La mare aux mots
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Lele Sa’n

Des livres qui combattent le sexisme

Par 10 janvier 2012 Livres Jeunesse

Ils lui prédirent avec terreur
Quelle horreur
Qu’il allait être paraît-il
Pas viril
Dirent qu’il fallait mettre aussitôt
une auto
Dans les mains de ce petit mâle
Anormal
Xavier (Anne Sylvestre 1981)

Oui on s’intéresse aujourd’hui au sexisme, sujet qui me tient à cœur.

Philo fait du foot tous les samedis… sauf que Philo déteste le foot ! Il fait ça pour faire comme les copains, il en avait marre Philo d’être tout seul en récré, de ne pas faire comme les autres alors il a décidé d’aimer le foot… mais ça n’a pas pris !

Séverine Vidal, avec son humour qu’on lui connait, livre ici un mini-roman très drôle sur cette pseudo virilité qu’on doit avoir quand on est un garçon même s’il vaut mieux ne pas se tenir trop près de la solidarité virile, parfois constate Philo lors d’un après match dans les vestiaires. Et c’est en tombant amoureux de Lorette et grâce à sa nouvelle instit qu’il va découvrir un nouveau sport, plus fait pour lui : la danse. On parle ici de conditionnement (le père de Philo refuse que son fils fasse de la danse, les copains de la classe trouvent que ce n’est pas fait pour les garçons…), de sexisme et d’affirmation de soi. Et tout ça sans aucune lourdeur, toujours avec humour et finesse, la marque de fabrique de Séverine Vidal.

Fille garçon est un livre très particulier, le genre qui ne laisse pas indifférent. Ici des enfants parlent d’eux, de leurs goûts,… mais qui sont-ils ? fille ou garçon ? Et au fond est-ce important ?

Le texte est truffé de petites réflexions qui donnent à réfléchir Y’en a qui disent que c’est seulement les filles qui s’occupent des enfants, du ménage et des courses et les garçons, eux, ils sont des rois ou des chefs qui font la guerre. Moi je dis ça dépend… On réfléchit aussi si c’est être une fille que de ne pas aimer la wii ou les glaces bleues, ce qu’est un garçon manqué,… A la fin deux silhouettes identiques et le petit texte qui les accompagne est très semblable, seuls changent les mots « garçon » et « fille », le genre des adjectifs et la description des zizis. Car au fond fille au garçon qu’est ce que ça change ?

Les illustrations sont très particulières, le livre étonnera, fera se questionner, il est très original. Quand j’en ai parlé à l’éditeur il m’a répondu que « les petites maisons d’édition sont là aussi pour prendre des risques… » C’est sûrement en ça que j’aime les petites maisons d’édition.

Mais qu’est ce qu’il a Giga-boy ? Alors que c’est un super-héros (comme ses parents), le jour où il doit choisir sa tenue il choisit une combinaison multicolore ! C’est pas très viril ! Heureusement que ses parents sont là pour dire non ! Mais un jour Giga-Boy va quand même mettre une cravate rose… et, alors qu’il était adoré de tous, il devient la risée des enfants Et pourquoi pas en robe ?

C’est encore un très bel album contre le sexisme que propose ici Talents Hauts (maison d’édition spécialisée sur le sujet). L’histoire de ce super héros, rejeté pour son goût des couleurs et du rose est géniale et drôle. Comment l’habit conditionne la vision que les gens ont de vous. Mais s’il existait un autre monde où les gens sont normaux ? La plume de Gaël Aymon associée aux illustrations de Cécile Vangout font de Giga-Boy un livre vraiment réjouissant !

Un jour Luc reçoit une pochette de feutre. Alors qu’il essaye le rose il tombe amoureux de cette couleur. Il veut en mettre partout ! Sa mère lui fait la réflexion qu’il voit la vie en rose. Mais la rentrée arrive et il faut se choisir un cartable : il sera ROSE ! sauf qu’une fois à l’école les rires fusent et ses amis ne seront pas tendres avec lui.

Ici aussi c’est un très bel album contre le sexisme sorti chez Des ronds dans l’O (j’aurai l’occasion de vous reparler de cette très bonne maison d’édition prochainement). On est vraiment dans le même esprit que Giga-Boy (illustrations modernes, texte drôle,…) et les situations sont un peu les mêmes (mais les petits garçons se reconnaîtront peut-être plus en Luc, petit garçon « normal », qui leur ressemble.). Le rose du cartable de ce petit garçon qui devient la risée de ses amis, juste pour une couleur, est aussi, au delà des stéréotypes « sexuels », un symbole des différences, de l’anti « normalisation ». Tous les enfants rejetés un jour parce qu’ils ont eu quelque chose de différent, et donc de bizarre aux yeux des autres, se reconnaîtront en Luc. C’est également un album très réussi. Je suis heureux que ce genre de livre existe.

On peut remarquer que 3 de ces livres parlent de garçons qui ont quelque chose de féminin. Mais je ne connais pas vraiment de livres sur des petites filles qui ont quelque chose de masculin… Peut-être parce qu’elles subissent moins de moqueries… En tout cas le sujet m’intéresse, si vous connaissez des livres sur le sujet n’hésitez pas à me les signaler !

Plus de livres sur le thème du sexisme et de la différence fille/garçon sur le forum et sur le blog avec le tag sexisme.

Philo mène la danse de Séverine Vidal, illustré par Mayana Itoïz
Talents Hauts, 7€90
Public : Lecteurs débutants / Lecteurs confirmés

Fille Garçon de Lele Sa’n
L’initiale, 11€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Giga-Boy de Gaël Aymon, illustré par Cécile Vangout
Talents Hauts, 11€50
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Le petit garçon qui aimait le rose de Jeanne Taboni Misérazzi, illustré par Raphaëlle Laborde
Des ronds dans l’O, 12€50
Public A leur lire / Lecteurs débutants

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A part ça ?

Catimini nous a signalé sur le forum l’autre jour l’exposition d’Adéquation (l’association qui avait déjà publié la très bonne brochure recensant les livres anti sexisme). C’est au Petit Ney (10, avenue de la Porte Montmartre à Paris) du 3 au 24 janvier 2012. Son but est la promotion d’une éducation à l’égalité des filles et des garçons par l’approche genre et l’analyse des stéréotypes sexistes. Plus d’info ici.

Gabriel

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