La mare aux mots
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Magali Le Huche

Des bolosses et des sorcières

Par 15 octobre 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on plonge dans deux univers différents mais tout aussi hilarants ! Direction le collège de Félix Thomassin le « bolosse » grâce à Mon chien parle le bolosse de Dominique Souton, puis l’immeuble de la petite sorcière Verte, dans la génialissime adaptation de Pome de Marie Desplechin par Magali le Huche !

Mon chien parle le bolosse
Texte de Dominique Souton, illustré par Gabriel Gay
L’école des loisirs
13 €, 150×218 mm, 112 pages, imprimé en France, 2018.
Pome
Scénario de Marie Desplechin, dessins de Magali le Huche
Rue de Sèvres
14 €, 218×284 mm, 89 pages, imprimé en France, 2018.

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Enfants qui puent et animaux énervés

Par 30 avril 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose de faire connaissance avec une tribu qui pue et un manchot qui en a marre qu’on le prenne pour un pingouin.

La tribu qui pue
Texte d‘Élise Gravel, illustré par Magali Le Huche
Les fourmis rouges
16,50 €, 240×230 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2017.
Le manchot qui en avait marre d’être pris pour un pingouin
Texte de Nicolas Digard, illustré par Christine Roussey
Nathan dans la collection Album Nathan
11,50 €, 223×273 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.

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Le cauchemar et Lindolfo

Par 15 mars 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux drôles de personnages : un cauchemar qui porte un slip et Lindolfo, un genre d’ami imaginaire.

Le Slip du cauchemar
Texte de Claudine Aubrun, illustré par Magali Le Huche
Seuil Jeunesse
12,50 €, 210 x 230 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2017.
Moi, Maman, Papa et Lindolfo
de Jean-Claude Alphen
L’Atelier du poisson soluble
15 €, 195 x 218 mm, 48 pages, imprimé en Espagne, 2017.

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Les invité·e·s du mercredi : Béatrice Rodriguez et Magali Le Huche

Par 22 novembre 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, je vous propose une interview de Béatrice Rodriguez qui vient de signer un album très drôle (et antisexiste) avec Jean Leroy, La princesse, le loup, le chevalier et le dragon. Ensuite, on file épier Magali Le Huche dans son atelier pour voir comment elle crée. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Béatrice Rodriguez

Parlez-nous de votre parcours.
J’ai toujours dessiné, depuis l’âge où l’on peut tenir un objet entre les doigts. Mon père nous mettait toujours à disposition du matériel feuilles et crayons, parfois même un stylo à bille. J’ai gribouillé pas mal de papiers peints et livres de poche.
Puis j’ai beaucoup dessiné à la maternelle, moins à l’école primaire.
Vers 15 ans j’ai pris des cours de dessin. C’était un super moment le mercredi après-midi, une respiration dans la semaine.
Je ne savais pas si je voulais en faire mon métier. Certains m’encourageaient d’autre me le déconseillaient fortement.
Finalement après des années d’hésitation je suis rentrée à l’école Boule puis Oliviers de Serre et pour atterrir enfin pour mon plus grand bonheur aux Arts Déco de Strasbourg.
Après les arts déco, j’ai commencé mon métier d’illustratrice, d’abord dans la presse pour enfants (Astrapi, J’aime lire, Toboggan…) et dans les éditions scolaires. Et puis petit à petit, lorsque la confiance s’est installée, pour l’édition.

Vous venez de sortir La princesse, le loup, le chevalier et le dragon chez Actes Sud Junior, parlez-nous de votre travail sur cet album et de votre collaboration avec Jean Leroy
Le texte m’a tout de suite plu et Jean avait trouvé tout de suite le bon rythme pour le bouquin, de ce fait, je n’ai pas fait grand-chose, si ce n’est les illustrations.
Jean voulait des crayonnés pour envoyer le projet aux maisons d’édition. Je voulais peaufiner les dessins faire quelque chose de très séduisant, mais j’avais beaucoup de travail en parallèle, alors le projet stagnait un peu. Heureusement Jean m’a boosté et m’a dit d’envoyer ce que j’avais… un premier jet assez cracra.
Il l’a mis en maquette (sans ma permission) et a commencé à démarcher (sans ma permission) et le projet a été accepté chez Actes Sud Junior. Donc je peux dire que Jean est un auteur boosteur assez étonnant.
Bien évidemment, la maquette a été retravaillée depuis…
Pour cet album, je voulais mettre beaucoup de légèreté et d’innocence.
J’ai beaucoup travaillé le mode de déplacement des personnages. La princesse toute sautillante légère, contraste bien avec son goût pour la bagarre (je me suis inspirée de ma petite sœur à l’âge de 5-6 ans qui avait cette attitude légère évanescente et bagarreuse). Le chevalier lui se déplace de façon rigide, bloqué dans son armure, rigide mais dynamique, il écrase tout. Un petit bulldozer.
Pour moi, la gestuelle des personnages est très importante, des orteils à la pointe des cheveux, elle raconte autant que le texte.
Pour les couleurs, je voulais une ambiance douce, fraîche, mais pas pastel, assez acidulée.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je dessine les traits noirs au crayon sur du papier calque que je scanne par la suite. Je mets la couleur sur ordinateur portable avec ma petite palette graphique. Comme ça je peux travailler un peu partout dans la maison et chez les autres aussi.

Quelles étaient vos lectures d’enfant et d’adolescente ?
Enfant je ne lisais pas. J’étais dyslexique et ça me demandait trop d’effort. Même Asterix m’épuisait.
Je préférais le jardin, je regardais les arbres, les fleurs, les insectes.
Voir comment germaient les graines, comment poussaient les plantes.
Adolescente, j’adorais « Le génie des alpages » de F’murr. « Les rats » de Ptiluc et puis Fred aussi avec son « Philémon » et « Les idées noires » de Franquin.

Parlez-nous de vos prochains ouvrages
J’ai toujours plein de projets en tête et même parfois dans les tiroirs des éditeurs. Mais c’est le temps qui me manque le plus. Je dois évoluer dans une autre boucle temporaire que les autres, plus élastique.
En tant qu’illustratrice, faire plusieurs livres à la fois, c’est assez compliqué pour moi. Faire un livre, déjà, demande tellement d’énergie, d’engagement. Mais peut-être que je ne suis pas assez légère. En ce moment, je suis en train d’illustrer un Classique chez le Père Castor, « Le petit bonhomme de pain d’épices ». D’ailleurs il faut que j’y retourne je suis un peu en retard sur mon travail !

Bibliographie sélective

  • La princesse, le loup, le chevalier et le dragon, illustration d’un texte de Jean Leroy, Actes Sud Junior (2017).
  • Mon petit atlas de France, illustration d’un texte d’Aude Lesage, Belin (2017).
  • Au bonheur des lapins, illustration d’un texte de Marie Nimier, Albin Michel Jeunesse (2015).
  • Les secrets des grands singes, illustration de textes d’Emmanuelle Grundman, Akela éditions (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Chien-guide pour la vie, illustration d’un texte de Laure Perrin, Akela éditions (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Partie de pêche, album sans texte, Casterman (2013).
  • Carabinette, illustration d’un texte de Jean Leroy, Casterman (2013).
  • Dans la forêt, en promenade avec Tom et Marie, illustration d’un texte de Sylvie Baussier, Belin Jeunesse (2013).
  • La revanche du coq, album sans texte, Casterman (2011).
  • Le voleur de poule, album sans texte, Casterman (2008).


Quand je crée… Magali Le Huche

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur·trice·s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur·trice·s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur·trice·s, dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement, nous demandons à des auteur·trice·s et/ou illustrateur·trice·s que nous aimons de nous parler de comment et où ils·elles créent. Cette semaine, c’est Magali Le Huche qui nous parle de quand elle crée.

C’est assez variable, en fonction des projets, des humeurs, des urgences, des saisons…
J’aime beaucoup chercher des idées au café. J’aime commencer les projets, esquisser des personnages au café. J’aime beaucoup les cafés, j’arrive bien à me concentrer, comme si l’agitation ne me concernait pas, et que je ne pouvais pas partir de mon siège, quoiqu’il arrive. C’est un endroit distrayant qui me concentre je crois. Par contre je n’y arrive pas du tout dans le train ! Je suis toujours attirée par le défilement du dehors et ça me fait planer.
La plupart du temps je travaille dans mon atelier.
Il y a des jours où j’ai besoin d’être totalement seule sans bruit. C’est étonnant comme je suis beaucoup plus intolérante au courcircuitage chez moi qu’au café. Pour écrire notamment, et pour faire des crayonnés. Dans ces phases de travail, je suis en général dans le silence total. Ensuite, lorsque je passe au dessin, à la mise au propre, à la recherche de technique, j’aime écouter de la musique. Mais alors là, pour le choix de la musique, je peux être un peu maniaque ! J’ai l’impression que la musique que je choisis alors va influencer mon dessin (ce qui n’est pas faux), ou l’inverse, les dessins que je fais vont influencer la musique que je choisis. Oui parce que je peux dessiner en rythme, alors, si je choisis d’écouter Deep Purple ou des groupes comme Supergrass, The Clash, ou Television, mon trait sera peut être plus nerveux que si je décide d’écouter Chopin, Schubert, ou Sufian Steven et Patrick Watson. Il peut m’arriver d’écouter Dr Dre, Missy Elliott ou MFDoom, alors que je fais une histoire de Doudous tout mimi. S’opère alors un petit décalage assez drôle. Pour le prochain Non-non, je vais essayer d’écouter Black Sabbath, tiens.

Lorsque je dessine, j’écoute de la musique, et lorsque je fais des mises en couleur, j’écoute la radio. J’écoute beaucoup d’émissions en podcast, généralement des émissions de France culture. Je suis addict à « Les pieds sur terre ».

Pendant des années j’ai partagé mon atelier avec d’autres illustrateurs et graphistes. C’était une super période, ou j’aimais travailler entourée, cela ne me dérangeait pas de faire des pauses en fonctions des pauses des autres.
On se faisait découvrir beaucoup de musique, on écoutait les émissions ensemble…
Même si mes collègues me manquent souvent, j’ai trouvé une certaine satisfaction, un plaisir à travailler seule. Je me sens dans ma bulle, j’aime être complètement immergée dans mon espace, dans mon travail. Cela devient même nécessaire maintenant, et je suis plus facilement disponible ensuite pour aller voir les autres.
C’est à cause de l’âge peut-être…
Avant j’étais super efficace le matin, et puis, maintenant que j’ai un atelier attaché à mon appartement, j’aime travailler le soir, les bruits de dehors ne sont pas les mêmes, la lumière de la nuit me concentre différemment, je n’ai plus à surveiller l’heure, j’y suis bien…

Magali Le Huche est autrice et illustratrice.

Bibliographie (sélective).

  • Le grand magasin fluo, illustration d’un texte de Stéphane Gisbert, Sarbacane (2017).
  • Doudou est perdu, texte et illustrations, Tourbillon (2017).
  • La tribu qui pue, illustration d’un texte d’Élise Gravel, Les fourmis Rouges (2017).
  • Verte, illustration d’un scénario de Marie Desplechin, Rue de Sèvres (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Qui a soufflé mes bougies ?, album, illustration d’un texte d’Ilan Brenman, P’tit Glénat (2017) que nous avons chroniqué ici.
  • Eléctrico 28, album, illustration d’un texte de Davide Cali (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Paco, albums sonores, textes et illustrations, Gallimard Jeunesse (2014-2017), que nous avons chroniqué ici et .
  • Peur du noir, moi ?, album, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Jean-Michel, albums, textes et illustrations, Actes Sud Junior (2009-2017), que nous avons chroniqué ici et .
  • Série Non-Non, albums, textes et illustrations, Tourbillon (2009-2016), que nous avons chroniqué ici, et .
  • Un poisson dans le bidon, illustration d’un texte de David Sire, Sarbacane (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • À la recherche du nouveau père, BD, scénario de Gwendoline Raisson, Dargaud (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Même les princesses pètent, illustration d’un texte d’Ilan Brenman, P’tit Glénat (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le poisson perroquet, album, illustration d’un texte d’Amanda Sthers, Nathan (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Ferme ton bec !, album, illustration d’un texte de Pierre Delye, Didier Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est de famille, album-CD, illustration d’un texte de David Sire, Éditons des braques (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Drôles de courses pour M. Ours, album, illustration d’un texte de Monika Spang, P’tit Glénat (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Pépito super-héros, album-CD, illustration d’un texte de Yann Walcker, Gallimard Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Niet Popov, album-CD, illustration d’un texte de David Sire, Éditons des braques (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Mères anonymes, BD, scénario de Gwendoline Raisson (2013), Dargaud, que nous avons chroniqué ici.
  • Le loup et la soupe aux pois, album, illustration d’un texte de Françoise Diep, Didier Jeunesse (2012) que nous avons chroniqué ici.
  • Le Chat d’Elsa, album, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Père Castor (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le voyage d’Agathe et son gros sac, album, texte et illustrations, Sarbacane (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • L’arpenteur, album-CD, illustration d’un texte de David Sire, Éditons des braques (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • À la piscine, grande illustration, La maison est en carton (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Ma super famille, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, Père Castor (2009), que nous avons chroniqué ici.

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Les invité.e.s du mercredi : Marie Desplechin, Magali Le Huche et Mélanie Rutten

Par 5 juillet 2017 Les invités du mercredi

La saison 2016-2017 se termine en beauté avec Marie Desplechin et Magali Le Huche que nous avons eu la chance de rencontrer à l’occasion de la sortie de la bande dessinée Verte. Ensuite, nous partons en vacances avec la douce et merveilleuse Mélanie Rutten. Dès mercredi prochain, retrouvez notre rubrique de l’été Du berger à la bergère, où des auteur.trice.s deviennent les « intervieweur.euse.s  » et posent toutes leurs questions à d’autres auteur.trice.s… Un beau mercredi à toutes et à tous !


L’interview du mercredi : Marie Desplechin et Magali Le Huche

Est-ce que la collaboration s’est bien passée ? C’était comment de travailler ensemble ?
Marie Desplechin :
J’avais déjà lu des albums de Magali, je la connaissais aussi nom, mais on ne s’était jamais rencontrées. Puis, Charlotte [NDLR Charlotte Moundlic, éditrice chez Rue de Sèvres] m’a montré Mères anonymes et nous a présentées. Mine de rien, ça reste difficile de juger quelqu’un uniquement sur son travail.
Magali Le Huche : Surtout que je n’ai pas fait beaucoup de BD…
M.D. : Avec Mères anonymes, j’étais déjà convaincue, même si ça n’était pas toi au scénario. Dans le dessin et dans le sujet qui était traité, pour moi, la collaboration valait le coup !
M.L.H. : C’était impressionnant de se lancer dans l’adaptation dans un roman comme ça, qui a été beaucoup lu.
M.D. : C’est vrai pour une génération, beaucoup d’enfants l’ont étudié à l’école. Même moi, j’aurais l’impression qu’on ne peut pas faire n’importe quoi dans une adaptation, vis-à-vis des autrices.
M.L.H. : Et puis, les gens aiment beaucoup Verte ! Moi aussi, donc je me suis posé des questions. Qu’est-ce que je peux faire de nouveau ? Et je pensais à l’histoire, mais aussi aux lecteurs qui connaissent Verte depuis longtemps. Moi, j’ai toujours peur d’aller voir un film tiré d’un roman ou d’une BD que j’ai beaucoup aimé. Donc je me suis beaucoup posé de questions avec cette appréhension de me dire « qu’est-ce que je vais apporter différent qui va servir l’histoire ? ».

Comment est-ce qu’on passe d’un roman à une bande dessinée ?
M.D. :
Alors en fait, c’est Magali qui a tout fait et que moi, je me suis contentée de dire : « oui c’est très bien ! ». C’est elle qui a fait l’adaptation, moi je n’ai rien fait.
M.L.H. : J’ai quand même beaucoup repris les dialogues…
M.D. : Oui, mais les découpages proprement dits, c’est toi qui les as choisis. On est sorti du système polyphonique pour être dans un système plus linéaire que tu as choisi toi-même.
M.L.H. : Après, toi et Charlotte vous m’avez encouragée à simplifier, à enlever ce qui est trop littéraire pour que ce soit plus parlé, pour la BD. Moi, j’aimais bien ces dialogues que je trouvais savoureux et je ne voyais pas comment les réécrire, ce n’était pas évident de réécrire !
M.D. : Mais il y a des coupes qui sont nécessaires, quand le texte décrit des images, des expressions de visages… on n’a pas la place pour ça dans une BD. Donc c’est surtout Magali qui a bossé. Elle m’envoyait des trucs et moi je disais juste « ouais c’est super ! »
M.L.H. : Tu ne te rends pas compte, mais c’est super de travailler avec toi pour ça ! Elle est trop gentille « C’est super ! C’est super ! » Rien que pour ça, c’était agréable et facile pour moi de travailler avec Marie.
M.D. : Et ce qui est vachement bien, c’est que tu ne dis pas dès le début, pas comme dans le dessin animé [NDLR il y a eu une adaptation en dessin animé du roman Verte], que la mère a abandonné le père, que Verte le cherche, qu’il y a plein de trous… tu gardes le principe du suspense.
M.L.H. : C’est ce qui marche dans le livre, garder l’émotion de la lecture et la découverte de l’histoire. C’est aussi l’intérêt des quatre voix différentes dans le roman, pour construire le puzzle, comme une sorte de petite intrigue…

Le roman Verte est sorti il y a maintenant 20 ans, mais l’histoire fonctionne encore merveilleusement bien aujourd’hui, pourquoi ?
M.L.H. :
Moi je crois que c’est la relation mère/fille qui est intemporelle et qui fait échos chez chaque mère, qui ont eu des filles et qui ont été petites filles… Et puis aussi ça parle de tout ce qui tourne autour de l’enfance vers 9-10 ans, l’école, les ami.e.s…
M.D. : C’est un âge qui est marrant parce qu’il est avant l’adolescence, ce n’est pas si spectaculaire. C’est facile de parler de l’adolescence, mais là, c’est la petite période de latence qui précède. Ce n’est pas la « belle enfance ». Dans le cas des filles, on voit tout le temps et partout les différents rapports avec les mères et avec les grands-mères. Et pour beaucoup de femmes, le rapport avec la grand-mère est très fondateur. Moi, dans ma vie, ça a été fondamental en tout cas.
M.L.H. : Mais moi, j’ai toujours entendu dire par ma mère que ma grand-mère était meilleure grand-mère que maman. J’ai toujours eu de bons rapports avec ma grand-mère, même un peu distants, mais certainement meilleurs que pour ma mère.
M.D. : Grand-mère, t’es désinvesti de la tâche de l’éducation. Il n’y a pas d’angoisses donc tu donnes le meilleur. Tu n’as pas cette rivalité super angoissée de voir l’enfant devenir la petite femme, le fait que t’es la reine et que ton enfant grandit et qu’un jour ça va être fini pour toi. Il y a toujours cette rivalité et même si tu y fais attention, c’est en jeu, c’est potentiellement là. Tu sais que tu vas grandir pour conduire quelqu’un dehors, mais c’est vachement beau !
Tout ça ce n’est pas dit dans Verte, quand je l’ai écrit ma fille avait 10 ans, ce n’est pas du tout explicite, c’est juste à l’œuvre. Moi, ma mère s’est identifiée en Anastabotte direct.
M.L.H. : Ma mère aussi s’est identifiée à Anastabotte…
M.D. : C’est un livre pas mal lu par des grands-mères et des petits enfants.
M.L.H. : C’est vrai que c’est peut-être plus facile de s’identifier à Anastabotte qu’à Ursule. Même si moi je n’ai pas de problème à m’identifier à Ursule, je me sens Ursule ! Des fois, j’ai l’impression d’être un genre de dragon (rires).
M.D. : Mais les mères sont des personnages à haut potentiel comique !
On nous demande quand même de faire des trucs déments. Tu bosses, tu gagnes le fric, si tu gagnes plus que tu mec et que tu divorces, c’est toi qui payes pension alimentaire, tu dois élever tes gosses, faire à manger tous les soirs, tout ça. Et après tu dois être la princesse machin… Le monde entier nous met une presse à imprimer.
M.L.H. : Ça existe aussi pour les pères, moi mon homme me dit pareil, même si c’est vrai qu’il le vit pas de la même façon.
M.D. :Moi mon mec, il est adorable, il est hyper féministe, pour lui Virginie Despentes ne va pas assez loin, mais il ne sait pas faire à manger, il ne l’a jamais fait.
M.L.H. : Moi mon père ne nous a jamais changées. Maintenant, moi avec mon mec on s’engueule pas mal parce qu’on fait les mêmes choses, mais on n’a pas forcément les mêmes façons de faire. Et j’ai ce souvenir de mon père « va demander à ta mère », alors que là, on partage vraiment. On s’engueule plus, mais c’est quand même beaucoup mieux !
M.D. : Je connais des gens qui faisaient des contrats avec le partage, « toi tu fais ça, toi tu fais ça », pour être sûr que ce soit équitable. C’est compliqué peut-être tordu et compliqué, mais finalement, c’est tellement facile de se faire avoir. Les filles ont tendance à vouloir en faire plus, pour être « Madame Parfaite » et tu finis même par penser qu’une partie de ta séduction est liée à ça.

Et sinon, qu’est ce que vous lisiez quand vous étiez enfants ?
M.L.H. :
Ben Verte (rire) ! Non quand il est sorti, j’étais pas si jeune. J’avais déjà 18 ans. Moi, je lisais Tom-tom et Nana, parce que j’ai mis du temps à lire. Puis j’ai découvert La Potion magique de George Bouillon que j’ai lu trois fois ! Puis James et la grosse pêche, Charlie et la chocolaterie… tous les Roald Dahl ! Quentin Blake, c’était mon dieu, d’ailleurs, ça l’est toujours ! Je lui ai serré la main, ça m’a impressionnée et j’ai dit un truc débile !
Et Marlaguette aussi. Ma mère le connaissait par cœur ! Du coup, les premières fois elle a commencé à me le raconter sans livre et c’est comme ça que je me suis fait mes premières images, ça me fascinait !
M.D. : Moi je lisais absolument n’importe quoi. J’ai appris à lire à 3 ans, donc j’ai lu la bibliothèque de mes parents, les Historia planqué chez mes grands-mères… C’était trop bien ça ! Complètement hétéroclite ! J’ai lu aussi les livres de la bibliothèque des enfants à Roubaix et vu que j’avais tout lu, j’ai eu le droit d’aller à la bibliothèque des adolescents, en avance ! Et ensuite la bibliothèque des adultes, en avance aussi. C’était vachement bien de pouvoir tout lire ! J’ai une culture d’une autre époque qui ne correspond pas à une génération. J’ai celle de mes parents, de mes grands-parents… J’avais vraiment accès à tout, j’ai lu des trucs que je n’aurais sûrement pas dû lire…

Bibliographie commune

  • Verte, Rue de Sèvres (2017), que nous avons chroniqué ici.

Bibliographie (sélective) de Marie Desplechin

  • Le Journal d’Aurore, adaptation du roman, illustré par Agnès Maupré, Rue de Sèvres (2016) que nous avons chroniqué ici.
  • Mauve, roman, l’école des loisirs (2014).
  • Le Bon Antoine, roman, Gallimard Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • La Belle Adèle, Gallimard Jeunesse (2010).
  • Babyfaces, roman, l’école des loisirs (2010).
  • Pome, roman, l’école des loisirs (2007).
  • Séraphine, roman, l’école des loisirs (2005).
  • Le Monde de Joseph, roman, l’école des loisirs (2000).
  • J’envie ceux qui sont dans ton cœur, roman, l’école des loisirs (1997).

Bibliographie (sélective) de Magali Le Huche

  • Qui a soufflé mes bougies ?, album, illustration d’un texte d’Ilan Brenman, P’tit Glénat (2017) que nous avons chroniqué ici.
  • Eléctrico 28, album, illustration d’un texte de Davide Cali (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Paco, albums sonores, textes et illustrations, Gallimard Jeunesse (2014-2017), que nous avons chroniqué ici et .
  • Peur du noir, moi ?, album, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Jean-Michel, albums, textes et illustrations, Actes Sud Junior (2009-2016), que nous avons chroniqué ici et .
  • Série Non-Non, albums, textes et illustrations, Tourbillon (2009-2016), que nous avons chroniqué ici, et .
  • Un poisson dans le bidon, illustration d’un texte de David Sire, Sarbacane (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • À la recherche du nouveau père, BD, scénario de Gwendoline Raisson, Dargaud (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Même les princesses pètent, illustration d’un texte d’Ilan Brenman, P’tit Glénat (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Le poisson perroquet, album, illustration d’un texte d’Amanda Sthers, Nathan (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Ferme ton bec !, album, illustration d’un texte de Pierre Delye, Didier Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • C’est de famille, album-CD, illustration d’un texte de David Sire,  Éditons des braques (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Drôles de courses pour M. Ours, album, illustration d’un texte de Monika Spang, P’tit Glénat (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Pépito super-héros, album-CD, illustration d’un texte de Yann Walcker, Gallimard Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Niet Popov, album-CD, illustration d’un texte de David Sire,  Éditons des braques (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Mères anonymes, BD, scénario de Gwendoline Raisson (2013), Dargaud, que nous avons chroniqué ici.
  • Le loup et la soupe aux pois, album, illustration d’un texte de Françoise DiepDidier Jeunesse (2012) que nous avons chroniqué ici.
  • Le Chat d’Elsa, album, illustration d’un texte d’Alice Brière-HaquetPère Castor (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le voyage d’Agathe et son gros sac, album, texte et illustrations, Sarbacane (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • L’arpenteur, album-CD, illustration d’un texte de David Sire,  Éditons des braques (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • À la piscine, grande illustration, La maison est en carton (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Ma super famille, illustration d’un texte de Gwendoline Raisson, Père Castor (2009), que nous avons chroniqué ici.


En vacances avec… Mélanie Rutten

Régulièrement, nous partons en vacances avec un.e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Mélanie Rutten que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

  • Les quatre saisons de Ranelot et Buffolet, Arnold Lobel
  • Le grand livre vert, Robert Graves et Maurice Sendak
  • Heureusement, Rémy Charlip
  • J’aimerais, Toon Tellegen et Ingrid Godon
  • Saisons, John Birmingham

5 romans

  • Le journal, Katherine Mansfield
  • Jane Eyre, Charlotte Brontë
  • Huckleberry Finn, Mark Twain
  • Le grand cahier, Agota Kristof
  • Vivre, penser, regarder, Siri Hustvedt

5 DVD

  • La nuit du chasseur, Charles Laughton
  • Les moissons du ciel, Terence Malik
  • Rebecca, Alfred Hitchcock
  • Fantastic Mr Fox, Wes Anderson
  • Fargo, Cohen

5 CD

  • A ceremony of Carols, Benjamin Britten
  • Coexist, XX
  • Ouï, Camille
  • Heads Up, Warpaint
  • Two grains of sand, Piers Faccini

5 artistes

  • Jorinde Voigt
  • Peter Doig
  • Paul Klee
  • Nalini Malani
  • Jockum Nordström

5 lieux

  • Les rives du fleuve Niger aux environs de Bamako, Mali
  • L’allée de baobabs à Morondave, Madagascar
  • Le bois du Schaveïs, Belgique
  • Les collines d’Ombrie, Italie
  • Les forêts du sud ouest du côté de Cahors.

Mélanie Rutten est autrice et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Ploc, éditions MeMo (2017).
  • La Forêt entre les deux, éditions MeMo (2015).
  • Les Sauvages, éditions MeMo (2015).
  • La Source des jours, éditions MeMo (2014).
  • L’Ombre de Chacun, éditions MeMo (2013).
  • Nour, le moment venu, éditions MeMo (2012).
  • Eliott et Nestor, l’heure du matin, éditions MeMo (2011).
  • Öko, un thé en hiver, éditions MeMo (2010).
  • Mitsu, un jour parfait, éditions MeMo (2008).

Retrouvez Mélanie Rutten sur son site : http://www.melanierutten.com.

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