La mare aux mots
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Ludovic Flamant

Les invité.e.s du mercredi : Ludovic Flamant et Germano Zullo

Par 6 avril 2016 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, c’est Ludovic Flamant qui a accepté de répondre à mes questions. Très fan de plusieurs de ses albums, j’avais envie d’en savoir plus sur lui et sur son travail. Suite à cette interview, vous pourrez tenter de gagner l’un de ses albums. Ensuite, je vous propose un En vacances avec ! Après Albertine, c’est avec Germano Zullo que je pars, quoi de plus logique ? Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Ludovic Flamant

Ludovic FlamantComment êtes-vous devenu auteur ? Parlez-nous de votre parcours
L’envie d’écrire, je la porte en moi depuis toujours : à quatre ans, quand on me demandait ce que je ferais comme métier plus tard, je répondais sans hésiter « faiseur de bandes dessinées » (ce que je n’ai au final encore jamais concrétisé). Ma mère était contrainte d’écrire ce que je lui dictais dans les bulles de mes personnages, la pauvre… Je voulais entrer à la « grande » école pour apprendre à écrire et uniquement cela. Même lire ne faisait pas strictement partie de la liste de mes désirs, à l’époque ! J’ai entamé de nombreux débuts de romans, tous abandonnés, au cours de mon enfance mais ai gagné quelques concours pour des poèmes. Je crois que c’est surtout la poésie qui m’a fait continuer à écrire parce que c’était une forme courte que je pouvais maîtriser de façon assez immédiate sans nécessité de discipline sur la durée, ce dont je suis apparemment incapable. À quinze et dix-sept ans, j’ai remporté le Prix International Jeunes Auteurs pour un poème puis pour une nouvelle et cela fut décisif pour moi. J’ai ensuite écrit pour le théâtre et mes pièces furent jouées. Mon écriture était alors exclusivement tournée vers les adultes mais l’envie d’écrire des albums m’a titillé dès mes dix-huit ans lorsque j’ai découvert Le voyage d’Orégon de Rascal et Louis Joos. C’est grâce à mon fils, six ans plus tard que j’ai franchi le pas : je cherchais pour lui une histoire parlant d’éboueur, sa passion du moment, sans en trouver. Je me suis dit : Et pourquoi pas le faire moi-même ? C’est ainsi qu’est né Chafi, illustré par Emmanuelle Eeckhout.

Il était mille foisJ’aimerais que vous nous parliez du magnifique Il était mille fois, comment s’est passé l’écriture de cet album, il y a des choses vécues par vous-même ?
Cet album est né de deux choses : de dessins de Delphine Perret que j’avais vus sur son blog, une série de personnages ayant tous pour point commun un même détail formel, à savoir une tache de couleur alors que tout le reste était au fin trait noir, ensuite de mon envie de travailler purement sur les émotions. Le côté sériel de ses illustrations m’inspirait pour quelque chose qui serait de l’ordre de l’énumération – J’aime beaucoup les listes ! Quant à l’émotion, elle est souvent le point de départ de mon travail : je me plonge dans mes souvenirs et me demande ce qui m’a fait peur, mis en colère, réjoui, étonné, dégoûté, rendu triste (façon Hulul préparant son thé aux larmes)… Et je pars du souvenir pour broder une histoire autour. Ici, Les poupees c'est pour les fillesje me suis borné à lister des situations mais toujours en pensant que ce serait idéalement avec des illus de Delphine. Je n’aurais sans doute pas sélectionné les mêmes situations si j’avais pensé par exemple à Emmanuelle Houdart, que j’aime beaucoup aussi mais dans un tout autre registre… Ensuite, il était important pour moi que cette longue liste puisse sonner comme un poème à la Prévert lorsque je la lirais à haute voix, ce que j’ai atteint mais ne se ressent pas du tout au final puisque, bien sûr, le lecteur s’arrête sur chaque image. De nombreux parents m’ont dit que la lecture de cet album prenait du temps car les situations leur évoquaient d’autres souvenirs personnels qui les invitaient à parler avec leurs enfants. Cela me réjouit puisque ne pas écrire d’histoire à proprement parler avait bien pour but de laisser l’espace nécessaire au lecteur pour s’en inventer mille à partir de petits riens, ce qu’a très bien compris Valérie Cussaguet, l’éditrice des Fourmis rouges.

Par votre métier de bibliothécaire, vous devez être amené à beaucoup lire, est-ce que ça vous nourrit pour vos histoires ou au contraire ça parasite le processus d’écriture ?
Un peu des deux. Il y a des projets que j’entame puis abandonne parce que je tombe sur un livre trop proche de ce que je voulais raconter. On ne joue pas avec la nourritureDans ces cas-là, je me dis : à quoi bon rajouter un livre sur la table des libraires qui n’ont déjà pas assez de place pour nous défendre ? J’ai souvent l’impression que les éditeurs sont ignorants de ce qui se fait en dehors de leur maison sinon ils ne laisseraient pas sortir autant de choses mille fois dites et redites… En même temps, lire un bon livre me donne si souvent l’envie d’en écrire un à mon tour… Je n’ai pas encore trouvé d’équilibre serein par rapport à cette question. D’autant que je suis très préoccupé par les questions d’écologie et, à un moment donné, les livres comme le reste finissent par venir gonfler la masse des déchets humains, tout produit culturel qu’ils sont, sans compter les arbres coupés en amont pour leur fabrication…

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Je lisais très peu étant enfant. Ou des choses pas franchement littéraires : Marmouset, Bob et Bobette, Les Farfeluches, des imagiers de Richard Scarry… J’éprouve aujourd’hui une grande affection pour tous ces livres, évidemment, mais ce n’est pas eux qui ont forgé mon goût pour la littérature jeunesse. Je n’ai découvert qu’adulte les Sendak, Lobel et autres qui allaient devenir mes « héros » ! Sinon, franchement, je regardais surtout la télévision. Tout le monde est prêt ?Ce n’est que vers mes 15 ans que je suis devenu un grand lecteur, principalement de poésie : Verlaine, Rimbaud et Baudelaire en premier lieu, puis Michaux, Prévert, Vian, Cliff, Savitzkaya, Bukowski… Eux, je pourrais en parler pendant des heures ! Quelle révélation ! C’est à cet âge-là que j’ai perdu la foi : tout à coup, des hommes apportaient de vrais éléments de réponse à mes questions ! Et cela continue aujourd’hui. Il y a des auteurs actuels que je suis assidûment : Mélanie Rutten, Adrien Albert, Anaïs Vaugelade me déçoivent rarement.

Quels sont vos projets ?
Depuis un temps, j’ai fortement ralenti mon écriture d’albums mais ça ne veut pas dire que je ne fais rien ! Mes projets actuels se tournent principalement vers la scène : slam et conte, notamment. J’expérimente beaucoup. Un scénario de long-métrage aussi, avec le réalisateur Xavier Seron dont le tout nouveau film Je me tue à le dire devrait sortir en mai 2016 (Allez le voir ! Vraiment !). J’apprends à dessiner, je donne de plus en plus de formations et conférences sur la lecture d’album et puis, tout de même, j’en écris Bonne ou mauvaise idéeencore : pour l’instant avec Chantal Peten, Catherine Pineur et Elis Wilk, mais sans aucune idée de quand ils verront le jour…

Une dernière question, si quelqu’un qui ne vous connaît pas lit cette interview et veut vous découvrir avec un seul de vos ouvrages, lequel lui conseilleriez-vous
Sans hésiter Louis des sangliers, chez Pastel, illustré par Émilie Seron. Une histoire d’homme bourru qui vit en retrait de la société et se retrouve contraint de s’occuper d’un bébé dont il ne voulait pas mais auquel il s’attache. Probablement l’histoire dans laquelle j’ai mis le plus de moi-même. Celui-là, j’ai peur du jour où on me dira qu’il faut le pilonner ! Sinon, je suis assez fier d’avoir pu traduire un Edward Gorey : Les enfants fichus, aux éditions du Tripode.

Bibliographie (jeunesse) sélective :

  • Quand tu es amoureux, illustré par David Merveille, Marmaille & Cie (2015).
  • Les poupées c’est pour les filles, illustré par Jean-Luc Englebert, Pastel (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Bonne ou mauvaise idée, illustré par Pascal Lemaître, Pastel (2014).
  • Il était mille fois, illustré par Delphine Perret, Les fourmis rouges (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Petites filles des 4 saisons, illustré par Catherine Proteaux, Bayard (2010).
  • On ne joue pas avec la nourriture, illustré par Émile Jadoul, Pastel (2009).
  • Tout le monde est prêt ?, illustré par Émile Jadoul, Pastel (2009).
  • Louis des sangliers, illustré par Émilie Seron, Pastel (2007).
  • La soupe aux miettes, illustré par Émile Jadoul, Pastel (2007).
  • Trop la honte !, illustré par Emmanuelle Eeckhout, Pastel (2007).
  • Des livres plein la maison, illustré par Émile Jadoul, Pastel (2007).

Son site : http://www.ludovicflamant.be.

Louis des sangliersConcours :
Grâce à l’école des loisirs, l’un.e de vous va pouvoir gagner Louis des sangliers, un album dont parle Ludovic Flamant dans cette interview. Pour participer, il vous suffit juste de laisser un commentaire sous cet article. Le gagnant ou la gagnante sera tiré.e au sort parmi tous les commentaires. Vous avez jusqu’à mardi 20 h. Bonne chance à tous et à toutes !


En vacances avec… Germano Zullo

Régulièrement, je pars en vacances avec un.e artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Germano Zullo que je pars ! Allez en route !

5 albums jeunesse

  • ridiculeRi-di-cules. André François.
  • Le Canard, la Mort et la Tulipe. Wolf Erlbruch.
  • La Ronde annuelle des marteaux-piqueurs ou La Mutilation d’un paysage. Jörg Müller.
  • J’ai peur. Géraldine Kosiak.
  • Le Manège. Donald Crews.

5 romans

  • solarisLe Château. Franz Kafka.
  • Solaris. Stanislas Lem.
  • 2666. Roberto Bolaño.
  • Demande à la poussière. John Fante.
  • La Vache. Beat Sterchi.

5 BD

  • Hortus Sanitatis. Frédéric CochéL’Énigme de l’Atlantide. Edgar P. Jacobs.
  • Les Bijoux de la Castafiore. Hergé.
  • Ici. Richard McGuire.
  • Hortus Sanitatis. Frédéric Coché.
  • Sol Carelus. Ruppert & Mulot.

5 DVD

  • La Cité des femmes. Federico Fellini.2001, l’Odyssée de l’espace. Stanley Kubrick.
  • Stalker. Andrei Tarkovski.
  • La Cité des femmes. Federico Fellini.
  • Suspiria. Dario Argento.
  • La Bête lumineuse. Pierre Perrault.

5 CD

  • Time and Place. Lee Moses.Le Avventure di Lucio Battisti e Mogol.
  • The Smiths.
  • Time and Place. Lee Moses.
  • Thrène à la mémoire des victimes d’Hiroshima. Krzysztof Penderecki.
  • The Blow up. Television.

5 artistes

  • Albert_Einstein_HeadFrancis Bacon.
  • Giorgio Morandi.
  • Giovanni Bellini.
  • Albert Einstein.
  • Roberto Baggio.

5 lieux

  • Les bois de Jussy dans le canton de Genève.
  • Les quartiers espagnols de Naples.
  • Le parc de Villa Borghese à Rome.
  • Le marché aux poissons de Tsukiji à Tokyo.
  • Noctis Labyrinthus sur la planète Mars.

Germano ZulloGermano Zullo est auteur.

Bibliographie sélective :

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Inventaires

Par 6 décembre 2013 Livres Jeunesse

Des actions, des souvenirs, des gâteaux, des jouets et même des oiseaux. Mettez tout sur la table, on va faire le tri et inventorier tout ça. Aujourd’hui encore, car on sait que vous allez peut-être devoir faire des cadeaux prochainement, vous trouverez dans cette chronique des petites merveilles.

Il était mille foisIl était mille fois… Un petit trou dans les chaussettes, un vieux monsieur dans une caisse en bois, une lettre de papa et maman en classe verte, une gamine qu’on n’invitait jamais aux anniversaires… et tant d’autres choses encore.

Toutes ces phrases sont extraites du petit bijou qu’est Il était mille fois, une merveille découverte à Montreuil. Des petites choses simples, quotidienne, gaies ou tristes, qui nous rappellent forcément des choses, des gens, des évènements. Comme un chocolat oublié dans une poche ou un chien qui revient à la maison après avoir disparu pendant quelques temps. Ce texte (ces textes ?) très simple mais extrêmement poétique est illustré par l’excellente Delphine Perret (auteur-illustratrice de la série Moi, le loup et les chocos). Des illustrations, là aussi, pleines de délicatesse. Le livre est très beau en tant qu’objet (beau papier, couverture « texturée »), il est édité par une maison d’édition dont j’avais beaucoup entendu parler et que je découvre avec cet ouvrage, Les fourmis rouges. Depuis que j’ai découvert Il était mille fois je sais quoi offrir à Noël (et pas qu’aux enfants).
Des extraits (et même une superbe bande annonce).

Succulentes sucreriesUne tartelette à la fraise, des boules de gomme, une gaufre, des chamallows, du nougat de Montélimar, une orangette… vraiment de quoi se régaler !

Les célèbres Pittau & Gervais ont décidé d’inventorier les succulentes sucreries, certainement pour nous mettre l’eau à la bouche. Dans un grand album les voilà rassemblées. Entre l’imagier et les planches à la Deyrolle, on retrouve (parfois pleine page) ces pâtisseries, bonbons qui nous font saliver rien qu’en les regardant. Un album pour les amoureux du sucre et des belles illustrations !
Des extraits sur tourner1page.

bric-a-bracUne ronde, du rouge, ouvert, fermé, devant, derrière, sucré, salé, des moutons pairs et des boutons impairs… un sacré bric-à-brac !

Encore un imagier ? Oui, mais quel imagier ! Je suis tombé amoureux de cet album lors d’une présentation. Pas attiré au premier abord, j’ai ensuite trouvé cet album complètement fou… tout ce que j’aime ! Pour exprimer « devant » on voit des poupées de face, pour « derrière » des poupées de dos, pour « en l’air » on voit des perroquets,  papillons, avions et « sous terre » des vers et des squelettes… et tout ça en jouets ! C’est très coloré, très vivant, plein d’humour, l’idée est très bonne et surtout tout ça est parfaitement mis en scène. Des diagonales de cheval, des décorations de bûche de Noël pour compter de 1 à 10, des gens qui se bagarrent et d’autres qui s’embrassent, et même des jouets cassés ! Un gros coup de cœur pour cet imagier hors norme et vraiment original qui plaira autant aux enfants qu’aux adultes nostalgiques.
Des extraits en ligne.

55 oiseauxUn oiseau qui indique le chemin, deux oiseaux qui font leur nid, trois oiseaux qui se perdent, quatre oiseaux qui hésitent à se brûler les ailes… et quarante-cinq autres oiseaux.

Quand Séverine Vidal sort un livre je suis impatient de le lire. Quand Csil sort un album je suis pressé de le regarder. Quand les éditions Winioux sortent un ouvrage j’ai hâte de le découvrir. Donc imaginez comment je trépigne quand les éditions Winioux sortent un album de Séverine Vidal et Csil ! Et je n’ai vraiment pas été déçu ! Quelle merveille, à tout niveau ! Un petit bijou de poésie (tant au niveau du texte que des illustrations), un superbe objet (livre accordéon au papier épais) bref un petit bijou. Décidément Séverine Vidal, Csil et Winioux sont trois noms à retenir, et quand ils se réunissent ils font des merveilles (ces trois mêmes noms étaient à l’origine ndu magnifique Rien qu’une fois).
Des extraits sur le site de l’auteur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des albums de Ludovic Flamant (Les poupées c’est pour les filles), de Delphine Perret (Moi, le loup et la cabane et Moi, le loup et les vacances avec pépé), de Pittau et Gervais (Imagier des saisons), de Séverine Vidal (Prune et l’argent de poche, Une girafe un peu toquée, Bad Lino, L’œil du pigeon, Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps) et de Csil (C’est la mienne, Paul et Rien qu’une fois). Retrouvez aussi notre interview de Séverine Vidal.

Il était mille fois
Texte de Ludovic Flamant, illustré par Delphine Perret
Les fourmis rouges
13,80€, 156×199 mm, 60 pages, imprimé au Portugal, 2013.
Succulentes sucreries
de Pittau & Gervais
Gallimard jeunesse Giboulées
19,50€, 285×346 mm, 69 pages, imprimé en France, 2013.
Bric-à-brac
de Maria Jalibert
Didier Jeunesse
19,90€, 265×265 mm, 96 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
55 oiseaux
Texte de Séverine Vidal, illustré par Csil
Winioux
10€, 160×165 mm, 18 pages, imprimé en Italie, 2013.

A part ça ?

Il y a quelques jours j’ai parlé, sur facebook, d’un livre (Le livre qui te rend super méga heureux de Françoize Boucher, sorti aux éditions Nathan) qui m’a surpris par les mots employés. Alors qu’il s’adresse aux enfants de 8 ans on y trouve des « con », « vie de merde », « nichon »,… Je ne pense pas vous en parler personnellement mais Maman Baobab l’a fait avec beaucoup de justesse. Retrouvez sa chronique ici.

Gabriel

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Garçons, filles et poupées

Par 4 novembre 2013 Livres Jeunesse

Vous le savez, nous aimons les livres qui luttent contre les clichés sexistes, chaque fois que nous pouvons vous parler de ce genre d’ouvrages nous le faisons avec plaisir !

Les poupees c'est pour les fillesQu’est-ce que c’est que cette tante bizarre qui offre une poupée à un garçon ! En plus, il a l’air d’aimer ça ! Papa se rassure, ça lui passera ! Sauf qu’on ne rigole plus du tout quand il décide de sortir hors de la maison avec la poupée, imaginez un peu la honte ! Non non non il faut prendre les choses en main et aller de toutes urgences acheter à cet enfant un VRAI jouet de garçon !

C’est un sujet qu’on croise de plus en plus, les garçons et les poupées (on a déjà chroniqué sur le sujet La poupée d’Auguste et Nils, Barbie et le problème du pistolet), c’est un peu un sujet à la mode… mais on ne va pas s’en plaindre ! Ici, on a affaire à un très bon livre. Le sujet est vraiment bien traité, avec intelligence et finesse (il n’y a pas de grosses ficelles). On parle du fait que le sexisme c’est souvent quand ça arrange les gens (le père qui offre une boîte à outils à son fils dit à sa femme qu’elle peut jouer avec lui, après tout les femmes aussi peuvent bricoler…) et souvent pas très réfléchis (pourquoi ce père qui s’est occupé de ses bébés refuse-t-il que son enfant fasse comme lui avec une poupée ?). Bref, le texte est très bon, drôle et plein de réflexions. Les illustrations de Jean-Luc Englebert rendent l’ouvrage beau en plus d’être bon. Un très bon ouvrage !
Le même vu par Enfantipages et par Butiner de livres en livres.

On n'est pas des poupéesUne fille… ah oui ! C’est quelqu’un qui aime s’habiller en danseuse et qui adore le rose… ça va pas non ??? Mais non une fille, ça peut aussi vouloir être une chevalière pour zigouiller des dragons ! Ce n’est pas parce qu’on est une fille qu’on adore faire le ménage et s’habiller en robe. On n’est pas obligée d’accepter les bisous des garçons, on peut aussi choisir QUI nous embrasse et QUAND ! Non mais !

On n’est pas des poupées, mon premier manifeste féministe est un livre que j’ai tout de suite adoré (à quelques détails près… je vais aussi en parler). Ici, on parle des clichés sur les filles : le fait qu’elles aiment le rose, qu’elles sont passives, qu’elles seront forcément mamans, qu’elles sont fragiles, qu’elles doivent être sages… C’est amené avec énormément d’humour et de pep’s. Des phrases courtes et percutantes et les illustrations de Claire Cantais (que personnellement j’aime beaucoup, mais je pense qu’on aime ou on déteste) rajoutent encore plus de vitalité à tout ça. En fin d’album, on revient sur des personnages historiques (Olympe de Gouges, Angela Davis, Louise Michel…) qu’on a croisés dans l’album grâce aux collages. Bref, voilà un album intelligent et bien fait ! Sauf que deux petits détails me chiffonnent… j’hésite même à parler de ces détails, car je ne veux pas dire un truc négatif sur cet album que je veux vraiment absolument vous donner envie de découvrir… J’ai coutume de dire que je ne suis pas féministe mais antisexiste et ça s’est encore confirmé ici… Je pense qu’on ne peut pas avancer d’un côté sans négliger l’autre côté. Je m’explique : alors que dans l’album on voit un garçon jouer à la poupée (ici aussi), on lit une phrase de l’éditeur au tout début du livre Le livre est fini, mais pas l’histoire, et le combat pour l’égalité des droits continue. Allez les filles ! L’égalité des droits n’est pas que l’affaire des filles… et je dirais même justement au contraire ! Si l’on n’apprend pas aussi aux garçons que l’égalité est importante est-ce que tout ça est utile ? Est-ce plus important de faire réfléchir sur le racisme ceux qui en sont victimes ou les racistes eux-mêmes ? Je prends cet exemple exprès, car je le trouve plus parlant. Je trouve ce « allez les filles ! » justement sexiste. Il sous-entend que ce livre est un livre pour les filles… et donc c’est pour moi sexiste. C’est un tout petit détail (surtout qu’il est du fait des éditeurs et non des auteurs je pense)… mais qui, je trouve, a quand même son importance ! Autre petit détail (et là encore, on sort de l’album), si vous achetez ce livre sur le site de l’éditeur on vous offre des « bons points »… et dans les « bons points » il y en a un « Le rose ? Beurk beurk beurk » et là aussi j’ai du mal… Autant je trouve ça super qu’une fille aime le noir plus que le rose, autant je trouve qu’une fille qui aime le rose il faut la laisser aimer le rose. Pour prendre ma fille comme exemple, elle n’a jamais été élevée dans le trip « rose », « princesses», etc. Et pourtant, elle adore le rose, je ne vais pas l’en empêcher et lui donner un bon point parce qu’enfin elle n’aimerait plus cette couleur (j’avoue qu’en plus personnellement j’aime beaucoup le rose, avant La mare aux mots j’avais un forum sur la culture qui était entièrement rose). C’est super qu’on laisse un garçon jouer à la poupée et aimer le rose, une fille jouer aux petites voitures et aimer le bleu mais attention, les forcer contre leurs goûts (ou les récompenser de bons points) c’est aussi peu tolérant que ceux qui font l’inverse. Mais je veux redire à quel point hormis ces deux détails (qui sont vraiment des détails mais qui me tenaient à cœur), ce livre est vraiment un super livre et que je vous le conseille fortement… pour les filles et les garçons !
Si vous êtes sur la région parisienne, vous pouvez participer à un goûter philo autour de ce livre le 16 novembre à 16h à la Librairie Violette and Co (102 rue de Charonne), plus d’infos ici.
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le même vu par Le tiroir à histoires (que j’ai lu après avoir rédigé ma chronique et qui soulève un autre point).

Quelques pas de plus…
Une autre chronique sur l’antisexisme : Princesse un jour et boniche pour toujours et plein d’autres livres sur le sujet sur notre fiche thématique.
Nous avions déjà chroniqué un livre de Claire Cantais (Avec de l’ail et du beurre).

Les poupées c’est pour les filles
Texte de Ludovic Flamant, illustré par Jean-Luc Englebert
Pastel dans la collection OFF – Pastel
10€, 140×190 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2013.
On n’est pas des poupées
Texte de Delphine Beauvois, illustré par Claire Cantais
La ville brûle dans la collection Jamais trop tôt
13€, 172×236 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne, 2013.


À part ça ?

Même si c’est un magnifique coup de marketing, ça mérite d’être salué (en attendant que ça soit banal) ! Tout comme l’année dernière, Super U ne fait pas dans le sexisme dans son catalogue de Noël… et le pire c’est que ça ne plait pas à tout le monde !  Un article du Point ici.

Gabriel

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