La mare aux mots
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Marc Daniau

Plus que des animaux

Par 2 octobre 2018 Cinéma et DVD, Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose deux albums avec de drôles d’animaux et un film qui sort en salle demain.

Mon chien, papa et moi
Texte de Raphaële Frier, illustré par Marc Daniau
À pas de loups
14 €, 160×200 mm, 40 pages, imprimé en Belgique, 2018.
Mon bison
de Gaya Wisniewski
MeMo dans la collection Les albums
15 €, 190×269 mm, 36 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2018.
Nico & Patou
de Mariko Härkönen et Ismo Virtanen
42 min.

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Les invité·e·s du mercredi : Seng Soun Ratanavanh, Irène Cohen-Janca, Marc Daniau, Caroline Drouault et Ilona Meyer

Par 14 mars 2018 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, on rencontre Seng Soun Ratanavanh qui nous plonge dans son univers singulier et onirique, et puis l’on parle du puissant Ruby tête haute, ode à l’émancipation et au combat pour l’égalité avec l’autrice Irène Cohen-Janca, l’illustrateur Marc Daniau et les éditrices Caroline Drouault et Ilona Meyer… Installez-vous confortablement… Bonne lecture !


L’interview du mercredi : Seng Soun Ratanavanh

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Je suis diplômée de L’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris, je suis peintre et dessinatrice, je travaille pour l’édition jeunesse depuis 2016, mon premier album est Attends Miyuki.

 Comment choisissez-vous les projets que vous illustrez ?
Je lis attentivement le texte et assez rapidement j’essaye de voir si c’est un texte dans lequel je peux projeter mon univers. En général, si c’est le cas, à la première lecture, j’ai déjà des images ou des idées qui viennent. Je suis aussi très sensible à l’écriture et si l’histoire me touche, les idées peuvent venir plus tard.

 Votre univers est très reconnaissable, à la fois poétique et onirique, qu’est-ce qui vous inspire ?
D’abord, merci pour ce joli compliment. C’est effectivement ce que j’essaye d’obtenir à travers mes illustrations. Tout d’abord, je puise mes idées dans le texte que je dois illustrer, j’essaye de partir du propos, du sens de l’histoire et trouver mon angle de vue, mon interprétation personnelle que j’essaye de retranscrire dans l’illustration. Pour réaliser mes images, tout m’inspire, bien sûr les tableaux, les illustrateurs/trices, la nature et tout ce qui m’entoure, mes enfants et bien sûr l’enfant que j’ai moi-même été.

Quand vous étiez enfant, qui étaient vos « héros et héroïnes » ?
Je n’avais pas vraiment de héros ou héroïnes…

Quelles étaient vos lectures d’enfants, adolescents ?
Toute petite, j’ai souvenir d’avoir lu en boucle : Sacrées sorcières de Roald Dahl, Le petit Nicolas de Goscinny, Les malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur et les contes, particulièrement ceux de Andersen. Plus tard, j’ai lu les classiques… et je continue d’ailleurs…

Quels sont vos prochains projets ?
Je suis en train de dessiner la suite de Miyuki… et j’ai d’autres projets en attente.

Bibliographie : 

  • Mon île, illustrations d’un texte de Stéphanie Demasse-Pottier, De la Martinière Jeunesse (2018), que nous avons chroniqué ici.
  • Au lit Miyuki, illustrations d’un texte de Roxane Marie Galliez, De la Martinière Jeunesse (2017), que nous avons chroniqué ici.
  • Fleurs de princesses, illustrations d’un texte de Christelle Huet Gomez, De la Martinière Jeunesse (2016).
  • Attends Miyuki ! illustrations d’un texte de Roxane Marie Galliez, De la Martinière Jeunesse (2016) que nous avons chroniqué ici.

Son site : http://cargocollective.com/sengsoun


Parlez-moi de… Ruby tête haute !

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur·trice, son illustrateur·trice et/ou son éditeur·trice. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a interpellés. Cette fois-ci, c’est sur Ruby tête haute – un passionnant album qui nous raconte la lutte menée par Ruby Bridges contre la ségrégation raciale – que nous revenons avec son autrice Irène Cohen-Janca, son illustrateur Marc Daniau et ses éditrices Caroline Drouault et Ilona Meyer.

Irène Cohen-Janca (autrice):
D’abord il y a eu le tableau, découvert il y a quelques années. J’en avais gardé l’image très forte de cette petite fille qui avance encadrée par quatre policiers, dont, étrangement, on ne voit pas les visages, coupés à hauteur d’épaule, réduits ainsi à leur seule fonction de gardiens de la loi, de représentants de l’institution. Cette petite fille noire, vêtue d’une lumineuse robe blanche, tranchant ainsi sur ce mur gris, éclaboussé de rouge et d’insultes racistes m’avait impressionnée par sa solitude presque palpable, sa détermination et son indifférence à ce hors champ terrifiant que l’on devine. C’est une force qui va.  Et, ce qui est peu commun, une force d’enfant. Une petite guerrière n’ayant comme armes que sa robe immaculée, ses affaires d’écolière, son enfance, ce regard porté vers le lointain et déjà sa foi en un monde meilleur. Quelques années plus tard il y a eu sa voix. C’était une interview récente, cinquante ans ont passé. Aussitôt m’est revenu le tableau de Norman Rockwell. C’est à ce moment-là que j’ai eu envie d’écrire un texte qui lui soit consacré. Dans la douceur de sa parole, la fermeté de son engagement l’absence de pensée manichéenne, j’ai retrouvé la petite fille des années soixante qui affrontait le mal avec détermination mais sans haine, et du haut de ses six ans participait à une révolution des esprits. Lors de cette interview, Ruby Bridges évoquait ces premiers jours de rentrée mais aussi Barbara Henry, l’enseignante retrouvée des années plus tard et grâce à qui, explique Ruby Bridges devenue adulte, elle « ne voit pas les choses à travers le prisme de la race ».  Barbara Henry et d’autres blancs encore qui ont témoigné de leur solidarité et de leur répulsion face à ces foules déchaînées. Ruby Bridges vit toujours à La Nouvelle Orléans et la fondation qu’elle a créée pour lutter contre le racisme par le biais de l’éducation, et pour « la tolérance, le respect et l’appréciation des différences accorde aux livres une place essentielle ». Sa fondation a distribué plus de 20 000 ouvrages à des enfants pauvres. Elle s’est même offert les services d’ophtalmologues pour soigner ceux qui souffrent de problèmes oculaires. Sur un tee-shirt distribué aux enfants elle a porté l’inscription suivant : « Real men read » (« les vrais hommes lisent »). « Le racisme est une maladie d’adultes, dit confiante Ruby Bridges, les enfants, qui ne voient pas la couleur de peau, peuvent aider leurs aînés à s’en débarrasser ». Enfin j’ai beaucoup aimé ce qu’elle dit de cette rentrée de classe où les enfants noirs et blancs sont mélangés. Ruby pourrait considérer ça comme une victoire mais non Barbara Henry n’est plus là et Ruby se sent encore une fois mise à l’index, marginalisée. La nouvelle enseignante se moque d’elle et de cet accent « impossible » : c’est l’accent de Detroit d’où est originaire Barbara Henry et que Ruby a « attrapé »…

Marc Daniau (illustrateur):
Quand Caroline et Ilona m’ont proposé d’illustrer Ruby en 2016, je n’avais pas travaillé depuis 6 mois, pas fait d’album depuis Je suis le chien qui court paru en 2013, autant vous dire que je me suis accroché à cette bouée comme un naufragé paralytique, sans poser de questions. Caroline, m’avait juste demandé de travailler à la gouache. Technique que j’avais abandonnée en 2003 pour me mettre à la peinture à l’huile. Mes tubes n’étant pas tout secs, je me suis remis à la peinture à l’eau. Même avec des brosses neuves je me sentais tout rouillé, et ce pendant toute la réalisation des illustrations. En fait il s’agissait d’un malentendu, Caroline voulait seulement me demander de travailler en couleur contrairement à Je suis le chien qui court majoritairement en noir et blanc. Le hasard produit parfois de drôles de choses. J’ai eu beaucoup de bonheur à réinterpréter l’illustration de Norman Rockwell. C’est en découvrant son travail à l’humanisme communicatif que j’ai fait un grand pas vers le chemin sur lequel je continue d’avancer. J’ai tout de suite senti que les éditrices me faisaient totale confiance, ce qui me permet toujours de travailler dans les meilleures conditions. Je n’ai rencontré en vrai, Irène, qu’une fois le livre publié. Et c’était une très belle rencontre. Illustrer un texte, c’est d’abord une lecture en profondeur, et c’est donc déjà rencontrer son auteur. J’aime bien avoir la sensation de m’approprier totalement le texte quand je l’illustre. Après quand j’ai terminé je donne les illustrations et rend le texte, aux éditrices, à l’auteur, aux lecteurs, avec le sentiment que cela ne m’appartient plus, comme quand on tend un cadeau où l’on a mit tout son cœur et qu’on est pas sûr qu’il va plaire.

Caroline Drouault et Ilona Meyer (éditrices):
Nous avons un souvenir très précis de la première fois qu’Irène Cohen-Janca nous a parlé de Ruby. C’était au Mémorial de la Shoah, juste après une conférence menée autour du merveilleux Dernier voyage (NDLR : illustré par Maurizio A. C. Quarello, sorti également aux Éditions des Éléphants). Elle nous a parlé de ce tableau si célèbre de Norman Rockwell, où une petite fille marche en robe blanche dans La Nouvelle-Orléans des années 1960, escortée par quatre policiers. Irène nous a dit que cette petite fille avait existé, qu’elle s’appelait Ruby, et qu’elle était l’une des premières enfants noires à être entrée dans une école de Blancs aux États-Unis, à la fin de la Ségrégation. Elle nous a raconté la dispute, entre le père et la mère de Ruby, lui qui pensait que les choses ne changeraient jamais, elle qui voyait une chance pour sa fille et sa communauté. Et elle nous a raconté ensuite la première rentrée de la fillette, le chemin pour l’école encombré par les visages haineux, les cris, les menaces et les insultes. Et l’arrivée dans la classe, déserte, les autres élèves ayant été retirés de l’école par des parents outrés que la porte puisse être ouverte à une enfant noire. Nous avons été immédiatement emportées par cette histoire, touchées par le destin exceptionnel de cette fillette, devenue malgré elle un symbole de la lutte pour l’égalité. Dans la lignée du Dernier voyage, nous avons su que ce texte pourrait être le prochain titre de notre collection « Mémoire d’éléphant ». Et quand, quelque temps plus tard, le texte est arrivé, nous avons retrouvé tout le talent d’Irène qui, se basant sur les écrits de Ruby et sur ses nombreuses recherches, avait su regarder le monde à travers les yeux de cette petite fille, épousant ses questionnements, ses pensées les plus fines, laissant transparaître sa naïveté, sa tristesse et son angoisse devant une situation incompréhensible pour elle. Le texte était si juste, si bouleversant ! Pour en revenir à notre réalité d’éditrices, il était aussi bien plus long que nos textes d’albums habituels… Alors, quelle forme lui donner ? Nous avons décidé d’en faire un album très grand format, un grand texte illustré. Avec une pleine page blanche pour le texte en vis-à-vis d’une pleine page d’illustration. L’idée de faire appel à Marc Daniau pour l’illustration s’est rapidement imposée : cela faisait un moment que l’on guettait le bon texte à lui confier. Marc a un talent hors pair pour saisir les personnages et leur mouvement, pour poser des décors, urbains ou paysagers. Sous ses pinceaux, la foule déformée par la haine est presque devenue un tableau burlesque. Mais la violence est là, palpable. La candeur de Ruby au début du livre, sa plongée dans le désespoir et son courage pour avancer sont magnifiquement représentés.
Bref, nous sommes fières d’avoir allié ces deux grands talents pour la toute première fois. Nous espérons, bien sûr, que les occasions de retravailler avec ce même duo se représenteront !

Ruby tête haute, texte d’Irène Cohen-Janca, illustré par Marc Daniau, sorti chez Les éditions des éléphants (2017), chroniqué ici.

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À l’autre bout du monde…

Par 6 février 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on part, en direction des États-Unis, à la rencontre de Ruby Bridges, icône – malgré elle – des droits civiques, puis l’on suit les mésaventures d’une petite fille chinoise et de sa grand-mère… Préparez-vous à un magnifique voyage !

Ruby tête haute
Texte d’Irène Cohen-Janca, illustré par Marc Daniau
Les éditions des éléphants
15€, 245×337 mm, 40 pages, imprimé en France, 2017.
L’arbre de Tata
Texte de Yu Liqiong (traduit par Chun-Liang Yeh), illustré par Zaü
HongFei
15,90€, 237×268 mm, 40 pages, imprimé en France, 2017.

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Loup, y es-tu ?

Par 17 janvier 2014 Livres Jeunesse

Le loup est certainement l’animal le plus présent dans la littérature jeunesse. Lors d’une conversation avec Maman Baobab, je lui ai dit que j’allais faire une chronique avec plusieurs albums sur le loup… elle en avait également l’intention ! Nous vous proposons donc aujourd’hui deux chroniques qui se croisent (la sienne est ici), avec parfois des livres en commun. Aoooouuuuuuuu !!!!!!!

Loulou l'incroyable secretLoulou vivait heureux avec Tom, le lapin, jusqu’au jour où une voyante lui donna un portrait de sa mère. Loulou ne savait pas qu’il avait une mère, il lui fallait partir à sa rencontre. Seulement, c’était dans un pays un peu effrayant (surtout pour Tom) appelé Wolfenberg. Un voyage qui n’allait pas être de tout repos !

Loulou l’incroyable secret est une BD tirée du film éponyme. On retrouve ici les deux personnages créés par Solotareff il y a 25 ans qui ont grandi, les voilà maintenant ado. L’album, qui ne manque pas de suspense et de rebondissements, parle surtout de la quête des origines, d’où vient Loulou, qui est-il vraiment ? Personnellement, j’ai eu une impression de résumé (on sent que c’est tiré d’un film et qu’il manque des passages), on passe trop vite d’une scène à l’autre. Parfait pour ceux qui ont déjà vu le film, très certainement. Pour les autres, ça donne envie de le voir…
Le même vu par Qu’importe le flacon et par Les lectures de Kik.

Un jeune loup bien éduquéPour la première fois, un jeune loup partit chasser seul. Très rapidement, il attrape un lapin mais comme notre jeune ami est bien élevé il accorde au lapin une dernière volonté : celui-ci veut une histoire. Ni une, ni deux, le loup va chercher un livre… sauf qu’à son retour, il n’y a plus de lapin ! Et c’est reparti pour la chasse ! Ce coup-ci, c’est un poulet qui est pris au piège… mais il veut que le loup lui joue de la musique avant de mourir. Le loup part donc chercher sa guitare ! Et à son retour… vous avez deviné ! Le loup se fera-t-il toujours aussi bien avoir ?

On reconnaît bien dans Un jeune loup bien éduqué l’humour de Jean Leroy et de Matthieu Maudet, auteur et illustrateur qu’on aime beaucoup ici. Ce conte en randonnée est rythmé et vraiment drôle, le genre d’histoire qui cartonne auprès des enfants. Ils rient de ce qui arrive au loup tout au long de l’aventure et ils rient encore plus à la chute. Une histoire aux illustrations colorées qui fait mouche !
Le même vu par Clarabel, Le cabas de Za, Enfantipages et Butiner de livres en livres.

loup qui mangeait n'importe quoiUn loup sans foi ni loi (et même un peu relou) était en colère tellement il avait faim. Il errait dans le bois de Saint-Cloud quand il croisa un mouton solitaire. L’animal n’était pas seul sans raison : il avait des renvois si odorants que personne ne voulait rester avec lui. Il eut beau prévenir le loup que s’il le mangeait il serait sûrement affublé du même mal, il fut gobé ! Après une bonne sieste, le loup reprit son chemin… tout en lâchant des rots bruyants et puants. Il croisa un cochon solitaire. Le cochon lui expliqua que s’il était seul c’est parce qu’il avait des problèmes de gaz… et que s’il le mangeait il lui arrivait la même chose… Pas de souci pour le loup et hop ! Le cochon fut mangé ! L’histoire était loin d’être finie…

Alors forcément, ce loup qui rote, qui pète, qui a le nez qui coule… ça va plaire à la plupart des enfants ! Mais les parents vont aussi se régaler de cette histoire complètement loufoque signée Christophe Donner et illustrée par Manu Larcenet (génialissime auteur BD dont c’est le premier album jeunesse). D’habitude, j’ai vraiment du mal avec les textes en rime, mais le texte est tellement drôle, tellement moderne que là ça passe tout seul, on prend beaucoup de plaisir à lire ce texte à voix haute. La chute est complètement inattendue et rend l’album encore plus original. Ici, on est fans de ce loup qui mangeait n’importe quoi !
Un extrait en ligne.
Le même vu par Dans la bibliothèque de Noukette.

Le plus malinAlors qu’il se promène dans les bois, le loup croise une petite fille toute de rouge vêtue. Elle lui dit qu’elle va chez sa grand-mère. Le loup, qui est très malin, se dépêche d’y être avant elle. Une fois sur place, pas de grand-mère, mais une chemise de nuit sur le lit attire l’œil du loup, et s’il se déguisait ? Voilà notre loup déguisé en grand-mère, le plan est presque parfait ! Pour ne pas éveiller les soupçons, il faut aller effacer les traces de pas devant la maison… Sauf que la porte de la maison claque et voilà notre loup, en chemise de nuit, dehors… Il va croiser les trois petits cochons, le chasseur, les sept nains et d’autres personnages encore et il regrettera d’avoir voulu être le plus malin !

On retrouve bien ici le ton de Mario Ramos, son humour, son trait. Comme beaucoup d’entre vous, je pense, j’adore les contes détournés. On reconnaît ici le début du petit chaperon rouge puis l’histoire part dans tout autre chose. On rit avec ce loup (ou plutôt de ce loup), devenu plus très crédible travesti ainsi. Une histoire pleine d’humour qui va beaucoup plaire aux enfants… et aux adultes aussi !
Le même vu par Enfantipages et  À l’ombre du saule.

Loup ?Un cochon se rendit à la boucherie Au petit chaperon rose, il voulait acheter de la viande de loup… mais il n’y en avait pas ! La petite fille décida de mener l’enquête… où trouver le loup ? Boucle d’Or n’avait pas l’air de savoir mais elle en avait envie, elle alla voir le chien mais ce dernier doutait de l’existence du loup… Il décida d’aller en parler au diable…

Loup ? est un album collectif réalisé dans le cadre de Manges-livres à Grateloup (un salon du livre jeunesse en Lot-et-Garonne). Six auteurs/illustrateurs (Alfred, Carole Chaix, Marc Daniau, Claire Franek, Régis Lejonc et Henri Menier) mêlent ici leurs talents pour cette histoire drôle mais aussi pleine de sens. Qui sont les loups ? Pas forcément ceux qu’on croit… Un bel album très graphique et vraiment original.

Tous sauf unC’est l’histoire d’un loup qui adorait manger les moutons, il aimait toutes sortes de moutons, dès qu’il en voyait un, peu importe son apparence, il était avalé… Tous ? Non sauf un ! Il y avait un mouton bien trop malin qui ne se laissait pas avoir. Le loup adorait aussi effrayer les enfants, c’était plus fort que lui, dès qu’il en voyait un, peu importe lequel il lui montrait les dents et l’enfant partait en courant. Tous ? Non sauf un ! Un petit garçon très malin qui narguait le loup. Autre plaisir de ce loup : écrabouiller les fleurs ! Il adorait ça… mais là aussi il y en a une qui lui résistait ! Il avait beau tout tenter sur elle, elle restait toujours aussi belle ! Mais un jour…

Nadine Brun-Cosme signe un texte plein de poésie sur un loup et ses petites frustrations devant les choses qui lui résistent… mais si finalement ces petites frustrations étaient nécessaires ? Si le fait de ne pas tout avoir nous faisait encore mieux apprécier ce que l’on a ? Si c’était ça qui mettait un peu de piment dans notre vie ? Un très beau texte mit en image avec beaucoup d’humour par Anne-Isabelle Le Touzé.

Le loup qui voyageait dans le tempsAlors qu’il fouillait dans son grenier, Loup trouva un livre sur lequel il était écrit que c’était un livre pour voyager dans le temps… il suffisait de tourner la page et l’on se retrouvait plongé au cœur de l’histoire. Loup n’y crut pas et se retrouva pourtant bien loin de chez lui… Un voyage dans le temps qu’il n’allait pas oublier !

On ne peut pas faire une chronique sur les loups sans parler d’un des plus célèbres, le Loup d’Orianne Lallemand et d’Éléonore Thuillier, personnage cher aux enfants. On aime beaucoup ce loup, ses histoires pleines de fantaisies et ses illustrations pleines d’humour et de couleurs. Ici, notre Loup va donc voyager dans le temps et donc donner quelques notions historiques aux enfants (attention ce n’est quand même pas un documentaire, n’exagérons rien). Loup va rencontrer Louis XIV, Jules César ou encore les dinosaures. Une frise, en page de garde, replace chaque époque que visite le loup. Un album plein d’humour… et qui donne des premières notions d’Histoire aux enfants.
Le même vu par A l’ombre du saule.

Loup noirCette chronique spéciale loup est aussi l’occasion de vous annoncer la ressortie du magnifique Loup Noir d’Antoine Guilloppé dans une magnifique version de luxe avec une reliure bodonienne, débossage et papier offset (oui, je cite le dossier de presse sans savoir de quoi je parle, mais le résultat est superbe !). J’avais déjà parlé de ce magnifique album qui joue sur les contrastes noir et blanc (comme sait si bien le faire Antoine Guilloppé). Cette superbe version qui sort pour les dix ans de l’album est l’occasion de vous l’offrir si vous ne l’aviez pas encore.
Deux photos de la couverture par Antoine Guilloppé.

Quelques pas de plus…
Parmi les albums sur les loups que nous avons chroniqués : Coffret Grand Loup & Petit Loup, Marlaguette, Sinon…!Le Grand Méchant Loup et l’école des affreux, Monsieur Le Loup, Li-loup, Lou P’tit Loup et la bergère… et plein d’autres avec le tag Loups.
Nous avons déjà chroniqué des livres de Grégoire Solotareff (Méchant petit prince et Adam et Eve), Jean-Luc Fromental (10 p’tits pingouins autour du monde), Jean Leroy (Anoki, Canaille a oublié son doudou, Canaille ne veut pas aller à l’école, Canaille va chez le docteur, Canaille n’aime pas la soupe et Si j’étais un oiseau…), Matthieu Maudet (La croccinelle, Le ça, Bonjour facteur, Bonjour Docteur), et même un album de Jean Leroy et Mathieu Maudet (Papy), Mario Ramos (L’école est en feu, Le petit Guili et Mon ballon), Nadine Brun-Cosme (D’une île à l’autre, Trop c’est trop et Le prince amoureux), Anne-Isabelle Le Touzé (Timoléon), Orianne Lallemand (Les chaussettes de Gaspard, Au secours ! Un ogre glouton, Au secours ! Une sorcière au nez crochuAu secours ! Un loup tout poilu, Pestouille et Jolicoeur),  Éléonore Thuillier (Sur la route des formes, Gros GrisLa jungle en haleine, Adam est fort, Le grand lapin blanc, Mon papa est un zarzouilleur et Jour de piscine) et d’Orianne Lallemand et Éléonore Thuillier (Le loup qui n’aimait pas Noël , P’tit loup rentre à l’école).

Loulou l’incroyable secret
de Grégoire Solotareff et Jean-Luc Fromental
Rue de Sèvres
12,50€, 210×275 mm, 64 pages, imprimé en France, 2013.
Un jeune loup bien éduqué
Texte de Jean Leroy, illustré par Matthieu Maudet
L’école des loisirs
12,20€, 197×265 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
Le loup qui mangeait n’importe quoi
Texte de Christophe Donner, illustré par Manu Larcenet
Mango Jeunesse
14,50€, 250×340 mm, 26 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Le plus malin
de Mario Ramos
École des loisirs dans la collection Lutin Poche
5,60€, 150×190 mm, 45 pages, imprimé en France, 2013 (première édition 2011).
Loup ?
d’Alfred, Carole Chaix, Marc Daniau, Claire Franek, Régis Lejonc et Henri Menier
Association Mange-Livres
10€, 200×200 mm, 40 pages, imprimé en Europe, 2013.
Tous sauf un
Texte de Nadine Brun-Cosme, illustré par Anne-Isabelle Le Touzé
Points de suspension
12€, 200×230 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2009.
Le loup qui voyageait dans le temps
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Éléonore Thuillier
Auzou dans la collection Mes grands albums
9,80€, 255×255 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Loup noir
d’Antoine Guilloppé
Casterman dans la collection Les albums Casterman
13,95€, 255×258 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.

À part ça ?

Jean Fabre, l’un des fondateurs de l’école des loisirs, nous a quitté. Un hommage signé Lucie Cauwe.

Gabriel

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