La mare aux mots
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Maman solo

Tendresse et humour

Par 1 mai 2015 Livres Jeunesse

La poupée de Ting-TingTing-Ting a une poupée, une poupée qui lui ressemble. C’est ce que lui a dit son père en la lui offrant. Mais un matin, la petite fille ne trouve plus la poupée. Peut-être l’a-t-elle laissée au champ, où elle était la veille. Mais sur place il n’y rien. Et soudain, Ting-Ting revoit ce qu’il s’est passé, elle a posé sa poupée sur l’établi. Elle est donc certaine que sa mère l’a prise, avec les autres, pour les vendre au marché.
Beaucoup de délicatesse, tant dans le texte que dans les illustrations, dans La poupée de Ting-Ting. L’album est riche par ce qu’il aborde (avec les mots ou par les non-dits) : complicité entre la petite fille et sa grand-mère, transmission, absence du père, communion avec la nature… Et les choses sont dites avec beaucoup de finesse, de poésie. Certaines illustrations de Régis Lejonc sont absolument sublimes (d’autres m’ont moins charmé).
Un bel album riche en émotion.
Le même vu par Enfantipages, Chez Gaëlle la libraire et Les lectures de Liyah.

Les pyjamasques et le robot blizzardAttention, les pyjamasques sont de sortie ! Sauf qu’être un superhéros c’est super… quand il y a des méchants… et là, il ne se passe pas grand-chose ! Nos héros décident de trouver à tout prix quelqu’un à combattre, mais ce n’est pas forcément une bonne idée…
On aime la tendresse des albums des Pyjamasques. Leur côté superhéros qui doivent se coucher tôt parce que demain il y a école. Les héros de Romuald nous font vraiment penser aux enfants avec leurs jeux, leur imagination, leur mauvaise foi… et c’est ça qui fait qu’on les aime.
Un nouvel épisode d’une série qui plaît beaucoup aux enfants.

moi d'abordMoi d’abord ! Voilà ce que hurle le petit canard quand la maman propose à ses petits d’aller dehors. Puis quand elle évoque une partie de pêche à la ligne, on entend encore le même cri, Moi d’abord ! Au moment de passer à table, c’est reparti ! Mais pas sûr que le petit canard ait toujours envie d’être le premier…
Beaucoup d’humour dans Moi d’abord ! mais on sait qu’avec le duo Michaël Escoffier/Kris Di Giacomo on est jamais déçu à ce niveau-là (et à aucun niveau, d’ailleurs). Les enfants qui veulent toujours être les premiers risquent de beaucoup aimer ce petit héros et tout le monde va se poiler devant la chute irrésistible.
Un album vraiment drôle signé par un duo qui fonctionne décidément à merveille.
Le même vu par La littérature de Judith et Sophie et La soupe de l’espace.

Moussy et le tas de l'OpéraPendant que ses amies achètent les derniers vêtements à la mode, Moussy rêve en regardant les magazines. Notre petite souris n’a pas les moyens de dépenser autant dans les boutiques. Elle est même victime des railleries, on se moque de ses vêtements rapiécés. Pourtant, un jour les choses changent et tout le monde est jaloux de Moussy !
Moussy et le tas de l’Opéra c’est un album pour parler du recyclage et de l’anticonsumérisme qu’on avait déjà chroniqué (ici), mais Nathalie Infante ressort son album (réécrit et redessiné) dans un format plus classique (l’album original était une histoire à déplier). On parle donc ici du bonheur de créer, de faire du neuf avec du vieux, de moins consommer.
Un album plein d’humour pour apprendre à ne plus gaspiller.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Ghislaine Roman (Contes d’un roi pas si sage), de Régis Lejonc (L’Ogre Babborco, Ianos et le dragon d’étoiles, La boîte à joujoux, Loup ?, La mer et lui, Le petit chaperon rouge ou La petite fille aux habits de fer blanc et Obstinément Chocolat), de Romuald (Les pyjamasques et le croque-chaussettes), de Michaël Escoffier (On verra demain, La maîtresse vient de Mars, 20 bonnes raisons d’aller à l’école, Le moustoc, 20 bonnes raisons de croire au Père Noël, Ouvre-moi ta porte, Le chevalier noir, L’anniversaire, La croccinelle, Le ça, Tous les monstres ont peur du noir, Trois petits riens, Le jour où j’ai perdu mes super pouvoirs, Zizi, Zézette, mode d’emploi, Le grand lapin blanc, Vacances à la ferme, Bonjour FacteurLa plume, Sans le A et Bonjour Docteur), de Kris di Giacomo (On verra demain, L’anniversaire, Trois petits riens, Sans le A, Le jour où j’ai perdu mes supers-pouvoirs, Prune cherche son style, Prune et la colo d’enfer, Quand le loup a faim, Prune : la grosse rumeur, Prune : le fils de la nouvelle fiancée de papa, et Prune et l’argent de poche) et de Nathalie Infante (Moussy & Le fantôme de l’opéra, Moussy la souris petit rat, Jeu de piste à Londres, Moussy, danseuse de balai, Marmottos seule contre le yéti, Moussy le petit tas de l’opéra et Une drôle de fourmilière). Retrouvez aussi nos interviews de Michaël Escoffier, de Kris di Giacomo et de Nathalie Infante.

La poupée de Ting-Ting
Texte de Ghislaine Roman, illustré par Régis Lejonc
Seuil Jeunesse
15 €, 296×273 mm, 40 pages, imprimé en France, 2014.
Les Pyjamasques et le robot-blizzard
de Romuald
Gallimard Jeunesse Giboulées dans la collection Les Pyjamasques
6,50 €, 215×255 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2015.
Moi d’abord !
Texte de Michaël Escoffier, illustré par Kris Di Giacomo
Éditions Frimousse
13 €, 252×207 mm, 24 pages, imprimé en Malaisie, 2010.
Moussy et le tas de l’opéra
de Nathalie Infante
Les éditions Marie-Louise
15 €, 265×190 mm, 28 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Comme tous les mois, nous vous donnons nos coups de cœur du mois qui se termine. En avril, c’était donc, pour moi : Même les princesses pètent d‘Inlan Brenman et Magali Le Huche (p’titGlénat), Je suis un lion d’Antonin Louchard (Seuil) et Jasmine le concours de flaques d’eau de Guillaume et Thomas Bianco (p’titGlénat),  pour Marie : Le Kojiki, demande à ceux qui dorment de Yan Allegret et Carla Talopp (Gallimard Jeunesse Giboulées), pour Laura : Qui met les animaux au lit de Mij Kell et Holly Clifton-Brown (Gautier Languereau) et pour Marianne : La baleine du bus 29 de Christine Beigel et Alessia Bravo (Motus).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

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Ah les parents…

Par 13 mars 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on va parler d’un douloureux problème : les parents. Dans cette sélection d’ouvrages (dont la plupart sont quand même extraordinaires, aujourd’hui votre banquier va me détester) on va en rencontrer des absents (et même quand ils sont là), des qui jurent, des qui nous enquiquinent, des qui espèrent un peu trop de nous, mais surtout des qui nous aiment. Mais commençons par répondre à une grande question : Comment naissent les parents ?

Mais... comment naissent les parents ?Un souriceau se pose une question, cette question lui tourne en tête depuis quelque temps… Comment naissent les parents ? Il aimerait bien demander à son papa ou à sa maman, mais ils sont bien trop occupés, alors il demande à son copain Robin qui lui explique que c’est parce que ses parents s’aimaient beaucoup que son papa a mis son pollen dans la fleur de sa maman. Yasmine, elle, a une autre version. Elle n’a pas du tout fabriqué ses parents comme ça, ils avaient beau beaucoup s’aimer leur pollen et leur fleur ne faisaient rien alors il a fallu remplir des papiers et ça n’a pas duré neuf mois, mais trois ans. Tim a encore une autre version à base d’éprouvettes, pour Maïté avec ses deux mamans c’est encore autre chose. Ça en fait des façons de fabriquer les parents !

Gros coup de cœur pour cet album tout en délicatesse et en poésie, tant dans les illustrations que dans le texte. On parle donc ici de toutes les façons de devenir parents (et donc de toutes les façons de faire un bébé, vous l’aurez compris), mais vraiment avec une infinie douceur. Un livre qui sait autant manier l’humour, la poésie et être aussi bien illustré, on ne peut qu’adhérer. Un magnifique ouvrage.

Le Papa MystèreDans la cour de l’école, les enfants discutent, parlent de leur week-end. Zazie est triste de savoir que Cindy n’a pas de papa, Alfredo et Clodomir, eux, ne sont pas tristes du tout et ils se moquent même « Cin-dy -sans-pa-pa ! Cin-dy -sans-pa-pa ! » chantent-ils. Mais Cindy ne va pas se laisser faire, elle leur raconte qu’elle a bel et bien un papa, qu’il est agent secret et que si elle l’appelle…

J’ai toujours beaucoup de mal avec les adaptations de dessins animés qui reprennent, comme illustrations, des captures d’écrans. Je trouve ça, disons-le franchement, particulièrement laid. La novélisation de la série Mademoiselle Zazie n’échappe pas à la règle (et comparer ces illustrations à celles de Delphine Durand… c’est assez violent !). Passé ce manque d’esthétique de cet album, Zazie est un personnage qu’on adore. Les histoires sont souvent très bien trouvées et racontent généralement des situations pas forcément « classiques » de façon complètement anodines. Cindy n’a pas de papa, et alors ? Où est le souci. Même si l’on préfère (largement) les livres originaux signés Thierry Lenain et Delphine Durand, Le papa mystère est un album très sympathique et plein d’humour pour dédramatiser la monoparentalité.
Le même vu par Les lectures de Liyah et Chez Clarabel.

Papa, regarde !Petit Ours regarde par la fenêtre, il aperçoit des fleurs violettes et questionne son père à leur sujet. Trop occupé à lire le journal celui-ci lui répond distraitement, sans trop lever l’œil par la fenêtre. Mais il est vite étonné par ce que lui décrit son fils.

Énormément d’humour et de poésie dans ce très bel album sorti chez HongFei. Qui n’a jamais vécu cette situation avec ses enfants ? Bien trop occupé on répond distraitement à leurs questions avant de nous rendre compte qu’il y a un énorme quiproquo. La naïveté des enfants, face à notre esprit trop cartésien quand on est en train de faire autre chose. Pour illustrer ce très joli texte, Sophie Roze a utilisé des collages, on se surprend à toucher les pages en croyant que nos doigts vont trouver des matières. Magnifique !
Courez voir les extraits sur le blog de HongFei.

Dragons Père Et FilsLe papa de Strokkur ne lui a pas dit « Tu seras un homme, mon fils » (et pour cause… Strokkur est un dragon !), mais c’est à peu près ça. Parce qu’il le trouve grand maintenant, il doit faire honneur à sa famille et brûler quelques maisons dans un village. Strokkur n’a pas vraiment envie, mais d’après son père c’est la tradition, on ne peut pas y couper ! Après une nuit agitée, voilà donc notre petit dragon en direction du village. Il trouve une petite maisonnette en bois un peu isolée… c’est parfait ! Sauf que le petit garçon qui habite là le voit et est tout excité de voir un dragon ! Et puis question truc à brûler il a une bien meilleure idée… un bâtiment plus grand où il n’aime pas trop aller…

Ah ces parents qui veulent imposer leurs choix à leurs enfants… Strokkur n’a bien sûr aucune envie de faire ce que son père lui demande, mais il a si peur de le décevoir… Au lieu de terroriser les habitants, notre petit dragon va se faire des amis et il se peut bien qu’il soit assez malin pour trouver les bons arguments face à son père. On peut être fier de ses enfants pour de multiples raisons. On parle donc ici de transmission (ou pas), d’amitié, de malice. On s’amuse beaucoup des situations et l’on admire les belles planches de Ronan Badel. Là encore, un très très bel album.

Puisque c'est comme ça, je m'en vais !Émile est VRAIMENT de mauvaise humeur ! Une bagarre à l’école avec son copain et une réprimande de la maîtresse. Forcément, il ramène sa mauvaise humeur à la maison et ne supporte pas la moindre contrariété. Aussi quand sa maman lui refuse qu’il fasse de la peinture (alors que c’est l’heure du bain), Émile prend une grave décision : il s’en va ! Il file dans sa chambre, prépare son sac à dos, il va partir loin, très loin, loin de maman, loin de la maîtresse, loin des copains qui l’embêtent… mais avant, un bain plein de mousse c’est quand même tentant ! Et après, adieu tout le monde ! Enfin… après manger car maman a fait son plat préféré…

Décidément dans cette chronique, que de merveilles ! Tant sur le plan graphique (superbes illustrations d’Alexandra Pichard) que sur le plan scénaristique, Puisque c’est comme ça, je m’en vais ! est un album irrésistible. On rit de ce petit colérique (qui se fait bien avoir par les ruses de sa maman), de cette mère qui reste stoïque face aux menaces de départ de son fils (et le conforte même dans son idée). On parle ici donc des colères, des enfants qui veulent partir « parce que c’est mieux ailleurs », et de l’amour des parents qui savent transformer une mauvaise journée en bon moment. Un magnifique album.
Des extraits en ligne.

Le petit tabarnakPapa tape, tape, tape avec son marteau quand tout à coup… TA-BAR-NAK ! Ouh la la pour qu’il utilise ce mot c’est qu’il doit être vraiment vraiment fâché, car on n’a pas le droit de dire ça ! Mais au fait… ça veut dire quoi Tabarnak ? Oups c’était la question à ne pas poser à un papa déjà en colère. Peut-être que les copains sauront, eux…

Tabarnak, pour ceux qui ne le savent pas, est un juron québécois. Dans cet album, on parle donc des gros mots qui échappent parfois aux parents (si vous n’en dites pas, c’est bien vous êtes parfaits !). Que ce soit un album québécois nous arrange assez (je ne sais pas vous, mais moi j’ai du mal à imaginer un album pour enfants avec le mot « putain ») ! Beaucoup d’humour dans cet album aux illustrations qui font penser à des bandes dessinées avec des traits pleins de mouvement. On s’amuse beaucoup en lisant les versions de chaque enfant sur l’origine de ce mot à ne pas dire. Encore un très bel album sorti chez La pastèque.

ça sent bon la mamanComme tous les soirs, Maman Taupe lit une histoire à son Taupinou puis dodo… Taupinou n’a pas envie, il aimerait rester blotti contre sa maman, il a peur tout seul, les bruits de la nuit l’effrayent. Maman a une idée, elle décroche son foulard et le donne à son enfant « Un peu de moi auprès de toi », un foulard qui sent bon la maman et qui saura rassurer Taupinou.

On finit dans un nuage de douceur et de tendresse. Avec une histoire toute simple, Émile Jadoul et Claude K. Dubois nous offrent un petit bijou de poésie. On parle ici de la peur de la nuit, de l’odeur rassurante, de l’amour. Car les parents, même s’ils nous embêtent, même s’ils disent des gros mots, même s’ils sont parfois trop occupés pour nous écouter, ils sont quand même là pour nous rassurer et nous donner beaucoup d’amour.
Le même vu par Bricabook, Chez Clarabel et À l’ombre du saule.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Jean Regnaud (Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill), Sophie Roze (L’autre bout du monde), Ronan Badel (Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresseHenri ne veut pas aller au centre de loisirs, Cucu la praline se déchaîne, Emile se déguise, Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé), Alexandra Pichard (Les socquettes blanches, Nina et les oreillers et Muette), Émile Jadoul (Comme un secretCanaille a oublié son doudou, Canaille ne veut pas aller à l’école, Canaille va chez le docteurCanaille n’aime pas la soupeMon bonnetLes mains de papa, A l’eau, Hourra, AglaglaTout le monde y va, Gros pipi, A la douche et A la folie) et Claude K. Dubois (Ma feuille !, L’histoire de mon bébé, Papa, maman… avant et La valise rouge). Retrouvez aussi nos interviews de Ronan Badel et d’Émile Jadoul.

Mais… comment naissent les parents ?
Texte de Jean Regnaud, illustré par Aude Picault
Magnard Jeunesse
11,90 €, 200×200 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Le papa mystère
de L. Nord (d’après Thierry Lenain)
Nathan dans la série Mademoiselle Zazie
5,95 €, 174×221 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Papa, regarde !
Texte de Hui-Ying Chiu (traduit par Chun-Liang Yeh), illustré par Sophie Roze
HongFei
13,90 €, 193×253 mm, 34 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Dragons père et fils
Texte d’Alexandre Lacroix, illustré par Ronan Badel
Père Castor
13,50 €, 240×300 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Puisque c’est comme ça, je m’en vais !
Texte de Mim, illustré par Alexandra Pichard
Magnard Jeunesse
13,90 €, 230×270 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Le petit Tabarnak
de Jacques Goldstyn
Éditions de la Pastèque
18 €, 191×241 mm, 80 pages, imprimé au Canada, 2014.
Ça sent bon la maman
Texte d’Émile Jadoul, illustré par Claude K. Dubois
Pastel
11,50 €, 176×246 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.

À part ça ?

Le rire médecinL’association Le rire médecin organise une braderie solidaire dans ses nouveaux locaux à Paris (XIXe). Notez sur vos agendas, ce sont les vendredi 4 et samedi 5 avril au 64/70 rue de Crimée 75 019, de 10 heures à 20 heures. Plusieurs grandes enseignes (Chicco, Djeco, Doudou et Compagnie, Editions Dupuis, Faber-Castell, Ikéa, LuluCastagnette, Moulin Roty, Ravensburger, Vtech, Zadig & Voltaire…) se sont mobilisées et ont offert des produits qui permettront à l’association de récolter des fonds. L’argent servira à financer la venue de clowns professionnels dans les services pédiatriques et ainsi offrir des moments magiques aux enfants hospitalisés. Quand on peut faire un beau geste, tout en faisant de bonnes affaires… pourquoi se priver ?

Gabriel

 

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… et un peu d’imagination…

Par 2 février 2014 Livres Jeunesse

Parfois, il faut fuir, c’est nécessaire et quand on est enfant il est difficile de prendre sa valise et de partir alors on part dans un monde fabuleux appelé Imaginaire. Les trois albums du jour (et même le À part ça ?) rendent hommage à ce beau pays.

Je n'ai pas fait mes devoirs parce que...Il aurait bien aimé faire ses devoirs ce petit garçon sauf qu’il a une vie incroyable ! Un avion avec des centaines de singes a atterri dans son jardin, son quartier a été envahi par des reptiles géants, lui et son frère ont été kidnappés par un cirque… et tant d’autres choses encore. Vous imaginez, vous, faire vos devoirs dans de telles conditions ?

Davide Cali et Benjamin Chaud, déjà on se réjouit… et l’on a raison ! Je n’ai pas fait mes devoirs parce que… rassemble donc une vingtaine de prétextes trouvés par le héros de l’histoire pour répondre à la maîtresse qui lui demande la raison de ce devoir non rendu. On rit, on sourit devant ce déluge de raisons plus abracadabrantes les unes que les autres. Benjamin Chaud illustre avec humour cette liste surréaliste et bourre ses dessins de détails et de clins d’œil. Un petit livre drôle et poétique à l’édition particulièrement soignée (comme toujours chez Hélium).
Des extraits sur un blog consacré à l’album.
Le même vu par Dans la bibliothèque de Noukette.

Mon ami imaginaireDepuis que son papa est parti à la guerre, Tom écrit à un ami. Il lui raconte sa vie avec sa mère, son espoir de revoir son père, des anecdotes de son quotidien. Son ami lui répond toujours, lui envoie parfois des petits cadeaux. C’est une belle relation entre Tom et son ami imaginaire…

Laurie Cohen signe là un texte fort, parfaitement mis en image par Sandrine Kao. Toutes les deux ont réussi à faire de Mon ami imaginaire un ouvrage fin, délicat, poétique tant dans le texte que dans les illustrations. Laurie Cohen écrit avec des mots d’enfants le quotidien de ce petit garçon qui voit sa mère pleurer et qui espère le retour de son père. Sandrine Kao l’illustre avec une infinie délicatesse. Bref (alors que, je ne vais pas m’en cacher, je ne suis pas toujours fan des textes de Laurie Cohen et des illustrations de Sandrine Kao), j’ai été extrêmement touché par cet album sensible et délicat.
Voir des extraits en ligne.
Le même vu par Le tiroir à histoires.

L'étrange histoire de Pétula-Élisabeth ArtichautUne grande danseuse de renom et un bossu s’aimaient. Personne ne comprenait cet amour et ils avaient dû fuir pour vivre loin des autres. Là était née Pétula-Élisabeth Artichaut, une petite fille minuscule. Le bonheur fut de courte durée puisque son père mourut, il fallut donc revenir vivre en ville. Pour son septième anniversaire, Pétula-Élisabeth reçut une lettre que son père lui avait écrite avant sa mort. Une lettre qui contenait un rêve… ce fut le départ d’une aventure pour la jeune fille.

Alors bien sûr, cette fille qui part dans un autre monde, on pense forcément à Alice au pays des merveilles (même si ce n’est quand même pas la seule histoire du genre !). Pétula-Élisabeth fuit dans des mondes rêvés où elle rencontre des créatures rassurantes. Et, même si je n’ai pas toujours réussi à rentrer dans l’univers de ce livre, j’ai vraiment accroché sur la dernière phrase qui demande aux enfants de ne pas chercher où se trouve le petit monde de Pétula-Élisabeth, mais de chercher plutôt le leur. Les illustrations de Kabuki ont un côté manga très acidulé, le monde qu’elle dessine, les personnages, les couleurs utilisées… collent parfaitement avec les mots d’Amélie Billon-Le Guennec. On est très loin, visuellement, de l’album précédent, certains préféreront le côté mélancolique de Sandrine Kao, d’autres le côté explosion de couleurs de Kabuki
Voir des extraits en ligne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Davide Cali (Super Potamo et Bons Baisers ratés de Paris), Benjamin Chaud (L’alimentation – Pourquoi on ne mange pas que des frites ?), Laurie Cohen (À la campagne, Ma maison du bout du monde, Si petit, Si grand, Et toute la ville s’éveille, Est-ce que vous m’aimerez encore…?, Dans le ventre de maman et Ma voisine est une sorcière), Sandrine Kao (Comme deux confettis, Le banc, Les larmes de Lisette, et Des crêpes à l’eau) et Amélie Billon-Le Guennec (Tais-toi !, Le secret de Madame Tannenbaum, Bonne nuit Eddie et Eulalie de la grande rêverie). Retrouvez aussi nos interview d’Amélie Billon-Le Guennec et de Sandrine Kao.

Je n’ai pas fait mes devoirs parce que…
Texte de Davide Cali, illustré par Benjamin Chaud
Hélium
12,50€, 150×200 mm, 40 pages, imprimé en Chine chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Mon ami imaginaire
Texte de Laurie Cohen, illustré par Sandrine Kao
Philomèle
15€, 200×250 mm, 48 pages, imprimé en Bulgarie, 2013.
L’étrange histoire de Pétula-Élisabeth Artichaut
Texte d’Amélie Billon-Le Guennec, illustré par Kabuki
Des ronds dans l’O
16,50€, 226×301 mm, 34 pages, imprimé en France, 2013.

À part ça ?

bonbek 10Le dernier numéro de Bonbek est sorti ! Connaissez-vous ce magazine ? C’est une revue avec un beau papier (on est proche de l’album) qui contient une grande histoire, des jeux et des loisirs créatifs. Pour ce dernier numéro, l’imaginaire est aussi au rendez-vous puisque l’histoire (signée Alex Cousseau et Nathalie Choux) nous parle de deux enfants qui décollent tellement de terre qu’on leur attache le pied avec une ficelle pour ne pas les perdre. Et c’est justement dans le ciel qu’ils vont se rencontrer. Là aussi, c’est une histoire extrêmement poétique. Ensuite, on va fabriquer une cocotte (ou salière, vous savez le truc où l’on glisse les doigts dedans puis on demande aux copains-copines de dire un chiffre puis de choisir un des volets… ok si vous n’avez rien compris allez voir ) pour poser des questions à ses ami-e-s (et ainsi mieux les connaître), on va transformer des légumes en personnages (en dessin), faire des bonshommes en tomate (ok, ce n’est pas la saison on attendra) et mozzarella. Mais on va aussi trouver ici des coloriages, des BD, un jeu des sept différences et un jeu de sept familles (aux illustrations modernes) à découper. Un très chouette magazine (juste un peu cher), imprimé sur un beau papier et avec plein de super trucs dedans !
Feuilletez-le en ligne.

Bonbek, numéro 10. 9,50€, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable.

Gabriel

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Acheter des souvenirs et jouer au foot avec un robot… Au-delà du réel !

Par 5 octobre 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux histoires fantastiques !

le marchand de souvenirsUn nouveau magasin vient d’ouvrir près de chez Antoine. Un magasin de souvenirs. Vous pensez immédiatement aux aimants de lieux touristiques, aux nappes provençales et aux boules à neige ? Raté ! Ce marchand propose réellement des souvenirs, pour vous permettre de vivre des moments que vous n’avez pas vécus. Alors Antoine choisit, d’abord sceptique, des souvenirs de vacances à la plage où sa mère ne l’emmène jamais. Puis de son père, qu’il n’a jamais connu… Jusqu’où le mèneront ces morceaux de vie rêvée ?

Fou n’est-ce pas ? Mais tellement fort ! En une soixantaine de pages Ghislaine Biondi nous plonge dans une très belle histoire, pleine de poésie et d’émotion. Cette idée de marchands de souvenirs est vraiment une belle manière de mettre en scène les rêves les plus fous du petit garçon, et de sa maman, duo fort mais sensible. Et en même temps, voilà un récit qui pose de nombreuses questions sur les liens familiaux, la famille monoparentale, et surtout le pouvoir de l’imagination ! Et vous, qu’iriez-vous chercher dans un magasin de souvenirs ?

zqwick le robotTitus est d’humeur maussade. Il démarre l’année scolaire sans Pacôme, son meilleur ami, qui a déménagé, et sa nouvelle maîtresse n’est pas des plus aimables. Papyrus, son grand-père, lui fabrique alors un petit androïde, Zqwick, prévu au départ pour rendre de menus services. Titus s’y attache immédiatement, mais se rend compte rapidement que le robot ne partage pas vraiment ses centres d’intérêt. Alors, il lui apprend patiemment à jouer au foot, aux cartes, ou bien à voler, pour que ce soit un peu plus drôle. Alors quand Pacôme revient pour les vacances, les deux garçons s’amusent beaucoup de leur compagnon technologique. Jusqu’au moment où la machine s’enraye… Les deux garçons trouvent alors de nouvelles occupations, et se rendent compte que finalement, une machine ne peut jamais remplacer tout à fait un véritable ami !

Thème classique des histoires fantastiques, le lien entre les humains et les machines de plus en plus sophistiquées est abordé en profondeur par Isabelle Jarry, qui nous présente une forte histoire d’amitié. Zqwick est attachant, et Titus, qui se sent abandonné par son ami, s’en remet à cette machine, qui plus est offerte par son grand-père, avant de prendre conscience que ça ne fait pas tout ! Zqwick le robot est un beau roman (avec quelques jolies illustrations colorés d’Aurore Callias) plein de malice, qui devrait ravir les jeunes lecteurs amateurs d’inventions et de technologie !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre livre de Ghislaine Biondi : Amaia cherche une grand-mère.

Le marchand de souvenirs
de Ghislaine Biondi
Oskar
6,95 €, 115 x 170 mm, 59 pages, imprimé en Europe, 2013
Zqwick le robot
Texte d’Isabelle Jarry, illustré par Aurore Callias
Gallimard Jeunesse Giboulées
15 €, 155 x 218 mm, 126 pages, imprimé en France, 2013

A part ça ?

Un petit site animé très bien fait pour découvrir les œuvres du musée d’Orsay ? C’est 1 minute au musée, c’est drôle et instructif !

Marianne

 

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L’un a peur d’être mis en foyer et l’autre se demande de quelle couleur il est

Par 8 février 2013 Livres Jeunesse

Deux très beaux romans dont un très très gros coup de cœur.

Papa YagaCaillou a un drôle de prénom (à cause d’une tradition familiale), une mère qui travaille deux fois (et donc qu’il ne voit pas trop), un père qui n’est plus là et des sociales qui viennent les voir sans arrêt sa mère et lui à cause de ce qui s’est passé l’été dernier… Caillou a peur qu’elles le placent en foyer alors il apprend des réponses par cœur, celles que répondraient un petit garçon normal, il dit qu’il aime le foot (alors qu’il préfère jouer au ping pong avec des assiettes sur la table du salon) et que plus tard il veut être pilote de course (alors qu’en vrai c’est écrivain de mode d’emploi). Dans la vie de Caillou y’a un seul ami, mais un vrai, Karim. Et puis y’a Yaga la vieille indienne qui a planté un beau jour son tipi sur le parking de la cité.

Il y a des gens qui vous étonneront toujours… Muriel Zürcher m’a transporté avec sa série dystopique, Le tourneur de page, ses albums m’avaient enchanté et là son roman Papa Yaga m’a subjugué… et le mot est faible ! Je n’ai pas pu le lâcher de la première à la dernière ligne, je l’ai lu d’une traite (heureusement qu’il n’est pas gros). On parle ici de tellement de choses…. Des mères qui élèvent seule leur enfant, de la précarité, de la vie en cité, des SDF, des dealers, de l’amitié,… et tout ça avec tellement d’humour ! J’ai beaucoup souri, j’ai même ri parfois, j’ai eu les yeux humides, j’ai trouvé ce roman émouvant, touchant, drôle… Quelle plume, mes amis, quelle plume ! Caillou raconte son quotidien à sa façon, avec énormément de dérision. Ses chaussures 3 tailles au-dessus pour qu’elles durent plus longtemps, ses répliques qu’il tient de séries télé, son amour pour le chanteur de slam de la cité, sa collection de chaussettes de laine qu’il affiche au mur,… et puis surtout sa rencontre avec Yaga, indienne ou SDF on s’en fiche des mots, elle est une sorte de sage, quelqu’un qui compte dans la vie de Caillou tout comme ce livre va compter pour les enfants qui vont le lire. En tout cas c’est un livre que je vais retenir, conseiller… et que j’ai même envie de relire !

Ma CouleurFathi a un papa noir, une maman blanche et lui il est… ah oui tiens il est de quelle couleur ? Il aimerait bien le savoir, alors tous les gens que Fathi croisent doivent répondre à cette question qui le turlupine. Son père dit qu’il est noir comme lui, sa mère qu’il est presque blanc, à l’école on lui dit qu’il est couleur de crotte, sauf Volia qui pense qu’il est couleur chocolat, sa grand-mère lui dit qu’il est couleur café au lait, son oncle la couleur du coca, sa cousine du thé mal infusé,… personne n’est d’accord pour Fathi tout se brouille… Qui est-il vraiment ? Pourquoi ne voit-il aucun enfant comme lui dans les livres ? Et maintenant que ses parents sont séparés, que les blancs sont d’un côté et les noirs de l’autre, où trouver sa place ?

Ma Couleur

© Sophie Charpin

Catherine Leblanc a une vraie plume, une vraie belle plume. Elle décrit ici les questionnements de ce petit garçon métis, fils de divorcé, entre deux familles, entre deux cultures, entre deux couleurs. Un enfant qui se cherche, qui questionne les autres pour savoir qui il est, à quoi il ressemble. Catherine Leblanc joue avec les mots avec beaucoup de poésie, comme par exemple quand Fathi dit « Les couleurs sont fâchées, c’est toujours moins beau. Le blanc se dispute avec le noir. Tout est raté. C’est gris bouillé ». C’est un petit roman très émouvant, écrit avec énormément de justesse et de sensibilité. Les illustrations très douces de Sophie Charpin rendent ce livre encore plus beau, plus poétique. On évoque donc la quête identitaire, le divorce mais aussi les origines et la nationalité (Fathi dit à sa cousine noire qu’elle n’est même pas française), la différence, l’acceptation de l’autre. Un très beau roman.

Quelques pas de plus…
D’autres livres de Muriel Zürcher que nous avons chroniqués : Krok Mais, Le tourneur de page, Tome 2 : Vers l’inconnu, Le tourneur de page, Tome 1 : Passage en Outre-Monde et La perle volée (retrouvez aussi notre interview de Muriel Zürcher).
D’autres livres de Catherine Leblanc que nous avons chroniqués : Au lit, Ludo !, Le goût d’être un loup, Les petites personnes, Au revoir, bonjour, Lulu et Moussu, Ah ! Si j’étais président ! et Comment ratatiner les monstres ? (Retrouvez également notre interview de Catherine Leblanc).

Papa Yaga
de Muriel Zürcher
Oskar éditeur
8,95€, 130×210 mm, 90 pages, imprimé en Europe, 2011.
Ma couleur
de Catherine Leblanc, illustré par Sophie Charpin
Balivernes dans la collection Coquecigrues
7,50€, 130,180 mm, 155 pages, imprimé en Italie, 2007

A part ça ?

Si vous êtes à Paris le 23 février, une petite info qui peut vous intéresser. A l’espace Beaujon dans le VIIIème arrondissement aura lieu la 6ème édition des quartiers de lecture. Au programme contes, spectacles, goûters,… Plus d’informations ici.

Gabriel

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