La mare aux mots
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Laurent Moreau

Partir à l’aventure en commençant par le jardin

Par 11 juin 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose deux albums superbes qui vont vous embarquer dans des voyages extraordinaires dans la nature.

La plus grande fleur du monde
Texte de José Saramago (traduit par Dominique Nédellec), illustré par André Letria
La joie de Lire
14,90€, 207×238 mm, 40 pages, imprimé en Lettonie, 2017.
Jouer dehors
de Laurent Moreau
Hélium dans la collection Album
16,90 €, 317×274 mm, 48 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responsable, 2018.

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Un chat, des papas et beaucoup de mystères !

Par 26 août 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on part à la recherche d’un gros chat roux insaisissable et l’on tente de percer le mystère d’une bande de papas énigmatique !

Qui attend qui ?
Texte de Jo Hoestlandt, illustré par Laurent Moreau
Père Castor Flammarion
12 €, 200×240 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2016.
Le mystère des papas
de Clément C. Fabre
Gallimard Jeunesse
13,90 €, 223×223 mm, 32 pages, imprimé en France, 2016.

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Les invité.e.s du mercredi : Laurent Moreau, Xavier Salomó, Meritxell Martí et Justine de Lagausie (+ concours)

Par 25 mai 2016 Les invités du mercredi

Laurent Moreau fait partie de ces illustrateurs dont le travail me transporte, m’enchante. Je ne connaissais absolument pas la personne qui se cache derrière ces superbes illustrations, j’ai eu envie de savoir qui il était, il a accepté de répondre à mes questions. Ensuite, c’est avec Xavier Salomó, Meritxell Martí et Justine de Lagausie (des éditions Seuil Jeunesse) que nous avons rendez-vous pour la rubrique Parlez-moi de… Ensemble, il et elles reviennent sur leur album très original, L’histoire Perdue. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Laurent Moreau

Laurent MoreauComment êtes-vous devenu illustrateur ? Parlez-nous de votre parcours
Comme beaucoup d’enfants, j’aimais beaucoup dessiner. Je ne dessinais pas forcément mieux que mes copains, mais en grandissant je ne me suis jamais arrêté de dessiner. Après le collège, j’ai fais des études professionnelles en industries graphiques. J’ai appris le métier d’imprimeur durant 6 ans. J’aime beaucoup les techniques d’impressions comme la gravure, la sérigraphie… J’adore observer un livre, toucher le papier, sentir l’encre, regarder les trames… Aujourd’hui, dans mon travail d’illustrateur ou de graphiste, lorsque je réalise une image, je sais comment elle va être imprimée et quelles sont les contraintes à prendre en compte. Mon travail aussi est influencé par mon goût pour l’imprimerie : couleurs restreintes, petits points, importance de la typographie… À la suite de cette formation, je me suis orienté vers le graphisme et l’illustration. J’ai eu la chance de pouvoir suivre les cours de l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg. C’est là que j’ai vraiment découvert le métier d’illustrateur.

Laurent MoreauQuelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je travaille presque exclusivement à la main, je ne suis pas très à l’aise avec l’ordinateur… Donc, je dessine aux crayons, je peins à la gouache, je découpe, je colle… Les techniques varient… Je dessine beaucoup dans des carnets, des idées, des recherches, des dessins personnels qui me servent ensuite pour mes projets de livres. Dans ces carnets, je m’amuse à utiliser différents outils. Je n’ai pas vraiment de technique préférée, j’aime la spontanéité, le geste, la ligne, les petits points… J’ai tout de même axé mon travail autour de l’utilisation de la couleur à la gouache.

Qui attend quiPouvez-vous nous parler de Qui attend qui ?, l’album qui vient de sortir chez Père Castor ?
C’est Laure Dufresne, l’éditrice, qui m’a proposé d’illustrer le texte de Jo Hoestlandt. J’avais déjà eu l’occasion de rencontrer Jo sur des salons et j’avais beaucoup apprécié nos échanges. Son texte m’a plu. Je le trouve extrêmement doux et j’aime beaucoup cette fin un brin cruelle. C’est l’éditrice qui a suggéré l’idée des volets à soulever. C’était une très bonne idée. Cela sert parfaitement le propos. Concernant le travail d’illustration, il s’agissait pour moi de ma première publication pour de très jeunes lecteurs, j’ai cherché à composer des illustrations très simples, graphiques et colorées, dans un univers assez symbolique et hors du temps.

ALMAJ’aimerais que vous nous parliez d’un de vos albums qui m’a particulièrement marqué, le superbe Alma.
C’est assez rare pour moi d’illustrer le texte d’un auteur. Je travaille principalement sur des projets personnels. Mais de temps en temps j’ai un coup de cœur ! Le texte de Stéphane Audeguy en fait partie ! J’ai été ému à la lecture de son texte et j’ai eu tout de suite envie de l’illustrer. En fait, je crois même que j’ai envisagé cette histoire comme si c’était moi qui l’avais écrite. Ça peut paraître étrange, mais je pense que c’est ce qui m’a permis de prendre énormément de plaisir à composer et réaliser les illustrations.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Je n’étais pas un grand lecteur… Mais quelques lectures m’ont marqué. Enfant, j’ai adoré l’univers foisonnant de Richard Scarry. Adolescent, j’ai été subjugué par Laurent Moreaul’écriture de Charles Bukowski. Aujourd’hui, je suis un grand fan de Charles Schulz et ses Peanuts.

Et quel.le.s sont les illustrateurs.trices qui vous inspirent aujourd’hui ou dont le travail vous séduit, tout simplement ?
J’admire beaucoup d’illustrateurs aux univers variés… Je peux en citer certains : Atak, Blexbolex, Benoît Bonnemaison-Fitte, Katrin Stangl, Geoff McFetridge, Rachel Levit… Je pourrais en citer encore beaucoup, je vais m’arrêter là !

Quels sont vos projets ?
Je travaille sur l’écriture d’un nouveau projet d’album. Il s’agit d’un grand imagier panorama du monde. laurent MoreauUne déambulation d’un jeune garçon autour du monde. Ce personnage va traverser de grands paysages sans réellement les apprécier et les contempler…

Une dernière question, si quelqu’un qui ne vous connaît pas lit cette interview et veut vous découvrir avec un seul de vos ouvrages, lequel lui conseilleriez-vous
Je crois que je conseille de lire le livre Après paru chez Hélium. Je pense qu’il s’agit de l’ouvrage le plus personnel, autant pour le texte que pour les illustrations. Bonne lecture !

Laurent Moreau

Retrouvez Laurent Moreau sur son site : http://zeroendictee.free.fr.

Bibliographie sélective :

  • Qui attend qui, illustration d’un texte de Jo Hoestlandt, Père Castor (2016).
  • Le livre de la jungle, illustration d’un texte de Véronique Ovaldé d’après Rudyard Kipling, Gallimard Jeunesse, (2016).
  • Dans la forêt des masques, une histoire à raconter, texte et illustrations, Hélium (2015).
  • Ma famille sauvage, texte et illustrations, Hélium (2013).
  • Après, texte et illustrations, Hélium (2013).
  • Alma n’est pas encore là, illustration d’un texte de Stéphane Audeguy, Gallimard Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Nuit de rêve, texte et illustrations, Actes Sud Junior (2012).
  • À quoi penses-tu ?, texte et illustrations, Hélium (2011).
  • Mini Rikiki Mimi, illustration d’un texte de Christine Beigel, Benjamins Média (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Valentin…, texte et illustrations, Actes Sud Junior (2010).
  • L’enfant dans la tempête, texte et illustrations, Rouergue (2009).
  • Jour de pêche, illustrations, Actes Sud Junior (2008).

Concours :
Grâce aux éditions Père Castor, l’un.e de vous va pouvoir gagner Qui attend qui, le superbe dernier album de Laurent Moreau. Pour participer, il vous suffit juste de laisser un commentaire sous cet article. Le gagnant ou la gagnante sera tiré.e au sort parmi tous les commentaires. Vous avez jusqu’à mardi 20 h. Bonne chance à tous et à toutes !


Parlez-moi de… L’histoire perdue

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, son illustrateur.trice et/ou son éditeur.trice. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur L’histoire perdue (chroniqué ici), un bel album plein d’humour mais surtout un album totalement original. Son auteure (Meritxell Martí), son illustrateur (Xavier Salomó) et son éditrice (Justine de Lagausie, des éditions Seuil Jeunesse) ont accepté de nous en parler.

Meritxell Martí, auteure :
L’histoire perdue est née de nos « luttes de créativité ».
Xavier et moi travaillons en tandem, il nous faut donc une bonne coordination des jambes pour choisir les décisions à prendre. Très souvent, nous allons dans le même sens. Pourtant, parfois, nous avons des doutes : On tourne à gauche ? Tu es sûre ? Je crois que oui. L'histoire perdue (croquis préparatoires)Et toi ? Non, c’est mieux par là…
Faire un album à deux, c’est un peu comme monter à deux sur une bicyclette. C’est vrai qu’il vaut mieux décider a priori où l’on va, mais c’est en avançant que l’on découvre de nouveaux chemins – des sentiers à demi cachés –  que l’on a envie d’emprunter. Et il n’est pas certain au départ que l’autre a aussi envie d’y aller.
On sait que les chemins bien tracés, bien définis, ne sont pas toujours ceux qui nous donnent la plus grande joie. Alors, laissons l’imprévu nous guider et nous inspirer ! L'histoire perdue (croquis préparatoires)C’est comme cela qu’Eva, l’héroïne de L’histoire perdue, perd le fil du récit. Et en le perdant, en se perdant, elle nous mène dans une autre histoire, cachée, perdue et – nous l’espérons – surprenante.
L’histoire perdue raconte ces expériences du duo qui, au final, se terminent bien, après avoir suscité des heures d’hésitation et de désaccord. Heureusement, pendant ces luttes, on s’amuse bien !

Xavier Salomó, illustrateur :
L’histoire perdue est l’album le plus difficile que nous ayons fait jusqu’à présent. Un vrai défi ! En fait, nous avons réalisé quatre maquettes avec quatre histoires différentes. L'histoire perdue (croquis préparatoires)Le plus rigolo, c’est que la deuxième histoire avait convaincu l’éditeur et que c’est nous qui avons dit « non ». Parce que nous voulions aller plus loin ! C’est ainsi que, deux semaines après avoir fini la maquette, nous avons refusé la proposition de l’éditeur et avons entamé une histoire encore mieux.
Je pense que, pour s’engager dans la création d’un album, il faut y être vraiment attaché, car c’est un travail énorme, surtout pour l’illustrateur (mais je ne voudrais pas commencer une nouvelle dispute avec l’auteure, ha, ha, ha !). Je croyais au départ qu’il suffisait que l’auteure écrive une histoire et l’illustrateur fasse ce que bon lui semble pour l’illustrer. Mais, pendant la construction de ce livre, 15-16_couleurnous nous sommes rendus compte que ce qui serait vraiment intéressant, ce serait de construire une histoire cachée que le lecteur ne découvrirait pas jusqu’à la fin, et dans laquelle toutes les pièces se réuniraient et prendraient soudain sens. C’est pour cela que nous avons travaillé et retravaillé beaucoup cet album… Enfin bref, j’espère que les lecteurs vont aimer cette histoire perdue.

Justine de Lagausie, éditrice :
J’adore travailler avec Xavier et Meritxell : ils ont un enthousiasme communicatif et chacun de leur nouveau projet est le résultat d’une sorte de ping-pong créatif d’où jaillissent sans cesse de nouvelles idées. 19-20 croquisIls ont un très grand respect de leurs lecteurs et cherchent toujours à leur offrir des albums soignés où aucun détail n’est laissé au hasard.
Quand j’ai reçu la première maquette de L’Histoire perdue, j’ai tout de suite été emballée par le projet : mettre en scène un dialogue conflictuel (et comique !) entre l’auteur et l’illustrateur, quelle bonne idée ! L'histoire perdue (croquis préparatoires) L’effet de surprise est immédiat et le lecteur se demande dès le début où tout cela va le mener.
La première version racontait une histoire très différente, avec moins de péripéties, mais le principe était déjà là, et il était suffisamment original pour donner envie d’avancer.

L'histoire perdue (croquis préparatoires)

Couv’ refusée

histoire perdue couv finale
L’histoire perdue
Texte de Meritxell Martí, illustré par Xavier Salomó.
Sorti au Seuil Jeunesse (2016).
Chroniqué ici.

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Les invité-e-s du mercredi : Martine Delerm et Laurent Moreau ( + concours)

Par 10 juin 2015 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, c’est l’auteure-illustratrice Martine Delerm que nous recevons, et nous n’en sommes pas peu fiers ! J’avais découvert son travail avec Fragiles, il y a quelques années, je suis depuis les sorties de ses albums. À la suite de cette interview, nous vous proposerons de tenter de gagner son dernier album, Les inconstances de Constance. Ensuite c’est avec l’auteur/illustrateur Laurent Moreau que nous avons rendez-vous. Il a accepté de jouer le jeu du En vacances avec. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Martine Delerm

Martine Delerm2 Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours ?
Mon parcours pourrait peut-être se résumer en trois mots :
obstination, liberté et fidélité.
Obstination. Lorsque mes parents me refusèrent de faire les Beaux Arts, je me tournai vers l’Agreg de Lettres et le professorat. L’Éducation Nationale fut sans doute bien inspirée de m’expédier (et ce malgré ma thèse en cours Enfance et Littérature) en Normandie. La vie plus lente qu’à Paris m’y offrit des plages de temps libre pour préparer mes albums et travailler ma technique. Georges Lemoine, à son insu, me servit de professeur. J’abandonnai les crayons prismalo pour une minuscule boîte d’aquarelle Rowney et entrepris de reproduire les images de L’enfant et la rivière. J’apprivoisai peu à peu l’aquarelle et mon trait s’affirma. Il avait fallu du temps certes mais mes professeurs de papier n’exigeaient pas de moi que je leur plaise ou que je leur ressemble. J’échappais sans l’avoir choisi au formatage éducatif. Mes premiers albums naquirent. Bien sûr il fallait, loin de Paris et du monde éditorial une certaine constance pour ne 9782021052800pas se décourager ! Mais par ailleurs le métier de professeur me plaisait et m’offrait la liberté d’attendre, de choisir. Je n’avais pas besoin de mes albums pour vivre, je n’avais pas besoin de plaire. Très vite, je décidai d’imposer texte et images ainsi que des personnages privés de bouche sans avoir à me soucier du temps que cela prendrait et cela en a pris !! Les Éditions Ipomée m’ouvrirent leurs portes et grâce à la confiance de Nicole Maymat je publiai Les jardins de Camille, La petite fille incomplète, Origami, Je m’appelle Alice. Au sein d’Albin Michel Jacques Binsztok tenta en vain de sauver Ipomée en difficultés financières. Je le suivis au Seuil où je sortis Fragiles (illustré par des textes de Philippe [Philippe Delerm, NDLR]) Papiers de Soi, Zoé puis chez Panama (Antigone peut-être et Marie-Marine et l’océan) tout en restant au Seuil Jeunesse où je publiai un album chaque automne.
Bien sûr je ne m’interdis jamais de publier chez d’autres éditeurs comme Grasset Jeunesse, Gallimard ou le Jasmin… (Avec le recul du temps je ne regrette guère que mes deux livres chez Fleurus où je me suis vite sentie piégée par un esprit commercial qui ne me convenait pas). En fait le Seuil Jeunesse reste pour moi une maison idéale qui ne s’empêche pas de réussir par des choix trop élitistes mais demeure ouverte à des projets de traverse et je me dis que c’est une chance  d’avoir pu parcourir un chemin si long en créant peu à peu un ensemble doué de sens, porteur de thèmes qui me sont chers. Un petit univers singulier.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Tout a commencé par un album cartonné. Sur la couverture, un chat à casquette roule des yeux très ronds, des petites billes noires dans des globes plastifiés. Martine Delerm3C’est mon premier Noël, je marche à peine, mon père filme : les jouets, non emballés à la façon des années cinquante, m’attendent sous le sapin mais je ne vois que le livre. On me met une poupée dans les bras, je la repose, hypnotisée par les images.
Les livres de mon enfance, La fête chez Caroline, Chante pinson, Le rêve de Catherine… sont avant tout restés dans mon souvenir pour leurs images. Je les recopie sans fin. J’ai encore dans ma boîte à souvenirs une Caroline, maladroitement dessinée mais joliment coloriée, qui danse en robe bayadère. J’adore aussi les albums vignettes et les immenses pages à colorier. Lorsque je commence à lire les Spirale, Rouge et Or, c’est encore un illustrateur qui guide mes choix : Pierre Le Guen : La clé du bahut, Puck écolière, Deux oiseaux ont disparu Par ailleurs je choisis les livres qui ont reçu le Prix Enfance du Monde : le bandeau du prix me semblant la promesse d’un grand bonheur à venir ! Parfois même, le top du top, les images de Pierre Le Guen accompagnent un prix Enfance du Monde comme pour Une petite fille attendait d’Yvonne Meynier
Lorsque trente ans plus tard, je reçus (pour Origami) le Prix Enfance du Monde dont j’ignorais qu’il existât encore, j’en fus particulièrement émue. On me trouva l’adresse d’Yvonne Meynier et je pus lui écrire peu avant sa mort.
Un souvenir très fort de lecture concerne non pas un ouvrage précis mais un lieu. J’ai beaucoup lu grâce à un homme qui tenait rue Marcadet Martine Delerm 8une minuscule boutique, presque un terrier, et vendait très peu cher des bouquins d’occasion. Le bonheur commençait dans un présentoir sur le trottoir et se poursuivait dans une sorte de caverne d’Ali Baba du livre. On rapportait ensuite le livre et il vous le rachetait un peu en dessous du prix d’achat. C’était magique, on lisait dix, douze livres pour le prix d’un ! Plus tard, le lycée, les profs de lettres, les découvertes littéraires mais tout commence là, dans l’enfance : ce plaisir de la lecture et tout de suite aussi ce désir brûlant d’écrire, de dessiner, de créer à son tour cet objet étonnant qu’on appelle un livre !

Pouvez-vous nous parler de votre technique d’illustration ?
Mes albums sont la résultante d’un équilibre fragile. J’y aborde des thèmes sérieux, parfois graves, voire dramatiques : l’impossibilité d’être soi, le droit à la différence, la recherche du sens de la vie, la mort, le devoir du refus… Ces thèmes ne sont pas toujours faciles à traiter sans heurter même si la langue se fait poétique. Martine Delerm 7L’aquarelle par sa légèreté, sa douceur diluée vient faire contrepoids à la gravité du propos. Elle atténue, adoucit ce qui peut blesser comme un antidote à la douleur. Elle permet d’apprivoiser un texte difficile ou tragique.
Par ailleurs, l’idée me plaît de contenir dans cette petite boîte, ces quelques palets Rowney, la possibilité de créer un univers. Je n’ai jamais trop aimé les artistes qui jouaient à l’artiste, souhaitant autour d’eux un déploiement matériel symbolique de leur pouvoir de création et toujours apprécié l’attitude d’une Berthe Morisot qui rangeait ses pinceaux pour accueillir ses amis. L’aquarelle permet cela, éviter l’atelier, mêler la vie et la création, travailler sur la table de la cuisine comme le carnet permet de gribouiller dans le métro. Fragile mais rigoureuse, transparente mais riche de nuances. Bref j’aime la modestie pleine de ressources de l’aquarelle.

Est-ce que vous pouvez nous parler de l’expression de vos personnages principaux et de cette absence quasi générale de bouche ?
L’enfance : une professeur de chant venait dans l’école. Après un ou deux essais, elle écartait de la chorale celles qui chantaient faux. Affublées d’un surnom méprisant, les moineaux, nous devions rester debout, bras croisés, derrière le piano, sans autre activité que d’écouter chanter les rossignols. J’eus bien d’autres occasions de ne pouvoir m’exprimer mais celle-ci est sans doute une des origines de mes personnages sans bouche et de mon goût pour la différence.
Martine Delerm4L’enfance encore : je tente de lire un de mes premiers poèmes en famille. Silence. Le verdict tombe Ce n’est pas toi ça ! Désormais je tairai ma part la plus secrète, mélancolique et sensible. Je serai la petite fille qu’on attend, dynamique et solaire !
Aussi dès mes premiers albums, je ne désire qu’une chose : frôler l’indicible. Mes personnages furent donc sans bouche, presque immobiles, souvent seuls. Non réalistes. Juste deux yeux pour contempler ou juger le monde qui les entoure ; pas vraiment des enfants mais des morceaux d’enfance, des enfants intérieurs. Puisque j’écrivais les textes, je donnerais sens à leur silence. Je serais leurs mots. Faire parler ceux qui ne parlent pas, ceux qu’on n’écoute pas ou qu’on entend sans les comprendre. Barnabé le peintre d’ombres, le funambule délivre en vain des messages pour des oreilles sourdes.
Dans Marie-Marine et l’océan le texte propose trois voix, celle de la narratrice, celle de Marie-Marine la petite fille qui s’imagine née de la mer et celle de la mère, castratrice, qui refuse le rêve de sa fille, veut l’obliger à rester dans la réalité et lui intime l’ordre de se taire. L’image vient alors à la rescousse de l’enfant sans bouche. La parole est interdite mais l’écume éclabousse les livres, les draps se font vagues, la robe se liquéfie. On ne triomphe pas si facilement de ceux qu’on fait taire. Mes personnages sans bouche regardent, comprennent et savent. Grâce à eux j’essaie de faire parler les silences, de dire les choses enfouies au plus profond de chacun.

Les inconstances de constanceVos deux derniers ouvrages, Les inconstances de Constance et Juste soi, détonnent dans la littérature jeunesse actuelle. Ce sont des albums poétiques et philosophiques où rien n’est prémâché, où chacun peut y voir quelque chose de différent (et qui pourraient même être des albums pour adultes). En avez-vous conscience ?
Je suis heureuse que vous me posiez cette question. Dès le début de mon aventure « album- jeunesse », j’ai souhaité installer un univers singulier où mes textes et mes images dialogueraient. Des personnages sans bouche, le plus souvent des petites filles. Beaucoup de blanc autour des illustrations, des cadres afin d’y entrer, d’en sortir, pour laisser au lecteur le choix de peupler l’espace à sa convenance. Le droit à la différence, l’importance d’être soi, réussir à se dire, apprivoiser le monde, pouvoir s’y glisser à sa façon : ces thèmes-là me sont chers et se retrouvent au fil de mes albums pour enfants. Pour enfants ? Je ne suis pas certaine que le terme convienne. Je préfère albums d’enfance. Certains enfants, certains adultes s’y reconnaissent. Je ne sais pas pour quel âge j’écris ou je dessine mais je sais pour qui. Chacun, quel que soit son âge, porte en lui d’infimes blessures, des fragilités à cacher sous le jeu social. La société est avant tout un mouvement, une sorte de tapis roulant, certes inquiétant mais souvent confortable, et il est peut-être bon parfois de choisir le silence, l’immobilité pour ne pas faire que passer, pour tenter d’arrêter le temps, pour dire nos colères, nos révoltes, nos attentes.Martine Delerm 5
Même s’il m’est arrivé de faire des livres plus faciles, plus légers, j’ai toujours essayé de publier des albums inclassables, un peu à la marge. Et ce fut une chance de pouvoir faire La petite fille incomplète, Origami, Papiers de Soi, Fragiles, Antigone peut-être, Marie-Marine et l’océan, Juste en soi, Barnabé peintre d’ombres ou Funambule… J’en suis parfaitement consciente et très reconnaissante aux éditeurs qui m’ont permis de les réaliser, le plus souvent avec une présentation raffinée, un papier de qualité, une belle réflexion sur la mise en page, leur accordant une attention précieuse.

Que pensez-vous de la littérature jeunesse actuelle ?
L’enfant dans notre pays est un roi méprisé. Une source colossale de profit pour le commerce, l’enjeu de toutes les convoitises, voire de toutes les démagogies. Flatté dans ses instincts les plus basiques, bourré de cholestérol, couvert de jouets, il est vite abandonné aux crèches et autres structures sociales ou scolaires qui vont faire de lui un « être au moule », un parmi des millions à presser, à essorer, à jeter dès qu’il sera fatigué de tout ça, ne sachant pas qui il est, ni surtout ce qu’il aurait pu être !
Dans ce contexte social prédominant, le secteur du livre jeunesse semble encore une oasis, un lieu de possibles. Bien sûr, il a pris un tel poids commercial qu’il a changé de caractère. On a parallèlement créé des classes d’illustration favorisant chaque année l’arrivée, sur le marché de l’emploi, d’un flot d’artistes talentueux et techniquement performants, malheureusement parfois un peu formatés par leurs études. On a vu ainsi fleurir des générations de petits claveries, de petits dautremers. Ils sont une proie idéale pour certains éditeurs sans imagination et sans scrupules (les deux allant souvent de pair !). Pompe à profit jetable dès qu’elle ne fonctionne plus, ils disparaissent aussi vite qu’ils apparaissent… C’est assez effrayant. Très effrayant aussi le secteur de la réédition des Martinejuste en soiCarolineBécassine qui obstruent tous les couloirs de rayons, colonisent les têtes de gondole avec la bénédiction des libraires. Marketing, rentabilité, mise en place sont devenus le leitmotiv des conversations. Le risque est grand du formatage absolu, du livre de commande obéissant à un cahier des charges totalitaire. Je me souviens d’une inscription sur les murs de Nanterre. À force de voir les choses en face, on n’a en face de soi que des choses.
Par chance nombreux sont les éditeurs qui tentent de résister et qui parfois réussissent. Le salon de Montreuil est en quelque sorte une métaphore de cette évolution. Les grandes tentes blanches, précaires mais où poussaient des arbres ont fait place à un cube de béton. Trop chaud, trop froid, inconfortable, l’espace est accaparé par des structures immenses sans réelle créativité mais on y trouve aussi des petites maisons imaginatives, des gens passionnés par ce qu’ils font, des gens passionnés par ce qu’ils lisent. À côté des albums proutiens, ou utilitaires, on continue à découvrir des pépites, des albums d’auteur avec un univers, une singularité, un charme, des réussites littéraires ou esthétiques. On peut encore choisir. (À Montreuil cela s’entend car dans le Carrefour Market de mon bourg on ne vend que des livres distribués par Hachette !!! et impossible d’en commander d’autres, petit scandale qui s’apparente à une censure artistique et commerciale)
Mais pour ma part j’ai toujours plaisir à déambuler à Montreuil tôt le matin pour dénicher de beaux albums, à flâner dans les rayons des petites librairies. Dans La petite fille sans allumettes Marina la petite mendiante est fascinée par les livres pour enfants et le conte s’achève sur la douce utopie que dans la librairie, sa délivrance est proche.

Quels sont vos projets ?
Mes projets ? Un album La Fée sans ailes qui sort à la rentrée au Seuil Jeunesse. Un peu agacée par l’abondance des fées ces derniers temps, tout ce rose bonbon, ces baguettes magiques Martine Delerm 6dans l’imaginaire des petites filles, j’ai eu envie d’une fée différente, sans ailes, un peu myope, un peu terre à terre mais finalement assez efficace ! J’écris des textes, je remplis des carnets de croquis. Et puis je commence à penser à un ouvrage sur mon travail, je replonge dans mes carnets, mes dossiers, mes albums. C’est assez agréable.

Bibliographie sélective :

  • Les inconstances de Constance, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Juste en soi, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La petite fille sans allumettes, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Jeanne cherche Jeanne, roman, Folio Junior (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Annabelle et les cahiers volants, texte et illustrations, Éditions du Jasmin (2011).
  • Marie banlieue, roman, Gallimard (2009).
  • Barnabé peintre d’ombres, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2009).
  • Antigone peut-être, texte et illustrations, Panama (2007).
  • Funambule, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2007).
  • Marie-Marine et l’océan, texte et illustrations, Panama (2005).
  • Papiers de Soi, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2002).
  • Fragiles, illustrations de textes de Philippe Delerm, Seuil Jeunesse (2001).
  • Origami, texte et illustrations, Ipomée (1990).
  • La petite fille incomplète, texte et illustrations, Ipomée (1989).

Concours :
Grâce aux éditions Seuil Jeunesse je vais pouvoir offrir à l’un-e de vous un exemplaire du très bel album de Martine Delerm, Les inconstances de Constance. Pour participer, dites nous quel est le livre qui a marqué votre enfance. Nous tirerons au sort parmi toutes vos réponses, vous avez jusqu’à mardi 20 h ! Bonne chance à tous !


En vacances avec… Laurent Moreau

Régulièrement, je pars en vacances avec un-e artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet-te artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il/elle veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il/elle veut me présenter et c’est lui/elle qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est Laurent Moreau qui s’y colle, merci à lui !
Allez en route !

5 albums jeunesse

  • Moi et rienFort comme un ours, Katrin Stangl, Albin Michel jeunesse
  • Moi et rien, Kitty Crowther, Pastel
  •  Scaf le phoque, Rojan, Père castor Flammarion
  •  Une journée à la plage, Yuichi Kasano, L’école des loisirs
  •  Le piano, Marion Duval, Didier jeunesse

5 romans

Accident nocturne

  • Les cerfs volants, Romain Gary
  • Demande à la poussière, John Fante
  • Accident nocturne, Patrick Modiano
  • La mer, Yöko Ogawa
  • Le dossier Rachel, Martin Amis

5 DVD

Aaltra

  • Mud, de Jeff Nichols
  • Les géants, de Bouli Lanners
  • Porco Rosso, de Hayao Miyazaki
  • Aaltra, de Benoît Delépine et Gustave Kervern
  • Palo Alto, de Gia Coppola

5 CD

 Iceberg Alley, Slaap, Close Up records

  • Maxed Out On Distractions, Corners, Lolipop records
  • Persona Non Grata, Cosmonauts, Burger records
  • Continental Shelf, Viet Cong, Jagjaguwar records
  • Nootropics, Lower Dens, Ribbon records
  • Iceberg Alley, Slaap, Close Up records (c’est le groupe dans lequel je joue !)

5 artistes

  • Rojankovsky
  • Atak
  • Bonnefrite
  • Goeff Mc Fetridge
  • Anne Brugni

5 lieux

  • Alt Mühle Biergarten, près de Strasbourg, côté allemand
  • Un village alsacien où gouter du bon vin
  • Buguélès, Côtes d’Armor, Bretagne
  • Lac Mono, Californie
  • Un restaurant italien dans une petite rue de Rome

Laurent MoreauLaurent Moreau est auteur et illustrateur.

Bibliographie sélective :

  • Dans la forêt des masques , une histoire à raconter, texte et illustrations, Hélium (2015).
  • Ma famille sauvage, texte et illustrations, Hélium (2013).
  • Après, texte et illustrations, Hélium (2013).
  • Alma n’est pas encore là, illustration d’un texte de Stéphane Audeguy, Gallimard Jeunesse (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Nuit de rêve, texte et illustrations, Actes Sud Junior (2012).
  • À quoi penses-tu ?, texte et illustrations, Hélium (2011).
  • Mini Rikiki Mimi, illustration d’un texte de Christine Beigel, Benjamins Média (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Valentin…, texte et illustrations, Actes Sud Junior (2010).
  • L’enfant dans la tempête, texte et illustrations, Rouergue (2009).
  • Jour de pêche, illustrations, Actes Sud Junior (2008).

Retrouvez Laurent Moreau sur son site : http://zeroendictee.free.fr.

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Il y a un bébé dans le ventre de maman

Par 1 février 2013 Livres Jeunesse

Entre deux coups d’pieds, on te tire le portrait.
En Mai, j’ai eu la trouille..
D’voir arriver ta bouille..
Et puis juin
Rose

Aujourd’hui (allez savoir pourquoi…) j’ai envie de vous présenter des livres qui parlent des bébés dans le ventre. Pas forcément de comment ils sont arrivés là (pour ça voir ma chronique Comment on fait les bébés), ni sur la fratrie (voir la chronique de Marianne), non sur cette période précise plein de questionnement pour les futurs ainés… le bébé dans le ventre de maman !

Et on commence par trois coups de cœur.

ALMAAlma n’est pas encore là est un album absolument superbe. Le texte est d’une beauté renversante et en même temps avec des petits touches d’humour, mais un humour fin et subtil, on a affaire ici à de la vraie littérature. Alma grandit dans le ventre de sa mère, au départ ce n’est qu’un grain de poussière et petit à petit voilà que le grain se transforme, qu’il y pousse des bosses, qu’il s’y dessine des taches. Jusqu’à devenir bébé la route est longue, il faudra apprendre à voir (grâce au soleil qui éclaire le ventre de sa mère sur la plage), à entendre (le bruit des ambulances dans la rue ou des rugissements d’un lion au zoo). Alma va aussi découvrir le goût (celui du chocolat qu’elle va aimer et celui du parmesan qui lui fera faire la grimace) et le toucher. Alma va se cogner, se tourner, réfléchir. On suit donc la croissance d’Alma, mois après mois avec des tas de petites choses, des choses qui semblent anodines et qui sont d’une extrême poésie. C’est un livre dont on pourrait sortir presque toutes les phrases pour montrer à quel point le texte est beau et donc j’avais envie de vous le citer un peu. « Mais ce qu’elle entendait le mieux, mieux que les ambulances et que les animaux les plus bruyants, c’était Jamie, puisqu’elle était dans son ventre : le cœur battant de sa mère, la voix de sa mère, et même les gargouillis de son ventre quand Jamie avait faim. Alors Alma sut qu’elle n’était pas la seule au monde, que quelque chose autour d’elle était là, pour elle : Alma se mit à aimer, pour la première fois. Et cela tombait très bien, puisque c’était sa mère, qui l’aimait déjà. ». Les illustrations également sont extrêmement poétiques et le livre contient de grands rabats ce qui permet de les mettre en valeur. Un petit bijou, vraiment.
Vous pouvez le feuilleter ici.

Le Ventre de MamanLe ventre de maman, Toi dedans, moi devant de Jo Witek et Christine Roussey est un très bel album, extrêmement poétique. Une petite fille s’adresse au bébé qui est dans le ventre de Le ventre de mamansa mère. Patiemment elle l’attend, en lui faisant des câlins, en lui racontant sa vie, en lui chantant des chansons,… Au fil des pages le ventre devient de plus en plus gros et on y trouve un petit volet (qui lui aussi s’agrandit) derrière lequel se cache le bébé qui évolue en même temps. Des illustrations très épurées comme j’aime, des pages un peu épaisses, un texte très poétique, très doux,… Un petit bijou.

MA PETITE HISTOIRE AVANT D'ETRE NEMa petite histoire avant d’être né est un livre bien original, un tout petit livre qui tient dans la ma petite histoire avant d'être némain avec des chapitres courts qui racontent la vie dans le ventre d’une maman. Écrit à la première personne, le personnage va donc tout nous dire du moment où la rencontre entre un homme et une femme a fait qu’il est là jusqu’au moment où il sort du ventre de sa mère. C’est extrêmement bien écrit, très poétique, on parle des sons entendus (le tic-tac de la montre du père, son qu’il va reconnaître une fois né) et de la lumière qu’il voit quand sa mère est au soleil mais aussi des danses qu’il exécute et des grimaces lorsque sa mère mange des choses épicées. Un livre très doux, très poétique, très beau, un véritable coup de cœur.

9 mois pour attendre un petit frère ou une petite sœur9 mois pour attendre un petit frère ou une petite sœur, et 9 livres pour l’attendre. Catherine Dolto et Colline Faure-Poirée ont créé cet objet très original, un porte livre en tissus qui s’attache sur un lit à barreaux ou au mur contenant 9 livres en carton épais, un pour chaque mois. On peut ainsi lire chaque livre au fur et à mesure de ces très longs 9 mois. Adapté aux plus petits donc (et nécessite du coup d’avoir des enfants rapprochés), on va ici chaque mois voir l’évolution du fœtus avec des comparatifs qui parlent bien aux enfants mais aussi aborder des thèmes comme les envies, la peur d’être moins aimé ensuite, communiquer avec le bébé dans le ventre ou préparer sa chambre. Alors par contre je ne peux pas laisser sous silence le sujet qui fâche, les idées sexistes qu’aime mettre Catherine Dolto dans ses livres… ici c’est la petite fille qui dit « si c’est une fille, je lui prêterai ma poupée. » puis le petit garçon « Si c’est un garçon, je lui prêterai mon camion »… C’est dommage car l’objet est joli, l’idée est bonne mais ce genre de propos chez moi ça ne passe pas… mais si chez vous ça ne pose pas de problème je pense que vous aimerez cet objet original.
Vous pouvez le feuilleter ici.

Attendre un bébéOn reste dans les livres pour les tout-petits avec Attendre un bébé dans la célèbre collection L’imagerie des tout-petits de chez Fleurus. Alors honnêtement je n’ai pas une Attendre un bébétrès bonne image de cette collection et à la base je m’étais dit que je vous parlerai de ce livre à titre informatif… et j’ai été très agréablement surpris ! Bien que les illustrations aient un peu vieillit (les ordinateurs semblent venir d’une autre époque, et de toutes manières je ne suis pas très fan de ce genre d’illustrations), c’est complet et très bien fait. Ici on part du test qui nous révèle que maman attend un bébé à la naissance en passant par la recherche du prénom, le moment où on apprend que certains de ses anciens jouets vont aller au bébé, les envies et la prise de poids de la maman, ce qu’on peut et ce qu’on ne peut pas faire avec elle,… On voit aussi l’évolution du bébé dans le ventre. L’accouchement est « montré » de façon très sobre et en aucun cas dérangeante. Franchement une bonne surprise !

Et dedans il y a...Dans la série des livres très connus, vous avez sans doute déjà entendu parler de celui de Jeanne Ashbé, Et dedans il y a. Un petit livre à volets très bien fait. Il est composé en 3 chapitres, tout d’abord les choses qu’on peut ouvrir pour voir dedans : la valise, le cadeau et la pastèque. Ensuite celles qu’il ne vaut mieux pas ouvrir pour voir à l’intérieur : la télévision, le nounours et le ballon. Et enfin ce qu’on ne peut pas ouvrir pour voir dedans mais… et là on va parler, vous vous en doutez, du ventre de maman. On va donc voir sur 3 dessins l’évolution du bébé dans le ventre de sa mère. Tout le livre utilise des volets qu’on soulève afin de découvrir l’intérieur, c’est ingénieux et efficace. Et après, il y auraC’est très doux et plein de charme. Du même auteur on va aussi trouver Et après, il y aura… dans lequel on parle de « l’après ». Même principe avec ses trois chapitres et ses volets à soulever, on va ici rassurer l’enfant en lui montrant que même quand le bébé sera là, il comptera toujours, il y aura toujours du temps pour lui (nous avions parlé de ce livre ici).

Un bébé dans le ventre de maman ?Un bébé dans le ventre de maman ? Simon et Gaspard n’en reviennent pas ! Alors bien-sûr on s’interroge comment c’est arrivé une telle chose, « comment on fait les bébés ? ». Papa est bien embêté pour répondre à ça… ce soir peut-être… sauf qu’à l’école Simon va savoir grâce à sa copine Lou… et c’est pas triste ! Ah Simon le lapin… J’en ai déjà parlé plusieurs fois et vous êtes nombreux, ici, à aimer. Quel bonheur de le retrouver ici dans cet album sur la grossesse. Et, vous le savez, Simon n’a pas sa langue dans sa poche donc ici on saura (presque tout) : que c’est le papa qui met une graine dans le ventre de la maman (par où on ne sait pas) puis que le bébé pousse et sort par la zézette de la maman ! On apprend même que les graines du papa sont dans son zizi ! Donc en gros si ce genre de détails vous fait peur… Ce n’est pas un livre pour vous ! Mais Stéphanie Blake amène ça avec beaucoup d’humour et son personnage est définitivement irrésistible !

Maman va exploserMaman va exploser ! C’est sûr ! Elle n’arrête pas de manger et elle grossit, grossit, grossit… elle fait même péter ses boutons de pantalon ! Franchement ça fait peur… et c’est ce sentiment qu’éprouve le petit garçon de cette histoire. Ici c’est également un album plein d’humour qui parle donc de la grossesse. On n’abordera pas du tout le bébé (avant le dénouement final) mais juste la prise de poids, le ventre qui s’arrondit et cette maman qui mange tout le temps. Drôle et plutôt original.

L'histoire de mon bébéAline va être grande sœur… oui mais quand ? Elle trouve ça long ! Et il va arriver comment ce bébé ? Par une cigogne d’après son grand-père, d’un chou lui dit sa grand-mère… bizarre ! Et puis cette maman qui grossit, grossit… c’est inquiétant ! Bref Aline se pose beaucoup de questions… c’est inquiétant cette histoire de bébé dans un ventre. Grâce à un dialogue avec le bébé (oui si on sait écouter ils nous parlent, vous l’ignoriez ?) et une photo (échographie) Aline va être rassurée, elle a des réponses à ses questions. Un album tout doux (les illustrations de Claude k. Dubois…), avec une histoire simple et qui plaît aux enfants. Laurence Bourguignon a réussi à répondre aux principales questions des enfants de façon naturelle. Un très bel album.

c'est quoi dans ton ventre ?Puisqu’on est sur les questions, C’est quoi dans ton ventre ? est un très bon livre entre le documentaire et l’album. Des tas de questions que les enfants ne vont pas manquer de C'est quoi dans ton ventre ?vous poser : Le bébé il arrive à quelle heure ? Comment on fait les bébés ? Il est déjà tout construit ? Il fait caca où ? (celle-là, elle surprend la première fois !). Le livre indique aussi, grâce à un petit repère visuel, les grandes étapes de la grossesse à aborder avec les enfants. Ici les réponses sont simples et adaptées aux petits (à propos de comment on fait les bébés « Papa a mis une graine dans mon ventre. Maintenant elle va grandir », à la question « il va sortir par où ? » « les mamans ont un passage spécial bébé »,…). En fin d’ouvrage des conseils intéressants d’une pédopsychiatre sur comment aborder la grossesse avec les enfants.

Le bébé, Mes p'tits docsLe bébé, dans la collection Mes p’tits docs de chez Milan est aussi très riche en informations. Ici on parle échographie, sages-femmes, cours de préparation à l’accouchement, liquide amniotique, couveuse,… au cours d’une histoire qui va de la découverte du fait que maman attend un bébé à la présentation dudit bébé aux copains. L’histoire est simple, les choses sont claires, bien présentées, c’est un album très riche en information.

BébéUn bébé ? Ouh la… ça fait se poser des questions… comment l’appeler, il arrive quand et surtout… qu’est-ce qu’il fera ? Un petit garçon imagine ce que pourra faire ce bébé plus tard et c’est un très bon prétexte pour parler de tous les sentiments qui traversent les enfants. S’il est peintre il mettra le bazar, sinon il peut être surveillant au zoo… pour se faire manger par un tigre, s’il est capitaine de bateau c’est quand même mieux si c’est moi le capitaine… L’enfant est partagé entre la peur de la place que va prendre ce bébé qui arrive (il a même envie qu’il retourne d’où il vient) et l’amour qu’il a déjà pour lui. Bien-sûr à la fin c’est le côté « on va l’aimer le bébé » qui va l’emporter. Un album plein d’humour et de douceur.

maman sort des bébésOn termine par un album un peu à part mais qui a sa place dans cette thématique, Maman sort des bébés fait partie de la collection Kifékoi qui explique les métiers aux Maman sort des bébésenfants. Ici la maman de Juliette est sage-femme mais elle est également enceinte. A travers la grossesse de Madame Sanchez, la maman de Juliette, et de ses journées au travail, on va donc suivre tout ce qui entoure la grossesse et celles qui sont là pour faire naître. De l’explication du mot « sage-femme » à l’échographie en passant par la vision décalée de l’accouchement que montrent les séries télé à la péridurale, on va apprendre des tas de choses tout en s’amusant car l’album est très drôle (la péridurale est vue comme un club de vacances, au moment de la naissance on montre les papas tous avec leur téléphone pour donner le poids de leur enfant. Maman sort des bébés est un album très sympa, bourré d’info sur le métier de sage-femme et donc forcément sur l’accouchement.

Quelques pas de plus…
Le ventre de maman a déjà été chroniqué sur Les livres de Dorot’ (dans l’article elle chronique aussi Maman va exploser et d’autres livres sur le même sujet) et par Méli-Mélo de livres.
D’autres livres sur la maternité que nous avons déjà chroniqué : Le ventre de maman de Sophie Lebot, Dans le ventre de maman de Laurie Cohen et Elen Lescoat, Le parcours de Paulo de Nicholas Allen, Dans le ventre des dames… de Malika Doray, Le mystère des graines à bébé de Serge Tisseron et Aurélie Guillerey et La surprise de Janik Coat. Encore plus de titres sur le forum dans un post général sur l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur (si vous en connaissez d’autres n’hésitez pas à compléter là-bas)
Nous avons déjà parlé de livres illustrés par Amélie Graux, les Play with Oops & Ohlala, d’un livre écrit par Catherine Dolto et Collinne Faure Poiré, Les parents se séparent, d’un livre illustré par Christine Rousset, Les cocottes à histoires, d’un autre livre d’Amélie Graux, L’hôpital, d’un autre livre illustré par Laurent Moreau, Mini Rikiki Mimi, de deux livres illustrés par Claude K. Dubois, Papa, maman… avant et La valise rouge, de deux livres de Jeanne Ashbé, Yola et Et après, il y aura… et deux de Stéphanie Blake : Je veux des pâtes ! et Je veux pas aller à l’école.

Alma n’est pas encore là
de Stéphane Audeguy, illustré par Laurent Moreau
Gallimard Jeunesse
15,40€, 266×306 mm, 32 pages, imprimé en Espagne sur papier recyclé, 2012.
Le ventre de maman
de Jo Witek, illustré par Christine Roussey
De la Martinière jeunesse
14,10€, 265×255 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2011
Ma petite histoire avant d’être né
de Martine Camillieri, illustré par Gaspard Richter
Hélium
7€, 100×145 mm, 40 pages, imprimé en Espagne, 2011
9 mois pour attendre un petit frère ou une petite sœur
de Catherine Dolto et Colline Faure-Poirée, illustré par Amélie Graux
Gallimard Jeunesse Giboulées
19,90€, 110x110x60 mm, 9×10 pages, imprimé en Chine, 2012
Attendre un bébé
d’Emilie Beaumont, illustré par Sylvie Michelet
Fleurus dans la collection L’imagerie des tout-petits
8,15€, 170×200 mm, 30 pages, imprimé en Italie, 2004.
Et dedans il y a
de Jeanne Ashbé
Pastel
9,20€, 155×155 mm, 16 pages, imprimé en Chine, 1997.
Un bébé dans le ventre de maman ?
de Stéphanie Blake
L’école des loisirs
12,70€, 227×285 mm, 20 pages, imprimé en France, 2012.
Maman va exploser
de Fabrice Boulanger
Les éditions de la bagnole dans la collection Klaxon
9€, 210×211 mm, 24 pages, imprimé au Québec, 2010 (précédente édition 2006)
L’histoire de mon bébé
de Laurence Bourguignon, illustré par Claude K. Dubois
Mijade
11€, 225×227 mm, 22 pages, imprimé en Belgique, 2012 (précédente édition 1992)
C’est quoi dans ton ventre ?
de Josef Anton, illustré par Caroline Hüe
Auzou
8,95€, 206×257 mm, 29 pages, imprimé en Chine, 2011
Le bébé
de Stéphanie Ledu, illustré par Lynda Corazza
Milan dans la collection Mes p’tits docs
7,20€, 195×195 mm, 29 pages, imprimé en Italie, 2007
Bébé
de Helen Oxenbury (traduit par Alice Delarbre), illustré par John Burningham
Père Castor dans la collection Les albums du Père Castor
15,50€, 257×267 mm, 48 pages, imprimé en Chine, 2011.
Maman sort des bébés
d’Eléna Zampino, illustré par Olivier Goka
Zoom éditions dans la collection Kifékoi
11,10€, 176×177 mm, 44 pages, imprimé en Italie, 2004.

A part ça ?

Grâce à une amie j’ai pu tester La princesse aux petits prouts avec ma fille (photo) et maintenant je suis donc sûr de moi en vous le conseillant ! Une vraie merveille. Si vous avez une tablette, n’hésitez pas ! Foncez ! Quelques liens pour vous donner encore plus envie : le reportage du JT de Claire Chazal, celui de France Info, l’article de 3 étoiles et puis leur blog, leur site et leur page facebook.

Gabriel

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