La mare aux mots
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L’oiseau sur le rhino

Questions !

Par 14 décembre 2013 Livres Jeunesse

Questions plus ou moins sérieuses au programme de la chronique du jour !

où va-t-on quand on disparaîtOù va-t-on quand on disparaît ? Et la lune ? Et les chaussettes ? Et la neige ? C’est vrai ça, il y a tant de choses qui disparaissent. On les voit, et hop, on ne les voit plus ! Mais finalement, est-ce que tout disparaît vraiment ? Ce n’est pas parce qu’on ne voit plus quelque chose qu’il n’existe plus pour personne… Les pierres se transforment en sable, la neige fond, les nuages retombent sous forme de pluie, etc., etc.

Ça vous paraît un peu embrouillé mon histoire ? (et hop, encore une question !) Peut-être ! Mais je vous assure que c’est un bel album. Pas vraiment une histoire avec début, milieu, fin et personnages, mais un mélange d’interrogations philosophiques et de questionnements plus terre-à-terre et scientifique. Isabel Minhos Martins nous pousse à réfléchir, mais on peut aussi simplement se laisser bercer par les mots sans chercher à comprendre. Chacun fait ce qu’il lui plaît ! Et Madalena Matoso propose toujours des illustrations aux couleurs franches et à l’allure un peu rétro, qui ajoutent encore un peu d’originalité à cet album pour les curieux rêveurs !

ça vaut ou ça vaut pasPassons à des questions bien plus légères, plutôt rencontrées en cours de récré ! Ça vaut ou ça vaut pas ? Un ballon en mousse contre un éléphant qui sait tricoter ? Un gâteau contre un voyage dans l’espace ?  Une petite soeur contre une gomme parfumée ?… Tout dépend ! Les conséquences de ces échanges et de bien d’autres sont bien diverses, et toutes très loufoques !

Anne-Gaëlle Balpe et Olivier Daumas se retrouvent (j’avais déjà chroniqué Le grand n’importe quoi, créé par ce même duo), et j’ai encore souri ! C’est un peu fou, très étrange et parfois un peu déroutant, mais surtout original, et loufoque comme j’aime ! Ça tient non seulement au mélange étrange que l’on retrouve à chaque page (un éléphant contre un ballon, ou une petite sœur contre une gomme, ça ne nous viendrait pas à l’esprit… Eux y ont pensé !), mais aussi aux illustrations si particulières qui traduisent cet univers fou et décalé ! C’est le bazar, mais un joyeux bazar ! Et puis, l’air de rien, on réfléchit à la valeur que l’on donne aux différentes choses, rêves et personnes qui nous entourent…

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages d’Isabel Minhos Martins (La couverture, Les deux routes), Madalena Matoso (Magique, La charade des animaux) et d’Isabel Minhos Martins et Madalena Matoso ensemble (Se balader et  Les mille blancs des esquimaux). Nous avons également chroniqué plusieurs livres d’Anne-Gaëlle Balpe (Mon cartable, De vrais amis, Rouge bitume, Noël en Juillet, On n’a rien vu venirBonhomme et le caillou bleu, Quand je serai grand, je serai… Grand Méchant Loup, Les potions de Papi-guérit-tout et Chez moi), d’Olivier Daumas (Monsieur le chien) et même un livre d’Anne-Gaëlle Balpe et d’Olivier Daumas (Le grand n’importe quoi). Retrouvez aussi notre interview d’Anne-Gaëlle Balpe.

Où va-t-on quand on disparaît ?
Texte d’Isabel Minhos Martins illustré par Madalena Matoso
Notari dans la collection L’oiseau sur le rhino
15 €, 202 x 226 mm, 40 pages, lieu d’impression non précisé, 2013
Ça vaut ou ça vaut pas ? Le grand livre du troc.
Texte d’Anne-Gaëlle Balpe, illustré par Olivier Daumas
Frimousse
18 €, 226 x 290 mm, 44 pages, imprimé en Lettonie, 2013

A part ça ?

Saviez-vous qu’il y avait à Poissy un Musée du Jouet ? En voilà une idée de sortie !

Marianne

 

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Voyages poétiques, entre campagne et mer !

Par 9 novembre 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux albums qui nous font voyager, tantôt à la campagne, tantôt à la mer… C’est beau !

Campagne_inside.indd A la campagne on prend le temps de vivre. Les feuillages nous font de l’ombre, les cerises nous régalent, l’herbe, la rosée et le vent ont une odeur particulière, les coccinelles s’envolent et les roseaux ondulent. Mais il y a aussi les groseilles, les papillons, les baisers dans les buissons, les cabanes, les feuilles mortes et le parfum de la terre.

Marre de la grisaille ? Envie de verdure ? Il suffit d’ouvrir ce bel album pour plonger dans tous ces petits bonheurs champêtres, qui font le charme des sorties en pleine nature, plus ou moins loin de la ville. Laurie Cohen trouve les mots justes pour retranscrire les plaisirs les plus simples et les plus précieux, et c’est délicieux. Quant aux illustrations de Marjorie Béal, elle accompagne ce joli texte d’illustrations simples et colorées, qui nous placent au plus près de cette campagne : dans l’herbe, sur le tapis de feuilles, au sommet des branches, dans le massif des groseilles, on est au cœur de cette belle nature ! Un album pour s’évader et s’émerveiller des joies les plus simples !
Le même vu par Parfums de livres.

la mer et luiAutre destination et autre poésie, comme son titre l’indique, La mer et lui nous plonge au cœur de l’océan. Enfin, presque ! Le capitaine prend sa retraite et emmène avec lui la mer, sa plus fidèle compagne. Il habite maintenant en ville, mais dans le verre du salon, il a gardé ce précieux liquide sur lequel il a vécu depuis tant de temps. C’est un besoin partagé, tous les deux sont liés pour l’éternité. Le vieil homme peut plonger dans ses souvenirs, et la mer continue de lui livrer ses plus grands secrets. Mais sur la plage, la vie est triste. « La mer sans la mer, ce n’est plus que du vent ». Les marins, les enfants, les baigneurs rouspètent, alors le capitaine décide de libérer son amie…

Henri Meunier est un véritable poète. Au départ, les enfants peuvent être un peu troublés par cette écriture poétique, recherchée, où tous les mots sont choisis et agencés, non seulement pour leur sens, mais aussi pour leur sonorité. Et du coup, progressivement, on se laisse bercer par le doux bruit de ce récit, qui nous emporte loin, très loin de notre quotidien. Ce capitaine est attachant, et la mer est un véritable personnage, au centre de l’album. Régis Lejonc complète merveilleusement cette belle histoire, avec des illustrations magnifiques qu’on dirait tout droit sorties d’un musée.  Chaque page est un tableau, lumineux, tour à tour doux ou plus tourmenté. Larguez les amarres, c’est vraiment magnifique !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Henri Meunier (Chevaliers, Grand et Petit) et de Régis Lejonc (Le petit chaperon rouge ou La petite fille aux habits de fer blanc, et Obstinément Chocolat). Mais aussi un livre sur lequel ils ont tous deux ont déjà collaboré pour La rue qui ne se traverse pas. Retrouvez également d’autres chroniques de livres de Laurie Cohen (Est-ce que vous m’aimerez encore…?, Dans le ventre de maman, Ma voisine est une sorcière), Marjorie Béal (Mes deux papas, La fabrique extraordinaire) et de Laurie Cohen et Marjorie Béal réunies (Ma maison du bout du monde, Si petit, Si grand, et Et toute la ville s’éveille).

A la campagne
de Laurie Cohen, illustré par Marjorie Béal
Balivernes
14 €, 210 x 300 mm, 48 pages, imprimé en Belgique, 2013
La mer et lui
d’Henri Meunier, illustré par Régis Lejonc
Notari dans la collection L’oiseau sur le rhino, section Les hérons
23 €, 296 x 196 mm, 48 pages, lieu d’impression non précisé, 2013

A part ça ?

Vous êtes sans doute au courant, en ce moment, Astérix et Obélix sont à l’honneur avec la sortie du dernier tome de leurs aventures. La Bibliothèque Nationale de France (BNF) propose une exposition consacrée aux deux héros jusqu’au 19 Janvier 2014 !

Marianne

 

 

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Bizarre, vous avez dit bizarre ? Oui, mais c’est bien !

Par 10 septembre 2013 Livres Jeunesse

Pour tous les âges, des albums à l’atmosphère particulière !

un après-midi chez JulesJules et ses parents viennent de déménager. Ils habitent maintenant une très grande maison dans laquelle le jeune garçon s’ennuie, surtout qu’il ne connaît encore personne dans ce nouvel endroit. Alors il s’occupe comme il peut, et un jour, décide d’envoyer par la fenêtre des avions en papier. L’un atterrit dans l’oreille d’un vieux monsieur, un autre agace un chien, et un troisième se plante dans la barbe à papa d’une jolie jeune fille. Le lendemain, c’est au tour de Jules de recevoir un avion en papier… Qui a bien pu le lui envoyer ? Vous n’aurez pas nécessairement la réponse !

On suit Jules, tranquillement, dans sa nouvelle maison. Le plus surprenant dans cet album (mais pas nécessairement ce que j’ai préféré) est sans aucun doute la chute ! Le reste du temps, on se laisse porter par les avions en papier eux-même portés au hasard par le vent… Valérie Boivin signe un texte simple et vivant, et de belles illustrations au style original. Les personnages sont expressifs et Jules a l’air bien malicieux ! Un album pour enfants qui donne envie de se remettre à la fabrication d’engins volants en papier !

Petits trousPetit Monsieur habite une toute petite maison. Il a des trous partout : de ses chaussettes à son porte-monnaie en passant par ses poches… Il n’a pas grand-chose, et son seul confident est son poisson rouge, qui un jour, lui demande si lui aussi ne peut pas avoir un trou au fond de son bocal, pour aller rejoindre la mer. D’abord réticent, Petit Monsieur accepte et suit même son ami jusqu’à l’océan… Ça ouvre de nouveaux horizons, et c’est finalement plutôt positif !

Qu’il est beau cet album ! Beau mais particulier, ça c’est certain. L’histoire est belle déjà et invite à l’aventure, avec poésie ! Cécile Bergame invite les jeunes lecteurs à s’ouvrir au monde, qui regorge de lieux et de personnes extraordinaires et qui finalement est la maison de tout le monde. Quant à Aude Léonard, elle nous invite à pénétrer dans son univers très particulier : les illustrations sont des montages de photographies, et Petit Monsieur est un vrai monsieur, qui parcourt les rues avec son poisson. Un joli duo  pour un album plein de sensibilité et de poésie !

un pas à la foisAu cœur de ce dernier album, assez dense et plutôt adressé aux lecteurs déjà aguerris, se trouve un personnage hors du commun. Il mesure l’espace entre ses pantoufles au pied du lit, range ses crayons de couleur méthodiquement à l’aide de son double décimètre, élabore des plans précis pour repérer le trajet le plus court pour se rendre d’un endroit à l’autre, aime poser son regard sur des lignes droites, et veille à ne pas marcher sur les oiseaux du tapis du hall. Tout cela entre autres manies, règles personnelles, et idées fixes et immuables, sous peine d’anxiété et de perturbations émotionnelles trop importantes (pour vous dire, il fait des pompes pour muscler sa poitrine et ne pas ressentir trop fort les battements de son cœur…). Il y aussi Tante Agathe qui tient une place très importante de sa vie…

Voilà, je vous ai planté le décor. Très étrange, très attachant aussi, ce personnage dépeint par Nicole Blanche Mezzadonna ne laisse aucune place à l’imprévu… A moins que… Le texte est dense, plein de détails, comme la vie de cet homme et on entre petit à petit dans ses mécanismes qui visent finalement surtout à le tranquilliser (nous aussi nous avons tous nos petites manies, n’est-ce pas ?). Et Joanna Concejo lui donne vie avec ses illustrations très originales : j’ai un peu de mal avec l’air de chien du personnage, et je n’ai pas toujours fait le lien avec le texte, mais certaines pages sont vraiment magnifiques. Je crois qu’il faut se laisser porter sans réfléchir, pour mieux savourer ! Un bel album pour adolescents parce qu’il n’y a pas que les romans dans la vie !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres illustrés par Aude Léonard (Le soleil meurt dans un brin d’herbe) et Joanna Concejo (Grand et Petit).

Un après-midi chez Jules
de Valérie Boivin
Les 400 coups
11,90 €, 219 x 289 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2013
Petits Trous
Texte de Cécile Bergame, illustré par Aude Léonard
Lirabelle
19 €, 230 x 297 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013
Un pas à la fois
Texte de Nicole Blanche Mezzadonna, illustré par Joanna Concejo
Notari dans la collection L’oiseau sur le rhino
25 €, 225 x 326 mm, 61 pages, lieu d’impression non précisé, 2013

A part ça ?

Bientôt les feuilles vont tomber en masse. Vos enfants aiment peut-être en ramasser pour en faire des collages. S’ils cherchent l’inspiration, montrez-leur le travail de Tang Chiew Ling qui aime toujours autant ça !

Marianne

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« Entre eux deux, il y avait le royaume délicieux et gai des moineaux »

Par 3 décembre 2011 Livres Jeunesse

J’ai déjà parlé des éditions Notari, à propos notamment du très bel album d’automne « Le charme d’Angèle ».
Aujourd’hui, je vous présente deux de leurs nouveautés de la collection Jeunesse L’oiseau sur le rhino, qui une fois n’est pas coutume, m’ont enchantée !

Tour d’abord un album magnifique, La rue qui ne se traverse pas, d’Henri Meunier et Régis Lejonc.
L’histoire d’une jeune fille et d’un jeune homme qui s’observent par la fenêtre, et tombent amoureux avant même de se rencontrer. Les moineaux qui vont d’un côté de la rue à l’autre sont alors la seule chose qui permet de les unir. Les mots sont choisis, le ton est très poétique, parfois énigmatique, mais on se laisse porter sans peine.
Et puis les grandes illustrations qui accompagnent ce beau texte sont elles aussi vraiment très belles. A la fois sombres et lumineuses, mélange de couleurs franches, de motifs, et parfois simplement de contours. C’est magnifique !

Même le livre participe à cette atmosphère particulière. Tout en longueur pour reprendre la forme des gratte-ciels, avec du papier épais qui sent très bon.


Les enfants et adolescents devraient apprécier ce beau voyage, mais je pense que c’est aussi un beau cadeau pour bon nombre d’adultes, amoureux ou non…

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Dans un style complètement différent, Le Voyage d’une Etoile de Marina Del Cinque et Giovanna Zoboli, tombe à point nommé en cette période de Noël, puisqu’il s’agit d’une sorte de dépliant-calendrier de l’avent, qui comporte donc 24 pages qui racontent petit à petit le voyage d’une étoile la nuit de Noël. Nul besoin de croire en quoi ou qui que ce soit pour apprécier l’originalité de l’objet, la poésie de la courte phrase qui accompagne chaque jour, et les illustrations qui jouent toutes avec la typographie et les lettres. C’est joli, et très décoratif une fois entièrement déplié !

La rue qui ne se traverse pas, Henri Meunier et Régis Lejonc
Editions Notari
Collection L’oiseau sur le Rhino
Prix: 18 €
Public: A leur lire (pas pour les tout petits quand même, mais pas besoin d’attendre de savoir lire pour se laisser bercer par les images et les mots)/Lecteurs débutants/Lecteurs confirmés (et tous les poètes et romantiques).

Le Voyage d’une Etoile, Marina del Cinque et Giovanna Zoboli
Editions Notari
Collection L’oiseau sur le Rhino
Prix: 13 €
Public: A leur lire/Lecteurs débutants/Lecteurs confirmés

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A part ça ?
Il y a quelques mois, alors que je suis allée à Paris pour quelques jours, j’ai eu l’occasion d’aller visiter seule, l’exposition sur « Des jouets et des hommes » au Grand Palais. Et je trouve que c’est vraiment une belle idée de sortie ! La mise en scène est très chouette, et j’avais même envie de rebrousser chemin, pour repasser une fois dans toutes les pièces pour être sûre de n’avoir rien raté ! C’est jusqu’au 23 Janvier 2012 !

Marianne

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