétaire d’édition dans la fonction publique, et progressivement ma carrière d’illustrateur a pris de l’ampleur.
En 2008, nous nous sommes installés en Creuse, et depuis je ne fais plus que cela.

Quels sont les illustrateurs qui ont marqué votre enfance ?
Je viens d’un temps où il n’y avait pas comme aujourd’hui une telle profusion de livres pour les enfants… j’ai des souvenirs de Max et les maximonstres, comme toutes les personnes de mon âge. Et puis il y avait Pif Gadget, qui m’attendait le samedi au retour de l’école… Je suis surtout entré dans le livre pour enfants par les lectures romanesques, Jules Verne, Jack London….

Quels sont vos influences ?
Picturalement, je ne saurai dire, je fais feu de tous bois… sinon, la musique, les couleurs de la vallée de la Creuse, mes enfants, la littérature.

D’où sont venues vos fameuses girafes ?
J’habite au-dessus de la rivière de la Creuse, au milieu des prés et des pâtures, dans une sorte de bocage. Le matin, lorsque le soleil se lève et que la brume monte de la rivière, je suis en Afrique, et les girafes apparaissent…

Parlez-moi de La parenthèse enchantée
Il s’agit de notre petite coopérative, à Delphine, ma femme, et moi. Je dessine et elle elle fait des bijoux avec mes dessins, mes petits chats, mes oiseaux, mes arbres, mes petits personnages… Nous travaillons ensemble, et quand je dis ensemble, nous travaillons aussi à mes livres ensemble. C’est une coopérative amoureuse et professionnelle.

Quels sont les livres que vous aimez lire à vos enfants et que pensez-vous de la production littéraire jeunesse actuelle ?
Depuis qu’ils sont tout petits nous lisons des revues, des albums et des livres. Nous fréquentons deux bibliothèques, et la première chose que nous faisons à chaque naissance est de faire établir une carte de bibliothèque.
Nos livres préférés, que nous avons lu et relu, sont les Pomelos, Au lit dans 10 minutes, Si tu bouges j’te mords et Petit Dernier.
Aujourd’hui, les enfants ayant grandi, nous lisons surtout des contes, des mythes, des légendes, des romans, un peu chaque soir. C’est un moment fondamental.

Quels sont vos projets ?
Deux nouveaux Pompons sortiront au printemps (avec Gwendoline Raisson). J’ai aussi deux livres qui paraîtront chez Ptits Bérets et Gargantua, tous deux dans des veines très différentes, et tous deux écrits par Sandrine Beau. Et deux livres directement en italien, dont l’un sur un texte écrit et autotraduit par Alice Brière-Haquet.
J’ai de nombreux textes en réserve, de différents auteurs, et plein d’envies personnelles, mais si peu de temps…

En complément à cette interview retrouvez ses réponses à nos questions sur le métier d’illustrateur.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Nicolas Gouny sur son site : http://www.la-parenthese-enchantee.fr (n’hésitez pas à visiter sa superbe boutique !)


La chronique de… Françoise Prêtre

Une fois par mois un acteur de la littérature jeunesse qu’on aime à La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé. Cette fois-ci c’est Françoise Prêtre de La souris qui raconte qui s’y colle ! Merci à elle.

L’été de Garmann

De Stian Hole chez Albin Michel

Lorsque Gabriel m’a proposé de lui faire La chronique de… je ne me suis pas posée de question ! Oui Gabriel, je vais te la faire ta chronique, j’en suis même ravie. Et pour le choix du livre ?
— Quel livre Gabriel, un que tu aimes et dont tu veux que je parle ou un autre ?
— Non, non, un que tu aimes toi, un qui t’a marqué dont tu as envie de parler… comme tu le fais pour toi sur ton blog !

— Ah, OK… Mais Gabriel, si ce livre n’est pas tout jeune, s’il a déjà quelques années au compteur, tu en veux bien quand même ?

— Oui, oui, celui que tu veux, même vieux, c’est bien aussi d’en remettre en lumière !

Alors voilà en préambule nos échanges, et finalement je suis là, en face de vous, à vous parler d’un livre étonnant que j’ai adoré. Un bel objet (haha, je ne peux pas dire ça de mes livres) ! Meilleur album 2007 à Bologne, Prix Sorcières 2009, je me le suis procuré au salon de Montreuil cette même année 2009. Un livre choc par le graphisme, « L’été de Garmann » est à mon sens un ovni tant le travail sur l’illustration est remarquable et atypique ! Un livre courageux, pas accessible à tous ! Généreux aussi !

En quatrième de couverture vous pouvez lire : « C’est la fin de l’été, les trois vieilles tantes arrivent comme chaque année avec leur arthrose et leur gâteau meringué. Demain Garmann rentre au CP. Il a peur. Mais il fait cette découverte incroyable : les adultes aussi ont peur ! »

Garmann a une bonne tête de petit garçon, très blond et tout en taches de rousseur ! Il a six ans et se pose des tonnes de questions. La peur, la mort, l’inconnu… Avec humour et décalage, ce livre nous parle à tous, nous qui avons été enfant ! Les doigts crochus du pommier, des papillons dans le ventre, les dents qui ne veulent pas tomber, ou celles que l’on met dans un verre d’eau. Il y a aussi les poils blancs au menton, « Tu as été enfant un jour toi ? lui demande Garmann. » Un hymne à la vie et à l’amour, à la relation inter générationnelle entre un enfant et ses trois vieilles tantes ! Les questions des uns apportant des réponses aux autres… C’est tendre et poignant.

Le travail de l’illustrateur qui est aussi auteur (et norvégien) confère indéniablement sa singularité à l’ouvrage.  Il associe illustration et photo montage, réalité photographique et planche botanique. Il nous promène dans ce décor particulier entre rire et nostalgie, et nous invite à nous souvenir de nos angoisses d’enfants, de nos étés avec nos aïeux.

Si vous aussi voulez retrouver ces moments qui sentent bon la brioche, et la fraise juste cueillie, courez vite chez votre libraire préféré pour acheter ce livre magistral !

Françoise Prêtre est la créatrice de La souris qui raconte (à ma connaissance la meilleure maison d’édition numérique).

Ses derniers titres web et tablettes (et je vous donne le lien vers les chroniques de déclickids) :

Vous pouvez aussi voir d’autres titres de la souris qui raconte chroniqués chez nos amis de Déclickids ici.
Retrouvez Françoise Prêtre sur son site : http://www.lasourisquiraconte.com et son blog : http://www.lasourisquiraconte.com/blog .

You Might Also Like

Secured By miniOrange